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21/12/05 (B329) Djibwatch : compte-rendu et photos de la manifestation du 19 décembre à Ottawa.

Djibwatch

À l’instar de Djibouti, Bruxelles et Paris, Ottawa n’a pas manqué de commémorer le lundi 19 décembre 2005 en bravant le froid glacial, l’anniversaire du massacre d’Arhiba de 1991.

Les djiboutiens se sont déplacés de Montréal et de Toronto, c’est vers 9 heures du matin un café chaud à une main et une pancarte à l’autre que nous avons commencé notre journée.

On pouvait constater la présence des enfants avec leurs mères dans la foule. C’est devant l’ambassade de l’Erythrée qu’a débuté la manifestation, la rue Albert a résonné sous les cris des hauts parleurs et des slogans.

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Les Canadiens n’ont pas manqué de nous encourager (go Djibouti go !).

Ensuite nous nous sommes déplacés vers l’ambassade des États-Unis à 11 heures.

C’est au tour des promenades Sussex d’écouter nos cris. Ce coin des artistes, s’est remarqué par l’accueil chaleureux des intellectuels qui sillonnent les bistros. Ils nous ont encouragés par leurs (United we stand !).

Les sympathisants non djiboutiens ont crié avec nous « Guelleh assassin, Bush stops Guelleh ».

Les danses en Afar et les poèmes en Somali ont fait vibrer la foule. Ensuite nous nous sommes rendus à l’ambassade de France où nous avons terminé avec une prière des morts et des messages pour nos frères restés au pays.

Les Djiboutiens comprennent que le changement ne peut venir que d’eux. Plus nous agissons, plus nous nous approchons de notre but : Un pays libre, démocratique où le talent de chacun de nos compatriotes s’exprime sans restriction.

Cette manifestation a montré l’unité des Djiboutiens. Les Djiboutiens descendront dans la rue à chaque fois que l’un d’entre eux est menacé par la dictature qui nous gouverne.

« Les constats sont rassurants, cette manifestation reflète la nouvelle image de notre communauté, de notre solidarité » s’exclame un manifestant, avant d’ajouter :

« Peu importe où que vous soyez, n’oubliez pas votre pays, votre peuple a besoin de vous ».

La manifestation s’est terminée dans le calme vers 13h30 avec la satisfaction d’avoir honoré la mémoire des victimes d’Arhiba.

DjibWatch
www.djibwatch.org

 

21/12/05 (B329) Djibwatch : texte de la lettre ouverte qui a été remise aux Ambassadeurs de France et des USA devant lesquelles s’est arrêté le cortége, lors de la manifestation du 19 décembre à Ottawa.

Lettre ouverte de Djibwatch aux Ambassadeurs de la France et des Etats-Unis au Canada lors de la manifestation du 19 décembre à Ottawa.

La manifestation d’aujourd’hui a d’abord pour objectif de rendre hommage aux victimes d’un massacre commis le 18 décembre 1991, par les Forces armées, sous le commandement du Président de la République de l’époque Hassan Gouled Aptidon et de son successeur Ismaël Omar Guelleh.

Vers 6h00 du matin, les forces de l’ordre ont encerclé puis investit le quartier d’Arhiba au cœur de la Capitale. Elles ont ouvert le feu sur les habitants, tuant 58 personnes et faisant des centaines de blessés, enfants, femmes, hommes et vieillards sans aucune distinction.

Mais elle a aussi pour objectif d’alerter l’opinion mondiale et la communauté internationale sur la situation dramatique qui se développe à Djibouti sous l’autorité dictatoriale d’Ismaël Omar Guelleh.

Le massacre d’Arhiba de 1991 a été réédité le 30 novembre 2005, faisant 8 morts et des dizaines de blessés. Les Droits de l’homme sont violés quotidiennement : exécutions sommaires ou disparitions mystérieuses d’opposants, emprisonnements arbitraires, harcèlement et licenciement des syndicalistes, viol des femmes, tortures dans les locaux des services de Police ou de la sécurité, expulsion de milliers de citoyens de leurs maisons sans solutions d’indemnisation ou de relogement.

Le pays, autrefois actif, s’enfonce progressivement dans la misère. Le Pouvoir accapare toutes les ressources économiques de gré ou de force et il détourne toutes les aides internationales à son profit.

Les Djiboutiennes et les Djiboutiens n’ont plus d’espoir, hormis le fait de faire immigrer leurs enfants dans des conditions précaires, en espérant qu’ils pourront construire de meilleures conditions de vie au Canada ou en Europe.

Ismaël Omar Guelleh est suspecté dans l’implication du meurtre d’un magistrat français en exercice à Djibouti. Sa possible implication est évoquée très sérieusement par la Justice française qui a déposé une demande d’audition à laquelle il a refusé de se rendre.

Toutes les libertés ont été suspendues, y compris celle de s’exprimer. S’exprimer, c’est l’assurance d’être arrêté et torturé. Le 14 décembre, par exemple, le Président de la Ligue Djiboutienne des Droits de l’Homme a été incarcéré arbitrairement au motif qu’il avait dévoilé certains cas de violation des Droits de l’Homme. Seule une forte mobilisation internationale des Associations, dont l’UIDH et la FIDH a permis d’obtenir sa libération après douze heures d’incarcération.

Nous demandons aux pays donateurs, au Canada, aux USA et à la France, en particulier de cesser de soutenir et de subventionner le régime dictatorial qui asservit la population et dont la conduite est en opposition avec toutes les règles démocratiques et les recommandations des instances internationales.

Omar Ali
Président de Djibwatch

20/12/05 (B329) ARD France : compte-rendu de la manifestation du 18 décembre à Paris et photos. Pré-annonce d’une importante décision concernant les tueries, qui devrait être rendue publique par le Mouvement dans les prochains jours.

18 décembre 2005, les victimes d’Arhiba de moins en moins silencieuses

Compte-rendu de la commémoration de la tuerie d’Arhiba, par l’ARD

Les Djiboutiennes et les Djiboutiens de France se sont déplacés en nombre à la manifestation réussie du 18 décembre 2005 à Paris pour commémorer les tueries des civils d’Arhiba à Djibouti.

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Le temps ensoleillé hivernal a jeté la foule de protestataires sur le pavé, de 15 h à 18 h, sur le seuil de la rue Emile Meunier abritant l’ambassade de la république de Djibouti dans le seizième arrondissement de Paris.

Les banderoles et les slogans se sont élevés nombreux pour dénoncer les pratiques de l’autocrate Ismaël Omar Guelleh et pour condamner le déni de justice infligé aux victimes. De fait, du 18 décembre 1991 au 20 novembre 2005 la cité populaire d’Arhiba a expié de dizaines de victimes femmes et enfants sur l’autel de la folie assassine.

La manifestation du 18 décembre 2005 s’est tenue en parallèle dans quatre villes au moins de par le monde, notamment Paris, Bruxelles, Ottawa, ainsi que Djibouti, où dans Arhiba même, l’Union de la Jeunesse d’Arhiba et l’Association des familles et des proches se sont donnés la main pour dire leur écoeurement face à l’impunité des auteurs des forfaits.

A Paris, l’Association pour la démocratie et le développement (ADD) s’est jointe à la représentation en France de l’Alliance républicaine pour le développement (ARD) pour donner le change au Forum pour la démocratie et la paix (FDP), organisateur à Bruxelles d’un rassemblement prodigieux le 16 décembre 2005, contraint à cette date par la tenue à Bruxelles d’une réunion du Conseil de l’Europe les mêmes jours.

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Photos ARD France

Des représentants du Front pour la restauration de l’unité et de la démocratie (FRUD), du Comité en Belgique du Mouvement pour le renouveau démocratique (MRD) ainsi que des délégués de l’ARD en Belgique se sont joints au FDP pour accomplir le devoir de mémoire.

Les caméras des fonctionnaires djiboutiens accrédités aux légations ont tourné à plein régime sans réussir à décourager les manifestants, opposés, par exemple à Paris, aux émissaires de l’ambassade dans un face à face frontal pacifié laborieusement par l’interposition des agents de police français.

Le représentant de l’ARD en France a informé l’assistance de l’annonce dans les prochains jours d’une décision capitale par son mouvement politique concernant les tueries de Djibouti.

Maki Houmedgaba
Représentant de l’ARD en France

ardfrance@yahoo.fr

Fait à Paris, le 19 décembre 2005

20/12/05 (B329) La nouvelle lettre du Gri-Gri est parue.

Cette quinzaine dans le Gri-Gri

No.45 – jeudi 15 décembre 2005

Chouette ! 16 pages ! C’est le cadeau de Noël du Gri-Gri pour vous, lecteurs :
plus de pages pour le même prix (2€). Plus d’articles fouillés, plus de confidences, plus de dessins rigolos et une nouvelle rubrique : " métropole ", pour marabouter l’actualité française. Où l’on apprend comment Césaire (après Cécilia) jette Sarko, qui est la fameuse Fédération des Noirs et pourquoi ressurgissent les nouveaux bidonvilles français.

Super ! Il taille des costards à Saddam !
Oui, on sait, c’est pas très africain. Mais le Gri-Gri a retrouvé le tailleur de Saddam Hussein dans les rues d’Istanbul. Impossible de résister à l’envie de vous raconter l’histoire ce Kurde pas comme les autres…

Formidable ! Ils s’aiment, marions-les! Le Gri-Gri a élu Dieudonné et Finkielkraut, couple de l’année. Tandis que Finkie raconte n’importe quoi à Haaretz, Dieudo va demander conseil à Raël, le gourou des extra-terrestres. Joyeux Raël à tous !

Oups ! Ça sent le sapin ! En cette période de fête, Le Gri-Gri a une pensée pour ceux qui souffrent et qui passent les fêtes à l’hôpital. A commencer par Boutef’, le pantin algérien, et Yazid Zerhouni, son ministre de l’Intérieur… Passeront ou passeront pas l’hiver ? Pour le savoir, lisez Le Gri-Gri.

Mais Le Gri-Gri, cette quinzaine ….

Youpi ! Plein d’autres choses dans Le Gri-Gri : des idées cadeaux, comme ce dossier complet sur les mercenaires en Afrique – à lire et à offrir -, des trucs pour mettre l’ambiance, comme le bouquin de Pierre Péan sur le Rwanda (enflamme instantanément toutes les discussions), de la bonne musique, avec Afro Swing et des dessins fabuleux : Wozniak, Mil’Pat, Khalid, Kerleroux et Delambre se sont tous déguisés en pères Noël pour illustrer cet opus du Gri-gri. Si, si.

20/12/05 (B329) Les agents de Guelleh étaient là, à Paris, comme à Bruxelles, planqués derrière une poubelle. (Lecteur)

Comme cela se passe aussi devant l’Ambassade de Bruxelles, les agents de la SDS étaient sur le pied de guerre devant l’Ambassade de Djibouti à Paris.

Dès qu’ils ont aperçu les premiers manifestants, ils ont dégainé leurs armes de poing…. Mais comme ils doivent se plier aux règles démocratiques qui leur sont imposées en territoire européen, c’est certainement avec nostalgie qu’ils ont troqué leurs fusils et leurs révolvers contre des caméras numériques et des appareils photos équipées de super télé-objectifs.

L’ensemble, cela représente combien de mois de salaires pour un travailleur du port ?

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Ils ont visé et mitraillé les participants qui leur ont fait, en réponse, des grands pieds de nez symboliques et qui les ont filmés à leur tour. Nous publions quelques photos parmi toutes celles qui ont été reçues.

Inutile de dévoiler les identités de ces tristes personnages (nous les possédons), car chacun les a reconnus.

Le jour venu, figureront-ils parmi les premiers à être montrés du doigt, pour avoir participé et contribué volontairement à un systéme odieux de harcèlement du peuple, des femmes et des enfants restés au pays.

Devront-ils alors se cacher pour ne pas être pris à parti par une foule revencharde !! En tout cas, le 18 décembre, ils se cachaient déjà derrière la poubelle. Un symbole ?

Bonne chance, on ne sera pas là pour les protéger après tout le mal qu’ils ont fait !

19/12/05 (B329) Manifestation à Ottawa : une interview du Président de Djibwatch en Somalie est disponible sur le site de cette organisation.

Interview en Somalie, d’Omar Ali, Président de DjibWatch, à la radio CKCU 93.1 à l’occasion de la manifestation du 19 décembre 2005.

www.djibwatch.org

19/12/05 (B329) Union de la Jeunesse d’ARHIBA (UJA) Communiqué N°2 pour dénoncer les opérations de décasement, les nouveaux massacres commis le 30 novembre et pour exiger que les blessés soient soignés et que les victimes soient indemnisées.

Djibouti, le 18 décembre 2005

COMMUNIQUE DE L’UNION DE LA JEUNESSE D’ARHIBA

Deux semaines après le décasement qui a entraîné une violente répression des civils qui s’est soldée par quatre morts dont une femme et des dizaines des blessés (une femme étant toujours portée disparue).

Nous dénonçons avec autant de vigueur que la violence répressive et récurrente sur des civils l’indifférence flagrante opposée au sort de ces victimes d’un décasement particulier.

Et devant une telle réalité dénotant d’une disposition de négation persistante de droit de l’homme.

Nous exigeons l’affirmation d’une réelle volonté politique qui puisse immédiatement prévoir le relogement de tous ces femmes, enfants et personnes âgées dont le habitations ont été brûlées avant d’être eux-mêmes violentées et massacrés et qui se retrouvent sans abris, exposés, surtout les enfants aux risques et infections des diverses maladies telle que la diarrhée, le paludisme. . . etc

Car, malgré l’accord de 200 parcelles sans aucune mesures préalables à 200 familles dont le derniers contingent sont déplacés aujourd’hui n c’est encore le quadripôle de ce nombre de ce nombre qui demeure voué au contrainte de sans abris, dans l’attente d’un relogement reporté sine die.

Nous appelons ainsi le gouvernement à faire preuve d’une prise de responsabilité afin d’éviter la prolongation de calvaire de ces habitants.

Nous insistons ainsi que le relogement effectif de ces décasés s’accompagne des mesures indispensables d’assistance matérielles qu’impose la précarité de ces derniers méritant de droit le geste de soutien fréquemment exécuté en faveur des foyers ravagés par les incendies et autres catastrophes naturelles.

Enfin; c’est dans un dynamique de solidarité infaillible que nous revendiquons le lancement très prochain des opérations de relogement effectif de ces habitants initiés dans la considération de droit humain et des conditions suivantes:

1- L’ouverture d’une enquête judicieuse indépendante devant aboutir sur l’arrestation des auteurs et commanditaires de ces massacres

2- Recensement de tous le reste des familles décasées sur la base de démarches sérieuses propre à éviter toute spéculation et usurpation des titres

3- Localisation d’un espace pouvant accueillir tous ces décasés et offrant toutes les conditions viables – mise à disposition dès maintenant d’un fond spécial pour l’octroi des matériels de constructions.

4- L’indemnisation des victimes et la prise en charge des blessés souffrant dans l’isolement.

UNION DE LA JEUNESSE D’ARHIBA