25/07/05 (B308) Des millions d’Africains exposés à la famine (réseau d’alerte). (AFP – Info lecteur)

xinhua
Plus de deux millions de personnes en Ouganda sont exposées à la famine, et quelque 16 millions d’autres ailleurs en Afrique souffrent également de la faim, a indiqué un réseau d’alerte contre la famine.

Selon le Réseau des systèmes d’alerte précoce contre la famine (FEWS Net, selon l’acronyme anglais), une organisation financée par l’USAID, au moins 18 millions de personnes sont confrontées à des risques de déficience alimentaire grave dans la Grande Corne de l’Afrique, zone couvrant le Burundi, Djibouti, l’Erythrée, l’Ethiopie, le Kenya, l’Ouganda, le Rwanda, la Somalie, et la Tanzanie.

Selon FEWS Net, 9,2 millions de personnes sont confrontées à la faim en Ethiopie, 2,69 millions d’autres subissent des pénuries en Ouganda, et en Erythrée, plus de la moitié de la population a besoin d’une aide alimentaire.
Au Kenya, et notamment dans les régions de Turkana (nord-ouest) et Marsabit (nord), la rareté de l’eau et de pâturages a déclenché des conflits entre tribus rivales.

HARRARE (AFP) – 23/07/2005 09h19 – Mis au ban des démocraties occidentales pour ses atteintes aux droits de l’Homme et sa gestion économique catastrophique, le président zimbabwéen Robert Mugabe recherche désormais des appuis en Asie, but principal de la visite de six jours qu’il entame samedi en Chine.

Le chef de l’Etat zimbabwéen, dont la dernière visite à Pékin remonte à 1999, doit s’entretenir avec de hauts responsables chinois et son homologue Hu Jintao. Isolé et soumis à des sanctions des pays occidentaux depuis plus de trois ans, le régime du président Mugabe a décidé de se tourner vers l’Asie, en particulier la Chine, la Malaisie et Singapour, pays avec lesquels il est en train de renforcer ses liens politiques et économiques. “Nous nous sommes tournés vers l’Est où le soleil se lève et avons tourné le dos à l’ouest où le soleil se couche”, a déclaré Robert Mugabe en avril.

Le porte-parole chargé des affaire économiques du Mouvement pour le changement démocratique (MDC, opposition), Tapiwa Mashakada, ne croit pas que le pays bénéficiera de ce voyage présidentiel en Chine. “Au vu des précédents voyages, il est peu probable que celui-ci parvienne à nous tirer du bourbier économique” dans lequel se trouve le Zimbabwe, a-t-il déclaré.

Le fait de s’entretenir avec quelques partenaires isolés, “c’est faire marche arrière” et aller “à contre-courant du mouvement global du monde où les pays cherchent plutôt à multiplier les partenariats économiques”, a ajouté M. Mashakada. Joseph Kurebga, professeur à l’Université du Zimbabwe à Harare, estime pour sa part que face à la dégradation des liens avec les pays occidentaux, le voyage de Mugabe servira à prouver que le pays n’est pas un paria pour d’autres nations moins regardantes sur le respect des droits de l’Homme et la bonne gouvernance.

“La visite liée à la politique de renforcement des liens avec l’Asie démontrera au monde que nous ne sommes pas aussi isolés que cela”, a estimé M. Kuregba. Alors que les économistes ont averti des risques qu’encoure le pays en approfondissant ses liens avec les pays asiatiques, le porte-parole du MDC estime que le pays “se tire une balle dans le pied en autorisant l’invasion de nos marchés par les produits chinois, car au bout du compte nos propres industries périront”.

Le Zimbabwe a récemment pris livraison de plusieurs avions civils et militaires fabriqués en Chine qui doit également lui livrer un millier d’autocars et prendre une participation importante dans le secteur des transports publics zimbabwéens. L’achat de matériel chinois intervient alors que le Zimbabwe est confronté à la plus grave crise économique de son histoire, qui se traduit par un fort taux de chômage, une inflation galopante et des difficultés d’approvisionnement alimentaire et énergétique.

Le Zimbabwe est en outre menacé d’exclusion du Fonds monétaire international (FMI) qui lui réclame le paiement de 300 millions de dollars de dettes accumulées depuis 2001. La visite de Robert Mugabe à Pékin a lieu au moment où l’Onu a fermement condamné les opérations baptisées “Se débarrasser des ordures” et “Rétablir l’ordre” lancées en mai par le régime, officiellement pour lutter contre la criminalité et débarasser le pays de ses logements insalubres.

L’Onu s’est émue de cette “catastrophe” humanitaire, ainsi que des méthodes “militaires” utilisées par le gouvernement pour détruire des bidonvilles et des échoppes illégales qui ont affecté quelque 700.000 personnes ayant perdu logement et/ou emploi et dont la vie est désormais “en danger”.