23/03/04 (B239) Un lecteur nous soumet un cas qui s’est passé à Djibouti et il sollicite vos réactions.

Le 20 Aout 2003, vers
01 H 30 du matin, Monsieur Mohamed BARAGOÏTA CHEICK, gendarme de carrière,
rentrait chez lui à pied.

Soudain, un véhicule
conduit par un homme de race blanche, à bord duquel se trouve une passagère
djiboutienne le heurte au passage. Il est surpris par le comportement du conducteur,
dont le véhicule monte sur le trottoir.

Mohamed n’a pu s’empécher
de manifester sa colère, une fois qu’il s’est assuré qu’il n’avait
rien de grave: pas de blessure, Dieu merci. Le chauffeur s’est arrêté.
Dans un premier temps, il reconnaît ses torts et il tente de se comporter
en homme responsable en présentant ses excuses.

Seulement, sa passagère,
excédée par l’idée même que son compagnon reconnaisse
sa faute, décide de mettre de l’huile sur le feu, en disant à
notre piéton, ” tu ne vaux pas plus qu’un vulgaire insecte,
si on t’écrasait. Alors tu ferais mieux de te la fermer et continuer
ton chemin. . . “
. La réaction de M. BARAGOÏTA fut digne
de celle d’un homme, respectueux de la tradition, qui consiste à ne
pas céder à la provocation féminine !

Il refuse de lui répondre,
car la conversation se déroule entre hommes. Notre passagère
se retourne contre son ami et, lui dit, ” qu’attends-tu ? Tu as peur
? “

A ce moment là,
l’homme change d’attitude envers Mohamed et il lui répète qu’il
ne représentait rien même s’il l’avait écrasé.
Il ajoute à ses idioties qu’il est bien assuré pour se permettre
de tuer des gens de son espèce.

Au même moment,
la demoiselle passe un coup de fil avec son téléphone portable,
pour appeler des membres de sa famille en renfort. Elle brave Mohamed “ne
t’enfuis pas maintenant, si tu es un homme. . . “

N’ayant rien à
se repprocher, ce dernier a attendu l’arrivée des tierces personne,
qui pour lui, étaient censés débloquer la situation.

Ce ne fut pas le cas !

Treiz personnes, armées
de barres de fer et de bâtons, se sont jetées sur lui sans ménagement.
Elles l’ont roué de coups à la tête, aux bras. . . bref
il est tombé et il a perdu connaissance.

Le lendemain, naturellement,
une plainte est déposée à la brigade d’Enguela de la
GENDARMERIE NATIONALE. Le médecin ayant examiné M. BARAGOÏTA,
a établi, à l’issu de son diagnostic, un certificat médical
avec un arrêt de travail de 35 jours.

Le 21 Aout dans l’après-midi,
le commandant de brigade d’Enguela, devait envoyer son rapport, pour procéder
à l’arrestation des treize agresseurs, auteurs de coups et blessures
volontaires à l’encontre de Mohamed BARAGOÏTA CHEICK.

Cette opération
fut annulée sur ordre du Lieutenant-Colonel Zakaria HASSAN, numéro
2 de la GENDARMERIE djiboutienne, qui aurrait des liens de parenté
avec la demoiselle en question et, le MINISTRE djiboutien de la justice.

De toute évidence,
tout le monde connait la formule consacré ” nul ne peut se rendre
justice soi-même “. Partant de ce principe et, dans le strict respect
des lois de la REPUBLIQUE en la matière, Mohamed a toujours voulu croire
en la justice, même si, ceux qui sont sencés faire régner
l’odre et la sécurité , portent gravement atteinte à
ces grandes valeurs.

A tort ou à raison,
ça n’a pas été l’avis d’un proche de Mohamed.

Cheick HOUMED CHEICK,
jeune cousin de la victime, a décidé de rendre justice à
sa manière, puisque que les agents de la force publique avaient failli
à leur mission.

Il est allé directement
à la rencontre de l’un des treiz agresseurs de son cousin, qui étaient
toujours en liberté au bout de six jours. A son tour, il a roué
de coups, une des personnes impliquées dans la bastonnade de Mohamed.

Sans plus tarder, il fut
arrété et, déféré au parquet en catastrophe
et, envoyé en mandat de dépot. Quelques jours plus tard, il
fut condamné à un mois de prison ferme.

Pour ce qui est de l’affaire
Mohamed, elle a été jugée ! Il a été condamné
à 3 mois d’emprisonnement avec sursis et 100 000 Fdj d’amende. La même
peine a été prononcée à l’encontre des autres
accusés.

Avez-vous compris le raisonnement
de la justice à Djibouti ?

Mohamed a fait appel contre
ce verdict. Mais, la Cour d’appel est très embarassée. Elle
ne sait pas dans quel sens, elle doit juger cette affaire, qui pourtant relève
tout simplement du droit commun.

Le principal obstacle
pour les magistrats, est leur patron, le garde des sceaux. Ismael IBRAHIM
HOUMED, MINISTRE DE LA JUSTICE de la REPUBLIQUE de DJIBOUTI. Il entrave gravement
le fonctionnement de la justice et il empèche les magistrats de faire
leur travail comme il se doit. La plupart des personnes impliquées
dans cette banale affaire à première vue, sont des proches du
MINISTRE.

Toutefois, il serait très
injuste, de ne pas souligner, que le comportement du GARDE DES SCEAUX, a été
sévèrement condamné, par quelques personnalité
de sa tribu ( ABLE ) Mosieur Mohamed DAOUD ALI, dit ” GAANLO “,
n’a pas manquéde rappeler que le role des Ablés dans la tradition,
est éminement noble et juste.

Il nous a fait savoir
qu’il ne s’associait pas à son cousin Ismael.

Jugez et débattez
de cette affaire avec clairvoyence et sens des responsabilité
S. V. P. et merci