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13/10/2012 (Brève 037) Roger Picon assure une veille permanente de l’actualité djiboutienne et il exprime ses analyses et ses critiques sous forme de caricatures, qui sont fort appréciées par la communauté.

02/06/2000 – M. GOULED, ancien chef d’Etat séjourne en France en toute impunité. La justice va-t-elle saisir l’occasion de l’interroger sur les plaintes déposées à son encontre ?

M Gouled séjourne depuis plusieurs semaines en France où il aurait acquis une nouvelle résidence après la vente de son Château de Divonne-les-Bains. Il n’est plus Chef d’État, (donc il n’est plus couvert par une hypothétique immunité) et il réside en France.

Les deux conditions étant remplies, nous ne voyons ce qui s’opposerait désormais à ce que la Justice française instruise la Plainte pour Crimes contre l’Humanité qui avait été déposée par L’ARDHD an nom de plaignants victimes de tortures …

02/06/2000 – Une semaine difficile pour M. Guelleh. Un bilan catastro-phique dans tous les domaines …

D’abord, nous avons appris la libération des enfants mineurs, puis en Éthiopie, celle du journaliste Amir Asawe avec 6 compagnons.

Nous nous en réjouissons, car l’ARDHD n’a jamais cessé d’intervenir en leur faveur et LA LIBERTÉ a publié de nombreuses informations les concernant.

Mais nous sommes inquiets :

les enfants ont été conduits vers une destination inconnue et probablement ‘lâchés’ dans la nature sans aucun soutien matériel ni psychologique. Que vont-ils devenir dans ces conditions ? Seront-ils contraints de voler pour survivre ? Souvenons-nous du fait qu’ils ont entre 10 ans et 15 ans …. Le régime de M. Guelleh a agi une nouvelle fois avec sa cruauté habituelle : il lui aurait été facile de les confier, comme nous le proposions, à une ONG qui les aurait pris en charge. Mais non ! Toujours le mépris de la vie humaine … L’annonce d’une possible participation du Ministre de la Justice et du Procureur Général à une Conférence sur les Droits de l’Enfant a fait une impression détestable dans l’opinion publique et de nombreux journalistes s’interrogent … !

M. Amir Adawe avait été blessé en prison par ses gardiens …. On peut s’interroger sur les séquelles pour cette malheureuse victime de la dictature. Nous espérons recevoir rapidement des nouvelles de sa santé.

Ensuite, il ne faut pas oublier :

les prisonniers politiques toujours incarcérés à Gabode et qui n’ont pas été libérés en contradiction avec les conditions définies dans l’Accord-Cadre,

les personnalités injustement privées de passeport, qui ne peuvent pas se déplacer hors des frontières, en contradiction avec la Constitution et les Accords internationaux signés par Djibouti,

Par ailleurs, tout va mal en ce moment pour M. Guelleh :

– Le régime est au bord de la faillite et ne peut plus assurer les salaires de ses fonctionnaires. M. Guelleh cherche de l’argent partout (Italie, Koweït, …). Il en trouve un peu sous forme d’aides exceptionnelles, mais les montants sont insuffisants pour renflouer l’État qui est ruiné. Et les pays donateurs se font certainement ‘tirer l’oreille’ en constatant que Djibouti est cité par toutes les Organisations, comme un pays de non-droit : récemment c’est l’Organisation Internationale du Travail (OIT) qui épingle Djibouti, après l’Organisation Mondiale contre la Torture (appels en faveur des enfants), etc…
– La conférence pour la réconciliation en Somalie n’avance pas comme l’espérait M. Guelleh :
* Les participants lui auraient demandé des comptes au sujet de l’utilisation des fonds internationaux que le régime djiboutien a reçu pour organiser la conférence …(?)

* Les visées ethniques de M. Guelleh qui veut favoriser au-delà de toutes mesures les ambitions des Mamassans auraient été comprises par les participants : les Gadabourcis auraient fort mal pris la chose (?)
– Les négociations avec le FRUD sont dans l’impasse du fait de M. Guelleh qui tarde (sic) à répondre à M. Dini sur les différents préalables posés,
– Les grèves qui surviennent à la suite de l’augmentation des produits pétroliers, augmentation qui ne peut-être répercutée sur une population déjà exsangue et économiquement très affaibli … Quel signe doit-on donner au fait que la Police n’est pas intervenue à notre connaissance ?
– L’Armée qui conteste et qui pourrait refuser de défiler le 27 juin, jour de la fête nationale,
– L’affaire BORREL et probablement celle du Café de Paris, qui, contrairement à ce que l’on pensait, n’est pas close et qui pourrait rebondir avec l’authentification du rapport de la DGSE et la nouvelle audition de M Aloumekani.

Des négociations ‘explosives’

Nous avons aussi appris que M. Guelleh conduirait des négociations explosives, car totalement contradictoires d’un côté avec les intégristes musulmans et de l’autre avec les Israéliens. Comment va-t-l pouvoir gérer ces contradictions ?

Bref, tout semble aller très mal pour M. Guelleh. Mais n’oublions quand même pas que ce sont les djiboutiens qui payent les erreurs / ambitions du dictateur et qui subissent toutes les restrictions. Financièrement tout va bien pour M. Guelleh et pour ses proches qui ont puisé largement sur le budget de l’État …

ARDHD

01/06/2000 – LIBERATION EN ETHIOPIE DU JOURNALISTE AMIR ADAWE (Communiqué du PND)

COMMUNIQUE DU PARTI NATIONAL DEMOCRATIQUE(P.N.D)
-République de Djibouti-

Paris, le 1er Juin 2000,

J’ai l’honneur de vous apprendre que AMIR ADAWE, journaliste et rédacteur en chef de « La République », organe du Parti National Démocratique, a été libéré, ainsi que ses 6 compagnons, le 29 Mai 2000, à Addis Abeba.

Il avait été, avec ses compagnons, emprisonné à Harrar (Ethiopie) depuis 1 an et avait été bléssé par balle lors de son incarcération.

Ils ont été transférés à Addis Abeba puis libérés sur place. AMIR ADAWE se trouve actuellement à l’Hopital de Police d’Addis Abeba pour y être soigné.

Je ne connais pas, actuellement, son état de santé exact.

Nous remercions de tout coeur les Associations qui ont participé et aidé à leur libération: Reporter sans Frontières(RSF), Association pour le Respect des Droits de l’Homme à Djibouti(ARDHD), Amnesty International, ainsi que tous ceux qui sont intervenus en leur faveur.

Je me réjouis, en tant que représentante du PND, de leur libération et vous tiendrai informé des développements futurs.

SAIDA BARREH FOURREH
Représentante du Parti National Démocratique en France et en Europe
Paris

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03/06/2000 – Dernières nouvelles concernant M Amir ADAWE.
M Amir Adawe a bien été libéré par les Ethiopiens après une année passée dans une geôle infecte à la demande du Gouvernement djiboutien. Au cours de sa captivité, il a été blessé à la jambe, par balle, par l’un des geôliers, mais il n’a jamais été soigné. Aujourd’hui nous recevons des nouvelles inquiétantes le concernant, car il semblerait que même libéré, les Ethiopiens refusent de lui faire donner des soins. (A suivre prochainement …)

01/06/2000 – MENACES SUR LA CONFERENCE POUR LA RECONCILIATION DE LA SOMALIE ?? (Courrier des lecteurs)

La conférence sur la Somalie risque de s’envoler en bris et d’une façon inattendue. En effet de jour en jour, il se précise que les vraies intentions de Mr Ismaël Omar se précise.

Selon des hauts responsables de la délégation des Gadabourcis présents à Arta, le président djiboutien semble nourrir des ambitions territoriales sur le Nord de la Somalie notamment dans la province frontalière d’AWDAL habitée à 95% par des Gadabourcis et quelques 3% des mamasans tribu de Ismaël Omar.

En effet, lors des discussions sur le partage des siéges entre Somaliens, la délégaton
embrionnaire des Issas conduite par l’ex-colonel farah waïs a proposé à la délégation des Gadabourcis par le docteur Med Farah et le général talan, que les Issas s’attend à ce qu’ils recoivent 50% des siéges qui seront attribués à la province d’AWDAL!

Eh oui 50%! La délégation gadabourcis n’a même pas pris au sérieux une telle tentative mais les choses se précisent et l’ambition démesurée des Issas serait appuiyé par le président Guelleh lui-même qui se préoccupe du sort ou des siéges de ses propres cousins paternels.

La délégation des Gadabourcis a informé de la situation les autres délégations car non seulement la conférence risque de se solder en échec à cause de celui là même qui a organisé mais des tensions tribales risquent de se raviver et comme d’habitude ces tensions auront leurs répercussions directes et immédiates sur Djibouti.

La situation est très préoccupante lorsque la délagation Gadabourcis a su que c’est le propre directeur cabinet du président Guelleh, Mr Ismaël Tani qui est chargé de suivre personnelllement le dossier des Mamasans sur la Somalie.

Selon le porte parole du Géneral Talan, si une telle ingérence ne prend pas fin dans les jours qui viennent, sa délégation pourrait quitter la conférece après avoir dénoncer les agissements intolérables du président djiboutien et de sa tribu.

Une affaire à suivre…

A.K.

01/06/2000 – OUA : Rapport de la Commission Africaine des Droits de l’Homme – Conférence du 27 avril 2000 à Alger – La LDDH obtient le statut d’Observateur.

OAU – OUA
Commission Africaine des Droits de l’Homme & des Peuples

African Commission on Human & Peoples’ Rights
Kairaba Avenue
P.O. Box 673
BANJUL,
The Gambia
Tel.: (220) 392962

Fax: (220) 390764
Telex: 2346 OAU BJL GV

e-mail: achpr@achpr.gm

27ème Session Ordinaire Distribution: Générale
27 avril – 11 mai 2000 DOC/OS(XXVII)177b
Alger, Algérie Original : Français

Communiqué Final de la 27ème Session
Ordinaire de la Commission Africaine
des Droits de l’Homme et des Peuples

1. A l’invitation de son Excellence Monsieur Abdelaziz BOUTEFLIKA, Président de la République Algérienne Démocratique et Populaire, Président en exercice de l’Organisation de l’Unité Africaine, la 27ème Session Ordinaire de la Commission Africaine des Droits de l’Homme et des Peuples s’est tenue du 27 avril au 11 mai 2000 à Alger, Algérie, sous la Présidence du Professeur Emmanuel Victor Oware Dankwa, Président de la Commission.

2. Ont pris part à cette Session les membres suivants:

Président Emmanuel V.O. Dankwa,

Vice-Présidente Julienne Ondziel Gnelenga,

Commissaire Isaac Nguema,
Commissaire Hatem Ben Salem,
Commissaire Kamel Rezag Bara,
Commissaire Nyameko Barney Pityana,

Commissaire Andrew Chigovera,
Commissaire Vera. M. Chirwa, et
Commissaire Jainaba Johm,

3. La Session a été ouverte par son Excellence Monsieur Abdelaziz BOUTEFLIKA. Dans son discours, le Président BOUTEFLIKA s’est félicité des progrès réalisés par les Etats africains, la Commission Africaine et par la communauté des ONG dans le domaine de la promotion et de la protection des droits de l’homme sur le continent.

Il a également souligné l’existence de nombreux conflits sur le continent et leur impact négatif sur la protection des droits de l’homme. L’ordre économique mondial a-t-il ajouté, a largement contribué à marginaliser les pays Africains. Il a exhorté les Etats parties, la Commission Africaine et les ONG à déployer des efforts concertés en vue de l’instauration d’une démocratie basée sur la primauté du droit, la justice et l’égalité.

L’Algérie, a-t-il rappelé, qui émerge d’une période douloureuse de son histoire, s’est engagée à bâtir un ordre démocratique authentique, basé sur la primauté du droit, sur le respect de son identité profonde et du génie propre de son peuple…
Il a conclu en réitérant à la Commission, des souhaits de bienvenue en Algérie et en assurant de la coopération entière de l’Algérie.

4. Des discours ont également été prononcés par les orateurs suivants:
– Le Président E.V.O Dankwa;
– M. Mohammed Genedy, Vice-Président de l’Organisation Arabe des Droits de l’Homme, au nom de la Communauté des ONG;
– Son Excellence M. Jean De Dieu Mucyo, Ministre Rwandais de la Justice et des Relations Institutionnelles, en qualité de Représentant des délégations des Etats Parties;
– M. Said DJINNIT, Secrétaire Général Adjoint de l’OUA chargé des Affaires Politiques, représentant le Secrétaire Général de l’OUA.

5. La Commission a écouté les déclarations des Délégués des Etats, des représentants des Institutions Nationales des Droits de l’Homme et des ONG.

6. Les ONG participant à la 27ème Session de la Commission Africaine des Droits de l’Homme et des Peuples ont exprimé leur inquiétude quant à la situation des droits de l’homme dans certains pays africains.

Parmi les violations relevées, les ONG ont notamment fait état de la récurrence des conflits armés avec leurs conséquences désastreuses sur les populations civiles, les changements inconstitutionnels de gouvernement, l’utilisation d’armes à feu contre des manifestants pacifiques, la pratique de la torture, des exécutions extrajudiciaires, sommaires ou arbitraires, des conditions inhumaines d’emprisonnement, des entraves à la liberté d’expression, de circulation et d’association, des disparitions forcées, ainsi d’autres formes de violations dont sont le plus souvent victimes les couches les plus vulnérables de la société: les femmes, les enfants, les personnes handicapées et les personnes âgées.

7. Les violations dont sont victimes les défenseurs des droits de l’homme et l’impunité dont jouissent les auteurs de ces violations ont également retenu l’attention de la Commission.

8. La Commission a débattu de sa participation à la Conférence Mondiale contre le Racisme, la Discrimination Raciale, la Xénophobie et autres formes d’intolérances qui y sont liées, qui se tiendra en août 2001, en Afrique du Sud. Elle a décidé de s’engager activement dans la préparation de cette Conférence, notamment lors de la Conférence préparatoire africaine qui doit se tenir à Dakar, Sénégal.

9. Les Institutions Nationales ci-après ont obtenu le statut de membre affilié auprès de la Commission:
– la Commission Nationale des Droits de l’Homme du Rwanda ;
– la Commission Nationale des Droits de l’Homme du Malawi ;
– l’Observatoire National des Droits de l’Homme d’Algérie.

10. La Commission Africaine a octroyé le statut d’observateur aux ONG suivantes :
– la Ligue Djiboutienne des Droits de l’Homme ;

– le Collectif des Associations et ONG Féminines du Burundi;
– l’Association Tunisienne des Droits de l’Enfant
– Alliances for Africa ;
– la Ligue Burundaise des Droits de l’Homme (ITEKA).

11. Conformément à l’article 62 de la Charte, l’Ouganda, le Burundi et le Swaziland ont présenté leur rapport initial, tandis que le Rwanda et la Libye ont présenté leur rapport périodique. L’examen du rapport périodique du Ghana a été reporté à la 28ème session ordinaire. L’Egypte, le Bénin et la Namibie ont déposé leurs rapports. La Commission les examinera à sa prochaine Session Ordinaire.

12. Tous les membres de la Commission ont présenté leurs rapports d’activités pour l’intersession écoulée. La Rapporteur Spéciale sur les Droits de la Femme en Afrique, le Rapporteur Spécial sur les Exécutions Extrajudiciaires, Sommaires ou Arbitraires et le Rapporteur Spécial sur les Prisons et les Conditions de Détention en Afrique ont également présenté leurs rapports.

13. La Commission a exprimé son appréciation au sujet de la ratification par le Sénégal, le Burkina Faso et la Gambie du Protocole à la Charte Africaine des Droits de l’Homme et des Peuples portant Création de la Cour Africaine des Droits de l’Homme et des Peuples et a exhorté les Etats Parties à procéder, dans les meilleurs délais, à la ratification de cet important instrument juridique, de même qu’elle s’est engagée à poursuivre sa campagne de sensibilisation en vue d’accélérer la ratification dudit Protocole.

14. Dans le cadre de ses activités de promotion, la Commission a décidé d’organiser les séminaires suivants :
– Les Formes Contemporaines d’Esclavage.
– Le Droit à l’Education et au Développement.
– La Liberté de Circulation et le Droit d’Asile en Afrique.

– Le Droit des Personnes Handicapées en Afrique.
– Les Droits Economiques, Sociaux et Culturels en Afrique.
– La Liberté d’Expression en Afrique

15. Au cours de ses séances à huis clos, la Commission a été saisie de
69 Communications dont 53 ont été examinées.

16. La Commission a adopté les résolutions relatives :
– au Processus de Paix en République Démocratique du Congo,
– au Sahara Occidental,
– au processus de paix et de réconciliation nationale en Somalie.

17. La Commission Africaine se félicite de l’importante participation à sa 27ème session par 26 Etats Parties, 7 Institutions Nationales des Droits de l’Homme et une soixantaine d’ONG Africaines et internationales; ce qui témoigne de l’intérêt grandissant de ses partenaires dans son travail de promotion et de protection des droits de l’homme en Afrique.

18. La Commission Africaine se réjouit de la tenue à Alger, le 30 Avril 2000, sous les auspices de son Excellence Monsieur Abdelaziz BOUTEFLIKA, Président de la République Algérienne Démocratique et Populaire, Président en exercice de l’Organisation de l’Unité Africaine, du Sommet sur la situation en République Démocratique du Congo.

La Commission exprime sa haute appréciation au sujet des efforts louables et inlassables déployés par le Président en exercice de l’OUA, S. E. M. Abdelaziz BOUTEFLIKA, en vue du rétablissement de la paix, de l’Etat de droit et des principes démocratiques dans la région des Grands Lacs en particulier et sur le continent Africain en général.

19. En marge de ses travaux, la Commission Africaine a été reçue en audience par S. E. M. le Chef du Gouvernement de la République Algérienne Démocratique et Populaire.

20. La Commission Africaine exprime ses sincères remerciements et sa profonde gratitude à Son Excellence Monsieur Abdelaziz BOUTEFLIKA, Président de la République Algérienne Démocratique et Populaire, Président en exercice de l’OUA ainsi qu’au Gouvernement et au Peuple Algériens pour l’accueil chaleureux et l’hospitalité authentiquement africaine dont elle a été l’objet et qui ont contribué au bon déroulement et au succès de ses travaux.

21. Le Gouvernement du Bénin a confirmé son invitation à la Commission Africaine pour tenir sa 28ème Session Ordinaire à Cotonou. La Commission a exprimé ses remerciements au Gouvernement du Bénin et a accepté cette invitation en décidant de tenir ladite session du 23 octobre au 6 novembre 2000 dans ce pays.

22. La Session a été clôturée le 11 Mai 2000 par S. E. M. le Ministre de la Solidarité Nationale représentant S.E.M. le Chef du Gouvernement de la
République Algérienne Démocratique et Populaire.

23. Le Président de la Commission a tenu une Conférence de Presse après la cérémonie de clôture.

Fait à Alger le 11 mai 2000

01/06/2000 – OUBLIÉE DANS LA CORNE DE L’AFRIQUE Recomposition de la nation somalienne – G. PRUNIER (Le Monde Diplomatique / avril 2000)

Le départ des forces des Nations unies, en mars 1995, a fait disparaître la Somalie des préoccupations du monde extérieur. Pourtant, ce pays éclaté a continué à vivre. Il n’a pas sombré dans l’anarchie redoublée que certains lui prédisaient, mais s’est lentement recomposé selon un mode original, loin des tentatives maladroites de la communauté internationale pour lui « inventer » un gouvernement dans les années 90 Cependant, le sud du pays demeure en guerre, et une conférence de paix des représentants des clans somaliens doit se réunir, à partir du 20 avril 2000, à Djibouti.

Par GÉRARD PRUNIER dans Le Monde.
Chercheur au CNRS.

Somalie

La restructuration de la nation somalienne – égarée dans ses rêves irrédentistes des années 60 et 70, puis désagrégée dans les années 80 et 90 – avait commencé dès avant le retrait des « casques bleus » de la Force des Nations unies en Somalie (Onusom) en mars 1995. Cette recomposition s’était amorcée avec la création du Somaliland en mai 1991, perçue à l’époque comme une audace choquante et « sécessionniste (1) ». Le Somaliland, sans l’avoir d’ailleurs voulu, entrait dans un chemin bien connu des spécialistes de la Somalie sous le nom de building block process (processus de construction progressive). Au moment même où les Nations unies tentaient, sans succès, de reconstruire un gouvernement unifié de l’ensemble somalien, le Somaliland se détournait de cette approche ambitieuse et irréaliste pour tenter de cultiver son propre jardin.

Cette évolution avait commencé dès la fin de la guerre par la réunion des clans (shir) à Berbera en janvier 1991. Le Somali National Movement (SNM), mouvement de guérilla nordiste, qui luttait depuis dix ans contre la dictature de Siad Barré, avait décidé de débattre du sort de « sa » région, sans attendre que la situation se stabilise à Mogadiscio. Cinq mois plus tard, un nouveau shir s’était tenu à Burao, au cours duquel la population avait fait pression sur les cadres du SNM pour proclamer immédiatement l’indépendance dans le cadre des frontières de l’ancien Somaliland britannique. L’initiative avait fortement déplu, tant à l’ONU qu’à l’Organisation de l’unité africaine (OUA), qui voyait dans cette proclamation une violation de l’article 2 de sa Charte, et à la Ligue arabe, inquiète quant à l’intégrité territoriale d’un Etat membre.

Personne ne croyait à la viabilité de cet « Etat ». Pourtant, le Somaliland survécut. Les premières années (1991-1995) furent très dures. Tout comme les régions du Sud, le pays fut déchiré par des luttes au cours desquelles des chefs de l’ex-guérilla instrumentaient leur appartenance clanique pour piller et tenter de saisir quelques lambeaux de pouvoir. Le Somaliland sut les affaiblir, en organisant des réunions claniques de plus en plus vastes qui jouaient les civils contre les miliciens, et les privaient peu à peu de leurs troupes.

En 1993, le grand shir de Borama avait élu un « président », M. Mohamed Ibrahim Egal, ancien premier ministre de la Somalie unie dans les années 60, avant la dictature. Peu charismatique mais prudent et réservé, M. Egal sut poursuivre l’oeuvre d’affaiblissement des milices et d’institutionnalisation progressive de son « Etat » boudé par la communauté internationale. En 1997, une nouvelle Assemblée nationale proclama une constitution et l’Etat commença réellement à fonctionner. Vivant de peu (les rentrées fiscales, essentiellement douanières, ont été de 120 millions de francs en 1999) avec une fonction publique limitée à 6 000 personnes pour environ deux millions d’habitants et une totale liberté des changes, l’Etat du Somaliland ravirait les plus rigoureux des économistes du Fonds monétaire international (FMI).

A boulets rouges sur le gouvernements

AVEC 18 000 hommes, l’armée est encore beaucoup trop lourde, et le ministre des finances, M. Mohamed Said « Gees », se plaint qu’elle absorbe presque la moitié de son budget. « Mais enfin, soupire-t-il, au moins nous achetons la paix. » La presse est libre et le pouvoir judiciaire indépendant. Comme les journalistes passent leur temps à tirer à boulets rouges sur le gouvernement, ils sont régulièrement arrêtés pour insultes au chef de l’Etat et non moins régulièrement remis en liberté par les tribunaux au nom de la liberté d’expression.

Désormais, plus personne ne veut réduire la « sécession » somalilandaise, même si personne n’est prêt, non plus, à accorder au pays une reconnaissance internationale dont il se passe de mieux en mieux. « Nous ne bénéficions d’aucune aide internationale, dit M. Mohamed Said « Gees », mais cela veut dire aussi que nous sommes le seul pays africain à avoir une dette extérieure égale à zéro. » Timidement, l’Union européenne intervient au Somaliland, avec d’ambitieux programmes de développement du port de Berbera, de plus en plus utilisé par l’Ethiopie voisine comme une alternative au port de Djibouti, souvent engorgé. L’année passée, Addis Abeba a importé 46 000 tonnes par Berbera, un volume modeste mais qui servait de test. L’expérience s’est révélée positive, et l’Union européenne parle de créer un « corridor routier » pour relier la capitale éthiopienne au port de la mer Rouge.

Le succès du Somaliland a fait des émules. Dans les régions voisines du Bari, du Nugaal et d’une partie du Mudug, les clans Majertine, qui avaient eux aussi longtemps lutté contre la dictature, s’organisèrent peu à peu de manière autonome. Cela fut plus long qu’au Somaliland car le « chef historique » des Majertines, le colonel Abdullahi Youssouf, qui avait dirigé la rébellion de 1978 contre Siad Barré, tenta longtemps de constituer un « gouvernement d’union nationale » dont les dissensions constantes des chefs miliciens du Sud rendaient la formation improbable.

Les années 1997 et 1998 furent des années de discussion et parfois de confusion, l’idée d’une « refondation unitaire » demeurant longtemps en compétition avec celle d’une administration propre de la région. A cela s’ajoutaient les différences subclaniques entre les trois grandes branches du clan Majertine. Le colonel Youssouf Abdullahi, du sous-clan Osman Mahmoud, était loin de faire l’unanimité. Néanmoins, à la mi-1998, un grand shir réuni à Garowe parvint à transcender ces contradictions et à aboutir à la création d’une administration autonome.

Celle-ci demeura à Garowe afin d’éviter des rivalités claniques plus fortes à Bossaso, la véritable capitale économique. Cette dernière avait connu un boom commercial avec la fermeture du port de Mogadiscio, et sa population était passée de 20 000 à près de 200 000 habitants depuis la fin de la guerre. La ville, jalouse de sa nouvelle prospérité, ne pouvait accepter un président natif du Mudug, zone rurale considérée comme primitive, qu’à condition de conserver une autonomie au sein de la région.

Cependant, contrairement à ce qui s’était passé au Somaliland, la nouvelle administration du « Puntland (2) » ne proclama pas formellement son indépendance. Il s’agissait de ménager l’avenir, mais aussi d’un calcul plus politicien de la part du colonel Abdullahi, qui souhaitait continuer à jouer un rôle dans le théâtre d’ombres des manoeuvres « réunificatrices ». Car celles-ci continuaient, soutenues par la Ligue arabe, l’Egypte, l’Italie et, plus discrètement, par l’ONU.

Les idées des « réunificateurs » étaient simples, pour ne pas dire simplistes : il y a eu un Etat somali, il a disparu, il faut le reconstituer. La question des raisons qui avaient présidé à sa disparition n’était pas posée. Or c’est le refus de réfléchir à cette question qui avait été la cause principale de l’échec de l’ONU entre décembre 1992 et mars 1995. L’idée même d’un Etat en tant qu’autorité supraclanique est une catégorie fondamentalement étrangère à la culture somalie. Le problème n’avait jamais été abordé de front.

Les différences entre un « Etat », au sens occidental du terme, et les administrations régionales qui se sont mises sur pied au Somaliland et au Puntland sont multiples. D’abord, elles diffèrent par la manière dont elles se sont créées. Les quasi-Etats somalis ne prétendent nullement être des entités supraclaniques. Bien au contraire. Ils s’établissent en fonction d’une famille de clans (les Issaqs au Somaliland, les Majertines au Puntland) et veillent à construire un équilibre entre les différentes branches subclaniques au sein de l’administration. Le clan, centre magnétique de la vie somalie, n’est plus ni nié ni manipulé honteusement sans oser le dire comme c’était le cas sous Siad Barré. Il est reconnu comme une réalité, à la fois bonne (solidarité) et dangereuse (fissiparité), mais une réalité prégnante. On tente donc de l’utiliser plutôt que de vouloir le « dépasser » de manière volontariste.

Ensuite, ces nouvelles administrations se veulent minimales, c’est-à-dire capables de vivre avec très peu d’argent et une fonction publique des plus réduites, en laissant à l’initiative privée le soin de faire ce que l’on ne peut pas raisonnablement attendre d’un « Etat » dans une telle situation. C’est ainsi que l’électricité ou les télécommunications sont entièrement privées, que peu d’impôts sont instaurés et que tous les efforts sont faits pour réduire la taille de l’armée.

Le « territoire national » est également conçu en termes claniques pour éviter les débordements qui ont marqué les années 80-90, lorsque certains clans Hawiyés, par exemple, ont brutalement envahi les terres de leurs voisins. Et lorsque de petits clans se trouvent « impactés » dans des territoires où une grande famille clanique est majoritaire, comme par exemple les Gaddaboursis au Somaliland, on prend bien soin de leur réserver certaines prérogatives pour compenser l’impossibilité de leur donner un sous-territoire autonome. Il existe toutefois des dérogations : c’est ainsi que les clans Dolbahante, qui habitent le Sanaag, à la limite territoriale du Somaliland et du Puntland, et qui ne sont ni Issaqs, ni Majertines, se sont peu à peu vu concéder une sorte de « statut spécial charnière » entre les deux administrations. On avait craint un moment qu’ils n’en viennent aux mains à propos du contrôle de leur zone frontalière.

Il existe d’ailleurs une preuve a contrario de la validité de ce processus : la tentative de mettre sur pied une pseudo-« administration régionale du Bénadir » au début de 1998. Cette administration régionale n’en était pas une, car elle était simplement le produit d’un accord signé au Caire entre un certain nombre de chefs de guerre, exactement sur le modèle onusien des années 1993-1994. Sans le moindre shir, sans discussion avec les anciens des clans, sans consultation de la société civile et sans respecter les limites territoriales claniques, MM. Hussein Aydid et Ali Mahdi, les anciens rivaux réunis par leur commune perte graduelle d’influence, tentèrent, eux aussi, de créer leur quasi-Etat, avec en outre l’ambition avouée de l’étendre un jour à l’ensemble du territoire de l’ancienne Somalie.

En dépit de l’appui du Caire et de Rome, toujours partisans d’une fantasmatique « reconstruction de l’Etat somalien », le projet capota en moins d’un an. En effet, il demeura un projet « par en haut », piloté par des seigneurs de la guerre trop connus pour être honnêtes et qui n’obtinrent jamais l’appui des populations.

Déçu par son échec, M. Hussein Aydid se reconvertit alors en sous-traitant du conflit éthio-érythréen : il accepta de servir de tête de pont à une attaque des forces d’Asmara contre l’Ouest éthiopien. Au début 1999, l’armée érythréenne transporta dans le Bénadir un fort contingent de combattants oromos qui partirent attaquer les Ethiopiens dans l’Ogaden et dans le Bale. En échange, M. Hussein Aydid espérait un soutien érythréen au maintien ou à l’extension de sa domination dans la région de la Somalie méridionale. Mais le calcul se révéla mauvais, car l’armée éthiopienne intervint et le battit avec l’aide d’auxiliaires somalis des clans Digil et Rahanweyn. Cela aurait pu n’être qu’un épisode de plus dans les interminables conflits entre chefs de guerre du Sud somalien. Mais les Digils et les Rahanweyns, après avoir libéré leur propre territoire clanique en septembre-octobre 1999, décidèrent de suivre les exemples du Somaliland et du Puntland : ils convoquèrent un grand shir à Hoddur et proclamèrent leur propre administration locale dans les anciennes provinces du Bay et du Baqool.

En Somalie, loin des clichés de violence et d’anarchie qui perdurent dans la représentation médiatique de cette nation, on aperçoit finalement un territoire qui est aux deux tiers en paix et fonctionne économiquement, sans pra tiquement aucune aide extérieure. Se distingue, ensuite, une zone centrée autour de Mogadiscio et s’étendant vers le sud jusqu’au Kenya, où les seigneurs de la guerre n’ont pas encore pu être réduits. L’anarchie subsiste dans ces régions, zones claniquement fragmentées, où il est très difficile de délimiter des territoires clairs et où, en outre, des clans étrangers se sont introduits de force à la faveur des années de guerre.

C’est en jouant sur la confusion sanglante qui demeure au Sud que l’initiative de paix, lancée par Djibouti en septembre 1999 et soutenue par l’Autorité intergouvernementale pour le développement (IGAD) (3), prétend une nouvelle fois tenter de reconstituer un fantomatique Etat somalien. Cette initiative peut être bien intentionnée, elle n’en est pas moins erronée et potentiellement funeste. En effet, la mise sur pied des diverses administrations régionales par les Somalis eux-mêmes est une incontestable réussite qu’il ne faut pas mettre en danger. Le temps n’est pas encore venu de reconstituer une entité somalie unifiée, et il ne le sera que lorsque les Somalis eux-mêmes le décideront.

La Somalie a fait des progrès assez lents. Mais ils ont l’avantage d’être autocentrés et probablement solides. En mars 2000, le Parlement du Somaliland a voté une motion disant que quiconque s’associerait à l’« initiative de paix » de l’IGAD serait considéré comme un « traître et ennemi de la nation ». Heureusement, il semble probable que cet effort maladroit échoue. Ce qui devrait laisser le champ libre à une aide économique nécessaire pour les petites entités qui se sont reconstituées peu à peu et qui devraient parvenir à affermir leur fonctionnement administratif dans les mois et les années à venir.

GÉRARD PRUNIER.

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(1) De fait, l’indépendance du Somaliland, ancienne colonie britannique distincte de la Somalie italienne, n’avait rien de plus choquant que celle de l’ancienne colonie italienne d’Erythrée par rapport à l’Ethiopie. Lire « Somaliland, le pays qui n’existe pas », Le Monde diplomatique, octobre 1997.

(2) « Punt » était le nom qu’employaient les marins de l’Egypte ancienne pour parler de la côte somalie.

(3) L’Autorité intergouvernementale pour le développement, organisation régionale créée en 1992, regroupe l’Erythrée, l’Ethiopie, l’Ouganda, le Soudan, la Somalie, le Kenya et Djibouti.

LE MONDE DIPLOMATIQUE | AVRIL 2000 | Page 23
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31/05/2000 – IMPASSE DANS LES NÉGOCIATIONS AVEC LE FRUD.

Les négociations entre le FRUD et le gouvernement sont ‘au point mort’ actuellement. M. DINI n’aurait reçu aucune réponse à ses demandes et il ne se passe plus rien.

Il faut se souvenir que l’opposition qui a soutenu les négociations, parce qu’elles représentaient une chance sérieuse de rétablir la paix et la démocratie, ne restera pas toujours ‘silencieuse » dans ces conditions. Elle pourrait se sentir libre de s’exprimer à nouveau s’il n’y a pas d’amélioration.

Il pourrait en être de même pour les combattants du FRUD qui n’ont pas rendu les armes.