08/08/04 (B259) Affaire Borrel : les avocats de Mme Borrel ont demandé l’audition de Guelleh par la Justice française. (AFP et Djibnet)

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Note de l’ARDHD
L’affaire commence à faire grand bruit. Après l’Est Républicain,
la nouvelle est reprise par l’AFP et par Djibnet, entre autres.

Peut-on dire que l’étau se resserre autour de Guelleh ? Il est encore
trop tôt pour apporter des affirmations, mais il est certain que la
position de Guelleh devient de plus en plus inconfortable. De plus comme il
doit venir en France, il va être placé à la merci du bon
ou du mauvais vouloir du Gouvernement français … qui pourrait choisir
d’invoquer l’immunité présidentielle ou non.

Certes le Gouvernement
français l’a toujours protégé abusivement depuis des
années, mais il se pourrait bien que cette protection prenne fin un
jour. Les fantaisies de Guelleh dans le domaine des relations internationales
(en particulier l’installation d’une base US à Djibouti, qui déplairait
à la France), les soupçons qui pèsent sur divers trafics
qui seraient organisés à partir de Djibouti (cf le GED, trafic
d’enfants, trafic d’armes, etc…), pourraient contraindre les autorités
françaises à prendre des mesures efficaces et l’affaire Borrel
pourrait être le déclencheur.

Mais attention, Guelleh
est malin. Pour tenter de se protéger et de gagner encore un peu de
temps, il n’hésitera pas à lâcher ses plus proches collaborateurs,
en tant que fusibles (Hassan Saïd par exemple ou Madhi Cheik Moussa),
si le vent tournait mal pour lui. Mais il y a fort à parier, que cela
ne le protégera qu’un temps…

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Extrait de l’AFP
Président djiboutien – (AFP 06/08/2004)

PARIS, 6 août
(AFP) – Les avocats de la veuve du juge Bernard Borrel, décédé
en 1995 dans des conditions suspectes à Djibouti, ont demandé
à un juge enquêtant sur une éventuelle subornation de
témoin en marge de cette affaire d’entendre le président djiboutien,
a-t-on appris de source proche du dossier.

Le président Ismaël
Omar Guelleh est attendu en France à la fin de la semaine prochaine,
puisqu’il est invité aux cérémonies commémorant
le débarquement en Provence le 15 août.

Les avocats, Olivier Morice
et Laurent de Caunes, sollicitent également l’audition de Hassan Saïd,
chef des services secrets djiboutiens, a-t-on appris de même source.

Les avocats souhaitent
également que ce dernier soit confronté avec Ali Iftin, un ancien
officier djiboutien aujourd’hui réfugié à Bruxelles,
qui affirme que M. Saïd l’a obligé à mentir dans l’enquête
sur la mort du juge Borrel.

Après les révélations
de M. Iftin sur son mensonge, les avocats de Mme Borrel avaient déposé
une plainte qui avait conduit à une information judiciaire pour subornation
de témoin confiée au juge Pascale Belin.

Le nouveau témoignage
de M. Iftin, recueilli en décembre 2002, et de nouvelles expertises
médico-légales, ont relancé l’affaire Borrel ces derniers
mois.

La thèse du suicide
du juge Borrel avait d’abord été retenue par les autorités
françaises.

Un seul témoignage,
celui d’un ancien officier de la garde présidentielle, Mohamed Saleh
Alhoumekani, opposant politique au régime actuel, aurait pu orienter
la justice dans le sens d’un assassinat.

Il affirmait qu’au lendemain
de la mort du juge, cinq hommes étaient allés à la rencontre
de M. Guelleh, qui dirigeait à l’époque le cabinet du chef de
l’Etat. L’un d’eux lui aurait dit : “Le juge fouineur est mort, il n’y
a plus de traces”.

Mais Ali Iftin, alors
supérieur hiérarchique du témoin, avait discrédité
ces déclarations, avant son récent aveu.

Interrogé par l’AFP,
Me Morice a expliqué que sa cliente avait trouvé “choquant
que la France puisse accueillir M. Guelleh alors que de nombreuses ombres
pèsent sur les plus hautes autorités de l’Etat djiboutien au
sujet de l’assassinat du juge Borrel”.

La dépouille calcinée
du juge Borrel, alors conseiller du ministre djiboutien de la Justice, a été
retrouvée le 19 octobre 1995 à 80 km de Djibouti.

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Extrait de Djibnet

La veuve du juge Borrel demande l’audition du président djiboutien
06 août 2004

Les avocats de la veuve
du juge Borrel, décédé en 1995 dans des conditions suspectes
à Djibouti, ont demandé à un juge enquêtant sur
une éventuelle subornation de témoin en marge de cette affaire
d’entendre le président djiboutien. Le président Ismaël
Omar Guelleh doit se rendre en France à la fin de la semaine puisqu’il
est invité aux cérémonies commémorant le Débarquement
en Provence le 15 août.

Les avocats de Mme Borrel,
Olivier Morice et Laurent de Caunes, sollicitent également l’audition
de Hassan Saïd, chef des services secrets djiboutiens. Les avocats souhaitent
également que ce dernier soit confronté à Ali Iftin,
un ancien officier djiboutien aujourd’hui réfugié à Bruxelles,
qui affirme que Saïd l’a obligé à mentir dans l’enquête
sur la mort du juge Borrel.

Après les révélations
d’Iftin sur son mensonge, les avocats de Mme Borrel avaient déposé
une plainte à Versailles qui avait conduit à une information
judiciaire pour subornation de témoin confiée au juge Pascale
Belin. Le nouveau témoignage d’Iftin, recueilli en décembre
2002, et de nouvelles expertises médico-légales ont relancé
l’affaire Borrel ces derniers mois.