07/03/06 (B340-A) Demandez le programme ! Demandez le programme ! (Lecteur)

J’ai lu l’article d’un concitoyen concernant “le déficit” de notre opposition et j’aimerais réagir pour les lecteurs de l’ARDHD.

N’ayant pas de critères de comparaison, je ne sais pas si nous avons l’opposition la plus nulle du monde. Mais nous avons certainement la plus absente qui soit. Cela veut-il dire la même chose ?

Oh, certes, il ne faut pas jeter la pierre à nos opposants. Ils sont privés de moyens (information, communication, …). Guelleh les soumet à deux types de pression terrible, dès qu’ils lèvent le doigt :

  • soit le harcèlement, la prison, la torture même,
  • soit selon les indivdus, le financement secret de leur train de vie, du fonctionnement de leur formation, en échange d’une opposition modérée et de façade. Je ne donnerai pas de nom, parce que tout le monde le sait.

Qu’ils soient dans un cas ou dans l’autre, nos opposants ne proposent rien ! C’est un fait acquis, vérifiable et mesurable. Que font-ils au sein de leur direction politique ? Mystère total.

Aucun parti ne propose de programme politique pour un autre mode de Gouvernement.

Prenez un exemple : le 10 mars, il y a des élections.

C’est vrai que l’opposition n’a aucune chance, car le système de la fraude fonctionnera une nouvelle fois à plein régime. Pour cette raison, les Djiboutiens s’en désintéressent totalement. Comme l’écrit La Nation, à peine 32 % des cartes électorales ont été retirées à ce jour (moins d’un tiers). C’est la preuve incontestable. Et La Nation a certainement gonflé les chiffres !!!

Mais je reviens à ces élections : il y a un enjeu. Il y a un texte. Ce texte présente des défauts, des risques, mais certainement aussi des avantages et des progrés possibles.

Qui l’a lu attentivement et dans le détail dans l’opposition ?

J’aimerais bien qu’ils lèvent le doigt ! Pourtant, les partis politiques avaient une bonne occasion de s’exprimer sur le sujet :

  • nous informer de leur position vis à vis des principales nouveautés proposées par ce texte, et de proposer des alternatives,
  • nous mettre en garde contre les risques dans l’avenir : mauvaise utilisation, détournement possible des bonnes intentions,
  • nous l’expliquer. L’un des rôles d’un parti d’opposition est aussi pédagogique.

Vous avez vu quelque chose de ce genre sur les sites de l’opposition ? Moi, rien. Mais je ne dois pas regarder au bon endroit !

Alors ne demandez pas le programme. Il n’y en a pas !

Messieurs les opposants, vous prenez la responsabilité d’offrir non pas un Boulevard, mais une Autoroute à Guelleh et à ses coquins.

Vous me direz que c’est facile de donner des leçons, et que c’est plus difficile d’agir. Vous avez certainement raison, mais je ne m’appelle pas Parti d’opposition.

Ici dans la société privée où je travaille au Canada, on ne tolère pas le rêve ! Le Patron exige des propositions, des évaluations de risque, de coût et des résultats. Sinon, il vous vire rapidement !

Quand on se labellise “opposant djiboutien”, on n’est pas soumis à ces contraintes, puisqu’il n’y a pas de sanction ni d’enjeu. Les dirigeants des formations se retranchent un peu trop facilement derrière le fait qu’ils n’ont aucun espoir de succès politique (ce qui est vrai), pour ne rien faire, ne rien proposer et ne rien produire.

Est-ce une attitude responsable ?

A leur place,

– ou bien je mettrai la clef sous le paillasson et je cesserai de m’appeler parti poltique d’opposition,

– ou bien je prendrai la situation à bras le corps : j’élaborerai des programmes, des propositions et je me battrai pour les faire connaître en dépit des obstacles. Le succès ne sera pas atteint demain, mais à terme j’aurai contribué à vaincre la tyrannie, l’injustice et la main mise de la maffia de Guelleh.

J’ai même le sentiement que les Nations occidentales seraient enchantées de leur côté de pouvoir soutenir (secrètement ?) des formations qui prouveraient qu’elles auraient la capacité de gouverner. Ce serait une alternative au système actuel.

Mais il n’y a pas de programme, ni de volonté réellement affichée et etayée par des actes et des réflexions.

Continuez à ronronner et à critiquer, sans proposer de construire. Nos familles continueront à subir la chute verticale du niveau de vie et nos jeunes devront s’exiler pour pouvoir assurer leur formation et leur train de vie.

Secrètement, même si je sais que je rêve, j’aimerais que ma contribution, sous forme de provocation, déclenche une prise de réflexion et un mouvement au sein des formations de l’opposition.

Sans rancune !

Merci à l’ARDHD de publier mon texte.

Un salarié djiboutien
exilé “par force” au Canada