29/02/2012 (B645) RSF / Exécution sommaire / Le directeur de Somaliweyn assassiné à son domicile de Mogadiscio

Reporters sans frontières apprend avec consternation le meurtre d’Abukar Hassan Mohamoud, directeur de Somaliweyn, abattu par des hommes armés de pistolets, le 28 février 2012, à son domicile dans le quartier d’Aargada à Mogadiscio. L’organisation condamne cet assassinat de sang froid qui s’ajoute à la longue liste des crimes contre les journalistes et lance un nouvel appel à la communauté internationale afin qu’il ne reste pas impuni.

« Nous exprimons nos plus sincères condoléances à la famille d’Abukar Hassan Mohamoud, ainsi qu’à ses collègues et amis. Cet assassinat montre une fois de plus la violence inouïe à laquelle doivent faire face les journalistes dans le pays »,déplore Reporters sans frontières. « L’indifférence sur le sort des journalistes somaliens doit cesser. Nous réitérons notre appel à la création d’une commission d’enquête internationale indépendante sur les crimes contre les journalistes », a ajouté l’organisation.

Abukar Hassan Mohamoud, 43 ans, plus connu sous le surnom de Kadaf, était membre de longue date de la National Union of Somali Journalists (NUSOJ), association partenaire de Reporters sans frontières. Il participait à toutes les campagnes de la NUSOJ incitant à mieux protéger les journalistes, trop souvent victimes d’attaques et d’exactions. Il réagissait courageusement en son nom propre à chaque nouveau meurtre de reporter pour dénoncer le quotidien intenable auxquels ils sont confrontés. Agé de 43 ans, il laisse derrière lui une femme et deux filles.

L’année 2012 avait déjà commencé sous de tristes auspices avec l’assassinat de Hassan Osman Abdi, directeur du Shabelle Media Network, devant son domicile par cinq hommes armés non identifiés, le 28 janvier dernier.

La Somalie est depuis plusieurs années le pays le plus meurtrier d’Afrique pour les professionnels de la presse. Reporters sans frontières et la NUSOJ ont recensé 4 journalistes tués en 2011, 3 en 2010 et 9 en 2009.

Cet assassinat survient alors que le pays tente en vain de se reconstruire avec l’appui de la communauté internationale. Le 22 février, Reporters sans frontières avait écrit aux délégations présentes à la conférence de Londres sur la Somalie, afin de rappeler les violences auxquelles font face les journalistes et de leur demander la mise en place d’une commission d’enquête internationale indépendante chargée d’étudier l’ensemble des exactions commises contre les professionnels de l’information : http://fr.rsf.org/somalie-lettre-ouverte-aux-delegations-22-02-2012,41921.html

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Marie, assistante.
en l’absence d’Ambroise PIERRE
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29/02/2012 (B645) The Observer avec Courrier international / Somalie : une aide internationale non désintéressée ?

Le jeudi 23 février se tenait à Londres une importante conférence internationale sur la Somalie, où une quarantaine de pays se sont engagés à soutenir financièrement, politiquement et juridiquement cet Etat ravagé par la guerre civile et la famine, et impuissant face au terrorisme.

Un soutien qui pourrait cependant ne pas être dénué d’arrière-pensées, révèle The Observer. La Grande-Bretagne, qui accueillait cette conférence, serait en effet engagée dans une "course" au pétrole somalien.

Des conversations auraient eu lieu entre des représentants britanniques et leurs homologues somaliens sur l’exploitation des réserves pétrolières du pays.

Si les réserves terrestres sont importantes, c’est surtout le potentiel offshore qui attise les convoitises.

D’après The Observer, il pourrait être comparable à celui du Koweït (plus de 100 milliards de barils), ce qui placerait la Somalie au 7e rang mondial.

25/02/2012 (B645) Selon une décision prise par le Conseil de Sécurité des Nations-Unies, la république de Djibouti hébergerait (et protégerait ???) un financier contesté, soupçonné de financer les Al-Shebab, avec les revenus de ses sociétés …

Lien avec l’article : http://www.un.org/News/fr-press/docs//2012/SC10545.doc.htm

NOUVELLE INSCRIPTION SUR LA LISTE DU COMITÉ DU CONSEIL DE SÉCURITÉ FAISANT SUITE
AUX RÉSOLUTIONS 751 (1992) ET 1907 (2009) SUR LA SOMALIE ET L’ÉRYTHRÉE

Le 17 février 2012, le Comité du Conseil de sécurité faisant suite aux résolutions 751 (1992) et 1907 (2009) sur la Somalie et l’Érythrée a procédé à une nouvelle inscription sur la liste des personnes et entités visées par l’interdiction de voyager, le gel des avoirs et l’embargo ciblé sur les armes, prévus respectivement aux paragraphes 1, 3 et 7 de la résolution 1844 (2008):

(12)Jim’ale, Ali Ahmed Nur
Également connu sous le nom de: JIM’ALE, Ahmed Ali
Également connu sous le nom de: JIM’ALE, Ahmad Nur Ali
Également connu sous le nom de: JIM’ALE, Sheikh Ahmed
Également connu sous le nom de: JIM’ALE, Ahmad Ali
Également connu sous le nom de: JIM’ALE, Shaykh Ahmed Nur

Date de naissance: 1954
Lieu de naissance: Eilbur (Somalie)
Nationalité: somalienne
Autre nationalité: djiboutienne
Passeport: no A0181988 (délivré par la Somalie); date d’expiration: 23 janvier 2011
Lieu de résidence: Djibouti (République de Djibouti)

Ali Ahmed Nur Jim’ale (Jim’ale) a assumé diverses responsabilités au sein de l’ancien Conseil somalien des tribunaux islamiques, ou Union somalienne des tribunaux islamiques, un groupe islamiste radical. Les éléments les plus radicaux de l’Union somalienne des tribunaux islamiques ont formé le groupe connu sous le nom de Al-Chabaab. En avril 2010, Al-Chabaab a été désigné pour faire l’objet de sanctions ciblées par le Comité du Conseil de sécurité faisant suite aux résolutions 751 (1992) et 1907 (2009) sur la Somalie et l’Érythrée (ci-après « le Comité des sanctions sur la Somalie et l’Érythrée »). Le Comité a décidé d’inscrire Al-Chabaab sur la liste au motif que cette entité participe à des actes qui, directement ou indirectement, menacent la paix, la sécurité ou la stabilité de la Somalie, y compris mais non limité à des actes qui menacent le Gouvernement fédéral de transition somalien.

Selon le rapport en date du 18 juillet 2011 établi par le Groupe de contrôle du Comité des sanctions sur la Somalie et l’Érythrée (S/2011/433), Jim’ale est décrit comme un homme d’affaires et une personnalité influente impliqué dans les échanges de charbon de bois et de sucre contrôlés par Al-Chabaab et qui entretient des relations privilégiées avec ce mouvement.

Jim’ale est désigné comme l’un des principaux financiers d’Al-Chabaab, dont il partage l’idéologie. Il a fourni des fonds et un appui politique essentiels à Hassan Dahir Aweys (ou « Aweys »), qui est également inscrit sur la liste du Comité des sanctions sur la Somalie et l’Érythrée. Au cours de l’année 2011, Muktar Robow, ancien Vice-Émir d’Al-Chabaab, aurait poursuivi ses manœuvres politiques au sein d’Al-Chabaab. Robow a encouragé Aweys et Jim’ale à promouvoir leurs objectifs communs et à renforcer leur position dans le contexte des divisions à la tête d’Al-Chabaab.

À l’automne 2007, Jim’ale a ouvert une société écran à Djibouti, appelée Investors Group et destinée à dissimuler des activités extrémistes. Le groupe avait pour objectif à court terme de déstabiliser le Somaliland en finançant des activités extrémistes et en achetant des armes. Il a contribué, via Djibouti, à la contrebande d’armes légères provenant d’Érythrée et destinées à la Cinquième région d’Éthiopie, où des extrémistes réceptionnaient les envois. Courant 2008, Jim’ale dirigeait toujours Investors Group.

À la fin de septembre 2010, Jim’ale a créé ZAAD, une société de transfert d’argent par mobile, et s’est entendu avec Al-Chabaab pour rendre les transferts d’argent plus anonymes en supprimant tout besoin d’identification.

À la fin de 2009, Jim’ale possédait un fonds hawala connu, sur lequel il déposait les montants correspondants à la zakat, lesquels étaient ensuite reversés à Al-Chabaab.

Jim’ale contrôle également Hormuud Telecommunications (ci-après « Hormuud »), une société connue pour être l’un des plus grands financiers d’Al-Chabaab. Hormuud a notamment effectué des versements de plusieurs centaines de milliers de dollars à Al-Chabaab par l’entremise de Jim’ale.

Hormuud est dirigée par plusieurs anciens gros actionnaires d’Al-Barakaat, dont Jim’ale est le plus important. Hormuud Telecommunications a été créée par les anciens dirigeants d’Al-Barakaat en vue de redevenir les principaux fournisseurs de services de télécommunications de la Somalie. Par ailleurs, les dirigeants de Hormuud ont fourni des réseaux de communications personnels à des responsables d’Al-Chabaab comme Hassan al-Turki, un responsable militaire partageant l’idéologie du mouvement et qui a également été inscrit sur la liste du Comité des sanctions sur la Somalie et l’Érythrée.

Outre un financement, Hormuud Telecommunications a fourni un appui matériel et logistique essentiel à Al-Chabaab, notamment des armes, des mercenaires et des munitions. Les porte-parole de groupes somaliens modérés ont conseillé aux Somaliens de ne pas utiliser Hormuud Telecommunications Company parce que le personnel de cette société écoute les conversations pour le compte d’Al-Chabaab. Par ailleurs, Hormuud a interrompu les communications téléphoniques pendant les attaques d’Al-Chabaab contre les forces gouvernementales pro-somaliennes.

La version la plus récente de la liste peut être consultée sur la page Web du Comité à l’adresse suivante:

http://www.un.org/sc/committees/751/pdf/1844_cons_list.pdf.

26/02/2012 (B645) Courrier des lecteurs. Enfin les relations que vous soupçonniez entre IOG et les mafias locales seraient reconnues par l’ONU ? C’est une grande nouvelle et je félicite l’équipe de l’ARDHD, pour avoir vu « juste ».

Je suis l’actualité de mon pays sur tous les forums, mais l’ARDHD reste l’une de mes sources de préférence.

Pourtant, je n’arrivais pas à croire que Guelleh pouvait avoir aussi des intérêts dans les opérations mafieuses et la piraterie.

Cet arrêt du Conseil de sécurité dénonce une personnalité somalienne, comme étant un financier des Al Chabab et déclare qu’il habite Djibouti.

Guelleh ne le savait pas ?

C’est ce qu’il nous dira certainement un jour … ! Mais pour que cela remonte à l’ONU et qu’il y ait une décision du Conseil de sécurité, c’est que tout le monde le savait dans les hautes sphères …

Cela me conduit à vous faire part de rumeurs persistantes qui circulent dans notre diaspora : « A Djibouti, il serait de notoriété public que le fils d’Hassan Said (le noiraud) est directement en liaison avec les pirates de mer. » On ajoute même que :« Hasssan Said détiendrait 23% du capital d’une association de pirates de mer. »

Je ne sais pas si cela est vrai, mais il y a rarement de fumées sans feu.

Merci à l’équipe, si vous publiez ma contribution et surtout continuez à nous informer.

26/02/2012 (B645) IRIN News (ONU) SOMALIE: L’importance accordée aux opérations militaires « met davantage de civils en danger »

__________________________ Note de l’ARDHD

Guelleh a-t-il assisté à la conférence ? On peut se le demander, car, contrairement à ses homologues régionaux (Ethiopie, Qatar, Kenya, Somalie, entre autres), il n’est pas cité une seule fois dans ce compte-rendu, diffusé par un organe de presse officiel des Nations unies… Oubli involontaire ou consensus, pour ne pas lui donner la parole, étant donné la perte irréversible de sa crédibilité sur la scène internationale et pourquoi pas, son double-jeu (armes, pirates, financements) … ?

Nous allons chercher la réponse qui conviendrait le mieux !

Mais on peut déjà comprendre que Guelleh a été « snobé » par ses homologues, qui n’ont pas jugé utile de lui donner la parole. Est-ce en raison de ses « récents succès », comme la décision du Conseil de sécurité, d’inscrire sur la liste des personnes « non grata », un financier somalien sulfureux qui est hébergé « et protégé ? » officiellement à Djibouti par lui-même et sa bande d’obligés alimentaires. Lien

Encore un « bide » sur la scène internationale ?

Sans oublier sa pitoyable prestation lors de l’assemblée générale des Nations-Unies .. où aucun des grands (y compris le Président des USA) n’a souhaité lui accorder un entretien privé. C’est un sous-sous-secrétaire qui avait été chargé de la corvée … !

Sans oublier ses déconvenues lors de la Conférence de l’UA à Addis Abeba, où le même scénario se serait reproduit : c’est à dire que les grands dirigeants auraient refusé de lui accorder des entretiens privés.

Décidément, il accumule les échecs … et il ne représente plus rien sur le plan international. C’est la Paulette qui va avoir bien du travail à faire pour lui remonter le moral, car il ne doit pas être au beau fixe….

______________________________ Extrait d’IRIN News

La seule solution militaire ne sera pas suffisante en Somalie

LONDRES, 26 février 2012 (IRIN) – La Conférence de Londres sur la Somalie s’est conclue par l’adoption d’un plan en sept points visant à renforcer l’aide humanitaire et le soutien aux soldats de l’Union africaine (UA), et à prendre des mesures plus strictes contre la piraterie, mais elle « n’a pas fait état des mesures requises pour remédier aux risques auxquels les civils sont confrontés », a indiqué Amnesty International.

« La récente recrudescence des opérations militaires accroît la vulnérabilité des civils face aux attaques et au déplacement, tandis que le nombre d’armes se multiplie, dans un pays déjà envahi par les armes », a dit Bénédicte Goderiaux, chercheuse sur la Somalie à Amnesty International.

« C’est une combinaison mortelle qui pourrait alimenter de nouvelles atteintes aux droits humains. Lors de cette conférence, nous espérions voir se déployer des efforts plus soutenus afin de renforcer la sécurité de la population somalienne ».

Le Secrétaire général des Nations Unies Ban Ki-moon, la Secrétaire d’État américaine Hillary Clinton, l’Union africaine et la Ligue des États arabes, des Présidents des pays de la région, une délégation de représentants somaliens, notamment le Président, le Premier ministre et le président du Gouvernement fédéral de transition (GFT) – ainsi que de nouveaux acteurs, comme le Qatar et la Turquie – ont participé à la Conférence du 23 février.

Les intervenants qui se sont succédé à la tribune ont exhorté le Gouvernement fédéral de transition (GFT) somalien à résoudre la situation politique, rapidement. Mme Clinton a dit : « Le temps presse et notre position est claire, la communauté internationale ne soutiendra aucune prorogation du mandat du GFT au-delà de la date fixée par la feuille de route, soit le 20 août … Il est temps – il est plus que temps – de s’atteler à la tâche et de faire ce qu’il faut pour ramener la stabilité en Somalie pour la première fois dans la vie de nombreux habitants … Les tentatives d’empêcher les avancées et de maintenir le statu quo ne seront pas tolérées ».

La Turquie joue un rôle de plus en plus important dans le dossier somalien, et son ministre des Affaires étrangères, Ahmet Davutoglu, a appelé ses confrères à faire preuve de davantage d’audace. « Nous devons être visibles et présents sur le terrain. Nous ne pouvons pas nous contenter de participer à des conférences organisées loin de la Somalie. Nous devons être sur le terrain … Nous appelons donc les pays participants à ouvrir des ambassades. D’un point de vue psychologique, il est très important de donner l’impression que la situation va se normaliser en Somalie ».

Discuter avec Al-Shabab ?

Le ministre Qatari, Dr Khalid bin Mohammed al Attiyah, a appelé à la participation d’Al-Shabab au processus de renforcement de la confiance et à l’inclusion de toutes les parties somaliennes. « À cette étape du processus, l’exclusion de toute partie retardera ces efforts », a-t-il dit, « et rendra toute discussion sur la sécurité et la stabilité irréaliste et incohérente avec les réalités du terrain en Somalie ».

Mme Clinton « s’est fermement opposée » à tout engagement avec Al-Shabab, mais des signes ont montré que certains partenaires européens des États-Unis ne seraient pas aussi catégoriques. Le ministre des Affaires étrangères italien, Giuliomaria Terzi, a souligné que les insurgés contrôlaient toujours plus d’un tiers de la Somalie et a ajouté, « Leur capacité à contrôler ce territoire ne réside pas seulement dans l’utilisation de la coercition ».

Lors de la conférence, l’accent a surtout été mis sur les solutions militaires, ce qui inquiète les organisations humanitaires qui tentent de travailler des deux côtés de la ligne de front dans le sud et le centre du pays. Le Premier ministre du GFT, Abdiweli Mohamed Ali, a apporté son soutien à la possibilité de frappes aériennes ciblées contre ceux qu’il considère comme des membres d’Al Qaïda.

Mandat de l’AMISOM

La résolution du Conseil de sécurité a été généralement bien accueillie : elle prévoit la prorogation du mandat de la Mission de l’Union africaine en Somalie (AMISOM), un financement plus stable, la fourniture d’équipements supplémentaires et l’envoi de troupes supplémentaires. Les Kényans, qui sont déjà présents en Somalie (les soldats éthiopiens ne sont pas concernés) ne seront pas « transférés » au sein des forces de l’AMISOM.

Le président kényan Mwai Kibaki et le Premier ministre éthiopien Meles Zenawi se sont félicités des succès rencontrés par leurs troupes ces derniers jours, notamment la prise de Baïdoa et l’extension de ce qu’ils considèrent être les zones libérées du sud. L’hôte de la conférence, le Premier ministre britannique David Cameron, a annoncé la création d’un fonds de stabilité pour les zones qui sont à nouveau sous le contrôle du gouvernement de transition. Ce fonds recevrait les contributions de la Grande Bretagne, des Pays-Bas, de la Norvège, du Danemark et des Émirats Arabes Unis.

« Il est absolument nécessaire », a dit M. Cameron, « d’aider les populations des zones reprises à Al-Shabab à construire des zones plus sûres et mieux gouvernées, et de montrer aux populations des zones qui sont toujours sous le contrôle d’Al-Shabab qu’il y a une meilleure alternative ».

Aide aux réfugiés

Ces zones sont également surveillées par le Kenya, qui plie sous le poids du grand camp de réfugiés de Dadaab, situé à proximité de la frontière orientale avec la Somalie. M. Kibaki a dit : « Le Kenya espère que cette conférence permettra d’élaborer des solutions fermes et durables, y compris le retour de ces populations vers leur pays d’origine … Les acteurs humanitaires devraient maintenant installer ces populations dans les zones libérées d’Al-Shabab. Il s’agit d’une question extrêmement urgente, car le Kenya ne peut plus supporter le fardeau lié à cette situation ».

Rahma Ahmed, coordinateur du Somali Relief and Development Forum, a toutefois dit à IRIN : « Nous pensons que ni la brutale détérioration de la situation sécuritaire à Dadaab ni l’évolution de la situation en Somalie, qui demeure instable – y compris dans les zones identifiées par le gouvernement du Kenya dans l’optique du rapatriement – ne sont suffisantes pour mettre en œuvre un programme de rapatriement conforme au droit international des réfugiés et au droit international des droits de l’homme ».

La Grande-Bretagne a annoncé un plan triennal d’aide visant à aider les réfugiés – le Kenya devrait recevoir plus de 56 millions de dollars et l’Éthiopie plus de 23 millions de dollars. Un porte-parole du Département du développement international du Royaume-Uni a dit à IRIN que ces sommes n’étaient pas destinées à financer le rapatriement; mais à être utilisées pour les camps de réfugiés, où elles pourraient permettre d’améliorer les conditions de vie.

eb/am/mw-mg/amz

(Cet article ne reflète pas nécessairement les vues des Nations Unies)

26/02/2012 (B645) LDDH : diffusion d’information de RSF et du réseau EHAHRDP, à propos de la Somalie et de la Conférence de Londres


Le Président

DIFFUSION D’INFORMATION DU 25 FEVRIER 2012

A propos de la situation en Somalie

Ayant été victime de malaises abdominaux, c’est avec retard que je diffuse les communiqués suivants en priant toutes celles et tous ceux qui lisent mes courriers de bien vouloir m’excuser pour ce délai.

La Ligue Djiboutienne des Droits Humains (LDDH) ne cesse de se battre auprès de RSF, de la FIDH, de Human Rights, qui suit de très près le problème Somalie tout comme Amnesty.

Toutes les interventions des Organisations Internationales de Défense des Droits de l’Homme ne peuvent que donner l’espoir aux Patriotes Somalie notamment les Jeunes qui se sacrifient pour libérer leur Patrie de l’occupation , de l’invasion et de la colonisation de la Somalie.

Je ne peux que prier le Bon DIEU pour assister et protéger tous les Journalistes du monde, sans oublier les Journalistes assassinés froidement en présence des Forces d’AmIson et la complicité du cancer de l’IGAD.

NOEL ABDI Jean-Paul

Pièces complémentaires.
1°) La lettre ouverte de RSF à propos de la Somalie
2°) Réseau EHAHRDP (En Anglais)

_________________________________________ 1°) RSF
Le secrétaire général de RSF :

A l’occasion de la Conférence de Londres sur la Somalie qui se tiendra le 23 février 2012 et réunira les membres de la communauté internationale, Reporters sans frontières écrit à la cinquantaine de délégations nationales et internationales afin de les alerter sur la situation alarmante des journalistes somaliens.

__________________________________________

Lettre ouverte aux délégations participant à la Conférence de Londres sur la Somalie, le 23 février 2012.

Paris, le 21 février 2012.

Objet: Appel à la création d’une commission d’enquête internationale indépendante chargée d’étudier les meurtres de journalistes, et à la mise en place de mécanismes de prévention contre les violences perpétrées à leur encontre

Chers participants,

Reporters sans frontières, organisation internationale de défense de la liberté de l’information, souhaite tout d’abord saluer l’initiative de cette conférence et ses objectifs. Nous nous réjouissons de voir que la communauté internationale essaie d’apporter des réponses à la crise que connaît le pays depuis de nombreuses années et prend ses responsabilités à l’égard de la Somalie, alors que le gouvernement fédéral de transition prendra fin en août 2012.

Notre organisation suit depuis plusieurs années les dangers auxquels font face les journalistes et n’a pu que constater l’impossibilité, pour l’heure, d’établir une liberté de l’information viable.

Reporters sans frontières profite de cette conférence pour vous alerter sur deux points essentiels à l’amélioration de la situation somalienne : lutter contre l’impunité totale qui persiste sur le territoire concernant les violences et assassinats perpétrés contre les journalistes ; mettre en place les mécanismes et institutions nécessaires pour protéger l’intégrité physique des professionnels de l’information, ainsi que leur sécurité personnelle et leurs droits fondamentaux.

La Somalie est depuis plusieurs années le pays le plus meurtrier d’Afrique pour les journalistes. Reporters sans frontières et son association partenaire, la National Union of Somali Journalists (NUSOJ), ont recensé 4 journalistes tués en 2011, 3 en 2010 et 9 en 2009.

L’année 2012 a également commencé sous de tristes auspices puisque le 28 janvier, Hassan Osman Abdi, directeur du Shabelle Media Network, a été assassiné devant son domicile par cinq hommes armés non identifiés. Après Bashir Nur Gedi en 2007 et Mukhtar Mohamed Hirabe en 2009, ce journaliste est le troisième directeur du Shabelle Media Network à avoir été tué à cause du poste qu’il occupait.

L’assassinat d’un journaliste n’est pas un simple crime parmi d’autres violences liées au contexte régional, il ne constitue pas un aléa du conflit mais bien un acte ciblé à forte teneur politique dont les auteurs doivent être jugés sous peine de voir toute la population privée d’information. Or, aucune enquête sur les assassinats perpétrés ces dernières années n’a abouti à l’inculpation et l’incarcération de leurs auteurs, témoignant d’un appareil pénal incapable de rendre justice aux victimes et à leurs familles.

Si la difficulté est grande de retrouver les auteurs de tous ces crimes, une commission d’enquête internationale indépendante serait seule capable dans le contexte politique actuel de mener les enquêtes nécessaires. Une telle commission, dont le projet est soutenu par de nombreuses personnalités politiques et organisations, jouirait de toute l’indépendance indispensable à la manifestation de la vérité sur les violences subies par la presse. C’est dans cette optique que nous nous tournons vers vous afin de vous demander d’étudier la question des violences contre les journalistes et la possibilité de créer une telle commission.

Alors que les discussions sur la succession du gouvernement fédéral de transition en août 2012 prennent un nouveau tournant, nous vous invitons également à étudier la possibilité de mettre en place, dès la création du nouveau système politique, des institutions capables d’assurer une sécurité et une protection optimales des journalistes exerçant sur le territoire somalien.

Depuis le début de l’année nous avons pu constater 27 arrestations de journalistes dont 2 sont toujours en détention à Hargeysa, 9 ont été menacés, et un média a été censuré. Les journalistes risquent au quotidien les conséquences des applications détournées de lois pénales et antiterroristes. En 2011 déjà, la NUSOJ avait recensé, dans son rapport annuel 7 journalistes blessés, 19 arrestations arbitraires, 7 medias attaqués et au moins 5 journaux poursuivis pour des cas de « diffamation ».

Nous sommes conscients de l’agenda politique déjà chargé de cette conférence, mais il est de notre devoir de rappeler l’espoir véhiculé par ces discussions auprès de la population et des journalistes somaliens. Il en va de la responsabilité de chacun des acteurs présents à cette rencontre d’apporter des solutions concrètes aux victimes de ces violences quotidiennes.

Nous restons à votre entière disposition si vous souhaitez obtenir davantage de détails sur la situation de chacun des journalistes et des médias inquiétés dans le pays.

En espérant que vous serez sensible à notre requête, je vous prie d’accepter, Mesdames, Messieurs, l’expression de ma haute considération.

Olivier Basille
Secrétaire général de Reporters sans frontières

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Ambroise PIERRE
Bureau Afrique / Africa Desk
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___________________________ 2°) EHAHRDP

DIFFUSION D’INFORMATION DU 25 FEVRIER 2012
Sur la Somalie

Somalia: London Conference Must Address Human Rights and Accountability
22nd February 2012

Representatives of 50 countries and international organisations will meet tomorrow, 23rd February 2012, in London, UK for an international conference on Somalia. Participants in the London Conference must ensure that accountability and respect for human rights are central to the Somali political process, the East and Horn of Africa Human Rights Defenders Project (EHAHRDP) said today.

EHAHRDP welcomes the UK Government’s consultations with representatives of Somali civil society in Nairobi, Kampala, and Mogadishu, as well as with the Somali diaspora community in the UK, but regrets that civil society will not take part in the London conference this week. “Too often human rights concerns are sidelined in talks to resolve the problems in Somalia,” said EHAHRDP Executive Director, Hassan Shire Sheikh. “Those working to defend human rights in the country must be fully included in the state-building process from day one.”

Although not among the seven key outcome areas for the London conference, human rights and accountability are a vital component in building a peaceful and stable state. Human rights defenders and media workers have an important role to play, but remain at risk of harassment, intimidation and attack. EHAHRDP reiterates its call for timely, independent and impartial investigations into the January 2012 killing of Hassan Osman Abdi, the director of Shabelle Media Network, the latest of at least 20 media workers killed in Somalia in the past five years. Those responsible should be brought to justice in criminal prosecutions that meet international fair trial standards.

The Garowe II Principles signed this month include steps towards tackling impunity and EHAHRDP calls for their full implementation. The announcement that the next constitutional consultative conference, to take place in Mogadishu before the end of March 2012, will focus on fundamental rights and freedoms is particularly timely. Likewise, the exclusion of anyone with a record of serious crime or crimes against humanity from eligibility for membership of the Interim
Independent Electoral Commission and the National Constituent Assembly is significant and must be respected. Persons with criminal records will not be eligible to stand for the new federal parliament.

“Tackling the prevailing climate of impunity for human rights abuses is an essential step towards ending the cycles of violence and deadly attacks on civilians,” said Mr Shire Sheikh.“Tomorrow’s conference in London is an opportunity for the international community to commit tangible support for rebuilding a culture of respect for human rights in Somalia.”

For more EHAHRDP work on Somalia, please see:

3rd February 2012
Open Letter from EHAHRDP to H.E. Sheikh Sharif Sheikh Ahmed on Accountability for Attacks on Radio Shabelle and Other Media Workers in Somalia, available at: http://www.defenddefenders.org/2012/02/re-accountability-for-attacks-on-radio-shabelle-and-other-media-workers-in-somalia/

29th September 2011
Press Release, “Geneva: Investigate and Ensure Accountability for War Crimes and Crimes against Humanity in Somalia,” available at: http://www.defenddefenders.org/2011/09/geneva-investigate-and-ensure-accountability-for-war-crimes-and-crimes-against-humanity-in-somalia/

For more information, please contact:
Hassan Shire Sheikh, Executive Director: +256 772 753 753 or executive@defenddefenders.org
Rachel Nicholson, Advocacy Officer: +256 778 921 274 or advocacy@defenddefenders.org

22/02/2012 (B644) Coucou, les revoilà !!! Somalie: des chars éthiopiens progressent vers une position clé des shebab (Romandie News / Ch)

MOGADISCIO – D’intenses combats ont éclaté mardi dans le sud de la Somalie, où des forces gouvernementales appuyées par des chars et soldats éthiopiens ont progressé vers des zones sous contrôle des islamistes shebab, selon des témoins.

Des troupes éthiopiennes ont traversé le district de Luq, dans la province de Gedo, en direction de localités de la région de Bay où les insurgés ont déployé des centaines de combattants ces derniers jours. Selon des témoins, les Ethiopiens se rapprochent de Baïdoa, principale base shebab du sud de la Somalie. C’est aussi là que siégeait le Parlement de transition somalien jusqu’en 2009.

Nous recevons des informations selon lesquelles d’importants affrontements ont éclaté près de Bohol-Bashir, les forces éthiopiennes ont réussi à prendre le contrôle de Kurteele et avancent vers Baïdoa, a raconté Abdikarin Ahmed, un habitant de Berdale, localité des environs.

Je pense qu’il va y avoir une bataille décisive parce que les forces éthiopiennes utilisent des tanks et des pièces d’artillerie lourde, a renchéri un autre témoin, Hassan Yusuf.

Les ennemis d’Allah, les mercenaires éthiopiens ont traversé Bohol-Bashir, avançant vers les camps des moudjahidine, mais ils ont été mis en échec, certains de leurs camions militaires détruits et leurs ambitions anéanties par les jeunes et énergiques combattants d’Allah, a affirmé de son coté Sheik Mohamed Abu-Ayub, un commandant shebab.

Toujours dans la région de Bay, près de Berdale, à quelque 300 kilomètres au nord-ouest de Mogadiscio, au moins six civils ont été tués et huit autres blessés au passage d’un camion sur une mine. Nous ne savons pas qui a placé la mine mais elle n’était pas loin de la zone de conflit, a indiqué un chef coutumier local, Mohamed Isgowe.

Les shebab ont juré la perte du gouvernement somalien de transition.

Les rebelles, qui ont abandonné leurs positions à Mogadiscio en août, contrôlent encore largement les centre et sud de la Somalie. Mais ils sont sous pression militaire : celle de la force de l’Union africaine autour de Mogadiscio, l’armée kényane dans le sud et les Ethiopiens dans l’ouest.

La Somalie est sans gouvernement effectif et en état de guerre civile depuis 20 ans. Pour tenter de sortir le pays du chaos, Londres organise jeudi une conférence internationale.

22/02/2012 (B644) Somalie : l’ONU va porter les effectifs de l’Amisom à 17.000 hommes (Romandie News avec AFP)

NEW YORK (Nations unies) – Le Conseil de sécurité des Nations unies doit approuver mercredi une augmentation des effectifs de la force de l’Union africaine en Somalie (Amisom), qui seront portés à un maximum de 17.731 hommes, ont indiqué mardi des diplomates.

La résolution qui doit être adoptée par le Conseil demandera aussi l’interdiction du commerce du charbon de bois venu de Somalie, qui est utilisé par les shebab somaliens pour se financer et menace l’environnement.

La résolution, dont l’AFP a obtenu copie, assigne à l’Amisom la mission de se déployer vers des zones du sud et du centre de la Somalie pour prendre toutes les mesures nécessaires, en coopération avec les forces gouvernementales somaliennes, afin de réduire la menace constituée par les shebab et d’autres groupes armés d’opposition.

Ce déploiement doit se faire sur la base d’objectifs militaires clairs intégrés dans une stratégie politique, souligne le texte.

L’Amisom est composée aujourd’hui de 9.700 soldats et peut pour l’instant en mobiliser 12.000 au maximum, en quasi-totalité ougandais et burundais. Elle doit incorporer des soldats kenyans combattant en Somalie et le Conseil de sécurité appellera d’autres pays africains à contribuer.

L’Amisom estime contrôler 14 des 16 arrondissements de Mogadiscio, que les islamistes shebab, ralliés à al-Qaïda, ont abandonné pour l’essentiel en août dernier.

La force prévoit de se déployer pour la première fois depuis sa création en 2007 hors de Mogadiscio, dans des secteurs du sud et du centre du pays arrachés ces derniers mois aux shebab par des soldats du Kenya et de l’Ethiopie. Ceux-ci sont entrés en Somalie respectivement en octobre et en novembre dernier.

La Somalie est privée de gouvernement central effectif depuis la chute de Siad Barre en 1991.

Le gouvernement britannique organise jeudi à Londres une conférence internationale pour tenter d’accélérer la mise en place d’une solution politique durable pour ce pays pauvre de la Corne de l’Afrique.

Dans sa résolution, le Conseil de sécurité demande au gouvernement somalien de prendre les mesures nécessaires pour empêcher l’exportation de charbon de bois et à tous les membres de l’ONU de mettre un terme au commerce de charbon venu de Somalie.

Le gouvernement interdit déjà les exportations du charbon de bois depuis les zones qu’il contrôle mais son commerce est florissant dans les zones tenues par les shebab, notamment le port de Kismayo.

Une grande partie de ce commerce se fait à destination des Emirats arabes unis. Le fabrication intensive de charbon est très préjudiciable à l’environnement: la déforestation expose un peu plus les populations et leur bétail aux sécheresses récurrentes.