01/11/10 (B576) Yémen Express – Les USA envoient des experts en sécurité du fret aérien au Yémen – La branche Al-Qaïda au Yémen cherche à recruter des militants occidentaux – Les deux colis à destination des Etats-Unis «auraient pu exploser» (3 articles)

____________________ 3 – Romandie News (Ch) avec AFP

Les USA envoient des experts en sécurité du fret aérien au Yémen

Les autorités américaines ont annoncé lundi la suspension pour une semaine des livraisons de marchandises provenant du Yémen, l’envoi au Yémen d’experts chargés d’aider à renforcer les mesures de contrôle et de nouvelles mesures de contrôle.

Suite à la découverte d’engins explosifs dans des vols cargo à destination des Etats-Unis, l’administration de la sécurité des transports (TSA) et l’administration chargée de la protection des frontières (CBP) “ont immédiatement pris des mesures supplémentaires pour renforcer les procédures déjà existantes d’inspection du fret à destination des Etats-Unis”, est-il écrit dans un communiqué diffusé lundi par le TSA.

L’administration cite deux mesures: “arrêter la livraison vers les Etats-Unis de paquets provenant du Yémen” et “envoyer un équipe d’inspecteurs” dans ce pays pour “aider le gouvernement du Yémen dans les procédures d’inspection du fret”, précise le communiqué.

La secrétaire américaine à la Sécurité intérieure, Janet Napolitano, a précisé sur la chaîne américaine MSNBC que l’arrêt des livraisons aux Etats-Unis de marchandises provenant du Yémen allait “continuer pendant une semaine”.

Interrogée sur l’extension à la Somalie de la suspension par le Royaume-Uni des vols fret déjà en vigueur pour le Yémen, Mme Napolitano a indiqué que les Etats-Unis ne se préparaient pas à faire “ce type d’annonce catégorique”. “Nous faisons un certain nombre de choses en coulisses”, a-t-elle dit.

Elle a indiqué que, suite à l’attentat raté dans un avion en approche de Detroit à Noël dernier, les Etats-Unis avaient ajouté “des appareils de contrôle, pas seulement pour le fret et pas seulement pour les passagers en provenance du Yémen et à destination des Etats-Unis, mais pour tous les passagers dont les Etats-Unis sont la destination finale”.

John Pistole, le chef de la TSA, a expliqué lundi sur la chaîne CBS que les experts envoyés au Yémen fourniraient une formation et des équipements aux agents de sécurité de l’aéroport de Sanaa chargés d’examiner le fret à destination des Etats-Unis, après la levée de l’interdiction temporaire.

“Nous sommes conscients d’avoir en face de nous un ennemi acharné”, a expliqué M. Pistole lors de l’émission “Early Show” sur CBS.

Au Yémen, la Commission nationale de la sécurité de l’aviation civile, réunie dimanche soir, a décidé “d’appliquer des mesures de fouille exceptionnelle de toutes les cargaisons quittant les aéroports yéménites”, selon un communiqué diffusé par l’agence officielle Saba.

Lundi, le gouvernement allemand a décidé d’étendre aux vols passagers l’interdiction des vols de fret en provenance du Yémen. Pour sa part, le Nigeria a renforcé la sécurité des vols de fret pour les Etats-Unis, selon des responsables de la sécurité aéroportuaire.

Ces mesures surviennent à la suite de l’interception vendredi dans les aéroports de Dubaï et d’East Midlands, en Angleterre, de deux colis piégés, par Al-Qaïda selon les Etats-Unis, provenant de Sanaa et adressés à des lieux de culte juifs à Chicago.

_____________________ 2 – Nouvel Obs avec AP

La branche Al-Qaïda au Yémen cherche à recruter des militants occidentaux

Al-Qaïda dans la péninsule arabique, soupçonnée d’être derrière les colis piégés retrouvés dans deux avions à destination des Etats-Unis, semble s’être lancée dans une politique de recrutement de militants européens et américains, capables de l’aider à commettre des attentats en Occident.

Le Yémen fournit une porte d’entrée facile pour les extrémistes étrangers qui veulent rejoindre Al-Qaïda, avec beaucoup d’écoles islamiques et en langue arabe qui attirent des étudiants du monde entier.

Il y a déjà eu au moins un cas confirmé: le jeune étudiant nigérian Umar Farouk Abdulmutallab se serait servi d’une école de langue de Sanaa comme couverture pour entrer au Yémen et rencontrer des militants d’Al-Qaïda pour suivre un entraînement, avant de tenter sans succès de faire exploser un avion de ligne américain le jour de Noël.

Depuis, les forces yéménites ont exercé une répression sur ces militants, arrêtant une dizaine d’Américains et des Européens soupçonnés d’avoir eu des contacts avec Al-Qaïda.

Il est toutefois difficile de prouver que toutes les personnes arrêtées, dans le cadre des recherches effectuées par les autorités yéménites, avaient bien contacté Al-Qaïda. Deux des Américains arrêtés ont depuis été expulsés et plusieurs -leur nombre n’a pas été précisé- ont été relâchés, selon des responsables de la sécurité yéménites s’exprimant sous couvert d’anonymat.

Mais les autorités s’inquiètent des capacités d’Al-Qaïda dans la péninsule arabique à recruter des militants ayant des passeports américains ou européens. Parmi les principaux dirigeants de ce groupe figure un responsable religieux né aux Etats-Unis, Anouar al-Awlaki, dont les sermons en anglais appelant au djihad, la Guerre sainte, ont inspiré de nombreux militants nés en occident.

Al-Awlaki, que les Etats-Unis ont placé sur une liste de militants à tuer ou à capturer, était en contact e-mail avec le psychiatre de l’armée américaine accusé d’être l’auteur d’une fusillade meurtrière l’an dernier à Fort Hood, une base militaire au Texas. Selon des enquêteurs américains, il a aussi aidé à préparer Abdulmutallab pour sa tentative avortée d’attentat à l’explosif sur un vol Amsterdam-Detroit le 25 décembre 2009.

Al-Qaïda dans la péninsule arabique a aussi publié un magazine sur le Web, en anglais, intitulé “Inspire”. Dans son deuxième numéro, publié en octobre, un jeune militant américain, Samir Khan -qui financerait le magazine- se vante d’avoir quitté sa maison de Caroline du Nord pour s’installer au Yémen et rejoindre les combattants d’Al-Qaïda, s’engageant à “faire le jihad pour le reste de nos vies”.

Un autre Américain d’origine somalienne, Sharif Mobley, 26 ans, a été jugé la semaine dernière pour avoir tué un soldat yéménite lors d’une tentative d’évasion en mars. Mobley avait été arrêté à l’origine pour ses liens présumés avec Al-Qaïda, et alors qu’il était soigné à l’hôpital, il aurait convaincu un garde de le libérer de ses entraves, avant de saisir l’arme d’un garde et d’ouvrir le feu.

Pour l’instant, les enquêteurs yéménites et américains n’ont pas dit si des militants venant de pays occidentaux étaient directement impliqués dans le dernier complot, l’envoi depuis le Yémen de deux colis piégés cachés dans des avions à destination des Etats-Unis, interceptés vendredi.

Al-Qaïda dans la péninsule arabique disposerait au Yémen de quelque 300 combattants, essentiellement des Yéménites et des Saoudiens.

_____________________ 1 – Le Parisien avec AFP

Les deux colis à destination des Etats-Unis «auraient pu exploser»

Les deux colis suspects interceptés vendredi dans des avions en provenance du Yémen et à destination des Etats-Unis «auraient pu exploser», affirment ce samedi le Royaume-Uni et Dubaï. Depuis la Maison-Blanche, hier soir, Barack Obama avait annoncé qu’ils contenaient «apparemment dès explosifs» et étaient adressés à des lieux de culte juifs de Chicago.

L’alerte internationale déclenchée par les Etats-Unis a conduit la France à suspendre les opérations de fret aérien en provenance du Yémen. La Direction générale de l’aviation civile (DGAC) demande «à toutes les compagnies aériennes de suspendre tout embarquement de fret aérien en provenance du Yémen». De son côté, Le ministère belge de l’Intérieur a demandé samedi une «vigilance accrue» aux services de sécurité des aéroports.

Le colis «aurait pu exploser n’importe où»

L’engin trouvé à l’aéroport d’East Midlands, dans le centre de l’Angleterre, était «opérationnel», indique cet après-midi la ministre de l’Intérieur, Theresa May, à l’issue d’une réunion du comité d’urgence britannique. Il était caché dans une imprimante et aurait pu exploser n’importe où, affirme-t-elle. «Nous ne croyons pas que les auteurs de l’attaque pouvaient savoir où se trouvait l’engin au moment de l’explosion planifiée.»

Le deuxième colis, intercepté cette fois, à l’aéroport de Dubaï contenait des explosifs et un système de mise à feu «portant l’empreinte d’organisations terroristes comme celle d’Al-Qaïda», a assuré ce matin la police de Dubaï dans un communiqué. Selon les enquêteurs, il s’agit d’«une imprimante d’ordinateur dont l’encre contenait des produits explosifs». Il s’agirait d’un mélange de penthrite (PETN) et de plomb, un produit hautement explosif utilisé dans les systèmes de mise à feu. «L’engin a été préparé de manière professionnelle et doté d’un circuit électrique relié à une carte de téléphone portable cachée dans l’imprimante», précise la police de Dubaï.

26 paquets suspects saisis au Yémen

Alors que le président américain s’est dit déterminé à «détruire» Al-Qaïda au Yémen, les autorités locales sont sous pression. Samedi, Sanaa a indiqué avoir saisi 26 colis suspects et interpellé des employés des compagnies de transport aérien et de la division cargo de l’aéroport international dans la capitale yéménite, a annoncé une source proche de l’enquête sans préciser le nombre d’employés «arrêtés pour interrogatoire».

Un peu plus tôt, un porte-parole officiel a annoncé le lancement d’une enquête et affirmé que «le Yémen continuera de déployer ses efforts dans le domaine de la lutte contre le terrorisme en collaboration avec la communauté internationale».

Par ailleurs, la représentation de la compagnie américaine UPS, à Sanaa, a cessé samedi de recevoir les colis, ont indiqué des clients.