26/02/2012 (B645) Farah Abadid Hildid : “j’ai décidé de porter plainte contre X pour enlèvement, séquestration et torture”. Courrier présenté par la LDDH


Le Président

LETTRE OUVERTE du 25 FEVRIER 2012

Plaintes contre X pour
enlèvement et séquestration

présentée par la LDDH

Djibouti, le 22 février 2012.

Dans le cadre de la détermination des membres de la Ligue Djiboutienne des Droits Humains (LDDH) contre l’Impunité, j’ai décidé de déposer une plainte contre X auprès du Procureur de la République, le 19 février 2012 (Copie en annexe) en tant que victime de violence de séquestrations et de tortures ; car j’avais été sauvagement torturé.

Ne connaissant pas le nom des individus qui m’ont torturé, c’est pour cette raison que je ne peux que porter plainte que contre X

Comme vous le savez, j’ai été arrêté, par des un policier et deux inconnus le 1er février 2012 à 11 heures du matin, en Centre ville, torturé dans la cellule de torture certainement de la SDS, puis je fus jeté sur un terrain désert, où personne ne pouvait venir à mon secours, à quelques centaines de mètres de la célèbre villa du vrai patron de la SDS à Haramous.

Ces méthodes d’enlèvements de personne et séquestrations sont punies par les articles 381 et 382 du Code Pénal, qui stipulent :

Article 381
Quiconque, sans ordre des autorités constituées et hors des cas prévus par la loi, arrête, enlève, déteint ou séquestre une personne, est puni de vingt ans de réclusion criminelle.

Toutefois, si la personne détenue ou séquestrée est libérée volontairement avant le septième jour accompli depuis son appréhension, la peine est de cinq ans d’’emprisonnement et de 2.000.000 Fdj d’amende, sauf dans les cas prévus par l’article 382.

Article 382
L’infraction prévue à l’article 381 est puni de la réclusion criminelle à perpétuité lorsque la victime a subi une mutilation ou une infirmité permanente provoqué volontairement ou résultant soit des conditions de détention, soit d’une privation d’aliments ou de soins. Elle emporte la peine de réclusion criminelle à perpétuité lorsqu’elle est précédée ou accompagnée de tortures ou d’actes de barbarie ou lorsqu’elle est suivie de la mort de la victime.

Quant aux autres articles sur les atteintes volontaires à l’intégrité de la personne et sur les tortures actes de barbaries, ils sont définis dans les articles : 324 à340 ; 324 à 327, sur les violences 328 à338, les menaces 339, 340,

Les dispositions sur les tortures sont déterminées dans notre Code Pénal, dans la Constitution du 4 septembre 1992, dans la Déclaration Universelle des Droits de l’Homme, ainsi que dans le Pacte International sur les Droits Civils et Politiques.
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Dès que nous défenseurs des Droits de l’Homme de la République de Djibouti, nous sommes inquiétés, arrêtés torturés, vous êtes tous à nos côtés.

Je ne peux pas oublier tous les efforts louables, toutes les alertes, toutes les mobilisations des organisations internationales des défenseurs des Droits de l’Homme, de la FIDH, de Survie, de l’ARDHD, les Reporters Sans Frontières, les Avocats Sans Frontières, l’OMCT, et tant d’autres en notre faveur.

Mille mercis du plus profond de mon cœur.

FARAH ABADID HILDID

_________________ Le mot d’accompagnement.(LDDH)

Je tiens tout d’abord à saluer le courage qu’il faut pour déposer une plainte contre les intouchables, le courage exemplaire de notre compagnon de lutte pour l’établissement d’un Etat de Droit et de la bonne gouvernance, pour la fin de l’impunité, pour les poursuites pénales des commanditaires, des auteurs et des complices des crimes organisés aux orientations mafieuses et aux pirateries de tous genres

Actuellement cette affaire pénale suit normalement son cours, mais je suis conscient des inéluctables menaces de la SDS sur le chemin du Juge debout Monsieur Maki.

NOEL ABDI Jean-Paul