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31/08/2013 (Brève 193) ALERTE ROUGE – Communiqué de presse de l’ARDHD – La  pression et la manipulation s’intensifient sur le gouvernement du Yémen pour qu’il extrade vers Djibouti le témoin clé de l’affaire Borrel, Mohamed Saleh Hussein Alhoumékani.

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IL Y A URGENCE : Nous recommandons à toutes celles et à tous ceux qui le peuvent de relayer cette information parmi leurs réseaux et de l’adresser surtout aux journalistes, aux élus et aux personnalités politiques dans leur entourage.
Vous pouvez télécharger la version intégrale en PDF : lien
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COMMUNIQUE   31 aout  2013

DANGER   pour la vie du témoin-clé de l’affaire BORREL
YEMEN :  LA PRESSION de DJIBOUTI s’intensifie  POUR EXTRADER MSH  ALHOUMEKANI

Le témoin-clé de l’affaire Borrel, pourrait être jugé extradable vers Djibouti dans le week-end, entrainant de fait le risque de clôture de l’instruction en cours en France sur l’assassinat de ce juge français à Djibouti en 1995.

La  pression et la manipulation s’intensifient sur le gouvernement du Yémen pour qu’il extrade vers Djibouti le témoin clé de l’affaire Borrel, MSH Alhoumékani.

Pour faire taire ce témoin, les autorités djiboutiennes déploient les grands moyens : envoi du Général Fathi Ahmed, Commandant en Chef de l’Armée à bord d’un vol militaire, puis d’Hassan Saïd Chef des services secrets (SDS), diffusion de fausses informations et pressions sur le Quotidien yéménite Al-Teef, pour qu’un article de ce quotidien affirme, faisant état de sources policières sous couvert d’anonymat, que la demande d’extradition formulée par Djibouti serait motivée par une condamnation pour diffusion de fausses nouvelles à l’encontre du Chef de l’État et que de nouveaux éléments justifieraient désormais que « le criminel » Alhoumekani soit jugé pour sa propre implication dans l’assassinat du juge Borrel, dont il n’avait jamais été question jusqu’à présent.

S’il est extradé vers Djibouti, Mohamed Alhoumekani risque la mort. De nombreux cas de morts mystérieuses survenues dans la prison de Gabode sont signalés chaque mois. Le dernier en date est un professeur de français, Mohamed Elmi Rayaleh, opposant, mort dans sa cellule, dans la nuit du 28 août 2013, après deux mois de détention.

Venant au Yémen le 24 août 2013 pour rendre visite à une partie de sa famille, Mohamed Saleh Hussein Alhoumékani a été arrêté dès son arrivée à l’aéroport de Sanaa (Yémen), et conduit dans les locaux de la direction d’Interpol en réponse à une demande d’extradition formulée par les autorités djiboutiennes, qui ont affirmé qu’il était l’objet d’une fiche rouge émise par Interpol, ce qui n’a jamais été confirmé par cette organisme.

D’abord maintenu en garde à vue dans les locaux d’Interpol puis dans ceux de la brigade criminelle de Sanaa sans motif valable, le 29 août, il a fait l’objet d’une ordonnance de libération immédiate rendue par un juge yéménite.  À sa sortie d’audience, M. Alhoumekani a été de nouveau arrêté par des agents d’Interpol, toujours à la demande du gouvernement de Djibouti. Le jeudi 29 août, il était transféré à la prison centrale de Sanaa.

Le régime d’Ismaël Omar Guelleh exerce une pression de plus en  plus lourde sur le gouvernement du Yémen : la constitution yéménite empêche théoriquement l’extradition d’un citoyen du pays, mais le Yémen subit des pressions de plus en plus fortes, avec ce 31 août, des allégations mensongères des autorités djiboutiennes qui prétendent maintenant qu’Alhoumékani est l’auteur de l’assassinat du magistrat français. Les tribunaux yéménites sont ouverts le samedi et le dimanche : Alhoumékani pourrait donc être jugé extradable dès ce week-end, au prétexte fallacieux qu’à l’époque des faits qui lui sont désormais imputés, il n’avait pas encore été réintégré dans la nationalité yéménite. 

En plus du risque pour sa vie, la condamnation à Djibouti de Mohamed Saleh Alhoumekani au titre de l’assassinat du Juge Borrel, dans une parodie de justice, pourrait entraîner la clôture de l’instruction en France.

Il est évident que le dictateur djiboutien Ismaël Omar Guelleh a envie de faire taire définitivement ce témoin qui l’a clairement impliqué dans la commandite du meurtre du Juge Bernard Borrel ou qu’il souhaite obtenir, y compris par la force, un désaveu de son témoignage devant la justice française.
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Nous demandons

  • A la République du Yémen de respecter les règles du droit international et sa propre constitution qui interdit l’extradition d’un citoyen yéménite.

Mohamed Alhoumekani  doit être remis en liberté par la justice yéménite. Aucun fait délictueux fondé ne pouvant lui être reproché, nous demandons sa libération immédiate et qu’il soit autorisé à rentrer en Belgique.

  • A la République française,  en la personne de son ministre des affaires étrangères, d’assurer la sécurité d’un témoin capital dans l’instruction criminelle pour l’assassinat du Juge Borrel, coopérant français, et d’user de son influence diplomatique pour exiger la libération de Mohamed Saleh Alhoumekani et empêcher son extradition vers Djibouti. Rappelons que Laurent Fabius écrivait en soutien de l’appel « POUR LA VERITE » en 2005 : « Je souhaite que la vérité soit connue sur les circonstances exactes de la disparition [du juge Borrel]. A ce stade mon intime conviction est que cette vérité n’est absolument pas celle que certains voudraient accréditer. Sur cette triste affaire comme pour d’autres, aucune raison d’état ne doit être plus forte que la vérité. »
  • Nous adressons la même demande au Royaume de Belgique

Bref rappel sur l’assassinat du juge Borrel

On se souvient que le témoignage de MSHA ancien chef de la garde républicaine de Djibouti au moment de l’assassinat du juge Borrel, –  réfugié en Belgique depuis 2000, et désormais citoyen belge et yéménite,  – avait permis de lever une partie du voile de  plomb qui pesait sur l’assassinat du juge Borrel en octobre 1995, – assassinat toujours inexpliqué, dont on attend toujours le procès, et pour lequel les gouvernements français, et en premier lieu les gouvernements Chirac ont eu de façon continue des attitudes dilatoires, de déni de vérité, voire de déni de justice.

Avec une mort suspecte par enfoncement de l’arrière du crâne, puis une immolation post mortem, avec deux essences différentes, la mort du magistrat, d’abord déclarée suicide, avait été requalifiée d’ « assassinat en service » sans que les causes et les auteurs de l’assassinat n’aient jamais été activement recherchés par la France .


(Alors qu’en termes géopolitique, la place de Djibouti, plate-forme de surveillance de la mer rouge /  abrite aujourd’hui 2.000 militaires français, plus de 2.100 militaires US, 600 militaires japonais. .e régime de Djibouti, classé 167ème sur 179 par RSF, demeure l’un des champions du musèlement de l’opposition et de la violation des Droits de l’Homme)

Bref rappel du parcours de M. Mohamed Alhoumékani

Mohamed Saleh Hussein ALHOUMEKANI, né djiboutien (d’une famille d’origine yéménite) a été officier dans la garde républicaine de Djibouti, en charge de la sécurité du palais présidentiel.

En octobre 1995, il a entendu une conversation à propos de la mort du Juge français Bernard Borrel, au cours d’une réunion qui réunissait Ismaël Omar Guelleh (le neveu du Président de l’époque Hassan Gouled Aptidon et futur Président en 1999), le Chef des services secrets Hassan SaÏd et d’autres personnages, dont au moins un français. Parmi les paroles entendues : « Le juge fouineur est mort … »

Réfugié en 2000, arrivé en France puis installé à Bruxelles, il n’a jamais cessé de maintenir ses déclarations qui prouvaient que le magistrat ne s’était pas suicidé mais qu’il avait été assassiné, ce que la justice française reconnaîtra finalement sept ans plus tard en 2007.

Son témoignage a mis en difficulté  Ismaël Omar Guelleh et a empoisonné les relations diplomatiques entre la France et Djibouti.

Même à Bruxelles, Mohamed ALHOUMEKANI a été victime de pressions, de menaces et d’agression et de tentative de subornation de témoin, y compris sur sa famille, organisées par les services djiboutiens. (Le chef des services secrets Hassan Saïd et le Procureur de Djibouti Djama Souleiman. Les services belges de sécurité ont du intervenir à plusieurs reprises pour assurer sa protection.

Tout en conservant sa nationalité yéménite, Il a acquis la nationalité belge. Avec sa femme et leurs enfants, il réside et travaille à Bruxelles où il a une situation régulière. Il entretient toujours des relations avec la partie de sa famille qui réside au Yémen, ce qui explique qu’il se rende deux à trois fois par an dans ce pays.

Il est toujours actif au sein de l’opposition djiboutienne au régime de Guelleh

Contacts presse :
ARDHD
Anne-Marie de Vaivre : amdevaivre@ardhd.org
Jean-Loup Schaal : jlschaal@ardhd.org
Tel bureau : + 33 (0)1 46 34 70 70
Cellulaire : + 33 (0)6 11 32 19

16/04/03 (B193) Un lecteur nous demande si quelqu’un pourrait lui donner des informations sur le médecin Peltier qui a donné son nom à l’hôpital de Djibouti.

Merci à tous ceux qui pourraient aider ce lecteur dans sa recherche, en lui communiquant des informations sur la vie de ce docteur Peltier, de nous les adresser.

16/04/03 (B193) LDDH Rapport du 19 Mars 2003 sur les activité et les perspectives pour l’année 2003.

 


I – Aperçu
des activités.

Depuis janvier 2003, nous
avons directement assisté les prisonniers de la FNP qui avaient bénéficié
d’un Non-Lieu le 6/08/2001, auprès du ministère de la Justice
et du Parquet du Tribunal de Djibouti.

La Ligue Djiboutienne
des Droits Humains ( LDDH ) se félicite du dernier jugement qui a procédé
à la relaxe de deux officiers: le Colonel God et le Commandant Fathi,
jugement prononcé pour une fois dans un climat serein, sans interférence
flagrante du politique.

La Fédération
Internationale des Droits de l’Homme (FIDH) a régulièrement
suivi les différents procès et elle nous a aidé à
entreprendre des actions auprès du Haut Commissariat des Droits de
l’Homme dans le cadre des Détentions Arbitraires.

La LDDH continue ses pressions
et envisage de soumettre à la FIDH des possibles propositions pour
déclencher une Révision du Procès, pour les sept autres
policiers de la FNP arbitrairement condamnés, après un procès
inique à double vitesse et toujours injustement incarcérés
dans le sinistre prison de Gabode .

La possibilité
d’une Amnistie est aussi envisageable ; mais une volonté politique
doit suivre, ou plus exactement doit s’instaurer au plus haut niveau.
Volonté politique pour mettre fin à l’actuelle politique foncièrement
dictatoriale.

Sur le plan de la protection
des Droits de l’Homme, la LDDH rencontre des difficultés majeures,
à savoir : les victimes ou les familles des victimes n’engagent aucune
procédure judiciaire en majorité pour les raisons suivantes:

– elles considèrent
que la Justice djiboutienne n’est pas du tout et loin d’être indépendante,
donc elles ne voient pas  » l’utilité » de déposer une
plainte qui risque de se retourner contre elles.

– elles ne connaissent
pas la procédure à suivre et les avocats sont chers à
Djibouti, d’autant plus que la majorité des victimes des exactions
faites par des responsables de l’Administration, de la Police, des Forces
de Sécurité, de la Police Politique, etc. sont issues des populations
les plus défavorisées, ces dernières ne bénéficient
d’aucune assistance judiciaire au cas ou l’Etat ou un Décideur de l’Etat
est mis en cause.

D’une manière globale,
les exactions sont apparemment stoppées ou sont en nettes diminutions
depuis la signature des Accords de Paix du 12 mai 2001.

Toutefois, les exactions
de masse à l’égard des réfugies et/ou immigrés
de la capitale sévissent toujours.

Les refoulements de ces
étrangers souvent fragilisés sont opérés presque
quotidiennement, de façon sommaire, après quelques jours de
passage dans le Centre de tri de Nagad (Ecole de Police),et ceci, sans aucun
jugement du Tribunal de Djibouti, jugement en principe obligatoire avant toutes
les expulsions hors du Territoire nationale,

Perspectives

Durant cette année
2003, la LDDH va accorder une attention prioritaire et soutenue à ces
dernières violations intolérables et dangereuses.

Dans une prochaine Note
d’Information, et après quelques compléments d’informations,
la LDDH ne manquera pas, d’une manière générale, à
se prononcer sur les regrettables affrontements du 6 Mars 2003 à Arhiba
et de l’inadmissible laxisme des différentes Forces de Sécurité.

Ces affrontements, probablement
entretenus, perdurent encore avec tous les effets traumatisants à l’encontre
des populations frères Oromos qui vivent sur notre Territoire National.

II – Sur l’obtention
du récépissé du ministère de l’Intérieur.

La Ligue Djiboutienne
des Droits Humains ( LDDH ) a été officialisée le 9 mai
1999 auprès du ministère de l’Intérieur par dépôt
de la lettre de Déclaration, du Procès-Verbal de création,
et des Statuts de la LDDH.

La procédure à
suivre doit être, en principe, conforme à la Loi française
de 1901 relative à la création ou à la constitution des
Associations.

En effet, aucune autre
disposition locale ou djiboutienne n’existe pour la création ou la
constitution des Associations, seule la Loi de 1901 est en vigueur.

L’article 5 de la Loi
de 1901 est très précise sur le délai de cinq jours pour
la délivrance par l’Administration du Récépissé.

Après moult humiliations
sur les responsables de la LDDH ; le Président de la LDDH a introduit
deux plaintes contre l ‘ancien ministre de l ‘Intérieur Abdallah Abdillahi
Miguil ; l’une pour Abus de Pouvoir auprès du Conseil du Contentieux
Administratif – qui d’ailleurs ne fonctionne plus depuis 1996 – et l’autre
en Pénal pour Obstruction aux Travaux des Défenseurs des Droits
de l’Homme

Ce n’est que le 26 décembre
2001, sur intervention du Ministre de l’Intérieur, M. Abdoulkader Doualeh,
que le Président de la LDDH a pu obtenir le « récépissé ».

Ce récépissé
devrait être publié dans le Journal Officiel le plus rapidement
possible, en général dans le délai d’un mois, dés
la réception du « récépissé » établi
par le Ministère de l’Intérieur.

Ce récépissé
a été immédiatement transmis à la direction de
publication des JO.

Le Directeur de Publication
du Journal Officiel, qui n’est autre que le Secrétaire Général
du Gouvernement, M. Mohamed Hassan n’a pas voulu publier le « récépissé »
de la LDDH dans le JO.

Toutefois, après
une lettre en recommandée avec accusée de réception,
après avoir informé l’Observatoire des Droits de l’Homme, le
récépissé a été enfin publié le
31 décembre 2002 et le JO mise en vente qu’en février 2003.

Malgré cette longue
obstruction, la LDDH n’a jamais hésité à dénoncer
les violations flagrantes en matière des Droits de l’Homme, en particulier
en matière Electorale, bien avant et après les élections
législatives du 15 janvier 2003.

Pratiquement quatre ans
après, la LDDH a le plaisir d’annoncer la reconnaissance officielle
par l’Administration du Secrétaire Général du Gouvernement
(sise au Palais de la présidence de la République) avec la publication
dans le JO de « l’existence officielle » de la LDDH, Défenseur
des Droits de l’Homme .

Toutefois, la LDDH tient
à remercier le Ministre de l’Intérieur Monsieur Abdoulkader
Douale pour le respect dans l’application de la légalité en
faveur de la LDDH.

Les remerciements de la
LDDH sont adressés à Observatoire des Droits de l’ Homme et
à la FIDH.


III – Perspectives d’actions.

Pour l’année 2003,
la LDDH envisage d’entreprendre auprès des étudiants, normaliens,
lycéens et collégiens, certes d’abord par petits groupes, un
programme de formation de base sur la Justice djiboutienne et la Justice internationale
dans le cadre des relations de complémentarités entre ces Instruments
judiciaires.

Il va s’en dire que cette
formation des formateurs portera sur les Instruments nationaux est internationaux,
tels que la Constitution Djiboutienne, la Déclaration Universelle des
Droits de l’Homme, de tous les Instruments récemment ratifiés
par la République de Djibouti, notamment ceux de la Cour Pénale
Internationale.

La LDDH va aussi, dans
la mesure du possible, avec les Organisations nationales et internationales
et l’assistance de la Fédération Internationale des Droits de
l’Homme (FIDH), entreprendre des actions auprès de la Cour d’Appel
de Djibouti pour que les Abus de Pouvoir cessent en République de Djibouti
et que le Conseil du Contentieux Administratif puisse librement siéger
et statuer.

Que cette importante Juridiction
devienne enfin rapidement opérationnelle.

En effet, sans cette dernière
juridiction l’Etat de Droit en République de Djibouti est un leurre,
un grossier mensonge.

16/04/03 (B193) Maître Aref et le système autoritaire : une relation honteuse . Lecteur.

Maître Aref est
un personnage à double facette comme beaucoup d’autres personnes de
la petite élite politico-économique-juridique. A la différence
d’autres collègues, il se présentait, il y a encore quelques
années, comme un défenseur des Droits de l’Homme. Encore une
étiquette de plus, après d’avocat. Son arrestation arbitraire
en 1991 avec son oncle Ali Aref lui l’a mis au devant de la scène dans
une dictature où toute personne est soupçonnée d’appartenir
à des groupes politiques opposés. On parlera aujourd’hui des
groupes terroristes. Le Premier ministre et le Président de l’Assemblée
disent, à qui veut les entendre, que « la République fait
partie de la coalition internationale de lutte contre le terrorisme international ».

L’autre facette, nouvelle, est son attitude à l’égard du pouvoir
en place. De critique, mais non opposant convaincu, il passe à une
étape de régression intellectuelle : prendre la défense
des membres du régime autoritaire.

Pour comprendre ce virage
qui donne le vertige à ceux qui le considérait pour un défenseur
des Droits de l’Homme, il est intéressant d’analyser ses propos dans
différents contextes.

Je m’appuierai sur l’entretien
qu’il a accordé au journal Les Nouvelles d’Addis en 2001.

La fonction de défense
des Droits de l’Homme, qu’il aurait eu, doit être relativisée.
Défendre ces droits ne doit pas résulter du fait qu’on est à
un moment donné victime de la répression du pouvoir. Ce n’est
pas depuis 1991 que le régime gouledien, mais bien avant. Du fait qu’en
1990, il soit arrêté avec son oncle et détenu dans un
camp militaire sans jugement, il s’est considéré comme les autres
victimes innocentes du régime fasciste de Hassan Gouled et de IOG.
Il dit « comme ceux qui ont été physiquement touchés
dans leur chair, soit blessés, soit torturés et puis évidemment
ceux qui ont perdu leur situation professionnelle ainsi que ceux qui ont perdu
leurs biens. Bien que je fasse partie de ces trois dernières catégories »,
mais relativise toutefois en disant que  » je considère que je
suis un privilégié par rapport à toutes ces victimes ».
Il est vrai qu’on lui a empêché d’exercer son travail d’avocat,
qu’on lui a privé sa ressource principale de revenu.

La prétention :
le centre d’une histoire nationale

Être prétentieux
et exprimer un orgueil mal déplacé sont des caractéristiques
de notre célèbre Maître. Il personnalise un événement
malheureux pour celles et ceux qui ont perdu leur vie, leurs biens, leurs
professions et leur avenir : la sale guerre du régime autoritaire.

Tentant d’expliquer les
causes de la guerre, il supprime les actions des hommes et des mouvements
qui se sont battus pour une cause noble : se libérer de l’oppression
élevée en gouvernement. Ecoutons le : « j’en sais quelque
chose puisque la guerre civile s’est déclenchée après
l’arrestation de mon oncle et de moi-même, en 1991. Comme les autres
ont l’impression de se diminuer en le disant. Il faut le dire, il faut le
reconnaître, tout le monde le sait. Tout le monde sait que c’est parce
que M. Ali Aref a été arrêté qu’une guerre civile
s’est déclenchée immédiatement après, qu’elle
s’est étendue et qu’elle a eu les conséquences que l’on sait.
Ceci pour vous dire que j’en sais quelque chose, sur les causes et les origines
de la guerre civile ». Quelle merveille interprétation de l’horrible
guerre ?

Mais que rôle politique
et symbolique avait Ali Aref pour qu’il y ait une guerre? Que représentait-il
pour les Afars, pour les rebelles qui l’ignoraient ainsi que son oncle? Le
Maître s’arrête des débits qui ne produisent aucun sens
pour certains Djiboutiens, bien sûr il y a toujours d’autres qui le
prennent comme le détenteur de la vérité dans le conflit
armé. Il n’explique pas les raisons qui ont conduit l’arrestation de
l’ancien président du gouvernement local entre 1967 et 1976. Le régime
autoritaire a donné une explication en 1991 sur l’arrestation de ce
dernier, bien sûr là une explication non convaincante.

La problématique
de la différente visible

Maître Aref n’est
pas un personnage comme les autres. Ses collègues ne se font tant remarquer
comme lui. Qu’est-ce qui fait la particularité de ce dernier? Un premier
élément de réponse serait le fait qu’il soit de la même
famille un ancien président du gouvernement local durant la dernière
décennie de la colonisation française. Il y a de ces noms qui
restent collés à la personne. Après l’indépendance,
le jeune avocat qu’il était ne s’est pas préoccupé des
Droits de l’Homme, une expression horrible pour le pouvoir autoritaire. Les
affaires marchaient bien pourquoi bon mettre des bâtons de les roues
des dirigeants nationaux. Contrairement à ce qu’il dit dans l’entretien,
il fait indirectement partie « de cette catégorie de bourgeoisie
politico-bureaucratique ». Faire partie ne signifie pas seulement occuper
un poste administratif ou politique, mais c’est aussi être de connivence
avec des pratiques de cette bourgeoisie comprador comme disait fort justement
Sami Amin. Il n’est pas utile de se justifier quant à sa situation
professionnelle pour se démarquer d’un ensemble avec lequel on partage
des valeurs, peut être qu’on ne définit de la même manière.

Malheureusement pour tout
ce qu’une personne peut faire de son propre chef, les gens retiennent un nom,
un personnage, une activité, une époque, une politique pour
généraliser à l’environnement familial. Et c’est ce que
certains Djiboutiens ressentent quand ils entendent parler du Maître
Aref. Comme on le sait bien les Djiboutiens ont le verbe facile, ils étiquettent
vite la personne souvent dans le sens du mal.

La défense inutile
: la difficulté de changer les faits historiques

Si on reprend l’histoire
de l’ex colonie française comme nous invite Aref dans l’entretien,
ou bien il exprime un sentiment qu’il a toujours eu ou bien il trompe les
gens, et c’est malhonnête de sa part. A une réponse d’une question
précise, celui-ci s’en prend et trouve nécessaire de faire des
comparaisons qui n’ont pas lieu d’être. Il applaudit et disculpe un
des personnages les plus horribles et les plus inhumains et cruels de la politique
française en Afrique ou la Françafrique en reprenant François
Verschave Michel Foccart.

Pourquoi introduit-il
dans l’entretien alors qu’il n’y a pas lieu de le citer ?

Tente-t-il de disculper
de tous leurs crimes de Hassan Gouled et de IOG ?

Ou c’est une divagation
de l’avocat qui confond le discours au prétoire et un discours sur
une situation politique complexe. Non, si on analyse avec une certaine objectivité
la politique de la métropole à la TFAI, on remarque bien que
Foccart, conseiller et même tête pensante de De Gaule pour les
questions africaines, est un appui fort de Ali Aref. On sait que les élections
durant cette époque, comme aujourd’hui, étaient manipulées,
le contrôle de la chambre des députés à Djibouti
et l’accession à la tête du gouvernement local dépendaient
des politiques élyséennes. Donc Aref avait comme appui dans
la classe politique française en son temps, Foccart parce qu’Ali Aref
était un homme qui ne demandait une indépendance. Il évoque
cet horrible personnage dans la position de la France par rapport aux questions
internes djiboutiennes, c’est-à-dire du fait qu’elle a une base militaire
importante elle peut imposer quelque chose au gouvernement djiboutien.

Il dit « qu’on ne
vienne pas me dire que ces pratiques étaient exclusivement réservées
à M. Foccart, ce sont des pratiques qui se sont perpétuées
par la suite et de bien mauvaise manière et ailleurs » et d’ajouter
qu’ « avec M. Foccart, il n’y a pas eu de génocide, alors qu’avec
d’autres il y a eu des génocides. Il y a eu un génocide au Rwanda,
en un mois, on a tué un million de personnes. Ils ont fermé
les yeux en ayant livré les armes, ce n’est pas possible cela. Ça
ne s’est jamais produit avec M. Foccart, je tiens à le dire ».
A quoi bon s’enorgueillir de l’attitude d’un criminel. Au de faire le procès
d’un tel homme, il le disculpe et n’accorde aucune considération le
travail sérieux effectué par François Verschave (auteur
de

La Françafrique.
40 ans de crimes de la République, il a fait l’objet de procès
intenté contre lui par les tenants du système françafricain
comme Charles Pasqua). Il dit qu’il est « farouchement attaché
à mon indépendance d’esprit comme d’opinion, autant qu’aux vertus
enseignées par l’Islam véritable, ainsi qu’aux valeurs de la
démocratie, des droits de l’Homme, du libéralisme économique
et du respect de la dignité humaine des travailleurs ». Bien, mais
pourquoi alors chercher à justifier en faisant le détour sur
un passé horrible et un personnage sinistre pour expliquer une situation
actuelle. Il y a sans doute une logique propre à l’avocat que le commun
des mortels n’entend pas. Cela ne serait pas reproduire et défendre
un discours de la bourgeoisie politico-bureaucratique?

Le Maître Aref se
trouve dans une situation difficile : se présenter comme un défenseur
des Droits de l’Homme (je répète à plusieurs reprise
Je suis un militant des Droits de l’Homme) et expliquer une situation sociopolitique
avec des bases historiques et actuelles qu’il ne manipule à des fins
personnelles.

Interprétation
de l’accord du 12 mai 2001 : le soutien d’un dictateur sanguinaire

Interpréter un
texte est toujours un exercice difficile. Car il s’agit d’expliquer à
un large public les intentions de ceux qui ont signé un accord ou une
convention qui est supposé produire des conséquences dans la
vie quotidienne des citoyens.

Ecoutons-le « le premier
point, le plus important, est celui indiqué par M. Ismaël Omar
Guelleh en personne, qui a excellemment conclu dans son discours : « Plus
jamais ça ». Comme une découverte qu’il vient de faire,
il saute sur une formule creuse, qui n’a aucun sens. Il est inutile de lui
rappeler que cette formule a été utilisée par certains
dirigeants européens pour manifester leur horreur à l’égard
du génocide juif du régime nazi.

En politique, certaines
expressions, utilisées à un moment donné, produisent
un effet hypnotique chez certaines personnes, celles-ci considérant
même plus un élément plus important que leur contenu et
leurs conséquences sur le terrain. Alors comment explique-t-il ce « plus
que jamais ça ». Cela veut dire, écrit-il que tout ce qui
s’est produit pendant cette période est absolument inacceptable pour
un pays. Mais cela tout le monde le dit, IOG parce qu’il se trouve illégalement
à la tête de l’Etat que cette explication est valable. No Maître
Aref. Il faut sortir du piège parce que ce dernier n’accorde aucune
importance sur ce qu’il dit. Et Aref de justifier la position du diable :
« en disant cela, il a fait preuve d’un courage auquel il faut rendre
hommage, pas un hommage de type flagornerie, comme l’a signalé aussi
très bien dans son discours, M. Dini, mais un hommage à quelqu’un
qui reconnaît la gravité de la situation que le pays a traversée ».

De quel courage d’IOG
parle Aref? Franchement il est difficile de le suivre dans ses explications.
Reconnaître la gravité de la situation du pays est-il un courage?
Tout le monde le sait, c’est une réalité qui s’impose à
la grande majorité, parce qu’il y a d’autres qui ne vivent pas la même
réalité de tout le monde. Tous les jours les gens dans la rue
parlent de gravité de la situation du pays à tel point que c’est
devenu banal. Il n’y a donc aucun courage d’IOG à signaler dans cette
cérémonie de la signature de l’accord du 12 mai 2001. Alors
son courage « exceptionnel » tiendrait-il à autre chose?

Aref a trouvé,
il est lié à un engagement politique. Non, mais ceci vient après
la constatation du fameux courage. Convaincu du contenu de l’accord ou obnubilé,
peut-être, par une promesse qui lui a été fait, il explique
à qui veut l’entendre  » le fait de le reconnaître et de
s’engager à ce que cela ne se reproduise plus constitue un engagement
politique, humain, moral pour l’avenir. Et d’insister que « c’est vrai
que c’est un engagement pris par une personne » la mettant en valeur « je
dirais que ce n’est pas n’importe quelle personne ». Se sentant qu’il
fait plus royaliste que le roi, position difficile à supporter il essaie
de corriger en disant que « d’autres personnes ont pris cet engagement
avec lui et elles ne sont pas non plus n’importe qui. Je suis confiant dans
le premier point, le plus important, qui est la restauration de la paix ».
Et de conclure sur l’explication philosophique, mieux dirai-je métaphysique,
que le « plus jamais ça » veut dire que nous ferons tout pour
que la paix revienne enfin et définitivement dans notre pays ».

Plus que des explications
sérieuses, il fait un exercice de trapéziste. En d’autres termes,
il tente d’expliquer un accord tout en mettant en exergue des personnages
en commençant le dictateur. Il est vrai qu’un accord existe parce qu’au
moins deux personnes sont mises d’accord. La peur de répression sauvage
de ce dernier expliquerait l’attitude de Aref? Peut être. En tout état
de cause, il est confiant sur le développement futurd’un tel accort
quand il écrit que  » puisqu’il est dit « plus jamais ça ».
Les choses doivent changer. Il faut donc être constructif et faire des
propositions ».

Quel esprit positif cet
Aref ? Ou quelle bêtise ? N’a-t-il pas compris que les choses ne changent
de leur propre chef et que l’esprit constructif et les propositions des uns
et des autres ne servent à rien ou sont complètement ignorés
par le dictateur en empêchant par exemple de tenir compte de l’opinion
exprimée par le peuple. Comment Aref peut-il expliquer qu’un pouvoir
honni puisse rester au pouvoir sans les fraudes organisées, sans les
manœuvres d’obstruction à la libre expression des citoyens, sans
réprimer les opposants… Non franchement il y a de quoi à
être désespérer de ce discours creux et propagandiste.

Et justement de propagande,
Aref fait tout au long de l’entretien et en particulier quand il affirme que
« en déclarant clairement vouloir tourner le dos à un tel
passé, les accords qui viennent d’être parachevés me semblent
rompre avec ce système et j’espère que leur application le confirmera,
faute de quoi, les Djiboutiens sombreront dans le plus profond désespoir
qui conduira immanquablement au chaos » et d’ajouter avec un enthousiasme
enfantin que « c’est dire si les Djiboutiens doivent absolument réussir
à rompre avec détermination avec tous les systèmes qui
ont conduit à la faillite et à un déchirement sans précédent ».

Je rappelle à Aref
que les accords n’ont produit aucun effet positif. Le régime autoritaire
continue de gouverner dans la terreur le pays. Mieux le système se
sent renforcé par cet accord qu’il a traduit comme carte blanche qui
lui a été donnée pour faire ce qu’il veut. D’ignorer
davantage les Droits de l’Homme et le jeu démocratique en organisant
des mascarades d’élections. Il n’y a pas un autre chaos qui attend
le peuple djiboutien, il en vit déjà un depuis plusieurs décennies.

Je crois que les lecteurs
ont compris la logique de Aref dans ses différentes positions. Il a
montré clairement comment en fait plus qu’un militant des Droits de
l’Homme, il est un défenseur du système autoritaire. Et cela
explique sa position dans le dernier procès de DAF où il a été
avocat du Général Zakaria Cheik Ahmed. Il avait parlé
 » des accords de paix signés « , que lui,  » a tourné
la page « . Condamner un opposant et journaliste pour avoir exprimé
une opinion n’est pas appliquer des accords, aussi importants soient-ils.
Le pouvoir judiciaire qu’il appelle de ses vœux dans l’entretien, il
faut tenter de le donner corps à son niveau en faisant preuve d’une
lucidité dans les procès. Défendre le droit, s’opposer
à une orientation politique des procès, c’est exercer le pouvoir
judiciaire. Mais au lieu de cela,
il
prête ses services à un élément sinistre du système.

Aref n’est donc qu’un
défenseur d’un système qui broie toute une population tous les
jours. Et cela est honteux. Pas tellement pour un homme qui n’a pas une conviction.
Après être malmené par le système, emprisonné
et privé de sa profession, voilà qu’il défend les personnages
sombres et cruels de ce système totalitaire. Quel parcours?

Elmi
Awaleh

16/04/03 B193 A lire sur le site du GED – 4 ans hélas, 4 ans de trop … ! Ismaël Omar Guelleh Kalidi taliyé et Kadra Haïd kabyo ou le constat des échecs et le bilan d’un binôme dictatorial sur le déclin.

Lien
avec l’article : http://www.gouv-exil.org/9_parole/paro46_001.htm

16/04/03 (B193) LDDH – NOTE D’INFORMATION DU 8 AVRIL 2003

 

Certains juges
djiboutiens excellent dans l’art des condamnations des journalistes.

Attention ! les journalistes
indépendants ou de l’opposition sont facilement passibles des tarifs
de six mois d’emprisonnement fermes, de six ans d’emprisonnement avec sursis
à six mois d’emprisonnement avec sursis.

Les condamnations, par
certains juges spécialistes des procès politiques, valsent autour
des six mois d’emprisonnement, en général avec sursis. Quelle
mascarade !


Affaire Général Zakaria contre DAF


Le 31 mars 2003, une audience publique du Tribunal de 1ère Instance
de Djibouti, a eu lieu dans la grande salle des audiences, en présence
d’un nombre exagérément élevé de policiers en
tenues de combat et armes aux poings, autour et à l’extérieur
de cette salle d’audience.

Le 7 avril 2003, le Tribunal
a donné lecture de son Jugement sur cette affaire, cette fois la police
a été plus discrète.

L’Affaire

Tout d’abord, il est de
notre devoir de vous informer, que le Président de la LDDH, ainsi que
le Codirecteur du Journal  » Réalité  » se sont vus
refuser, par la police, l’accès à la grande salle afin de suivre
l’audience et ce n’est que sur l’intervention du Procureur de la République
qu’ils ont pu enfin suivre la fin de l’audience.

Il est donc difficile,
de vous reproduire, la plaidoirie de M.Daher Ahmed Farah, qui avait été
son propre avocat, d’autant plus que le Directeur du Journal  » Le Renouveau
djiboutien  » a probablement estimé non nécessaire de nous
fournir les points forts de sa plaidoirie, malgré notre demande.

Toutefois il nous paraît
intéressant de vous indiquer pour consultation l’article du  »
Renouveau  » du 3 avril 2003 consacré à cette Affaire.

Sur la Décision
du juge Yacin Omar Darar

L’affaire ayant été
mise en délibéré le 31 mars, une semaine après,
le juge Yacin O. Darar a prononcé le verdict suivant :
Monsieur Daher Ahmed Farah est reconnu coupable du délit de diffamation,
il est condamné à six mois d’emprisonnement avec sursis, à
une amende de 200 000 FD ainsi qu’à 2 000 000 FD (deux millions de
francs Djibouti) au titre de dommages et intérêts à verser
au Général Zakaria Cheick Ibrahim pour la réparation
du préjudice subi.

Lourdes peines d’autant
plus que lors de l’audience du 31 mars, le Procureur Ahmed Loita avait bien
précisé que le Parquet n’était pas directement concerné,
et que le Ministère Publique n’avait pas engagé de poursuites.

Il est donc claire, que
la plainte émane uniquement d’une personnalité contre une autre
personnalité, et c’est à se demander comment le juge a-t-il
pris une Décision aussi lourde sur le plan pénal alors que le
Parquet n’a ni émis son réquisitoire, ni avancé de peines
pénales ?

Il est vrai, ou plus exactement
il semblerait que le juge Yacin O. Darar serait connu dans un autre Jugement
sur d’autres affaires relatives à la liberté de la presse, pour
ne pas dire à la répression sur la libre expression de la presse
écrite.

Question fondamentale.

Pourquoi cette même
affaire qui a été jugée récemment par le Tribunal
de Djibouti, pourquoi cette même affaire a-t-elle fait l’objet d’un
second jugement ? A cette allure pour les mêmes faits et pour la même
affaire il faut s’attendre que certains juges se prononcent 2 fois, sinon
(n) fois.

Une chose est sûre
au Tribunal de Djibouti, une constance est indéniable, dés qu’il
s’agit de la presse écrite de l’Opposition, comme on le constate depuis
plus de deux décennies c’est que :
–  » certains Juges djiboutiens, en général pratiquement
les mêmes, doivent avoir pour mission première ( les différents
jugements en sont témoins) de condamner sans ambages et systématiquement
à des peines pénales pour toutes les plaintes provenant du Parquet,
sauf pour cette affaire ( ou le Parquet n’est pas intervenu) mais qui d’ailleurs
ne fait pas exception sur le plan  » tarif  » pénal. De même
pour tous les procès à coloration politiques


La Ligue Djiboutienne des Droits Humains (LDDH) demeure très inquiète
des violations incessantes par la Justice djiboutienne qui n’arrive pas à
se démarquer du Pouvoir Exécutif oppressant, qui n’arrive pas
à imposer et à affermir l’indépendance totale de la Justice,
où certains Juges ne peuvent pas prendre  » en leur âme et
conscience  » et d’une manière sereine leurs Décisions judiciaires
;

La Ligue Djiboutienne
des Droits Humains (LDDH) encourage tous les juges, sans exception, à
se concerter :
– pour arracher leur totale indépendance ;
– pour obtenir une autonomie financière indépendante du ministère
de la Justice ;
– pour organiser et constituer un (des) syndicat(s) des magistrats.

M.
NOEL ABDI Jean-Paul

14/04/03 (B193) Selon une première dépêche de l’ADI (12/04), la contribution de la communauté internationale au soutien abusif de la dictature a augmenté dans des proportions considérables en 2002, y compris au niveau des dons qualifiés de ‘non affectés’ (+ 19%). Est-ce le terme pudique pour éviter de préciser qu’ils sont affectés au dictateur – chef et à son équipe ?? La deuxième dépêche du 13/04 semblent apporter une confirmation …

En tout cas, selon
les informations dont nous disposons, le peuple ne semble pas avoir profité
de cette embellie budgétaire !!! Il est de plus en plus pauvre et de
plus exsangue …

Il est intéressant
de rapprocher les deux dépêches ..

________________________________
Extrait de l’ADI N°1 du 12/04/03

Augmentation des recettes budgétaires de l’Etat en 2002, selon
le bulletin économique

DJIBOUTI (ADI) –
12 avril –Les recettes budgétaires et dons officiels perçus
par l’Etat djiboutien s’élèvent à 30,947 milliards
de nos francs au 31 décembre 2002 contre 28,774 milliards de Fdj au
31 décembre 2001, soit une augmentation globale de 7,5%.

C’est du moins ce
que rapporte le bulletin d’information économique publié
par le ministère de l’Economie Nationale et des Finances au titre
de l’année 2002.

Selon le bulletin, cette
situation résulte du fait que les recettes budgétaires de l’Etat
(24,720 milliards) ont augmenté de 4,3% par rapport à leur niveau
de l’année 2001, tandis que les dons officiels (6,227 milliards)
ont connu une croissance de l’ordre de 22,7% par rapport à leur
niveau de cette même année 2001.

Cette même source
souligne que plusieurs facteurs expliquent l’augmentation des recettes
budgétaires de l’Etat djiboutien en 2002.

Il s’agit notamment
des impôts directs et des impôts indirects qui ont augmenté
respectivement de 6% et de 8,3% par rapport à leur niveau de l’année
2001.

Parmi les facteurs ayant
abouti à la croissance des recettes budgétaires de l’Etat
figure également la mise en œuvre d’un certain nombre de
mesures telles que l’allégement de la pression fiscale, la suppression
de la disposition relative à la contribution patriotique et l’adoption
d’un seul impôt assis sur le revenu salarial ainsi que la baisse
de la taxe de consommation sur les équipements informatiques et leurs
accessoires.

Quant à l’augmentation
des dons officiels en 2002, elle est due en grande partie à une importante
hausse des dons affectés aux projets d’investissements publics
(+104%) et des dons non-affectés (+19,%) par rapport à leur
niveau de 2001.

________________________________
Extrait de l’ADI N°2 du 13/04/03

Augmentation des dépenses budgétaires de l’Etat en 2002,
selon le bulletin économique

DJIBOUTI (ADI)- 13 avril-
Les dépenses totales l’Etat djiboutien au cours de l’année
2002 s’élèvent à 34,656 milliards de nos francs
contre 30,215 milliards Fdj en 2001, soit une hausse annuelle de 14,7%.

C’est ce qu’indique
le bulletin d’information économique publié par le ministère
de l’Economie Nationale et des Finances au titre de l’année
2002.

Selon le bulletin, presque
toutes les dépenses courantes effectuées par l’Etat au
titre de l’année ont affiché une augmentation.

« On constate une
augmentation de 39% des dépenses de l’Etat pour le poste ‘Matériel’
qui s’élèvent à 6,544 milliards Fdj en 2002 contre
4,709 pour l’année 2001 », apprend t-on de même source.

Le bulletin note par ailleurs
que le poste ‘Transfert’ a, quant à lui, subi une hausse
de 15% en passant de 3,5333 milliards Fdj en 2001 à 4,080 milliards
Fdj en 2002.

Toujours selon le bulletin,
les dépenses de l’Etat au titre de ‘l’Entretien’
ont connu en 2002 une croissance de l’ordre de 17,6% par rapport à
leur niveau de l’année 2001, alors que celles au titre de paiement
‘d’Intérêts’ ont baissé de 21,6 % par rapport
à leur niveau de cette même année 2001.

Cette même source
souligne que l’on enregistre toutefois une légère baisse
(-0,56%) des dépenses en salaires qui s’établissent à
14,721 milliards Fdj en 2002, alors que l’Etat a consacré 14,804
milliards Fd à cette rubrique au cours de l’année 2001.

____________________________
Note de l’ARDHD

Il semble y avoir une
certaine cohérence entre ces deux dépêches

L’augmentation des dons
internationaux ‘non-affectés’ a été de 19 % et l’augmentation
du poste ‘transfert’ de 15 %. Y-aurait-il un lien ?

Pourrions-nous dire que
Guelleh a pris proportionnellement, un peu moins, qu’en 2001, mais beaucoup
plus en valeur absolue ? 4 milliards de FD pour les transferts, c’est pas
négligeable (20 millions d’Euros env.) .

Quelle est la répartition
adoptée par Guelleh entre ses différents comptes ?

Secret d’état.
Personne ne veut nous dire le pourcentage qui est parti effectivement sur
les comptes de Guelleh en Suisse, en Australie et en d’autres terres libérales
…. En tout cas, il peut certainement remercier les Djiboutiens pour leur
générosité, car ils se sacrifient pour lui assurer un
enrichissement constant et même revalorisé chaque année
….

Bien entendu, il y aura certainement une version officielle pour expliquer que le poste ‘transfert’ ne correspond pas ‘exactement’ à des transferts d’argent sur les comptes de Guelleh. C’est un refrain connu et probablement fondé en parti !!! Car Guelleh est plus habile pour détourner l’argent et il évite que cela ne soit trop visible aux yeux du FMI … !

12/04/03 (B193) L’insignifiance du rapport édité par le Département d’Etat sur les Droits de l’Homme ? (lecteur)

Je me rejouis de la publication
que vous faites du rapport du Département d’Etat des Etats-Unis sur
les Droits de l’Homme, non pas parce que vous avez extrait les informations
qui intéressent les Djiboutiens et les défenseurs des Droits
de l’Homme.

On me prendra pour quelqu’un
qui veut polémiquer, mais je ne peux rester sans réaction à
l’ignominie des responsables du Département d’Etat sur tout ce qu’ils
écrivent ou disent d’une question importante comme les Droits de l’Homme.
La violation des Droits de l’Homme n’est pas nouvelle à Djibouti et
dans d’autres pays dans le monde, y compris les Etats-Unis.

Depuis la guerre d’Afganistan
et l’arrestation de certains Talibans et membres de Al Qaeda et leur emprisonnement
à Guatanamo, la mémoire courte des gens a réagit contre
le traitement infra-humain que leur infligent les autoritaires pénitentiaires
de ce pays : ligoter comme des animaux, empêcher de voir, priver de
tout droit alors que les multiples conventions sur les prisonniers de guerre
imposent des obligations aux Etats signataires dont les Etats-Unis.

La politique de deux poids
deux mesures, qui caractérise la politique extérieure de ce
pays, est perceptible dans ce rapport, rien de la situation catastrophique
des Droits de l’Homme à l’intérieur, et ce non seulement depuis
2001 (je fais référence aux nouvelles lois racistes et zénophobes
contre les communautés étrangères et particulièrement
musulmane dans ce pays), mais depuis longtemps, voir la situation des Noirs
et des Hispaniques, la violence de la police de certaines ville comme à
Los Angeles et New York, l’abominable peine de mort qui touche seulement certaines
personnes que le système économique raciste et militaire les
exclut.

A propos de Djibouti,
les Etats-Unis doivent avoir une retenue quant à leur attitude sur
cette question. Pourquoi ?

Je prendrai deux raisons,
que les gens suivent l’actualité sociopolitique de ce pays se rappellent
bien.

En premier lieu, c’est
le fait que le gouvernement djiboutien a empêché DAF d’aller
à une invitation à une conférence sur l’opposition africaine
à Washington. Arrivé à l’aéroport, celui-ci se
voit opposé une interdiction de sortie du territoire alors qu’il n’y
avait pas un procès pendant contre lui. A ma connaissance Washington
n’a pas réagit, je repete j’ignore la position américaine sur
cette question.

Et en deuxième
lieu, c’est le fait que connaissant la nature du régime de Guelleh,
qui n’est que la continuité des pratiques policières et criminelles
sous Hassan Gouled, l’administration Bush lui accorde à une  »
forte somme d’argent  » pour installer ses militaires dans un camp déserté
par les Forces Française, le camps Lemonier. Ce qui lui permet d’organiser
des élections frauduleuses, que son parti et ses nouveaux soumis ont
remporté.

Parce que Guelleh a été
un des présidents qui se sont précipités à la
réunion des Chefs d’Etat africain à Dakar après les attentats
du 11 septembre 2001 ; mieux il a créé un comité national
de lutte contre le terrorisme international. Tout cela a bien sûr été
apprécié au plus haut degré à Bush (rappelez-vous
de sa formule menaçante : vous êtes avec nous ou contre nous).
Je précise que durant l’administration de Clinton au moment des procès
contre Mounin Bahdon et les autres exclus du RPP en 1996, selon la LOI l’ex-ambassadeur
des Etats-Unis à Djibouti assistait au procès ou envoyait un
représentant.

Que signifie cela ? Un
intérêt pour le respect des Droits de l’Homme ? Peut-être.
Mais alors pourquoi il n’allait pas dans d’autres procès qui impliquaient
des gens simples, des citoyens qui sont victimes de l’injustice quotidienne
?

Les informations reproduites
dans ce rapport annuel (je n’ai pas connaissance celui de l’année 2001)
viennent donc par des notes des ambassadeurs ou des ambassades, le Département
d’Etat est l’institution à laquelle ils dépendent naturellement.

Ce n’est pas un doute,
c’est une certitude que la préoccupation des Droits de l’Homme est
étrangère dans les politiques de l’administration Bush. Sinon
Israël sous Sharon, principal allié des Etats-Unis au Proche Orient,
ne pourrait pas continuer sans impunité le génocide contre le
peuple Palestinien,qui dure plus d’un demi-siècle. On peut facilement
allonger la liste des pays soutenus par les Etats-Unis, par exemple le Pakistan
et la grande majorité du monde arabe (le Golfe arabo-persique, excepté
l’Irak et l’Iran). Cette administration, comme d’autres qui l’ont précédé,
ne prend jamais en considération une véritable promotion et
protection des Droits de l’Homme dans les relations bilatérales. D’autres
intérêts passent en avant auxquels on peut même aller jusqu’à
détruire un pays, occuper un peuple et s’approprier ses ressources.

Donc compte tenu de ces
deux faits cités plus haut, on ne doit pas accorder une crédibilité
à un rapport publié par un Département dont la politique
est de défendre d’autres intérêts. La publication d’un
tel rapport est une activité traditionnelle depuis quelques. C’est
une manière de faire contre poids à des organisations internationales
non-gouvernementales américaines et étrangères critiques
dans leurs rapports à la politique de l’administration Bush en matière
de droit. Une de celles-ci est la Human Rights Watch dirigée par Jeri
Laber.

Elle dit dans un entretien
à un journal européen comment elle a été dissuadée
observer elle-même la situation des Droits de l’Homme en Turquie. Un
ancien Secrétaire-adjoint aux Droits de l’Homme sous la présidence
de Reagan, Elliot Abrams lui dit, explique-t-elle que c’est un pays allié
et qu’il y aurait des élections (au moment où elle a décidé
de s’y rendre) et que ce n’était pas un bon moment pour aller. Bien
sûr ceci ne lui a pas empêché de s’y rendre.

N’étant pas contente
de l’attitude de cette dame, l’administration Reagan a rejeté ses dénonciations
des violations des Droits de l’Homme dans ce pays. Donc la même chose
serait faite par l’administration si une organisation américaine faisait
un rapport de ce genre à Djibouti, parce que ce pays se trouve momentanément
dans le statut  » d’allié circonstanciel  » d’une politique
qui est véritablement inhumaine, raciste, haineuse et fasciste.

Combattre le terrorisme
international, c’est une chose et c’est une politique noble, mais les dérives
des Faucons de cette administration constituent une déclaration de
guerre contre des peuples bien ciblés. Je partage votre lutte, vos
positions contre le régime de Guelleh sur cette question. Mais je trouve
une certaine exagération quand vous écrivez que  » Nous
trouvons intéressant qu’un pays, et non des moindres, reconnaisse officiellement
ce que nous dénonçons aux côtés des opposants depuis
près de 13 ans !
Naturellement,
certains s’étonneront du fait que la France ait toujours jeté
un voile pudique sur les horreurs et les crimes commis par Guelleh « 
.

Bien sûr la France
protège un tel tyran comme d’autres dans le continent africain et dans
le monde. Mais cette attitude n’est pas propre à la France, tout ce
qu’on appelle les  » démocraties  » occidentales ont un discours
sur les Droits de l’Homme, qui est une reéminiscence de l’idéologisation
qu’ils avaientt fait l’objet durant la guerre froide, et une réalité
quotidienne, basiquement matérielle dans une partie du monde gagner
plus d’argent (pour parler vulgairement) et rapidement.

Quel poids pèse
la défendre des Droits dans un pays quand il faut assurer d’autres
priorités importantes pour les dirigeants ? Rien. Quelle intervention
peut-il y avoir pour défendre les Droits de l Homme dans un pays lapidé
et soumis à la violence d’un tyran ? Rien. Le déposer et le
remplacer par un autre pour faire de même ?

Non le reproche que vous
faites à la France, je ne le minimise pas, on doit le faire aussi aux
Etats-Unis. Et ce surtout à un moment où Bush se prend pour
un Messie, un  » démocrate  » un  » libérateur  »
de tous les tyrans et les menaces qu’ils représentent au monde. Faire
des rapports sur ce thème est une manière de détourner
encore plus l’attention des démocrates et des défenseurs des
Droits de l’Homme aux Etats-Unis, droits de l’homme qui sont en sérieux
danger.

Elmi
Awaleh