05/12/08 (B477) La situation alimentaire et sanitaire des populations somaliennes et éthiopiennes a dépassé le niveau critique et l’année prochaine s’annonce encore plus catastrophique. (3 articles en Français et en Anglais)

___________________________ 3 BBC (En Anglais)

La Somalie au bord de la famine totale. //Somalia nearing a ‘total famine’

More than half the population is dependent on food aid in Somalia

Somalia is in danger of descending into famine while the world’s attention is focused on the problem of piracy off its coast, the Red Cross has warned.

BBC Africa analyst Martin Plaut says agencies like the International Committee of the Red Cross are very wary about using words like famine.

The ICRC’s Alexandre Liebeskind said the violence had made it almost impossible for aid agencies to operate.

About half of Somalia’s population is dependent on food aid.

Drought, floods and nearly two decades of conflict have driven many into destitution.

Alexandre Liebeskind, head of the ICRC in East Africa, says families are now eating their most prized possessions: the camels and goats of reproductive age.

It is a sign of increasing desperation, he says.

He compared the situation to the last great famine of 1992 when hundreds of thousands died.

Yet the fighting between insurgents, the government and the Ethiopian forces in the country mean aid agencies are finding it all but impossible to work on the ground.

Most international humanitarian staff have had to leave and even Somali staff are finding it difficult to operate, at a time when the situation is increasingly critical, Mr Liebeskind says

The Red Cross is calling for the country’s borders to be opened, and for people to be allowed to cross and escape what appears to be a looming disaster.

There have been nearly 100 pirate attacks in Somalian waters this year, despite the presence of several foreign warships.

___________________________ 2 – Casafree (Ma) avec Panapress

Crise alimentaire : La famine risque de se prolonger en 2009 en Ethiopie

La famine risque de se prolonger en 2009 en Ethiopie suite aux mauvaises récoltes de cette année, aggravées par les récentes inondations dans les principales régions agricoles du pays et la hausse des prix des céréales, selon les agences humanitaires des Nations unies.

Ces dernières opérant dans différentes régions de l’Ethiopie ont déclaré mercredi que plusieurs régions, notamment la région Oromiya, la région du Sud-Tigray et du Tigray oriental, dans le nord du pays et la région Amhara, dans le centre de l’Ethiopie, avaient enregistré de mauvaises récoltes.

On estime que près de 25 429 personnes dans ces régions, particulièrement celles très affectées par les inondations, ont désespérément besoin d’aide.

Selon les agences humanitaires, près de 360 tonnes d’aide alimentaire ont été acheminées d’urgence dans les régions affectées.

Les agences onusiennes, dont le Programme alimentaire mondial (PAM), l’Organisation mondiale de la santé (OMS), et l’Unité de coordination de nutrition d’urgence (ENCU), ont insisté sur la nécessité d’accroître le financement des interventions humanitaires en Ethiopie.

D’après les estimations, le pays fait face à une famine sévère et les cas de malnutrition sont en hausse.

Au moins 2103 enfants souffriraient sévèrement de la malnutrition sur l’ensemble des cinq régions affectées par la famine et la dernière crise humanitaire sur le terrain.

Bien que d’après les agences humanitaires, les interventions du gouvernement durant ces derniers mois aient aidé à rétablir un minimum de stabilité dans les régions affectées, la famine risque de continuer.

L’information diffusée par le Bureau de coordination des affaires humanitaires des Nations unies (UNOCHA) précise que la distribution de vivres financée par le gouvernement dans la région a permis de stabiliser le prix du blé et des autres céréales, mais les prix restent encore élevés.

“Les indicateurs de sécurité alimentaire tels que l’état d’engraissement des animaux et la production animalière s’améliorent dans les zones pastorales et agro-pastorales. Néanmoins, la reprise des ménages dans ces régions, notamment les régions d’Oromiya et Somali, Afar et Omo-sud prendra du temps car les ménages les plus affectées par la sécheresse ont perdu des proportions importantes de leurs cheptels durant les huit années de sécheresse en 2008”, d’après le Programme alimentaire mondial (PAM).

Dans les régions agricoles telles que Ouest Haraghe et Est Hararghe, à Oromiya, Tigrau Est et Tigray sud, et les zones de Wag Humra North/sud Wello et Shewa nord, l’insécurité alimentaire continue de s’aggraver du fait de l’échec des récoltes.

“Les fortes pluies hors-saison d’octobre et de novembre ont détruit les récoltes d’après les informations préliminaires obtenues sur le terrain, ce qui affectera davantage la reprise des ménages de l’insécurité alimentaire actuelle”, a déploré UNOCHA.

_ 1 – Conférence du coordonateur ONU pour l’action humanitaire en Somalie.

CONFÉRENCE DE PRESSE DE MARK BOWDEN, COORDONNATEUR DE L’ACTION HUMANITAIRE POUR LA SOMALIE

« La situation en Somalie est la deuxième plus grande crise humanitaire dans le monde et l’une des plus difficiles à traiter », a déclaré cet après-midi Mark Bowden, le Coordonnateur de l’action humanitaire pour la Somalie, au cours d’une conférence de presse au Siège des Nations Unies à New York. Selon lui, cette année sera déterminante pour ce pays guetté par une grande misère.

Hier à Nairobi, le Processus d’appel consolidé (CAP, en anglais) a été lancé pour recueillir 900 millions de dollars, a-t-il indiqué. Le montant élevé de cet appel de fonds est dû à une augmentation de 77% du nombre de personnes qui ont besoin d’une aide humanitaire.

« La crise dans le pays, qui dure depuis 17 ans, a atteint son stade le plus critique », a averti le Coordonnateur de l’action humanitaire pour la Somalie. Après trois ans de sécheresse, la population a perdu une grande partie de ses possessions et le taux de malnutrition est en augmentation dans de nombreuses régions.

L’année dernière, a ajouté Mark Bowden, les opérations de secours et la distribution d’une aide alimentaire à 3,2 millions de personnes dans le besoin ont pu continuer. De nouveaux centres pour l’alimentation ont été ouverts. Cette année, les déplacements de personnes de plus en plus nombreux aggravent la crise, a-t-il remarqué. On compte actuellement plus d’un million de personnes déplacées, ce chiffre augmentant chaque semaine.

« La crise doit donc être gérée de façon plus efficace que l’année dernière », a affirmé Mark Bowden. Après les années de sécheresse, la population risque de ne plus pouvoir satisfaire les besoins essentiels mêmes pour survivre. Dans ces circonstances difficiles, a-t-il noté, les organismes de l’ONU arrivent à conduire leurs opérations grâce à des moyens novateurs qui leur permettent d’apporter l’aide nécessaire.

Sur la question de la piraterie, Mark Bowden a indiqué que, pour le moment, grâce aux escortes navales, elle n’a pas affecté l’acheminement de l’aide alimentaire. Mais, la piraterie pèse plutôt en termes des problèmes qui pourraient se poser pour l’assistance dans son ensemble en cas de débâcle politique au Puntland.

Suite à la question d’un journaliste sur l’action de l’ONU face aux problèmes de déversements de déchets toxiques et de la pêche illégale qui facilitent le recrutement par les pirates, le Coordonnateur humanitaire a dit que les Nations Unies font tout pour apporter une réponse, a ajouté Mark Bowden.

L’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO) travaille à l’amélioration de l’industrie de la pêche, a-t-il précisé. Le Coordonnateur a aussi indiqué qu’une conférence allait se tenir à Nairobi, les 10 et 11 décembre, sur les questions de piraterie, qui doit notamment aborder celles des déchets toxiques. Nous ne savons pas qui est responsable de ces déchets mais, en 2005, aucune preuve de contamination n’a été trouvée, selon l’étude de l’OMS, de l’ONU et de la FAO.

En réponse à des questions sur les effets des troubles politiques sur les opérations humanitaires, Mark Bowden a indiqué que tant le Gouvernement que l’opposition avaient davantage conscience de la nécessité de protéger la population. Si un certain nombre d’individus et de groupes continuent à entraver les activités du personnel humanitaire, en bloquant les routes ou par des actions plus agressives, le processus de paix de Djibouti permet d’améliorer la situation. Le Bureau de la coordination des affaires humanitaires (OCHA) a négocié avec toutes les parties sur le terrain pour que l’aide soit fournie dans les meilleurs délais et que le passage soit libre pour les convois.

Le Coordonnateur humanitaire a aussi rappelé le nombre très important de personnes en Somalie qui migrent dans les pays du golfe et notamment au Yémen, migration « mixte » puisque s’ajoutent aux Somaliens des migrants venus d’Éthiopie et d’autres parties de l’Afrique. Les Somaliens tentent leur chance au Yémen pour y trouver de meilleures opportunités sur le plan économique.

Nous aimerions que les pays du golfe s’intéressent davantage à ce problème de migration, a reconnu Mark Bowden, mais il faut d’abord restaurer leur confiance dans ce pays. Il a rappelé que, par le passé, des fonds versés par ces pays pour appuyer le processus de paix avaient été détournés. Il faudrait donc maintenant que ces États mobilisent des fonds pour l’aide humanitaire, plutôt que pour des raisons politiques, a-t-il estimé.

À l’avenir, il faut s’attacher principalement à préserver le bétail et les autres possessions de la population. Dans le même temps, il faut dégager les canaux et procéder aux reconstructions nécessaires pour améliorer l’utilisation de l’eau. Cette phase de transition et les efforts importants qu’elle demande sont indispensables pour faire face à une année qui s’annonce très difficile, a insisté le Coordonnateur humanitaire.

« Nous faisons face à une crise humanitaire particulièrement grave », a conclu Mark Bowden. « Il est important de comprendre toute la complexité de cette crise », a-t-il souligné, appelant pour l’avenir à un engagement et un soutien cohérents au niveau international