18/04/2016 (Brève 766) Le Monde : Quand l’observation des élections en Afrique vire au mercenariat

Lien avec la page du Monde
: http://www.lemonde.fr/afrique/article/2016/03/10/quand-l-observation-des-elections-en-afrique-vire-au-mercenariat_4880083_3212.html

Que trouve-t-on de commun entre la présidentielle du 6 mars au Bénin et le double scrutin législatif et présidentiel du 21 février au Niger ? Dans un cas comme dans l’autre, alors que les opérations électorales étaient toujours en cours, un groupe « d’observateurs » a rendu publique une déclaration pour jurer du caractère « transparent, régulier et démocratique » du scrutin. Quid de la phase cruciale et sensible du dépouillement ? Quid de l’étape décisive de la centralisation des résultats, pendant laquelle se produit la falsification des procès-verbaux des bureaux de vote ?

Le même scénario aurait pu se produire le 25 octobre 2015 lors de la consultation référendaire au Congo-Brazzaville ; il se répétera en avril prochain lors des élections présidentielles au Tchad, au Gabon et à Djibouti. En réalité, la bonne intention d’observer les élections en Afrique – pour attester de leur sincérit頖 a fait naître une espèce d’observateurs. Lesquels sont prêts à apporter, contre espèces sonnantes et trébuchantes, leur onction à des scrutins calamiteux.

Contre toute évidence, cette catégorie d’observateurs a certifié de la régularité de l’élection d’Ali Bongo Ondimba, au Gabon en 2009, ainsi que la sincérité de la réélection, dès le premier tour, avec 80,15 % des voix, de Blaise Compaoré au Burkina en 2011 ou de la transparence de la victoire, avec 80,6 % des voix, d’Ismaël Omar Guelleh à la présidentielle de 2011 à Djibouti.

Véhicules de courtoisie et pension complète

Aidés par le contexte de rodage de la pratique démocratique en Afrique, qui peut justifier l’observation des élections, ces observateurs se recrutent à Paris, Londres, Madrid ou Lisbonne parmi les juristes, les professeurs de droit à la retraite ou en activité, de même que des personnalités ayant une notoriété ou une légitimité établie.

Certains sont démarchés en amont des scrutins par des rabatteurs accrédités par des pouvoirs en mal de caution qui leur assurent billets d’avion en classe affaires, pension complète à l’hôtel, véhicules de courtoisie et per diem. D’autres observateurs offrent spontanément leurs services, mettant en avant leur excellente et longue expérience dans la surveillance d’élections « tropicalisées ».

Quel que ce soit le mode de leur « recrutement », ces observateurs agissent selon un protocole immuable : ils prérédigent leur déclaration puis la lisent le jour du scrutin, de préférence à la radio et à la télévision nationales.

De Djibouti au Nigeria, en passant par l’Egypte, le Tchad, le Gabon ou le Mali, la teneur de cette déclaration reste la même : « Globalement, les élections se sont bien passées, dans le calme et la transparence. » Et pour faire bonne figure, la déclaration ajoute dans des cas extrêmes de fraudes : « Il y a eu quelques difficultés qui ne sont pas de nature à mettre en cause la sincérité du scrutin. »

Chiffre d’affaires en nette progression

Pour cette catégorie d’observateurs, plus les pays africains organisent d’élections, mieux le business se porte. Le chiffre d’affaires de l’activité peut même connaître des progressions spectaculaires l’année où des scrutins présidentiels sont organisés dans les « pétromonarchies » d’Afrique centrale comme la Guinée équatoriale, le Gabon et le Congo. C’est le cas en 2016 ! Ce juteux créneau, qui fut longtemps le monopole des ressortissants d’autres régions du monde, a enregistré depuis peu l’arrivée en force d’Africains. Ils se recrutent surtout parmi les acteurs de la société civile ou d’activistes locaux, déterminés à prendre leur part du gâteau.

Des Sénégalais iront, sans doute, observer la présidentielle du 10 avril au Tchad ; des Burkinabés seront observateurs du scrutin présidentiel au Gabon tandis que des Camerounais étaient venus témoigner de la sincérité du double scrutin présidentiel et législatif au Niger. Des observateurs guinéens, déployés au Soudan, avaient juré en avril 2015 de la transparence de la réélection du président soudanais Omar Al-Béchir, avec 94,5 % des voix. Peu leur importait qu’il soit aupouvoir depuis 1989 et qu’il soit poursuivi pour crimes contre l’humanité par la Cour pénale internationale (CPI).

Avec pas moins de seize élections présidentielles prévues en 2016 en Afrique, cette catégorie d’observateurs, plus portée sur ses gains que sur sa contribution à la démocratisation du continent, peut donc se frotter les mains. Son carnet de commandes est bien rempli.

13/04/2016 (Brève 765) LDDH : publication du rapport final sur l’élection présidentielle du 8 avril 2016

Lien pout télécharger le rapport en format PdF

I Introduction
 
          
1.  Conformément à la recommandation  de la dernière Mission électorale de l’Union Africaine en 2013, la LDDH s’est inscrite au chapitre des observateurs nationaux des élections.

2.   Pour ce faire, la LDDH a écrit plusieurs correspondances au Ministre de l’Intérieur chargé d’organiser les élections présidentielles prévues le 08 Avril 2016.

3. Sous la supervision du Président de la LDDH la cellule d’observation a été créée le 20 Février 2016. Elle fut composée de 180 membres repartis sur l’ensemble du territoire.

4. La cellule d’observation a débuté ses travaux le 1er MARS 2016 et a travaillé jusqu’au 10 Avril 2016.

  1. MANDAT et objectifs
  2. La cellule a pour mandat l’observation de la préparation de l’échéance électorale, la campagne et enfin le déroulement du scrutin conformément aux dispositions de standards internationaux et africains de la démocratie des élections et de la bonne gouvernance.
  3. Vérifier et évaluer l’existence des conditions à l’organisation des élections libres transparentes et inclusives permettant aux djiboutiens d’exprimer leur choix.

II. Contexte Général

1. La République de Djibouti est située au nord de la Corne de l’Afrique et a des frontières avec la Somaliland au Sud, l’ETHIOPIE à l’ouest et l’Erythrée au Nord. Sa superficie est de 23700 km².

2.
Selon le recensement de 2011, la République compte environ 858 767 habitants dont les 3/4 dans la Capitale.

3.
La République de Djibouti comprend 5 régions de l’intérieur et le district de Djibouti.

  • Région d’OBOCK
  • Région de TADJOURAH
  • Région d’ARTA
  • Région de DIKHIL
  • Région d’ALI-SABIEH

III. Contexte politique et légal de l’élection présidentielle du 08 Avril 2016

  1. L’accord-cadre signé le 30 Décembre 2014 entre l’USN et le gouvernement est mort depuis longtemps faute d’application de la partie gouvernementale.
  2. Le massacre de 21 Décembre 2015 à Bouldhouqo, suivi d’arrestations et détentions arbitraires basées sur l’appartenance tribale à Djibouti et les arrestations puis des incarcérations des civiles uniquement à cause des liens familiaux avec les rebelles du FRUD dans les régions du NORD et du Sud ouest du pays ont inculqué aux djiboutiens une profonde peur du régime en place à Djibouti.
  3. La cohésion de l’USN a volé en éclat à l’approche de l’élection présidentielle.
  4. Le silence voire la complicité des pays occidentaux à l’égard du régime djiboutien et sacrifier la liberté d’un peuple et les droits humains pour des raisons sécuritaires, telle semble être la politique adoptée par les pays démocratiques de l’Occident.
  5. Donc l’élection présidentielle du 08 Avril s’est déroulée dans un contexte différent de celui des élections précédentes. Six candidats avec le Président sortant se sont présentés en suffrage du peuple. Deux candidats se sont réclamés de l’USN.

Il s’agit de :

MOHAMED DAOUD CHEHEM
OMAR ELMI KHAIREH

Et enfin, 3 candidats indépendants  il s’agit de :

DJAMA MOHAMED DJAMA
MOHAMED MOUSSA ALI
HASSAN IDRISS AHMED

Et le président sortant  ISMAIL OMAR GUELLEH

  1. La constitution de la République de Djibouti reconnait et garantit les droits fondamentaux et libertés nécessaires à la participation des citoyens au processus électoral. Elle prévoit des élections au suffrage universel, direct égal et secret.
  2. Administration électorale

L’administration des élections présidentielles du 08 Avril 2016 est repartie entre deux structures :

a) Le Ministre de l’Intérieur qui est l’organisation centrale de l’élection et la Commission Electorale Nationale Indépendante (CENI) qui, dans la pratique a très peu des pouvoirs.

  1. Inscription des électeurs et retrait des cartes d’électeurs.

4) il s’est avéré que moins de 20% de la population djiboutienne étaient inscrits sur le registre électoral. Les djiboutiens ont boudé les retraits des cartes d’électeurs dans la grande majorité. Les équipes de la LDDH ont noté un très faible taux de retrait d’électeur dans la Capitale et dans les régions de l’Intérieur malgré une forte campagne de sensibilisation menée par le Ministre de l’Intérieur (Spots radiotélévisés, distributions porte à porte etc.) Comment expliquer une telle situation ?

  1. la LDDH a rendu des visites et a écouté les avis des uns et des autres sauf de l’UMP où cela lui fut impossible. Les candidats de l’opposition se sont montrés très critiques et ont émis des sérieuses réserves sur l’indépendance de la CENI, la neutralité de l’administration centrale et locale chargées des élections, l’inexistence des listes électorales. Ils ont dénoncé les entraves aux libertés individuelles, le traitement partisan des médias publics et les arrestations arbitraires et les entraves à la circulation des leaders de l’opposition.

IV.   Constats

  1. a) La campagne électorale

1. Les équipes de la LDDH ont noté que tous les établissements publics et privés, les banques et les commerçants de la place ont contribué au budget de campagne du Président sortant. Ces contributions ont faussé dès le départ les règles de l’égalité car le manque des moyens des autres candidats était flagrant.

  1. D’une façon, générale la campagne électorale s’est déroulée dans le calme. Aucun incident majeur n’a été enregistré. Les équipes de la LDDH ont observé une très faible mobilisation pour cette élection pourtant importante pour l’avenir du pays. Les équipes de la LDDH ont noté que tous les acteurs n’ont pas eu le même accès aux médiats d’ETAT.

Le candidat de l’UMP, le Président sortant et ses partisans n’avaient aucune astreinte d’observer le temps imparti à chaque candidat à la RTD. Le discours et les meetings de certains candidats de l’opposition étaient censurés.

  1. b) Ouverture des Bureaux de vote

Les équipes de la LDDH ont relevé que plusieurs bureaux de voté étaient installés dans des lieux non neutre tels que la préfecture, des commissariats de police, les arrondissements. Pour les régions de l’intérieur les équipes de la LDDH ont noté que plusieurs bureaux étaient situés dans des zones où habitent quelques personnes.

  1. la plupart des bureaux ont ouvert entre 6h 30 et 7h accusant un retard d’une heure dû essentiellement à l’arrivée des membres de vote.
  2. A l’ouverture des bureaux de vote, les équipes de la LDDH ont noté une très faible affluence des électeurs. Cette participation s’est progressivement raréfiée vers la fin des opérations.
  3. Dans les régions de l’intérieur les opérations de vote ont été clôturées vers 13 heures et aussitôt les dépouillements ont débute dans la plupart des bureaux de vote.
  4. C) Les Délègues des Candidats
  5. les équipes de la LDDH ont constaté l’absence totale des délégués de l’opposition dans tous les bureaux de vote des régions de l’intérieur et parfois dans certains bureaux de la Capitale.

Interrogés, les candidats de l’opposition nous ont déclaré que les conditions imposées par le Conseil Constitutionnel pour délivrer les autorisations ont éliminé beaucoup de leurs délégués.

  1. les équipes de la LDDH ont noté la présence de délégués de l’UMP dans tous les bureaux du pays mais la plupart des ces délégués semblaient ne pas avoir une idée claire de leurs rôles et attributions.
  2. les délégués de la CENI étaient présents dans tous les centres.
  1. D) Sécurité

Les équipes de la LDDH ont constaté la présence des forces de défense et de sécurité aux alentours des centres de vote et même à l’intérieur des bureaux de vote. Les équipes de la LDDH ont observé l’arrivée massive des forces de défense et de sécurité pour voter dans certains bureaux.

Egalement il a été constaté, la présence de la milice électorale aux abords de bureaux de vote qui parfois menaçait les partisans des candidats de l’opposition et tantôt servait des dealers pour l’achat des consciences des électeurs auprès des femmes de l’UNFD qui payaient entre 2500 et 5000FD le vote en faveur du Président sortant.

V. DEPOUILLEMENTS

1.  Les équipes de la LDDH ont noté pour les dépouillements des régions de l’intérieur ce sont seulement les délégués du Président sortant qui ont assisté en raison de l’absence des délégués de l’opposition.

  1. A Djibouti les équipes de la LDDH ont constaté que les délégués de l’opposition n’étaient ni en nombre suffisant et n’avaient ni la compétence requise pour la fonction de délégué. Par conséquent ils n’étaient pas en mesure de s’acquitter de leur tâche.
  2. Seuls les délégués de l’UMP aidés par les cadres de leur formation politique se sont imposés et ont accompli ce qu’ils voulaient. C’est à ce moment là que les équipes de la LDDH ont noté le gonflement des nombres des votants et le score attribué à chaque candidat, le nombre réel des votants était multiplié.

Ex : 36 votants réels*10= 360 votants fictifs

340 voix pour IOG et le reste à partager entre les autres candidats.      

Telle fut la liberté la technique appliquée par les dépouillements !       

Au cours de la 1ere Semaine de la campagne, le Président de la « CENI » avait déclaré sur les antennes de la RTD que le nombre d’inscrits sur le registre électoral était un peu plus de 179 000 électeurs et vers la fin de la 2e  Semaine le même Président de la CENI a déclaré toujours sur les antennes de la RTD que le nombre d’inscrits était désormais un peu plus de 187 000 électeurs et électrices.

Et lors de la proclamation des résultats le Ministre de l’Intérieur dit ceci « Sur 197 768 votants soit 68% d’inscrits, le Président sortant ISMAIL OMAR a recueilli 112 000 voix soit 86,68%.

Au final, le nombre d’inscrits sur le registre électoral devenait 230 000 électeurs.

Comment expliquer une telle inflation ?

VI.    Médias Internationaux

AFRICA 24 fut la seule chaine invitée et autorisée par la Présidence à couvrir cette élection présidentielle.

BBC avait obtenu une accréditation qui fut suspendue au cours de la campagne :

2 journalistes de cette radio ont été arrêtés puis expulsés du pays (07/04/2016 « Une démocratie nerveuse ». Agression de la police du régime contre la presse internationale. En reportage à Djibouti, une équipe de la BBC a été arrêtée, son matériel de prise de vue saisi et ses trois membres ont été placés en garde à vue. Après huit heures d’interrogatoire, ils ont été expulsé le lendemain, via l’aéroport (En anglais – Info correspondant – article rédigé par Tomi Oladipo BBC Monitoring Africa security correspondent) 
Lien avec l’article original : http://www.bbc.com/news/world-africa-35971793.)

Au terme de ses observations la LDDH note que :

Certes l’élection présidentielle du 08 Avril 2016 s’est déroulée dans le calme.

_ Cependant le scrutin n’était pas inclusif car le taux de participation était de 9% de la population djiboutienne.

_ Le scrutin n’était pas libre, car la peur a empêché plus d’un djiboutien à y participer en qualité de candidat ou d’électeur.

_ Enfin, le calme n’est pas synonyme de l’expression du peuple et ne peut remplacer en aucun cas le vote populaire.

_ Le taux d’abstention si élevé est révélateur de la fracture entre le peuple et les acteurs politiques du pays.

_ Renvoie dos à dos toute la classe politique du pays (Pouvoir et Opposition) car leur faillite est sans équivoque.

_ Si l’alternance s’impose à la tête du pays, il en est de même pour l’opposition qui n’a aucun projet de société en alternance.

_ Lance un appel solennel au peuple djiboutien à prendre conscience sur l’état réel de leur pays et agir en conséquence.

Fait à Djibouti le 13 Avril 2016

L’équipe de la LDDH
La cellule d’observation

 

11/04/2016 (Brève 760) Deutsch Welle / Observation électorale en Afrique, l’UA fortement critiquée

Lien avec l’article : http://www.dw.com/fr/observation-%C3%A9lectorale-en-afrique-lua-fortement-critiqu%C3%A9e/a-19179424

A Djibouti, le président sortant a donc été réélu, dès le 1er tour de l’élection présidentielle du 8 avril dernier. Hier, la mission d’observation de l’Union africaine a jugé que le scrutin était « libre et credible ».

Cependant, la mission d’observation dépêchée par l’Union africaine aura relevé plusieurs irrégularités : certains procès verbaux n‘ont pas été signés, absence des délégués des candidats de l’opposition dans certains bureaux de vote. Ou encore, la non sécurisation des urnes. Pourtant dans son rapport, elle mentionne que le scrutin est crédible.

Ce n’est pas uniquement à Djibouti, que l’Union africaine a adopté de telles positions jugées ambigües, voire partisanes. Les exemples en la matière sont légion. Quasiment après chacune de ses missions d’observation électorale, l’UA tient les mêmes discours, même lorsque des irrégularités sont notées.

10/04/2016 (Brève 757) La farandole des résultats. Un véritable travail de « forçat » à la chaîne (ARDHD – épisode 4)

La fonction de Président de bureau de vote et/ou d’assesseur le plus âgé : un métier de « forçat » à Djibouti, surtout dans certains bureaux de région !

Nous considérons le cas le plus favorable où chaque bureau serait resté ouvert 12 heures, donnée optimiste, car cela n’a pas été le cas partout, puisque l’on nous signale des bureaux, comme dans l’école de Yoboki où les opérations ont été clôturées à l’heure du déjeuner, tous les inscrits ayant (miraculeusement !!!) voté (Pas de malades, pas de personnes empêchées par l’âge ou …).

En prenant cette valeur, la moyenne de temps accordée à chaque électeur serait de 161″, soit 2′ et 40″. Possible mais il ne faut pas perdre une minute ! Certains bureaux ont eu de meilleures performances : les meilleurs se situent entre 75 et 79 secondes, soit 1 minute et 15 à 20 secondes sur 12 heures sans aucune interruption. Il fallait pouvoir tenir le rythme et nous félicitons les membres de ces bureaux !

Pour reprendre le cas spécifique de cette école de Yoboki, région de Dikhil, 420 votants entre 6h et 12h, soit sur 6h de temps, il a fallu réaliser chaque opération de vote en 55 secondes environ : un record absolu !!!

Ou bien, des intervenants externes, dûment mandatés par le régime, ont-ils signé les feuilles d’émargement à la chaîne pour bourrer ensuite les urnes : c’est l’hypothèse qui nous semble la plus proche pour expliquer ce constat ……

Une autre hypothèse avancée par des mauvaises langues consisteraient à dire que personne ne s’est fatigué à signer à la chaîne, mais que ce sont les résultats qui ont été adaptés pour les rendre conformes aux attentes du Palais de l’Escale : hypothèse qu’il ne faudrait surtout pas écarter.

10/04/2016 (Brève 758) La farandole des résultats. Les palmes d’or de la Fraude électorale massive et aussi « maladroite » (ARDHD – épisode 5)

Nous proposons de décerner la palme d’or (ou au choix des lectrices et lecteurs le bonnet d’âne) aux bureaux qui ont autant de votants que d’inscrits, autant de suffrages exprimés que de votants et autant de bulletins pour Guelleh que d’inscrits. Tout est bon !

Tout le monde y a voté et les candidats de l’opposition à eux tous, n’ont même pas réussi à y glaner le moindre suffrage ! Probablement le comble de la maladresse ! Qui pourrait le croire ?

Ces bureaux magiques sont :
Ali Sabieh 2 // KABAH-KABAH : 43 incrits, 43 votes IOG
Dikhil 4 // BUDA 1 : 322 inscrits, 322 votes IOG
Dikhil 5 // ECOLE YOBOKI1-1 : 420 inscrts, 420 votes IOG
Obock 1 // WADDI1-2 : 397 inscrits, 397 votes IOG
Obock 2 // ADGUENO : 427 inscrits, 427 votes IOG
Tadjourah 3 // MADGOUL : 291 inscrits, 291 votes IOG.

Si ce n’est pas un plébiscite !!! Nous espérons que les membres de ces bureaux recevront très bientôt le Grand Ordre du Mérite de la dictature avec palmes d’or. Ils ont bien mérité de la famille Guelleh et en plus, ils n’ont pas du beaucoup se fatiguer pour promulguer ces résultats : tout bénéfice !!!

10/04/2016 (Brève 751) RTL soir Week End (18h30) / un sujet sur Djibouti avec les interventions de Jean-Loup Schaal et Saïd Houssein Robleh

>RTL

C’est une constante de la vie politique africaine, et pas seulement. Certains chefs d’État enchaînent les mandats les uns après les autres. Au Tchad, Idriss Déby au pouvoir depuis 26 ans, va très certainement remporter l’élection de ce dimanche 10 avril. Ce sera son 5ème mandat. Même chose à Djibouti où le président Ismaïl Guelleh, réélu le 8 avril, est au pouvoir depuis 17 ans. Une longévité à Djibouti qui s’explique par une opposition bâillonnée, mais surtout par le soutien inconditionnel de pays comme la France ou les États-Unis qui ont à Djibouti des bases militaires stratégiques et qui ne veulent surtout pas les perdre.

Le journaliste Christophe Decroix a enquêté sur ce minuscule pays mais capital au plan stratégique. « Djibouti c’est un pays dont on évite de parler pour ne pas le fâcher tant on a besoin de lui », explique-t-il. Pour Jean-Loup Schaal, président de l’Association pour le respect des droits de l’Homme à Djibouti, la situation des droits de l’Homme dans le pays « est catastrophique par le nombre d’arrestations, de cas de tortures, de prisonniers politiques, de viols, et du peu d’information que nous avons ».

Des élections tout sauf démocratiques

Pourtant, il y a eu plusieurs élections dans le pays, avec différents candidats. « Oui en apparence. Mais il n’y a eu que deux présidents en 40 ans d’indépendance. Et l’actuel était déjà le chef de cabinet du précédent », explique Christophe Decroix. Lors du dernier scrutin qui s’est tenu vendredi 8 avril , »il y avait un candidat qui était le président qui se représentait pour un 4e mandat après avoir modifié la constitution face à cinq opposants », précise Jean-Loup Schaal. Mais les opposants n’avaient aucune chance, ne disposant pas des outils de communication du président sortant. « Ce ne sont pas des élections démocratiques », tranche Jean-Loup Schaal.

10/04/2016 (Brève 752) La route est fermée entre Tadjourah et Obock… (Info correspondants)

Depuis la dernière élection présidentielle, la route entre Obock et Tadjourah est interdite à la circulation des voitures, à partir de 16h.

Il s’agit probablement d’un nouvel acte de répression, à cause des accrochages qui se sont déroulés le 7 avril entre le FRUD et l’Armée et qui ont été évoqués dans un précédent article

10/04/2016 (Brève 755) UDJ – Communiqué sous la signature de Saïd Hussein Robleh pour remercier les Djiboutiens qui ont massivement boycotté l’élection présidentielle

 UDJ Djibouti   
  RÉPUBLIQUE DE DJIBOUTI

Union pour la Démocratie et la Justice ( U.D.J)
 Paix-Liberté-Justice

 Bruxelles, le 09 avril 2016
Communiqué de presse :

 

Le parti UDJ félicite le Peuple djiboutien pour le boycott de la mascarade électorale du 08 avril 2016

Nous remercions et félicitons l’ensemble du Peuple djiboutien qui a suivi l’appel au boycott de la mascarade électorale lancée par les partis politiques historiques de l’opposition nationale.

Le Peuple djiboutien a exprimé à travers son boycott, le refus d’une autre légitimisation de la dictature en place qui se maintient par la fraude et la force depuis 39 ans d’existence de notre jeune République de Djibouti.

Cette mascarade électorale du 08 avril 2016 a été une défaite cuisante pour son organisateur le candidat sortant Ismail Omar Guelleh qui croyait à une formalité à remplir pour la légitimité de son pouvoir dont son Ministre de l’Intérieur n’arrive plus à maitriser les résultats contradictoires de cette farce électorale et ou le Premier ministre l’a déclaré élu dès le premier tour à la télévision nationale.

Vive le Peuple Djiboutien
Vive la République de Djibouti
La lutte continue. Le Peuple vaincra.

              Pour l’U.D.J :    
     Said Houssein Robleh
         Député national