12/11/07 (B421) MOGADISCIO (AFP) – Somalie : duels d’artillerie entre insurgés et armée à Mogadiscio (Info lectrice)

Des insurgés ont bombardé dimanche des positions proches du palais présidentiel à Mogadiscio, déclenchant de nouveaux duels d’artillerie dans la capitale, dont les quartiers les plus dangereux ont été quasiment vidés de leur population, selon des témoins.

“Des obus de mortier ont atterri près du palais présidentiel. Les forces gouvernementales ont répliqué par des tirs d’artillerie visant certains quartiers”, a déclaré à l’AFP Farah Sahal, qui habite à proximité du palais.

Un correspondant de l’AFP a vu ces tirs d’artillerie traverser la ville.

Ces nouvelles violences surviennent alors que les combats s’intensifient depuis plusieurs jours entre insurgés et armée régulière somalienne soutenue par des unités éthiopiennes, provoquant l’exode de plusieurs des quartiers les plus dangereux de Mogadiscio.

Le quartier du marché de Bakara, dans le sud de la capitale somalienne, était désert dimanche matin: des milliers de civils, qui étaient restés sur place malgré les combats récents, ont abandonné la zone, a constaté un journaliste de l’AFP.

Les combats ont fait une soixantaine de morts au cours des trois derniers jours, pour la plupart des civils, selon une estimation de l’AFP établie sur la base de témoignages.

Ces affrontements sont les plus sanglants depuis une vaste offensive menée en avril par l’armée éthiopienne qui soutient l’armée somalienne face aux insurgés, parmi lesquels figurent des islamistes.

Les civils se sont plaints des Ethiopiens, qui selon eux ouvrent le feu sans hésiter sur la population. “Les Ethiopiens tuent même les femmes (…), nous n’avons pas d’autre solution que de fuir”, a déclaré récemment Ali Mohamed Barqad, un habitant de la ville.

L’ONG Human Rights Watch (HRW) estime que les “troupes éthiopiennes et les insurgés ont violé les lois de la guerre en tuant et blessant des dizaines de civils dans les récents combats dans la capitale somalienne”.

Selon le Haut commissariat des Nations unies pour les réfugiés, près de 90.000 personnes avaient déjà fui Mogadiscio ou avaient été déplacées dans la ville au cours des combats des deux dernières semaines.

Les villes et villages proches de Mogadiscio ont du mal à faire face à l’afflux des personnes déplacées.

Par ailleurs, le président somalien, Abdullahi Yusuf Ahmed, poursuit ses consultations pour trouver un nouveau Premier ministre, après la démission le 29 octobre de Ali Mohamed Gedi, à l’issue d’une épreuve de force avec le président, aggravant l’impasse politique.

La Somalie, qui est en guerre civile depuis 1991, fait face à une crise humanitaire grave depuis plusieurs mois. La plus riche région agricole du pays, Shabelle, vient de souffrir de sa pire récolte en 13 ans. Les organisations humanitaires ont averti que la vie de milliers d’enfants était menacée par une importante pénurie alimentaire.

Les civils sont les premières victimes des violences qui ensanglantent Mogadiscio depuis la chute du régime des Tribunaux islamiques fin 2006-début 2007.

L’armée éthiopienne était alors intervenue aux côtés des forces du gouvernement somalien, lui permettant de mettre en déroute les forces des Tribunaux islamiques, qui avaient pris le contrôle pendant quelques mois de la majeure partie du centre et du sud du pays.