Articles

03/01/2014 (Brève 346) Le Monde : Mort du juge Borrel : un témoin-clé évoque des pressions de Djibouti

Le Monde.fr avec AFP 

Un témoin-clé dans l’affaire de la mort du juge Bernard Borrel en 1995 à Djibouti, détenu récemment au  Yémen, affirme dans un entretien vendredi 3 janvier à Mediapart  avoir fait l’objet de pressions de  Djibouti pour  revenir sur son témoignage.

Contacté par l’AFP, Mohamed Alhoumekani, ex-membre de la garde présidentielle djiboutienne, a également confirmé  avoir « déposé plainte la semaine dernière au tribunal fédéral de Bruxelles pour séquestration contre les gouvernements du Yémen et de Djibouti ».

En février 2000, l’homme, qui réside en Belgique, avait impliqué dans la mort du juge français l’actuel président djiboutien, Ismaïl Omar Guelleh, et son entourage. Son témoigage avait relancé l’enquête.

Magistrat français détaché à Djibouti, Bernard Borrel avait été retrouvé mort le 19 octobre 1995, le corps en partie carbonisé, en contrebas d’un ravin, à 80 kilomètres de Djibouti. Les enquêteurs djiboutiens et français avaient privilégié dans un premier temps la thèse du suicide. Mais en se fondant sur de nouvelles expertises et témoignages, l’enquête française penche désormais pour la thèse d’un assassinat.

CIBLE DE COUPS DE FEU APRÈS SA LIBÉRATION

Le 23 août, M. Alhoumekani avait été arrêté au Yémen, suscitant l’inquiétude de ses proches et de la famille du juge Borrel. Les autorités yéménites avaient mis en avant une demande d’arrestation émise par Interpol à l’initiative des autorités de Djibouti. Il a finalement été libéré le 8 octobre.

M. Alhoumekani affirme que dès son arrestation, « à l’aéroport de Sanaa par la sécurité nationale », un haut militaire djiboutien lui a demandé de revenir sur son témoignage dans l’affaire Borrel.

« J’ai été conduit à la prison de Marzaki, sans billet d’écrou ni aucun ordre du parquet, sans avoir été présenté à la moindre autorité judiciaire. J’y suis resté quarante-sept jours », affirme l’ancien officier, qui a la double nationalité, belge et yéménite. Selon lui, un député yéménite lui a alors rendu visite, là aussi pour luiproposer d’« aider » le président djiboutien.

Le témoin affirme encore avoir été la cible de coups de feu dans sa voiture au Yémen, deux jours après sa libération. Puis, alors qu’il était privé de son passeport, de nouvelles « réunions » auraient eu lieu avec des officiels yéménites et djiboutiens. « L’on voulait que je signe des attestations officielles, disant d’abord qu’il n’y a pas eu d’attentat contre moi, et puis que mon témoignage dans l’affaire Borrel avait été dicté par des personnes malveillantes », affirme-t-il.

Il a aussi évoqué une proposition financière, « 5 millions de dollars pour moi, 5 millions de dollars pour Elisabeth Borrel », la veuve du juge. Proposition qu’il a refusée, déclare-t-il, en affirmant avoir « réussi à quitter clandestinement le Yémen ».

Lors de son témoignage en 2000, M. Alhoumekani avait affirmé avoir assisté à une réunion au cours de laquelle l’actuel président djiboutien, Ismaïl Omar Guelleh, alors chef de cabinet du président de l’époque, était informé de la mort du « juge fouineur ».

19/04/06 (B346-B) ALERTE pour empêcher l’expulsion de la famille d’Abdoulkader Guidar (Dernières infos / Extraits du blog de l’amicale Buisson qui soutient le combat de cette famille)

15 avril à la sous Préfecture

Comme annoncé précédemment, une délégation a été reçue par les services de la sous préfecture, et nous avons pu leur exposer notre point de vue:

L’ASSOCIATION DES PARENTS D’ELEVES DE L’ECOLE F.BUISSON SE MOBILISE ET MOBILISE POUR SOUTENIR LA FAMILLE ABDOULKADER CAR….

Leur retour à Djibouti ne peut être envisagé car il pourrait être catastrophique pour toute la famille:

  • Compte tenu des antécédents du couple
  • De plus, à l’heure actuelle, des syndicalistes sont encore emprisonnés (quatre leaders syndicaux dernièrement) et le 4 avril dernier,on a pu assister à l’arrestation et l »expulsion par les autorités djiboutiennes d’un diplomate de l’Organisation Internationale de Travail (agence dépendant de l’ONU) mandaté pour examiner la situation des syndicalistes dans le pays.

Ils sont présents sur le sol français depuis trois ans et demi:

  • Ce qui correspond à une longue attente pour ces parents dans leurs démarches de régularisation.
  • Ce qui correspond aussi à une vie qui s’est établie en France, notamment pour leurs cinq enfants âgés de 3, 5, 7, 9 et 11 ans.

Ils font preuve d’une bonne intégration dans l’école et dans le quartier:

  • Monsieur Abdoulkader s’investit dans la vie scolaire, participant aux kermesses annuelles organisées par l’école ainsi qu’à l’aide aux devoirs jusqu’à la fin de l’année dernière ( jusqu’à l’entrée au CP de son troisième enfant).
  • Monsieur Abdoulkader fait aussi partie du Comité d’Administration de la Maison de Quartier de Lambézellec.Une rupture du suivi médical de leur deuxième enfant, Boria, âgée de 9 ans, s’avérerait fort préjudiciable pour sa santé:
  • Du fait d’un "vécu traumatique intense" lié à l’histoire de sa famille à Djibouti (incarcération des deux parents, séparation du père en exil en Ethiopie durant cinq années…), depuis près de deux ans (23/04/2004), Boria bénéficie de soins psychothérapiques réguliers au C.M.P.P Jean Charcot.

Selon le médecin qui la suit, le Dr Darras, "le suivi engagé doit impérativement se poursuivre" car "un arrêt brutal remettrait gravement en cause son développement psychique ultérieur".

POUR TOUTES CES RAISONS:

L’Association des Parents d’Elèves de l’école Ferdinand Buisson, et tous ceux qui la soutiennent, demandent aux autorités compétentes de bien vouloir reconsidérer, à titre exceptionnel et humanitaire, leur position vis à vis de cette famille qui, pour nous, doit rester en France.

Nous souhaiterions aussi plus de précisions de la part de ces mêmes autorités sur leur prise en compte du dossier pour le bien-être des parents et de enfants de l’école….

_______________________________________________

13 avril
surprise !!!

Hier nous nous sommes rendus à la préfecture à Quimper pour tenter d’obtenir des réponses, et exposer nos demandes….

Peine perdue, on a juste pris nos pétitions et promis un rendez-vous dans les prochains jours…

Mais ce soir, surprise : la sous préfecture nous joint au téléphone pour nous proposer une entrevue demain à 17 heures à Brest…

Bien sûr , nous y serons…

Avec des demandes bien précises, des questions aussi… il y a plusieurs points sur lesquels on aimerait se faire entendre, à savoir:

  • Le retour à Djibouti serait catastrophique pour les enfants, au moins autant que our leurs parents, ils sont là depuis trois ans, autant dire toute leur vie… L’un d’entre eux n’a d’ailleurs connu que le sol Français!
  • L’un des enfants a besoin d’un suivi médical précis, une interruption du traitement en cours lui serait gravement préjudiciable.
  • La famille est vraiment investie dans la vie de l’école, ainsi que dans celle du quartier… la famille Abdoulkader participe à l’Amicale Laïque, la Maison de quartier, l’aide aux devoirs après l’école….

C’est donc une intégration réussie!

Pour toutes ces raisons nous demandons à ce que la famille Abdoulkader puisse rester en France comme elle en exprime le désir, et c’est ce que nous allons exposer demain à la sous préfecture.

Vous êtes tous conviés à vous y rendre également, pour montrer votre soutien !

Plus il y aura de monde devant les bâtiments de la sous préfecture demain soir, plus les paroles de la délégation reçue auront de chances d’être entendues.

Le goûter de samedi reste toujours bien sûr d’actualité, d’autant plus que nous aurons à répercuter à tout le monde ce qui aura été dit la veille…

Il faudra aussi sans doute prendre des décisions quant à la suite des événements et des actions à conduire…
________________________________________________

12 avril à la préfecture…

Nous nous sommes rendus à la préfecture aujourd’hui, puisque personne ne voulait nous recevoir, on y est allé un peu au culot! on les avait prévenus tout de même…

Et on a été reçu, relativement rapidement, par Monsieur Rannou, chargé du service des étrangers à la préfecture.

Visiblement il connaissait le dossier, c’est déjà ça.

Mais il ne nous a pas appris grand chose de nouveau….

Nous devrions avoir un rendez vous "prochainement", c’est vague….

Le courrier nous fixant ce rendez vous devrait nous parvenir pour la semaine prochaine… Et nous serions reçus alors par le chef de cabinet ou le directeur du service concerné…

Tout ceci au conditionnel, et rien d’écrit bien sûr…

Monsieur Rannou nous a également assuré que d’ici là , la famille Abdoulkader n’a rien à craindre…. Mais toujours oralement bien évidemment

Alors que doit-on croire ? Doit-on se sentir pleinement rassuré, et attendre sereinement le courrier ?

Mais ça on l’a déjà fait la semaine dernière… non?

Subsiste un doute, un gros doute… la peur que les choses traînent en longueur, que la mobilisation ne s’essouffle… la crainte que les services administatifs, bien rompus à tout cela, ne nous fassent juste patienter en attendant qu’il soit trop tard pour pouvoir agir….

Pour ne pas tomber dans le piège de l’attente, il faut continuer à se mobiliser, se rencontrer, échanger et prévoir….

Pour cela, avant une action de plus grande envergure, nous nous préparons à un TROISIEME goûter, (et oui déjà!) samedi 15 avril toujours à 16 heures, toujours à la Rotonde….
____________________________________________

19/04/06 (B346-B) ARD : appel à manifester ce jour devant la Commission européenne à Bruxelles

Appel à la manifestation du mercredi 19 avril 2006

devant la Commission européenne

Une situation dramatique perdure à Djibouti et appelle une mobilisation de tous.

Le gouvernement de Djibouti a bâti un système de rente impudente sur les places militaires concédées à des pays de la communauté internationale.

L’Union européenne est partenaire à part entière du positionnement des forces démocratiques sur le sol de Djibouti et doit entendre les interrogations des citoyens djiboutiens sur l’usage qui est fait de la manne amassée.

La représentation de l’ARD en Europe apporte son soutien à cet appel et invite les Djiboutiens à se déplacer en nombre à la manifestation qui aura lieu de 15 heures à 16 heures devant la Commission Européenne, sise au 170 rue de la Loi à Bruxelles. Métro : Schumann..

Fait à Paris, le 17 avril 2006
Maki Houmedgaba
Représentant de l’ARD en Europe

19/04/06 (B346-B) Le Potentiel de Kinshasa / Ethiopie: En dépit des discours politiques, la dictature prend des racines en Ethiopie (Info lecteur)

Le Potentiel (Kinshasa)

ANALYSE
17 Avril 2006
Publié sur le web le 17 Avril 2006
Pierre Emangongo
Kinshasa

Le régime du premier ministre éthiopien Meles Zenawi est, plus que jamais, mis en index à cause notamment de nombreuses violations des droits fondamentaux des citoyens.

Des arrestations de leaders politiques et de journalistes ainsi que la gestion opaque des opérations électorales sont autant d’irrégularités qui ternissent l’image de l’Ethiopie. Cet autoritarisme du pouvoir dans ce pays important de la corne de l’Afrique s’explique, selon un analyste, par un passé indépendantiste et la succession des régimes dictatoriaux. Ce qui justifie le refus d’Addis-Abeba de se plier aux diverses pressions de la communauté internationale.

L’Ethiopie s’enfonce davantage dans une dictature qui n’a pas, peut-être son équivalente dans la Corne de l’Afrique. En effet, depuis les élections législatives de l’année dernière, les partis d’opposition, les organisations non gouvernementales et la presse indépendante ont été fortement réprimés par les forces loyalistes pour avoir dénoncé les irrégularités liées aux opérations électorales.

Selon la Fédération internationale des droits de l’homme (Fidh), au moins 75 personnes ont été tuées lors des manifestations populaires de novembre dernier organisées à l’appel de la coalition des partis d pposition, la coalition pour l’unité et la démocratie (Cudp) afin de rejeter les résultats des élections législatives de mais 2005.

AU NOM DE L’ORDRE CONSTITUTIONNEL

Ces militants des partis politiques arrêtés au terme des manifestation du 1er novembre dernier ont été inculpés, selon l’Afp citant l’agence officielle de presse éthiopienne (Ena), pour avoir « tenté de démanteler l’ordre constitutionnel.

«Le ministère public a inculpé 118 individus soupçonnés d’avoir tenté de démanteler l’ordre constitutionnel en Ethiopie, après les violences organisées par le Parti de la coalition pour l’unité et la démocratie (Cudp, opposition)», selon Ena.

Ces inculpations s’ajoutent à celles visant 129 personnes – dont des dirigeants du Cudp – qui sont accusées notamment de «complot en vue de renverser par la force un gouvernement constitutionnel».

Le gouvernement éthiopien a régulièrement accusé le Cudp de fomenter des violences et de préparer un coup d’Etat depu les élections législatives de mai 2005, remportées officiellement par le pouvoir sortant, mais entachées de fraudes, selon l’opposition. Les brimades du régime Meles ne concernent pas seulement la capitale Addis-Abeba mais aussi l’Ethiopie profonde.

Dans les zones rurales, la police fédérale menace, passe à tabac et détient des partisans de l’opposition, des étudiants et des gens sans appartenance politique, rapporte Human rights watch. Outre les partis politiques, la presse indépendante est victime de nombreuses violations de liberté d’expression.

VIOLATION DE LA LIBERTE D’EXPRESSION

Près de quatre mois après que les autorités éthiopiennes eurent lancé une nouvelle série de mesures de répression contre la presse du pays, suite aux manifestations de protestation qui ont elles-mêmes suivi les élections, on constate une détérioration alarmante de l’exercice de la liberté de la presse, a indiqué un communiqué du Comité pour la protection des journalistes (Cpj), publié le 20 mars dernier. L’autocensure, ajoute le communiqué, est généralisée, les journaux critiques diminuent en nombre sur l’étendue du territoire éthiopien. Des responsables du gouvernement éthiopien ont déclaré à la délégation du Cpj que la répression était nécessaire en raison des reportages incendiaires des journalistes, qu’ils accusent d’être les agents de l’opposition.

Des journalistes locaux ont dit au Cpj que le gouvernement a rendu la couverture équilibrée impossible en se refusant à toute entrevue avec des reporters qui ont une attitude critique face au gouvernement. Ils ajoutent se heurter au harcèlement incessant du gouvernement et à des formes subtiles de censure, entre autres à des pressions exercées sur les imprimeurs pour qu’ils n’impriment pas les journaux indépendants.

LES RAISONS DE LA CULTURE DICTATORIALE

Le pouvoir totalitaire en Ethiopie s’explique, selon un analyste, par des raisons purement historiques.

Il estime que la situation de l’Ethiopie face au mouvement de la colonisation européenne du 19 ème siècle a développé dans le chef des Ethiopiens la culture de l’indépendance et de la résistance. Cet héritage historique, a-t-il fait savoir, justifie le fait que les dirigeants politiques éthiopiens ne fléchissent pas face aux pressions des institutions internationales dont l’Onu.

En outre, l’analyste estime que la chronologie politique n’est pas étrangère au comportement politique des acteurs politiques éthiopiens. De l’empere Hailé Sélassié au premier ministre Meles Zenawi passant Magistu Mariane les régimes politiques ont été caractérisés par une dictature sanguinaire.

BREVE PRESENTATION DE L’ETHIOPIE

L’Ethiopie est située dans la péninsule du Nord-Est de l’Afrique dite Corne de l’Afrique. Elle partage ses frontières avec la Somalie, le Soudan, le Kenya, la République de Djibouti et l’Érythrée. Cas unique en Afrique, l’ancienne monarchie ne fut jamais colonisée, mais occupée par l’Italie entre 1936 et 1941.

L’Italie envahit l’Éthiopie en octobre 1935 et occupa la capitale du 5 mai 1936 au 5 mai 1941.

En 1974, une junte militaire (Derg) destitua l’empereur Hailé Sélassié Ier couronné en 1930. La junte établit un État socialiste dirigé avec une main de fer par Mengistu Haïlé Maryam, qui tomba en 1991.Un régime républicain fut institué, avec une nouvelle constitution donnant des compétences accrues aux provinces, faisant de l’Ethiopie un État fédéral.

L’Erythrée déclara son indépendance en 1993 après des années de lutte armée. Une guerre éclata entre les deux pays de 1998 à 2000 faisant au minimum 80 000 morts.

17/04/06 (B346-A) CASPR : Appel au dialogue au Tchad. (Info Survie)

CSAPR

COMITE DE SUIVI DE L’APPEL A LA PAIX
ET A LA RECONCILIATION NATIONALE AU TCHAD

Manifeste pour la paix et la Réconciliation

Le dialogue doit s’imposer au Tchad !

Le Comité de Suivi de l’Appel à la Paix et à la Réconciliation (CSAPR), réseau des associations de la société civile tchadienne (ADH, Syndicat, ONG de développement, Association de jeunes, de femmes, réseau des Commissions Justices et paix) réuni ce jour 11 Avril 2006 à N’Djaména :

  • Constate que la situation politique se dégrade fortement.
  • Regrette le refus catégorique du pouvoir de permettre la mise en place du dialogue national tel que proposé par la société civile
  • Réaffirme son analyse selon laquelle ni les élections dans les conditions actuelles ni un coup de force militaire ne peut ramener la paix au Tchad.

Par conséquent, le CSAPR :

  • Appelle tous les belligérants à observer un cessez le feu immédiat sur l’ensemble du territoire national.
  • Appelle tous les acteurs politiques sans exclusive à s’engager sans délais dans une négociation politique pour déterminer les conditions d’un processus de transition pacifique au Tchad.
  • Met en garde contre toutes manœuvres de nature à nouer des alliances opportunistes ou contre nature qui compromettraient la recherche de la paix.
  • Met en garde les belligérants contre tous actes de violence dirigés contre les populations civiles.
  • Demande à la communauté internationale de soutenir politiquement la démarche de paix proposée par le CSAPR et de s’engager aux cotés des populations pour une paix véritable et globale, gage d’un développement durable.

Le CSAPR rappelle son engagement et son rôle de médiateur pour la réalisation de ce dialogue national.

Le 11 avril 2006
Pour le Comité, la coordinatrice
Maître Delphine Kemneloum Djiraibe

____________________________________
Coordination Nationale – BP 4559 – N’Djamena – TCHAD

Contacts : 515368 / 403287 / 299509 / 294865 / 216536
Bureau : Immeuble Inades Formation à Ardep Djoumal en face de l’Université de N’djamena.

17/04/06 (B346-A) LDDH : Rapport d’activité au 15 avril 2006.

Ligue Djiboutienne des Droits Humains

Siège : Quartier V – Boulevard de GAULLE – B.P. 74 – DJIBOUTI /
République de Djibouti

Téléphone/Fax domicile : + 253 / 358 007 – Bureau :+ 253 / 357 804

E-mail : noel_lddh@yahoo.fr / Site : http://www.lddh-djibouti.org



Le Président

RAPPORT D’ACTIVITE
DU 15 AVRIL 2006

Avant-propos

Il nous semble utile de rappeler que Djibouti est indépendante depuis le 27
juin 1977. Sa superficie est de 23 000 Km carrés. Sa population est estimée
faute de recensement officiel crédible à environ à 700 000 h.

Elle est
peuplée d’Afars qui occupent de tous temps et exclusivement 80% du
territoire, de Somalis (capitale, Ali-Sabieh, et chef lieu de Dikhil) et
d’Arabes, européens et autres essentiellement dans la capitale.
Son port contrôle le passage entre le canal de suez, la mer rouge et l’Océan
indien et joue seul depuis 1998 (date de la fermeture du port Afar d’Assab
par l’Erythrée) à ce jour le rôle vital de débouché vers l’Ethiopie,
principale puissance militaire et commerciale (un marché de 70 millions
d’habitants) de la région. Enfin elle abrite depuis l’indépendance la plus
importante base militaire Française d’outre-mer et depuis 2002, une base
militaire U.S et un fort contingent(européen) de l’OTAN, officiellement dans
le cadre de la coalition internationale contre le terrorisme.

Note liminaire
La défense des droits de l’Homme n’est  chose aisée nulle part mais relève
ici du parcours du combattant.

Créée le 9/5/99 en vertu de la loi française de 1901 en vigueur à Djibouti
au plus fort du conflit civil qui a déchiré le pays de novembre 1991 à
février 2000 et d’une guerre qui opposait les deux puissances régionales
voisines (Ethiopie et Erythrée), la LDDH a dû batailler ferme pour s’imposer
sur l’échiquier des ONG nationales pour ne se voir reconnaître une existence
officielle par le Ministre de l’Intérieur qu’en février 2003.

La LDDH n’a
pas chômé pour autant durant cette période : d’abord en luttant légalement
pour sa reconnaissance officielle, (plainte restée sans suite déposée contre
le ministère de l’intérieur auprès du tribunal du contentieux administratif)
et surtout en s’attelant immédiatement à sa mission de défense des droits
naturels. Ce qui lui a valu beaucoup de déboires et d’intimidations de la
part du pouvoir et de ses sbires (explosion d’une grenade contre le siège de
la LDDH le 22 mai 1999, juste après le passage de l’Observatoire des Prisons
et de la FIDH de Bruxelles.). En vain !

Depuis sa reconnaissance au plan International en 2000, la LDDH est membre
de la FIDH, de l’UIDH, l’EHAHRDN, et correspondant d’Amnesty International à Djibouti ; malgré son jeune âge son dynamisme lui a valu la vice-présidence
de l’UIDH chargée de la corne de l’Afrique.

La LDDH a le titre d’Observateur à la CADHP.

Ce bref rapport, qui se réfère aux recueils des communiqués, notes
d’informations, diffusions d’Informations et textes de lois, n’a pas d’autre
ambition que d’offrir une simple photographie de la situation des droits de
l’Homme à Djibouti.
 

I) Démocratie et Droits Politiques

Ici comme ailleurs il est illusoire de prétendre au développement économique
en restant politiquement sous-développé. Après une dictature de parti
unique(1981/1992), une décennie de quadripartisme (1992/2002) et une
interminable et ravageuse guerre civile dans un si petit pays
(nov1991-fév2000), l’Accord de Paix Définitive du 12 mai 2001 a inauguré
l’ère du multipartisme intégral.

Convaincue que la conquête des droits
politiques détermine le développement économique, la LDDH a été la première
à se réjouir de cet Accord à la signature solennelle duquel elle a été
conviée comme témoin par les deux parties au palais du peuple.

1.1 Accord de Paix du 12 mai 2001
La joie de la LDDH a été de courte durée.

En dehors du «  bûcher de la Paix
» (décision unilatérale du FRUD-ARME de brûler son arsenal), de
l’intégration de 300 combattants dans les différents corps d’armes par le
seul gouvernement sans concertation avec l’autre partie et un multipartisme
qui reste de façade comme le prouve la mainmise sur tout l’appareil étatique
du parti au pouvoir à l’issue de trois consultations électorales au 1er
avril 2006, il ne subsiste plus rien de cet Accord.

Violé par la partie
gouvernementale dès le lendemain de sa signature, il a été dénoncé par
l’autre partie en sept 2005. Ce que la LDDH a déploré d’abord parce
qu’englobant tous les aspects institutionnels d’une pacification durable du
pays, il apportait des solutions satisfaisantes aux causes et conséquences
du conflit ; ensuite parce que sa dénonciation constituait un retour
implicite au statu quo ante conflit et la cause principale de la situation
de ni guerre ni paix que nous vivons aujourd’hui.

1.2 Processus électoraux
Sans parti pris, nous nous contenterons ici de citer les recours en
annulation introduit auprès du conseil constitutionnel par l’opposition pour
les Présidentielles 1999 et Législatives 2003.

Nous laissons concernant le conseil constitutionnel le fin témoignage de son
histoire à la parole officielle : " l’Histoire des contestations
électorales atteste qu’il n’existe aucune jurisprudence où un recours par
voie légale ait jamais été accueilli par l’auguste assemblée."

Le régime ne peut souffrir aucun contre pouvoir..

Tout contradicteur
politique et la population qui hasarderait un geste de soutien à l’un de ces
subversifs sont victimes d’agissements répressifs, arbitraires et répétés.
». Dixit le ministre de la Justice chargé des droits de l’Homme de juillet
2001 à juin 2005, dans un ouvrage paru aux éditions l’Harmattan en.2002.

Quant à la CENI, la LDDH a d’abord accepté l’invitation gouvernementale à y
participer en 2003. Estimant que sa bonne foi a été abusée, elle s’en est
aussitôt retirée en dénonçant la ventilation (restreinte) et le mode de
désignation de ses membres (80% nommés à divers titres par le parti au
pouvoir : président de la république, de l’assemblée nationale.) et le
caractère très limité de ses attributions et compétences 

1.3 Dysfonctionnements de la Justice
Une semaine durant, des Etats généraux ont eu lieu sur ce sujet, sous le
haut patronage et supervision du Chef de l’Etat fin 2000, leurs constats
recommandations n’ont jusqu’à ce jour trouvé aucune application concrète :
si bien qu’en début 2006 et d’une même voix la magistrature comme le barreau
grincent des dents.

Hérité de la France, le Tribunal du Contentieux Administratif (chargé de
statuer sur les infractions de l’Etat contre ses Administrés) n’a pas siégé
depuis 1996 malgré les innombrables saisines dont cette Juridiction a fait
l’objet.

Quant à la CCDB, qui a vu le jour après l’Accord de Paix Définitive, elle
n’a rendu son premier rapport public, paru dans le Journal Officiel spécial
n° 3, que .le 15 novembre 2004.

Il faut le lui reconnaître, la CCDB a exécuté  un travail de fourmi et son
unique rapport public à ce jour est accablant :

– «non respect des autorisations budgétaires ;
– Dépassements systématiques de crédits dont les mouvements sont
contradictoires incohérents et illégaux;
– Imputations budgétaires irrégulières;
– Avantages en natures et espèces non réglementaires ;
– Opacités des comptes des EPIC. »..

Ses missions officielles ne se limitent malheureusement qu’à l’assistance et
conseil au parlement, repertoriage d’irrégularités constatées et émission de
recommandations aux malentendants qui exercent le pouvoir.

Faute d’exercer les prérogatives juridictionnelles inhérentes à sa mission,
elle est une coquille vide institutionnelle de plus.

1.4 Impunités    

L’enrichissement soudain et sans cause de certains oligarques  et le
caractère impuni de cette délinquance financière depuis son début au milieu
des années 80 à ce jour constitue une incitation à la prédation des Deniers
publics et des Biens Sociaux .

Plus gravement, l’impunité des crimes de guerre qui révolte la LDDH, instaure un climat de violence qui  risque fort de déboucher sur une violence tous azimuts.

II) Droits économiques sociaux et culturels

2.1. Le Syndicalisme
Les travailleurs autrefois embrigadés au sein du syndicat unique UGTD (Union
Générale des Travailleurs Djiboutiens) se sont organisés de manière nouvelle
après 1992 à la faveur de la démocratisation partielle engagée sous la
pression de la lutte armée.

Dès 1995, des syndicats indépendants se sont illustrés par l’organisation de
grèves générales. Le pouvoir a brutalement réagi licenciant dans la foulée
des dirigeants de la centrale indépendante (UDT). Dans le même temps des
dizaines d’enseignants membres du SYNESED ont été pour la plupart contraints
à l’exil.

Depuis les dirigeants de cette centrale n’ont toujours pas été
réintégrés malgré les multiples accords internationaux en ce sens négociés
avec le BIT et la CISL et en violation de l’Accord de Paix  du 12 mai 2001
qui prévoyait cette normalisation de la situation syndicale.

Pire, suite aux
grèves du personnel du port en septembre 2005 avec plus de trente
licenciements abusifs, la répression anti-syndicale s’est amplifiée
débouchant en mars 2006 sur l’incarcération des dirigeants de l’UDT et le
mépris vis-à-vis des pressions internationales menées par le BIT, la FIDH et
la CISL.

Conséquence :
les dirigeants de l’UDT sont aujourd’hui en liberté
surveillée.

2.2 Droits à l’Education et la Santé

Aucun dispensaire ni école existants avant le conflit n’a été rouvert dans
l’arrière-pays après le conflit. La gestion sociale post-conflit  par le
seul gouvernement est explicite sur ses intentions.

2.3 Droits de la Femme

Sous la pression des bailleurs de fonds qui ont eu en fait une exigence, le
gouvernement a initié une théâtrale promotion des droits de la Femme : un
ministère entièrement à part, une loi instaurant un quota de 10% à
l’Assemblée nationale.

Mais en coulisses, la réalité quotidienne de la Femme Djiboutienne est
dramatique.

De la fillette à la mère au foyer en passant par la femme active, cette
prétendue promotion de ses droits est un arbre qui cache une forêt
d’inégalités.

Préfacée par. une femme, Mme Mbaranga Gasarabwe Représentante Coordinatrice du système des Nations Unies jusqu’en 2004 est à ce sujet explicite : « la
pauvreté reste généralisée à Djibouti, mais elle affecte davantage les
femmes,. La principale raison qui explique cette situation est que
l’initiative axée autour de l’égalité des sexes émane des bailleurs de Fonds
et que pour l’instant l’appropriation nationale de cette initiative reste
limitée. »
. Le rapport conclue « les bonnes intentions gouvernementales ne
se traduisent pas toujours par des actions. et sont contredites par la
réalité » (RNDH 2004. PNUD).

De la mortalité infantile à la mort en couches en passant par l’excision et
l’infibulation, la Femme est la principale victime de l’absence de bonne
gouvernance.

La Femme souffre de la cherté de la vie (imposée), de la suppression des
assistances publiques dans les services hospitaliers et qui affectent
gravement la majorité des populations maintenue en asphyxie au seuil
critique de la pauvreté.    Conclusions

Au vu de ce qui précède, force est malheureusement de déplorer que la
situation des droits de l’Homme s’aggrave de jour en jour dans notre pays.

Conformément à sa mission de prévention des conflits, la LDDH souhaite, en
apportant ce bref éclairage sur la régression des droits de l’Homme à Djibouti, alerter les opinions nationale et internationale.

Puissent-elles de concert réagir à temps dans la mesure de leurs moyens pour
sauver ce pays, son peuple et ses défenseurs démocrates.     

M. NOEL ABDI Jean-Paul

Abréviations utilisées

FIDH : Fédération des ligues des Droits de l’Homme,

UIDH : Union Interafricaine des Droits de l’Homme,
EHAHRDN : Réseau des Défenseurs des Droits de l’Homme de l’Afrique de l’Est
et de la Corne d’Afrique,
CENI : Commission Electorale Nationale Indépendante,
CCDB : Chambre des Comptes et de Discipline Budgétaire,
EPIC : Etablissement Public à caractère Industriel et Commercial,
UDT : Union Djiboutienne du Travail,
SYNESED : Syndicat National des Enseignants du Second Degré,
BIT : Bureau International du Travail,
CISL : Confédération Internationale des Syndicats Libres.

17/04/06 (B346-A) OUEST FRANCE : Affaire Borrel : le comité de soutien de Lisieux est lancé ; il se dote d’une existence juridique. (Info lecteur)

Affaire Borrel : le comité de soutien est lancé

Réuni mardi soir, le comité de soutien à Élisabeth Borrel a adopté ses statuts.

Ouest-France Normandie, jeudi 13 avril 2006, p. 10 Calvados; Lisieux

Le bureau sera désigné la semaine prochaine. « Si nous voulons entreprendre des actions, nous devons tout d’abord exister juridiquement. » Un postulat rappelé, mardi soir, par Bernard Bonnet, animateur du Collectif lexovien des droits humains. Les statuts de l’association ont été adoptés et un conseil d’administration de 14 membres s’est constitué.

« L’association reste en liaison permanente avec Élisabeth Borrel et son avocat.

C’est indispensable pour les aider au mieux. L’affaire est trop complexe », insiste André Lucas, du club de réflexion Lisieux avenir.

L’association compte notamment demander une audience aux ministres de la Défense et de la Justice. « Nous avons lancé une pétition. Les personnes qui le souhaitent peuvent venir la signer à l’espace Victor Hugo. »

Autre initiative : le lancement d’un site internet. Ancien procureur de la République de Lisieux, Bernard Borrel est mort en octobre 1995, à Djibouti. Alors que tout indique qu’il a été a assiné, la thèse officielle reste celle du suicide. Une thèse que conteste son épouse.

Depuis 10 ans, elle se bat pour connaître la vérité. Aujourd’hui, l’enquête s’enlise au nom de la raison d’État. Le président de la République de l’ancienne colonie étant lui-même mis en cause dans des rapports des services secrets français. Le comité, qui ne revendique aucune orientation politique ou religieuse, demande, au nom du droit à la justice, que la France lève le secret défense. La juge d’instruction en charge du dossier n’a toujours pas obtenu certains documents qu’elle réclame.

G.B.

Pratique:
Comité de soutien à Élisabeth Borrel,
Espace Victor Hugo, 14 100 Lisieux.
Tel. 06 11 75 18 21
Internet : http://comitesoutienborrel.free.fr



17/04/06 (B346-A) Radio-Trottoir : les relations de Guelleh avec les USA ne sont pas aussi bonnes qu’il ne l’espérait. Globalement la réunion avec l’USAID s’est mal passée. (lecteur)

Selon des informateurs sérieux, il se confirme que l’entrevue du 15 avril 2006 à Djibouti entre Guelleh et M.Mike Edouard Hess, administrateur adjoint du bureau pour la démocratie, les conflits et les opérations d’assistance humanitaires de l’agence américaine USAID, ne se soit pas déroulée dans un climat de confiance …

Il est possible que les Américains aient pu avoir demandé des comptes à Guelleh, se référant à un article publié par le GED et dont ils auraient vérifié l’exactitude auprès de la Banque Credit Agricole Indosuez

Référence de l’article :
12/03/06
Détournements massifs des aides et subventions américaines et enrichissement personnel au niveau de l’Etat-major djiboutien, d’Hassan Saïd et surtout d’IOG. Le Général US aurait reçu une copie des preuves ….
Lien : http://www.gouv-exil.org/13_courrier(2)(2)/courB519_01.htm

Ont-ils pu constater que leur argent est effectivement "mal géré" puisque des sommes sont sorties pour payer des fausses factures et des avantages à certains militaires en particulier ?

Le GED va-t-il envoyer des éléments complémentaires d’information aux autorités américaines ? La question est posée.

_______________________________ Extrait de l’ADI

(ADI) – 15 Avril 2006- Le Président de la République M.Ismail Omar Guelleh a reçu aujourd’hui M.Mike Edouard Hess, administrateur adjoint du bureau pour la démocratie, les conflits et les opérations d’assistance humanitaires de l’agence américaine USAID.



L’entrevue entre le Président Guelleh et ce haut responsable de l’USAID a porté sur les voies et moyens de raffermir davantage les relations de coopérations existant entre la République de Djibouti et l’institution américaine.

Ont également pris part à cet entretien l’ambassadrice des états unis à Djibouti Mme Marguerita Ragsdale et la représentante de l’ AID à Djibouti Mme Janet Shulman.

Impliquée à Djibouti dans plusieurs projets concernant les secteurs de la santé et de l’éducation, l’USAID prend part activement au développement socioéconomique du pays.