19/03/11 (B595) Yémen Express – près de 200 blessés parmi des manifestants à Hodeïda – les partisans du gouvernement attaquent les manifestants à Al-Hodeïda – quatre journalistes étrangers expulsés – 40 manifestants blessés – remaniement ministériel sur fond de tensions croissantes – la contestation prend une tournure plus violente – sept manifestants, dont un enfant, tués par la police – Cinq morts, dont un écolier (8 articles)

____________________ 8 – Le Parisien avec AFP

17/03 Yémen: près de 200 blessés parmi des manifestants à Hodeïda

Près de 200 manifestants ont été blessés, dont dix par balle, lors de la dispersion mercredi d’un sit-in hostile au régime à Hodeïda, dans l’ouest du Yémen, selon des sources médicales.

La police a ouvert le feu et lancé des grenades lacrymogènes sur les protestataires rassemblés dans cette ville portuaire de la mer Rouge, alors que des partisans du régime les attaquaient à l’arme à feu, à coups de bâtons et de pierres, ont indiqué ces sources.

Près de 200 personnes ont été blessées parmi lesquelles dix par balle, une vingtaine par des armes blanches et une trentaine par des pierres, ont précisé des médecins qui gèrent un centre d’urgence sur le lieu du sit-in.

Selon des organisateurs du rassemblement, certains ont été intoxiquées par les gaz lacrymogènes, tirés par les forces de l’ordre.

Une quarantaine de personnes ont été tuées dans les troubles au Yémen depuis le début fin janvier du mouvement de contestation appelant au départ du président Ali Abdallah Saleh, au pouvoir depuis 32 ans.

Dans la ville de Jouf, au nord-est de Sanaa, les combats se sont poursuivis pour la troisième journée consécutive entre des partisans du parti au pouvoir, le Congrès populaire général (CPG) et des sympathisants de l’opposition, selon un responsable local. Trois partisans du CPG ont été blessés.

Les affrontements revêtent un caractère tribal, les partisans du CPG faisant partie des tribus d’Al-Hamad et Al-Hadra alors que les opposants appartiennent à d’autres tribus.

Un opposant avait été tué mardi dans un affrontement dans cette ville frontalière de l’Arabie saoudite.

Les partisans du régime tentaient de déloger les opposants retranchés depuis lundi dans les bureaux du siège du gouverneur de la province, selon des témoins.

____________________ 7 – Nouvel Obs avec AP

17/03 Yémen: les partisans du gouvernement attaquent les manifestants à Al-Hodeïda

Des partisans du gouvernement, armés de bâtons, de couteaux et d’armes à feu, s’en sont pris aux manifestants de l’opposition installés en campement sur une place d’Al-Hodeïda, ville portuaire dans le sud du Yémen, les affrontements faisant des centaines de blessés, selon des témoins.

D’après les témoins, les partisans du président Ali Abdallah Saleh étaient au moins 10.000. Il s’en sont pris à environ 4.000 manifestants de l’opposition dans ce port situé sur la Mer rouge. La police est intervenue pour séparer les deux camps à coups de gaz lacrymogènes, la plupart des blessés souffrant d’intoxication après avoir inhalé ces gaz.

Selon des témoins s’exprimant sous le couvert de l’anonymat, ces assaillants étaient des membres de la police secrète et des “voyous à la solde du gouvernement”.

Depuis un mois, les Yéménites manifestent quotidiennement pour réclamer le départ du président, au pouvoir depuis 32 ans. Ces dernières semaines, la répression des manifestations s’est intensifiée, la police ouvrant le feu sur la foule et des hommes en civil s’en prenant également violemment aux manifestants.

Mardi, les pro-gouvernementaux à Al-Hodeïda ont mis le feu au siège local du parti Al-Islah, un des principaux partis d’opposition. Une attaque qui a fait cinq blessés, selon le parti.

Toujours mercredi, mais dans la province de Taïz, huit jeunes femmes ont été blessées lors de la dispersion d’une manifestation étudiante contre Saleh.

____________________ 6 – Nouvel Obs avec AP

15/03 Yémen: quatre journalistes étrangers expulsés

Quatre journalistes, deux Américains et deux Britanniques, ont été expulsés lundi du Yémen après avoir été détenus pendant plusieurs heures à Sanaa, la capitale.

L’un d’eux, Oliver Holmes, un journaliste britannique, a expliqué que cinq agents de sécurité armés les avaient interpellés lundi matin dans l’appartement qu’ils partagent à Sanaa. Selon M. Holmes, un de ces agents leur a dit qu’ils devaient partir à cause des articles qu’ils écrivaient.

Ces arrestations surviennent alors que le Yémen est secoué depuis des semaines par un mouvement de contestation contre le président Ali Abdullah Saleh, au pouvoir depuis 32 ans.

Lundi, un gouverneur provincial a été blessé d’un coup de poignard dans le cou par plusieurs agresseurs, et une soixantaine d’autres personnes ont été blessées dans le pays lors de confrontations entre les forces de sécurité et des manifestants

____________________5 – Le Figaro avec AFP

15/03 Yémen/Sanaa: 40 manifestants blessés

Près de quarante manifestants ont été blessés par balles lors de manifestations aujourd’hui dans deux villes au nord-est et à l’est de Sanaa, ont indiqué des témoins et des responsables locaux.

Vingt manifestants ont été blessés en tentant de prendre d’assaut le siège de la province de Jouf, au nord-est de Sanaa, ont indiqué ces sources. Les forces de sécurité, gardant le bâtiment, et des partisans du régime, ont ouvert le feu sur les assaillants. Deux des partisans du Congrès populaire général (CPG – du président Saleh) ont été blessés par des jets de pierre, selon ces sources.

A Marib, à l’est de la capitale, des manifestants ont également marché sur le siège du gouverneur mais ont été repoussés par des tirs des forces de l’ordre, selon des responsables locaux. Dix-sept manifestants ont été blessés, selon ces sources.

C’est la première fois que des incidents violents sont signalés dans des villes situées dans cette région qui connaît également des protestations contre le régime du président Ali Abdallah Saleh. Un manifestant a été tué hier par la police à Aden (sud), et les manifestants à Sanaa ont subi une attaque en règle de partisans du régime, au lendemain de la journée la plus sanglante depuis le début de la contestation fin janvier, pendant laquelle sept manifestants ont été tués.

_____________ 4 – Quotidien du Peuple avec Xinhua

15/03 Yémen : remaniement ministériel sur fond de tensions croissantes

Le président yéménite Ali Abdullah Saleh a nommé deux nouveaux ministres dimanche alors que les manifestations s’amplifient depuis des semaines pour réclamer la fin de son régime, en place depuis 33 ans.

M. Saleh a remplacé le ministre des Affaires religieuses Hamoud al-Hitar par le ministre de la Jeunesse et des Sports Hamoud Mohammed Abad, selon un décret officiel rendu public sur le site internet de l’agence de presse Saba.

Le président a également nommé Aref Awad al-Zoka nouveau ministre de la Jeunesse et des Sports, à l’occasion du remaniement de son gouvernement.

Le Yémen est le théâtre de manifestations appelant à des réformes politiques et économiques depuis le début de l’année.

Le 22 janvier, le président yéménite avait limogé le ministre du Commerce et de l’Industrie Yahya al-Mutawakil, remplacé par le vice-ministre de la Planification et de la Coopération internationale Hisham Sharaf Abdullah, toujours selon Saba.

_______________________ 3 – Nouvel Obs

14/03 Yémen : la contestation prend une tournure plus violente

Un manifestant a été tué par des tirs de la police à Aden. Les Etats-Unis se disent “profondément préoccupés” par les violences au Yémen qui ont fait 8 morts et de nombreux blessés ces derniers jours.

L’opposition yéménite a appelé “tout le peuple à intensifier les sit-in et les manifestations dans toutes les régions, afin (que le chef de l’Etat) n’ait plus qu’une seule option, le départ” AFP

Les manifestants à Sanaa ont subi dimanche 13 mars une attaque en règle de partisans du régime, au lendemain de la journée la plus sanglante au Yémen depuis le début des marches exigeant le départ du président Ali Abdallah Saleh fin janvier.

Un manifestant a été tué par des tirs de la police anti-émeutes dimanche après une attaque menée par des protestataires contre un poste de police dans le quartier de Dar Saad à Aden, a-t-on appris de source médicale.

“Un manifestant, Nafee Ali Naji, 25 ans, a été mortellement touché par les tirs des unités anti-émeutes qui sont arrivées à Dar Saad après une attaque contre le poste de police du quartier”, a déclaré un membre du personnel de l’hôpital Naqib, où le corps de la victime a été transporté.

Des témoins ont précisé que les policiers pourchassaient les manifestants dans les ruelles du quartier après l’attaque contre le poste de police durant laquelle dix fusils d’assault AK-47 ont été pris et trois véhicules de la police incendiés.

Samedi, à travers le pays sept manifestants, dont un enfant de 12 ans, ont été tués par balles et des centaines de personnes ont été blessées par des gaz toxiques dans la violente dispersion par la police de protestataires. Les autorités ont nié l’utilisation de gaz autres que lacrymogènes.

Les Etats-Unis ont réagi dans un communiqué du département d’Etat affirmant : “Les Etats-Unis sont profondément préoccupés par les informations faisant état de morts et de blessés dans les manifestations qui ont eu lieu au Yémen au cours de la semaine écoulée”, écrit le porte-parole de la diplomatie américaine, Philip Crowley, en présentant les condoléances des Etats-Unis aux proches des victimes.

“La violence doit cesser immédiatement”

“La violence doit cesser immédiatement. Nous appelons le gouvernement yéménite à enquêter rapidement sur ces incidents et à faire le nécessaire pour protéger le droit de tous ses citoyens, en accord avec les engagements du président (yéménite Ali Abdallah) Saleh”, poursuit le communiqué du département d’Etat américain.

Le chef de l’ONU, Ban Ki-moon s’est déclaré “très inquiet” de la détérioration de la situation au Yémen et condamné “l’usage excessif de la force” contre “des manifestants pacifiques”. Il a appelé à la plus grande retenue, exhortant le gouvernement et l’opposition à commencer un dialogue authentique et large”.

“Les assaillants ont tiré à balles réelles”

Dimanche, des dizaines de manifestants ont été blessés sur la place de l’Université de Sanaa, épicentre de la contestation, dans une attaque des policiers soutenus par des partisans du régime, ont indiqué des témoins. Les heurts ont commencé lorsque des policiers et des partisans du Congrès populaire général (CPG-parti présidentiel), ont attaqué les protestataires, selon les témoins.

“Les assaillants ont tiré à balles réelles et tiré des gaz lacrymogènes”, a indiqué l’un d’eux, ajoutant que les “blessés se comptent par dizaines et sont soit atteints par des tirs, soit souffrent de suffocations”.

Samedi, deux personnes ont été tuées à Sanaa, l’un par des tirs de la police sur des manifestants qui campent depuis le 21 février sur la place de l’Université et l’autre par les tirs d’un sniper.

Depuis samedi soir, de nouveaux groupes de contestaires viennent se joindre au sit-in, alors qu’à Taëz, autre centre de la contestation de la capitale, cinq manifestants ont été blessés par les tirs de la police, selon un responsable local.

Quatre manifestants tués à Aden dans des émeutes nocturnes

A Aden, ville du sud rétive et à la pointe de la contestation du chef de l’Etat, quatre manifestants ont été tués dans des émeutes nocturnes lors desquelles un poste de police a été incendié par des centaines de personnes en colère, alors que d’autres bloquaient les rues avec des pneus enflammés.

Le quartier de Dar Saad a notamment été le théâtre d’affrontements pendant la nuit entre manifestants et policiers. Selon un témoin, des membres des forces de sécurité se sont postés sur les toits des immeubles près d’un poste de police et ont tiré sur les manifestants. Deux des quatre morts à Aden ont été atteints par balles à la tête, selon des médecins.

A Moukalla, dans le sud-est du pays, un écolier de 12 ans a été tué dans la dispersion par la police d’une manifestation. L’annonce de la mort de l’écolier a provoqué des manifestations spontanée, durant lesquels six manifestants ont été blessés par balle.

Au pouvoir depuis 32 ans, Ali Abdallah Saleh, un allié de Washington dans la lutte contre Al-Qaïda, a multiplié en vain les gestes d’apaisement face à une révolte qui ne se calme pas dans ce pays du sud de la péninsule arabique miné par un chômage chronique et une pauvreté endémique.

Vendredi, l’Onu avait annoncé que 37 militants et au moins six agents de sécurité avaient été tués depuis le début des troubles fin janvier.

Face à l’escalade, la Grande-Bretagne et les Pays-Bas ont appelé leurs ressortissants à quitter le Yémen, Londres condamnant des “violences inacceptables”.

_______________________ 2 – Le Parisien avec AFP

14/03 Yémen : sept manifestants, dont un enfant, tués par la police

Après la violente intervention de la police contre le sit-in de la place de l’Université, les manifestants blessés ont été soignés dans une mosquée voisine.

La contestation populaire ne faiblit pas au Yémen, où l’on déplorait samedi cinq nouveaux morts, tombés sous les balles des policiers. De source médicale, un écolier de 12 ans a été tué par des tirs de la police à Moukalla, dans le sud-est du pays, lors d’une manifestation de plusieurs centaines d’élèves contre le régime.

A Sanaa, un manifestant a été tué dans l’attaque du sit-in réclamant le départ du président Ali Abdallah Saleh. Un troisième manifestant a été tué dans l’après-midi par les tirs d’un sniper alors qu’il tentait de se joindre à ce sit-in avec d’autres jeunes.

En fin de journée, on apprenait de source hospitalière un quatrième décès à Aden, provoquant la colère de centaines de personnes qui ont incendié un poste de police dans le quartier de Dar Saad. La police a répliqué pour disperser les manifestants touchant mortellement l’un d’eux. Deux autres personnes blessées lors de la dispersion sont décédées dimanche, ce qui porte à sept le nombre de victimes.

Tirs à balles réelles et gaz toxiques

Samedi, selon les organisateurs du sit-in à Sanaa, la police a lancé un assaut à l’aube contre les manifestants qui campent depuis le 21 février sur la place de l’Université, tirant à balles réelles et lançant des grenades lacrymogènes. Outre le manifestant tué, près de autres ont été 300 blessés, dont 30 par balles, et d’autres intoxiqués par les gaz. Le comité médical formé par les contestataires a accusé les forces de sécurité d’employer des gaz toxiques. En milieu de matinée, les forces de sécurité ont bloqué tous les accès à la place, épicentre de la contestation contre le président Saleh. Des tirs étaient toujours entendus.

Au pouvoir depuis 32 ans, le chef de l’Etat s’était engagé dans un discours jeudi à «continuer de protéger» les manifestants, qu’ils soient pour ou contre son régime. L’assaut de la police, samedi, est intervenu après que des manifestants ont étendu pendant la nuit leur camp de toile à plusieurs rues proches de la place de l’Université : ils ont ainsi dépassé les blocs de béton installés par la police pour marquer la limite autorisée au sit-in. Dans la nuit de mardi à mercredi, la police avait attaqué le campement pour la même raison, et un étudiant avait été tué.

Jets de pierres contre les policiers

«Dès trois heures du matin, la police a tenté de démonter des tentes et d’arracher des haut-parleurs dans les rues voisines de la place de l’Université, mais nous les en avons empêchés», explique Mohammad Saïd, un étudiant de 20 ans. Selon lui, la police est revenue deux heures plus tard avec des renforts.

«Ils ont commencé à tirer des balles réelles et des grenades lacrymogènes mais n’ont pas pu nous déloger», a-t-il assuré. Certains manifestants ont lancé des pierres sur les policiers, d’après des témoins.

Un médecin membre du comité médical mis en place par les organisateurs assure que les forces de sécurité ont employé des gaz inervants. «Ce ne sont pas des gaz lacrymogènes, mais des gaz toxiques qui paralysent le système nerveux et l’appareil respiratoire et provoquent des évanouissements», explique le docteur Hassan al-Joshaai, spécialiste du système nerveux.

Ce médecin affirme que neuf manifestants ont été atteints par ces symptômes lors du premier assaut mardi soir. «Nous avons demandé aux autorités de nous fournir le traitement adéquat et nous attendons toujours», déplore-t-il.

La répression du mouvement de contestation au Yémen a déjà fait une trentaine de morts.

_______________________ 1 – L’Alsace

14/03 Yémen Cinq morts, dont un écolier

Hier à l’aube, un manifestant a été tué et « près de trois cents » autres ont été blessés (ici, la foule de protestataires laisse passer une ambulance) durant l´attaque, par la police, d´un campement d’opposants au régime, installé depuis le 21 février sur la place de l´Université à Sanaa. Les forces de l’ordre ont tiré à balles réelles, bien que le président Saleh se soit engagé, jeudi, à « continuer de protéger » les manifestants.

Un autre homme a été abattu alors qu’il tentait de se joindre, avec d´autres, au sit-in de l’Université.

À Moukalla, dans le sud-est, c’est un écolier de douze ans qui a été touché par des tirs de la police. Enfin, à Aden, un homme, qui tentait, avec d’autres manifestants, de mettre le feu à un poste de police, a été abattu

13/03/11 (B595) Yémen Express (1/2) – les forces de sécurité ouvrent le feu sur les manifestants – manif dispersée: 14 blessés – Comprendre la crise au Yémen – le président Saleh propose une nouvelle constitution – la police ouvre le feu – la contestation se durcit – mort d’un manifestant blessé – un mort, 60 blessés dans une révolte de prisonniers (9 articles)

___________________ 9 – Nouvel Obs avec AP

Yémen: les forces de sécurité ouvrent le feu sur les manifestants

Les forces de sécurité ont ouvert le feu vendredi sur les manifestants, qui défilaient dans plusieurs villes du Yémen, dans ce qui semble être la plus importante mobilisation à travers le pays depuis le début de la contestation il y a un mois. Ils réclament le départ du président Saleh au pouvoir depuis 32 ans.

Des témoins rapportent que dans la ville portuaire d’Aden, dans le sud du pays, les forces de sécurité ont tiré sur des manifestants qui déchiraient des affiches du président Ali Abdullah Saleh. Six manifestants ont été blessés, dont un grièvement.

Des dizaines de milliers de personnes voulaient signifier à leur dirigeant qu’ils rejettent l’offre de compromis de Saleh.

Ce dernier a proposé jeudi d’élaborer une nouvelle constitution, garantissant l’indépendance du parlement et du judiciaire.

Des centaines de femmes ont également participé dans la capitale à Sanaa, aux manifestations, qui ont débuté il y a un mois

___________________ 8 – Le Figaro avec AFP

12/03 Yémen: manif dispersée: 14 blessés

Quatorze personnes ont été blessées vendredi lorsque la police a dispersé une manifestation réclamant le départ du président yéménite Ali Abdallah Saleh à Sanaa, principale ville du sud du Yémen, selon des sources médicales.

Des milliers de personnes participaient à la manifestation, scandant "A bas Ali Abdallah Saleh", "Le tyran doit partir", au milieu d’un important déploiement policier.

Les policiers ont dispersé la manifestation alors qu’elle tentait de s’approcher du quartier de Khor Maksar, en tirant à balles réelles et en lançant des grenades lacrymogènes.

Trois manifestants ont été blessés par balles, dont un grièvement atteint à la tête, et les autres asphyxiés par les gaz lacrymogènes, selon des sources médicales. "C’était une marche pacifique, mais ils ont tiré en notre direction à balles réelles et lancé des gaz lacrymogènes", a affirmé à l’AFP un manifestant, Wajid al-Sabihi.

La manifestation est intervenue au lendemain d’une proposition du président, au pouvoir depuis 32 ans, d’abandonner ses pouvoirs exécutifs avant la fin de l’année mais cette nouvelle concession a été rejetée par l’opposition qui exige son départ.

Le président est la cible d’une contestation populaire depuis la fin janvier qui a déjà fait une trentaine de morts.

___________________ 7 – L’Express

11/03 Comprendre la crise au Yémen

Par Catherine Gouëset,

Le Yémen, où le pouvoir d’Ali Abdallah Saleh est contesté, est un foyer d’instabilité: confronté à une rébellion armée dans le nord-ouest, un mouvement sécessioniste dans le sud, il sert de base arrière à Al-Qaïda. Quelques clés pour comprendre cette crise.

L’arrière plan historique

Etat instable, le Yémen n’a été unifié qu’en 1990. Le nord faisait partie de l’empire ottoman jusqu’en 1918, tandis que le sud a été rattaché à l’empire colonial britannique en 1838.

Le Yémen du Sud

La position stratégique du port d’Aden, entre l’Inde et l’Europe en a fait dès l’Antiquité un lieu d’échanges commerciaux majeur. Après le départ des troupes britanniques, à la suite d’une lutte armée contre le colonialisme, le sud opte pour un régime prosoviétique, sous le nom de République démocratique populaire du Yémen. Une instabilité chronique aboutit à une guerre civile en 1986 qui fait plusieurs milliers de morts. 70 000 personnes se réfugient au nord.

Le Yémen du Nord

Des militaires renversent la monarchie religieuse (imamat) en 1962 et proclament la République arabe du Yémen. Commence alors une guerre civile qui durera jusqu’en 1970, où les pays voisins, l’Egypte de Nasser et l’Arabie saoudite, soutiennent chacun un camp. Deux ans après la signature de la paix, le pays entre en conflit avec le Yémen du Sud. Ali Abdallah Saleh qui accède au pouvoir en 1978, après avoir réussi à éliminer ses opposants, s’emploie à établir des relations équilibrées entre l’URSS et les Etats-Unis.

L’unification

C’est sous son autorité qu’aboutit l’unification avec le sud en 1990. Ali Abdallah Saleh devient président de la république à la tête d’un conseil présidentiel composé de trois nordistes et de deux sudistes.

Des tensions apparaissent avec le voisin saoudien quand Sanaa refuse de participer à la coalition anti-irakienne en 1991. Ryad expulse alors 800 000 Yéménites, ce qui prive Sanaa de devises et accroît les difficultés économiques du pays, pourtant déjà le plus pauvre du Proche-Orient. C’est à cette période que naît le parti d’opposition islamiste El Islah.

La tension persiste avec le Sud

Un brève épisode de guerre entre le nord et le sud en 1994 aboutit à l’élimination de l’ancien parti du gauche du Yémen du Sud et au renforcement de l’autoritarisme du régime, mais ne met pas fin aux tensions avec la partie méridionale qui s’estime discriminée par les dirigeants du Nord.

Le taux de chômage des jeunes, déjà important dans tout le pays, y serait par exemple encore plus élevé (40% des jeunes de 20 à 24 ans). Le Financial Times rapporte que pour certains observateurs, le danger posé par les séparatistes du sud est plus grave que celui que représente Al Qaïda.

La rébellion du nord

La rébellion "houthiste" dans le nord du pays s’enracine dans la religion zaïdite, une branche de l’islam chiite. Les Houthistes, avec à leur tête Abdelmalek Al-Houthi, assurent vouloir préserver leur identité religieuse menacée par un wahhabisme en pleine expansion.

Le zaïdisme est très présent sur les hauts plateaux yéménites, en particulier dans la régions de Saada (ou Sa’dah), aux confins de l’Arabie saoudite. Cette région, qui fut l’un des derniers bastions royalistes lors de la guerre civile dans les années 60, a longtemps été laissée à l’écart des politiques de développement selon Pierre Bernin ("Les guerres cachées du Yémen"). Par ailleurs, comme toujours au Yémen, le conflit religieux s’articule avec les solidarités tribales.

Le gouvernement accuse la rébellion de vouloir rétablir l’imamat zaïdite qui régnait sur le Yémen du nord avant le coup d’état militaire de 1962, mais aussi d’être soutenus par l’Iran. Depuis 2004, le conflit aurait fait plus de 10 000 morts et entraîné le déplacement de plusieurs dizaines de milliers de civils (300 000 selon l’ONU).

Le gouvernement et la rébellion ont signé, le 12 février, un cessez-le-feu qui offre un espoir -certes relatif – de répit pour la région (un précédent cessez-le feu en 2007, négocié grâce à une médiation du Qatar avait fait long feu). La rébellion houthiste s’est depuis associée au mouvement de protestation en proclamant son soutien, le 21 février, aux manifestants de Sanna et du reste du pays.

La présence d’Al Qaïda

Le pays le plus pauvre de la région

Près de la moitié des 23 millions d’habitants vivent avec moins de 2 dollars par jour. Sanaa produit quelque 300 000 barils de brut par jour et les revenus du secteur pétrolier assurent 70% des revenus de l’Etat. Avec moins de 32% de population urbaine, le Yémen est un pays éminemment rural qui s’appuie sur des structures tribales puissantes.

Les branches saoudienne et yéménite d’Al Qaïda ont fusionné en 2009 pour donner naissance à Al-Qaïda dans la péninsule arabique (AQPA). L’AQPA est particulièrement implantée dans les provinces orientales du pays qui échappent pratiquement au contrôle des autorités yéménites. Son chef est Nasser al-Wahayshi, un proche de Ben Laden; et la figure la plus emblématique du mouvement est le religieux né aux Etats-Unis Anwar al-Aulaqi. Les services de renseignements occidentaux évaluent le nombre de combattants d’AQPA entre 400 et 600 personnes.

L’organisation aurait recruté, outre des yéménites et des saoudiens, des militants non arabes, comme par exemple Farouk Abdulmutallab, cet étudiant nigérian qui chercha à faire exploser un avion de ligne Amsterdam-Detroit le 25 décembre 2009. L’AQPA a également revendiqué l’envoi de colis piégés interceptés en novembre dernier en Grande-Bretagne et à Dubaï.

Dans un livre sur le Yémen (non traduit en français), "Dancing on the heads of snakes", Victoria Clark explique que la plupart des kamikazes saoudiens du 11 septembre étaient originaires de la province saoudienne qui historiquement avait fait partie du Yémen. Elle souligne néanmoins que tous ceux qui ont régné sur le pays, que ce soit les imams, les Ottomans ou les Anglais, ont tenu compte du fait que les tribus étaient plus préoccupées par l’argent et la terre que la religion ou une quelconque idéologie.

Si le président Ali Abdallah Saleh, comme beaucoup de despotes du monde arabe, utilise, vis-à-vis de l’Occident, la carte de la lutte contre le terrorisme, il a régulièrement manipulé à son profit le radicalisme islamisme, notamment au cours de la brève reprise de la guerre de sécession du Sud en 1994 comme le soulignait Gilles Paris dans Le Monde en janvier 2010.

La mainmise d’Ali Abdallah Saleh sur le Yémen

Le président Ali Abdallah Saleh, fin manoeuvrier, aime à dire de lui-même qu’il sait "danser avec les têtes de serpent" (l’expression dont Victoria Clark a fait le sous-titre de son livre sur le Yémen). Il a en effet survécu à la chute de son allié Saddam Hussein en Irak, à la reprise de la guerre avec le sud en 1994: il s’est allié aux radicaux islamiques mais a néanmoins obtenu la protection de Washington tout en imposant son pouvoir aux confédérations tribales, et a ainsi réussi à se maintenir 32 ans au pouvoir à la tête de ce pays éminement instable.

Depuis le début du mouvement de contestation fin janvier, il a promis de ne pas se représenter aux élections en 2014 (alors qu’il s’apprêtait à faire modifier la constitution afin d’ouvrir la voie à une présidence à vie) et nié vouloir transmettre la présidence à son fils aîné Ahmad, chef de la garde républicaine. Mais il avait déjà fait une annonce identique en 2006 avant de revenir sur sa promesse. Le passé tumultueux de son pays lui sert en tout cas à justifier son refus de céder la main: "Pourquoi veulent-ils revenir au chaos?" disait-il au début des manifestations.

Mais devant la poursuite de la vague de protestation, le "charmeur de serpents" vient de proposer ce jeudi un référendum sur une nouvelle Constitution et de renoncer à ses pouvoirs exécutifs avant la fin de l’année (il avait pourtant, la semaine passée, rejeté un plan de sortie de crise proposé par l’opposition prévoyant son départ avant la fin 2011). Il a aussi promis une plus grande décentralisation. L’opposition parlementaire et les jeunes manifestants qui campent devant l’Université à Sanaa ont immédiatement rejeté l’initiative du président, la jugeant "dépassée".

Le charme serait-il en voie d’être rompu?

___________________ 6 – Nouvel Obs avec AP

Yémen: le président Saleh propose une nouvelle constitution

Le président du Yémen Ali Abdullah Saleh a proposé jeudi de rédiger une nouvelle constitution, une concession à l’opposition, alors que les manifestations anti-gouvernement se multiplient dans ce pays de la péninsule arabique.

S’exprimant dans un stade devant des milliers de partisans à Sanaa, Ali Abdullah Saleh a promis que cette nouvelle constitution garantirait la séparation des pouvoirs législatif et exécutif. Il a également annoncé la préparation de nouvelles élections générales, qui permettrait d’établir un vrai régime parlementaire.

Le chef de l’opposition Yassin Said Numan a jugé que l’initiative de Saleh intervenait trop tard, bien que les partis de l’opposition étudieraient cette offre.

___________________ 5 – Radio Canada avec AP

Autre manifestation au Yémen après un assaut de l’armée

Des milliers de Yéménites ont manifesté avec défi, mercredi, sur une place publique de la capitale, au lendemain de la prise d’assaut de l’université de Sanaa par l’armée, une intervention qui a fait un mort et des dizaines de blessés.

Le raid des soldats à l’université a accru les tensions dans le pays, où des milliers de personnes manifestent depuis des semaines pour exiger le départ du président Ali Abdallah Saleh, au pouvoir depuis 32 ans.

Abdullah Al-Jeifi, un manifestant âgé de 24 ans, est mort lors de l’intervention de mardi, et plusieurs autres manifestants blessés sont dans un état critique, a indiqué Mohammed Al-Abahi, un médecin volontaire sur le campus de l’université de Sanaa.

Outrés par le raid du gouvernement, d’autres manifestants sont arrivés en renfort mercredi sur le campus de l’université. Un groupe de jeunes manifestants a fait circuler une « liste noire » contenant les noms de 13 personnes qui sont, selon eux, responsables des violences contre les manifestants pacifiques.

Sur la liste figure notamment le fils du président Saleh, qui dirige la garde républicaine, le ministre de l’Intérieur et d’autres hauts responsables de la sécurité. Les auteurs de la déclaration promettent une revanche contre ces responsables qualifiés de « criminels » et jurent de poursuivre leur mouvement jusqu’au renversement du régime.

Des milliers de personnes ont également manifesté dans la ville portuaire d’Aden et dans la province d’Ibb.

Des groupes de défense des droits de la personne, de même que les États-Unis, ont critiqué mercredi la répression contre les manifestants yéménites. « Nous exhortons le gouvernement du Yémen à enquêter [sur les événements] et à tenir responsables ceux qui semblent avoir utilisé une force excessive », a déclaré le porte-parole du département d’État, Mark Toner, à Washington.

Amnistie internationale a appelé les autorités yéménites à cesser d’employer des tactiques aux effets mortels contre les manifestants. « Les gens devraient être autorisés à se rassembler et à manifester pacifiquement », a dit Philip Luther, responsable de l’organisation pour la région du Moyen-Orient.

Human Rights Watch a diffusé un rapport affirmant que les forces de sécurité yéménites ont tué au moins neuf personnes et en ont blessé 150 autres, dont des enfants, lors des manifestations pacifiques du mois dernier à Aden. « Tirer dans la foule n’est pas une manière de répondre à des manifestations pacifiques », a déclaré Joe Stork, directeur adjoint de l’organisation pour le Moyen-Orient et l’Afrique du Nord.

Le ministre yéménite de l’Intérieur, le général Mouthar Al-Masri, a déclaré mercredi à des journalistes que des tirs provenant du toit d’un immeuble situé près de l’université avaient déclenché les affrontements.

Les étudiants de l’université de Sanaa campent sur le terrain de leur établissement depuis la mi-février, peu après le début des manifestations antigouvernementales au Yémen.

L’armée a pris le campus d’assaut mardi, tirant des balles réelles, des balles de caoutchouc et des gaz lacrymogènes. Environ 90 manifestants ont été blessés. « Cette agression est un indice que le régime s’effondre et qu’il ne peut tenir face à la révolution des jeunes », a dit Mohammad Qahtan, un porte-parole de l’opposition.

____________________ 4 – Libération avec AP

11/03 Yémen la police ouvre le feu

Les violences continuent à Sanaa, où la police a tiré mardi sur des manifestants rassemblés devant l’université de la capitale, faisant 80 blessés selon des sources médicales. L’un d’entre eux est mort hier, et quatre personnes sont dans un état critique. Une révolte a par ailleurs éclaté mardi dans une prison de Sanaa, faisant un mort, tandis qu’un partisan du régime a été tué hier dans le sud du pays.

Le bilan s’élève à 31 morts depuis la fin janvier, mais le président Ali Abdullah Saleh, au pouvoir depuis trente-deux ans, reste inflexible. Il a promis de quitter le pouvoir en 2013, à la fin de son mandat, mais refuse denégocier des réformes. A 68 ans, il se présente comme un rempart contre Al-Qaeda, mais les manifestants exigent son départ. .

____________________ 3 – L’Express avec AFP

10/03 Yémen: la contestation se durcit

Les opposants campent toujours sur une place de Sanaa pour réclamer la chute du régime yéménite. Un manifestant a été tué mardi.

Un manifestant blessé lors de heurts mardi entre des opposants qui campent sur une place de Sanaa pour réclamer la chute du régime yéménite et la police a succombé des suites de ses blessures. Cet étudiant a été touché par balle lorsque la police a tiré à balles réelles et lancé des grenades lacrymogènes sur les protestataires qui observent un sit-in depuis le 21 février sur la place de l’Université.


Emeute dans une prison de Sanaa

Un prisonnier aurait été tué mardi à la maison d’arrêt centrale de Sanaa dans des violences qui ont fait également une soixantaine de blessés, dont vingt policiers.

Ces affrontements ont opposé des détenus et des forces de sécurité yéménites appelées pour mater une émeute commencée lundi.

Les manifestants voulaient voulu dresser mardi soir des tentes dans une rue latérale distante d’une centaine de mètres de la place de l’Université, selon le correspondant de l’AFP, et la police est intervenue pour les en empêcher. Les contestataires ont cependant érigé ces tentes à l’aube, après les affrontements.

Dans un communiqué, le Forum commun, regroupant les partis de l’opposition parlementaire, a "dénoncé cette agression contre de jeunes manifestants pacifiques", et fait assumer au président Ali Abdallah Saleh "l’entière responsabilité de ce crime perpétré par les forces de sécurité et la garde républicaine".

Un étudiant a été tué lorsque la police a tiré à balles réelles et lancé des grenades lacrymogènes sur les protestataires qui observent un sit-in depuis le 21 février sur la place de l’Université à Sanaa.

Ces affrontements sont intervenus au lendemain de la décision de l’opposition d’intensifier la contestation jusqu’à la démission du chef de l’Etat, après le refus par le président Saleh. Un porte-parole de l’opposition, Mohammad al-Sabri, a estimé que le refus du président, dont les appuis politiques se réduisent, signifiait pour lui qu’il n’y avait plus qu’une issue, "le départ".

Ali Abdallah Saleh avait rejeté samedi une proposition de l’opposition, à travers une médiation de dignitaires religieux pour son départ avant la fin de l’année, affirmant qu’il resterait à son poste jusqu’à la fin de son mandat en 2013.

Le régime yéménite est contesté depuis fin janvier avec des manifestations à Sanaa, Taëz, Aden et dans le reste du pays. Selon Amnesty International, au moins 27 personnes ont été tuées lors de ces manifestations.

La détérioration de la situation dans le pays a incité le Département d’état américain, qui suit avec inquiétude la situation au Yémen -où Al-Qaïda est active- à conseiller à ses ressortissants à quitter le pays. La grande-Bretagne et le Canada ont fait de même samedi.

Attaques d’Al Qaïda

Trois incidents séparés attribués à la mouvance d’Oussama ben Laden ont fait six morts dans trois régions du pays ces derniers jours: dans la province de Maareb (170 km à l’est de Sanaa), un des fiefs d’Al-Qaïda, quatre membres de la garde républicaine (unité d’élite) ont été tués par des inconnus qui ont ouvert le feu sur leur camion.

Dans le sud du pays, un colonel des services de renseignement, Abdel Hamid al-Charaabi, "a été tué par deux membres d’Al-Qaïda" qui circulaient à moto à Zinjibar, chef-lieu de la province d’Abyane, selon un responsable local.

Enfin, dans la province sudiste du Hadramout, un deuxième colonel, Chayef al-Chouaïbi, a été abattu par des membres présumés d’al-Qaïda, circulant eux aussi sur une motocyclette.

____________________ 2 – Le Figaro

10/03 Yémen: mort d’un manifestant blessé

Un manifestant blessé lors de heurts hier soir entre des manifestants campant sur une place de Sanaa pour réclamer la chute du régime yéménite et la police a succombé des suites de ses blessures, selon une source hospitalière.

Le manifestant avait été touché par balle lorsque la police avait tiré à balles réelles et lancé des grenades lacrymogènes sur les protestataires, dans le premier incident du genre depuis le début du sit-in le 21 février sur la place de l’Université. Trois autres manifestants avaient été blessés par balles, et une soixantaine légèrement blessés ou intoxiqués par les gaz lacrymogènes, selon des témoins. Les autorités ont affirmé que dix policiers avaient été blessés.

Selon le correspondant de l’AFP, les manifestants ont voulu dresser des tentes dans une rue latérale distante d’une centaine de mètres de la place de l’Université, et la police est intervenue pour les en empêcher. Les contestataires qui ont installé un camp de toile sur la place de l’Université exigent le départ du président Ali Abdallah Saleh, au pouvoir depuis 32 ans.

____________________ 1 – Romandie News (Ch) avec AFP

10/03 Yémen: un mort, 60 blessés dans une révolte de prisonniers

Un prisonnier a été tué mardi à la maison d’arrêt centrale de Sanaa dans des violences qui ont fait également une soixantaine de blessés, dont vingt policiers, a indiqué à l’AFP un responsable de la sécurité.

Ces affrontements ont opposé des détenus et des forces de sécurité, alors que des manifestations à Sanaa et dans le reste du pays exigent depuis des semaines la fin du régime du président Ali Abdallah Saleh.

13/03/11 (B595) Yémen Express (2/2) – Les forces de l’ordre tuent deux enfants au Yemen – Cinq manifestants, dont un écolier de 12 ans, ont été tués et des centaines blessés samedi – un écolier tué par des tirs de la police – Utilisation de gaz neurotoxiques contre les manifestants au Bahreïn et au Yémen, rapportent des médecins (4 articles)

______________________ 4 – EuroNews

Les forces de l’ordre tuent deux enfants au Yemen

Trois personnes dont deux enfants sont morts ce samedi au Yemen dans des affrontements entre policiers et opposants au président Ali Abdallah Saleh. Les forces de l’ordre ont fait irruption dans un camp de la capitale Sanaa qui abrite des milliers de manifestants. Un jeune garçon a été tué d’une balle dans la tête.

Les policiers étaient également équipés de bâtons, de couteaux et de gaz lacrymogène et ont blessé des centaines de personnes.

Plus au sud, à Mukalla, un autre jeune garçon, âgé de 12 ans, a perdu la vie dans la répression d’une manifestation hostile au pouvoir en place. Depuis le début du soulèvement au Yemen, fin janvier, une trentaine de personnes au moins ont été tuées.

______________________ 3 – Libération

Cinq manifestants, dont un écolier de 12 ans, ont été tués et des centaines blessés samedi au Yémen.

A Sanaa, la police a lancé un assaut à l’aube contre les manifestants qui campaient depuis le 21 février sur la place de l’Université. Un manifestant a été tué et près de 300 blessés, dont 30 par balles, les autres ayant été intoxiqués par les gaz, selon le comité médical formé par les manifestants, qui a accusé les forces de sécurité d’employer des gaz toxiques.

Dans l’après-midi, un autre manifestant a été tué par les tirs d’un sniper non identifié alors qu’il tentait, avec d’autres, de se joindre au sit-in de l’Université de Sanaa, selon des sources de l’opposition.

A Aden, ville à la pointe de la contestation, cinq personnes ont été touchées par les tirs de la police lors de manifestations nocturnes et deux d’entre d’elles ont succombé à leurs blessures, selon une source hospitalière. La ville a connu en soirée de nombreuses marches demandant la chute du régime.

A Moukalla, dans le sud-est, un écolier de 12 ans qui participait à une manifestation similaire a été tué par des tirs de la police, a-t-on appris de sources médicales et auprès de témoins.

Le ministre britannique des Affaires étrangères William Hague condamne les «violences inacceptables» contre les manifestants et appelle tous les citoyens britanniques à quitter le pays. La chef de la diplomatie européenne, Catherine Ashton, a également condamné l’usage de la force et appelé les autorités à répondre aux aspiration du peuple.

______________________ 2 – Romandie News (Ch) avec AFP

Manifestation au Yémen: un écolier tué par des tirs de la police

Un écolier qui participait samedi à une manifestation contre le régime à Moukalla, dans le sud-est du Yémen, a été tué par des tirs de la police, a-t-on appris de sources médicales et auprès de témoins.

Le garçon de 12 ans a été tué alors que la police tirait des balles réelles pour disperser une manifestation de plusieurs centaines d’élèves, débutée dans le quartier de Fowa, selon des témoins.

Des étudiants et écoliers sont descendus samedi dans les rues du Yémen, après un appel à la désobéissance civile dans les écoles.

_________________________ 1 – Agora Vox

Utilisation de gaz neurotoxiques contre les manifestants au Bahreïn et au Yémen, rapportent des médecins

« Toutes les substances actuellement utilisées au Bahreïn pour disperser les émeutiers sont approuvées au niveau international, », proclame le directeur du tribunal militaire, Major Humood Saad devant le parlement, « Il dit aussi, qu’elles sont des substances naturelles et que l’interdiction de la police de les utiliser pendant les émeutes, signifierait que les policiers auraient à utiliser davantage des méthodes létales et potentiellement plus fortes, telles que des balles en caoutchouc », rapporte la télévision de Bahreïn.

D’un autre coté le Dr Aziz Abul proclame que la loi interdit au Bahreïn d’utiliser la guerre chimique contre ses ennemis, « mais autorise la police à l’utiliser contre son peuple. »

Des médecins ont confirmés que l’état du Bahreïn utilise bien des méthodes « plus violentes et potentiellement mortelles », afin de mettre abas les appels pour un gouvernement plus représentatif.

D’autres médecins témoins des manifestations anti-gouvernementales violentes dans la capitale du Yémen Sanaa ont dit que ce qu’on croyait être des gaz lacrymogènes tirés par les forces du gouvernement sur les manifestants sont peut être des gaz neurotoxiques, ce qui est interdit dans le droit international, rapportent le magasine The Australien.

« Le contenu de ce gaz qui rend les gens convulsifs pendant des heures. Il les paralyse. Ils ne pouvaient pas bouger du tout. Nous avons essayé de leur donner de l’oxygène, mais cela n’a pas fonctionné », a déclaré Amaar Nujaim, un médecin de terrain qui travaille pour le Secours islamique.

Pathologiste Mohammad Al-Cheikh a déclaré que certaines des victimes avaient perdu leur contrôle musculaire et étaient forcés de porter des couches.

Les rapports indiquent que des victimes de gaz neurotoxique apparemment utilisé par la monarchie contre ses citoyens. « Les militaires ont ouvert le feu mardi soir et utilisé ce qui était initialement supposé être du gaz lacrymogène pour disperser un groupe de manifestants qui tentaient d’apporter des tentes supplémentaires dans la zone de protestation devant l’Université de Sanaa, » continue le magasine The Australien.

Selon d’autres témoins, des soldats ont tiré des coups de semonce en l’air avant de tirer des gaz et des balles réelles sur des manifestants ; en tuant un et en blessant au moins 50.

La majorité de la population chiite protestait contre al-Khalifa, la famille sunnite qui gouverne Bahreïn depuis plus de 200 ans.

Alors que les protestations ont portées essentiellement sur les demandes de réforme politique et à un meilleur accès à l’emploi, le logement et l’éducation, des manifestants ont également protestés contre une politique controversée d’accorder la citoyenneté aux sunnites de Syrie, de Jordanie et d’autres pays.

Plus tôt ce mois-ci, il a été signalé que le gouvernement saoudien avait expédié des douzaines de chars au Bahreïn. Des témoins oculaires ont rapporté avoir vu roulant sur la chaussée de 25 km du roi Fahd, qui relie la petite nation insulaire du Bahreïn à l’Arabie saoudite « 15 transporteurs de tank avec deux chars par remorque allant en direction du Bahreïn » (Reportage de RIA Novosti sur Mars 1.)

Ce n’est pas très clair où le Bahreïn a acquis des gaz neurotoxiques. L’Arabie saoudite, selon James Martin du centre des études de non-prolifération, n’a pas un programme d’armes chimiques ou biologiques d’armement.

09/03/11 (B593) Yémen Express – l’armée fait 98 blessés à l’université de Sanaa- Manifestation contre le président Saleh dans son fief au Yémen – Les femmes, actrices essentielles dans les révolutions arabes – l’opposition durcit le ton, six militaires tués – Des partisans de Saleh attaquent des opposants au Yémen – Saleh affaibli mais loin d’être évincé – le président Saleh ne veut pas quitter le pouvoir – incident armé dans le nord, forte mobilisation à travers le pays – l’opposition propose un plan de sortie de crise (9 articles)

_____________________ 9 – CyberPresse (Canada) avec AP

Yémen: l’armée fait 98 blessés à l’université de Sanaa

Ahmed Al-Haj – Associated Press

Des soldats yéménites ont tiré des balles de caoutchouc et des gaz lacrymogènes, mardi, contre les milliers d’étudiants qui campent sur le campus de l’université de Sanaa pour exiger la démission du président Ali Abdullah Saleh, faisant au moins 98 blessés, selon des responsables.

L’armée a donné l’assaut sur le campus de l’université quelques heures après que des milliers de prisonniers eurent déclenché une émeute dans une prison de la capitale, prenant une dizaine de gardiens en otages tout en appelant à la démission du président Saleh. Au moins un prisonnier a été tué et 80 personnes ont été blessées pendant que les gardes tentaient de reprendre le contrôle de la situation, selon la police.

Le Yémen est touché depuis plusieurs semaines par des manifestations anti-gouvernementales inspirées par les récents soulèvements en Égypte et en Tunisie. Ali Abdullah Saleh, un allié clé des États-Unis dans la lutte contre Al-Qaïda, est au pouvoir depuis 32 ans. Signe que les manifestations prennent de l’ampleur au Yémen, des graffitis appelant à la démission du président sont apparus mardi dans son village natal, Sanhan, pour la première fois depuis le début des manifestations.

Les étudiants de l’université de Sanaa campent sur le terrain de l’établissement depuis la mi-février, peu après le début des manifestations appelant à la démission du président.

Des responsables médicaux ont affirmé que plusieurs des 98 personnes blessées étaient dans un état grave. Ces responsables ont requis l’anonymat puisqu’ils n’étaient pas autorisés à diffuser l’information aux médias.

Des témoins ont rapporté avoir vu des véhicules blindés et des véhicules de transport de troupes se diriger vers la zone de l’université.

«C’est un massacre», a dit un porte-parole de l’opposition, Muhammad Qahtan.

«C’est un crime des troupes de sécurité contre les étudiants engagés dans un sit-in pacifique.»

Les manifestations se sont également poursuivies ailleurs dans le pays. Dans la ville portuaire d’Aden, dans le sud du pays, de nombreuses femmes se sont jointes aux manifestants après qu’un jeune protestataire eut été grièvement blessé par une balle reçue dans la tête lors d’une manifestation tenue la veille au même endroit.

Des dizaines de milliers de manifestants sont également descendus dans les rues de la province d’Ibb, appelant le gouvernement à traduire en justice les responsables des attaques meurtrières de dimanche. Des militants de l’opposition ont blâmé des «hommes de main du gouvernement» pour l’attaque contre les manifestants, qui a fait un mort et 53 blessés.

Dans une tentative de calmer la colère populaire, le président Saleh a appelé à la tenue d’un dialogue national après avoir eu des entretiens, lundi, avec de hauts responsables politiques et de la sécurité du pays. L’agence de presse officielle a indiqué que la conférence aurait lieu jeudi et qu’elle comprendrait des milliers de représentants de la scène politique yéménite.

Mais le leader de l’opposition, Yassin Said Numan, a affirmé qu’il n’y aurait aucun dialogue jusqu’à ce que le président Saleh accepte de démissionner d’ici la fin de l’année.

L’émeute dans la prison a éclaté lundi soir, quand des prisonniers ont incendié des matelas, occupé la cour de la prison et pris une dizaine de gardiens en otage, selon un responsable de la sécurité ayant requis l’anonymat.

Les gardiens ont fait usage de gaz lacrymogènes et ont tiré en l’air pour rétablir le calme, mais n’y sont pas parvenus, d’après ce responsable. La révolte des prisonniers était toujours en cours mardi après-midi, a-t-il précisé.

Des personnes vivant près de la prison ont affirmé avoir entendu des tirs et des explosions et ont indiqué que l’armée avait appelé des troupes en renfort.

Abdelrahman Burman, un avocat à la tête de l’organisation de défense des droits de l’homme Sajin, a affirmé qu’au moins un détenu avait été tué et que plus de 80 personnes avaient été blessées, dont 20 policiers et gardiens de prison.

Il a précisé qu’environ la moitié des blessés l’avaient été par balles, les autres souffrant de problèmes respiratoires causés par les gaz lacrymogènes.

Un responsable de la police a confirmé ces chiffres sous le couvert de l’anonymat.

________________________ 8 – L’Express avec Reuters

Manifestation contre le président Saleh dans son fief au Yémen

L’opposition au président du Yémen, Ali Abdallah Saleh, s’est étendue mardi à une zone tribale considérée comme son fief, au sud de la capitale où l’armée a fait son retour.

Environ 10.000 personnes ont défilé à Dhamar, à 60 km de Sanaa, réclamant la fin de son règne de 32 ans, selon un habitant de la ville.

Dhamar est un bastion politique du président. Le Premier ministre et le ministre de l’Intérieur en sont originaires.

"Dégage, dégage", criaient les manifestants, deux jours après un défilé de même envergure organisé par les partisans de Saleh.

À Sanaa, où des milliers d’opposants campent depuis plusieurs semaines, des véhicules militaires et de police se sont déployés dans les rues, avec des forces de sécurité en armes.

Le retour de l’armée fait craindre de nouvelles violences dans la capitale, qui était calme depuis plusieurs jours après des semaines d’affrontements ayant fait 27 morts au moins.

L’intensification de la campagne de l’opposition et une série de défections parmi les hommes politiques et chefs tribaux proches de Saleh ont accentué la pression sur le président.

Saleh, dont le pays est en outre confronté à une rébellion chiite dans le Nord, un mouvement sécessionniste dans le Sud et au regain d’activité d’Al Qaïda dans la péninsule arabique (Aqpa), a répété qu’il ne partirait pas avant le terme normal de son mandat, en 2013.

_______________________ 7 – AFP

Les femmes, actrices essentielles dans les révolutions arabes

De Natacha YAZBECK

Les femmes, défiant tabous et stéréotypes, se sont imposées comme des actrices essentielles dans les différents soulèvements populaires qui secouent des régimes autocratiques du monde arabe.

"Les femmes ont joué et continuent à jouer un rôle à part entière dans les soulèvements et les révolutions dans la région, et ce qui est essentiel, c’est qu’elles sont là en nombre, physiquement, dans les rues", estime Nadim Houry, chercheur chez Human Rights Watch.

"C’est un signe d’espoir", dit-il, soulignant que les femmes "devraient maintenant jouer un rôle clef dans les nouvelles institutions issues de ces révolutions".

Que cela soit en jean-T Shirt ou drapées de noir, des dizaines de milliers de femmes ont fait entendre leur voix, dans les rues de Tunis, du Caire, de Manama ou de Sanaa, réclamant des réformes dans ces pays

A Bahreïn, où des milliers de manifestants majoritairement chiites réclament la chute de la dynastie sunnite des Al-Khalifa, les femmes ont participé en masse à la mobilisation, leur traditionnelles abayas formant un océan noir au sein des manifestations où hommes et femmes défilent séparément.

Dans des pays conservateurs, comme en Libye ou au Yémen, les femmes ont défié les normes sociales pour se joindre à la contestation, défilant dans la rue et parlant ouvertement aux journalistes, face caméra.

"Les femmes jouent un rôle essentiel dans la région (…) et elles ont été un facteur-clé pour le démarrage" de la révolution, estime Tawakoul Karman, une militante yéménite, fer de lance de la mobilisation féminine contre le président du Yémen Ali Abdallah Saleh.

"La révolution vise avant tout à renverser le régime. Mais elle a aussi permis de venir à bout de traditions archaïques, selon lesquelles une femme devait rester à la maison et en dehors de la politique", se réjouit-elle.

"C’est aussi une révolution sociale. Le rôle joué par les femmes permet de créer une nouvelle société. Au Yémen, la révolution a permis aux femmes de trouver une meilleure place," souligne-t-elle.

La parole des femmes ne s’est pas libérée seulement dans la rue.

Si des femmes de toutes les couches de la société ont défilé, les plus jeunes et les plus éduquées se sont aussi tournées vers les nouveaux médias, afin d’appeler au changement dans leur pays.

Asma Mahfouz, une jeune Egyptienne dont le blog vidéo appelant à la mobilisation a connu un énorme succès, est considérée comme l’une des voix ayant déclenché la révolte sans précédent qui a entraîné la chute du président égyptien Hosni Moubarak le 11 février.

"Si quelqu’un pense que les femmes ne devraient pas manifester, qu’il se comporte en homme et ose descendre avec moi dans la rue le 25 janvier", avait notamment lancé la jeune militante, voilée, dans une vidéo en arabe postée sur You Tube.

En Arabie saoudite, où il n’y pas eu de mobilisation massive, des voix commencent cependant à se faire entendre notamment sous des pseudonymes féminins, via Facebook ou Twitter.

"J’appelle les Saoudiennes à agir maintenant. Nos frères saoudiens nous ont trahies, car ce sont des lâches", écrit par exemple #SaudiWomenRevolution.

Si le futur paysage politique de la région est encore très incertain, les soulèvements ont révélé un mécontentement concernant le système tant politique que social, selon les analystes.

"L’important dans les soulèvements en Egypte ou en Libye par exemple, ce n’est pas seulement de se débarrasser du numéro un du régime, de chasser le dictateur", estime M. Houry.

"Il s’agit aussi de se débarrasser de tous les +-ismes+ qui font que cette région est à la traîne: sexisme, confessionnalisme…"

_______________________ 6 – AFP

Yémen: l’opposition durcit le ton, six militaires tués

De Hamoud MOUNASSER

L’opposition yéménite s’est déclarée dimanche déterminée à évincer le président Ali Abdallah Saleh, et le régime, qui refuse de céder, a accusé Al-Qaïda de trois attaques ayant coûté la vie à six militaires.

La veille, le président Saleh, au pouvoir depuis 32 ans, avait rejeté une proposition de l’opposition prévoyant qu’il quitte ses fonctions avant la fin de l’année, alors que son mandat expire en 2013.

Dimanche, un porte-parole de l’opposition, Mohammad al-Sabri, a estimé que le refus du président, dont les appuis politiques se réduisent, signifiait pour lui qu’il n’y avait plus qu’une issue, "le départ".

Une foule nombreuse a poursuivi dimanche un sit-in devant l’université de Sanaa, entamé depuis le 20 février pour obtenir la chute du régime.

A Ibb, 200 km plus au sud, des manifestants ont été attaqués par des partisans du régime, et 61 d’entre eux ont été blessés, essentiellement à coups de couteaux, de pierres et de matraques, a annoncé un militant de l’opposition.

Des centaines de personnes favorables au Congrès populaire général (CPG), le parti au pouvoir, ont attaqué les manifestants sans que les forces de sécurité n’interviennent, a précisé Abdoulkarim Mohammed Ali, un organisateur local de la contestation.

La détérioration de la situation dans le pays a incité le Département d’état américain, qui suit avec inquiétude la situation au Yémen -un pays pauvre de la péninsule arabique où Al-Qaïda est active- à conseiller à ses ressortissants à quitter le pays.

Une note de conseil aux voyageurs autorise aussi le personnel non essentiel de l’ambassade américaine à partir.

Samedi, Londres a déconseillé à ses ressortissants de se rendre au Yémen, en proie à "des violences croissantes", et appelé les Britanniques présents dans ce pays à partir si leur présence n’est pas indispensable.

Trois incidents séparés attribués à la mouvance d’Oussama ben Laden ont fait six morts dans trois régions du pays.

Dans la province de Maareb (170 km à l’est de Sanaa), un des fiefs d’Al-Qaïda, quatre membres de la garde républicaine (unité d’élite) ont été tués par des inconnus qui ont ouvert le feu sur leur camion, a indiqué un responsable local, selon qui "cette attaque ressemble à celles menées par le passé par Al-Qaïda".

Dans le sud du pays, un colonel des services de renseignement, Abdel Hamid al-Charaabi, "a été tué par deux membres d’Al-Qaïda" qui circulaient à moto à Zinjibar, chef-lieu de la province d’Abyane, selon un responsable local.

Dans la province sudiste du Hadramout, un deuxième colonel, Chayef al-Chouaïbi, a été abattu par des membres présumés d’al-Qaïda, circulant eux aussi sur une motocyclette, ont indiqué des témoins.

Dans le même temps, l’opposition a appelé "tout le peuple à intensifier les sit-in et les manifestations dans toutes les régions, afin (que le chef de l’Etat) n’ait plus qu’une seule option, le départ", selon le porte-parole de l’opposition parlementaire, Mohammad al-Sabri.

Le président yéménite, au pouvoir depuis 32 ans, avait rejeté samedi une proposition de l’opposition, à travers une médiation de dignitaires religieux pour son départ avant la fin de l’année.

La position du président "signifie sa mort politique, et la rue est à présent notre unique recours", selon le porte-parole qui a annoncé la "fin du dialogue indirect à travers les dignitaires religieux".

Le régime yéménite est contesté depuis fin janvier avec des manifestations à Sanaa, Taëz, Aden et dans le reste du pays. Selon Amnesty International, au moins 27 personnes ont été tuées lors de ces manifestations.

_______________________ 5 – L’Express avec Reuters

7/03 Des partisans de Saleh attaquent des opposants au Yémen

Mohamed Ghobari, Bertrand Boucey pour le service français

Des partisans du président yéménite Ali Abdallah Saleh ont attaqué dimanche un campement d’opposants à Ibb, une ville au sud de Sanaa, ont déclaré des témoins et un chef de file des contestataires.

"Des groupes envoyés par le parti au pouvoir ont attaqué le siège des manifestants à coups de pierres et de bâtons et 25 personnes ont été blessées, dont six sont dans un état critique", a déclaré un responsable des manifestants.

_______________________ 4 – RTL avec Belga

5/03 Yémen: Saleh affaibli mais loin d’être évincé

Le président yéménite, Ali Abdallah Saleh, a perdu d’importants appuis dans son pays, mais cet allié crucial des Etats-Unis dans la péninsule arabique peut encore survivre à la pression de ses opposants, assurent des analystes.

Au pouvoir depuis 32 ans, il est confronté à des manifestations quotidiennes qui exigent son départ, à Sanaa, Aden et dans d’autres villes de ce pays pauvre de quelque 24 millions d’habitants.

"C’est clair que sa situation est mauvaise", estime Christopher Boucek, un analyste du Carnegie Middle East Program, alors que de nouvelles violences entre rebelles chiites et forces de l’ordre ont fait quatre tués vendredi dans le nord du pays. Les formations de l’opposition se sont liguées contre M. Saleh, et elles ont été rejointes par des chefs d’importantes tribus, et par des séparatistes basés dans le sud du pays, qui contestent le rattachement au nord datant de 1990.

"Mais il est trop tôt pour annoncer que le président Saleh est fini", estime M. Boucek dans un entretien avec l’AFP. Le président Saleh, 68 ans, a pris le pouvoir dans le nord du pays en 1978. Avec la fin de la guerre froide, le sud marxiste et le nord tribal se sont retrouvés associés dans un état unitaire, dont il devenu président en 1990.

Depuis le début de la contestation, il s’est dit déterminé à rester au pouvoir jusqu’au terme de son mandat actuel en 2013, mais il a vu des alliés proches l’abandonner progressivement.

_________________________ 3 – RFI

5/03 Yémen : le président Saleh ne veut pas quitter le pouvoir

La pression monte dans les rues de Sanaa. Les affrontements entre les deux camps auraient fait plusieurs morts, le 4 mars 2011.

Le président du Yémen, Ali Abdallah Saleh, a rejeté vendredi 4 mars 2011 le plan de l’opposition pour son départ du pouvoir d’ici la fin de l’année malgré la pression de la rue qui a mobilisé des centaines de milliers de personnes dans le pays, dont plus de 100 000 à Sanaa, la capitale où des affrontements auraient fait plusieurs morts.

Ali Abdallah Saleh refuse de signer sa feuille de sortie du pouvoir avant 2013, le terme de son mandat en cours. Ensuite, il ne se représentera plus, c’est promis. Son fils non plus ne sera pas candidat, c’est juré.

Ali Abdallah Saleh est même d’accord pour un dialogue national en vue de législatives qui pourraient voir la formation d’un gouvernement d’union nationale. Mais il ne cédera pas à la pression des manifestants qui, jour après jour et par centaines de milliers, demandent qu’il cède son fauteuil présidentiel d’ici la fin de l’année.

En revanche, Ali Abdallah Saleh a entendu la requête des imams en faveur de réformes constitutionnelles et judiciaires. Mais il est resté impassible face aux exigences de l’opposition de plus en plus composite qui rassemble désormais les partisans d’un islam politique, les rebelles chiites schismatiques du Nord et les sudistes socialistes ou indépendantistes, des sécessionnistes qui renoncent d’ailleurs provisoirement à leur mot d’ordre pour faire cause commune avec le reste de l’opposition.

Avec les groupes tribaux qui viennent de rallier la contestation, Saleh semblait avoir perdu un atout maître. Mais visiblement il garde la main sur l’armée et veut encore compter sur le soutien des Etats-Unis et de l’Arabie saoudite.

______________________ 2 – AFP

Yémen: incident armé dans le nord, forte mobilisation à travers le pays

De Hammoud MOUNASSAR

Un incident dans le nord du Yémen, où sévit une rébellion chiite, a fait des victimes vendredi, et des manifestations d’opposants et partisans du régime ont eu lieu à Sanaa et dans le reste du pays.

Dans le même temps, l’opposition a considéré que la poursuite des violences équivalait à un rejet par le président Abdallah Ali Saleh, 68 ans, d’une offre de sortie de crise prévoyant qu’il quitte ses fonctions avant 2011.

Selon un responsable de l’administration locale dans la région de Harf Soufiane, à 170 km au nord de Sanaa, quatre personnes ont été tuées par des tirs de la police contre des manifestants et sept ont été blessées.

Des sources de la rébellion ont indiqué que des manifestants qui demandaient le départ du président Saleh, au pouvoir depuis 32 ans, ont été pris sous le feu d’une position militaire dans le quartier de Semla, dans la ville de Harf Soufiane.

Toutefois une source officielle, citée par l’agence Sabaa, a démenti cette version et parlé d’une attaque contre une position de l’armée faisant état de sept blessés, dont quatre soldats et trois assaillants.

La marche de Harf Soufiane avait été organisée à l’appel des rebelles zaïdites, adeptes d’une branche du chiisme, qui combattent le régime depuis 2004 et qui ont rejoint récemment la contestation contre le président Saleh.

"La poursuite de la répression (…) signifie pour nous un rejet sans appel de notre initiative", a déclaré à l’AFP, Mohammed Gahtane, un porte-parole du Forum commun, coalition de l’opposition parlementaire.

L’opposition et des chefs religieux ont proposé jeudi au président Saleh, dont le mandat expire en 2013, un plan de sortie de crise prévoyant son départ avant fin 2011.

A Sanaa, la journée a été marquée par deux rassemblements, l’un hostile et l’autre favorable au régime.

Devant l’université, épicentre de la contestation, des centaines de milliers de personnes, selon les organisateurs, ont participé à la prière hebdomadaire.

"Nous ne quitterons pas cette place jusqu’à la chute des corrompus et des tyrans", a déclaré dans son sermon cheikh Yahia Al-Doulaïmi en s’adressant à la foule compacte qui débordait de la grande place.

Les protestataires avaient baptisé la journée "Vendredi de la cohésion" pour souligner leur unité après que des rumeurs se sont répandues sur des divisions dans leurs rangs.

A quelques kilomètres de l’université de Sanaa, de nombreux partisans du régime ont prié sur la place Tahrir, après avoir scandé "Non au sabotage, non au chaos et oui au dialogue", a rapporté un correspondant de l’AFP.

Des responsables du parti présidentiel, le Congrès général populaire, ont affirmé durant la rassemblent avoir mobilisé des "centaines de milliers de partisans" à travers le pays.

A Aden, grande ville du sud, des dizaines de milliers de personnes ont participé à deux cortèges funéraires de trois manifestants tué par les tirs des forces de l’ordre ces dernières semaines, selon un correspondant de l’AFP.

Selon un bilan d’Amnesty International, 27 personnes sont mortes dans les violences qui accompagnent les protestations du Yémen depuis le 27 janvier, outre les quatre tués de vendredi au nord de Sanaa.

Des prières collectives, pendant lesquelles ont été répétés des appels au départ du président Saleh, se sont également tenues dans les villes de Taëz, au sud de la capitale, et à Hodeida, dans l’ouest, selon des habitants de ces deux grands centres urbains.

Après la prière, des marches ont eu lieu à Zinjibar, chef-lieu de la province d’Abyane (sud), et Ataq, capitale de la province de Chabwa (sud), aux cris "Saleh ennemi de dieu", selon des témoins et "non aux partis, notre révolution est celle des jeunes".

______________________ 1 – Nouvel Obs avec AP

03/03 Yémen: l’opposition propose un plan de sortie de crise

Une coalition de l’opposition propose un plan pour sortir de la crise politique au Yémen qui prévoit le départ d’ici la fin de l’année du président Ali Abdullah Saleh, a annoncé jeudi un porte-parole du groupe.

L’opposition a transmis le plan en cinq points au président Saleh et attend une réponse, a déclaré Mohammed al-Sabri. Le plan ne précise pas comment Ali Abdullah Saleh, au pouvoir depuis 32 ans, devrait partir, mais l’opposition attend du président yéménite qu’il fasse une proposition, explique M. Al-Sabri.

L’opposition souhaite que le président Saleh "parte selon une feuille de route débutant par une solution-clé ou un programme pour son départ", souligne le porte-parole de la coalition. Ce programme devrait être "clair et honnête et ne devrait pas se prolonger au-delà de la fin de cette année".

Alors que le Yémen est secoué depuis des semaines par des manifestations contre le gouvernement Saleh, le plan de l’opposition demande une enquête sur les morts de protestataires, et des garanties pour le droit des Yéménites à manifester pacifiquement.

De leur côté, les étudiants qui se rassemblent depuis des jours à l’université de Sanaa promettent dans un communiqué publié jeudi de poursuivre leur mouvement de protestation jusqu’à la "chute" du régime et de "ses symboles corrompus". Ils demandent à l’armée et aux forces de sécurité de refuser de participer à toute opération visant à mater la "révolution".

Le président yéménite a promis de démissionner après les élections de 2013, mais son offre a été rejetée par les manifestants. Sa proposition de former un gouvernement d’union avec l’opposition a également été repoussée.

03/03/11 (B593) Yémen Express (1/2) – le président prêt à former un gouvernement d’union – pas de gouvernement d’union – plusieurs partis d’opposition se joignent aux contestataires – Le président du Yémen dénonce un “complot” contre l’unité du pays – d’importantes tribus se joignent aux manifestants – des chefs tribaux se joignent à la contestation – quatre morts dans des manifestations à Aden depuis vendredi – Un mort et 30 blessés au Yémen – 2 nouveaux morts dans la dispersion de manifestations à Aden (9 articles)

____________________ 9 – TF1

Yémen : le président prêt à former un gouvernement d’union

Le président Ali Abdallah Saleh est prêt à former dans un délai de quelques heures seulement un gouvernement d’union avec l’opposition au Yémen si cette dernière lui soumet des noms pour les postes ministériels, a-t-on appris lundi de source gouvernementale.

Cette proposition a été rejetée par l’opposition.

“L’opposition a décidé de rester fidèle à l’exigence du peuple concernant la chute du régime et nous ne reviendrons pas sur ce point”, a déclaré un porte-parole de la coalition d’opposition, Mohamed al Sabri.


____________________ 8 – Le Figaro avec Reuters

Yémen: pas de gouvernement d’union

Le président Ali Abdallah Saleh est prêt à former dans un délai de quelques heures un gouvernement d’union avec l’opposition au Yémen, indique une source gouvernementale.

La présidence attendrait néanmois que l’opposition lui soumette des noms pour les postes ministériels, poursuit la même source.

L’opposition a rejeté cette offre et dit rester aux cotés de la population qui manifeste pour la chute pure et simple du régime.

______________________ 7 – Nouvel Obs avec AP

Yémen: plusieurs partis d’opposition se joignent aux contestataires

Plusieurs partis d’opposition ont annoncé dimanche qu’ils se joignaient aux protestataires dans leur volonté d’obtenir le départ du président Ali Abdallah Saleh, au pouvoir depuis 32 ans.

Cette annonce marque un nouveau revers pour le chef d’Etat, allié clé des Etats-Unis dans la lutte contre le réseau terroriste Al-Qaïda. Samedi, deux chefs de sa propre tribu l’ont abandonné, et des centaines de milliers de personnes ont demandé son départ à l’occasion des plus importantes manifestations organisées dans le pays depuis le début de la contestation.

Au cours des dernières semaines, le Yémen a été le théâtre de rassemblements quotidiens, inspirés des soulèvements en Tunisie et en Egypte.

Les grands partis d’opposition, attentistes, avaient été réticents à se joindre au mouvement. Dimanche, ils ont annoncé qu’ils allaient tenir mardi des rassemblements en signe de solidarité avec les protestataires. “Nous demandons à tous les citoyens” de descendre dans la rue “mardi et de condamner le régime pour ses crimes”, a déclaré une organisation de sept formations d’opposition, dont des factions nationaliste, socialiste et islamiste modérée.

“S’ils se joignent aux gens dans la rue, ils décideront rapidement du sort du régime”, a commenté l’analyste yéménite Abdel Bari Taher.

Dimanche, des manifestations anti-gouvernementales se déroulaient dans plusieurs villes, dont Sanaa, la capitale, Taez et Aden. A Malla, dans l’est du pays, 18 protestataires ont été blessés dans des heurts avec les forces de l’ordre, selon des responsables des services de sécurité. Ils ont indiqué sous couvert d’anonymat que des unités militaires, appuyées par des chars, avaient été dépêchées à Aden pour aider les forces de sécurité dans leurs interventions.

_____________________________ 6 – Le Monde

Le président du Yémen dénonce un “complot” contre l’unité du pays

Confronté à une contestation grandissante dans la rue, le président yéménite Ali Abdallah Saleh, a évoqué un “complot” contre l’unité de son pays et juré de défendre le “régime républicain” dans un discours devant les commandants de l’armée et des forces de sécurité, rapportent dimanche 27 février les médias de Sanaa.

“Notre nation passe depuis quatre ans par des difficultés énormes (…) et nous essayons d’y faire face par des moyens démocratiques et par le dialogue avec tous les leaders politiques, mais en vain”, a déclaré le président samedi 26 février dans la soirée devant les chefs des forces armées et des unités de sécurité. “Il y a un complot contre l’unité et l’intégrité territoriale de la république yéménite et nous, au sein des forces armées, nous avons prêté serment de préserver le régime républicain, l’unité et l’intégrité territoriale du Yémen jusqu’à la dernière goutte de notre sang”, a-t-il ajouté.

DÉFECTIONS

La contestation, lancée le 27 janvier, souvent réprimée dans le sang, vient s’ajouter aux difficultés du Yémen, pays pauvre et tribal de la péninsule arabique.

Le pouvoir du président Saleh est ouvertement contesté par Al-Qaida, bien implanté dans le sud-est du pays, les séparatistes qui veulent rétablir un Etat indépendant dans le Sud et une rébellion de zaïdites (chiites) dans le Nord. En outre, l’opposition parlementaire a fini par se rallier au mouvement de protestation, de même que les chefs de puissantes tribus. Au sein même de son parti, le Congrès populaire général, les défections se font de plus en plus nombreuses à mesure que se développe la contestation.

Dans son discours devant les chefs militaires et policiers, le président Saleh a accusé l’opposition de ne pas prendre au sérieux son offre de dialogue, les sudistes de vouloir “diviser le Yémen” et les rebelles nordistes de chercher à rétablir l’imamat, le système royal aboli en 1962. Le chef de l’Etat a réuni ses chefs militaires et sécuritaires au lendemain d’une journée sanglante à Aden, qui a vu l’armée pourchasser les contestataires de nuit dans les rues de la ville, faisant au moins quatre tués, selon des sources médicales.

Ce bilan a été contesté par le ministère de la Défense à Sanaa, qui a évoqué trois morts, dont un soldat, et nié que les forces de l’ordre aient tiré sur les manifestants. Le ministère a attribué les violences à des “séparatistes”.

__________________________ 5 – RFI

Au Yémen, d’importantes tribus se joignent aux manifestants

Ce samedi matin 26 février 2011, devant un vaste rassemblement près de Sanaa, les chefs de deux des plus importantes tribus du Yémen, les Hached et les Baqil, ont décidé de se rallier au mouvement de contestation qui vise depuis des semaines le président Ali Abdallah Saleh, au pouvoir depuis 32 ans. Dans la nuit du vendredi à samedi, Aden, dans le sud du Yémen, a vécu une nuit d’émeutes. Il y a eu au moins 4 morts et 40 blessés d’après les services médicaux sur place. Les manifestants mettent en cause des éléments de la garde républicaine. Ce que démentent les forces de l’ordre. La veille, le président Saleh avait publiquement donné des instructions pour protéger les rassemblements pacifiques.

Avec notre correspondante à Sanaa, Charlotte Velut

La rue yéménite n’espérait pas de meilleur soutien. L’entrée des tribus Baqil et Hashed dans le camp des manifestants est une aubaine. Ces deux ethnies représentent près de 50% de la population du Yémen. Avec cet appui, le mouvement de contestation gagne en crédibilité. Dans le pays, ce ralliement demeure toutefois qu’une demi-surprise.

Depuis plusieurs jours, des chefs tribaux venus des quatre coins du Yémen, rejoignent en masse, le campement antigouvernement installé devant l’université de Sanaa.

De plus, une partie du clan Hashed est connue pour ses prises de position contre le régime. Son leader, le cheikh Hamid ben Abdullah Al-Ahmar est le dirigeant d’Islah, le principal parti d’opposition du pays.

Cette nouvelle isole un peu plus le président yéménite. La semaine dernière, huit parlementaires avaient décidé de quitter le parti du chef de l’Etat. Aujourd’hui le désaveu vient de sa propre famille. Ali Abdullah Saleh étant lui même issu du clan Hashed.

Dans les rues de Sanaa ce samedi, l’information était dans toutes les bouches, même les plus sceptiques commencent à douter de la capacité de Saleh à rester en place. « A partir d’aujourd’hui, ses jours sont comptés », confiait un chauffeur de taxi de la capitale.

______________ 4 – Nouvel Obs avec AP

Yémen: des chefs tribaux se joignent à la contestation

De puissants chefs tribaux ont rejoint les forces de l’opposition réclamant le départ du président yéménite Ali Abdallah Saleh, au pouvoir depuis 32 ans.

Cette défection est un coup dur pour le chef d’Etat, particulièrement parce que deux chefs qui l’abandonnent sont issus de sa propre tribu, les Hachid, la deuxième confédération tribale du Yémen.

Les deux dirigeants ont déclaré samedi dans un communiqué qu’ils soutenaient avec d’autres chefs tribaux les manifestations qui ont commencé il y a deux semaines et condamnaient la répression menée par les autorités. Hussein al-Ahmar et Mohammad Abdel Illah al-Qadi ont également précisé qu’ils avaient quitté le parti au pouvoir

___________ 3 – Le Parisien avec AFP

Yémen: quatre morts dans des manifestations à Aden depuis vendredi

Quatre personnes ont été tuées et 40 autres blessées par les tirs de la police lors de la dispersion de manifestations demandant la chute du régime vendredi après-midi et dans la nuit à Aden, grande ville du sud du Yémen, a-t-on appris samedi de sources médicales.

Un jeune manifestant de 17 ans, Mohammed Ahmed Saleh, touché vendredi après-midi par des tirs de la police est mort à l’hôpital et 30 personnes ont été blessées, selon des sources médicales.

Une source hospitalière a aussi confirmé dans la nuit les déclarations de témoins sur la mort d’un autre manifestant, qui n’a pas été identifié, lors de la dispersion d’une manifestation.

Le corps d’un autre mort, Haïl Walid, 21 ans, a été transporté à l’hôpital Naqib, et une dizaine de blessés y ont été admis, selon un responsable de l’établissement.

Enfin, une source médicale du même établissement a indiqué qu’un responsable de la compagnie d’électricité d’Aden, Salem Bachatj, avait été mortellement touché par la balle d’un tireur d’élite alors qu’il se trouvait devant sa maison.

Les victimes ont été touchées lors de la dispersion d’une manifestation tardive dans le quartier de Maalla, selon des témoins.

“Notre quartier a vécu de véritables scènes de guerre menées par des éléments de la garde républicaine (corps d’élite de l’armée yéménite) qui ont pris pour cible des jeunes innocents voulant manifester pacifiquement”, a déclaré un habitant sous le couvert de l’anonymat.

Ces décès portent à 16 le nombre de morts à Aden depuis le début de la contestation le 27 janvier contre le régime du président Ali Abdallah Saleh, au pouvoir depuis 32 ans.

Deux autres personnes ont été tuées à Sanaa et une troisième à Taez, ville située au sud de la capitale.

___________ 2 – Romandie News avec AFP

Yémen: 2 nouveaux morts dans la dispersion de manifestations à Aden

Deux nouvelles personnes ont été tuées lors de la dispersion de manifestations à Aden, dans le sud du Yémen, vendredi soir, portant à trois morts le bilan des émeutes nocturnes dans cette ville, selon une source hospitalière.

Jusque tard dans la nuit, de violents affrontements ont opposé dans la principale ville du sud des milliers de manifestants réclamant la chute du régime aux forces de l’ordre qui ont tiré à balles réelles pour les disperser, selon le correspondant de l’AFP.

Trois personnes ont été tuées et 40 blessées, selon des source hospitalières. Un précédent bilan en début de soirée faisait état d’un mort et trente blessés.

Selon des témoins, les forces de sécurité ont notamment ouvert le feu sur un sit-in de protestataires rassemblés devant un hotel de la rue principale du quartier de Maalla pour réclamer le départ du président Ali Abdallah Saleh, au pouvoir depuis 32 ans.

Ce nouveau bilan porte à quinze le nombre de tués dans la seule ville d’Aden depuis le début des manifestations contre le régime le 16 février.

___________ 1 – Radio Canada avec AFP et Presse canadienne

Un mort et 30 blessés au Yémen

Des manifestants à Sanaa, capitale du Yémen, réclament la démission du président Saleh (25 février 2011)

Des affrontements avec la police ont fait un mort et 30 blessés vendredi, dans le sud du Yémen, au cours de manifestations contre le président Ali Abdallah Saleh.

Des dizaines de milliers de Yéménites ont marché dans les rues de Sanaa, Aden, Taez et Moukalla pour réclamer le « début de la fin » pour le régime en place, au pouvoir depuis 32 ans.

Le peuple veut la chute du régime! Mort et honte aux traîtres!

— Phrases scandées par les manifestants

À Sanaa, les forces de l’ordre ont tiré sur la foule pour tenter de disperser les protestataires. La police a aussi bloqué une place avoisinant le siège de la sécurité et plusieurs consulats.

Selon des témoins, des centaines de manifestants ont tenté de prendre d’assaut le poste de police du quartier de Crater, alors que des protestataires coupaient la circulation à l’aide de pneus enflammés dans d’autres quartiers.

Certains imams ont encouragé le mouvement de contestation. « C’est le devoir religieux et citoyen de tous les Yéménites de renverser ce régime », a par exemple dit l’imam Abdullah Fatir dans son sermon, accusant le président d’être « un démon » ayant ramené le Yémen « à l’âge de pierre ».

Dans la ville portuaire d’Aden, les troupes yéménites avaient installé des tanks et des véhicules blindés sur les routes menant à la ville dans une vaine tentative d’empêcher les manifestations.

Depuis le début de la révolte, fin janvier, 16 personnes sont mortes au pays.

03/03/11 (B593) Yémen Express (2/2) – des médecins déclarent que deux manifestants ont été tués dans le sud – Pillay appelle les autorités à cesser de réprimer les manifestations – Nouveau “Jour de colère” au Yémen – le président contesté limoge des chefs de régions troublées – l’ONU met en garde les autorités contre la répression – Un médecin russe enlevé dans le sud du Yémen – Saleh met en garde contre une partition en cas de chute de son régime (7 articles)

_______________ 7 – Presse canadienne avec AP

Yémen: des médecins déclarent que deux manifestants ont été tués dans le sud

Un responsable médical a déclaré mercredi que deux manifestants ont été tués par balles lors de manifestations dans le sud du Yémen contre le régime du président Ali Abdallah Saleh.

Un représentant de l’hôpital a précisé que ces personnes ont été abattues mercredi durant une manifestation dans la ville de Sadr, située dans la province de Lahaj. Il a fait ces déclarations sous le couvert de l’anonymat parce qu’il n’avait pas reçu l’autorisation de parler aux médias.

Des témoins ont raconté que les forces de sécurité ont ouvert le feu et eu recours aux gaz lacrymogènes contre des centaines de protestataires, ces derniers ripostant en incendiant trois de leurs véhicules.

Le Yémen a été le théâtre de nombreuses manifestations demandant le départ du président Saleh au cours des dernières semaines. Le chef de l’État yéménite est un allié important des États-Unis dans la guerre au terrorisme et à al Qaïda. Les principaux chefs tribaux qui appuyaient Saleh ont depuis joint le mouvement de contestation.

_____________________ 6 – Toujours en Ligne

Yémen : Pillay appelle les autorités à cesser de réprimer les manifestations

La Haut commissaire des Nations Unies aux droits de l’homme, Navi Pillay, a appelé les autorités yéménites à faire preuve de retenue et à protéger la liberté d’expression et de réunion pacifique de l’opposition qui a appelé ce mardi à une « Journée de la colère ».

« Les gens ont le droit légitime d’exprimer leurs griefs et leurs revendications à leur gouvernement », rappelle-t-elle dans un communiqué, avant de dénoncer la violence contre les manifestants lors de précédents rassemblements, qui se sont soldés par des morts et des blessés dans les rangs de l’opposition.

« Ces dernières semaines, nous avons vu maintes et maintes fois que des réponses violentes, contraires au droit international, ne font pas partir les manifestants mais ne font qu’exacerber la frustration et la colère »
, ajoute-t-elle.

Navi Pillay cite également des rapports faisant état d’attaques, d’intimidations et de harcèlements contre des journalistes locaux et internationaux couvrant les manifestations, ainsi que l’arrestation et la détention de journalistes et de défenseurs des droits de l’homme. La Haut commissaire se dit aussi « particulièrement préoccupée par des cas de disparitions forcées de militants politiques » et demande « des clarifications immédiates sur le sort des personnes récemment transférées d’Aden, à la capitale Sanaa ».

« Les autorités doivent libérer tous les individus arrêtés pour avoir manifesté pacifiquement. Tous les défenseurs des droits de l’homme et les journalistes doivent être protégés dans l’exercice de leur travail important », insiste-t-elle encore dans son communiqué.

« Ceux qui sont responsables de la sécurité publique doivent comprendre que leurs actions sont encadrées par le droit international et qu’elles peuvent être tenues personnellement responsables des violations », poursuit la responsable de l’ONU. « En règle générale, les unités de l’armée sans formation ou sans équipement pour faire face à des manifestations de rue ne doivent pas être déployées dans les villes. Et s’il n’y a pas d’alternative, elles doivent être déployées sous le contrôle étroit d’officiers qualifiés ».

Navi Pillay demande par ailleurs à l’opposition de ne pas recourir à la violence, tout en s’inquiétant d’informations indiquant « que le personnel médical se serait vu refuser l’accès à des manifestants blessés lors de rassemblements antérieurs ».

Pour conclure, la chef des droits de l’homme à l’ONU appelle « à un dialogue constructif, large et inclusif » au Yémen, « pour tracer une voie qui respecte les aspirations et les droits de l’homme du peuple ».

______________________ 5 – EuroNews

Nouveau “Jour de colère” au Yémen

Des dizaines de milliers d’opposants au Président Saleh se sont rassemblés dans plusieurs villes du pays, comme à Sanaa, la capitale.

Une journée organisée à la mémoire des 24 manifestants tués depuis le début de la contestation populaire fin janvier.

“Nous jurons que nous n’aurons pas peur. Peu importe combien ils en tuent, combien ils en jettent en prison, combien ils en torturent. Nous mourrons en martyrs et nous irons au paradis, et Ali Saleh ira en enfer. Dieu est grand. Que le Président tombe et avec lui ce régime corrompu”, craie un manifestant.

Lors d’une réunion avec des dignitaires religieux et des chefs militaires locaux, le Président yéménite a accusé l’Etat hébreu et les Etats-Unis d‘être à l’origine des troubles.

“Tout vient d’Israël qui complote pour tenter de déstabiliser le monde arabe. Ces contestataires ne sont que des exécutants et des imitateurs. La tour de contrôle est à Tel Aviv et elle est dirigée par la Maison Blanche”, a-t-il dit.

Dans le nord du pays, partisans d’Ali Saleh et opposants se sont affrontés à coups de pierres et de bâtons. Au sud, des affrontements ont opposé des séparatistes à l’armée. Au total une dizaine de personnes auraient été blessés et deux autres tuées.

______________________ 4 – AFP

Yémen: le président contesté limoge des chefs de régions troublées

De Jamal AL-JABIRI

Le président yéménite Ali Abdallah Saleh, dont le départ est demandé avec insistance par des manifestants, a limogé mardi les gouverneurs de cinq provinces qui conduisent la contestation de son régime.

M. Saleh, pourtant un allié clé des Etats-Unis dans la lutte contre Al-Qaïda, s’en est par ailleurs pris au président américain Barack Obama, accusant Israël et les Etats-Unis d’orchestrer les “révoltes” qui ont touché plusieurs pays arabes depuis la mi-janvier.

Après une journée de forte mobilisation contre le pouvoir, avec notamment une manifestation massive dans la capitale Sanaa, une source officielle a annoncé le limogeage des gouverneurs des provinces d’Aden, de Hadramout, d’Abyane et Lahaj (Sud et Sud-est) en plus de celle de Hodeïda (Ouest).

Ces cinq provinces, notamment celle d’Aden, sont le théâtre de violentes manifestations contre le régime de M. Saleh, au pouvoir depuis 32 ans.

Les personnalités limogées n’ont pas été remplacées dans l’immédiat.
Selon l’organisation de défense des droits de l’Homme Amnesty International, au moins 27 personnes ont été tuées lors des protestations commencées le 27 janvier au Yémen mais qui se sont intensifiés à partir de la mi-février.

Des dizaines de milliers de personnes ont envahi Sanaa et se sont rassemblées devant l’Université pour demander le départ de M. Saleh.

“Le peuple veut la chute du régime, le peuple veut le départ d’Ali Abdallah Saleh”, ont-ils scandé, selon des correspondants de l’AFP sur place.

Des partisans du régime ont eux aussi organisé une importante manifestation, à l’appel du parti présidentiel, le Congrès populaire général (CPG).

La manifestation des opposants est la plus importante que Sanaa ait connue depuis le début de la contestation populaire contre M. Saleh.

L’influent prédicateur Abdel Majid Zendani, soupçonné par Washington de soutenir le terrorisme, y a harangué la foule, affirmant qu’il “soutenait les revendications des jeunes”.

Des leaders de l’opposition, qui a appelé à une “Journée de colère” mardi, ont pris part à la manifestation, ainsi que des chefs de tribus.

Dans le sud, au moins une vingtaine de manifestants ont été blessés dans la province de Hadramout et à Aden où l’armée s’est déployée en force, lors de la dispersion par les forces de sécurité de manifestations en soirée. Certains ont été touchés par balles, selon des sources médicales.

Des milliers de personnes ont également défilé à Lahaj, réclamant la chute du régime, selon des témoins.

M. Saleh, tout en renouvelant son engagement à “protéger les manifestants” et son appel à l’opposition pour une reprise du dialogue, a critiqué M. Obama devant la presse.

“Chaque jour, nous entendons une déclaration du président Obama; en Egypte, ne faites pas ceci, en Tunisie, ne faites pas cela (…) De quoi se mêle-t-il à Oman? De quoi se mêle-t-il en Egypte? Il est le président des Etats-Unis!”, a lancé le président yéménite.

Selon lui les soulèvements “de Tunis au sultanat d’Oman (…) sont une tempête orchestrée depuis Tel-Aviv, sous la supervision de Washington.

Il y a un centre d’opérations à Tel-Aviv pour déstabiliser le monde arabe, et qui est dirigé depuis la Maison Blanche”.

La Maison Blanche a réagi en en mettant en garde M. Saleh contre toute tentative de désigner des “boucs émissaires”.

“Nous ne pensons pas que désigner des boucs émissaires constitue une réponse adéquate aux yeux des Yéménites ou d’habitants d’autres pays”, a déclaré le porte-parole de M. Obama, en appelant M. Saleh à mener des réformes politiques pour répondre aux “aspirations légitimes” de son peuple.

______________________ 3 – L’Express avec AFP

Yémen: l’ONU met en garde les autorités contre la répression

La haut commissaire des Nations unies aux droits de l’homme, Navi Pillay, a mis en garde mardi les autorités yéménites contre toute “répression violente des manifestations”, estimant que le peuple avait le droit d’exprimer sa “récrimination”.

Mme Pillay a appelé, dans un communiqué, le gouvernement à protéger “le droit des manifestants et des journalistes dans le respect des lois internationales”.

“La population a le droit légitime d’exprimer ses récriminations et ses demandes auprès de son gouvernement”, a ajouté la responsable des droits de l’homme de l’ONU.

Une manifestation massive avait lieu mardi dans le centre de Sanaa, la capitale, à l’appel de l’opposition, pour réclamer le départ du président yéménite Ali Abdallah Saleh qui a accusé Israël et les Etats-Unis “d’orchestrer” la révolte arabe.

_______________ 2 – Romandie News avec AFP

Un médecin russe enlevé dans le sud du Yémen

Un médecin russe a été enlevé lundi par les membres d’une tribu dans le sud du Yémen, dans la province de Shabwa, en représailles à un raid aérien mené par les autorités en 2009, ont indiqué à l’AFP une source médicale et les ravisseurs.

Le médecin travaille à l’hôpital Ataq à Shabwa et a été emmené à Al-Mahfad, dans la province voisine d’Abyan, un bastion d’Al-Qaïda, a déclaré le responsable de l’hôpital Mohammed Salman à l’AFP.

M. Salman a précisé que le médecin russe l’avait contacté par téléphone.

_________________________ 1 – AFP


Le président yéménite Ali Abdallah Saleh a mis en garde lundi contre une partition du pays si son régime venait à tomber sous la pression populaire.

“Je mets en garde contre une partition (…) le Yémen sera divisé, non pas en deux parties comme dans le passé, mais en quatre parties”, a déclaré le chef de l’Etat lors d’une rencontre avec l’Association des ulémas du Yémen dans une mosquée de Sanaa.

S’en prenant à ses opposants qui réclament la chute de son régime, le président yéménite a affirmé qu'”ils ne pourront pas gouverner pendant une seule semaine, j’en suis certain”.

Le régime du président Saleh, qui avait unifié le nord et le sud du pays en 1990, est contesté dans la rue depuis le 27 janvier avec des manifestations à Sanaa, Taëz, au sud de la capitale, et surtout à Aden, dans le sud du pays.

La contestation vient s’ajouter aux difficultés de ce pays pauvre et tribal: le pouvoir du président Saleh est ouvertement contesté par Al-Qaïda, bien implanté dans le Sud-Est, par les séparatistes qui veulent rétablir un Etat indépendant dans le Sud et par une rébellion de zaïdites (chiites) dans le Nord.

En outre, l’opposition parlementaire a fini par se rallier au mouvement de protestation, de même que les chefs de puissantes tribus, alors que le président Saleh comptait sur leur fidélité pour se maintenir au pouvoir.

M. Saleh s’est interrogé: “à quoi cela peut servir de se barricader dans les rues”, en se demandant “qui est en train d’agiter les jeunes, de leur verser de l’argent et d’organiser leur transport en bus” vers les lieux de manifestations.

A Sanaa, les étudiants ont poursuivi lundi devant l’université leur sit-in qu’ils ont juré de maintenir jusqu’à “la chute du régime”. Des manifestants campent également à Taëz, au sud de la capitale, depuis plus de deux semaines sur une place.

Les manifestations se sont poursuivies lundi dans le reste du pays.

Dans la province du Hadramout (sud), la police a dispersé à coups de grenades lacrymogènes et de matraques une manifestation de milliers de lycéens dans la ville de Seyoun, selon des témoins.

Deux manifestants ont été blessés lorsqu’une voiture circulant à toute vitesse a tenté de les écraser, selon ces témoins.

Des centaines de personnes ont également défilé comme chaque soir dans les différents quartiers d’Aden, la grande ville du Sud, réclamant la chute du régime, selon le correspondant de l’AFP.

Dans la ville d’Amran (nord), deux personnes ont été blessées lors d’affrontements entre des manifestants et des partisans du régime, selon des témoins.

Par ailleurs, 13 députés yéménites, dont l’un du Congrès Populaire Général (CPG) au pouvoir, ont “gelé leur participation au Parlement”, pour protester contre l’usage de la force contre les manifestants et le “silence du Parlement” à ce sujet.

Ils ont précisé, dans un communiqué, que le gel de leur participation durerait jusqu’à ce que “les responsables des morts soient présentés devant la justice”.

Onze députés du parti du Congrès Populaire Général avaient déjà présenté leur démission la semaine dernière pour protester contre la répression des manifestations au Yémen.

Selon Amnesty International, au moins 11 personnes ont été tuées vendredi, et 27 au total depuis le 16 février.

25/02/11 (B592-B) Yémen Express 1/2 – le président dit qu’il ne partira “que par les urnes” – Un manifestant abattu au Yémen – l’opposition rejoint le mouvement de contestation des étudiants et cesse le dialogue avec l’Etat – la police ouvre le feu sur les manifestants, un mort et cinq blessés – un mort et dix blessés parmi les manifestants d’Aden – 6.000 manifestants dans la rue à Sanaa – violents heurts à Sanaa – le président Saleh qualifie les manifestations de “coup d’Etat” – deux morts dans les manifestations antirégime à Aden, heurts à Sanaa (9 articles)

_________________ 9 – Nouvel Obs avec AFP

21/02 Yémen : le président dit qu’il ne partira "que par les urnes"

Pendant ce temps là, des milliers de manifestants se sont réunis face à l’Université de Sanaa pour exiger son départ.

"Ni Nord ni Sud, notre révolution est celle des jeunes", répètent les manifestants. (AFP)

Le président yéménite Ali Abdallah Saleh, au pouvoir depuis 32 ans, a déclaré lundi 21 février, lors d’une conférence de presse, qu’il ne partirait "que par les urnes", alors que la contestation populaire contre lui s’amplifie.

"On me demande de partir, mais je ne partirai que par les urnes", a déclaré le président devant la presse.

Le président Saleh, qui dirige le Yémen depuis 1978, a promis le 2 février de mener des réformes et de ne pas briguer un nouveau mandat lors de la prochaine élection présidentielle prévue en 2013, sans parvenir à calmer la rue.

Des milliers de personnes ont entamé un sit-in

Des milliers de personnes ont entamé lundi un sit-in devant l’Université de Sanaa, foyer de la contestation dans la capitale, pour exiger la chute du régime yéménite.

Ce rassemblement intervient au lendemain de la décision de l’opposition parlementaire de se joindre au mouvement de contestation, mené jusqu’à présent principalement par des étudiants.

"Toute agression contre les manifestants est un crime"

Les ulémas du Yémen, sunnites et zaïdites, branche du chiisme prépondérante dans le nord du Yémen, ont prohibé le recours à la force contre les manifestants.

Ils ont publié un communiqué en ce sens à l’issue d’une réunion extraordinaire sous l’égide de l’influent chef islamiste cheikh Abdelmajid Zendani, soupçonné par Washington de soutenir le terrorisme.

"Toute agression contre les manifestants est un crime", ont affirmé les ulémas, prohibant dans le même temps de "tuer des membres des forces de sécurité".

Des partisans du régime s’étaient acharnés quotidiennement jusqu’à samedi sur des manifestants à Sanaa qui réclament la chute du régime, faisant un grand nombre de blessés.

A Aden, la grande ville du sud, 12 personnes ont été tuées en moins d’une semaine dans la dispersion par les forces de sécurité de manifestations tournant à l’émeute.

_________________ 8 – Radio Canada avec AFP

21/02 Un manifestant abattu au Yémen

La police a abattu un manifestant à Aden, dans le sud du Yémen, dimanche soir, lors d’une nouvelle manifestation contre le président Ali Abdallah Saleh.

Selon un bilan de l’AFP, 11 manifestants ont été tués à Aden depuis le 13 février dernier, date du début de la contestation du régime de Saleh, au pouvoir depuis 32 ans.

Le Forum commun, une alliance de l’opposition parlementaire, a annoncé dimanche dans un communiqué qu’il se joignait au mouvement de protestation, d’abord mené par des étudiants.

À Sanaa, des étudiants ont manifesté sur le campus, sans toutefois être attaqués par des partisans du président Saleh, comme cela avait été le cas dans les jours précédents. La police avait en effet établi un cordon de sécurité autour de la zone.

Ces manifestants à Sanaa ont écrit « Dégage » dans la paume de leur main, à l’intention du président Saleh.

Selon l’agence officielle Saba, le président a aussi ordonné de protéger les journalistes. Il a renouvelé son appel au dialogue avec l’opposition, précisant cependant qu’il fallait que leurs demandes soient « légitimes ».

L’opposition a toutefois répondu par la négative. « Il n’y aura pas de dialogue avec les balles et les matraques, pas de dialogue avec un pouvoir qui rassemble les mercenaires et les casseurs pour occuper les places publiques […] et terroriser la population », affirme le communiqué du Forum commun.

________________ 7 – TSRInfo (Suisse)

20/02 Yémen: l’opposition rejoint le mouvement de contestation des étudiants et cesse le dialogue avec l’Etat

L’opposition parlementaire au Yémen a annoncé dimanche sa décision de se joindre au mouvement de protestation mené par les étudiants notamment. Elle a refusé de reprendre le dialogue avec le pouvoir sous la menace des armes.

L’opposition était restée à l’écart de la contestation mais au vue des violences, elle estime que le dialogue avec le chef de l’Etat n’a plus de sens. En effet, 10 personnes ont été tuées depuis le début de la contestation et samedi, la capitale Sanaa a enregistré sa 1ère victime. Dimanche, des centaines d’étudiants manifestaient dans le calme devant leur campus à Sanaa.

________________ 6 – Nouvel Obs avec AP

19/02 Yémen: la police ouvre le feu sur les manifestants, un mort et cinq blessés

La police a ouvert le feu samedi contre les manifestants qui défilaient, par milliers, dans les rues de la capitale Sanaa pour réclamer le départ du président Ali Abdallah Saleh. Selon un responsable médical qui a requis l’anonymat, un homme a été tué d’une balle dans le cou et cinq autres ont été blessés.

Les manifestants avaient défilé de l’Université au ministère de la Justice, en scandant "le peuple veut la chute du régime". Des policiers des unités anti-émeutes, appuyés par des éléments en civil, ont ensuite attaqué les manifestants.

A Aden, des habitants ont déclaré que les forces de sécurité, après 10 jours de manifestations, ont déserté les rues de la ville portuaire. Des groupes d’hommes ont attaqué, pillé et brûlé des bâtiments officiels, sans intervention de la police ou de l’armée, selon des témoins.

________________ 5 – Romandie News avec AFP

18/02 Yémen: un mort et dix blessés parmi les manifestants d’Aden

Un manifestant a été tué et dix autres ont été blessés dans la dispersion par la police de manifestations jeudi à Aden, dans le sud du Yémen, selon un bilan recueilli auprès des hôpitaux de la ville.

"Un mort a été transporté dans notre hôpital et quatre blessés touchés par balle y ont été admis", a déclaré à l’AFP un responsable de l’hôpital Al-Joumhouriah. Il a qualifié l’état de deux blessés de "très grave".

Quatre blessés par balles ont été admis à l’hôpital Naqib, selon des membres de cet établissement et deux dans celui de Wali, dans le quartier de Mansoura, qui a connu une manifestation imposante demandant la chute du régime.

Une marche de plusieurs centaines de jeunes était toujours en cours dans la soirée à Crater, un autre quartier d’Aden, selon des témoins.

Les nouvelles manifestations à Aden se sont produites en dépit d’un déploiement jeudi de l’armée au lendemain de violents affrontements entre des manifestants et forces de l’ordre qui ont fait deux morts et 20 blessés.

Dans la nuit de mercredi à jeudi, des centaines de manifestants avaient défilé jusqu’à Aden en réclamant la chute du régime.

Dans le quartier de Mansoura, ils ont tenté de prendre d’assaut le poste de police et la prison centrale. A Khor Maksar, ils ont attaqué trois hôtels, brisant leur devanture ainsi que les vitres de commerces, et coupé la circulation en incendiant des pneus, selon le correspondant de l’AFP.

________________ 4 – Nouvel Obs avec AP

18/02 Yémen: 6.000 manifestants dans la rue à Sanaa

Une manifestation a réuni 6.000 personnes jeudi à Sanaa, capitale du Yémen, au septième jour du mouvement de contestation contre le président Ali Abdallah Saleh. Des heurts se sont produits avec la police.

Quelque 6.000 Yéménites, dont des étudiants, ont manifesté à Sanaa, scandant "le peuple veut renverser le président". Les protestataires ont repoussé des assauts de la police et de partisans du gouvernement armés de bâtons et de poignards.

Une dizaine de manifestants et un nombre indéterminé de policiers ont été blessés. Selon des responsables de la sécurité, une cinquantaine de manifestants ont également été interpellés.

Des affrontements ont été signalés dans d’autres villes du pays, notamment à Aden. Cherchant à maintenir la pression, les contestataires ont appelé à la tenue vendredi d’un "jour de colère".

Selon l’agence de presse officielle Saba, le président Saleh a réuni les plus hauts gradés de l’armée mercredi soir pour discuter des troubles. L’armée a ensuité lancé un appel au calme.

La plus haute figure religieuse du pays, cheikh Abdul-Majid al-Zindani, un proche du président, a de son côté appelé à la fin des manifestations. "Le changement par les manifestations de rue est rejeté. Cela conduit au chaos", a-t-il déclaré.

Pays arabe le plus pauvre du monde, le Yémen est en proie aux manifestations depuis sept jours. Inspirés par les révoltes tunisienne et égyptienne, les manifestants yéménites se plaignent de la pauvreté, du chômage et de la corruption et demandent des réformes politiques et le départ du président Saleh, au pouvoir depuis 32 ans.

Le chef de l’Etat yéménite a tenté sans succès de désamorcer la contestation en annonçant qu’il ne briguerait pas un nouveau mandat en 2013 et ne préparerait son fils à sa succession.

________________ 3 – Le Figaro avec AFP

17/02 Yémen: violents heurts à Sanaa

Plus de 25 Yéménites ont été blessés dans de nouveaux affrontements aujourd’hui à Sanaa entre des étudiants et des partisans du pouvoir, alors que l’armée se déployait en force à Aden, autre foyer de contestation, au lendemain de manifestations d’une rare violence.

Les manifestants, estimés à quelque 2.000 personnes, pour la plupart des étudiants, ont été attaqués dès leur sortie du campus par des partisans du Congrès populaire général (CPG), armés de gourdins et de pierres. "Le peuple réclame la chute du régime", répétaient d’une seule voix les étudiants, certains ripostant à coups de pierres à leurs attaquants.

Quinze manifestants ont été blessés, ainsi que dix partisans du CPG, selon le correspondant de l’AFP. Les forces de sécurité ont tiré en l’air pour tenter de séparer les deux parties. Selon des témoins, des partisans du CPG ont également tiré à balles réelles. Un photographe de l’AFP a été blessé à la tête par une pierre alors qu’un vidéaste travaillant pour l’AFP a été frappé par des partisans du pouvoir.

Les heurts entre les jeunes et les partisans du président Ali Abdallah Saleh, au pouvoir depuis 1978, se produisent quotidiennement depuis cinq jours. Mercredi, au moins dix étudiants ont été blessés lors d’affrontements similaires, alors que les manifestants tentaient de marcher vers le palais présidentiel. La chute des présidents tunisien Zine El Abidine Ben Ali et égyptien Hosni Moubarak à moins d’un mois d’intervalle sous la pression de la rue ont encouragé les mouvements de contestation à travers le monde arabe.

____________ 2 – Quotidien du Peuple (Chine) avec XINHUA

17/02 Yémen: le président Saleh qualifie les manifestations de "coup d’Etat"

Le président yéménite Ali Abullah Saleh, au pouvoir depuis 33 ans, a qualifié mercredi les manifestations réclamant son départ de "coup d’Etat".

"Les jeunes qui organisent des manifestions tentent de répandre les troubles dans le pays et ils sont des éléments de coup d’Etat", a affirmé Saleh cité par l’agence de presse officielle Sana.

"Je ne m’accroche pas au pouvoir, le pouvoir est pour tout le monde, mais il doit être obtenu par les urnes", a dit Saleh dans un discours prononcé devant des milliers de partisans de son tribu dans le nord-est du pays.

"Le temps de coup d’Etat et du chaos est révolu, ceux qui veulent prendre le pouvoir doivent le prendre par les urnes, pas par le chaos dans les rues", a affirmé le président.

Le président Saleh, au pouvoir depuis 33 ans, qui fait face à une contestation de plus en plus populaire réclamant son départ, a déclaré la semaine dernière qu’il partira après la fin de son mandat en 2013 et a promis de ne pas remettre le pouvoir à son fils.

____________________________ 1 – Nouvel Obs avec AFP

16/02 – Yémen: deux morts dans les manifestations antirégime à Aden, heurts à Sanaa

Au moins quatre manifestants ont été blessés mercredi au Yémen lors d’affrontements opposant pour la quatrième journée consécutive des étudiants réclamant la chute du régime à des partisans du pouvoir, selon un correspondant de l’AFP.

De violents heurts ont opposé des manifestants anti-régime et policiers mercredi dans le sud du Yémen faisant deux morts, au moment où des centaines de protestataires ont été dispersés à coups de gourdin dans la capitale Sanaa par des partisans du président Ali Abdallah Saleh.

La journée a été sanglante à Aden, la principale ville du sud.

Deux manifestants y ont été tués et deux blessés lors d’affrontements entre les forces de sécurité et des centaines de manifestants réclamant le départ de M. Saleh, au pouvoir depuis 32 ans dans ce pays pauvre et instable de la péninsule arabique et un allié clé de Washington dans sa lutte contre Al-Qaïda.

"Yassine Askar, l’un des trois blessés qui étaient traités à l’hôpital Naqib a succombé et son corps a été transporté dans la morgue de l’hôpital Joumhouria", a déclaré à l’AFP la source hospitalière.

Avant lui, un autre manifestant, Mohammad Ali Alwani, grièvement blessé par des tirs des forces anti-émeutes tentant de disperser les manifestants antigouvernementaux, a succombé.

Des centaines de jeunes s’étaient regroupés sur une place servant de gare routière à Aden. Ils ont ensuite pris d’assaut le siège de la municipalité dans le quartier de Mansoura et mis le feu à quatre voitures.

En début de soirée, plusieurs manifestants ont attaqué un poste de police à coups de pierres, les policiers tentant de se dégager en tirant en l’air.

Entretemps à Sanaa, des centaines d’étudiants ont tenté, pour la quatrième journée consécutive, de marcher sur le palais présidentiel sur la place Sabiine, avant d’être sauvagement pourchassés par des partisans de M. Saleh, armés de gourdins, de poignards et de pierres.

Ces derniers se sont acharnés sur les étudiants dès qu’ils sont sortis de l’Université en scandant "Le peuple veut faire la chute du régime", selon un correspondant de l’AFP sur place.

Les manifestants ont riposté en lançant des pierres sur leurs agresseurs, qui les ont ensuite poursuivis jusque sur le campus, où la police a tiré des coups de feu en l’air pour disperser les deux camps.

Au moins dix étudiants ont été blessés, selon le chef de l’Union des étudiants de l’Université, Radwan Massoud.

Signe de la violence dans la dispersion des marches, trois journalistes, dont un photographe d’Associated Press et un caméraman de la chaîne al-Arabiya basée à Dubaï, ont été battus par des partisans du Congrès populaire général (CPG, parti du président Saleh).

Au même moment, des centaines de juges se sont rassemblés à Sanaa pour réclamer "l’indépendance du pouvoir judiciaire", la démission des membres du Conseil supérieur judiciaire et des hausses de leurs salaires.

La veille, quelque 3.000 manifestants, la plupart des étudiants, avaient déjà tenté de se diriger vers le palais présidentiel avant d’être brutalement dispersés par les partisans du CPG.

"Les agissements des casseurs du CPG ne nous dissuaderont pas de continuer notre révolution pacifique", a affirmé à l’AFP M. Massoud.

Les manifestations qui se poursuivent depuis plusieurs jours dans le pays sont organisées à l’initiative d’étudiants et de composantes de la société civile.

L’opposition parlementaire, qui a décidé de reprendre le dialogue avec le régime, est restée à l’écart de la contestation. Elle n’a plus organisé de manifestation depuis une marche de dizaines de milliers de ses partisans le 3 février, après les promesses de réformes annoncées par le chef de l’Etat.

M. Saleh avait annoncé le 2 février le gel des amendements constitutionnels lui permettant de briguer un nouveau mandat en 2013, et affirmé qu’il ne chercherait pas à ce que son fils lui succède.

Enfin, des centaines de fonctionnaires ont poursuivi une grève lancée dimanche à Aden, réclamant le départ de leurs directeurs et une hausse des salaires devant les bureaux de leurs entreprises.

25/02/11 (B592-B) Yémen Express 2/2 – des femmes dans la rue – Le président du Yémen forme un comité pour dialoguer avec les manifestants – la révolte continue malgré les gestes d’apaisement de Saleh – des députés démissionnent pour protester contre la répression des manifestations – l’opposition marque des points – maintien du sit-in malgré 2 morts – les islamistes s’immiscent dans la révolte – Manifestations au Yémen : le président ne démissionnera pas – la révolte s‘étend au nord du pays (10 articles)

____________________ 10 – Libération

25/02 Yémen des femmes dans la rue

De nouveaux contestataires, dont des dizaine de femmes, ont rejoint les rangs de manifestants qui campent depuis quatre jours devant l’Université de Sanaa, réclamant la chute du président Ali Abdallah Saleh, au pouvoir depuis trente-deux ans. Ce dernier a multiplié les gestes d’apaisement,

____________________ 9 – CyberPress (Ca) avec AP

24/02 Le président du Yémen forme un comité pour dialoguer avec les manifestants

Le président du Yémen a ordonné, jeudi, la formation d’un comité gouvernemental pour ouvrir un dialogue avec les manifestants qui exigent sa démission depuis des semaines, ont rapporté des médias officiels.

La directive du président Ali Abdullah Saleh semble marquer une concession significative dans l’impasse avec l’opposition, de même qu’une tentative d’apaiser les manifestations inspirées des soulèvements réussis en Tunisie et en Égypte.

Les manifestants yéménites demandent la démission du président Saleh, au pouvoir depuis 32 ans. M. Saleh a refusé de démissionner, mais a indiqué qu’il ne briguerait pas de nouveau mandat aux élections de 2013.

L’agence de presse officielle SABA a annoncé, jeudi, que M. Saleh avait ordonné à son premier ministre de présider le comité de cinq membres afin de lancer «un dialogue ouvert et constructif avec les jeunes frères, incluant les manifestants, et à écouter leurs conditions et leur vision».

Les dirigeants de l’opposition yéménite n’ont pas réagi à l’information dans l’immédiat.

SABA a aussi rapporté que le président et de hauts responsables avaient discuté, jeudi, de l’économie du Yémen et des façons de résoudre le problème du chômage chronique dans le pays. Le manque d’emplois est l’une des choses dont se plaignent les manifestants.

Les manifestations anti-gouvernementales au Yémen ont fait au moins 13 morts depuis que la crise a commencé, il y a près d’un mois.

Plus tôt jeudi, des responsables de la sécurité ont annoncé qu’une personne avait été tuée et que deux autres avaient été blessées quand une grenade a été lancée contre des manifestants dans le sud du pays.

L’attaque est survenue dans la ville de Lawdar, où des manifestants réclamaient la sécession du sud du Yémen. L’origine de l’attaque n’était pas claire dans l’immédiat, ont affirmé des responsables, qui ont requis l’anonymat parce qu’ils n’étaient pas autorisés à s’adresser aux médias.

Les Yéménites du Sud, qui se sont joints au Yémen unifié en 1990, ont lancé un mouvement politique demandant la sécession, estimant avoir été marginalisés.

_______________________ 8 – Le Parisien avec AFP

24/02 Yémen: la révolte continue malgré les gestes d’apaisement de Saleh

Le président du Yémen Ali Abdallah Saleh a multiplié les gestes d’apaisement face à une révolte de la rue qui ne se calme pas, pour éviter le même sort que celui de deux de ses pairs arabes chassés du pouvoir.

Ahmad Gharabli

Le président du Yémen Ali Abdallah Saleh a multiplié les gestes d’apaisement face à une révolte de la rue qui ne se calme pas, pour éviter le même sort que celui de deux de ses pairs arabes chassés du pouvoir.

Jeudi, de nouveaux contestataires, dont des dizaine de femmes, sont venus grossir les rangs de manifestants qui campent depuis quatre jours devant l’Université de Sanaa, réclamant la chute du régime de M.

"Nous attendons avec impatience la chute du dirigeant libyen Mouammar Kadhafi, pour que les médias portent leur attention sur le Yémen et que Ali Abdallah Saleh parte à son tour", a déclaré l’un des protestataires, Hachem al-Ibara.

Parmi les gestes d’apaisement, M. Saleh a donné "des directives aux services de sécurité pour empêcher les heurts et prévenir tout affrontement direct entre protestataires pro et antigouvernementaux", appelant à "protéger les droits des citoyens à se rassembler pacifiquement", selon l’agence officielle Saba.

Il a en outre multiplié les ouvertures à l’égard de l’opposition qui s’est jointe aux manifestants, répétant à plusieurs reprises depuis le début de la semaine son appel à entamer un dialogue national.

Comme il s’est rétracté après avoir déclaré lundi qu’il ne partirait "que par les urnes". Dans une mise au point publiée par les médias officiels, M. Saleh a assuré mercredi qu’il "ne se présenterait pas à un nouveau mandat" à l’expiration du sien en 2013.

Ces gestes ont été annoncés après la mort mardi soir de deux manifestants dans l’attaque de leur sit-in par des partisans du pouvoir, portant à au moins 15 le bilan des morts dans la répression de la contestation depuis le 16 février.

Aucun incident n’a été signalé à Sanaa depuis ces morts. Les forces de sécurité ont érigé un poste de contrôle à l’entrée de la place où se déroule le sit-in et gardaient à l’écart les partisans du parti présidentiel, selon un correspondant de l’AFP sur place.

L’organisation de défense des droits de l’Homme Amnesty international a appelé le président yéménite à cesser de réprimer ses opposants auxquels il devrait "permettre de se rassembler et de protester pacifiquement".

Selon elle, les morts à Sanaa indiquait que "les tactiques maladroites utilisées par les forces de sécurité dans le sud du Yémen sont de plus en plus employées" dans le reste du pays.

A Aden, la principale ville du sud où 12 personnes ont été tuées dans la répression de la contestation, les autorités ont décidé de ne plus employer les balles réelles pour disperser les manifestants, selon un responsable local.

Des manifestations se sont déroulées dans les différents quartiers d’Aden mercredi soir sans être dispersées, selon un correspondant de l’AFP sur place.

La répression des manifestants et surtout les scènes de violence quotidienne dans les rues de Sanaa, où des partisans du Congrès Populaire Général (CPG, au pouvoir) se sont acharnés la semaine dernière à coups de hache et de poignards sur les opposants, ont poussé onze députés du CPG à présenter leur démission.

Dans une lettre ouverte au président, 28 députés du CPG, dont les onze démissionnaires, l’ont appelé à adopter une série de mesures "afin de faire sortir le pays de la crise".

Parmi les mesures proposées figurent "l’appel à un dialogue national n’excluant aucune partie dans un délai d’une semaine" et le limogeage de responsables des forces de sécurité.

M. Saleh, un allié des Etats-Unis dans la lutte contre Al-Qaïda, est depuis 1978 à la tête du Yémen, l’un des pays arabes les plus pauvres avec un taux de chômage estimé à 15% et un PIB par habitant de 1.118 dollars par an.

______________________ 7 – Le Parisien

24/02 Yémen: 15 morts, le président Saleh ordonne de protéger les manifestants

Deux manifestants avaient été tués dans la nuit de mardi à mercredi lors de l’attaque de leur sit-in à Sanaa par des partisans du pouvoir, portant à au moins 15 le bilan des morts dans la répression de la contestation depuis le 16 février.

Ahmad Gharabli

Le président yéménite Ali Abdallah Saleh a donné l’ordre à ses forces de sécurité de "protéger les manifestants" au Yémen où la répression de la contestation populaire a fait au moins 15 morts, a annoncé jeudi l’agence officielle Saba.

Le chef de l’Etat a donné "des directives aux services de sécurité pour empêcher tous les heurts et prévenir tout affrontement direct entre les protestataires pro et antigouvernementaux", selon un communiqué publié par l’agence.

Il demande "de protéger les droits des citoyens à se rassembler pacifiquement".

Deux manifestants avaient été tués dans la nuit de mardi à mercredi lors de l’attaque de leur sit-in à Sanaa par des partisans du pouvoir, portant à au moins 15 le bilan des morts dans la répression de la contestation depuis le 16 février.


______________________ 6 – RFI

24/02 – Au Yémen, des députés démissionnent pour protester contre la répression des manifestations

Manifestation anti-gouvernementale à Sanaa, le 23 février 2011.

Au Yémen, la contestation se poursuit. Sept députés du parti au pouvoir ont démissionné pour protester contre la répression des manifestations. Ils ont annoncé leur décision après la mort dans la nuit de mardi à mercredi 23 février de deux manifestants, attaqués par des partisans du régime alors qu’ils observaient un sit-in à Sanaa pour réclamer le départ du président Ali Abdallah Saleh.

La répression, l’utilisation de la violence notamment dans la région d’Aden n’a pas seulement choqué les manifestants. Le geste des sept parlementaires montre que les proches du pouvoir commencent à remettre en cause la stratégie prise par le président Ali Abdallah Saleh. « Le peuple doit avoir le droit de manifester pacifiquement », a justifié l’un des députés démissionnaires.

Ces démissions ne changent pour l’instant rien à la donne politique yéménite. Les partants ne sont pas des proches d’Ali Abdallah Saleh et le Parlement est davantage un lieu de débat qu’un lieu de réel pouvoir.

Toutefois, un des députés a annoncé qu’une soixante d’autres parlementaires étaient prêts aussi à renoncer à leur mandat pour protester contre les violences. Mardi 22 février, deux manifestants antigouvernementaux ont été tués et une dizaine d’autres blessés par balles à Sanaa au cours d’accrochages avec des partisans du chef de l’Etat. Lundi, à Aden, un adolescent a été tué au cours d’un affrontement avec des soldats.

_________________ 5 – EuroNews

23/02
Yémen : l’opposition marque des points

Le régime du président Ali Abdallah Saleh montre des signes d’affaiblissement.

Ce mercredi, huit députés du parti au pouvoir ont présenté leur démission pour protester contre la répression sanglante des manifestations. La nuit précédente, en effet, dans les rues de la capitale, deux manifestants ont été tués par des partisans du régime qui ont ouvert le feu sur les opposants réunis en sit-in devant l’université de Sanaa. 23 personnes ont également été blessées dans l’attaque.

En raison de la mort de ces manifestants, le parti au pouvoir, le Congrès Populaire Général a reporté sine die une contre-manifestation prévue ce mercredi. En une semaine le bilan de la répression au Yémen se monte à 13 morts.

_____________ 4 – Le Figaro ave AFP

22/02 Yémen: maintien du sit-in malgré 2 morts

Des milliers de protestataires campaient aujourd’hui à Sanaa, affirmant que la mort de deux d’entre eux lors d’une attaque des partisans du régime dans la nuit renforçait leur détermination à réclamer le départ du président yéménite Ali Abdallah Saleh.

Le Congrès populaire général (CPG, au pouvoir) a pour sa part reporté sine die une contre-manifestation de ses partisans prévue aujourd’hui en raison de la mort des deux manifestants, selon une source proche du parti. "Ca suffit, ça suffit, le criminel attaque pendant la nuit", scandaient les protestataires, surtout des jeunes, rassemblés devant l’Université de Sanaa.

Deux manifestants ont été tués et 23 blessés, selon un nouveau bilan, dans une attaque armée de partisans du régime qui a visé le sit-in dans la nuit. L’attaque a été menée vers minuit, heure de Sanaa, et les manifestants ont réagi en tentant de neutraliser, avec l’aide de la police, les assaillants qui ont réussi à prendre la fuite après avoir ouvert le feu dans leur direction, selon des témoins.

Une délégation de l’association des oulémas du Yémen s’est jointe aujourd’hui aux protestataires qui campent depuis trois jours devant l’université pour demander le départ du président Saleh, au pouvoir depuis 32 ans. Les protestataires ont rebaptisé cet endroit "place de la Libération", à l’instar de celle qui fut l’épicentre du soulèvement au Caire.

___________ 3 – L’Orient indiscret (Blog sur Le Figaro)

22/02 – Au Yémen, les islamistes s’immiscent dans la révolte

Par Georges Malbrunot

Face à une opposition qui durcit le ton, le président Ali Abdallah Saleh au pouvoir depuis 32 ans ne compte pas démissionner. « On me demande de partir, mais je ne partirai que par les urnes », a déclaré le raïs yéménite, lundi, lors d’une conférence de presse à Sanaa.

Le 2 février, pensant désamorcer la grogne de son peuple, galvanisé par les exemples tunisien et égyptien, le chef de l’Etat avait annoncé qu’il ne se représenterait pas en 2013 et que son fils, Ahmed, ne lui succéderait pas. Mais depuis les manifestations appelant à un changement de régime se sont poursuivies, à Sanaa, la capitale, mais surtout à Taez et à Aden dans le sud où douze personnes ont été tuées victimes d’une répression sanglante. Et c’est précisément le recours excessif à la force qui a provoqué le raidissement de l’opposition. Dimanche, celle-ci a appelé ses membres à rejoindre le flot des manifestants, composé jusqu’à présent d’étudiants.

« L’opposition a compris que le mouvement étudiant est entrain de se structurer grâce à Twitter et Facebook sur le modèle égyptien en vue de la manifestation du 24 février, elle veut être présente pour fédérer la révolte », analyse un observateur sur place, qui relève de plus en plus d’étudiants islamistes dans les cortèges de manifestants.

Après avoir dénoncé les fauteurs de troubles en fin de semaine, l’influent chef islamiste Cheikh Abdelamajid Zindani a fait volte face hier affirmant, au nom de tous les oulémas du Yémen, que « toute agression contre les manifestants est un crime ». Zindani, un ancien proche d’Oussama Ben Laden en Afghanistan, est l’un des ténors de l’Islah, la formation intégriste qui domine la coalition des opposants à Saleh, au côté des socialistes sudistes.

Lundi, la contestation s’est également étendue au nord chiite, où des dizaines de milliers de personnes ont, à leur tour, réclamé la chute du régime. A Sanaa en revanche, des milliers de personnes ont entamé un sit-in devant l’université pour exiger le départ du raïs, mais comme la veille, les manifestants n’ont pas été inquiétés par les forces de sécurité. Dans sa conférence de presse, le chef de l’Etat leur avait demandé de ne pas tirer sur les protestataires.

En même temps qu’il résiste aux appels à quitter le pouvoir, Saleh cherche à apaiser la situation, en condamnant la violence des forces de sécurité au sud, ou en allant visiter le campus de l’université. Mais son offre, réitérée lundi, de dialogue a été rejetée par ses opposants. Pas de négociations tant que la répression sévit, insiste la Coalition d’opposition.

Celle-ci n’est pas « révolutionnaire », concède l’expert. « L’opposition veut arriver à la table des négociations que propose Saleh en position de force, notamment sur son exigence principale d’élire les députés à la proportionnelle ».

A Sanaa, grâce à l’appui des tribus, le raïs a encore la situation en main. En revanche, à Taez et surtout Aden « tout est possible », avertit l’expert. Dans cette dernière ville, les activistes sudistes, qui militent depuis des mois pour la sécession, seraient également sur le point de rallier les étudiants.

_________________________ 2 – Radio-Chine

22/02 – Manifestations au Yémen : le président ne démissionnera pas

Le président yéménite Ali Abdallah Saleh a affirmé lundi qu’il ne démissionnera pas à moins qu’il ne soit battu aux élections.

"Celui qui veut prendre le pouvoir, doit le faire par les urnes en remportant les élections, que se soit les élections législatives ou présidentielles", a déclaré le président Saleh aux journalistes lors d’une conférence de presse au palais présidentiel dans la capitale Sanaa.

"Non au coup d’Etat, non au reversement de régime via le chaos, non à la destruction des propriétés publiques et privées et non au meurtre des individus", a souligné M. Saleh, qui est au pouvoir depuis plus de 30 ans et dont la démission est de plus en plus réclamée.

Le discours de M. Saleh intervient alors que des dizaines de milliers de manifestants anti-régime sont descendus dans les rues du pays dimanche, pour la 11ème journée consécutive de manifestation.

Les affrontements mortels entre les partisans du gouvernement soutenus par la police et les manifestants anti-régime ont fait une dizaine de morts et des centaines de blessés.

M. Saleh a déclaré avoir fait des concessions aux partis de l’opposition, ajoutant : "Mais la coalition de l’opposition a élevé le niveau de ses demandes, dont certaines n’étaient pas légitimes".

Le Yémen, un des pays les plus pauvres de la péninsule arabe, connaît des manifestations massives depuis le 11 février, qui demandent la démission immédiate de M. Saleh.

_________________________ 1 – EuroNews

22/02 – Yémen : la révolte s‘étend au nord du pays

Les Yéménites manifestent toujours pour exiger le départ du président Saleh. A Sanaa, la capitale, ils ont entamé un sit-in sur une place devant l’université, et nouveauté, les étudiants ont été rejoints par l’opposition parlementaire.

Dans la ville de Aden, au sud, un adolescent qui lançait des pierres contre des militaires a été tué, portant à 12 le nombre de morts dans cette ville.

Le président Saleh continue à dire que seules les urnes doivent décider de son départ, aujourd’hui il a mis en doute la capacité de l’opposition à assurer le pouvoir plus d’une semaine, même si on lui donnait.

La ville de Saada, au nord du pays, est rentrée dans la contestation, des dizaines de milliers de personnes ont défilé. Depuis plusieurs années, Saada est la place forte de la rébellion dans ce pays sujet à des tensions régionales.