10/06/06 (B354_A) La situation en Somalie : des informations contradictoires. Tentative de dialogue le 8/06 (AFP). Le 9/06 une autre dépêche signale que les Chefs des milices soutenus et financés par les Américains pourraient préparer une contre offensive à partir de Jowhar où ils se sont rassemblés avec leur défaite à Mogadiscio (AP ). Les Américains proposent de créer un groupe de contact en début de semaine (AFP). (Dépêches signalées par un lecteur)

9/06/06 (AFP) – Les chefs de guerre somaliens renforcent leurs positions dans leur fief de Jowhar

JOWHAR (AFP) – L’alliance de chefs de guerre somaliens soutenue par les Etats-Unis renforçait vendredi ses positions dans son dernier fief, Jowhar (90 km au nord de Mogadiscio), en vue d’une possible offensive des miliciens islamistes qui ont pris le contrôle d’une grande partie de la capitale.

La tension était palpable dans Jowhar, où plusieurs centaines d’habitants fuyaient cette ville d’environ 20.000 habitants, selon des habitants et des chefs coutumiers. Les chefs de guerre y ont regroupé leurs forces après la défaite de lundi face aux milices des tribunaux islamiques.

Des combattants équipés de véhicules armés de mitrailleuses ont mis en place vendredi des barricades et établi de nouvelles lignes de défense autour de Jowhar.

Le chef de guerre Hassan Bhisow a ordonné des renforts, après avoir reçu des informations faisant état d’un rasseemblement des miliciens islamistes au sud et à l’ouest de Jowhar, selon des chefs coutumiers.
“Nous avons appris que les miliciens se regroupent à Balad et Walewein, prêts à attaquer notre ville. Bhisow a envoyé suffisamment de combattants dans les villages pour établir des défenses”, a expliqué à l’AFP un chef coutumier, sous couvert d’anonymat.

Ces deux villes sont situées respectivement à 60 km au sud et à 70 km à l’ouest de Jowhar.
“Il y a un plan (des milices islamistes) pour attaquer Jowhar mais personne ne sait exactement quand cela va se passer”, a affirmé à l’AFP un habitant de Balad, Ali Hussein.

Jeudi, les miliciens islamistes avaient replié leurs forces stationnées près de Jowhar, à la demande des chefs coutumiers.

Ce mouvement avait été interprété comme un signe d’apaisement, mais vendredi, il était vu comme une feinte.

Les combattants de l’alliance pour la restauration de la paix et contre le terrorisme (ARPCT), soutenue financièrement par Washington pour contrer la montée en puissance des tribunaux islamiques, ont expliqué attendre le retour à Jowhar du chef de guerre Mohamed Dheere.

Il serait parti pour l’Ethiopie voisine afin d’obtenir armes et hommes supplémentaires avant d’attaquer les miliciens islamistes à Balad.

“S’ils ne nous pas attaqués quand Dheere est rentré, nous les attaquerons”, a affirmé un combattant de l’ARPCT, sous couvert d’anonymat.

Les miliciens islamistes, fortement soupçonnés d’abriter des élements du réseau Al-Qaïda, et l’ARPCT, créée en février, se battent depuis quatre mois dans Mogadiscio.

Cette bataille a été l’une des les plus meurtrières de la guerre civile de Somalie commencée en 1991: au moins 347 personnes ont été tuées et 2.000 blessées.

Vendredi, jour de prières, la capitale était relativement calme, alors que la plupart des habitants se rendaient à la mosquée.

A New York, le Conseil de sécurité des Nations unies a exprimé jeudi sa “vive préoccupation” devant l’escalade de la violence en Somalie et appelé au respect de l’embargo sur les armes pour ce pays, en place depuis 1992.
Par ailleurs, au moins sept personnes ont été tuées et huit blessées dans des violences entre miliciens rivaux à Baïdoa (250 km au nord-ouest de Mogadiscio), ville qui abrite les institutions somaliennes de transition.
Ces combats ne se semblent pas liés aux affrontements pour le contrôle de Mogadiscio.

Ils ont opposé des miliciens loyaux au président somalien Abdullahi Yusuf Ahmed à des hommes armés aux ordres d’un commandant du clan Raharwein qui domine les régions Bay et Bakol où se trouve Baïdoa, selon des témoins.
La plupart des miliciens de M. Yusuf viennent de la région du Puntland (nord), d’où est originaire le président.
Le gouvernement somalien s’est montré incapable jusqu’à présent de rétablir l’ordre dans ce pays pauvre de la Corne de l’Afrique.

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9/06 (AFP) – Washington propose de créer un «Groupe de contact sur la Somalie».

Washington a proposé vendredi de créer un «Groupe de contact sur la Somalie» et invité les pays intéressés à participer à une première réunion de ce groupe la semaine prochaine à New York.

«Nous appelons à la réunion d’un Groupe de contact sur la Somalie pendant la semaine du 12 juin –la semaine prochaine– à New York», a déclaré le porte-parole du département d’État, Sean McCormack.

«L’objectif de ce groupe est de promouvoir l’action concertée et la coordination pour soutenir les institutions fédérales transitoires de Somalie», a ajouté le porte-parole.

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8/06 (AP) – Ouverture d’un dialogue entre le gouvernement provisoire somalien et les chefs islamistes



MOGADISCIO (AP) – La milice des tribunaux islamiques qui s’est emparée de Mogadiscio a entamé jeudi des pourparlers avec le gouvernement intérimaire somalien, dernier signe de la montée en puissance des fondamentalistes dans le pays.


Dans le même temps, le clan le plus important de Mogadiscio, traditionnellement le mieux implanté dans la capitale, celui des Abgal, a rassemblé 2.000 manifestants dans le nord de la ville, les participants réclamant le départ des islamistes.Deux ministres du gouvernement intérimaire soutenu par l’ONU et installé à Baidoa, à 250 km de la capitale où il n’a jamais réussi à prendre pied, rencontraient donc les nouveaux maîtres de Mogadiscio, les dirigeants de l’Union des tribunaux islamiques, selon le porte-parole du gouvernement Abdirahman Nur Mohamed Dinari.


Et ce afin de discuter de l’avenir du pays.


L’Union des tribunaux islamiques a pour sa part adressé une lettre à Washington, dénonçant le soutien américain à l’alliance des seigneurs de la guerre somaliens qui s’étaient alliés contre les miliciens islamistes avant d’être chassés de la capitale.


De son côté, le Haut-représentant de l’Union européenne pour la politique étrangère et de sécurité, Javier Solana, a apporté son soutien à la décision du gouvernement intérimaire de lancer le dialogue à Mogadiscio, avec les tribunaux islamiques mais aussi avec “la société civile, les communautés d’affaires et d’autres acteurs”. AP