27/01/09 (B483) Les forces islamistes d’Al Shabaab se sont emparés de Baïdoa. (6 articles en Français et en Anglais)

____________________________ Note de l’ARDHD

La nature à horreur du vide. Les parlementaires somaliens en exercice et ceux qui seront intégrés après le vote d’élargissement ont choisi de se réunir à Djibouti, pour convenances personnelles.

Les forces d’Al Shabaab, qui refusent les accords de Djibouti, ont profité de leur départ, pour leur “piquer la place”. C’est un sacré pied de nez …

___________________6 – Journal Chrétien avec VOA

Somalie : situation incertaine après le départ des troupes éthiopiennes

L’armée éthiopienne a achevé, dimanche, son retrait total de la Somalie après deux ans de présence aux côtés du gouvernement intérimaire somalien. Les islamistes somaliens, qui avaient été chassés du pouvoir il y a deux ans par les Ethiopiens, ont recommencé à s’agiter.

Un attentat suicide à fait 14 morts ce week-end à Mogadiscio. Le départ des Ethiopiens va-t-il signifier retour du chaos en Somalie ? Rolland Marchal, rédacteur en chef de la revue Politique africaine et spécialiste de la Corne de l’Afrique, ne voit pas nécessairement le chaos, mais plutôt la capitale somalienne « divisée en zones d’influence, qui seront plutôt respectées par les différents groupes insurgés et le gouvernement » ; une situation qu’on avait déjà vue, rappelle l’expert.

Toutefois, selon Roland Marchal, il faut tout de même s’attendre« à une constellation d’incidents, notamment à Mogadiscio, afin de tester les rapports de force qui existent entre les différents d’insurgés et le gouvernement. » Le spécialiste de la Corne de l’Afrique voit, par contre, un problème pour les soldats de la Force africaine présents à Mogadiscio et « qui semblent un peu être pris en otage par cette situation. »

___________________________ 5 – Radio Chine


Les forces armées antigouvernementales somaliennes attaquent le siège du Parlement transitoire

Al-Shabaab, les forces armées antigouvernementales de Somalie, a pris d’assaut le 26 janvier le bourg de Baidoa, situé dans le sud du pays, et occupé les principaux secteurs de cette ville y compris le bâtiment du Parlement somalien transitoire. Bien que le gouvernement somalien de transition ait repris en main la situation locale, cette offensive a fait l’objet d’une attention du public du fait qu’elles s’est produite après le retrait des troupes éthiopiennes et peu avant l’élection présidentielle en Somalie.

Des analystes ont indiqué que cet événement était lié au vide sécuritaire laissé par l’évacuation des troupes éthiopiennes de maintien de la paix en Somalie, et Al-Shabaab en voulait profiter pour saboter l’élection présidentielle qui aurait dû se tenir très prochainement dans ce pays dans la Corne de l’Afrique.

Après le retrait complet des troupes éthiopiennes de Baidoa, le 26 janvier, il ne reste que quelque 3 000 soldats de maintien de la paix envoyés par l’Union africaine. Cet effectif n’arrive pas à combler le vide sécuritaire laissé par le retrait des troupes éthiopiennes. Aussi Al-Shabaab qui avaient déjà occupé les régions rurales environnantes de Baidoa a-t-il lancé une offensive contre cette ville.

Ces forces armées antigouvernementales ont placé sous leur contrôle la plupart des quartiers urbains de Baidoa y compris le bâtiment du Parlement transitoire, sis dans le sud de la ville. L’armée gouvernementale et les forces armées antigouvernementales ont eu des accrochages dans les quartiers urbains. A présent, l’armée gouvernementale a repris en main la situation, qui évolue actuellement vers la tranquillité.

Al-Shabaab est la plus puissante et la plus obstinée force armée antigouvernentale en Somalie. Selon certains, il est étroitement lié à Al-Qaïda. Depuis leur entrée en Somalie à la fin de 2006, les troupes éthiopiennes de maintien de la paix ne cessaient de le frapper avec la collaboration du gouvernement transitoire de Somalie. Les troupes éthiopiennes se sont retirées de Baidoa le 25 mettant fin à leur présence militarie en Somalie, qui durait depuis deux ans.

Le ministère éthiopien des Affaires étrangères a publié une déclaration selon laquelle le retrait des troupes éthiopiennes a été dû à l’absence du soutien logistique et de l’envoi des troupes supplémentaires en Somalie que des pays membres de l’Union africaine avait primis. Dans le passé, on comptait en Somalie plus de 6 000 militaires de forces de maintien de la paix envoyés par l’Ethiopie, l’Ouganda et le Burundi. Après le retrait par l’Ethiopie de ses 3 000 soldats, les forces militaires s’avèrent gravement insuffisantes. Les forces de maintien de la paix n’arrivent plus à assurer efficacement la stabilité et la sécurité de Somalie, d’autant plus qu’elles sont sous-équipées et manquent des fonds nécessaires.

L’Ethiope a lancé un appel vibrant pour des troupes supplémentaires de l’Union africaine. Mais de nombreux pays membres s’y refusent sous le prétexte que la situation est agitée et la sécurité n’est pas garantie en Somalie.

Notons que la situation politique en Somalie se trouve dans une période décisive. Le 26 janvier, à Djibouti, pays voisin de la Somalie, le Parlement transitoire somalien a voté avec une écrasante majorité de oui pour doubler les sièges du Parlement afin de paver la voie menant à la participation au Parlement des factions d’opposition et des personnalités non gouvernementales et de composer par la suite un gouvernement d’union nationale. L’élection présidentielle qui était prévue pour ce jour a été reportée.

Le choix du 26 janvier pour lancer une offensive contre le Parlement s’explique justement par le dessein d’Al-Shbaab de saboter l’élection présidentielle en préparation.

Mais cette attaque n’a pas pu provoqué de graves conséquences pour cette élection car de nombreux députés somaliens étaient déjà à Djibouti pour y élire le président. De nos jours, la communauté internationale souhaite que la Somalie retrouve la paix, et les actes de sabotage perpetrés par des forcs armées antigouvernementales au nombre restreint ne font l’objet que d’une condamnation plus virulente.

___________________________ 4 – BBC (En Anglais)

Les islamistes s’emparent du siège du Parlement somalien à Baïdoa. // Islamists seize Somali MPs’ base

Al-Shabab Islamist militants were seen parading in Baidoa

Islamist insurgents have captured most of Somalia’s central city of Baidoa – one of the last strongholds of the fragile transitional government.

Officials and witnesses say Islamists have seized the parliament building in the city, some 250km (155 miles) north-west of the capital Mogadishu.

Some reports say the presidential palace is also under their control.

The MPs are currently meeting in neighbouring Djibouti, where they are due to elect a new president this week.

They have voted to expand parliament to bring some 200 moderate Islamists into parliament.

They are also expected to vote on whether to delay the presidential election, which is currently due before Wednesday.

Negotiations

Islamist insurgents from the al-Shabab group entered Baidoa from two different directions on Monday, officials say.

There were reports of heavy fighting in the city.

Eyewitnesses said the militants were later seen on the streets of Baidoa, shouting “Allahu Akbar! [God is Great!]”.

Negotiations are now under way between the militants and representatives of the transitional government to try to find a peaceful settlement.

There has been widespread looting in Baidoa since the last Ethiopian troops pulled out overnight.

The Ethiopian troops withdrew after two years of battling Islamist insurgents.
Some 16,000 civilians have been killed in the conflict and a million more have been forced from their homes.

Somalia has not had an effective national government since 1991, since when various militias have been battling for control.

____________________________ 3 – Shabelle (En Anglais)

Les islasmistes s’emparent du siège du Parlement. // Islamists seize Somali parliament seat

Al-Shabaab Islamist insurgents have taken control of Baidoa, the seat of the transitional parliament, witnesses said on Monday.

The seizure comes after the Ethiopian troops vacated the town early on Monday.

Reports from Baidoa say that Al-Shabaab insurgents captured some Somali MPs including a minister, Mohamed Ibrahim Habsade, but they released them later and now the town is calm.

Local militias looted ADC, the centre of the parliament and other government offices.

Locals say at least four people were killed and ten others injured in after insurgents hurled a grenade at government soldiers near a bus-stop.

The government soldiers then opened gunfire to many directions which prompted civilian casualties.

There is no word from al-Shabaab.

____________________________ 2 – AFP

Somalie: les insurgés islamistes affirment contrôler Baïdoa

Les “shebab”, extrémistes islamistes somaliens, ont affirmé avoir pris lundi la ville de Baïdoa (250 km au nord-ouest de Mogadiscio), siège du Parlement de transition somalien, dans une déclaration par téléphone à l’AFP.

“La ville est totalement entre nos mains. Nous avons pris le contrôle de Baïdoa aujourd’hui” (lundi), a déclaré le porte-parole des “shebab”, cheikh Mukhtar Robow.

“Il y a quelques miliciens qui nous tirent dessus dans la ville et nous allons leur tomber dessus”, a-t-il ajouté.

“J’ai vu de nombreux islamistes à bord de véhicules militaires. Ils sont entrés dans la ville par le sud-ouest”, a déclaré de son côté à l’AFP un habitant, Ali Abdullahi Hassan.

“J’ai vu cheikh Mukhtar Robow à bord d’un pick-up dans la ville. Il y avait de nombreux miliciens en armes avec lui”, a rapporté un chef coutumier, Hussein Moalin Nur.

____________________________ 1 – Le Monde

Les islamistes somaliens ont pris Baïdoa

Les miliciens islamistes qui contrôlent la majeure partie de la Somalie se sont emparés, lundi 26 janvier, de la ville de Baïdoa, siège du Parlement de transition somalien. Plusieurs témoins ont vu les “shebabs” – aile militaire des Tribunaux islamiques – arriver à bord de véhicules militaires. Leur porte-parole a assuré plus tard que la ville, qui se trouve à 250 km au nord-ouest de Mogadiscio, est”totalement” entre les mains des rebelles.

Le gouvernement central, qui avait fait de Baïdoa son fief, a été abandonné par son protecteur éthiopien et se retrouve quasiment seul pour faire face à la progression des Tribunaux islamiques. L’Ethiopie, qui a achevé dimanche son retrait du territoire somalien, était intervenue fin 2006 pour chasser les islamistes. Elle a échoué à battre les rebelles, qui poursuivent leur guérilla jusque dans les rues de Mogadiscio.

Seuls restent les soldats ougandais et burundais de l’Union africaine en Somalie (Amisom). Déployée essentiellement à Mogadiscio depuis mars 2007, la force de paix constituée de 3 400 hommes reste mal équipée, sous-financée et est devenue une cible pour les islamistes.

Parallèlement, le pouvoir central tente, depuis Djibouti, de trouver une solution politique au conflit, notamment en élargissant la représentation du Parlement aux islamistes modérés. Les Tribunaux islamiques ont d’ores et déjà fait part de leur hostilité à ce processus de conciliation.