05/11/05 (B323) Cher ARDHD, je vous apporte une confirmation. Nul doute que la date du 31 octobre a été décidée pour peser sur le verdict votre procés. (Lecteur)

Vous semblez hésiter sur le fait de savoir si le 31 octobre était une date prévue à l’avance ou une date décidée en urgence pour peser sur le délibéré en cours.

Pour moi, la date a été décidée en urgence pour peser sur le procès et je vous le prouve.

Souvenez-vous, le mois du Ramadan touchait à sa fin … La remise des décorations a eu lieu dans la journée… Et l’on a parlé d’un « pot de l’amitié » auquel auraient participé tous les invités …

Vous imaginez que des musulmans convaincus et fervents, comme l’on décrit le Général, ait pu boire un verre, en pleine journée, à trois jours de la fête de l’Aïd al Fitr ? Inimaginable !!!

En des circonstances normales, on aurait attendu la fin du Ramadan pour cette remise de décoration. Elle aurait été reportée d’une semaine et l’Ambassadeur aurait pu offrir un coktail digne de ce nom ….

Pour le faire trois jours avant la fin du mois béni, il fallait qu’il y ait une sacrée urgence et seule le délibéré peut l’expliquer. Les autorités diplomatiques sont contre vous.

Nous prions tous pour que les autorités judiciaires ne soient pas du même côté, car la victoire du Général serait reçue par la Population comme une nouvelle agression de la France à leur encontre.

Nous aimions la France, mais elle nous a trahi si souvent ! Nous sommes devenus franchement hostiles au fil des années, car elle soutient de façon inconditionnelle Guelleh et sa clique. Ce dernier épisode sera une nouvelle preuve. Et elle perdra son influence locale, dès le départ de Guelleh.

Je ne serais pas étonné que la France soit massivement rejettée dans l’avenir. Cela ne concerne pas nos amis à titre personnel, mais l’ensemble des fonctionnaires français qui appliquent des ordres anti-population.

Qui pourrait croire dans la Population, que ce Général soit un homme au passé aussi limpide que ses avocats voudraient bien le dire ?

Les familles des victimes de Yoboki, les handicapés, les victimes de torture, savent bien que leurs exécuteurs, leurs bourreaux, étaient des militaires. Qui faisait partie des officiers qui donnaient les ordres ou qui couvraient les crimes de guerre ? Cherchez bien et vous finirez par les identifier !

03/11/05 (B322) Lettre ouverte d’un lecteur au Secrétaire Général de la Chancellerie de l’Ordre de la Légion d’Honneur, à propos de la décoration du Général Zakaria.

____________________ Note de l’ARDHD
Ceux qui le désirent, peuvent écrire à la Chancellerie, en s’inspirant, s’ils le souhaitent, du texte de cette lettre.
_______________________________________________________

Abdallah Deberkaleh

A
Monsieur Jacques CARRÈRE
Secrétaire Général
De l’Ordre national de la Légion d’Honneur
1, rue de Solferino
75007 Paris

Le 2 Novembre 2005

 

Lettre ouverte en recommandée avec AR

Monsieur le Secrétaire Général,

C’est en qualité de citoyen de nationalité française et djiboutienne, né à Djibouti, que je vous écris cette lettre ouverte, pour vous faire part de ma stupéfaction personnelle, qui est partagée par de nombreux amis français et djiboutiens, quand nous avons appris la remise de la Légion d’Honneur à trois officiers djiboutiens et en particulier au Général Ibrahim Zakaria, Chef d’Etat-Major adjoint des Forces armées djiboutiennes.

Puis-je me permettre d’attirer votre attention sur les risques d’un tel choix ?

Après avoir lu les informations dans la Presse djiboutienne et en particulier l’extrait du discours de Monsieur Jean-Paul Angelier, Ambassadeur de France à Djibouti qui a décoré les trois militaires, j’ai compris que cette décision avait été initié sur proposition du ministère de la défense français avec l’accord du Président de la République française .

Comme vous le savez, elle intervient dans un contexte particulièrement difficile, puisque :
1 les autorités djiboutiennes ont annoncé le 19 octobre, qu’elles dénonçaient unilatéralement les accords de coopération judiciaires avec la France,
2 des hauts dirigeants djiboutiens (dont le Procureur Général du Parquet de Djibouti) seraient impliqués dans le meurtre d’un juge français et qu’ils ont refusé de répondre aux convocations légitimes des juges d’instruction de Paris et de Versailles.
3 un procès en diffamation, qui a été intenté par le Général Zakaria devant la 17ème Chambre correctionnelle contre une Association humanitaire française, est en attente de délibéré au 22 novembre 2005,

Au cours de ce procès en diffamation, la personnalité du Général a été évoquée par six témoins, dont j’ai fait partie. Il est apparu que son passé suscite des controverses graves, puisque je suis personnellement engagé dans la dénonciation d’un massacre commis sous les ordres du Général Zakaria à la frontière djibouto-somalilandaise. Une soixantaine de vieillards et de malades ont été exécutés de sang froid le 2 Février 1991. Seules 10 personnes ont trouvé le salut dans une fuite épuisante : ils sont toujours en vie et ils déposent plainte actuellement.

Dans ce cadre, une plainte pénale contre le Général Zakaria et les responsables du massacre, est instruite par le Procureur de la République d’Ethiopie, qui pourrait prononcer, dans un avenir proche, des poursuites contre divers officiers djiboutiens, dont le Général et probablement le Chef de l’Etat en personne : Ismaël Omar Guelleh, qui rappelons-le, est invité, par ailleurs, même s’il a refusé de s’y rendre, par la Justice française à venir témoigner dans le cadre de l’assassinat du Juge Borrel qui a été commis sur le territoire de la République de Djibouti .

Ecrire que cette remise de décoration intervient au plus mauvais moment est un euphémisme !

Elle permet maintenant à des personnes sur lesquels reposent des soupçons graves et avérés de massacres sur civils en raison de leur appartenance ethnique, de tortures et de soutien d’organisations qui financent les térroristes de AL – ITIHADE de la Somalie, partenaire de la nébuleuse Al Qaeda (Cf les notes des services d’enquête de l’Armée française à Djibouti, qui ont été évoqués à l’audience par un témoin français), de se parer de la reconnaissance française et du respect que suscite la plus haute décoration de la République française. La presse djiboutienne n’est pas avare de compliments sur le sujet.

Tous les Djiboutiens et tous les Français qui suivent la situation à Djibouti se partagent entre éclat de rire, incompréhension et profond dégoût. Cela m’attriste beaucoup, car je suis fier d’être un citoyen Franco-Djiboutien et que je respecte nos traditions, nos institutions et nos règles d’Honneur.

Pour de nombreux observateurs, cette décision semble avoir été prise en urgence, pour assurer les dirigeants djiboutiens du soutien personnel du Président Chirac en dépit des graves interrogations sur les commanditaires du meurtre du Juge Borrel et pour tenter de pérenniser l’implantation de nos forces armées qui pourraient être remise en question, avec la présence plus récente de l’Armée américaine. Cela donne un parfum de raison d’Etat qui loin de convaincre, inspire une certaine dérision, qui serait vraiment dommageable à la réputation de l’Ordre de la Légion d’Honneur.

Puis-je me permettre de vous exprimer mon sentiment personnel ?

La décoration d’une personnalité qui entraîne dans son sillage, des présomptions de massacre, de détournements de fond et de financement d’organisation terroriste(*), par un Ambassadeur de France, parlant au nom du Président de la République est révoltante et elle nous interpelle. C’est une décision qui discrédite le profond respect que nous avions pour votre institution centenaire et pour ses récipiendaires.

Quelle serait ensuite la position de la Chancellerie, dans l’hypothèse où le Général serait prévenu, puis jugé pour crimes de guerres (guerre civile à Djibouti entre 1992 et 1994) et crimes contre l’humanité ?

J’ai pris la décision de vous écrire cette lettre ouverte, afin que vous soyez informés et que vous puissiez diligenter les enquêtes qui s’imposent certainement à votre niveau et surtout que l’on ne puisse pas dire, le jour venu, que la Chancellerie n’était pas au courant.

Ce n’est que pour garantir la sûreté de la distribution, que je vous envoie cette lettre par la voie recommandée.

Je vous prie de croire, Monsieur le Secrétaire Général, à l’assurance de ma plus haute considération.

 

Abdallah DEBERKALEH
Citoyen franco-djiboutien

(*) Aucun jugement n’étant encore intervenu pour ces faits – et pour cause : les trois pouvoirs : législatifs, juridiques et exécutifs sont dans les mains d’un seul homme à Djibouti -, je respecte la Loi et j’accorde au Général la présomption d’innocence. Il n’en reste pas moins que les faits ont été commis, qu’ils ont été évoqués pour la première fois devant une Cour pénale française et que ce n’est pas un secret ni pour de nombreux français, ni pour la majorité du peuple djiboutien.

Le devoir de précaution devrait néanmoins s’appliquer, surtout dans une institution aussi prestigieuse que la vôtre, dont la réputation indiscutable pourrait être entachée par cette remise de décoration particulièrement contestable.

P.S. Je joins un communiqué de l’Association Survie qui confirme ce que je viens de vous écrire et le sentiment de tous ceux qui sont informés de la situation à Djibouti..

Copies :
Monsieur Jacques Chirac, Président de la République française,
Madame Michèle Alliot-Marie, Ministre de la Défense,
Monsieur Jean-Paul Angelier, Ambassadeur de France à Djibouti,
Monsieur Arnaud Montebourg, député,

GED – Gouvernement en Exil (Djibouti)
ARDHD – Association pour le Respect des Droits de l’Homme à Djibouti,
Association SURVIE,

04/11/05 (B322) La partie civile adresse des informations complémentaires au Président de la 17ème Chambre. Il ne fait plus aucun doute que la décoration « en urgence » du Général Zakaria pourrait avoir été décidée en haut lieu pour interfèrer dans la décision judiciaire. (ARDHD)

Nous avons été informés du fait que la Partie civile avait adressé des documents complémentaires au Président de la 17ème Chambre. Cette pratique est légale, même si elle est peu souvent utilisée.

Jusqu’à ce jour nous nous étions refusés à avertir le Président du fait par exemple, que la Presse djiboutienne chantait déjà la condamnation de l’ARDHD et de son Président.

Maintenant les choses ont changé et nous retrouvons notre liberté de répondre.

Pourquoi adresser de nouvelles informations à la Justice, alors que l’affaire a été plaidée publiquement et que toutes les parties ont bénéficié du temps demandé et d’une écoute remarquablement attentive des magistrats ? Il convient de le souligner.

Il y a plusieurs raisons :

– la première est que les avocats de la Partie civile pourraient estimer que leur prestation n’a pas été aussi brillante que Me Aref se plait à le claironner dans les journaux djiboutiens, tout acquis à la cause des dignitaires du régime,

– la seconde est que rien ne permet de dire que le Président de l’ARDHD sera condamné et qu’ils ont peut-être mesuré l’ampleur du désastre, non seulement après les témoignages : torture, corruption, liens avec des organisations … , mais aussi la brillante plaidoirie de Me Calatayud.

– la troisième est que personne n’a pris au sérieux les moyens utilisés pour tenter de déstabiliser les témoins : témoignages suspects, avis de recherche pour terrorisme et autres fantaisies qui ne donnaient pas un parfum de vérité ..

Donc ses avocats ne seraient pas convaincus d’avoir gagné la cause défendue par le Général Zakaria et comme il faut gagner à tout prix, pour étouffer le site de l’ARDHD, ils utilisent, avec la complicité des autorités diplomatiques françaises, les moyens les plus lourds.

D’abord on choisit (apparemment) ce moment pour nommer Zakaria en tant que Commandeur de la Légion d’Honneur, même si cela pouvait comporter un risque non négligeable de crédibilité pour l’Institution centenaire, irréprochable et prestigieuse.

Puis on écrit au Président du Tribunal pour lui faire part de ce nouvel élément, de ce brevet d’intégrité et de bonne tenue … décerné par les plus hautes autorités françaises. Ce brevet est postérieur à la plaidoirie, mais qu’importe, à ce stade, on n’hésite pas à faire dans le rétroactif …

Comme vous le constatez, les autorités diplomatiques (françaises) votent(?) Zakaria contre l’ARDHD. Pourrait-il s’agir d’une tentative d’ingérence dans le déroulement du délibéré, telle que nous pourrions la dénonçer publiquement ?

A l’ARDHD, nous sommes habitués à mener des combats et nous sommes motivés parce que nous défendons avec dignité, la vérité, les Droits de l’Homme, la Justice et la Démocratie … et surtout parce que nous ne mélangeons pas les intérêts personnels et la lutte pour le Peuple. Ce qui n’est pas forcément le cas de certains de nos adversaires. Nous excluons bien entendu Me Lachaux qui exerce sa profession selon l’éthique de sa profession.

Sachant les mauvaises relations actuelles entre la Justice et la Diplomatie française, dans l’instruction de l’assassinat du Juge Borrel, nous ne sommes pas persuadés que cette manoeuvre de dernière minute puisse avoir une influence favorable sur la Cour … elle pourrait même avoir l’effet inverse !

Profitant de cette occasion inespérée qui nous est donnée sur un plateau d’argent, avec notre Conseil, nous allons répondre et présenter de nouvelles pièces parvenues récemment à l’Association : articles de presse et cris de victoire affirmant que nous sommes condamnés, déclarations insultantes de Me Aref dans la presse contre nous, y compris et surtout la liste des 239 victimes civiles recensées : tuées, violées (nous ne donnerons pas les noms), torturées et handicapées à vie par les militaires, entre 1991 et 1999.

Au fait qui les commandait à cette époque ?

Nous poserons la question devant la Justice.

Y aurait-il encore un doute sur le fait que le moment choisi pour la décoration du Général Zakaria, n’est pas lié au hasard et que les autorités diplomatiques françaises n’hésiteraient pas à sacrifier une association humanitaire pour tenter de pérenniser la présence des forces françaises à Djibouti, même au prix « d’un baissage de pantalon ».

Alors qu’elles auraient du répondre fermement à la rupture unilatérale des relations judiciaires et qu’elles ne sont jamais exprimées sur le sujet, mais le courage diplomatique semble s’être évaporé depuis longtemps !

02/11/05 (B322) Communiqué de Survie, à propos de la décoration de trois militaires djiboutiens par l’Ambassadeur de France à Djibouti. QUESTION d’HONNEUR !

« Donner valeur de loi
au devoir de sauver les vivants »

MMMP

Communiqué, le 2 novembre 2005

Question d’honneur

 

L’ambassadeur de France à Djibouti, Jean-Paul Angelier, distribue des médailles.

Pourquoi ?

Pourquoi la France a-t-elle décerné (1) les insignes de commandeur de l’ordre de la Légion d’honneur au général Zakaria Cheick Ibrahim, chef d’Etat major de la Défense djiboutienne ?

Outre le général Zakaria, deux officiers de haut rang des forces armées djiboutiennes, le colonel Youssouf Kayad Guelleh et le colonel Hassan Ali Kamil, ont été décorés des médailles de l’ordre de la Légion d’honneur au grade de chevalier. Pourquoi ?

– alors que le Général Zakaria commande aux exactions d’un régime, présidé par Ismaël Omar Guelleh, renommé pour son mépris des droits humains.

– alors que Djibouti a suspendu sa coopération judiciaire avec la France dans l’affaire de l’assassinat du juge Borrel, et que des dizaines de personnalités ont lancé un appel réclamant la vérité la concernant.

– alors que le procès en diffamation intenté par le général Zakaria au président de l’Association pour le respect des droits de l’Homme à Djibouti (ARDHD), Jean-Loup Schaal (2), est en attente de jugement (le 22 novembre).

Les médaillés pouvant se féliciter d’une honorable conduite doivent avoir envie de renvoyer leur rosette à ceux qui les mélangent avec d’insupportables fréquentations. La coutume de décerner la Légion d’honneur à des personnes peu recommandables est de nature à jeter le discrédit sur cette haute distinction nationale.

(1). Le dimanche 30 octobre à la résidence de l’ambassadeur de France à Djibouti.

(2). Le site de l’ARDHD (www.ardhd.org) ne ménage guère le régime Guelleh, dont il pointe l’ordinaire fait d’assassinats, de tortures, de viols, de corruption, d’exécutions sommaires – ni « l’un de ses premiers exécutants militaires ».

01/11/05 (B322) Pour quelles raisons, la France a-t-elle déployée tant de moyens pour valoriser Zakaria ? N’y aurait-il pas anguille sous rocher ? (Lecteur)

A mon avis l’ARDHD et le procès du 18 octobre ne justifient pas les moyens qui ont été déployés par la France pour décorer Zakaria et deux collègues ?

Certes l’ARDHD, que Guelleh et ses média, faisaient semblant d’ignorer jusqu’à hier, a brusquement été catapultée au centre de la scène médiatique et a acquis une véritable notoriété.

Les média djiboutiens et Me Aref n’ont pas hésité à s’ingèrer dans les décisions judiciaires françaises. Ont-ils reçu des assurances coté diplomatie ou est-ce du bluff, lorsqu’ils nous donnent le verdict et la condamnation du Président de l’ARDHD ?

Je n’en sais rien …

Mais ce qui m’a le plus étonné, c’est qu’il n’ait plus été question de Guelleh depuis quelques jours. Pour moi, ça pourrait sentir la préparation d’une passation de pouvoir organisée par les Français pour mettre aux commandes, un Général non impliqué dans l’affaire Borrel ; un Général qu’ils pensent pouvoir controller et pour faire en même temps, la nique aux Américains.

Et nous les Djiboutiens, avons-nous envie d’avoir le Général Zakaria en remplacement de Guelleh. Peut-être que Oui, peut-être que Non, mais il faudra nous le demander de façon démocratique et sans fraude cette fois.

Un lecteur éclairé.

29/10/05 (B322) A lire sur le site Assassinats de Coopérants, un article intitulé : « Me Aref contre l’ARDHD, chronique annoncée d’une trahison »

Les lecteurs pourront consulter les informations diffusées par ce site, en utilisant le lien ci-dessous, que nous leur donnons pour faciliter leurs recherches.

http://assassinatsdecooperants.ouvaton.org/rubrique.php3?id_rubrique=195

NB. Pour accéder plus facilement au site indiqué, copiez le lien et passez le dans votre browser.

_______________________________________ Note de l’ARDHD
Le site Assassinats de Coopérants est animé par Mariama Keïta, qui s’est totalement investie pour la recherche et la diffusion d’informations précises concernant en particulier, les meurtres de plusieurs coopérants en Afrique.

Le site vous donne accès à de très nombreux articles et il est mis régulièrement à jour.

Mariam Keïta, journaliste de formation, a animé plusieurs chroniques sur différentes radios. Ces interviews ont souvent eu un retentissement important. Parmi ses différentes actions, il est à noter qu’elle soutient avec ténacité et une fermeté de tous les instants, le combat de Mme Borrel pour que la vérité éclate enfin au grand jour.

Présente au tribunal le 18 octobre, elle a apporté son soutien à notre Association et à son Président. Nous lui rendons hommage pour cela et plus généralement pour son action au service de la Justice et de la Vérité.

29/10/05 (B322) Me Aref : chantre de la dictature ou couard vieillissant ? (Mohamed Qayaad)

Zakaria a-t-il demandé à Me Aref de le venger contre l’ARDHD. Exactement comme le phèdre de Racine met en oeuvre un amour, qualifié d’impossible. Me Aref a-t-il eu la charge d’éliminer un affreux monstre affreux, qui avait eu l’audace de dévoiler sa duplicité, sa fourberie et j’en passe ?

Arrivera-t-il à faire taire l’ARDHD ? Un message paru sur son site peut-il justifier, à lui seul, un tel déploiement judiciaire ? Rien n’est moins sûr.

Ce déferlement de la médiocrité aura-t-il pour résultat final d’encourager la résistance à l’oppression et au régime ? .

Résistance à l’apologie de l’avilissement et de la marchandisation de l’être humain.

Me Aref n’a pas lésiné sur ses moyens d’intimidations. Il est le soutien d’un tyran, et rien ne dit qu’il l’aime. Il interroge, dans sa plaidoirie, l’ARDHD qu’il considère non pas comme un objet déterminé mais comme un mystère qui est devenu une charge inutile à ses yeux.

Dans sa plaidoirie, dont le contenu a effectivement peut-être été jugé trop inconsistant pour être convaincant, où tout était mis en scène, où l’allégresse enjouée des rencontres et de la vie conduisent à la prédétermination de Zakaria pour créer l’événement, le drame, comme dans l’infernal huis clos sartrien ( » l’enfer, c’est les autres  » ! ) ; dans cette évidence aréfienne du déshonneur, c’est l’illusion de son humanité qui semble s’effondrer. Sa piètre prestation à convaincre de la culpabilité de l’ARDHD a tranché avec sa promesse « de se battre » au procès.

Mais sa plaidoirie ne serait-elle pas de la lâcheté déguisée en sainteté ?

Mais qui veut de cette vérité-là ? Qui peut décemment l’accepter ?

Ce n’est pas une nécessité vitale qui le (Me Aref ) pousse, mais il est possible l’appât du gain ou plutôt le besoin de reconnaissance.

La gloire : être reconnu par le plus grand nombre, Aujourd’hui la réussite se mesure à la capacité de faire parler de soi.

Quoi que l’on en dise, il me semble que c’est une infinie détresse qui le pousse dans l’œil de la société spectacle, dans le fol espoir d’enfin exister. Faute de pouvoir être, le paraître fait bien l’affaire !

Les totalitarismes ont pu bâtir des cohésions fortes autour d’idéologies et de sentiments nationaux ; les intégrismes ont obtenu le même résultat sur la base de l’intolérance religieuse et du sentiment intransigeant de posséder la vérité. Eh bien, Me Aref fait la même chose avec un peu de zèle, un peu de gens crédules, et pas mal de stupidité.

Il est frappant de constater de quelle manière son mensonge sert de support au régime liberticide djiboutien : tout d’abord, en abolissant le passé de telle sorte qu’occulté, déformé, travesti, il n’éveille pas la conscience des individus et ne permette ni nostalgie, ni révolte. Le contrôle du présent doit venir compléter la maîtrise du passé dans la logique des régimes totalitaires. Ainsi, Me Aref , au service du système, n’hésite pas à tromper ses semblables afin de garantir la stabilité politique et sociale nécessaire à une domination totale.

Je le cite “Depuis les accords de Mai 2001 , Djibouti est sur la voie de la légalité et de la réconciliation nationale ””Il pourrait donner des leçons à beaucoup d’autres pays. . . ”Est-ce un coup de propagande de bas niveau pour déformer la réalité ? Avait-il l’intime conviction de ce qu’il disait ? Etait-il persuadé sans être pour cela convaincu. ? Voulait-il donner un corps à sa cause et non des mots à son discours ? Etait-il possédé par le démon ? Etait-il hanté par une haine qui l’a rendu fou ? Je ne le sais pas. Autant de questions auxquelles il faudra répondre.

Ratifier des accords est une chose, les appliquer en est une autre.

Nous nous trouvons en somme devant un double cas de cécité hystérique, analogue à celle dont est frappée Hélène ( du roman de Flournoy ) dans la transe, et qui fait disparaître les assistants à sa vue, chacun des deux partenaires méconnaissant.

Mensonge ! Mensonge ! Mensonge qui ne sera donc qu’un outil de sa fuite en avant. . Son mensonge apparaît donc comme une solution, comme un moyen de conserver son intégrité et son identité.

Ne devient-il pas créateur de fausses vérités qui tendent au néant, à l’endroit où le langage ne permet même plus de dénoncer les excès du pouvoir.

Je l’ai trouvé à la fois terrifiant et pitoyable, à l’instar du Himmler décrit par Malaparte dans Kaputt !

Le mystère qui tourne autour de Me Aref ne cesse d’intriguer. Coquetterie outrancière, escroc stratège , génie de la mystification ou génie tout court ?

Il ne se vend pas seulement, il se réfute ! Ce fut dit, répété… négligé. On savait, on en riait à l’occasion, ou montrant les autres du doigt, les ignobles ! On s’en offusquait bruyamment. Le mépriser ? Non bien sûr. Jamais !

Que pouvons-nous espérer quand la liberté que l’on nous propose sonne le glas de notre espérance, sinon qu’enfin nous comprenions, comme l’a si bien dit Montaigne en un temps où la vanité des hommes s’affirmait dans le refus de leurs différences, que la vraie liberté est de pouvoir toute chose sur soi-même.

Le comble de la vanité est de se mépriser soi-même. .

L’histoire de l’humanité est l’histoire de la force et de la loi du plus fort.

L’allégeance à la puissance a toujours été le maître mot de tous ceux qui veulent réussir.

L’intérêt que porte Me Aref pour défendre Zakaria est certes indiscutable. Il faudra que l’on se souvienne, dans les mois à venir, comment la misère humaine conduisit à sa perte totale de toute dignité et de tout sentiment humain. Comment l’absence de toute valeur que l’homme attachait à sa propre existence entraîna une identification de celle-ci avec les attributs officiels de la citoyenneté économique. Comment l’ignorance du moindre contenu transcendant de son être poussa Me Aref – à se projeter totalement dans une dimension vide de l’existence, où il n’apparaissait plus que dans un rôle adapté à la pérennisation de la vacuité culturelle et spirituelle.

Me Aref mobilise deux dispositifs : la transparence totalitaire et la servitude volontaire.

La «transparence totalitaire» a été génialement préfigurée dans le roman de Georges Orwell «1984 » avant que d’être érigée en système de contrôle social absolu des actes et des pensées de tous et de chacun, par les grands totalitarisme du XXe siècle: elle consiste non seulement en une surveillance permanente des faits et gestes de chacun, mais en procédures de pénétration dans l’intimité même de la conscience – afin de débusquer et de prévenir tout germe de dissidence ou de critique, et au fond la liberté d’éprouver et de penser par soi-même. « La double pensée est le pouvoir de garder à l’esprit simultanément deux croyances contradictoires et de les accepter toutes deux. » (p. 303) ; « elle est un vaste système de duperie mentale. » (p. 305).

Enfin, cet ingrédient serait sans force sans l’intervention, cette fois personnelle, de la «servitude volontaire» décrite dès le XVIe siècle par l’ami de Montaigne, Étienne- De La Boétie. Il désigne par cette expression le consentement apparemment «libre» au pouvoir en lace, et qui aboutit à lui confier corps et âme, l’entière disposition de soi-même moyennant quelques compensations flatteuses. Cet accord de soumission est au service d’une obéissance durable et sans failles, faute de quoi elle ne serait que contrainte haïssable ou calculatrice et provisoire, et le pouvoir réduit à la condition de «tigre en papier».

Le régime dictatorial djiboutien se sert donc bien de Me Aref comme personnage falsificateur, afin de démasquer les citoyens insoumis et séditieux : à ce titre, il devient un personnage fantomatique et négatif, simple jouet du gouvernement.

Me Aref est une belle illustration des errances vers lesquelles peut conduire la recherche débridée du profit. Quand la course à l’argent est la référence qui détermine les choix et les actions, que reste-t-il de l’homme ? .

Mohamed Qayaad

29/10/05 (B322) Pour notre rubrique, les interviews éphémères et (presque) imaginaires, Me Aref a accepté de répondre aux questions de l’équipe de l’ARDHD et il explique de façon exclusive sa vision de la situation et de son avenir politique : Délire ou réalisme politique ?

Bonjour Me AREF et d’abord un grand merci de recevoir l’équipe de l’ARDHD.

Bien entendu, nous rappelons en préambule que notre Président n’est pas présent, afin de ne pas interférer dans la procédure que vous avez instruite et plaidée contre lui.

Me AREF :
En effet, il y a des règles et je tiens à ce qu’elles soient respectées. Toute ma vie personnelle et professionnelle a été influencée par un profond respect de l’éthique et de la morale et par un respect absolu de mes devoirs et de mes engagements. La Loi doit être respectée et quiconque s’y oppose, doit être jugé avec la plus grande fermeté. J’y reviendrai plus tard et je vous prouverai que les rumeurs qui sont colportées sont dénuées de tout fondement, à la base même. En tout cas, il est interdit à un avocat de recevoir la partie adverse.

ARDHD :
Maître, pourriez-nous expliquer les raisons pour lesquelles de nombreux observateurs pensent que vous avez effectué un « retournement à 180° » ?

Vous avec été le défenseur des syndicats, en particulier des enseignants, membre reconnu d’Amnesty International, puis arrêté sous Gouled en 91/92, relaxé par le tribunal, puis arrêté de nouveau par Guelleh en 99, pour escroquerie et condamné lourdement à ce motif. Aujourd’hui, on dit que vous êtes l’avocat de la Présidence et en tout cas, celui du Général Zakaria que vous avez défendu à deux reprises : contre DAF à Djibouti et contre l’ARDHD à Paris.

AREF :
Votre question est intéressante, mais elle est mal formulée, car elle présente les faits de façon tendancieuse, surtout quand vous parlez de « retournement ». Je m’inscris en faux contre cette expression et je vais vous expliquer pourquoi.

ARDHD :
Nous sommes attentifs …

Me AREF :
Issu d’une grande famille, je compte parmi mes ancêtres le Bey qui a signé les accords, autrefois avec la France. Plus proche de nous, j’ai des liens de parenté avec le Sultan de Tadjourah. Mon oncle Ali a été Président du Conseil, au temps de la Colonisation française. Un autre oncle, par alliance est Premier des Ministres. J’ai fait mes études dans les écoles militaires de la République française. Bien que ce ne soit pas conforme avec la Constitution(mais qui s’en soucie ?), je bénéficie de la double nationalité française et djiboutienne. Je n’en dirai pas plus, car cela suffit à vous montrer combien notre famille est à la fois proche des Français, mais aussi extrêmement puissante dans la région, bien qu’elle ait passagèrement perdu un peu de pouvoir. Le retour n’en sera que plus marquant.

A l’indépendance qui a marqué un retrait politique notoire de la France dans le Pays, nous avons perdu tout notre pouvoir, mais pas notre influence. C’est le point clef qui explique toute la suite.

Pour récupérer le pouvoir qui avait été accaparé par les Mamassan, nous n’avions d’autre choix que mobiliser les Afar dans une lutte fratricide. En sous-main, nous avons participé au développement du FRUD, dont j’étais membre sans l’être, afin de conserver ma liberté de pencher vers un camp ou vers l’autre, au gré de nos intérêts.

Guelleh que j’admire beaucoup, en dépit du fait qu’il occupe aujourd’hui le poste qui me revenait de droit, avait déjoué, à l’époque, notre fine stratégie à double détente. Il nous a fait incarcérer, mon Oncle, des amis et moi. En réalité, ce n’était qu’une façade, car nous étions pas si mal traités que cela à Ali Adde (mon épouse l’avait confirmé), même si de temps à autre, nous devions faire semblant d’être des victimes sous la menace d’une exécution à brève échéance, afin de remobiliser l’opinion publique, autour de mon image.

L’ARDHD et son Président n’ont rien compris, non pas à la stratégie des Afar en général car il ne faut jamais généraliser, mais à celle de notre clan. Bien involontairement, je dois dire, ils sont tombés dans le piège que nous avions tendu et ils nous ont soutenus avec la force et l’efficacité que le monde entier leur reconnaît. Mais au fond, ils dérangeaient notre stratégie, tout en l’aidant …

Ils la dérangeaient, car nous n’étions pas des vraies victimes en réalité … mais simplement des hommes dont l’espace de liberté avait été provisoirement réduit, en quelle que sorte. Mis à l’écart le temps de se refaire une nouvelle image de marque : celle de victimes, indispensable pour l’application du compromis, dont je vais vous parler.

Ils nous aidaient, car ils contribuaient à véhiculer cette image de martyr, montée de toutes pièces.

ARDHD :
Ce n’est pas simple à comprendre. Quels étaient les objectifs de cette mise en scène ?

AREF :
Vous les Européens, vous êtes incapables de comprendre les subtilités de la diplomatie des Africains. Nous ne sommes pas cartésiens, mais nous sommes habiles et je suis passé maître dans l’art de jouer sur deux tableaux à la fois ….

ARDHD :
Mais les objectifs ?

AREF :
Soyons clairs ! Conserver notre force d’influence mais retrouver le pouvoir. Après le début des combats, nous avons négocié un compromis avec Gouled et avec Guelleh. Il avait été convenu que Guelleh ferait deux mandats et qu’il me repasserait directement les commandes ensuite afin d’assurer une alternance familiale. Je ne suis pas tribaliste, mais il faut accepter les réalités du terrain et le tribalisme est le seul lien qui unit des hommes issus de la même origine … il participe activement au soutien des familles dirigeantes.

Donc, il fallait jouer finement pendant les deux mandats qui étaient réservés à Guelleh. D’abord apparaissant comme la victime d’un harcèlement judiciaire, durant le premier mandat, je devais évoluer vers un rôle majeur de défenseur, afin de reprendre progressivement ma place sur la scène politique.

Encore une fois, Schaal n’a rien compris à ma stratégie et il n’a jamais accepté, non pas que je retourne ma veste, mais que j’applique les accords passés et préparés de longues dates. Les grandes lignes de cette stratégie avaient été élaborés dès 1991 par les sages de nos familles respectives : Ali Aref d’un côté et Gouled de l’autre. L’arrivée de Dileita comme PM, était prévue : elle fait partie de l’application de cette stratégie et elle confirme ce que je vous disais : nous avons toujours notre capacité d’influence mais sans aucun pouvoir effectif.

Croyant bien faire et j’en suis convaincu, l’ARDHD, qui n’a pas compris le sens caché des messages que je lui ai fait passer, s’est mise en travers de mon chemin. Il fallait donc l’éliminer, d’autant plus que sa notoriété progressait fortement, comme média de l’opposition.

Pour rester honnête, comme je l’ai toujours été, je dois dire que l’ARDHD est l’une des rares forces véritables de l’opposition : son site est le plus lu. Vous savez pourquoi ? Parce qu’elle ne cherche pas à prendre le pouvoir !

Ce n’est pas le cas des nombreuses organisations qui sont dirigées par des Djiboutiens : beaucoup ont bien compris leur intérêt et les subtilités de la partie, puisqu’elles négocient périodiquement avec les représentants de Guelleh.

A quelques exceptions près (Ils étaient parmi ceux qui ont eu la cohérence d’assister au procès le 18 octobre), on ne peut généralement pas parler d’opposants purs et durs au régime, mais d’un système au sein duquel chacun échafaude des stratégies pour se positionner au mieux et ne pas perdre les avantages qu’il pourrait obtenir, du fait de l’importance relative de son audience parmi la communauté.

ARDHD :
Intéressant. Pourriez-vous nous donner des noms de partis politiques qui sont dans un cas ou dans l’autre ?

AREF :
Absolument pas, c’est plus qu’un Secret Défense et on ne le déclassera pas ! Mais interrogez donc les Djiboutiens : beaucoup pourraient vous les donner …. !

ARDHD :
Passons, tout cela nous semble bien compliqué et un peu alambiqué.

AREF :
Pour que je prenne le pouvoir, sans combat, à la fin du mandat de Guelleh, il est indispensable que j’abatte l’ARDHD, qui me fait de l’ombre maintenant et surtout qui médiatise ce qu’elle appelle « mon retournement », qui n’en est pas du tout un, car c’est l’application d’un plan conçu il y a plus 15 ans.

L’ARDHD brouille les cartes et contribue à dégrader dramatiquement mon image sur le plan international, ce qui est inacceptable. Par exemple, elle a agi pour que je sois destitué de mon poste de Vice-président de l’UIDH et bien d’autres encore. Alors que j’avais besoin de ces « couvertures » pour continuer mon double jeu, qui est l’un de mes domaines de prédilection.

Donc l’ARDHD dérange mes plans. Peu importe s’ils m’ont défendu avec honnêteté et engagement, moi je n’ai aucun état d’âme, vous le savez bien. En parfait accord avec Guelleh, nous avons pris le prétexte du Général Zakaria (c’aurait pu être un autre, mais j’ai remarqué que l’ARDHD avait dépassé les limites dans ce cas et donc que les rigueurs de la Loi devaient s’appliquer aussi à cette Association) pour déposer une plainte contre l’ARDHD. Pour moi, c’est sans risque : si l’ARDHD est condamnée, tout le mérite me reviendra et je pourrais le valoriser devant Guelleh, si c’est le contraire, c’est le Général seul qui aura perdu … et il s’en expliquera avec Guelleh, qui sera furieux !

ARDHD :
Ce n’est pas élégant …

AREF :
Pas du tout, mais le résultat seul compte. Alors que j’ai toujours des soutiens personnels au sein de la diplomatie non seulement française mais aussi américaine (nouée lors d’un voyage « de formation » qui m’a été offert aux USA, par le Gouvernement fédéral), je ne vais pas prendre des gants avec des gens qui n’ont rien compris à notre stratégie et qui, par pure naïveté, prennent les choses au premier degré. Tant qu’ils pouvaient m’être utiles, je leur envoyais des lettres de chaleureux remerciements. Maintenant le contexte est différent et c’est devant un tribunal français que je les attaque. C’est cela, la politique-réalité. Aujourd’hui, mon tremplin politique, c’est Guelleh, alors je m’appuie sur lui. Demain, eh bien on verra !

ARDHD :
Merci Me AREF pour ces réponses franches qui permettent de mieux clarifier votre action. Peut-on écrire : AREF sera le futur Président après Guelleh ?

AREF :
Surtout pas, car je vous attaquerai de nouveau au pénal pour diffusion de fausses informations destinées à me nuire auprès d’IOG ! Et cette fois, vous n’aurez aucun élément pour le prouver ni aucun témoin pour vous soutenir.

ARDHD :
Mais si vous le faisiez, pourriez-vous plaider pour vous ?

AREF :
Certainement pas et vous le savez très bien ! Je demanderai à mes excellents amis, Me Martinet ou Me Wabat Daoud de le faire et cela m’étonnerait qu’ils me refusent un tel service, sachant mon avenir politique.

ARDHD :
Comment voyez-vous la suite ?

AREF :
Mon retour dans la majorité au pouvoir se fait progressivement. D’abord, sans étiquette, avec mon Oncle Ali Aref, nous avons soutenu officiellement la campagne présidentielle de Guelleh.

Ensuite je vais me rapprocher officiellement de nos amis, qui ont rejoint les bancs de la majorité avant nous, comme Gabayo, Aden Robleh ou Moumin Bahdon, pour ne citer qu’eux. Seule la majorité a les compétences et l’infrastructure pour gérer efficacement ce pays et pour poursuivre efficacement les actions et les sytèmes « particuliers » mis en place. Je vous défie de me dire qui, au sein de l’opposition, pourrait le faire : il manquerait d’éléments !

ARDHD :
Toujours le réalisme politique, façon AREF ?

AREF :
Entre nous et « Off record » l’avenir vous le confirmera. Faites enfin, un effort pour comprendre les subtilités africaines et la stratégie de ma famille. Reconquérir le pouvoir perdu, mais sans ne jamais le dire. Dans quelque temps, je retrouverai le fauteuil qui me revient de droit, non pas seulement pour mes compétences, mais surtout pour mes origines familiales. L’alternance n’est pas un vain mot, mais l’alternance familiale uniquement.

En quittant le bureau de Me AREF, nous nous souvenions qu’il avait été condamné à Djibouti pour escroquerie et rayé du barreau en 1999. Difficile de se prononcer sur la réalité des charges d’escroquerie financière, mais pouvait-on retenir aujourd’hui et après l’interview : celles d’escroquerie intellectuelle ? Il faudra que les lecteurs soient bien tolérants pour comprendre et pour accepter cette présentation pour le moins, byzantine, des faits ? Ce n’était pas encore gagné !