27/03/11 (B597) Yémen Express – “Le départ de Saleh est inéluctable” – Le président du Yémen consulte les cadres de son parti – Le départ du président Saleh évoqué – Les discussions entre le pouvoir et la rue au Yémen sont au point mort – Quel futur pour le Yémen ? – intenses médiations en vue du départ de Saleh – le président Saleh résiste, partisans et opposants manifestent massivement – Emirats: la police a déjoué l’envoi de 16.000 pistolets au Yémen – Saleh durcit le ton à la veille de nouvelles manifestations – l’opposition demande le départ immédiat du président Saleh

_____________________ 10 – Nouvel Obs

“Le départ de Saleh est inéluctable”

Interview de Franck Mermier, anthropologue spécialiste du Yémen au CNRS, par Laura Thouny

Les propos du dirigeant yéménite, qui se dit prêt à quitter le pouvoir, sont peu fiables, avance Franck Mermier, chercheur au CNRS. Mais sa chute semble inévitable.

Une fragmentation du pays est évitable si le nouveau régime met en place la décentralisation, explique Franck Mermier. (AFP)

Le président yéménite Ali Abdallah Saleh s’est dit ce week-end prêt à quitter le pouvoir. Quel crédit peut-on accorder à ces déclarations ?

Défection en série d’officiers yéménites

Le président yéménite est actuellement en pourparlers avec l’opposition, notamment par l’intermédiaire de son vice-président, pour trouver une issue à la crise. Le problème est qu’il a par le passé souvent fait des promesses qu’il n’a pas tenues. En 1994 par exemple, il a signé une charte avec l’opposition qu’il n’a jamais respectée.

Il y a désormais une méfiance de la part de l’opposition parlementaire vis-à-vis de ce comportement manœuvrier du président. Et cette méfiance pousse Saleh dans ses derniers retranchements : c’est la première fois qu’il parle de renoncer au pouvoir, alors qu’en décembre il voulait simplement changer de constitution.

Son départ est-il inéluctable ?

Il semble qu’il soit inéluctable, c’est une question de semaines ou de mois. Le ralliement contre lui d’une partie de l’armée, d’une portion des tribus, des jeunes, doublé d’une alliance entre l’opposition parlementaire et les séparatistes du sud a complètement changé le rapport de force. Saleh ne peut plus compter que sur une fraction seulement de son parti, qui a lui aussi subi des défections, et sur les forces de sécurité contrôlées par ses fils et neveux. Sa base sociale et politique s’est fortement rétrécie.

Les services de sécurité du président ont affirmé qu’Al-Qaïda avait attaqué des militaires samedi. Quelle est la part de communication dans de telles affirmations ?

Cela survient vraiment au bon moment pour le pouvoir. Tous les régimes arabes ont eu recours (pendant les mouvements de protestation, ndlr) à la menace de l’islamisme comme alternative désastreuse, ou bien à la menace d’Al-Quaïda. On ne peut pas nier la présence d’Al-Qaïda au Yémen, mais il est très difficile de savoir ce qui relève de la propagande de ce qui relève d’actions véritables d’Al-Quaïda.

Il faut prendre ces déclarations avec beaucoup de précautions, car le soutien occidental au régime est basé sur le rôle de ce dernier comme rempart contre Aqmi, les autorités yéménites jouent donc là-dessus.

Si Saleh quitte le pouvoir, quelle sera la transition ?

Le scénario de transition le plus probable serait la mise en place d’un conseil national de transition. Une idée déjà avancée par l’opposition parlementaire. Cette dernière voudra certainement apporter dans les mois à venir des amendements à la constitution pour passer d’un régime présidentiel à un régime parlementaire. Il ne faut pas oublier que le régime yéménite est un régime pluripartiste : il n’y aura donc pas de vide institutionnel.

Il y a aussi une tradition très forte de négociation entre les différentes forces politiques : on voit bien que l’opposition est en contact avec de nombreux responsables et anciens responsables du parti du président. Ces différentes forces pourront très bien, dans les mois qui suivront le départ de Saleh, mettre en place une formule de transition en attendant les prochaines élections législatives, parlementaires et présidentielles.

Le pays pourra-t-il éviter la fragmentation ?

C’est très difficile à dire. Le mouvement sudiste (qui réclame une plus grande autonomie des régions du sud, ndlr) est important, et il a été rejoint par une partie des tribus de la région. Il y a également une rébellion zaydiste au nord du Yémen.

On a donc des menaces qui pèsent sur l’unité du pays. Mais ces dernières peuvent être résolues si le nouveau régime va jusqu’au bout des promesses de décentralisation faites par le président Saleh, promesses qui n’ont pas été tenues. Il sera peut-être possible dans ce cas de contenir cette menace de fragmentation. Le fait qu’il y ait eu des négociations entre opposition et mouvements sudistes constitue un aspect positif, mais il n’est pas certain que ça se fasse.

_____________________ 9 – L’Express avec Reuters

Le président du Yémen consulte les cadres de son parti

Eric Faye et Jean-Philippe Lefief pour le service français

Le président yéménite Ali Abdallah Saleh , qui s’est dit prêt la veille à quitter le pouvoir “dignement”, doit informer dimanche les dirigeants de son parti de ses discussions avec l’opposition.

Le chef de l’Etat, au pouvoir depuis 32 ans, fait face depuis janvier à une vague de contestation inspirée des révolutions tunisienne et égyptienne.

Dans un entretien diffusé samedi par la chaîne de télévision Al Arabia, il n’a pas exclu de renoncer à ses fonctions à très court terme, tout en démenant l’imminence d’un accord avec ses opposants, qui ont, selon lui, revu leurs exigences à la hausse.

“Je pourrais quitter le pouvoir (…) même dans quelques heures, à condition que ma dignité et mon prestige soient préservés”, a déclaré Ali Abdallah Saleh, précisant qu’il conserverait son poste à la tête du Congrès général du peuple (CGP) actuellement au pouvoir.

“Je dois conduire le pays vers des rivages sûrs (…) Je suis resté au pouvoir afin d’opérer une transition pacifique (…) Je ne cherche pas à partir m’installer à Djeddah ou à Paris”, a-t-il ajouté.

Des discussions sont en cours via deux canaux pour mettre la dernière main à un accord de transfert du pouvoir.

Yassine Noman, chef de file de l’opposition, a toutefois fait état de profondes divergences avec Sanaa, ajoutant que, s’il y avait bien eu des contacts, il ne les considérait pas comme des négociations.

Selon le ministre des Affaires étrangères, Aboubakr al Kirbi, les discussions portent, entre autres, sur le calendrier de la transition. “Je pense que le calendrier est négociable. Il ne devrait pas être un obstacle à la conclusion d’un accord”, a-t-il commenté.

Le président a confirmé que des discussions avaient eu lieu au cours des dernières 48 heures. “Il y a eu une rencontre hier et une autre avant-hier pour discuter des moyens de mettre fin à la crise”, a-t-il précisé samedi.

L’ambassadeur des Etats-Unis à Sanaa était présent lors de ces discussions, a ajouté Saleh, qui a souhaité une médiation saoudienne ou de pays du Golfe.

De sources politiques, on indique que l’un des principaux points de friction concerne son immunité judiciaire et celle de ses proches.

Allié des Occidentaux dans la lutte contre Al Qaïda, le chef de l’Etat fait l’objet de pressions croissantes depuis que des tireurs embusqués ont tué 52 manifestants, le 18 mars, lors d’une journée de protestation dans la capitale.

Plusieurs généraux, des diplomates et des chefs de tribu ont depuis apporté leur soutien à ses opposants.

________________________ 8 – JDD

Yémen: Le départ du président Saleh évoqué

Selon la chaîne de télévision Al Arabiya samedi, le président yéménite Ali Abdallah Saleh serait prêt à quitter le pouvoir “dignement”. Ces dernières heures, le dirigeant paraissait s’accrocher au pouvoir, malgré une situation de plus en plus instable et une contestation qui gagne en ampleur depuis des semaines.

Ali Abdallah Saleh ne sera-t-il bientôt plus qu’un souvenir pour les Yéménites?

Des informations rapportées samedi par la chaîne Al Arabiya le laissent penser. Le président du Yémen, au pouvoir depuis 32 ans, a déclaré samedi avoir l’intention de quitter le “pouvoir dignement”. S’il a démenti l’hypothèse d’une démission imminente, le leader autoritaire paraît de moins en moins susceptible de conserver le pouvoir. Dans la journée, le ministre des Affaires étrangères Aboubaker al Kirbi avait affirmé qu’un accord sur une transition pacifique, qui reprendrait l’offre du président Saleh de démissionner dès la fin de l’année, aurait pu intervenir dès ce samedi.

Une marge de manoeuvre réduite

L’opposition, toutefois, ne veut pas être dupe. Le chef de la coalition, Yassin Noman, estime qu’entre le pouvoir et les opposants, “il y a encore un grand fossé”, a-t-il déclaré. “Je pense qu’il (Saleh) est en train de manoeuvrer.” Mais les marges dont dispose le président pour le faire sont de plus en plus réduites. La colère s’accumule, depuis que des snipers, partisans d’Ali Abdallah Saleh, ont tué plus de 50 manifestants le 18 mars dernier lors d’une manifestation. Alain Juppé a estimé la semaine dernière que son départ était “incontournable”. Washington, pour qui le Yémen est pourtant un allié précieux face à Al-Qaïda, a plusieurs fois condamné les violences.

En outre, le pouvoir du président Saleh ne peut plus vraiment compter sur ses soutiens tribaux, qu’il arme et finance pour se maintenir. Les violences divisent au sein même des tribus et la base ne suit plus les sheiks proches du gouvernement. Devant en outre faire face à une rébellion au Nord, des sécessionnistes au Sud et des djihadistes saoudiens à l’Est, Ali Abdallah Saleh est acculé.

________________________ 7 – AP

Les discussions entre le pouvoir et la rue au Yémen sont au point mort

Un porte-parole du président contesté du Yémen, Ali Abdullah Saleh, a déclaré que les négociations avec l’opposition n’avaient pas progressé vers la signature d’une entente concernant l’éventuelle démission du président.

Ahmed al-Sufi a indiqué que le vice-président et conseiller de M. Saleh avait rencontré samedi l’ambassadeur américain et des chefs tribaux et militaires qui ont fait défection en faveur de l’opposition.

M. Al-Sufi a ajouté que le parti au pouvoir voulait discuter d’une transition, mais que l’opposition avait demandé le départ immédiat du président, une condition qu’il a qualifiée d’inacceptable.

Le président Saleh a répondu à des semaines de manifestations réclamant son départ par la violence et à promis de quitter le pouvoir, mais seulement de façon «honorable». L’opposition l’accuse de gagner du temps.

L’ambassade américaine a refusé de commenter.


________________________ 6 – Slate .fr

Quel futur pour le Yémen ?

Ali Adbullah Saleh, président du Yémen, est sans doute sur le départ. Il laisserait un pays instable et en conflit.

L’AUTEUR !
Daniel Byman Daniel Byman est le directeur du Centre d’Etudes de la Paix et de la Sécurité à l’université américaine de Georgetown et chercheur au Centre Saban de Politique du Moyen-Orient à la Brookings Institution de Washington. Son prochain livre s’intitule Les triomphes et les échecs du contre-terrorisme israélien: le prix à payer.


Le double jeu du Yémen

Tandis que les missiles américains s’abattent sur la Libye, que l’armée saoudienne mate les manifestations à Bahreïn et que l’Egypte tient son premier référendum libre, les changements dramatiques —et peut-être cataclysmiques— qui se profilent au Yémen passent à la trappe. Le président Ali Abdullah Saleh, qui règne comme il peut sur l’ingouvernable Yémen depuis 1978, pourrait bien subir le même sort que l’Égyptien Hosni Moubarak et que le Tunisien Zine El Abidine Ben Ali. Mais dans sa chute, le Yémen pourrait devenir plus instable encore, plonger dans le chaos et peut-être même la guerre civile, accroissant le risque d’émergence du terrorisme.

Trois conflits pour le Yémen

Avant que la dernière vague de révolutions ne secoue le monde arabe, trois conflits déchiraient le Yémen.


Tout d’abord, dans le nord du Yémen, près de la frontière saoudienne, les rebelles Houthis défient depuis longtemps le régime, dénonçant les abus et les mesures discriminatoires du gouvernement.


De nombreux Yéménites du sud, écœurés par les discriminations et l’exclusion du pouvoir, qui ont suivi la réunification du Nord et du Sud-Yémen en 1990, s’opposent également au régime d’Ali Abdullah Saleh.


Le troisième conflit —le plus important aux yeux de Washington, mais le moindre aux yeux de Sanaa­— est celui entraîné par les attaques effectuées dans la péninsule arabique, par un sous-groupe affilié à al-Qaida. L’Aqap (al-Qaida in the Arabian Peninsula) s’est attaqué à des cibles policières et gouvernementales au Yémen et en Arabie saoudite. Il a également orchestré deux attaques, qui ont échoué de peu, contre des cibles états-uniennes: la tentative d’attentat contre le vol 253 de la Northwest Airlines le jour de Noël 2009 alors qu’il arrivait à Detroit, et une autre tentative, en 2010, avec deux bombes placées dans des avions cargos à destination des Etats-Unis. Anouar al Aulaqi, un chef de l’Aqap, est basé au Yémen. Pourvu de la double nationalité américaine et yéménite, al-Aulaqi a inspiré par ses sermons Nidal Hasan, le tireur de Fort Hood.

L’Aqap assure au Yémen une assistance américaine

Washington pousse de plus en plus le gouvernement yéménite à se montrer agressif à l’égard de l’Aqap, mais Saleh considère, avec raison, que les Houthis et les Yéménites du sud constituent une menace plus grande pour son régime. L’Aqap a tué des dizaines de Yéménites, mais dans un pays agité par la violence, de tels chiffres n’ont guère d’impact. De manière plus cynique encore, la présence de l’Aqap entraîne une assistance massive, financière et militaire des Américains: le gouvernement yéménite n’a donc pas beaucoup d’intérêt à remporter des victoires trop écrasantes contre l’Aqap. En fait, à certains moments, Ali Abdullah Saleh a travaillé avec des groupes jihadistes liés à al-Qaida dans sa lutte contre les sudistes et d’autres ennemis intérieurs.

Ces trois révoltes minent le gouvernement régulièrement dépassé d’Ali Abdullah Saleh, déjà mis à rude épreuve par une stagnation économique, un accès de plus en plus difficile à l’eau potable et par l’accroissement constant de sa population. Comme tous les dictateurs, Saleh s’appuie sur ses forces armées pour s’accrocher au pouvoir. Mais ses forces étant en mauvais état et les tribus du Yémen étant bien armées, Ali Abdullah Saleh a pris pour habitude d’utiliser ses rivaux les uns contre les autres et de coopter toute figure potentielle de l’opposition. La nature tribale de la société yéménite l’a aidé dans cette optique, car les tribus ne coopèrent que rarement entre elles et que les différentes lignées au sein même des tribus sont souvent rivales.

L’opposition s’accorde pour demander le départ d’Ali Abdullah Saleh

Aujourd’hui, les fondements du régime du président yéménite s’effondrent. Une nouvelle force —les manifestants inspirés par la chute de Moubarak et de Ben Ali— est apparue pour demander le départ d’Ali Abdullah Saleh. Les soldats et la police yéménites ont tiré sur les manifestants, mais ne sont pas parvenus à les intimider, tandis que l’offre d’Alu Abdullah Saleh de quitter le pouvoir à l’issue de son actuel mandat et le renvoi de son gouvernement a été considérée comme un signe trop faible et trop tardif.

L’opposition, fractionnée, s’est accordée, pour l’instant du moins, pour exiger le départ d’Ali Abdullah Saleh. Des chefs tribaux de premier plan, anciens soutiens d’Ali Abdullah Saleh, se sont unis pour demander sa démission. L’ancien ami et fidèle du président, le général Ali Mohsen al Ahmar a apporté son soutien aux manifestants. Les unités de l’armée demeurées loyales envers Ahmar protègent à présent les manifestants contre celles qui soutiennent encore Ali Abdullah Saleh.

Peu de probabilité qu’un candidat de consensus émerge

Si Ali Abdullah Saleh devait tomber, les perspectives de stabilité au sein du Yémen s’amenuiseraient encore. Il est possible que le général Ahamar ou qu’un autre personnage remplace Saleh comme nouveau dictateur, en s’appuyant sur le pouvoir des tribus et de l’armée pour tirer les marrons du feu, augmentant peut-être ainsi la légitimité du gouvernement yéménite. Mais il est plus probable qu’un candidat de consensus n’émergera pas, et que s’il émerge, il sera dans une situation plus périlleuse encore que ne l’est Ali Abdullah Saleh aujourd’hui.

Les Houthis et les sudistes considéreront la chute d’Ali Abdullah Saleh comme une opportunité de grappiller davantage de pouvoir et d’influence, ce qui risque d’exaspérer les chefs de l’armée les plus nationalistes. Les manifestants, plutôt favorables à la démocratie, se tourneront vers tout chef qui ne sera pas un autre Ali Abdullah Saleh, mais quelqu’un de plus ouvert à un système politique fiable. Les chefs tribaux yéménites, toujours prompts à exploiter le vide, voudront accroître leur influence.

Une instabilité accrue par la gestion décentralisée du Yémen et la proximité avec l’Arabie saoudite

Aujourd’hui, la majorité du Yémen n’est que très peu —voire pas du tout— gouvernée par le gouvernement central et le déclin programmé de son influence au profit des chefs de guerre et de tribus ne constituera donc pas un changement majeur. Mais il rendra le Yémen plus facilement sujet à des changements de régimes et à une instabilité accrue, lorsque le système d’alliance et de protection de Saleh s’effondrera, ne demandant qu’à être ramassé.

L’Arabie saoudite pourrait encore accroître l’instabilité. Riyad considère le Yémen comme son pré carré et craint que son instabilité ne s’étende au nord. L’Arabie saoudite a souvent tenté de (et échoué à) placer ses candidats sur le trône yéménite. Si un nouveau dirigeant yéménite venait à s’éloigner de la ligne prônée par Riyad, comme Salah l’a fait, l’Arabie saoudite pourrait bien soutenir ses adversaires.

Les États-Unis, al-Qaida et l’Aqap

Pour les États-Unis, la plus grande inquiétude est clairement celle du terrorisme. Oussama Ben Laden pourrait tirer parti de l’accroissement de l’instabilité pour se déployer davantage au Yémen. Quelle que soit l’issue, l’Aqap tirera parti de tout relâchement de la pression exercé sur lui pour organiser de nouvelles attaques et étendre son organisation. Un nouveau gouvernement, comme celui de Saleh, considèrera probablement l’Aqap comme une menace de second ordre et concentrera probablement ses services de renseignement et son énergie politique à l’encontre de ses ennemis et rivaux intérieurs, avec le l’antiterrorisme au second plan. Dans ce domaine, les Etats-Unis seront de toute façon prêts à investir.

L’influence américaine au Yémen est plutôt limitée. Les Etats-Unis peuvent tenter, comme l’Arabie saoudite, de soutenir sa faction favorite contre ses rivales. Ceci pourrait dresser Washington contre Riyad si les favoris sont différents. Un autre problème, plus important encore, est que les Etats-Unis n’ont pas la connaissance nécessaire pour de telles manœuvres et risqueraient fort d’être manipulés par les factions locales.

Alors, comme d’habitude, le Yémen va aller son petit bonhomme de chemin tandis que le reste du monde détournera les yeux. Malheureusement, tant pour les Yéménites que pour les Etats-Unis, le futur du Yémen risque d’être pire que son présent.

______________________ 5 – RFI

Yémen : intenses médiations en vue du départ de Saleh

Confronté à une contestation qui ne désemplie pas depuis la fin janvier 2011 et des démissions en cascade ces derniers jours, Ali Abdullah Saleh, le président yéménite, semble désormais condamné à quitter le pouvoir. Reste à préciser les conditions et la date de son départ. Ces derniers jours des médiations diverses tentent de résoudre la situation, pour l’instant toutes sont restées vaines.

Avec notre correspondante à Sanaa, Charlotte Velut

« Je pars seulement si tu pars ». Voilà ce qu’aurait confié Ali Abdullah Saleh au général Ali Mohsen al-Ahmar lors d’une réunion tenue, jeudi, à la résidence du vice-président yéménite. Une proposition refusée par le gradé.


Les jeunes qui manifestent depuis deux jours ont annoncé qu’ils voulaient un Etat civil.

En début de semaine, celui-ci a annoncé son ralliement aux jeunes de la révolution et n’est visiblement pas prêt à « revenir à la maison » comme l’avait proposé le Président Saleh aux démissionnaires dans un discours télévisé mercredi.
Avant la carte militaire, le président yéménite avait tenté de jouer la carte saoudienne en envoyant son ministre des Affaires étrangères, Abu Bakr al-Qirbi en Arabie Saoudite le week-end dernier. Celui-ci est revenu les mains vides, Riyad ne semblant pas vouloir intervenir dans le dossier yéménite à ce stade de la contestation.

D’après le site d’information Mareb Press, la situation serait à présent sous une médiation américaine qui proposerait un remplacement temporaire d’Ali Abdullah Saleh par le vice-président yéménite et la formation d’un gouvernement d’union nationale de transition dans l’attente de la tenue de nouvelles élections présidentielles.

______________________ 4 – Libération

Au Yémen, le président Saleh résiste, partisans et opposants manifestent massivement

Le président Saleh s’est montré combatif devant une foule de partisans à Sanaa, se disant prêt à «résister» après l’échec de tractations avec un général dissident.

Des unités de l’armée, déployées en force dans la capitale yéménite, ont dû tirer en l’air pour prévenir des manifestants pro-Saleh de s’approcher d’une autre foule de protestataires anti-régime rassemblés sur la place de l’Université, siège d’un sit-in permanent depuis plus d’un mois.

Dans un discours au ton vindicatif, le chef de l’Etat, en fonction depuis 32 ans, a assuré qu’il n’était pas disposé à céder le pouvoir à une «minorité», et à des opposants qu’il a qualifiés «d’aventuriers et de comploteurs».

_________________ 3 – AFP

Emirats: la police a déjoué l’envoi de 16.000 pistolets au Yémen

La police de Dubaï a annoncé jeudi avoir déjoué une tentative d’envoyer 16.000 pistolets de Turquie vers le nord du Yémen, contrôlé par la rébellion chiite, via les Emirats arabes unis.

“La police de Dubaï a mis en échec une tentative d’envoyer une énorme cargaison d’armes constituée de près de 16.000 pistolets, venant de Turquie, au Yémen”, a déclaré lors d’une conférence de presse le chef de la police de Dubaï, le général Dahi Khalfan.

“La police a arrêté à Dubaï six Arabes résidant dans l’émirat, liés à cette affaire”, a-t-il ajouté. Il a précisé que la cargaison arrivée par voie maritime était destinée à Saada, fief de la rébellion zaïdite, une branche du chiisme, dans le nord du Yémen.

Le général Khalfan a montré des photos des armes saisies. Il a précisé que les armes étaient placées dans des caisses dissimulées au milieu d’un conteneur de meubles en provenance de Turquie.

A la demande de savoir si les armes étaient destinées aux rebelles, le général Khalfan a répondu “cette cargaison n’était évidemment pas destinée au gouvernement yéménite”. Il s’agit de la plus grosse prise d’armes jamais annoncée par les autorités émiraties.

Elle intervient alors que le Yémen est secoué par des troubles, la contestation s’amplifiant contre le président Ali Abdallah Saleh. La rébellion dans le nord du pays dure depuis 2004 et a fait des milliers de morts et plus de 250.000 déplacés.

Un cessez-le-feu est intervenu en février 2010 entre les rebelles et l’armée, mais des combats avaient de nouveau éclaté en juillet près du fief des rebelles dans la province d’Amrane.


_________________ 2 – 20 minutes (France) avec AFP

Yémen: Saleh durcit le ton à la veille de nouvelles manifestations

Le président yéménite Ali Abdallah Saleh, qui avait multiplié les concessions dernièrement, a annoncé jeudi qu’il se défendrait par “tous les moyens possibles”, à la veille d’une nouvelle manifestation exigeant son départ immédiat.

“Nous préserverons la sécurité, l’indépendance et la stabilité du Yémen par tous les moyens possibles”, a déclaré M. Saleh dans une allocution diffusée par la télévision d’Etat.

Il a en outre violemment critiqué l’opposition parlementaire, qui anime la contestation populaire, estimant que “même si nous nous engageons dans un arrangement avec eux (chefs de l’opposition), la situation sera pire que maintenant”.

Le chef de l’Etat a en outre invité les officiers et militaires ayant fait défection pour rallier l’opposition à “revenir à la raison”.

Les jeunes protestataires, qui continuent depuis plus d’un mois de manifester sur la place de l’Université de Sanaa, ont décidé de faire du vendredi “une journée pour le départ d’Ali Abdallah Saleh” et de marcher sur le palais présidentiel le vendredi suivant s’il continue de s’accrocher au pouvoir.

Pour sa part, M. Saleh, 69 ans, a appelé ses partisans à se masser vendredi sur une place proche du palais présidentiel, à plusieurs km du centre de Sanaa, loin de la place de l’Université.

L’armée, dont l’homme fort le général Mohsen Ali al-Ahmar s’est rallié à la contestation, est dorénavant divisée, et un nouvel incident entre unités rivales dans le sud-est du pays a fait trois blessés jeudi.

Ces accrochages ont éclaté entre des soldats et la garde républicaine commandée par Ahmed Saleh, l’un des fils du chef de l’Etat, à Moukalla, théâtre mardi d’une première confrontation qui avait fait deux tués.

Le Parlement a approuvé mercredi, lors d’un vote contesté par l’opposition, l’instauration de l’état d’urgence qui donne en principe au président Saleh le droit d’interdire les manifestations et de limiter la liberté de la presse.

Le bureau d’Al-Jazira à Sanaa, la chaîne du Qatar, a été saccagé mercredi par des hommes armés et les autorités yéménites ont justifié jeudi sa fermeture pour diffusion de “fausses nouvelles”.

Depuis le début des troubles, M. Saleh a procédé à plusieurs replis: il a annoncé qu’il ne se représenterait pas en 2013, à la fin de son mandat, il a dissous son gouvernement, puis il a proposé mardi l’élection avant la fin de l’année d’un Parlement et de son successeur.

Mais même cette dernière concession, une exigence de l’opposition, a été insuffisante pour calmer les appels à sa démission immédiate.

“Nous n’acceptons plus aucune concession. Nous ne voulons que le départ rapide du président”, a assuré à l’AFP Rachad al Charaabi, un des responsables du Comité politique des jeunes de la révolution.

Il a ajouté que des concertations étaient en cours pour opérer une transition pacifique du pouvoir, mais qu’elle ne devait pas conduire à la mise en place d’une dictature militaire. “Nous voulons une société civile, pas un régime militaire”, a-t-il assuré.

Cette requête des protestataires intervient alors que des pans entiers de l’armée ont jeté leur poids dans la bataille contre le président Saleh.

Le général Ahmar, chef le plus respecté de l’institution militaire, a entamé des concertations pour former un conseil de transition, ont assuré à l’AFP des sources proches de ces tractations.

“Le général supervise des tractations pour passer le pouvoir en douceur à un conseil qui regrouperait les représentants de tous les secteurs de la société”, a indiqué cette source, sous couvert de l’anonymat.

Une transition de cette nature serait à même de rassurer l’Arabie Saoudite, qui a apprécié la détermination du général Ahmar à combattre la rébellion zaïdite, une secte chiite, dans le nord du Yémen, frontalier du royaume.

_________________ 1 – Le quotidien du Peuple (Chine) avec XINHUA

Yémen : l’opposition demande le départ immédiat du président Saleh

L’opposition yéménite a rejeté mercredi « une approbation écrite » du président Ali Abdallah Saleh, dans laquelle il acceptait une précédente offre de l’ opposition de démission d’ici la fin de 2011, déclarant que c’ était trop tard et qu’il devait partir immédiatement.

« L’opposition a envoyé mercredi un refus écrit à la proposition du président Saleh via un médiateur tribal », ont indiqué à Xinhua deux sources de l’opposition.

« Ils (l’opposition) ont déclaré que la proposition du président Saleh était clairement refusée car son approbation à l’ initiative de conciliation en cinq points était arrivée trop tard et que notre réponse est qu’il n’y aura plus de négociations avec lui et qu’il devra quitter le pouvoir immédiatement », a indiqué la source, sous couvert d’anonymat.

Plus tôt dans la journée, un officiel proche du président Ali Abdullah Saleh avait déclaré à l’agence de presse officielle Saba que le président Saleh acceptait l’initiative de conciliation en cinq points proposée plus tôt par la coalition de l’opposition.

D’après Saba, l’initiative de conciliation de l’opposition comprend la formation d’un gouvernement national, la rédaction d’ une nouvelle constitution, la réécriture de la loi électorale et la formation d’une commission suprême pour les référendums et les élections.

L’initiative a également affirmé que la nouvelle constitution serait soumise à référendum, après quoi les élections législatives seraient organisées, le nouveau gouvernement serait ensuite formé et le nouveau président du pays élu d’ici la fin de l’année 2011.

Par ailleurs, le parlement yéménite a promulgué une loi sur l’ état d’urgence pendant un mois, alors que la coalition de l’ opposition insistait pour une fin immédiate des 33 années de règne du président Saleh.

L’opposition a promis via ses médias que vendredi prochain serait le « Vendredi de la marche vers le palais présidentiel dans la capitale Sanaa » avec des centaines de milliers de manifestants pour forcer le président Saleh de partir.