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14/03/2014 (Brève 371) RFI -Crise politique à Djibouti: aucune sortie de crise en vue

Lien avec le site RFI: http://www.rfi.fr/afrique/20140314-crise-politique-djibouti-sortie-crise-ismail-omar-guelleh-ismael-guedi-hared/

Le président djiboutien Ismaïl Omar Guelleh refuse de signer l’accord négocié entre son directeur de cabinet et l’opposition.

Le président Ismaïl Omar Guelleh avait laissé entendre à son opposition qu’il allait négocier directement avec elle. Car, depuis plus d’un an, cette dernière revendique la victoire aux législatives du 22 février 2013 et refuse de siéger au Parlement. Poussé dans ses retranchements par une opposition unie, largement soutenue par la rue à Djibouti, le président a fini par dépêcher son directeur de cabinet pour conduire des négociations qui ont abouti à un accord. Problème : il refuse de le signer. Plus surprenant encore, en pleine phase de « rapprochement », des militants de l’opposition sont arrêtés.

Le chef de l’Etat djiboutien avait annoncé sa décision de mener personnellement une négociation avec l’opposition. Mais en réalité, le régime a multiplié les promesses de dialogue sans jamais les concrétiser. Et la situation n’a jamais été aussi tendue sur le terrain. Il y a une semaine à peine, 14 membres de l’Union pour le salut national (USN) ont été arrêtés dans la capitale et placés sous mandat de dépôt.

« Ils font les sourds »

En fin de compte, la répression n’a fait que s’aggraver, déplore Ismaël Guedi Hared, président de la coalition des partis de l’opposition réunis au sein de l’USN. « Nous avons dialogué pour qu’il y ait la réconciliation, pour éviter qu’il y ait des répressions, explique-t-il.Mais ils font les sourds et tout ce qu’ils ont à offrir au peuple djiboutien, et aux militants de l’USN, c’est des arrestations quasi quotidiennes. Donc, nous espérons que le président va changer d’avis et acceptera de signer les projets que nous lui avons soumis pour que dans l’avenir – pas aujourd’hui, pas demain, mais dans quelques années quand il y aura des élections – il y ait des élections transparentes. C’est l’essentiel de notre projet. »

Le président n’a jamais négocié

Le président Ismaïl Omar Guelleh n’a jamais négocié avec qui que ce soit. Pas plus qu’hier, il n’a l’intention de le faire aujourd’hui. D’ailleurs, sous le couvert d’anonymat, certains proches du président le confirment sans difficulté.

30/11/06 (B371) La bataille de Baïdoa a-t-elle commencé ? Des actions suicides ont-elles été commises sous mandat des tribunaux islamiques ?

AFP
____________________________

Somalie:
au moins 12 tués dans deux attaques à la voiture piégée
à Baïdoa

MOGADISCIO
(AFP) – Au moins 12 personnes ont été tuées jeudi à
Baïdoa, ville où siège le gouvernement de transition somalien,
dans deux attaques suicide à la voiture piégée, selon
le chef de la police du gouvernement, le général Ali Hussein.

"Il
y avait deux voitures suicide chargées d’explosifs", a déclaré
le chef de la police, précisant que les explosions avaient tué
un de ses hommes, plusieurs personnes dans les deux voitures ainsi que les
occupants d’un troisième véhicule.

Les explosions
se sont produites à un barrage des forces de sécurité
gouvernementales situé dans le quartier de Boynunay, à la sortie
Est de la ville (250 km au nord-ouest de Mogadiscio).

Le général
Hussein a ajouté qu’un occupant d’une des voitures piégées
avait été capturé vivant. Ne pouvant donner un bilan
exact des explosions, il a indiqué qu’au moins 12 personnes avaient
été tuées et que "plusieurs civils ont été
blessés".

A Mogadiscio,
un haut responsable des tribunaux islamiques somaliens a affirmé jeudi
que les islamistes avaient mené une attaque à la voiture piégée
à Baïdoa, ajoutant qu’elle avait visé un poste militaire
éthiopien et fait au moins 20 morts.

"Il
y a une attaque contre un poste militaire éthiopien à Baïdoa",
a déclaré ce responsable sous couvert d’anonymat, ajoutant:
"au moins une vingtaine (de militaires éthiopiens) ont été
tués".

"Six
civils ont été blessés lorsque les Ethiopiens ont ouvert
le feu autour" du poste, a-t-il encore affirmé.

Plus tôt
jeudi, le Parlement éthiopien a donné son blanc-seing à
une opération militaire d’Addis Abeba contre les islamistes somaliens,
en autorisant le gouvernement de Meles Zenawi à prendre "toutes
les mesures légales et nécessaires pour contrer toute invasion
du pays".

L’Ethiopie,
pays majoritairement chrétien, a une importante minorité somalie
dans sa population.

Depuis
plusieurs mois, le gouvernement éthiopien s’alarme de la montée
en puissance des islamistes chez son voisin et soutient ouvertement le fragile
gouvernement somalien de transition, incapable d’établir son autorité
dans un pays en guerre civile depuis 1991.

Les islamistes
accusent de leur côté l’Ethiopie d’avoir déployé
des troupes aux côtés du gouvernement et ont appelé au
jihad contre l’armée éthiopienne.

30/11/06 (B371) Somalie : après des heures de débat, les Nations Unies repoussent à six mois, la décision de lever l’embargo sur les armes à destination de la Somalie.

______________________
Note de l’ARDHD
Cette mesure était demandée, en particulier, le
GNT. Son Ministre des Affaires étrangères l’avait exprimé
clairement lors de la Conférence de presse qu’il avait donné
le 27 novembre au CAPE à la Maison de la Radio.

Cet embargo qui ne semble plus être
respecté, a-t-il lieu d’être. Il est clair que les Tribunaux
islamiques ont été ravitaillés en armes, mais aussi que
le GNT a trouvé des sources d’approvisionnement.

Alors
pourquoi le maintenir ? A vouloir maintenir une décision qu’elles n’ont
pas la capacité à faire respecter et qui est rejeté par
les parties prenantes, les Nations unies ne prennent-elles pas le risque de
se décrédibiliser … (encore plus ???)
______________________________ Sh Network

Lifting arms embargo on Somalia rebuffed as
UN monitoring group is given extra six months par Aweys Osman Yusuf

Mogadishu 30, Nov.06 ( Sh.M.Network) After
Hours of debate about the worsening situation in the war-ravaged country Somalia,
UN Security Council has finally urged members to abide by preserving the arms
embargo imposed on Somalia in 1992, condemning countries letting flow of weapons
in Somalia. Security Council member states including the United States were
expected to pass a draft resolution to partially ease the arms embargo on
Somalia so that African peacekeepers from the Intergovernmental authority
on Development (IGAD) member states would be deployed in Somalia.

The most anticipated resolution of alleviating
the embargo on Somalia was postponed indefinitely as UN Security Council instead
turned their concentration on a report posted on the internet by UN monitoring
team, which revealed ten countries that breached the arms embargo by supplying
Somalia’s vying sides with weapons and money. Most of the countries
blamed have denied any involvement in arming the transnational government
or the Union of Islamic Courts.

UN monitoring team for Somalia’s arms
embargo has had their work approved by the Security Council and was given
extra six months to proceed their work of preserving the embargo and report
to the Security Council about countries that violate UN resolutions of the
arms embargo on Somalia.

Analysts said if the embargo on Somalia were
lifted, the country would fall back to civil war as famine, starvation and
malnutrition would once again wipe out the civilian population in the Horn
of Africa like early 1990s when US military forces went to Somalia for relief
operations but ended in disaster.

The Islamic Courts leaders who spoke at a
massive rally in the capital Tuesday stated they would invite world Muslims
to come to Somalia and fight alongside the Islamist fighters against the foreign
troops in the country, Ethiopia in particular.

The unanimous resolution by member states
of UN Security Council has called on the weak transitional federal government
based in Baidoa, 250 km southwest of the capital and the Union of Islamic
Courts based in most central and southern parts of the country to go back
to the negotiating table in the Sudanese capital Khartoum for the third round
of peace talks without a delay.

United States assistant secretary of state
for African affairs Jendiya Frazer said the US government campaigned for partially
lifting the arms embargo on Somalia to let peacekeeping forces from East African
states go in Somalia to consolidate the tenuous government. She said the transitional
government lacks military muscles to face the powerful Islamic Courts forces
that sieged the small town of Baidoa headquartered by the government.

Frazer also indicated that US government’s
objective in Somalia was to form a sort a military balance between the Somali
government and the Union of Islamic Courts so that Islamic Courts would not
claim military dominance but rather should yield to peace talks with the government.

Islamic Courts defeated US backed warlords
in deadly battles in which several hundreds of Somali civilians have lost
their lives early June this year and then expanded to most central and southern
provinces in Somalia, including the capital Mogadishu.

The country’s central authority collapsed
in 1991 when tribal warlords ousted former president Siad Barre and then turned
on one another throwing the country into factional clan and sub-clan wars.

30/11/06 (B371) SURVIE / Rappel : Prochaine Conférence Débat avec Elisabeth Borrel le dim. 17 déc. 2006

Dimanche
17 décembre 2006, 14h,
au FIAP (salle Lisbonne),
30, rue Cabanis, 75014,
métro Glacière (ligne 6).

Programme
:

  • Présentation
    des différents intervenants : Survie-Paris et les associations des
    Communauté Djiboutiennes en France, l’ARDHD, Femmes Solidaires
    et le Syndicat de la Magistrature.
  • Présentation
    de l’excellent documentaire de Bernard Nicolas "Révélation
    sur un suicide impossible".
  • Débat
    croisé sur l’affaire Borrel et la situation à Djibouti
  • Dédicaces
    de l’ouvrage de Mme Borrel : "un juge assassiné".

Participation
aux frais : 3 euros ou 5 euros (comprenant l’entrée + une des
4 brochures de l’association Survie).


Visitez le site internet de Survie Paris : http://www.survie-paris.org

29/11/06 (B371) Impliqués dans la Corne Est de l’Afrique, les grands pays occidentaux doivent procéder à la « mise sur la touche » du « Régime de la terreur et du chantage » qui entretient les désordres dans la région et fait preuve d’un angélisme insultant et bien mal placé (Bouh Warsama)

Les
rebondissements dans l’affaire de l’assassinat du juge Bernard
Borrel n’ont rien d’un coup de tonnerre éclatant dans un
ciel à peine nuageux.

L’horizon
djiboutien serait même plutôt chargé en matière
de suicides aménagés, de crises cardiaques et de décès
supposés naturels entre autres lors de séances de tortures,
comme d’accidents de la route ; dont furent victimes des personnes pas
forcément engagées politiquement mais qui, tout simplement,
dérangèrent au plus haut point le régime politique imposé
par Ismaïl Omar Guelleh.

Ce n’est
certes pas la première et la dernière fois que le sang éclabousse
le Palais de l’Escale, le pouvoir et les hommes qui dirigent le pays
depuis l’indépendance ; mais depuis 1991 cela devient une «
culture d’État » !

Ismaïl
Omar Guelleh et ses « collaborateurs » à la sécurité
nationale ont laissé derrière eux une kyrielle de noms et des
symboles de la répression d’État qui hantent les mémoires
et les cimetières dont les tombes des « anonymes » (lorsqu’elles
sont visibles…) sont marquées par un simple tas de pierres noirâtres
comme à Arribha. En faisant toujours en sorte que ces victimes soient
enfermées à double tour dans le « placard des oubliettes
» du Parquet du Procureur général à Djibouti ;
celui des « suicidés » et des autres décès
pour causes supposées naturelles, voie classique qui mène à
l’impunité des coupables et au bouclage définitif des
dossiers d’information bien avant qu’il ne soient ouverts par
ce qui fait office de « Justice locale ».

Selon
des indices concordants et des témoignages de suppliciés, qui
ont eu la « chance » d’en réchapper et de survivre
aujourd’hui en exil, nombreux furent et sont encore ceux et celles sauvagement
torturés (es) dans les geôles du régime d’IOG ;
dans des locaux annexes de la prison de Gabode, parfois même dans les
cellules de certains commissariats de police spécialisés dans
ce domaine.

Hommes
et femmes, opposants au régime actuel, torturés des heures durant
et contraints (es) de signer une déposition dans laquelle ils (elles)
sont prêts (es) à tout reconnaître, à tout admettre,
à tout avouer ce qui leur est reproché, surtout ce qu’ils
ignorent, à la condition que cessent les tortures physiques les plus
ignobles et les plus dégradantes qu’ils (elles) subissent et que l’on
puisse imaginer pour l’humain.

Nombreux
sont aussi les ex fonctionnaires de police ayant assisté à de
tels « interrogatoires musclés », expliquant dans le détail
les méthodes les plus diversement appliquées aux suspects soumis
à la torture afin d’obtenir leurs «aveux». Ces ex
fonctionnaires qui survivent aujourd’hui en exil dans le monde occidental
sont contraints de se taire ; ils ne peuvent témoigner devant une Justice
d’un pays occidental sous peine que les membres de leur propre famille,
père, mère, frères et sœurs vivant encore à
Djibouti, ne soient à leur tour incarcérés par mesures
de représailles et que leurs maigres biens soient saisis… ; récupérés
par tel ou tel membre de la famille au pouvoir et sur décision imposée
au tribunal par le Procureur général Djama Souleiman.

Lorsque
l’on a connaissance de tout cela, et de bien plus, il est alors facile
d’imaginer le scénario ubuesque mis au point en haut lieu et
dans la précipitation après la mort du Juge français
; une forme d’insulte au peu d’intelligence et de compréhension
que chacun/chacune peut avoir des méthodes employées par Guelleh
pour parvenir à ses fins. Il y a bien plus de stupidité que
de courage dans ce mauvais scénario du suicide qu’il tente bien
maladroitement de nous faire ingurgiter.

De la
campagne de dénigrement médiocrement fomentée dans les
médias locaux et dans une certaine presse, dite de « caniveau
», à l’encontre d’une Elisabeth Borrel et du Juge
Sophie Clément plus que jamais vaillantes et décidées
à faire triompher la vérité, des représailles
systématiques (y compris à l’étranger) à
l’encontre de tous ceux qui les soutiennent en témoignant auprès
de la Justice française, de la prolifération de quelques supposés
repentis de la dictature devenus comme par enchantement les grands spécialistes
d’une fraction de l’opposition « dite modélisée
» (mais loin d’être modèle) et qui sont curieusement
devenus muets lorsqu’il s’agit d’apporter leur témoignage
dans l’affaire Borrel afin de ne pas « offusquer » le tyran
en s’attirant sa colère dévastatrice ….., tous les
moyens sont réunis pour maintenir la « violence publique »
à Djibouti qui est le seul atout de l’État actuel pour imposer
son diktat et régner sans partage.

Dans l’affaire
Bernard Borrel comme dans tant d’autres, c’est une vieille recette
que la tyrannie du « maître chanteur » Ismaïl Omar
Guelleh ressort à chaque fois qu’il se sent en danger ou mis
en cause. Pendant que les uns tentent maladroitement de camoufler, falsifier
et d’anesthésier l’opinion publique sans y parvenir, les
autres répriment à tour de bras sous le fallacieux prétexte
de « maintenir l’Ordre public » dans le pays.


De quel « Ordre public » parlons-nous ?

De
celui imposé par la tyrannie se cachant derrière une légitimité
qu’elle s’est appropriée outrageusement et en toute illégalité
par la falsification d’élections successives.

Les «
mauvaises habitudes » faisant force de lois locales, chaque fois que
des opposants politiques ou des citoyens/citoyennes excédés
(es) par des conditions de vie désastreuses, par toutes les atteintes
répétitives aux libertés publiques, aux droits syndicaux
ou par un manque de transparence politique notamment lors de scrutins électoraux
ont osé manifester leur mécontentement, c’est alors qu’au
nom d’un supposé sacro-saint « maintien de l’Ordre
public » les forces de sécurité n’ont pas hésité
à faire parler la poudre en tirant aveuglément sur la foule
des manifestants sans tenir compte du risque réel de pertes en vies
humaines.

Dès
lors, on comprend pourquoi certaines manifestations populaires de l’opposition
sont annulées par les organisateurs afin d’éviter, qu’une
fois encore, le sang d’innocents, hommes, femmes enfants et vieillards
désarmés, ne soit versé.

La particularité
du régime imposé par Ismaïl Omar Guelleh est qu’il
ose prétendre être attaché à l’ordre public
alors qu’il ne défend, dans les faits démontrés,
que les « mauvaises habitudes » de toutes les perversités
façonnées et entretenues. A Djibouti, ce supposé «
maintien de l’ordre public » est synonyme de « meurtres
légalisés » ; il prévaut sur le respect du premier
des droits garantis par la Constitution nationale et sur toutes les normes
du droit international, sur le respect du droit à la vie et de l’intégrité
physique des êtres humains. L’aspect récurrent de ce recours
excessif et sans réserve à la force et l’impunité
dont jouissent les auteurs de ces exécutions publiques, là encore
extrajudiciaires, montrent bien que les plus hautes autorités de l’État
couvrent ces actes, car ils en sont les « donneurs d’ordres »,
afin de bâillonner toute forme d’opposition et de contestation
lorsque celles-ci le menacent directement ou prennent le chemin de la rue
pour exposer leurs mécontentements.

A ceci
s’ajoute le fait incontestable des exactions menées en parallèle
dans le pays (parfois jusqu’en Occident) par une police politique au
sens monstrueux car redoutable, souvent barbare dans tous ses actes. Agissant
sur Ordre du Palais de l’Escale et sous la houlette de son chef Hassan
Saïd Kaireh, cette police politique opérant sous le nom officiel
de « Services Djiboutiens de Sécurité » est passée
maître dans les coups les plus tordus. Recourant sans scrupule et sans
autorisation à la mise sur écoute, au fichage et au chantage
notamment sur les fonctionnaires étrangers en poste dans le pays, au
racket exercé particulièrement sur les commerçants non
affiliés au pouvoir d’IOG, au cambriolage, au viol qui en devient
presque banal, à la torture voire aux exécutions sommaires en
pleine rue de la capitale et dans l’arrière pays.

Si comme
IOG elle échappe par évidence à tout contrôle démocratique
voire même à l’autorité d’une partie de sa
hiérarchie, créant ainsi de « petits états dans
l’état », cette police n’existe que par la volonté
politique du pouvoir qui la dirige. Ce dernier a décidé d’y
recourir comme un instrument essentiel de gouvernement, utilisable au gré
« des affaires » à répétition qui se substituent
au débat d’idées ; entretenant ainsi un climat détestable
et donnant de la politique djiboutienne actuelle et de l’État une image
repoussante et hélas désastreuse.


L’homme aux ambitions démesurées devient vite dangereux,
il est presque naturel qu’il se fasse manipulateur sans limites pour
arriver à ses fins.

«
Homme de l’ombre » par excellence, le véritable rôle
joué par Ismaïl Omar Guelleh, jusqu’à son «
hold-up » le portant à la tête de l’État djiboutien
en 1999, était un secret jalousement gardé mais, comme il convenait
à son « talent particulier », cette dissimulation eut quelque
chose d’ostentatoire.

Ancien
enquêteur de police puis inspecteur des Renseignements Généraux
(RG) à l’époque de la colonisation française, Ismaïl
Omar a toujours eu une forme de génie machiavélique pour la
manipulation, mais d’un genre très spécial. Souvenons-nous que
dans les années qui précédèrent l’accession
du pays à l’indépendance, l’homme aux multiples
facettes fut à l’origine de la « disparition » de
combattants et de membres influents du FLCS puis du Parti du Mouvement Populaire
d’Hassan Gouled Aptidon.

Peu après
l’indépendance du pays, un dossier « égaré
» par un officier des Renseignements Généraux français
concernant le « double jeu » d’IOG va parvenir par inadvertance
dans les mains d’Ahmed Dini puis sera transmis à un Hassan Gouled
bien embarrassé. Malgré l’avis contraire d’Ahmed
Dini, le président Gouled nouvellement élu va prendre Ismaïl
Omar à ses côtés puis il lui laissera quasiment tous les
pouvoirs. Quelques années plus tard il ira bien plus loin dans l’erreur,
il en fera l’homme fort du RPP et son dauphin à la présidence
du pays.

En créant
d’artificiels complots visant Gouled et sa famille, IOG va imposer et
entretenir avec une efficacité certaine une psychose de l’attentat
au niveau du Palais de l’Escale. Il en profitera pour régler
au passage quelques « comptes personnels » tout en laminant le
milieu des jeunes intellectuels, Afars, Issas et Gadaboursis qui s’opposent
à lui. C’est ainsi qu’il fut le précurseur de types
d’activités secrètes qui semblaient rendre des services essentiels
au pouvoir en place alors que c’est en fait à lui et à
lui seul qu’il se rendit service dans sa marche vers la plus haute marche
de l’État ; tout en rejetant par la suite sur le président Gouled
toutes les erreurs, toutes les fautes et tous les crimes d’État commis
notamment sur les populations Afars du nord du pays et sur les Gadaboursis.

En premier
lieu, Ismaïl Omar va s’efforcer de créer mois après
mois une police politique d’une relative efficacité et qui changera
d’appellation pour prendre celle des Services Djiboutiens de Sécurité
(SDS). Le moment venu, il y intègrera certains éléments
rompus aux méthodes les plus « barbares » car issus de
la redoutable police politique somalienne de Syaad Barré qui serviront
de « formateurs » ; puis d’autres éléments
en provenance d’Éthiopie. Les suicides par immolation après
tortures vont se succéder à Djibouti, y compris ces dernières
années, alors que les corps sont abandonnés dans des terrains
vagues de la capitale ; rappelant étrangement ce qui se fit couramment
dans le pays voisin sous la dictature sanguinaire de Menguistu Haïlé-Mariam.

En second
lieu, Ismaïl Omar forgera la manipulation secrète de ses «compagnons
de route » que vont devenir tous les commerçants et les entrepreneurs
de travaux publics qui sont au contact de fonctionnaires étrangers
en poste à Djibouti. C’est ainsi qu’il sera tenu informé,
et l’est encore, de TOUT ce qui se fait dans le domaine des offres et
des attributions de « marchés publics » comme du montant
des enveloppes financières affectées, des formes illégales
de monopoles détenus par les uns et les par les autres, des corruptions
que cela va générer… parfois.

Qu’il
soit intègre ou qu’il ne le soit pas, un dossier sera ouvert
sur chaque fonctionnaire étranger vivant sur le sol djiboutien et disposant
d’un poste à responsabilités financières. Chaque
fonctionnaire sera ainsi fiché sans qu’il le sache ; chaque copie
d’éventuelle fausse facture ou « aménagée
», de tout ce qui se fait en matière de « corruptions »,
de petits et de gros «cadeaux» parviendra aux SDS. De même,
copie de chaque procès verbal de la police ou de la gendarmerie djiboutiennes
notamment pour constat de « mœurs particulières »,
d’usage de drogues, d’homosexualité, d’actes de pédophilie
notamment sur enfants de 8 à 10 ans se produisant de nuit dans un véhicule
privé ….(certains comprendront) sera soigneusement classée
par les SDS pour « servir » le moment venu.

Entre
autres fiches, celle concernant un « décideur étranger
» se voyant « prêter » un véhicule 4 X 4 neuf
pour la durée de son séjour à la condition qu’il
confie tous les travaux (tous corps d’état) à une seule
et même entreprise djiboutienne contrôlée par IOG, tel
autre et à haut niveau ayant « attribué » le monopole
des achats de mobiliers et autres à un groupuscule de commerçants
et recevant en « remerciements » et à sa descente d’avion
à Paris un véhicule neuf de haut de gamme, équipé
de toutes les options. Tel autre fonctionnaire étranger se voyant octroyer
« gracieusement » mobiliers et électroménager…d’un
volume total de plus de 25 M3….Tel autre bénéficiant gracieusement,
pour lui-même et sa famille, de multiples voyages au Yémen, en
Éthiopie et tous frais…payés. Tel autre…et encore,
et encore !

Ce que
beaucoup ignorent encore à ce jour c’est qu’un «
service administratif » attaché aux SDS est chargé de
collecter les informations nécessaires afin de monter des dossiers
susceptibles, en cas de besoin, d’effectuer un chantage voire de compromettre
telle personnalité politique, tel fils d’ancien conseiller payé
en dollars US pour « services rendus » (Alpha Roméo a du
soucis à se faire…!), tel chef d’entreprise étranger
ou tel fonctionnaire étranger en poste à Djibouti. Tous les
moyens sont bons pour patauger dans ces marécages qui furent et sont
plus que jamais couverts et surveillés de près par le Palais
de l’Escale.

Dans un
autre domaine, vraisemblablement pas si éloigné du précédent
qu’on pourrait le penser.

«
A quoi pouvait bien servir la fantomatique société d’import/export
installée à Djibouti et qui appartenait, en un temps, à
un ex haut fonctionnaire français JCM, écroué en 2004
pour « recel d’abus de biens sociaux et trafic d’influence
» dans des affaires de vente d’armes ? Société dont toutes
les archives auraient disparu (sic) et qui fut récupérée
par Abdourahman Borreh, mais à quelle fin ?»

Par évidence,
on en vient alors à se poser la question de savoir ce que le Juge Bernard
Borrel aurait pu éventuellement découvrir dans ce marécage
politico mafieux et ce que contenait le « dossier » qui ne devait
pas sentir le parfum à l’eau de rose ; dossier de première
importance lorsque l’on sait que « certains » le recherchaient
fébrilement et avec précipitation dans les heures qui suivirent
l’assassinat du juge français ?

– Oui
mais … pendant ce temps à Djibouti : « L’Ordre règne,
donc TOUT va bien ! » ….

Si l’objectif
d’Ismaïl Omar Guelleh a toujours été d’agir
dans l’ombre en positionnant des « fusibles » qu’il
n’hésitera pas à faire sauter si nécessaire, il
s’est efforcé de susciter au sein de la communauté occidentale
(celle qui se jugeait bien pensante) le préjugé politique qui
allait dominer toute l’époque Gouled : à savoir que la conviction
que toute opinion favorable à la politique djiboutienne était
fondée sur les principes de l’honnêteté la plus élémentaire.

Formé
en un temps dans les écoles des ex pays soviétiques aux méthodes
staliniennes en matière de propagande, Ismaïl Omar a toujours
voulu instiller chez tout un chacun, comme une vérité naturelle,
le sentiment que toute critique ou contestation de la politique de Gouled
(puis de la sienne) était infailliblement le fait d’une personne mauvaise,
sectaire et probablement stupide, tandis que tout soutien apporté à
cette même politique était non moins infailliblement la marque
d’un esprit progressiste, tourné vers tout ce qu’il y avait de meilleur
pour l’avenir des populations djiboutiennes (sic).

Pour mettre
sur pied les réseaux de ses organisations de façade disséminées
dans les quartiers de la capitale et ceux constitués par ses compagnons
de route, IOG a su et sait encore utiliser toutes les astuces de la propagande
mais aussi la « méthode du bâton » et celle du «
chantage » si nécessaire comme moyen de persuasion ; le terme
de « bâton » étant un euphémisme. L’instrument
qui lui permit de donner forme à ce pouvoir fut l’artificiel
parti politique Rassemblement Pour le Progrès (RPP), c’est-à-dire,
comme on l’appelle presque toujours, une forme de « Kominterm local
». Celui-ci est, à bien des égards, l’institution par
excellence mise sur pied dès le début des années 80 à
partir des deux principales passions qui caractérisaient la personnalité
politique d’Ismaïl Omar Guelleh : à savoir, son obsession
du secret bien gardé et sa hantise du pouvoir absolu.

Les buts
du RPP ne furent jamais et ne sont nullement démocratiques, même
vaguement, et encore moins réformistes, de près ou de loin.
Preuve est faite que ce parti politique fantoche n’a jamais été
censé apporter la moindre aide réelle à une formation
politique qui n’eût pas été entièrement subordonnée
à son autorité ; à sa seule autorité, donc à
celle d’Ismaïl Omar Guelleh ; et non à celle d’un
Hassan Gouled passant le plus clair de son temps à siroter ses «
Jet peppermint » et à jouer aux cartes dans son Palais d’Arta
ou d’Haramous .


L’ambition fait parfois accepter les attitudes les plus basses, les gestes
les plus vils …

Dans son
imagination de recomposition de Djibouti élargissant ses frontières
et chassant les Afars du nord du pays vers l’Éthiopie, Ismaïl
Omar a toujours vu son « Kominterm local » comme une sorte de
longue mèche incendiaire dont une extrémité se trouverait
au Palais de l’Escale, qui zigzaguerait au nord du pays en y portant
le feu pour en chasser les populations locales, et au sud à travers
le Somaliland et la Somalie pour aboutir surtout à une bombe gigantesque
et majestueuse : l’Éthiopie.

Bien qu’omniprésents
à Djibouti, les pays occidentaux et tout particulièrement les
grandes puissances ont vu naître tous les désordres en Somalie
auxquels ils avaient la possibilité de parer aussitôt ou, pour
le moins, d’en limiter les effets. Ces désordres ont atteint
aujourd’hui un tel niveau qu’on en vient à se demander
s’il y a un remède ?

Si remède
il y a, celui ci passe indubitablement par l’instauration d’un
État de droit, de l’ordre et de la justice républicaine
à Djibouti. Donc de la mise « sur la touche » et du remplacement
par les pays occidentaux du cynique tyran et manipulateur Ismaïl Omar
Guelleh, « champion des désordres » dans la région.

A moins que ces désordres ne servent
quelques « Raisons d’Etats »…étrangères ?

29/11/06 (B371) AP / Prisons secrètes de la CIA en Europe : 11 pays de l’UE savaient, selon un rapport du Parlement européen.

| 28.11.06 | 20:52

BRUXELLES
(AP) — La Grande-Bretagne, l’Allemagne, l’Italie, la Pologne et sept autres
pays membres de l’Union européenne étaient informés de
l’existence de prisons secrètes de la CIA en Europe, selon un projet
de rapport du Parlement européen rendu public mardi.

Ce document,
rédigé après des mois d’enquête, accuse également
plusieurs hauts responsables européens, dont le haut représentant
de la politique extérieure de l’UE Javier Solana, d’avoir eu connaissance
de cas d’enlèvements et de détentions par la CIA de suspects
de terrorisme dans toute l’Union.

Il est
également reproché à M. Solana et à Gijs de Vries,
coordinateur antiterrorisme de l’UE, "des omissions et des dénégations"
lors de leurs témoignages devant la commission d’enquête spéciale.

Le rapport,
présenté à la commission d’enquête de l’Assemblée
européenne, appelle les autorités nationales à lancer
des actions en justice séparées sur l’implication présumée
de leurs services de renseignement et sur la possible violation de la législation
européenne en matière de droits de l’Homme.

Aucun
pays membre de l’UE n’a pour l’heure admis que des opérations de ce
type, présentées comme antiterroristes, aient été
menées sur son territoire national. La Commission européenne
a averti que des poursuites seraient engagées contre tout gouvernement
qui aurait eu connaissance des vols secrets de la CIA.

Selon
le rapport, qui tire ses informations de nombreuses sources, et notamment
de l’enregistrement d’une réunion informelle de ministres des Affaires
étrangères de l’UE et de l’OTAN, le 7 décembre 2005,
"au moins 1.245 vols opérés par la CIA ont traversé
l’espace aérien européen ou effectué des escales sur
des aéroports européens".

D’après
ce document, les 11 pays membres de l’UE informés des agissements de
la CIA sur leur sol dans le cadre de mesures antiterroristes américaines
sont la Grande-Bretagne, l’Allemagne, l’Italie, la Pologne, la Suède,
l’Autriche, l’Irlande, l’Espagne, le Portugal, la Grèce et Chypre.

AP

28/11/06 (B371) BBC : Ethiopian ‘clash’ with Islamists. (Info lectrice – En anglais)

28/11/06 (B371) BBC : Ethiopian ‘clash’ with Islamists

Ethiopian
forces have exchanged fire with Islamists in a strategic town north of Somalia’s
capital, officials of the powerful Islamic movement say.

The
Union of Islamic Courts chairman Sheikh Sharif Sheikh Ahmed told a rally in
Mogadishu that Ethiopian forces began shelling Bandiradley at 0300 GMT.

Earlier
this month, Islamists captured the town near semi-autonomous Puntland, which
has strong ties to Ethiopia.

There
is no independent confirmation of the fighting and no Ethiopian reaction.

Last
week, Ethiopian Prime Minister Meles Zenawi said the Islamists represented
a "clear threat" to his country which he said was prepared for conflict
following repeated Islamist calls for a holy war.

The UIC,
which is backed by Ethiopia’s rival, Eritrea, and now controls much of southern
Somalia, has denied claims by Ethiopia and the weak Somali transitional government
that it has links to al-Qaeda.

Rally

The UIC
chairman told the rally that Ethiopian soldiers had massed around Bandiradley
and started firing missiles.

"Their
tanks are trying to surround the area and now they are about 10km (six miles)
away from the town where our fighters are based," he said.

"We
will never accept surrender to Meles, we are devoted to our religion and will
fight until we die. That is our promise."

The rally
was held to condemn United States support for the deployment of a regional
peacekeeping force in Somalia.

The US
is expected to propose a United Nations Security Council resolution this week
calling for African Union peacekeepers to support the interim government,
and for the partial lifting of the international arms embargo on Somalia.

Regional
concern

A Brussels-based
think-tank, the International Crisis Group, warned that this move could easily
trigger a regional conflict.

It says
that the UN Security Council – rather than back one side in Somalia over the
other – should apply equal pressure on the transitional government and the
UIC to resume political negotiations.

Another
Islamic official at the rally told the crowd they would invite foreign fighters
into Somalia to fight alongside them if the UN resolution was passed.

Ethiopia
denies having thousands of troops backing government forces in Somalia, but
has admitted to having hundreds of military trainers there.

Eritrea
equally denies claims that it has sent troops and weapons to the UIC.

Somalia’s
interim government only controls a small patch of territory around the town
of Baidoa.

28/11/06 (B371) Conférence de presse, lundi 27 novembre 2006 au CAPE (Centre d’accueil de la Presse étrangère – Maison de la Radio). Ismaïl Hurre Buba, Ministre des affaires étrangères du Gouvernement somalien de transition – Débat animé par Jamila Mimouni. (Compte-rendu ARDHD)

A
la tribune, étaient aussi présents, Messieurs Daniel Bourzat,
conseiller du Premier Ministre, délégué par la France
et Saïd Farah, Ambassadeur de Somalie à Paris.

Réserves
et limites : ce compte-rendu a été rédigé par
l’ARDHD sur la base des notes qui ont été prises au cours de
la Conférence de presse. Il n’a pas l’ambition ni d’être totalement
exhaustif, ni de reprendre mot par mot les paroles de M. Ismaïl Hurre Buba

Extrait
de l’intervention préalable de M Ismaïl Hurre Buba.

« Après
15 ans d’anarchie, le Gouvernement de transition a été
formé en 2004. C’est la concrétisation d’un processus
qui avait été engagé deux ans et demi auparavant, sur
la base d’une représentation de toutes les composantes de la
société somalienne.

Le
principe retenu est celui de 4.5. Il correspond aux 4 clans majoritaires et
0.5 pour les minoritaires.

Le
Premier Ministre a été confirmé à son poste par
un vote du Parlement.

La
Somalie est divisée en 18 régions. Huit d’entre elles
sont regroupées au sein du Somaliland et du Putland. Le GNT s’occupe
en priorité des dix autres régions au Centre et au Sud du pays.
La priorité a été d’organiser l’administration
de ces régions.

Un
plan a été conçu et voté par le Parlement. Il
a été soumis à l’Union africaine qui l’a
présenté à l’ONU. Dans ce cadre chaque district
(il y en a 5 à 7 par région) doit engager un processus de réconciliation
dont la finalité est l’élection d’une assemblée
de réconciliation.

La
deuxième étape est le choix et la désignation des représentants
et des administrateurs, car le GNT se refuse à intervenir sur ce plan,
par le biais par exemple de nomination. Ce sont les districts qui désignent
leurs administrateurs : maires, responsables de la police, juges, comités
de développement, etc…

Lorsque
tous les districts d’une région ont achevé cette première
phase, on passe au niveau supérieur, qui est la région et on
reprend le même processus. Le tour suivant sera de réaliser ce
processus au niveau du Gouvernement. La base 4.5 est la règle adoptée
et acceptée par la majorité.

En
juin 2006, il a été proposé aux tribunaux islamiques
de participer à ce processus, mais ils l’ont rejeté car
ils veulent imposer un système de Gouvernement qui ne laisse aucune
place au citoyen. Personne n’a jamais réussi à diriger
la Somalie de cette façon, a ajouté le Ministre.

La
Position du GNT face à l’islam est une position modérée,
centriste. Les membres reconnaissent l’importance de la religion, mais
ils rejettent toute utilisation des textes à des fins personnelles
: enrichissement, pouvoir, domination par exemple. »

Question
: les tribunaux islamiques ont-ils des liens avec Al Quaida ?
Réponse
: le peuple somalien a toujours eu des liens privilégiés avec
la péninsule arabique. Il n’est donc pas surprenant qu’Al
Quaïda puisse exercer une influence certaine sur les tribunaux islamiques
au travers de groupes ou d’associations « caritatives ».

Q
: Baïdoa va-t-elle être attaquée par les forces des Tribunaux
islamiques ?

R : attaquer Baïdoa serait un geste
suicidaire de la part des T.I., qui ne sont pas aussi puissants qu’on
pourrait l’imaginer, au regard des points qu’ils ont marqués
récemment sur le terrain. Une telle attaque ne les ménerait
nulle part. Mais on ne peut pas ignorer le risque.
Le GNT a établi un plan de défense qui passe par trois points
et qui implique directement les voisins :
– formation des unités de défense,
– fourniture de moyens militaires,
– assistance militaire en cas de besoin ou de situation qui menacerait le
travail qui a été réalisé à ce jour.

Q
: en impliquant directement les pays voisins, n’avez-vous pas peur de
contribuer à transformer le territoire somalien en un vaste champ d’affrontement
des pays voisins. Cela est arrivé au Congo où tous les voisins
sont intervenus et qu’ils se sont battus …

R : nous tenons essentiellement à
développer des relations de partenariat avec tous nos voisins et nous
voulons éviter la guerre avec eux, car le pays souhaite la paix.
Par opposition, les T.I. font des appels à la Jihad contre l’Ethiopie
et le Kenya… Où veulent-ils entraîner le pays, vers quel
abime ? Nous avons le devoir de les arrêter à tout prix, y compris
par la force.

Q
: que pensez-vous de la récente déclaration de Meles Zenawi,
qui s’est déclaré prêt à la guerre avec les
T.I.
R : le problème n’est pas l’Ethiopie,
mais les T.I. Chacune de leurs actions de provocation déclenchera naturellement
une réaction éthiopienne …

Q
: quelle est votre position vis-à-vis des pays qui ont été
accusés de fournir des armes aux T.I.
R : une liste de pays soupçonnés
de livrer des armes aux tribunaux islamiques, en violation de l’embargo,
a été déposée à l’ONU. Ces pays devront
s’expliquer. Quant à l’Erythrée, nous souhaitons
entretenir des relations de partenariat avec elle. Elle s’apercevra
tôt ou tard qu’il ne sert à rien de financer des extrèmistes,
car cela se retournera contre elle ..

Q
: pourquoi n’avez-vous pas inclus le Puntland et le Somaliland dans
votre processus de réconciliation ?
R
: l’analyse de la situation a montré que l’urgence était
de réorganiser les dix régions du centre et du Sud. Ce n’est
que lorsque cette étape sera achevée, que nous discuterons avec
le Somaliland et le Puntland qui ont déjà réalisé
cette étape, pour qu’ils s’intègrent dans notre
processus constitutionnel qui prévoit d’accorder une très
large autonomie aux régions.
Le moment n’est pas encore venu d’ouvrir des discussions avec
eux.
Mais je vous rappelle que le Somaliland est très menacé lui
aussi par les T.I.

Q
: Quelles sont vos relations avec la France et l’U.E. Qu’attendez-vous
?

R : demain mardi, je vais rencontre la Ministre
française Mme Brigitte Girardin. L’une des choses que je vais
lui demander est une aide pour les populations civiles, victimes des graves
inondations. Les Français ont à la fois des moyens importants
sur place (flotte, hélicoptères, ..) et une grande expérience
de ces situations. Sur un deuxième plan, nous attendons une écoute
un soutien de l’U.E.. Nous ne voudrions pas nous retrouver dans la situation
du Commandant Massoud qui avait prévenu du risque généré
par la montée des Talibans en Afghanistan et pourtant que personne
n’a écouté.

Q
: vous vous avez parlé de vos voisins, mais vous n’avez pas évoqué
les USA, qui avec leur forte implantation à Djibouti, sont des voisins
de fait. On sait que la décision américaine de financer les
chefs de guerre a eu pour conséquence de renforcer les T.I. En effet
la population excédée par les exactions commises par les chefs
de guerre a soutenu les T.I pour en être débarrassés,
ce qu’ils ont fait en grande partie. Les USA vous soutiendront-ils contre
un ennemi commun : l’islamisme extrême ?
R : effectivement les américains
sont présents et ils nous soutiennent. Nous avons des discussions avec
eux et nous avons exposé la situation d’urgence qui est la nôtre.
Ils étudient leur réponse mais nous espérons qu’ils
nous apporteront leur aide.