10/04/11 (B599) Yémen Express / les nouvelles de la semaine écoulée (1/3) – encore des morts, Saleh accepte une médiation – Washington condamne les violences, met Saleh en garde – L’opposition prête à négocier un transfert de pouvoir – pas de suspension de l’aide militaire américain – la transition doit commencer (UE) – 17 morts à Taëz, Saleh perd le soutien américain – nombreux blessés à Hodeida – 17 manifestants tués à Taëz – le pouvoir continue de tirer sur la foule – Un ou deux morts dans les manifestations au Yemen (10 articles)

_______________________ 10 – EuroNews

07/04 Yémen : encore des morts, Saleh accepte une médiation

Cinq morts dans la capitale du Yémen, c’est le bilan d’un affrontement entre adversaires et partisans du président Saleh. Parmi eux, deux militaires: ils feraient partie de la division blindée de l’armée conduite par le général Ali Mohsen, qui a rejoint les contestataires du régime.

Cet affrontement, qui a eu lieu, ce matin, près de la place du changement, épicentre des protestations, auraient aussi fait une quinzaine de blessés.

“Lorsqu’ils nous ont attaqués, ils ont tiré et lancé des pierres alors qu’on défilait pacifiquement”, explique un opposant, alors qu’un autre crie en les montrant: “ce sont des balles réelles, des balles réelles.”

Alors que Sanaa soigne ses blessés, à Taëz, une autre manifestation a été violemment réprimée. 400 personnes auraient été indisposées par les gaz lacrymogènes, et des dizaines blessés par balles. Déjà, hier, 18 protestataires ont été tués à Taëz et quatre à Houdaïda.

La répression des forces de Saleh soulève l’indignation des Etats-Unis et de l’Union européenne qui appellent à l’arrêt des violences, à des réformes rapides et à la tenue d‘élections libres.

Le président Saleh et l’oppostion ont accepté la médiation proposée par le Conseil de coopération du Golfe. La réunion se déroulera en Arabie saoudite.

_______________________ 9 – Romandie News avec AFP

07/04 Yémen: Washington condamne les violences, met Saleh en garde

Les Etats-Unis “condamnent fermement” les violences gouvernementales contre des manifestants au Yémen ces derniers jours, a déclaré mardi le porte-parole de la Maison Blanche en mettant nommément en garde le président Ali Abdallah Saleh.

“Les Etats-Unis condamnent fermement l’usage de la violence par les forces gouvernementales yéménites contre des manifestants à Sanaa, Taëz et Hodeïda ces derniers jours”, a indiqué ce porte-parole, Jay Carney.

“Les Yéménites ont le droit de manifester pacifiquement et nous rappelons au président Ali Abdallah Saleh qu’il est de sa responsabilité d’assurer la sécurité des Yéménites qui exercent leur droit universel d’exprimer leurs opinions politiques”, a affirmé M. Carney dans un communiqué.

Le porte-parole du président Barack Obama a également appelé le gouvernement de Sanaa à “mener des enquêtes complètes sur ces événements” et à faire en sorte que les responsables répondent de leurs actes.

De nouvelles violences ont fait au moins 24 morts en deux jours au Yémen où depuis lundi, des heurts entre partisans du chef de l’Etat, qui règne depuis 32 ans, et opposants ont secoué les villes de Taëz, Hodeïda et Sanaa. Dans ces villes, des milliers de personnes réclament depuis des semaines la fin du régime.

Le New York Times avait affirmé dimanche que le gouvernement américain était en train de retirer son soutien au président Saleh et de faciliter son départ, ce que M. Carney n’avait pas confirmé lundi. Il s’était borné à affirmer que “nous ne nous concentrons pas sur un individu”.

Le quotidien américain assurait que des responsables américains étaient convaincus que la position de M. Saleh était intenable, compte tenu de l’important mouvement de contestation populaire auquel il est confronté, et qu’il devrait quitter son poste.

L’opposition réclame le départ de M. Saleh comme préalable à la négociation. Le président Saleh, un allié des Etats-Unis dans la lutte contre Al-Qaïda, affirme qu’il est prêt à céder le pouvoir, mais dans le cadre d’un processus constitutionnel ordonné.

Abandonné par une partie de l’armée et des chefs tribaux et religieux, il a mis en garde contre le risque de chaos au Yémen s’il était contraint à partir.

Mardi, M. Carney a réitéré la position américaine: “le président Saleh doit trouver une solution à l’impasse politique avec l’opposition pour qu’un changement politique digne puisse se produire à court terme de façon ordonnée et pacifique”.

_______________________ 8 – Ouest France

06/04 Yémen. L’opposition prête à négocier un transfert de pouvoir

L’opposition yéménite est disposée à se rendre à Ryad, la capitale de l’Arabie saoudite, pour participer à des négociations conduisant à un transfert de pouvoir à Sanaa, a annoncé, ce mardi, un porte-parole de l’opposition Mohammed Qahtan.

Cette prise de position intervient au lendemain d’une offre du Conseil de Coopération du Golfe (CCG) réuni à Ryad de faciliter une médiation entre l’opposition yéménite et le président Ali Abdallah Saleh, contesté depuis des semaines par des manifestations à Sanaa et dans le reste du pays.

_______________________ 7 – Romandie News avec AFP

06/04 Yémen: pas de suspension de l’aide militaire américain

Les Etats-Unis n’ont pas l’intention de suspendre leur aide militaire au Yémen pour faire pression sur le président Ali Abdallah Saleh, a assuré mardi le Pentagone, tout en appelant à une transition pacifique dans ce pays en proie à des manifestations violentes.

“A ma connaissance, ce n’est pas à l’ordre du jour”, a déclaré le porte-parole du ministère américain de la Défense, Geoff Morrell, interrogé sur une éventuelle suspension de l’aide militaire au Yémen.

“Nous suivons la situation de très près. Les choses évoluent très vite”, a-t-il ajouté.

Les dernières violences ont fait au moins 24 morts en deux jours au Yémen, où le général dissident Ali Mohsen al-Ahmar a accusé le président Saleh, sous pression pour céder le pouvoir, d’avoir cherché à l’éliminer lors d’un guet-apens sanglant mardi à Sanaa.

La Maison Blanche a dit lundi son inquiétude de voir Al-Qaïda profiter d’un “vide politique” au Yémen, alors que le New York Times avait affirmé la veille que le gouvernement américain était en train de retirer son soutien au président Saleh et de faciliter son départ.

_______________________ 6 – Le Figaro avec AFP

06/04 Yémen : la transition doit commencer (UE)

La chef de la diplomatie de l’UE, Catherine Ashton a souhaité aujourd’hui que le processus de transition au Yémen commence “maintenant” alors que la contestation contre le président Ali Abdallah Saleh ne faiblit pas.

“La transition doit commencer maintenant”, a affirmé la Haute représentante de l’UE pour les Affaires étrangères dans un communiqué. Elle a souhaité une “transition politique ordonnée” qui permette de “résoudre la crise actuelle et d’ouvrir la voie aux réformes”.

Catherine Ashton s’est déclarée par ailleurs “gravement préoccupée” par la répression à l’encontre des manifestants et a réitéré son appel pour que cessent “sans délai” les violences. Dix-sept manifestants hostiles au président Ali Abdallah Saleh ont été tués par balles hier à Taëz, au sud de Sanaa.

“Le gouvernement et les forces de sécurité doivent respecter et protéger tous les droits humains et les libertés fondamentales”, a dit Catherine Ashton.

Certaines régions du Yémen, notamment dans le Sud, échappent de plus en plus au contrôle du pouvoir central, notamment après la défection de chefs de l’armée ayant rejoint le mouvement réclamant le départ du président Ali Abdallah Saleh, au pouvoir depuis 32 ans.

_______________________ 5 – EuroNews

06/04 Yémen : 17 morts à Taëz, Saleh perd le soutien américain

Nouvelle journée de manifestations contre le président yéménite, nouvelle répression, nouvelles victimes… Au moins 17 manifestants ont été tués par balle à Taëz, au sud de Sanaa. Les victimes sont tombées sous les balles des forces de l’ordre mais aussi de civils armés postés sur des toits en arrivant dans la cour du siège du gouverneur de province.

86 personnes ont aussi été blessés selon les mêmes sources médicales.

En début de soirée, ce lundi, des manifestants ont également observé un sit-in devant le siège du gouverneur à Hodeida, sur la mer Rouge. Des accrochages avec les forces de sécurité auraient fait environ 300 blessés.

Cette poussée de violence contribue à faire perdre le soutien de Washington au président Saleh, jusqu’ici allié des Etats-Unis dans la lutte contre le réseau terroriste Al-Qaïda.

La Maison Blanche redoute aujourd’hui que l’organisation de Ben Laden profite de ce chaos et plaide désormais le lancement du calendrier de transition politique évoqué par le président Saleh.

_______________________ 4 – Le Figaro avec AFP

05/04 Yémen: nombreux blessés à Hodeida

Au moins treize personnes ont été blessées tard hier par des tirs de la police lors de manifestations au Yémen, dans de nouvelles violences liées à la contestation du président Ali Abdallah Saleh, au pouvoir depuis 32 ans.

En outre, des centaines de manifestants ont été indisposés par des gaz lacrymogènes et des dizaines blessés par des jets de pierre dans la ville de Hodeida, sur le mer Rouge, selon des sources médicales.

“Quelque 400 manifestants ont souffert de suffocation en inhalant des gaz lacrymogènes, une trentaine ont été blessés par des jets de pierre et 13 ont été touchés par des balles”, a affirmé l’une de ces sources.

Les heurts ont débuté hier soir lorsque des dizaines de milliers de manifestants ont commencé à marcher sur le palais présidentiel de cette ville de 400.000 habitants, aux cris “A bas le régime”, selon des témoins.

Les affrontements se sont prolongés dans la nuit, alors que l’opposition continue d’exiger un départ immédiat du président Saleh, 69 ans, qui lui se dit prêt à quitter le pouvoir à la fin de l’année, après des élections parlementaires.

A Taëz, au sud de Sanaa, théâtre de violences hier, l’armée quadrillait aujourd’huila ville, dont les forces de police se sont retirées, selon des manifestants. Hier, 1650 manifestants ont souffert de suffocation en raison d’un usage massif de gaz lacrymogènes contre des manifestants, selon un nouveau bilan d’un hôpital de campagne proche du lieu de sit-in.

_______________________ 3 – L’Express avec Reuters

05/04 Yémen: 17 manifestants tués à Taëz

Il s’agit principalement d’intoxications dues au gaz lacrimogène utilisé par les forces de l’ordre. Neuf personnes ont été blessées par balles.

Dix-sept manifestants yéménites auraient été tués par balles ce lundi lors d’une marche de contestation du régime du président Ali Abdallah Saleh à Taëz, au sud de Sanaa, a indiqué à l’AFP un médecin qui dirige un hôpital de campagne soignant les protestataires. Selon des manifestants, les premières victimes sont tombées sous les balles de l’armée et des forces de l’ordre. Les protestataires ont ensuite atteint le siège du gouverneur de province et ils ont pu entrer dans la cour du bâtiment mais ils ont été accueillis par des salves de tirs d’hommes armés dont certains étaient postés sur des toits.
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Lachâge américain

Le gouvernement américain est en train de retirer son soutien au président Ali Abdallah Saleh et de faciliter son départ, rapporte dimanche le New York Times, citant des responsable américains et yéménites. Des négociations portant sur le départ du président yéménites ont débuté il y a plus d’une semaine, rapporte le quotidien. Il s’agirait de proposer à Saleh de remettre le pouvoir à un gouvernement provisoire jusqu’à la tenue de nouvelles élections.

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Par ailleurs, dans la capitale, Sanaa, des militaires ralliés à l’opposition ont empêché la police de faire mouvement vers les milliers de manifestants qui campent sur une place de la ville, selon un journaliste de l’AFP.

400 manifestants blessés à Hodeïda

A l’ouest plus de 400 manifestants ont été blessés lundi matin par les forces de l’ordre yéménites qui ont tiré en l’air et fait usage de gaz lacrymogène lors d’un défilé en direction d’une résidence présidentielle à Hodeïda, sur la mer Rouge.
Selon des habitants, la manifestation, qui a réuni quelques centaines d’opposants a été organisée pour protester contre la dispersion de rassemblements à Taëz dimanche, qui avait fait deux morts et plusieurs centaines de blessés.

_______________________ 2 – Libération

04/04 – Au Yémen, le pouvoir continue de tirer sur la foule

A Taez, au sud de la capitale Sanaa, les forces de l’ordre ont violemment réprimé, hier, une manifestation, faisant un mort.

Par GÉRARD THOMAS

«Je m’engage à me sacrifier par mon sang et par tout ce qui m’est cher pour le peuple», a lancé hier le président yéménite, Ali Abdallah Saleh, à ses partisans venus le soutenir sur la place Sabine de Sanaa. Dans le même temps, les militaires à ses ordres répandaient le sang des opposants au régime, mobilisés depuis fin janvier pour exiger le départ du «monarque». Un manifestant a ainsi été tué lorsque les forces de l’ordre ont soudainement tiré à balles réelles sur un cortège, hier à Taez, au sud de la capitale. Le jeune homme a été atteint en pleine poitrine tandis qu’il déchirait un portrait du Président. Plusieurs dizaines d’autres manifestants ont été blessés, certains grièvement.

Complots.

Le mouvement de contestation au Yémen s’est durci après le massacre à Sanaa, le 18 mars, de 52 manifestants. A Taez, ce sont des milliers de protestataires qui campent dans le centre-ville, réclamant comme dans la capitale et à Aden (sud), la chute de Saleh, 69 ans, en poste depuis trente-deux ans.

Un pouvoir qu’il a su défendre jusqu’ici avec ruse, triomphant de multiples complots ourdis contre lui, s’alliant au gré des circonstances avec les Frères musulmans durant un temps, puis avec Washington, et mettant essentiellement en pratique la théorie politique du «diviser pour mieux régner». Il a toujours pris soin de nommer des personnes de son entourage aux postes clés de l’armée et de la sécurité, distribuant par ailleurs aux représentants des tribus locales de l’argent public et des emplois administratifs.

Dans son discours place Sabine, Saleh, qui avait déjà déclaré qu’il était prêt à rendre le pouvoir à la fin de l’année après des élections, a répété qu’il était favorable à son remplacement dans le cadre d’un «processus constitutionnel». Habitué des promesses non tenues, Saleh s’était déjà engagé à quitter le pouvoir en 2006 avant de revenir sur sa décision. Il a aussi exhorté l’opposition, rassemblée au sein du Forum commun, «à mettre un terme à la crise en levant les sit-in», en «arrêtant de couper les routes» et en mettant «fin à la rébellion dans certaines unités militaires».

Chaos.

Aujourd’hui abandonné par une partie de l’armée et des chefs tribaux et religieux, Saleh – un allié des Etats-Unis dans la lutte contre le terrorisme – a mis en garde contre le risque de chaos dans son pays s’il devait brusquement quitter son poste.

Ce qui n’empêche pas ses opposants d’exiger sa démission et son remplacement de façon temporaire par le vice-président, Abed Rabbo Mansour Hadi, aussi membre du parti au pouvoir, le Congrès populaire général (CPG). Ils veulent également réorganiser immédiatement l’appareil sécuritaire, épine dorsale du régime qui comprend la Sécurité nationale, la Sécurité d’Etat et la Garde présidentielle, trois institutions contrôlées directement par des proches de Saleh.

_______________________ 1 – Metro (France)

04/04 – Un ou deux morts dans les manifestations au Yemen

Les manifestations contre le pouvoir ne faiblissent pas, bien que durement réprimées par la police. Les Etats-Unis s’inquiètent de la montée en puissance du terrorisme dans la région.

Les tensions ne s’apaisent pas dans le République du Yémen. Dimanche, des manifestations ont été réprimées par la police à Taïz, à 200 km au sud de la capitale Saana. On compterait un ou deux morts par balles, ainsi que des dizaines de blessés. Selon plusieurs témoins, la police aurait également utilisé des matraques et du gaz lacrymogène contre les protestataires, qui scandaient pourtant : “Notre manifestation est pacifique”.

Le mouvement contre le pouvoir en place a commencé fin janvier. Il s’est accentué le 18 mars, lorsque 52 manifestants sont morts, tués par des tirs attribués aux partisans du président. L’opposition exige le retrait de Ali Abdallah Saleh, président du pays depuis 32 ans. Ce dernier a indiqué qu’il était disposé a abandonner son poste à condition de pouvoir effectuer “un transfert pacifique du pouvoir dans un cadre constitutionnel”.
Inquiétude

Lâché par une partie de l’armée et par plusieurs chefs tribaux, le président Saleh se trouve en pleine impasse politique. Il a tenté de négocier avec ses adversaires, proposant notamment de quitter le pouvoir dès 2012. Mais les manifestants ont refusé et exigent son départ immédiat. Depuis sa réunification en 1990, le pays est en proie à l’instabilité. Au sud comme au nord, plusieurs mouvements s’insurgent contre les discriminations. S’ajoutent à cela une grande pauvreté et un accès de plus en plus difficile à l’eau potable pour les populations les plus démunies.

Le Yemen, république frontalière de l’Arabie Saoudite, est un allié important des Etats-Unis dans sa lutte contre le terrorisme. Les Américains, qui ne cachent d’ailleurs pas leur inquiétude quant à la tournure prise par la situation, craignent notamment que cette instabilité serve de creuset à un retour au
premier plan d’Al Qaïda dans la région.

Epreuves supplémentaires

“Si ce gouvernement tombe ou s’il est remplacé par un gouvernement beaucoup plus faible, alors nous ferons face à des épreuves supplémentaires au Yémen, il n’y a pas de doute”, a estimé Robert Gates, le Secrétaire américain à la Défense.”La branche la plus active d’Al Qaïda, Al Qaïda dans la péninsule arabique, agit depuis le Yémen et nous menons une coopération antiterroriste avec le président Saleh”, a-t-il précisé.

La France, par l’intermédiaire du porte parole du ministère des Affaires étrangères, Bernard Valero, a plaidé pour une “transition” pacifique. Le Quai d’Orsay a également demandé aux ressortissants français vivant au Yémen de quitter provisoirement le pays s’ils n’ont pas d’impératifs pour y rester. Amnesty International estime que, depuis fin janvier, les manifestations y ont fait 95 morts.

10/04/11 (B599) Yémen Express / les nouvelles de la semaine écoulée (2/3) – Saleh rejette toute ingérence étrangère au Yémen, 4 morts – deux manifestants tués par les tirs des forces de l’ordre à Taëz – Washington gèle son aide au Yémen – Manifestations au Yémen : où en est la révolution ? – Poursuite des manifestations au Yémen – La transition au Yémen à l’ordre du jour du Parlement européen – les pays du Golfe veulent la démission de Saleh – Le Yémen sous haute tension, Washington hausse le ton – Saleh critiqué par Washington, sous la pression accrue de la rue (10 articles)

____________________ 10 – Libération

09/04 Yémen pas de médiation pour saleh


Des dizaines de milliers de Yéménites ont pris part, vendredi, à une journée de mobilisation dans tout le pays. Les forces de l’ordre ont tiré à balles réelles pour disperser les manifestants à Taez, épicentre de la contestation du régime, faisant deux morts et des dizaines de blessés.

A Sanaa, le chef de l’Etat a rejeté, vendredi, devant des milliers de ses partisans (photo), l’offre de médiation des pays arabes du Golfe. Ce plan de sortie de crise, rendu public la veille, prévoyait son départ et la formation d’un gouvernement d’union nationale dominé par l’opposition.

____________________ 9 – L’Express avec Reuters

09/04 Saleh rejette toute ingérence étrangère au Yémen, 4 morts

Jean-Stéphane Brosse et Marine Pennetier pour le service français

Le président Ali Abdallah Saleh a rejeté vendredi toute “intervention belliqueuse” d’un autre pays pour résoudre la crise au Yémen, où de nouveaux affrontements entre police et manifestants ont fait selon des témoins au moins quatre morts et des dizaines de blessés.

Les propos du chef de l’Etat, au pouvoir depuis 32 ans, semblent viser un plan de sortie de crise des pays du Golfe qui préconise sa démission.

Le chef de l’Etat yéménite s’accroche au pouvoir depuis deux mois malgré des manifestations sans précédent réunissant des dizaines de milliers de personnes pour réclamer son départ.

Les troubles ont fait plus de 100 morts, dont une vingtaine cette semaine à Taïz et dans le port de Houdaïda.

Le Conseil de coopération du Golfe (CCG), alliance régionale militaire et politique, a fait savoir mercredi par le biais du Qatar qu’il mettait au point un plan qui recommande le remplacement du président par un conseil de transition.

“Nous ne tirons pas notre légitimité du Qatar ou d’ailleurs (…) Nous rejetons cette intervention belliqueuse”, a répliqué Ali Abdallah Saleh devant ses partisans réunis à Sanaa, où les opposants se sont également rassemblés.

Dans un communiqué diffusé ensuite par les médias officiels, Saleh a précisé accepter les efforts de médiation mais refuser de prendre des ordres auprès de quiconque ou de céder à une intervention extérieure.

“Qu’ils soient nos amis ou nos frères, ils doivent respecter les sentiments des Yéménites”, a-t-il déclaré à ses partisans. “Nous rejetons ce coup porté à la légalité de notre Constitution, à notre démocratie et à notre liberté”, a ajouté le chef de l’Etat yéménite.

La répression par Saleh du mouvement de contestation a semble-t-il eu raison de la patience des Etats-Unis et de l’Arabie saoudite, alliés du régime dans sa lutte contre Al Qaïda dans la Péninsule arabique (Aqpa).

Le Wall Street Journal rapporte que Washington a gelé la majeure partie de son plan d’aide au Yémen dès février, au début de la vague de manifestations.

Le CCG a invité pouvoir et opposition à participer à des discussions en Arabie saoudite à une date non encore arrêtée.

L’un des principaux points de friction concerne l’immunité que les pays du Golfe seraient prêts à garantir à Saleh et à sa famille en cas d’accord sur son départ.
Pour l’heure, la situation paraît bloquée.

A Sanaa, la capitale, où militants de l’opposition et partisans du gouvernement ont défilé dans des cortèges distincts, deux manifestants ont été tués par balle vendredi, portant à au moins 23 le nombre de personnes tuées cette semaine lors d’affrontements avec les forces de l’ordre.

Quelque 700 policiers anti-émeutes étaient postés non loin des forces du général Ali Mohsen, un ancien proche du président qui a fait défection il y a quelques semaines et dont les troupes protègent les protestataires qui campent autour de l’Université.

Des heurts ont également éclaté à Taïz, important foyer de contestation au sud de Sanaa, entre des centaines de manifestants et les forces de sécurité qui ont tiré des coups de feu et des gaz lacrymogènes. Deux manifestants ont été tués par balle et 25 autres ont été blessés, selon des sources médicales. Quelques 200 autres ont souffert de l’inhalation de gaz lacrymogène.

Les manifestants marchaient en hommage à cinq des leurs tués ces derniers jours dans des heurts avec les forces de l’ordre et plusieurs dizaines ont été blessés dans des affrontements avec les forces de l’ordre, ont rapporté des témoins sans autres détails.

Dans la ville portuaire d’Aden, la police a tiré pour tenter de disperser des centaines de manifestants.

____________________ 8 – Romandie News (Ch) avec AFP

09/04 Yémen: deux manifestants tués par les tirs des forces de l’ordre à Taëz

Deux manifestants yéménites ont été tués par les tirs des forces de l’ordre vendredi à Taëz, au sud de Sanaa, et des dizaines ont été blessés, a affirmé un témoin.

“Deux manifestants ont été abattus par balle et leurs corps ont été transportés à l’hôpital Safwa”, a indiqué ce témoin à l’AFP, confirmant que des dizaines d’autres manifestants ont été blessés par balles ou par des inhalations de gaz lacrymogènes.

Un autre témoin avait indiqué auparavant que “les forces de l’ordre ont voulu disperser un rassemblement près de l’école Al-Chaab (le peule) proche de la place Hourria (Liberté) et ont tiré à balles réelles et des gaz lacrymogènes”.

Selon d’autres témoins, les blessés souffrent de suffocation et certains ont été touchés par balles.

Taëz est l’un des épicentres de la contestation du régime du président Ali Abdallah Saleh qui a commencé fin janvier.

Le chef de l’Etat a rejeté vendredi devant des milliers de ses partisans à Sanaa une offre de médiation des pays arabes du Golfe prévoyant son départ et un gouvernement de transition dominé par l’opposition.

______________________ 7 – Le Figaro avec Reuters

09/04 Washington gèle son aide au Yémen

Les Etats-Unis ont gelé la majeure partie de leur plan d’aide au Yémen en février en raison des manifestations demandant le départ du président Ali Abdallah Saleh au pouvoir depuis 32 ans, rapporte le Wall Street Journal, vendredi.

“Le premier acompte de ce plan d’aide, d’un montant potentiel d’un milliard de dollars sur plusieurs années, devait être débloqué en février, traduisant la plus importante tentative de la Maison blanche pour s’assurer le soutien du président Ali Abdallah Saleh dans la lutte contre Al Qaïda dans la Péninsule arabique”, écrit le quotidien. Citant des responsables américains, le journal précise que ce plan prévoyait 200 millions de dollars au titre du soutien à la lutte contre le terrorisme pour l’année fiscale 2011, contre 155 millions de dollars accordés pour l’année 2010.

Un montant équivalent devait être versé au titre de l’aide au développement. Saleh doit faire face à une contestation persistante de la part de l’opposition yéménite qui demande son départ. Le chef de l’Etat a décidé de s’accrocher à son pouvoir, mais un responsable américain a expliqué à Reuters que Washington tente d’intensifier ses pressions sur le président afin de le contraindre à trouver un terrain d’entente avec l’opposition.

Un responsable de l’administration Obama a indiqué la semaine passée qu’Al Qaïda ainsi que d’autres groupes d’activistes tentent d’exploiter les troubles politiques dans ce pays, le plus pauvre de la région du Golfe

______________________ 6 – CityzenSide

09/04 – Manifestations au Yémen : où en est la révolution ?

Le président yéménite Ali Abdallah Saleh, en place depuis 1978, sera-t-il le troisième raïs arabe à quitter le pouvoir sous la pression populaire ?

Voilà la question qui se pose aujourd’hui au Yémen. Les manifestations qui sont organisées dans tout le pays depuis fin janvier ont fait des dizaines de morts et des centaines blessés. Violentes répressions, arrestations arbitraires, le pays le plus pauvre de la péninsule arabique frôle l’implosion.

Les pays du Golfe à l’action

Focalisées sur la Libye, entre autres, les puissances occidentales se sont très peu prononcées sur la violente réponse de Saleh à son peuple. Les pays du Golfe sont donc intervenus. Face à l’escalade de violence et aux discussions de plus en plus fermées entre l’opposition et le pouvoir en place, le Conseil de coopération du Golfe (CCG), qui regroupe l’ensemble des pays de la région, a décidé de se poser en médiateur dans ce conflit qui semblait parti pour durer.

L’Arabie Saoudite en tête, les pays du Golfe ont offert au Yémen une médiation, qui a débouché, le 6 avril 2011, sur une proposition de compromis qui doit être présentée au président yéménite, a annoncé le Premier ministre du Qatar, membre du CCG. Cet accord prévoit le départ d’Ali Abdallah Saleh et la mise en place d’un conseil de transition composé des principaux partis politiques du pays et des représentants des tribus. Ce conseil prévu pour trois mois devra ensuite se décider sur la date de nouvelles élections.

Mais malgré la médiation et tant que le président n’aura pas remis sa démission, les manifestations continuent un peu partout dans le pays et la population vit toujours au ralenti. Notre contributrice kate_dixon, qui vit à Sana’a, témoigne de la situation sur son blog, Life in Yemen. Elle décrit une situation très tendue et difficile : les routes de la capitale fermées par les différents camps, les élèves qui ne viennent plus à l’école…

En début de semaine, la ville de Taëz a de nouveau été le théâtre de manifestations violemment réprimées. Répression qui a fait plus d’une vingtaine de morts. Depuis, les rassemblements de manifestants anti-Saleh sont quotidiens. Les contestataires sont déterminés à voir partir leur président. Et ils ne sont pas les seuls.

Saleh lâché par les Etats-Unis

Depuis lundi, les Etats-Unis se sont aussi positionnés en faveur du départ du leader yéménite. Jusqu’alors plutôt réservés sur la question, les Etats-Unis ont désormais une position claire : Saleh doit partir. Le secrétaire d’Etat à la Défense américain Robert Gates s’est rendu à Riyad, où ont lieu les négociations du CCG, pour apporter le soutien des Etats-Unis à la médiation.

Allié d’Obama dans la lutte contre Al Qaïda dans la péninsule arabique, Saleh se retrouve aujourd’hui bien seul face à une population prête à tenir jusqu’à son départ et à une multitude de pays déterminés à en finir au plus vite avec la crise yéménite. Ce vendredi sera-t-il un nouveau « vendredi du départ » ? Le Yémen et les pays de la région veulent y croire.

______________________ 5 – Street Generation

08/04 Poursuite des manifestations au Yémen

Marie-Audrey Demayo

Des milliers de personnes ont manifesté à nouveau pour le départ du président Saleh hier. La plus grande manifestation s’est déroulée à Taiz, au sud de Sanaa, où des affrontements ont été signalés. Les observateurs craignent une guerre civile dûe à la montée de la violence.

A ce jour, l’Arabie Saoudite tente de rétablir de bonnes relations entre les différentes alliances politiques du Yémen. Les diplomates occidentaux proposent également une médiation. Le président yéménite accepte l’offre de médiation du Soudan, alors que certains responsables de l’opposition se montrent réticents.

Par conséquent, les possibilités de pourparlers ont été éloignées. Après avoir rejoint l’opposition deux semaines auparavant, le général Mohsen accusait lundi dernier, le pouvoir yéménite de vouloir l’assassiner. Il est à ce jour la seule personne en contact avec Ali Abdullah Saleh, qui fait savoir qu’il ne poursuivra pas son mandat, mais l’opposition fait pression pour qu’il démissionne immédiatement.

Enfin, les analystes estiment que les exigences des différentes alliances politiques, permettraient de mettre la barre très haut, avant d’éventuelles négociations, tout en reconnaissant que les alliances se livrent à un jeu dangereux alors que le pays est sur une pente glissante.

_________________ 4 – Toute l’Europe

08/04 La transition au Yémen à l’ordre du jour du Parlement européen

Le Yémen sera-t-il le prochain pays à chasser ses dirigeants? C’est en tout cas la revendication principale des manifestants qui se mobilisent depuis plusieurs semaines déjà contre le président Ali Saleh, au pouvoir depuis 32 ans. La répression à leur encontre se durcit, et a déjà fait des dizaines de morts.

Les réactions des pays occidentaux n’ont pas été immédiates, car malgré la pauvreté du pays, notamment ses faibles ressources énergétiques, il représente un réel enjeu stratégique. La société yéménite est construite sur un modèle complexe où la dimension tribale est prégnante. C’est un pays sous-développé et traditionnaliste que les puissances occidentales ont du mal à appréhender. Il n’en reste pas moins que le régime a bénéficié de largesses, en particulier des Etats-Unis qui en ont fait un élément dans sa stratégie de lutte contre le terrorisme islamiste.
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Catherine Ashton (Royaume-Uni) est Vice-présidente de la Commission en charge des Relations extérieures, Haute-Représentante de l’Union européenne pour les affaires étrangères et la politique de sécurité.
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Et c’est précisément ce qui les inquiète aujourd’hui, alors que les manifestations durent depuis deux mois. Le porte-parole de la Maison-Blanche Jay Carney se déclarait ainsi ce lundi “inquiet de voir Al-Qaida essayer de profiter d’un vide politique”. C’est donc sous la pression des Etats-Unis qu’un processus de transition devrait s’enclencher dans les jours à venir, le président négociant toujours sa sortie. C’est également le vœu de la Haute représentante Catherine Ashton qui affirmait mardi que “la transition doit commencer maintenant”.

Mme Ashton était donc présente ce mercredi après-midi au Parlement pour le vote d’une résolution sur la position de l’UE par rapport au Yémen, au Bahreïn et à la Syrie, autres pays où la révolte gronde. Dans ce texte, les parlementaires reconnaissent que l’Europe a souvent “négligé le dialogue avec les organisations de la société civile, en accordant plus d’importance à la stabilité qu’à la promotion des droits de l’homme”, et plaident pour “conférer à l’Union le rôle d’acteur et non uniquement celui de bailleur de fonds”.

Le Conseil de coopération du Golfe, qui a proposé de superviser les pourparlers entre le président Saleh et l’opposition rencontrera sous peu Mme Ashton, qui se trouve dans une position délicate. L’UE souhaite en effet augmenter rapidement sa présence dans la région et notamment son soutien financier à ce pays dont la majorité de la population vit dans la pauvreté, or l’issue de la transition reste incertaine.

Plusieurs groupes parlementaires (GUE, S&D, Verts/ALE et ADLE) ont en tout cas appelé l’Union européenne à cesser la vente d’armes à la Syrie, à Bahreïn et au Yémen. Ils ont également suggéré un gel des avoirs et des interdictions de voyage, mesures concrètes qui selon eux ont jusqu’à maintenant fait défaut au service d’action extérieure.

________________ 3 – L’Express avec Reuters

08/04 Yémen: les pays du Golfe veulent la démission de Saleh

Les pays du Golfe espèrent conclure un accord sur le départ du président du Yémen, Ali Abdallah Saleh, et sur la mise en place d’un conseil de transition réunissant dirigeants politiques et chefs tribaux.

Alors que le Yémen a été touché par de nouvelles manifestations violentes ce mercredi, une proposition de compromis va être adressée au chef de l’Etat yéménite ainsi qu’à l’opposition, a déclaré mercredi le Premier ministre du Qatar, pays membre du Conseil de coopération du Golfe (CCG), afin de mettre en place les mécanismes d’une transition.

Les pays du Golfe proposent un conseil de transition

“Nous (le Conseil de coopération du Golfe, qui réunit l’Arabie saoudite, le Koweit, Oman, Bahreïn, le Qatar et les Emirats arabes unis) nous sommes réunis ces derniers jours à Ryad et nous sommes en train de lui adresser une proposition ainsi qu’à l’opposition. Nous espérons qu’une rencontre pourra avoir lieu entre son équipe et l’opposition pour essayer de trouver une issue à ce problème”, a indiqué le Premier ministre qatari, en marge d’une conférence à New York.

De sources proches de responsables dans la région, la proposition des pays du Golfe implique que Saleh accepte de démissionner.

“La proposition prévoit d’avoir un conseil de gouvernance réunissant tous les partis politiques et les tribus sur une période qui ne devrait pas excéder trois mois”, a indiqué à Reuters un responsable du Golfe, ajoutant que ce conseil “définirait les élections”. La proposition doit être présentée aux deux parties lors de ces pourparlers pour lesquels aucune date n’a encore été fixée.

De possibles dissensions au sein de ce futur conseil

“Il y a certains noms qui circulent pour prendre la tête du conseil de transition”, a indiqué une autre source proche des discussions. Parmi les noms qui reviennent, celui de cheikh Hamid al Ahmar, une figure tribale importante, de l’ex-Premier ministre et actuel conseiller du président Abdoulkarim al Iryani, et d’un autre ancien Premier ministre, Abdoulaziz Abdul Ghani.

Il n’est toutefois pas certain que l’un d’entre eux parvienne à réunir un consensus autour de son nom au sein de l’opposition, qui réunit le parti islamiste Islah, les socialistes, des nationalistes arabes, ni que sa nomination soit validée par Saleh.

Doit-on s’attendre à de nouvelles manoeuvres du président Saleh?

Le président Saleh a accepté l’invitation mardi et les ambassadeurs du CCG attendaient la réponse des dirigeants de l’opposition qu’ils rencontraient mercredi au Yémen.

Mais les pourparlers pourraient s’éterniser. “Saleh est toujours en train de manoeuvrer. Il arrive toujours avec de nouvelles idées. Tout ce qu’il veut c’est rester au pouvoir”, indique cette source proche de responsables arabes du Golfe.

Saleh lâché par Washington et Ryad ?

De récents pourparlers entre Saleh et l’opposition, dont certains se sont tenus en présence de l’ambassadeur des Etats-Unis, n’ont rien donné. Selon des sources proches des discussions, les Etats-Unis ont lancé à Saleh un ultimatum pour accepter un accord.

Les violences qui ont fait 25 tués depuis lundi ont provoqué une vive condamnation Américaine. Et selon plusieurs sources, Washington et Ryad seraient disposés à écarter cet allié de longue date dans la lutte contre Al Qaïda dans la péninsule Arabique (Aqpa) pour tenter de prévenir l’effondrement du pays. Washington ne se “concentre pas sur un individu” dans le domaine de la lutte anti-terroriste a souligné la Maison blanche.

La monarchie saoudienne, cible de la vindicte d’Al-Qaïda, a par ailleurs offert d’accueillir les tractations entre l’opposition et le régime Saleh pour tenter de trouver une solution politique propre à rétablir l’ordre chez son voisin.

Ce dialogue est d’autant plus urgent que, selon la presse américaine, les opérations anti-terroristes menées par l’armée yéménite se sont arrêtées à cause de la mobilisation d’unités loyales au président Saleh pour sa propre défense contre la contestation.

________________ 2 – Radio Canada avec AFP, AP et Reuters

07/04 Le Yémen sous haute tension, Washington hausse le ton

Les moyens de pression de l’opposition se multiplient au Yémen pour obliger le président Saleh à quitter le pouvoir. Plusieurs dizaines de milliers de personnes sont descendues dans la rue mercredi à Taëz, alors que les commerçants et les employés des banques observaient une grève générale.

Les forces de sécurité ont tué au moins un manifestant et en ont blessé une trentaine lors d’affrontements mardi soir à Taëz, où la répression a déjà fait 16 morts lundi.

Plus de 120 personnes ont été tuées au Yémen depuis le début du mouvement de contestation contre le président Saleh le 11 février.

Mise en garde américaine

Washington condamne les « violences gouvernementales contre des manifestants » et met en garde le président Saleh au moment où le secrétaire américain à la Défense, Robert Gates, était de passage Ryad, en Arabie saoudite.

« Les Yéménites ont le droit de manifester pacifiquement et nous rappelons au président Ali Abdallah Saleh qu’il est de sa responsabilité d’assurer la sécurité des Yéménites qui exercent leur droit universel d’exprimer leurs opinions politiques », a affirmé le porte-parole du président américain dans un communiqué.

Il a également appelé le gouvernement de Sanaa à « mener des enquêtes complètes sur ces événements » et à faire en sorte que les responsables répondent de leurs actes.

Amnistie internationale a mis en garde contre tout accord qui garantirait l’impunité aux responsables des violences ayant provoqué la mort de dizaines de manifestants au Yémen, notamment lors du « vendredi noir » pendant lequel 52 protestataires ont été tués par balle.
Offre de médiation des pays du Golfe

Le Conseil de coopération du Golfe (CCG), qui a proposé sa médiation pour dénouer la crise, a convié mercredi Ali Abdullah Saleh à une réunion en Arabie saoudite. Le CCG rencontrera ultérieurement des représentants de l’opposition.

Les pays du Golfe « espèrent conclure un accord » sur le départ du président Saleh, a déclaré mercredi le premier ministre du Qatar. Une proposition de compromis est en train d’être adressée au chef de l’État yéménite, selon lui.

Par ailleurs, l’opposition exige toujours que le président Saleh remette ses pouvoirs au vice-président avant de partir. Ce dernier ouvrirait alors un processus visant à rédiger une nouvelle Constitution et organiser des élections.

_______________________________ 1 – AFP

7/04 Yémen: Saleh critiqué par Washington, sous la pression accrue de la rue

De Hammoud MOUNASSAR

Des foules nombreuses appelant au départ du président Ali Abdallah Saleh ont bravé mercredi la police au Yémen, après des violences qui ont fait 25 tués et provoqué une vive condamnation de Washington.

Alors que les Etats-Unis se disent prêts à poursuivre leur coopération anti-terroriste avec un successeur éventuel, le secrétaire à la Défense Robert Gates a rencontré à Ryad le roi Abdallah d’Arabie saoudite qui s’inquiète de la résurgence d’Al-Qaïda chez son voisin de la péninsule arabique.

Des manifestations massives ont eu lieu à travers le Yémen pour demander le départ de M. Saleh, au pouvoir depuis 32 ans, et accusé par son principal rival le général Ali Mohsen al Ahmar d’avoir voulu l’assassiner mardi.

Des foules nombreuses ont envahi les rues de Sanaa, Aden (sud) Taëz (sud-est) et Sanaa après des manifestations qui ont fait au moins 25 mort depuis lundi ainsi que des centaines de protestataires indisposés par les gaz lacrymogènes.

La Maison Blanche a “condamné fermement l’usage de la violence par les forces gouvernementales”, et souligné que dans le domaine de la lutte anti-terroriste Washington ne se “concentrait pas sur un individu”.

A Taëz, les cortèges qui ont convergé vers la “place de la Liberté”, l’un des épicentres de la contestation scandaient : “Dégage, Ali”, “Le peuple veut la chute du régime”.

Le mouvement contre le régime, commencé fin janvier dans ce pays pauvre et instable, ne faiblit pas et les troubles, qui ont fait plus de 100 morts, apparaissent propices à un renforcement des émules d’Oussama ben Laden.

La monarchie saoudienne, cible de la vindicte d’Al-Qaïda, a offert d’accueillir des tractations entre l’opposition et le régime Saleh pour tenter de trouver une solution politique propre à rétablir l’ordre chez son voisin.

Ce dialogue est d’autant plus urgent que, selon la presse américaine, les opérations anti-terroristes menées par l’armée yéménite se sont arrêtées à cause de la mobilisation d’unités loyales à M. Saleh pour sa propre défense.

“Le président Saleh doit trouver une solution à l’impasse politique avec l’opposition pour qu’un changement politique digne puisse se produire à court terme de façon ordonnée et pacifique”, a souligné le porte-parole de la Maison Blanche.

M. Saleh maintient qu’il ne peut céder le pouvoir que dans le cadre d’un processus constitutionnel après un retour au calme. Ses opposants disent de leur côté n’être prêts à discuter que de son “départ immédiat”.

La tension au sein de l’armée a été illustré par un incident mardi à Sanaa entre des soldats sous le commandement du général Ahmar, rallié à la contestation, et des hommes fidèles au président.

Dans un communiqué, le général Ahmar a affirmé que des émissaires tribaux s’étaient présentés au QG de la 1ère division blindée qu’il commande et demandé à le voir pour une médiation entre lui et M. Saleh. Lorsqu’il s’est présenté à eux, des “individus de la garde du président disséminés parmi ces émissaires ont commencé à tirer en sa direction ainsi que sur les émissaires tribaux”.

Le regain de violences au Yémen a suscité de vives réactions dans le monde.

Londres a sommé M. Saleh de “dire clairement qu’il est prêt à s’engager dès à présent dans un processus global de transition politique”, alors que Rome a souhaité “l’amorce au plus tôt d’un dialogue constructif avec ceux qui réclament pacifiquement le début d’une nouvelle période de réformes”.

L’Union européenne a appelé pour sa part M. Saleh à entamer “sans délai” une transition politique.

10/04/11 (B599) Yémen Express / les nouvelles de la semaine écoulée (3/3) – combats de rue à Sanaa et Taëz – Réunion sur la crise au Yémen dimanche à Ryad – Nouvelles manifestations au Yémen – la protestation contre le régime paralyse Aden – crise diplomatique avec le Qatar sur fond de manifestations (5 articles)

_____________________ 5 – AFP

Yémen: combats de rue à Sanaa et Taëz

De Hammoud MOUNASSAR

Les villes de Sanaa et de Taëz ont connu des combats de rue entre manifestants et policiers alors que les monarchies arabes du Golfe, inquiètes de la poursuite des violences au Yémen, s’apprêtent à relancer leurs efforts pour une transition politique chez leur voisin du sud.

Un manifestant a été tué et des dizaines de personnes ont été blessées dans ces heurts qui se sont poursuivis une bonne partie de la nuit, selon un bilan fourni dimanche par des sources médicales et par des comités encadrant les protestations contre le régime.

“Un manifestant est mort de ses blessures dans la nuit”, a déclaré dimanche un responsable de l’hôpital de campagne de Taëz, soignant les protestataires, dans cette ville située au sud de la capitale et qui est l’un des foyers de la contestation du président Ali Abdallah Saleh.

En outre, 43 manifestants ont été blessés par balle, 29 par des coups de bâton, 580 autres ont souffert de suffocations après avoir inhalé des gaz lacrymogènes. Une vingtaine d’autres manifestants ont été arrêtés.

Le bilan est tout aussi lourd à Sanaa, où 30 manifestants ont été blessés par balle, 80 par des coups de bâton et 1.200 ont été soignés pour avoir inhalé des gaz lacrymogènes, selon des sources médicales.

Taëz a connu une manifestation de colère samedi pendant laquelle la foule a demandé de juger les auteurs de la “tuerie” de la veille pendant laquelle quatre manifestants ont été tués par balle.

Les manifestants ont insisté sur un départ du président Saleh, au pouvoir depuis 32 ans, et rejeté toute initiative politique qui ne prévoit pas la fin du régime du chef de l’Etat yéménite.

Le chef de l’Etat a rejeté vendredi cette médiation dans sa version annoncée par le Qatar et qui prévoit clairement qu’il cède le pouvoir, tout en continuant de dire qu’il restait ouvert à l’offre des pays du Golfe.

En signe de colère, il a rappelé samedi son ambassadeur à Doha.

Cela n’a pas empêché le Conseil de coopération du Golfe (CCG) de convoquer une nouvelle réunion dimanche à Ryad sur le Yémen au niveau ministériel.

La réunion doit se tenir en présence des ambassadeurs des pays du CCG (Arabie saoudite, Qatar, Bahreïn, Emirats arabes unis, Oman et Koweït) au Yémen, selon un responsable de ce groupement régional.

Les monarchies arabes du Golfe, que l’instabilité au Yémen inquiète, avaient proposé lors d’une réunion ministérielle il y a une semaine à Ryad leur médiation entre l’opposition et le pouvoir au Yémen.

Dans d’autres violences liées à Al-Qaïda, un colonel des services de renseignements a été assassiné samedi dans la région de Loder, dans le sud du Yémen, où des combats entre l’armée et des membres présumés d’Al-Qaïda ont fait deux tués, ont indiqué dimanche des sources médicale et de sécurité.

Des témoins ont indiqué que l’un des deux hommes armés circulant à moto a ouvert le feu sur l’officier et son fils alors qu’ils étaient devant leur domicile à Loder, avant de prendre la fuite.

Selon eux, les agresseurs font partie d’Al-Qaïda.

Par ailleurs, un soldat et un militant présumé d’Al-Qaïda, ont été tués dans les combats samedi dans la région proche de Joar, a indiqué dimanche une source des services de sécurité.

Des unités de l’armée yéménite ont bombardé à l’arme lourde un refuge présumé d’Al-Qaïda à Joar, après avoir demandé aux civils de quitter les lieux.

Après la fin des combats, des habitants ont regagné leurs demeures.

Les Etats-Unis collaboraient étroitement avec le régime du président Saleh dans la lutte contre Al-Qaïda dans la péninsule arabique (Aqpa), né d’une fusion des branches yéménite et saoudienne du réseau, qui est actif dans le sud et l’est du Yémen.

_____________________ 4 – Europe 1

Réunion sur la crise au Yémen dimanche à Ryad

Les ministres des Affaires étrangères du Conseil de coopération du Golfe (CCG), qui ont offert leur médiation dans la crise yéménite, doivent tenir une réunion dimanche à Ryad, selon un responsable du groupement régional.

La réunion doit se tenir en présence des ambassadeurs des pays du CCG (Arabie saoudite, Qatar, Bahreïn, Emirats arabes unis, Oman et Koweït) au Yémen, a précisé ce responsable qui a requis l’anonymat.

_____________________ 3 – NouvelObs avec AP

Nouvelles manifestations au Yémen

Quelque 100.000 manifestants défilaient samedi à Taiz, dans le sud du Yémen, pour continuer à réclamer la démission du président Ali Abdallah Saleh et la répression du mouvement.

La veille, selon des témoins, la police a ouvert le feu, tiré des gaz lacrymogènes et frappé des manifestants à Taiz qui suivaient les cercueils de victimes d’une manifestation de la semaine dernière. D’après les témoins et des médecins d’un hôpital de campagne situé non loin, quatre manifestants ont été tués et environ 400 autres ont été blessés.

Plus de 120 personnes ont été tuées au Yémen depuis le début du mouvement de contestation le 11 février.

Intervenant vendredi devant des dizaines de milliers de ses partisans, le président Ali Abdallah Saleh a rejeté une offre de médiation du Conseil de coopération du Golfe (CCG) l’appelant à céder le pouvoir à son vice-président en échange de l’immunité pour lui et sa famille.

Il s’en est pris au Qatar pour avoir fait rendu cette proposition publique, et à la chaîne Al-Jazira pour sa couverture de la contestation yéménite. Le Yémen a rappelé son ambassadeur au Qatar.

_____________________ 2 – La Tribune de Genève avec AFP

Yémen: la protestation contre le régime paralyse Aden

La ville d’Aden, dans le sud du Yémen, était paralysée samedi par une grève de protestation contre le régime du président Ali Abdallah Saleh, à l’appel de la coordination des “Jeunes de la révolution du 16 février”.

Dans un communiqué, cette coordination a appelé la population de la ville à la désobéissance civile, invitant les habitants à ne pas payer les factures d’eau et d’électricité et les fonctionnaires à se mettre en grève.

Les commerces étaient fermés dans de nombreux quartiers et les transports publics étaient à l’arrêt, selon un journaliste.

Les jeunes, qui réclament le départ du président Saleh au pouvoir depuis 32 ans, ont dressé des barricades sur de nombreux axes routiers pour empêcher les véhicules de circuler.

Selon une source dans l’administration, peu de fonctionnaires se sont rendus à leur bureau samedi, jour ouvré au Yémen.

Aden est l’un des foyers les plus actifs de la contestation du régime. La ville a connu de nombreuses manifestations sanglantes ces dernières semaines et plusieurs responsables de la province ont rejoint les manifestants.

________________________ 1 – AFP

Yémen: crise diplomatique avec le Qatar sur fond de manifestations

De Hammoud MOUNASSAR

Le Yémen a rappelé samedi son ambassadeur à Doha pour protester contre la position du Qatar appelant au départ du président Ali Abdallah Saleh dont le principal rival, le général dissident Ali Mohsen al-Ahmar, a assuré ne pas avoir d’ambition politique.

“L’ambassadeur du Yémen au Qatar a été rappelé pour consultations après les déclarations du Premier ministre du Qatar cheikh Hamad Ben Jassem Al-Thani sur les efforts des pays du Golfe concernant un dialogue entre les différentes parties au Yémen”, a indiqué un porte-parole officiel à Sanaa.

Cheikh Hamad avait indiqué mercredi que les monarchies du Golfe –qui ont proposé d’accueillir à Ryad des pourparlers entre le régime et l’opposition yéménites–, souhaitaient un accord sur le départ de M. Saleh.

Ce dernier a rejeté vendredi cette initiative devant des milliers de ses partisans à Sanaa et laissé exploser sa colère contre le Qatar.

“Nous tirons notre force de la force de notre grand peuple, ni du Qatar ni de personne d’autre”, a-t-il notamment clamé.

Dans une mise au point publiée après le discours, la présidence a affirmé que M. Saleh “accueille favorablement les efforts du Conseil de coopération du Golfe (CCG) conduits par l’Arabie saoudite pour régler la crise mais refuse les déclarations du Qatar, qui constituent une ingérence inacceptable dans les affaires yéménites”.

Le chef de l’Etat a réitéré cette position dans la nuit lors d’appels téléphoniques aux dirigeants du CCG, à l’exception de celui du Qatar. Le CCG comprend aussi l’Arabie saoudite, Bahreïn, les Emirats arabes unis, Oman et le Koweït.

A Sanaa, le général Ahmar a déclaré samedi que “l’armée sera à l’avenir sous les ordres des civils et je ne cherche personnellement aucun poste de pouvoir”.

La défection de ce haut gradé, commandant de la région nord-est et de la 1ère division blindée, qui avait annoncé le 21 mars rejoindre la contestation, a porté un coup dur au président Saleh, qui fait face à un mouvement de contestation sans précédent en 32 ans de pouvoir.

Ce mouvement était perceptible samedi à Taëz, au sud de Sanaa, où des milliers de Yéménites en colère ont manifesté samedi pour dénoncer les tirs des forces de l’ordre qui ont fait vendredi quatre morts et 116 blessés.

La foule s’est rassemblée sur la place de la Liberté, lieu des heurts de vendredi, en criant des slogans réclamant le procès des responsables de ce qu’ils ont qualifié de “tuerie”.

Les manifestants ont scandé “le peuple qui veut la chute du régime”, et leur refus de toute médiation qui ne comprenne pas le départ du président Saleh.

Dans le sud, des unités de l’armée ont bombardé à l’arme lourde un refuge présumé d’Al-Qaïda, après avoir demandé aux civils de quitter les lieux.

Les bombardements à l’artillerie et au canon de char se concentrent sur la localité de Joar, dans la province d’Abyane, a précisé sous couvert d’anonymat un officier de l’armée yéménite de la 25ème brigade mécanisée.

Le secrétaire américain à la Défense, Robert Gates, s’était dit jeudi “inquiet” du relâchement dans la lutte contre les militants d’Al-Qaïda dans les pays arabes touchés par les mouvements de protestation depuis janvier.

“Le Yémen a vraiment relâché la pression sur Al-Qaïda dans la péninsule arabique (Aqpa)”, a affirmé le ministre lors d’une visite en Irak.

Al-Qaïda est bien implanté dans le Sud et le Sud-Est du Yémen et les Etats-Unis collaboraient étroitement avec le régime du président Ali Abdallah Saleh, aujourd’hui contesté dans la rue, dans la lutte contre ce réseau.

Aden, la plus grande ville du sud, était quant à elle paralysée par une grève de protestation contre le régime, à l’appel de la coordination des “Jeunes de la révolution du 16 février”.

03/04/11 (B598) Yémen Express – la police tue un manifestant – un soldat tué dans une attaque – l’opposition demande à Saleh d’abdiquer au profit du vice-président – Saleh ne compte pas abandonner le pouvoir – Manifestations de masse au Yémen pour réclamer le départ du président Saleh – Les opposants ne désarment pas au Yémen – Saleh appelle à la répression – Nouvelle manifestation au Yémen pour réclamer le départ du président Saleh – un pays déchiré – Al-Qaïda a pris certaines installations dans le sud du Yémen (11 articles)

____________________ 11 – Le Figaro avec AFP

Yémen: la police tue un manifestant

La police yéménite a ouvert le feu aujourd’hui sur des manifestants réclamant le départ du président Ali Abdallah Saleh à Taëz, au sud de Sanaa, faisant au moins un mort et des dizaines de blessés, selon des témoins. La police aurait utilisé des gaz lacrymogènes.

Des milliers de manifestants campent depuis la mi-février dans le centre de cette ville, réclamant comme à Sanaa et à Aden (sud) la chute du régime du président Saleh, au pouvoir depuis 32 ans.

____________________10 – Le Figaro avec AFP

Yémen: un soldat tué dans une attaque

Un soldat a été tué et trois ont été blessés dans une attaque armée menée aujourd’hui par des militants sudistes contre un barrage routier de l’armée dans le sud du Yémen, a indiqué une source militaire.

“Des militants du Mouvement sudiste ont attaqué les soldats tenant un barrage à Mallah dans la province de Lahej, tuant un soldat et blessant trois autres”, a indiqué l’un des militaires présent sur les lieux. Il a affirmé que deux des assaillants avaient été blessés.

Le Mouvement sudiste mène la contestation contre le pouvoir central dans le sud du pays, un Etat indépendant jusqu’en 1990. Il a rejoint en mars le mouvement général demandant le départ du président Ali Abdallah Saleh.

____________________ 9 – AFP

Yémen: l’opposition demande à Saleh d’abdiquer au profit du vice-président

L’opposition au Yémen a exhorté samedi le président Ali Abdallah Saleh à abdiquer au profit du vice-président, avec qui elle pourrait négocier un accord sur une période de transition, a-t-elle indiqué dans un communiqué.

Le Forum commun, une alliance de l’opposition parlementaire, et ses alliés ont, dans une nouvelle “vision pour une transition pacifique et stable du pouvoir”, appelé le chef de l’Etat à “annoncer sa démission, afin que le pouvoir passe aux mains de son vice-président”.

Le vice-président Abdrabouh Mansour Hadi appartient au parti du président Saleh, le Congrès populaire général (CPG).

Devenu “président intérimaire”, il s’engagerait à réorganiser l’appareil sécuritaire, épine dorsale du régime de M. Saleh, y compris “la Sécurité nationale, la sécurité d’Etat, et la Garde présidentielle”, dont les rênes reviendraient aux ministères de l’Intérieur et de la Défense.

“Un accord serait trouvé avec le président intérimaire sur la forme du pouvoir pendant la période de transition, basé sur le consensus national”, dit le texte.

Il stipule la formation d’un conseil national de transition, le début d’un large dialogue national, et la création d’un comité d’experts pour proposer des réformes constitutionnelles.

L’opposition réclame également la formation d’un gouvernement provisoire d’union mené par l’opposition et comprenant “tous les partis politiques, des jeunes et des hommes d’affaires”.

Elle demande en outre la constitution d’un conseil militaire provisoire “d’officiers connus pour leur compétence et leur intégrité, et qui sont respectés dans l’armée”.

Elle souhaite la mise sur pied d’une commission électorale chargée d’organiser un référendum sur des réformes constitutionnelles, ainsi que des élections législatives et présidentielle.

L’opposition, souhaitant le respect du “droit d’expression, de manifestation et de sit-in pacifique pour tout le peuple du Yémen”, exige une enquête sur les violences contre les manifestants, “en particulier sur les massacres à Aden, Sanaa et Abyane et d’autres cas où des balles réelles et des gaz lacrymogènes ont été utilisés”.

Les responsables de ces attaques “devraient être jugés, et les blessés, handicapés et les familles de martyrs devraient toucher des compensations”.

Le mouvement de contestation, lancé fin janvier, s’était accentué après la mort à Sanaa le 18 mars de 52 manifestants par des tirs attribués à ses partisans.

Sous la pression de plus de deux mois de manifestations, au cours desquelles selon Amnesty International 95 personnes sont mortes dans des affrontements avec les forces de l’ordre, le président Saleh, au pouvoir depuis 32 ans, a offert de quitter le pouvoir avant la fin de son mandat fixée à 2013.

Le 25 mars, il avait répété être prêt à remettre le pouvoir à un successeur choisi dans le cadre d’un processus électoral qui devrait se dérouler avant la fin de l’année.

Cette proposition avait été rejetée par l’opposition et les protestataires qui réclament le départ immédiat du président Saleh, 69 ans.

Des discussions avec l’opposition la semaine dernière n’ont pas permis de mettre en place un conseil présidentiel de cinq membres qui aurait pu assurer une transition vers des élections.

Abandonné par une partie de l’armée et des chefs tribaux et religieux, il a mis en garde contre le risque de chaos au Yémen s’il était contraint à céder le pouvoir.

____________________ 8 – 20 Minutes (France)

Yémen: Saleh ne compte pas abandonner le pouvoir

Le président yéménite Ali Abdallah Saleh s’est adressé samedi à des milliers de partisans réunis aux abords du palais présidentiel, à Sanaa, signalant une nouvelle fois qu’il n’a pas l’intention de démissionner comme le réclament depuis des semaines ses opposants.

«Je salue votre position héroïque et vous remercie de soutenir la légitimité constitutionnelle», a-t-il déclaré à la foule brandissant des dizaines de portraits du chef de l’Etat, dont le mandat expire en 2013.

Vendredi, des dizaines de milliers de Yéménites, partisans et adversaires du président, ont manifesté en deux points de la capitale, tandis que des négociations sur le départ du chef de l’Etat restaient dans l’impasse.

Le dirigeant yéménite a perdu le soutien d’alliés tribaux, militaires et politiques et des milliers d’opposants poursuivent leurs sit-in de protestation à Sanaa, dans le port méridional d’Aden et à Taïz, 200 km au sud de la capitale.

Le président cherche à rester au pouvoir pendant que se préparent de nouvelles élections présidentielle et législatives, a déclaré mardi à Reuters un représentant de l’opposition.

____________________ 7 – Nouvel Obs avec AP

02/04 Manifestations de masse au Yémen pour réclamer le départ du président Saleh

Des centaines de milliers de Yéménites se sont réunis vendredi dans la capitale et défilaient dans de nombreux villages et villes du pays, dans ce qui semble être les plus importantes manifestations réclamant le départ du président Ali Abdullah Saleh depuis un mois et demi.

Plusieurs mosquées de la capitale étaient fermées, un geste sans précédent pour un vendredi, jour de prières, alors que les fidèles et responsables religieux convergeaient sur la place située devant l’université de Sanaa.

Les manifestants ont installé des tentes et affiché des posters de jeunes hommes tués par les forces gouvernementales lors de la répression de précédentes manifestations.

L’opposition espère réunir près d’un million de personnes pour réclamer à nouveau le départ du président Ali Abdullah Saleh, au pouvoir depuis 32 ans.

____________________ 6 – Radio Canada avec AFP et Reuters

01/04 Les opposants ne désarment pas au Yémen

Des dizaines de milliers d’opposants au président yéménite, Ali Abdallah Saleh, ont manifesté jeudi en mémoire de 82 de leurs confrères morts depuis le début de la contestation dans le pays.

Les protestataires, qui se sont réunis dans la capitale Sanaa et ailleurs au pays, réclament depuis des semaines le départ du président Saleh.

Pour tenter de calmer la grogne, le chef d’État a offert, mercredi, de transférer ses pouvoirs à un gouvernement de transition tout en restant à la tête du pays jusqu’à la fin de son mandat, en 2013.

L’opposition rejette cette offre, jugeant qu’il s’agit uniquement d’une manoeuvre du président pour protéger les futures activités politiques des membres de sa famille et leur garantir de ne pas être poursuivis pour corruption.

Saleh lance un appel à ses partisans

Le président yéménite a appelé ses partisans à une mobilisation massive vendredi à Sanaa, faisant craindre aux opposants de nouvelles effusions de violence.

Des dignitaires religieux, des chefs de tribus, des représentants de la société civile, des jeunes et des agriculteurs ont commencé à affluer vers la capitale, jeudi, selon l’agence officielle Saba.

Parallèlement, les protestataires qui campent sur la place de l’Université, renommée la place du Changement, ont proclamé vendredi le « Jour du salut ». Ils ont toutefois abandonné leur projet initial de marcher sur le palais présidentiel.

« Nous ne voulons pas d’affrontement avec les partisans du président, beaucoup de ceux qui seront massés demain à son appel sont des militaires en civil et des hommes de tribus armés », a expliqué l’un des meneurs du mouvement de contestation, Adel al-Walibi, à l’AFP. Des marches auront tout de même lieu autour de la place du Changement.

Le président Saleh a perdu le soutien d’une partie de l’armée, de puissantes tribus et d’importants dignitaires religieux. Jeudi, 20 nouveaux officiers ont annoncé leur ralliement aux contestataires sur la place du Changement.

Mais le chef d’État a tout de même réussi à rassembler une foule importante le 25 mars dernier.

_________________ 5 – AFP

31/03 Yémen: Saleh mobilise de nouveau ses partisans, crainte de violences à Sanaa

De Hammoud MOUNASSER

Le Yémen se préparait à une nouvelle journée de tension après l’appel du président Ali Abdallah Saleh, qui s’accroche au pouvoir malgré une vague de protestations, à une mobilisation massive vendredi de ses partisans.

Dans le même temps, les protestataires qui depuis des semaines demandent son départ restaient déterminés mais craignaient une explosion de violence à Sanaa où des unités rivales de l’armée et de la Garde républicaine se font face.

Jeudi, des manifestations importantes réclamant le départ du chef de l’Etat ont eu lieu à Taez et Ebb, au sud de Sanaa, selon les correspondants de l’AFP.

Le président Saleh, au pouvoir depuis 32 ans, a perdu le soutien de chefs tribaux, de dignitaires religieux et d’officiers, mais il a été capable le 25 mars de rassembler un foule nombreuse qui l’a encouragé à ne pas se démettre.

Depuis, il a mis en garde contre le risque de voir son pays devenir une nouvelle Somalie, sans Etat central et sans sécurité, où les émules d’Al-Qaïda pourraient comploter contre l’Occident, la principale hantise des Etats-Unis.

Dans le sud du pays, plus de 150 personnes ont été tuées dans une usine de munitions qui a explosé lundi après avoir été prise d’assaut et pillée par des membres présumés d’Al-Qaïda dans la péninsule arabique.

Jeudi, deux soldats ont été enlevés à Loder, dans la province d’Abyane, par des hommes armés, a indiqué à l’AFP un responsable local, ajoutant que les ravisseurs appartenaient à Al-Qaïda.

Selon l’agence officielle Saba, des partisans affluaient jeudi vers Sanaa pour participer à une “journée de la Fraternité”, en soutien au chef de l’Etat, 69 ans, dont les fils et les neveux contrôlent les organes de sécurité.

“Les dignitaires religieux, les chefs de tribus, les représentants de la société civile, les jeunes et les agriculteurs ont commencé à affluer à Sanaa”, a assuré Saba.

La capitale est quadrillée par des forces de sécurité dont certaines sont fidèles à l’homme fort de l’armée, le général Mohsen Ali al-Ahmar, qui s’est rallié à la contestation.

Des tractations entre le président Saleh et le général Ahmar, qui fut longtemps son allié, n’ont pas abouti à une transition négociée du pouvoir, et le président a décidé de se maintenir.

La Garde républicaine qui est commandée par le fils du chef de l’Etat, Ahmad, a été déployée autour du palais présidentiel, à quelques kilomètres du centre de la capitale yéménite.

Les protestataires de la place de l’Université ont proclamé la journée de vendredi “Jour du salut”, mais ont abandonné leur projet initial de marcher sur le palais présidentiel de crainte de violences.

“Nous ne voulons pas d’affrontement avec les partisans du président, beaucoup de ceux qui seront massés demain à son appel sont des militaires en civil et des hommes de tribus armés”, a expliqué à l’AFP l’un des meneurs du mouvement de contestation, Adel al-Walibi.

Il a indiqué que les protestataires allaient “organiser des marches autour de la place du Changement”, comme a été rebaptisée la place de l’Université, et envisageaient “d’observer des sit-in autour de plusieurs installations vitales à Sanaa”.

Sur de grandes banderoles, les jeunes contestataires ont affiché leurs principales exigences, insistant sur “la chute du régime d’une manière pacifique” et demandant “une période de transition de six mois au cours de laquelle le parlement serait dissous, la Constitution abrogée et un comité transitoire chargé de diriger le pays”.

Vingt nouveaux officiers sont venus annoncer sur la “place du Changement” leur ralliement aux contestataires jeudi.

Le chef de l’Etat est confronté depuis fin janvier à un mouvement de contestation populaire réclamant son départ et qui s’est accentué après la mort le 18 mars de 52 manifestants par des tirs attribués à ses partisans.

_________________ 4 – Le Figaro avec AFP

31/03 Yémen: Saleh appelle à la répression

Le président yéménite Ali Abdallah Saleh a appelé ses partisans à une nouvelle démonstration de force vendredi, alors que ses opposants poursuivent leur mobilisation.

Selon l’agence officielle Saba, “les dignitaires religieux, les chefs de tribus, les représentants de la société civile, les jeunes et les agriculteurs ont commencé à affluer à Sanaa pour participer à la Journée de la Fraternité”, une journée d’appui au président.

Pour leur part, les contestataires qui campent sur la place de l’Université à Sanaa ont proclamé vendredi “Jour du salut”, mais ont abandonné leur projet initial de marcher sur le palais présidentiel de crainte de violences.

“Nous ne voulons pas d’affrontement avec les partisans du président, beaucoup de ceux qui seront massés demain à son appel sont des militaires en civil et des hommes de tribus armés”, a expliqué l’un des meneurs du mouvement de contestation, Adel al-Walibi.

Il a indiqué que les protestataires allaient “organiser des marches autour de la place du Changement”, comme a été rebaptisée la place de l’Université, et envisageaient “d’observer des sit-in autour de plusieurs installations vitales à Sanaa”.

Le chef de l’Etat est confronté depuis fin janvier à un mouvement de contestation populaire réclamant son départ et qui s’est accentué après la mort le 18 mars de 52 manifestants par des tirs attribués à ses partisans.

Il a perdu le soutien d’une partie de l’armée, de puissantes tribus et d’importants dignitaires religieux, mais il semble avoir été rassuré par une première démonstration de force de ses partisans le 25 mars.

_________________ 3 – Nouvel Obs avec AP

30/03 Nouvelle manifestation au Yémen pour réclamer le départ du président Saleh

Des centaines de milliers de Yéménites manifestaient à nouveau mercredi pour réclamer le départ du président Saleh, notamment dans la capitale Sanaa.

La foule protestait également après l’explosion d’une usine de munitions ayant causé la mort d’une centaine de personnes dans le sud du pays.

Des manifestants étaient également organisées à Saada, où les rebelles chiites combattent les forces du président Ali Abdullah Saleh depuis des années, ainsi qu’à Marib, un fief d’Al-Qaïda, et d’autres zones où le gouvernement central a peu d’autorité.

Le ministère de l’Intérieur a estimé qu’au moins 100 personnes ont été tuées et 80 blessées dans l’explosion de lundi, dans une usine située dans la province d’Abyan.

_________________ 2 – L’Express avec Reuters

30/03 Yémen: un pays déchiré

Par Dominique Lagarde et Eliott Grante,

Le régime du président Saleh a été lâché par une partie de l’armée. Ici, le 23 mars à Sanaa, un manifestant remercie à sa manière un militaire qui a rejoint la contestation.

La contestation au Yémen rassemble des groupes hétéroclites. A l’image du pays divisé depuis 2004 par deux révoltes, au Nord et au Sud.

Le Yémen a déjà basculé, ou presque. Vers la guerre civile?

C’est la principale crainte des Occidentaux. Deux camps s’affrontent dont les contours se dessinent de plus en plus clairement. Initiée par un groupe d’étudiants, la “révolution de la jeunesse” n’a pas tardé à attirer tout ce que le pays compte d’opposants et de dénonciateurs du régime. Au point de façonner un groupe hétéroclite: l’opposition parlementaire emmenée par les socialistes et les islamistes a rejoint le mouvement. Les rebelles chiites, les séparatistes sudistes en ont fait autant.

Les ralliements se sont accélérés après la journée noire du 18 mars, au cours de laquelle une cinquantaine de manifestants ont été tués. La quasi-totalité des chefs tribaux se sont ralliés à la “révolution”, ainsi que plusieurs hauts gradés de l’armée. Parmi eux figure le général Ali Mohsen, le très influent demi-frère du président Ali Abdallah Saleh, qui commande la région militaire du nord-ouest du pays et la première brigade blindée, stationnée à Sanaa.

A la tête de l’Etat depuis trente-trois ans, le président s’est dit prêt à s’en aller, mais à la condition de “remettre le pouvoir entre des mains sûres”. S’il paraît isolé, il peut encore compter sur plusieurs soutiens et surtout sur un appareil sécuritaire verrouillé de l’intérieur par ses proches. La garde républicaine, les forces spéciales, les forces de sécurité centrales et la garde spéciale lui sont restées fidèles.

Une large partie de la population voit en lui l’ultime protecteur de la patrie et de l’unité de la nation. Car le pays est profondément divisé. Dans le Nord, des insurgés chiites sont en guerre avec le pouvoir central depuis près de sept ans. Dans le Sud, un mouvement séparatiste a pris de l’ampleur depuis le printemps 2007, mettant à mal l’unité scellée le 22 mai 1990.

L’inquiétude est vive à Washington, où l’on se garde bien de soutenir les appels à la démission du président Saleh, considéré comme un partenaire important de la lutte contre le terrorisme. La branche d’Al-Qaeda pour la péninsule Arabique a fait du Yémen l’une de ses bases arrière.

___________________ 1 – Quotidien du Peuple (Chine) avec XINHUA

30/03 Al-Qaïda a pris certaines installations dans le sud du Yémen

Le président yéménite Ali Abdullah Saleh a affirmé dimanche que les éléments d’Al-Qaïda s’étaient emparés d’une armurerie, du palais présidentiel et d’une station de radio dans la province d’Abyan (sud).

Le président Saleh, qui fait face à une vague de manifestations à travers le pays demandant sa démission, a fait cette annonce lors d’une réunion retransmise par la télévision publique.

L’armurerie saisie par al-Qaïda se situe dans le district de Khanfar, selon le président yéménite, qui a ajouté que certains districts des provinces de Shabwa et Marib étaient également tombés dans les mains d’al-Qaïda.

Un responsable du district de Jaar, de la province d’Abyan, qui travaille à la station de radio saisie par al-Qaïda, a déclaré à Xinhua que les éléments d’al-Qaïda avait pris le palais présidentiel et la station de radio.

Selon un responsable de sécurité de la province d’Abyan, les forces de sécurité yéménites se préparent à une offensive ces éléments d’al-Qaïda.

30/03/11 (B597) Yémen Express – 150 morts dans l’explosion d’une usine de munitions – le parti au pouvoir propose la formation d’un nouveau gouvernement – 40 morts dans l’explosion d’une usine de munitions dans le sud – Arrêt des pourparlers sur un transfert du pouvoir au Yémen – Saleh s’accroche – le président retire son offre de départ – fin des négociations – Al-Qaida s’empare d’une ville dans le sud du Yémen – Washington hostile au général rival de Saleh (7 articles)

_________________ 7 – EuroNews

Yémen : 150 morts dans l’explosion d’une usine de munitions

Le bilan de l’explosion d’une usine de munitions ce lundi au Yémen s’est encore alourdi. Au total, la catastrophe a tué 150 personnes et fait plus de 80 blessés. Les victimes sont des civils qui ont pénétré dans l’usine pour tenter de récupérer des armes et des munitions. Située près de la ville de Jaar dans le sud du pays, cet unité de production militaire avait été attaquée et pillée la veille par un commando d’Al-Qaïda. Une trentaine d’hommes étaient repartis chargés de caisses de munitions.

Les circonstances de l’explosion restent inconnues.

Un responsable local a accusé Al-Qaïda d’avoir attiré les civils dans un “piège”.

_________________ 6 – Quotidien du Peuple (Chine) avec XINHUA

Yémen : le parti au pouvoir propose la formation d’un nouveau gouvernement

Le parti au pouvoir au Yémen, le Congrès populaire général (CPG), a proposé dimanche la formation d’une nouveau gouvernement et l’élaboration d’une nouvelle Constitution en prélude à un passage vers un système parlementaire basé sur les initiatives de réformes avancées par le président Ali Abdullah Saleh, rapporte l’agence de presse officielle yéménite Saba.

"Les membres du comité permanent du parti au pouvoir ont souligné l’importance d’accélérer le processus de former un nouveau gouvernement chargé d’élaborer une nouvelle Constitution conformément à l’initiative de réforme du président Saleh et à l’accord de février", selon une déclaration du CPG.

Ils ont aussi souligné la nécessité de mettre en oeuvre "toutes les initiatives de réforme du président Saleh, même si les partis de l’opposition continuent à maintenir leur position intransigeante, ajoutant que les réformes politiques et électorales font des priorités visant à mettre fin aux troubles dans le pays.

Dans la déclaration, le CPG a aussi affirmé que Saleh resterait à son poste de président de la République jusqu’en 2013 où son mandat doit expirer. Le parti au pouvoir a appelé l’opposition à reprendre le dialogue.

La déclaration a été rendue publique à la suite d’une réunion entre les responsables du CPG et le président Saleh dimanche, pendant laquelle ils ont discuté de la crise politique en cours dans le pays.

Depuis la mi-févier, le Yémen a été secoué par des vagues de manifestations réclamant la démission immédiate du président Saleh.

L’opposition n’a fait aucun commentaire sur la déclaration du CPG, mais le haut responsable de l’armée, le général Ali Muhsn al- Ahmar, demi-frère de Saleh, qui s’était rallié aux manifestants antigouvernementaux, a juré dimanche, dans une déclaration lue lors d’un rassemblement à l’Université de Sanaa, de renverser le régime de Saleh.

________________________ 7 – Le Parisien

Yémen: 40 morts dans l’explosion d’une usine de munitions dans le sud

Au moins 40 personnes ont été tuées et 90 autres, blessées, dont des enfants, dans l’explosion lundi dans une usine de munitions dans le sud du Yémen qui a été pillée par des éléments d’Al-Qaïda, a annoncé à l’AFP un responsable de l’administration locale.

Au moins 40 personnes ont été tuées et 90 autres, blessées, dont des enfants, dans l’explosion lundi dans une usine de munitions dans le sud du Yémen qui a été pillée par des éléments d’Al-Qaïda, a annoncé à l’AFP un responsable de l’administration locale.

"Il y a eu au moins 40 morts et 90 blessés, dont des enfants", a indiqué Mohsen Salem Saïd, membre du Conseil de la localité de Khanfar, dont dépend administrativement l’usine, et qui se trouve dans la province d’Abyane.

Les victimes sont des civils qui sont entrés lundi dans l’usine pour tenter de récupérer des armes ou des munitions au lendemain d’une opération commando d’éléments d’Al-Qaïda qui ont attaqué cette unité de production militaire et emporté des caisses de munitions.

Le commando d’une trentaine de personnes cagoulées a chargé ces caisses à bord de quatre camionnettes avant de quitter les lieux sans être inquiété.

Les circonstances de l’explosion du lundi n’étaient pas encore éclaircies et le bilan des victimes pourrait s’alourdir car la recherche des tués et des blessés continue sur place.

________________________ 6 – L’Express avec Reuters

Arrêt des pourparlers sur un transfert du pouvoir au Yémen

Cynthia Johnston et Mohamed Soudam,
Eric Faye pour le service français

Les tractations visant à sortir le Yémen de sa crise politique ont été interrompues dimanche, sans qu’aucune date de reprise ne soit donnée, ont déclaré des personnalités de l’opposition.

Dans le sud du pays, des affrontements ont été signalés en plusieurs endroits entre des militaires et des activistes, notamment dans une grande ville qui échapperait désormais au contrôle du régime.

Le président Ali Abdallah Saleh, qui souffle le chaud et le froid depuis plusieurs jours, a juré de ne plus faire aucune concession à l’opposition, qui manifeste depuis janvier pour obtenir sa démission après 32 ans de pouvoir autoritaire.

Signe cependant que les efforts pour aboutir à un transfert du pouvoir ne sont peut-être pas totalement terminés, une commission de la direction du parti au pouvoir a recommandé la formation d’un nouveau gouvernement, qui serait chargé de rédiger une nouvelle Constitution sur la base du parlementarisme.

"Hier soir, elles (les tractations) ont pris fin", a déclaré un collaborateur général Ali Mohsen, qui a pris fait et cause pour les manifestants. Prié de dire s’il pensait qu’elles allaient reprendre, il a répondu par la négative.

Un porte-parole de la principale coalition d’opposition a lui aussi signifié que les discussions avaient pris fin, ce qui, si la situation de blocage persiste, réveillerait les craintes d’affrontements entre unités rivales de l’armée.

Saleh avait déclaré au cours du week-end qu’il était prêt à un départ dans la dignité mais il ajoutait que les partis de l’opposition prenaient en otages les manifestants pour obtenir sa démission sans organiser une transition démocratique.

Dans le port de Moukalla, dans l’est du Yémen, une foule de manifestants en colère a incendié les bureaux d’une banque, à la suite de l’attaque d’un cortège funèbre par les forces de sécurité, ont rapporté des habitants. Ce cortège portait en terre un homme tué lors d’une manifestation.

Dans une ville du sud du pays, Djaar, des affrontements ont eu lieu entre des activistes et des militaires. L’armée a tenté de déloger une coalition d’islamistes de cette ville de la province d’Abyan, où les religieux avaient pris le contrôle de plusieurs bâtiments samedi.

Un soldat a été tué dimanche et des avions de l’armée de l’air ont effectué des survols de cette ville de plusieurs centaines de milliers d’habitants.

Selon des habitants, les activistes semblent avoir pris le contrôle de la localité et l’armée s’est retirée vers la capitale de la province d’Abyan, Zindjibar. Dans cette ville-là, les mesures de sécurité ont été renforcées à la suite du tir de roquettes par des activistes contre des bâtiments officiels.

Cinq soldats ont été tués par ailleurs samedi dans une embuscade à Lowdar, également dans la province d’Abyan. Les autorités ont imputé cette attaque à des éléments d’Al Qaïda.

________________________ 5 – Libération

Au Yémen, Saleh s’accroche

Révolte . «Prêt à transférer le pouvoir», le Président reste pourtant en place.

Par BENOÎT PRINGUET


Alors que le mouvement de contestation dure depuis bientôt presque deux mois au Yémen, le président Ali Abdallah Saleh, au pouvoir depuis trente-deux ans, continue à souffler le chaud et le froid mais ne semble pas être prêt à quitter le pouvoir. Vendredi, alors que des centaines de milliers de manifestants réunis à l’université de Sanaa demandaient sa démission, Saleh a donné un discours sur la place Saba’in, devant des milliers de personnes venues le soutenir.

Il a appelé à «la stabilité et la sécurité au Yémen» et a annoncé qu’il serait prêt à «transférer le pouvoir de façon pacifique à des mains sûres et capables». Mais il a ensuite ajouté qu’il «se tiendra[it] ferme en face de ceux qui souhaitent [l’]écarter du pouvoir», en décrivant les manifestants comme «des fauteurs de troubles, des conspirateurs et des dealers de drogue».

Ces derniers jours, les rumeurs se sont multipliées. Dans une interview donnée à la chaîne saoudienne Al-Arabiya samedi, Saleh a toutefois admis avoir rencontré, en présence du vice-président, des membres du JMP, la principale coalition d’opposition, et des officiels américains afin de déterminer les termes d’un accord pour une transition.

Mais il semblerait qu’il ait entre-temps changé d’avis. Dans son interview, il ne semblait absolument pas prêt à partir, rejetant la responsabilité de la crise sur l’opposition, qui «refuse toute offre qu’on peut leur faire».

Saleh s’est montré sûr de lui en annonçant que, «si les manifestants arrivent à rassembler 20 000 personnes», il a mobilisé «une marche de quasiment 3 millions», un nombre jugé invraisemblable par tous les observateurs – sans oublier que la population de Sanaa ne dépasse pas les 2 millions. Saleh a aussi agité la menace islamiste en déclarant que les manifestants faisaient «tous partie des Frères musulmans».

«Pas très éduqué». «Diviser pour mieux régner» a toujours été une devise suivie à la lettre par le président Saleh depuis son accession au pouvoir en 1978. Ses deux prédécesseurs ayant été assassinés, un analyste du renseignement américain, cité dans le Washington Post, prévoyait en 1979 qu’il ne resterait au pouvoir que quelques mois.

Issu de la faible tribu Sanhan, au sein de la confédération Hashed, Saleh n’était qu’un simple caporal de l’armée. Grâce à ses relations, il s’est fait nommer gouverneur militaire de Taiz en 1977 avant de devenir Président.

L’Arabie Saoudite a ensuite soutenu Saleh, «parce qu’il était faible et pas très éduqué, afin de pouvoir garder plus facilement son influence sur le nord du pays», explique Mohammed Abdulmalek al-Mutawakel, professeur de sciences politiques à l’université de Sanaa. Ce soutien saoudien n’a jamais cessé, et le royaume continue de s’ingérer dans les affaires internes du Yémen.

En plus de nommer son entourage aux postes clés de l’armée et de la sécurité, Saleh a mis en place un système de patronage avec lequel il s’assurait le soutien des tribus grâce à de l’argent, mais aussi par des postes offerts dans l’administration.

Les revenus tirés du pétrole dans le nord et l’est du pays ont ainsi servi à financer ce système et à assurer les arrières du président. «Saleh a aussi toujours favorisé les conflits entre les tribus pour les affaiblir», détaille un expert des questions tribales au Yémen. C’est en jouant avec les rivalités de ses opposants qu’il a réussi à se maintenir au pouvoir si longtemps. Selon lui, diriger le Yémen «est comme danser sur la tête de serpents»,une activité dans laquelle il est devenu un expert.

Aide militaire. Utilisant extrémistes, tribus et mercenaires durant les années 90 pour mater les dernières velléités communistes dans le Sud, ou plus récemment dans le Nord, Saleh a toujours su comment utiliser ses propres ennemis à son avantage.

Ces dix dernières années, Saleh est devenu un partenaire des Etats-Unis dans la lutte contre le terrorisme.

Alors que l’administration Obama le considère comme un allié essentiel, nombreux sont ceux qui lui reprochent d’utiliser la menace extrémiste uniquement pour continuer à recevoir une aide militaire américaine, estimée à plusieurs centaines de millions de dollars chaque année.

Inquiets de la menace d’Al-Qaeda, les Etats-Unis continuent toujours de soutenir Saleh. Bien qu’il ne faille pas sous-estimer les ressources du Président, qui tentera tout ce qu’il peut pour rester plus longtemps au pouvoir, il semblerait pourtant que le système sur lequel repose le pouvoir de Saleh se fissure petit à petit.

________________________ 4 – Métro (Canada) avec AP

Yémen: le président retire son offre de départ

Le président du Yémen, qui s’accroche au pouvoir en dépit des protestations populaires qui durent depuis des semaines, a retiré son offre de démissionner d’ici la fin de l’année, dimanche.

Les opposants au régime du président Ali Abdullah Saleh, un groupe constitué d’étudiants, d’anciens militaires, de politiciens et de membres de la tribu même de M. Saleh, avaient immédiatement rejeté sa proposition, la semaine dernière.

Le retrait formel de son offre par le président Saleh démontre que la tentative d’arriver à un transfert du pouvoir pour remédier à la crise a échoué. Cette annonce survient alors que des militants islamistes ont profité de la faible sécurité pour prendre le contrôle d’une autre ville, au sud du pays.

Ils ont déjà pris possession d’un petit dépôt d’armes, ont occupé une montagne à la localisation stratégique en plus de prendre le contrôle d’une ville de la province d’Abyan, selon un témoin et des représentants des forces de l’ordre.

La veille, des militants soupçonnés d’appartenir à la branche yéménite du réseau al-Qaïda s’étaient introduits dans une autre petite ville, dans la région de Jaar.

Dans les deux cas, les militants ont pris le contrôle des villes sans grandes difficultés, alors que les policiers les avaient désertées il y a quelques semaines devant le soulèvement des manifestants anti-gouvernement.

Le président Saleh est un allié majeur des États-Unis dans la lutte contre al-Qaïda, et son départ possible inquiète Washington. Des diplomates américains avaient tenté en vain, la semaine dernière, de faire accélérer les négociations pour mettre en oeuvre le transfert du pouvoir.

________________________ 3 – Le Figaro avec AFP

Yémen/transition: fin des négociations

Les négociations sur une transition de pouvoir au Yémen ont été interrompues et ne devraient pas reprendre dans l’immédiat, a déclaré dimanche un collaborateur du général Ali Mohsen, qui s’est rangé dans le camp des opposants au président Ali Abdallah Saleh.

"Hier soir, ils ont arrêté", a dit ce collaborateur. Prié de dire s’il s’attendait à une reprise des discussions, il a répondu: "Pour le moment, absolument pas". Un porte-parole de la principale coalition d’opposition yéménite a aussi dit que les discussions étaient interrompues.

Confronté depuis janvier à une vague de contestation inspirée des révolutions tunisienne et égyptienne, le président Ali Abdallah Saleh, au pouvoir depuis 32 ans, s’est dit prêt samedi à quitter le pouvoir "dignement".

________________________ 2 – Le Monde avec Reuters

Al-Qaida s’empare d’une ville dans le sud du Yémen

Le Yémen est en proie à une protestation gouvernementale depuis plusieurs semaines.

Alors que le pays est secoué depuis plusieurs semaines par une vague de protestation anti-gouvernementale, les négociations sur une transition de pouvoir au Yémen ont été interrompues et ne devraient pas reprendre dans l’immédiat, a déclaré dimanche 27 mars un collaborateur du général Ali Mohsen, qui s’est rangé dans le camp des opposants au président Ali Abdallah Saleh. Prié de dire s’il s’attendait à une reprise des discussions, il a répondu : "Pour le moment, absolument pas".

__________________________ 1 – Nouvel Obs avec AFP

Yémen : Washington hostile au général rival de Saleh

Dans des documents datant de 2005 et révélés par Wikileaks, les Etats-Unis s’inquiètent de la proximité d’Ali Mohsen al-Ahmar avec les terroristes et les marchands d’armes.

Les Etats-Unis se demandaient dès 2005 qui pourrait succéder au président yéménite Ali Abdallah Saleh, affirment des câbles diplomatiques révélés par WikiLeaks. Washington aurait évoqué le puissant général Ali Mohsen al-Ahmar qui s’est rallié à la contestation.

Dans un télégramme daté du 17 septembre 2005, un ambassadeur américain estime ainsi que "dans le cas du décès ou de la retraite de Saleh avant 2013, son successeur serait presque certainement un officier et probablement un membre des Sanhan", la tribu du chef de l’Etat.

"Le deuxième homme le plus puissant dans le pays"

"Le fils de M. Saleh, Ahmed, est le choix le plus évident, mais il y a beaucoup de doutes sur sa capacité" à assumer un tel poste, ajoute le télégramme, mis en ligne récemment sur le site de WikiLeaks.

L’ambassadeur de l’époque souligne par ailleurs que le général Ali Mohsen al-Ahmar "est généralement perçu comme le deuxième homme le plus puissant dans le pays", le qualifiant de "poigne de fer" du président en tant que commandant de la région nord-est et de la première division blindée.

Une "manière controversée de traiter avec les terroristes"

Le télégramme diplomatique indique aussi qu’une candidature du général Ahmar ne serait pas "bien accueillie par les Etats-Unis et d’autres au sein de la communauté internationale", en raison de "sa manière controversée de traiter avec les terroristes est les extrémistes".

"Il est considéré comme étant derrière la formation de l’armée d’Aden-Ayan", une organisation extrémiste dans le sud du Yémen qui avait mené des actes de violence. Mais aussi "d’être un proche associé d’un marchand d’armes notoire, Fares Mannaa", rapporte le câble diplomatique.

La défection du général Ahmar, qui avait annoncé le 21 mars rejoindre la contestation contre le président Saleh, a porté un coup dur au chef de l’Etat, au pouvoir depuis 32 ans.

27/03/11 (B597) Yémen Express – “Le départ de Saleh est inéluctable” – Le président du Yémen consulte les cadres de son parti – Le départ du président Saleh évoqué – Les discussions entre le pouvoir et la rue au Yémen sont au point mort – Quel futur pour le Yémen ? – intenses médiations en vue du départ de Saleh – le président Saleh résiste, partisans et opposants manifestent massivement – Emirats: la police a déjoué l’envoi de 16.000 pistolets au Yémen – Saleh durcit le ton à la veille de nouvelles manifestations – l’opposition demande le départ immédiat du président Saleh

_____________________ 10 – Nouvel Obs

“Le départ de Saleh est inéluctable”

Interview de Franck Mermier, anthropologue spécialiste du Yémen au CNRS, par Laura Thouny

Les propos du dirigeant yéménite, qui se dit prêt à quitter le pouvoir, sont peu fiables, avance Franck Mermier, chercheur au CNRS. Mais sa chute semble inévitable.

Une fragmentation du pays est évitable si le nouveau régime met en place la décentralisation, explique Franck Mermier. (AFP)

Le président yéménite Ali Abdallah Saleh s’est dit ce week-end prêt à quitter le pouvoir. Quel crédit peut-on accorder à ces déclarations ?

Défection en série d’officiers yéménites

Le président yéménite est actuellement en pourparlers avec l’opposition, notamment par l’intermédiaire de son vice-président, pour trouver une issue à la crise. Le problème est qu’il a par le passé souvent fait des promesses qu’il n’a pas tenues. En 1994 par exemple, il a signé une charte avec l’opposition qu’il n’a jamais respectée.

Il y a désormais une méfiance de la part de l’opposition parlementaire vis-à-vis de ce comportement manœuvrier du président. Et cette méfiance pousse Saleh dans ses derniers retranchements : c’est la première fois qu’il parle de renoncer au pouvoir, alors qu’en décembre il voulait simplement changer de constitution.

Son départ est-il inéluctable ?

Il semble qu’il soit inéluctable, c’est une question de semaines ou de mois. Le ralliement contre lui d’une partie de l’armée, d’une portion des tribus, des jeunes, doublé d’une alliance entre l’opposition parlementaire et les séparatistes du sud a complètement changé le rapport de force. Saleh ne peut plus compter que sur une fraction seulement de son parti, qui a lui aussi subi des défections, et sur les forces de sécurité contrôlées par ses fils et neveux. Sa base sociale et politique s’est fortement rétrécie.

Les services de sécurité du président ont affirmé qu’Al-Qaïda avait attaqué des militaires samedi. Quelle est la part de communication dans de telles affirmations ?

Cela survient vraiment au bon moment pour le pouvoir. Tous les régimes arabes ont eu recours (pendant les mouvements de protestation, ndlr) à la menace de l’islamisme comme alternative désastreuse, ou bien à la menace d’Al-Quaïda. On ne peut pas nier la présence d’Al-Qaïda au Yémen, mais il est très difficile de savoir ce qui relève de la propagande de ce qui relève d’actions véritables d’Al-Quaïda.

Il faut prendre ces déclarations avec beaucoup de précautions, car le soutien occidental au régime est basé sur le rôle de ce dernier comme rempart contre Aqmi, les autorités yéménites jouent donc là-dessus.

Si Saleh quitte le pouvoir, quelle sera la transition ?

Le scénario de transition le plus probable serait la mise en place d’un conseil national de transition. Une idée déjà avancée par l’opposition parlementaire. Cette dernière voudra certainement apporter dans les mois à venir des amendements à la constitution pour passer d’un régime présidentiel à un régime parlementaire. Il ne faut pas oublier que le régime yéménite est un régime pluripartiste : il n’y aura donc pas de vide institutionnel.

Il y a aussi une tradition très forte de négociation entre les différentes forces politiques : on voit bien que l’opposition est en contact avec de nombreux responsables et anciens responsables du parti du président. Ces différentes forces pourront très bien, dans les mois qui suivront le départ de Saleh, mettre en place une formule de transition en attendant les prochaines élections législatives, parlementaires et présidentielles.

Le pays pourra-t-il éviter la fragmentation ?

C’est très difficile à dire. Le mouvement sudiste (qui réclame une plus grande autonomie des régions du sud, ndlr) est important, et il a été rejoint par une partie des tribus de la région. Il y a également une rébellion zaydiste au nord du Yémen.

On a donc des menaces qui pèsent sur l’unité du pays. Mais ces dernières peuvent être résolues si le nouveau régime va jusqu’au bout des promesses de décentralisation faites par le président Saleh, promesses qui n’ont pas été tenues. Il sera peut-être possible dans ce cas de contenir cette menace de fragmentation. Le fait qu’il y ait eu des négociations entre opposition et mouvements sudistes constitue un aspect positif, mais il n’est pas certain que ça se fasse.

_____________________ 9 – L’Express avec Reuters

Le président du Yémen consulte les cadres de son parti

Eric Faye et Jean-Philippe Lefief pour le service français

Le président yéménite Ali Abdallah Saleh , qui s’est dit prêt la veille à quitter le pouvoir “dignement”, doit informer dimanche les dirigeants de son parti de ses discussions avec l’opposition.

Le chef de l’Etat, au pouvoir depuis 32 ans, fait face depuis janvier à une vague de contestation inspirée des révolutions tunisienne et égyptienne.

Dans un entretien diffusé samedi par la chaîne de télévision Al Arabia, il n’a pas exclu de renoncer à ses fonctions à très court terme, tout en démenant l’imminence d’un accord avec ses opposants, qui ont, selon lui, revu leurs exigences à la hausse.

“Je pourrais quitter le pouvoir (…) même dans quelques heures, à condition que ma dignité et mon prestige soient préservés”, a déclaré Ali Abdallah Saleh, précisant qu’il conserverait son poste à la tête du Congrès général du peuple (CGP) actuellement au pouvoir.

“Je dois conduire le pays vers des rivages sûrs (…) Je suis resté au pouvoir afin d’opérer une transition pacifique (…) Je ne cherche pas à partir m’installer à Djeddah ou à Paris”, a-t-il ajouté.

Des discussions sont en cours via deux canaux pour mettre la dernière main à un accord de transfert du pouvoir.

Yassine Noman, chef de file de l’opposition, a toutefois fait état de profondes divergences avec Sanaa, ajoutant que, s’il y avait bien eu des contacts, il ne les considérait pas comme des négociations.

Selon le ministre des Affaires étrangères, Aboubakr al Kirbi, les discussions portent, entre autres, sur le calendrier de la transition. “Je pense que le calendrier est négociable. Il ne devrait pas être un obstacle à la conclusion d’un accord”, a-t-il commenté.

Le président a confirmé que des discussions avaient eu lieu au cours des dernières 48 heures. “Il y a eu une rencontre hier et une autre avant-hier pour discuter des moyens de mettre fin à la crise”, a-t-il précisé samedi.

L’ambassadeur des Etats-Unis à Sanaa était présent lors de ces discussions, a ajouté Saleh, qui a souhaité une médiation saoudienne ou de pays du Golfe.

De sources politiques, on indique que l’un des principaux points de friction concerne son immunité judiciaire et celle de ses proches.

Allié des Occidentaux dans la lutte contre Al Qaïda, le chef de l’Etat fait l’objet de pressions croissantes depuis que des tireurs embusqués ont tué 52 manifestants, le 18 mars, lors d’une journée de protestation dans la capitale.

Plusieurs généraux, des diplomates et des chefs de tribu ont depuis apporté leur soutien à ses opposants.

________________________ 8 – JDD

Yémen: Le départ du président Saleh évoqué

Selon la chaîne de télévision Al Arabiya samedi, le président yéménite Ali Abdallah Saleh serait prêt à quitter le pouvoir “dignement”. Ces dernières heures, le dirigeant paraissait s’accrocher au pouvoir, malgré une situation de plus en plus instable et une contestation qui gagne en ampleur depuis des semaines.

Ali Abdallah Saleh ne sera-t-il bientôt plus qu’un souvenir pour les Yéménites?

Des informations rapportées samedi par la chaîne Al Arabiya le laissent penser. Le président du Yémen, au pouvoir depuis 32 ans, a déclaré samedi avoir l’intention de quitter le “pouvoir dignement”. S’il a démenti l’hypothèse d’une démission imminente, le leader autoritaire paraît de moins en moins susceptible de conserver le pouvoir. Dans la journée, le ministre des Affaires étrangères Aboubaker al Kirbi avait affirmé qu’un accord sur une transition pacifique, qui reprendrait l’offre du président Saleh de démissionner dès la fin de l’année, aurait pu intervenir dès ce samedi.

Une marge de manoeuvre réduite

L’opposition, toutefois, ne veut pas être dupe. Le chef de la coalition, Yassin Noman, estime qu’entre le pouvoir et les opposants, “il y a encore un grand fossé”, a-t-il déclaré. “Je pense qu’il (Saleh) est en train de manoeuvrer.” Mais les marges dont dispose le président pour le faire sont de plus en plus réduites. La colère s’accumule, depuis que des snipers, partisans d’Ali Abdallah Saleh, ont tué plus de 50 manifestants le 18 mars dernier lors d’une manifestation. Alain Juppé a estimé la semaine dernière que son départ était “incontournable”. Washington, pour qui le Yémen est pourtant un allié précieux face à Al-Qaïda, a plusieurs fois condamné les violences.

En outre, le pouvoir du président Saleh ne peut plus vraiment compter sur ses soutiens tribaux, qu’il arme et finance pour se maintenir. Les violences divisent au sein même des tribus et la base ne suit plus les sheiks proches du gouvernement. Devant en outre faire face à une rébellion au Nord, des sécessionnistes au Sud et des djihadistes saoudiens à l’Est, Ali Abdallah Saleh est acculé.

________________________ 7 – AP

Les discussions entre le pouvoir et la rue au Yémen sont au point mort

Un porte-parole du président contesté du Yémen, Ali Abdullah Saleh, a déclaré que les négociations avec l’opposition n’avaient pas progressé vers la signature d’une entente concernant l’éventuelle démission du président.

Ahmed al-Sufi a indiqué que le vice-président et conseiller de M. Saleh avait rencontré samedi l’ambassadeur américain et des chefs tribaux et militaires qui ont fait défection en faveur de l’opposition.

M. Al-Sufi a ajouté que le parti au pouvoir voulait discuter d’une transition, mais que l’opposition avait demandé le départ immédiat du président, une condition qu’il a qualifiée d’inacceptable.

Le président Saleh a répondu à des semaines de manifestations réclamant son départ par la violence et à promis de quitter le pouvoir, mais seulement de façon «honorable». L’opposition l’accuse de gagner du temps.

L’ambassade américaine a refusé de commenter.


________________________ 6 – Slate .fr

Quel futur pour le Yémen ?

Ali Adbullah Saleh, président du Yémen, est sans doute sur le départ. Il laisserait un pays instable et en conflit.

L’AUTEUR !
Daniel Byman Daniel Byman est le directeur du Centre d’Etudes de la Paix et de la Sécurité à l’université américaine de Georgetown et chercheur au Centre Saban de Politique du Moyen-Orient à la Brookings Institution de Washington. Son prochain livre s’intitule Les triomphes et les échecs du contre-terrorisme israélien: le prix à payer.


Le double jeu du Yémen

Tandis que les missiles américains s’abattent sur la Libye, que l’armée saoudienne mate les manifestations à Bahreïn et que l’Egypte tient son premier référendum libre, les changements dramatiques —et peut-être cataclysmiques— qui se profilent au Yémen passent à la trappe. Le président Ali Abdullah Saleh, qui règne comme il peut sur l’ingouvernable Yémen depuis 1978, pourrait bien subir le même sort que l’Égyptien Hosni Moubarak et que le Tunisien Zine El Abidine Ben Ali. Mais dans sa chute, le Yémen pourrait devenir plus instable encore, plonger dans le chaos et peut-être même la guerre civile, accroissant le risque d’émergence du terrorisme.

Trois conflits pour le Yémen

Avant que la dernière vague de révolutions ne secoue le monde arabe, trois conflits déchiraient le Yémen.


Tout d’abord, dans le nord du Yémen, près de la frontière saoudienne, les rebelles Houthis défient depuis longtemps le régime, dénonçant les abus et les mesures discriminatoires du gouvernement.


De nombreux Yéménites du sud, écœurés par les discriminations et l’exclusion du pouvoir, qui ont suivi la réunification du Nord et du Sud-Yémen en 1990, s’opposent également au régime d’Ali Abdullah Saleh.


Le troisième conflit —le plus important aux yeux de Washington, mais le moindre aux yeux de Sanaa­— est celui entraîné par les attaques effectuées dans la péninsule arabique, par un sous-groupe affilié à al-Qaida. L’Aqap (al-Qaida in the Arabian Peninsula) s’est attaqué à des cibles policières et gouvernementales au Yémen et en Arabie saoudite. Il a également orchestré deux attaques, qui ont échoué de peu, contre des cibles états-uniennes: la tentative d’attentat contre le vol 253 de la Northwest Airlines le jour de Noël 2009 alors qu’il arrivait à Detroit, et une autre tentative, en 2010, avec deux bombes placées dans des avions cargos à destination des Etats-Unis. Anouar al Aulaqi, un chef de l’Aqap, est basé au Yémen. Pourvu de la double nationalité américaine et yéménite, al-Aulaqi a inspiré par ses sermons Nidal Hasan, le tireur de Fort Hood.

L’Aqap assure au Yémen une assistance américaine

Washington pousse de plus en plus le gouvernement yéménite à se montrer agressif à l’égard de l’Aqap, mais Saleh considère, avec raison, que les Houthis et les Yéménites du sud constituent une menace plus grande pour son régime. L’Aqap a tué des dizaines de Yéménites, mais dans un pays agité par la violence, de tels chiffres n’ont guère d’impact. De manière plus cynique encore, la présence de l’Aqap entraîne une assistance massive, financière et militaire des Américains: le gouvernement yéménite n’a donc pas beaucoup d’intérêt à remporter des victoires trop écrasantes contre l’Aqap. En fait, à certains moments, Ali Abdullah Saleh a travaillé avec des groupes jihadistes liés à al-Qaida dans sa lutte contre les sudistes et d’autres ennemis intérieurs.

Ces trois révoltes minent le gouvernement régulièrement dépassé d’Ali Abdullah Saleh, déjà mis à rude épreuve par une stagnation économique, un accès de plus en plus difficile à l’eau potable et par l’accroissement constant de sa population. Comme tous les dictateurs, Saleh s’appuie sur ses forces armées pour s’accrocher au pouvoir. Mais ses forces étant en mauvais état et les tribus du Yémen étant bien armées, Ali Abdullah Saleh a pris pour habitude d’utiliser ses rivaux les uns contre les autres et de coopter toute figure potentielle de l’opposition. La nature tribale de la société yéménite l’a aidé dans cette optique, car les tribus ne coopèrent que rarement entre elles et que les différentes lignées au sein même des tribus sont souvent rivales.

L’opposition s’accorde pour demander le départ d’Ali Abdullah Saleh

Aujourd’hui, les fondements du régime du président yéménite s’effondrent. Une nouvelle force —les manifestants inspirés par la chute de Moubarak et de Ben Ali— est apparue pour demander le départ d’Ali Abdullah Saleh. Les soldats et la police yéménites ont tiré sur les manifestants, mais ne sont pas parvenus à les intimider, tandis que l’offre d’Alu Abdullah Saleh de quitter le pouvoir à l’issue de son actuel mandat et le renvoi de son gouvernement a été considérée comme un signe trop faible et trop tardif.

L’opposition, fractionnée, s’est accordée, pour l’instant du moins, pour exiger le départ d’Ali Abdullah Saleh. Des chefs tribaux de premier plan, anciens soutiens d’Ali Abdullah Saleh, se sont unis pour demander sa démission. L’ancien ami et fidèle du président, le général Ali Mohsen al Ahmar a apporté son soutien aux manifestants. Les unités de l’armée demeurées loyales envers Ahmar protègent à présent les manifestants contre celles qui soutiennent encore Ali Abdullah Saleh.

Peu de probabilité qu’un candidat de consensus émerge

Si Ali Abdullah Saleh devait tomber, les perspectives de stabilité au sein du Yémen s’amenuiseraient encore. Il est possible que le général Ahamar ou qu’un autre personnage remplace Saleh comme nouveau dictateur, en s’appuyant sur le pouvoir des tribus et de l’armée pour tirer les marrons du feu, augmentant peut-être ainsi la légitimité du gouvernement yéménite. Mais il est plus probable qu’un candidat de consensus n’émergera pas, et que s’il émerge, il sera dans une situation plus périlleuse encore que ne l’est Ali Abdullah Saleh aujourd’hui.

Les Houthis et les sudistes considéreront la chute d’Ali Abdullah Saleh comme une opportunité de grappiller davantage de pouvoir et d’influence, ce qui risque d’exaspérer les chefs de l’armée les plus nationalistes. Les manifestants, plutôt favorables à la démocratie, se tourneront vers tout chef qui ne sera pas un autre Ali Abdullah Saleh, mais quelqu’un de plus ouvert à un système politique fiable. Les chefs tribaux yéménites, toujours prompts à exploiter le vide, voudront accroître leur influence.

Une instabilité accrue par la gestion décentralisée du Yémen et la proximité avec l’Arabie saoudite

Aujourd’hui, la majorité du Yémen n’est que très peu —voire pas du tout— gouvernée par le gouvernement central et le déclin programmé de son influence au profit des chefs de guerre et de tribus ne constituera donc pas un changement majeur. Mais il rendra le Yémen plus facilement sujet à des changements de régimes et à une instabilité accrue, lorsque le système d’alliance et de protection de Saleh s’effondrera, ne demandant qu’à être ramassé.

L’Arabie saoudite pourrait encore accroître l’instabilité. Riyad considère le Yémen comme son pré carré et craint que son instabilité ne s’étende au nord. L’Arabie saoudite a souvent tenté de (et échoué à) placer ses candidats sur le trône yéménite. Si un nouveau dirigeant yéménite venait à s’éloigner de la ligne prônée par Riyad, comme Salah l’a fait, l’Arabie saoudite pourrait bien soutenir ses adversaires.

Les États-Unis, al-Qaida et l’Aqap

Pour les États-Unis, la plus grande inquiétude est clairement celle du terrorisme. Oussama Ben Laden pourrait tirer parti de l’accroissement de l’instabilité pour se déployer davantage au Yémen. Quelle que soit l’issue, l’Aqap tirera parti de tout relâchement de la pression exercé sur lui pour organiser de nouvelles attaques et étendre son organisation. Un nouveau gouvernement, comme celui de Saleh, considèrera probablement l’Aqap comme une menace de second ordre et concentrera probablement ses services de renseignement et son énergie politique à l’encontre de ses ennemis et rivaux intérieurs, avec le l’antiterrorisme au second plan. Dans ce domaine, les Etats-Unis seront de toute façon prêts à investir.

L’influence américaine au Yémen est plutôt limitée. Les Etats-Unis peuvent tenter, comme l’Arabie saoudite, de soutenir sa faction favorite contre ses rivales. Ceci pourrait dresser Washington contre Riyad si les favoris sont différents. Un autre problème, plus important encore, est que les Etats-Unis n’ont pas la connaissance nécessaire pour de telles manœuvres et risqueraient fort d’être manipulés par les factions locales.

Alors, comme d’habitude, le Yémen va aller son petit bonhomme de chemin tandis que le reste du monde détournera les yeux. Malheureusement, tant pour les Yéménites que pour les Etats-Unis, le futur du Yémen risque d’être pire que son présent.

______________________ 5 – RFI

Yémen : intenses médiations en vue du départ de Saleh

Confronté à une contestation qui ne désemplie pas depuis la fin janvier 2011 et des démissions en cascade ces derniers jours, Ali Abdullah Saleh, le président yéménite, semble désormais condamné à quitter le pouvoir. Reste à préciser les conditions et la date de son départ. Ces derniers jours des médiations diverses tentent de résoudre la situation, pour l’instant toutes sont restées vaines.

Avec notre correspondante à Sanaa, Charlotte Velut

« Je pars seulement si tu pars ». Voilà ce qu’aurait confié Ali Abdullah Saleh au général Ali Mohsen al-Ahmar lors d’une réunion tenue, jeudi, à la résidence du vice-président yéménite. Une proposition refusée par le gradé.


Les jeunes qui manifestent depuis deux jours ont annoncé qu’ils voulaient un Etat civil.

En début de semaine, celui-ci a annoncé son ralliement aux jeunes de la révolution et n’est visiblement pas prêt à « revenir à la maison » comme l’avait proposé le Président Saleh aux démissionnaires dans un discours télévisé mercredi.
Avant la carte militaire, le président yéménite avait tenté de jouer la carte saoudienne en envoyant son ministre des Affaires étrangères, Abu Bakr al-Qirbi en Arabie Saoudite le week-end dernier. Celui-ci est revenu les mains vides, Riyad ne semblant pas vouloir intervenir dans le dossier yéménite à ce stade de la contestation.

D’après le site d’information Mareb Press, la situation serait à présent sous une médiation américaine qui proposerait un remplacement temporaire d’Ali Abdullah Saleh par le vice-président yéménite et la formation d’un gouvernement d’union nationale de transition dans l’attente de la tenue de nouvelles élections présidentielles.

______________________ 4 – Libération

Au Yémen, le président Saleh résiste, partisans et opposants manifestent massivement

Le président Saleh s’est montré combatif devant une foule de partisans à Sanaa, se disant prêt à «résister» après l’échec de tractations avec un général dissident.

Des unités de l’armée, déployées en force dans la capitale yéménite, ont dû tirer en l’air pour prévenir des manifestants pro-Saleh de s’approcher d’une autre foule de protestataires anti-régime rassemblés sur la place de l’Université, siège d’un sit-in permanent depuis plus d’un mois.

Dans un discours au ton vindicatif, le chef de l’Etat, en fonction depuis 32 ans, a assuré qu’il n’était pas disposé à céder le pouvoir à une «minorité», et à des opposants qu’il a qualifiés «d’aventuriers et de comploteurs».

_________________ 3 – AFP

Emirats: la police a déjoué l’envoi de 16.000 pistolets au Yémen

La police de Dubaï a annoncé jeudi avoir déjoué une tentative d’envoyer 16.000 pistolets de Turquie vers le nord du Yémen, contrôlé par la rébellion chiite, via les Emirats arabes unis.

“La police de Dubaï a mis en échec une tentative d’envoyer une énorme cargaison d’armes constituée de près de 16.000 pistolets, venant de Turquie, au Yémen”, a déclaré lors d’une conférence de presse le chef de la police de Dubaï, le général Dahi Khalfan.

“La police a arrêté à Dubaï six Arabes résidant dans l’émirat, liés à cette affaire”, a-t-il ajouté. Il a précisé que la cargaison arrivée par voie maritime était destinée à Saada, fief de la rébellion zaïdite, une branche du chiisme, dans le nord du Yémen.

Le général Khalfan a montré des photos des armes saisies. Il a précisé que les armes étaient placées dans des caisses dissimulées au milieu d’un conteneur de meubles en provenance de Turquie.

A la demande de savoir si les armes étaient destinées aux rebelles, le général Khalfan a répondu “cette cargaison n’était évidemment pas destinée au gouvernement yéménite”. Il s’agit de la plus grosse prise d’armes jamais annoncée par les autorités émiraties.

Elle intervient alors que le Yémen est secoué par des troubles, la contestation s’amplifiant contre le président Ali Abdallah Saleh. La rébellion dans le nord du pays dure depuis 2004 et a fait des milliers de morts et plus de 250.000 déplacés.

Un cessez-le-feu est intervenu en février 2010 entre les rebelles et l’armée, mais des combats avaient de nouveau éclaté en juillet près du fief des rebelles dans la province d’Amrane.


_________________ 2 – 20 minutes (France) avec AFP

Yémen: Saleh durcit le ton à la veille de nouvelles manifestations

Le président yéménite Ali Abdallah Saleh, qui avait multiplié les concessions dernièrement, a annoncé jeudi qu’il se défendrait par “tous les moyens possibles”, à la veille d’une nouvelle manifestation exigeant son départ immédiat.

“Nous préserverons la sécurité, l’indépendance et la stabilité du Yémen par tous les moyens possibles”, a déclaré M. Saleh dans une allocution diffusée par la télévision d’Etat.

Il a en outre violemment critiqué l’opposition parlementaire, qui anime la contestation populaire, estimant que “même si nous nous engageons dans un arrangement avec eux (chefs de l’opposition), la situation sera pire que maintenant”.

Le chef de l’Etat a en outre invité les officiers et militaires ayant fait défection pour rallier l’opposition à “revenir à la raison”.

Les jeunes protestataires, qui continuent depuis plus d’un mois de manifester sur la place de l’Université de Sanaa, ont décidé de faire du vendredi “une journée pour le départ d’Ali Abdallah Saleh” et de marcher sur le palais présidentiel le vendredi suivant s’il continue de s’accrocher au pouvoir.

Pour sa part, M. Saleh, 69 ans, a appelé ses partisans à se masser vendredi sur une place proche du palais présidentiel, à plusieurs km du centre de Sanaa, loin de la place de l’Université.

L’armée, dont l’homme fort le général Mohsen Ali al-Ahmar s’est rallié à la contestation, est dorénavant divisée, et un nouvel incident entre unités rivales dans le sud-est du pays a fait trois blessés jeudi.

Ces accrochages ont éclaté entre des soldats et la garde républicaine commandée par Ahmed Saleh, l’un des fils du chef de l’Etat, à Moukalla, théâtre mardi d’une première confrontation qui avait fait deux tués.

Le Parlement a approuvé mercredi, lors d’un vote contesté par l’opposition, l’instauration de l’état d’urgence qui donne en principe au président Saleh le droit d’interdire les manifestations et de limiter la liberté de la presse.

Le bureau d’Al-Jazira à Sanaa, la chaîne du Qatar, a été saccagé mercredi par des hommes armés et les autorités yéménites ont justifié jeudi sa fermeture pour diffusion de “fausses nouvelles”.

Depuis le début des troubles, M. Saleh a procédé à plusieurs replis: il a annoncé qu’il ne se représenterait pas en 2013, à la fin de son mandat, il a dissous son gouvernement, puis il a proposé mardi l’élection avant la fin de l’année d’un Parlement et de son successeur.

Mais même cette dernière concession, une exigence de l’opposition, a été insuffisante pour calmer les appels à sa démission immédiate.

“Nous n’acceptons plus aucune concession. Nous ne voulons que le départ rapide du président”, a assuré à l’AFP Rachad al Charaabi, un des responsables du Comité politique des jeunes de la révolution.

Il a ajouté que des concertations étaient en cours pour opérer une transition pacifique du pouvoir, mais qu’elle ne devait pas conduire à la mise en place d’une dictature militaire. “Nous voulons une société civile, pas un régime militaire”, a-t-il assuré.

Cette requête des protestataires intervient alors que des pans entiers de l’armée ont jeté leur poids dans la bataille contre le président Saleh.

Le général Ahmar, chef le plus respecté de l’institution militaire, a entamé des concertations pour former un conseil de transition, ont assuré à l’AFP des sources proches de ces tractations.

“Le général supervise des tractations pour passer le pouvoir en douceur à un conseil qui regrouperait les représentants de tous les secteurs de la société”, a indiqué cette source, sous couvert de l’anonymat.

Une transition de cette nature serait à même de rassurer l’Arabie Saoudite, qui a apprécié la détermination du général Ahmar à combattre la rébellion zaïdite, une secte chiite, dans le nord du Yémen, frontalier du royaume.

_________________ 1 – Le quotidien du Peuple (Chine) avec XINHUA

Yémen : l’opposition demande le départ immédiat du président Saleh

L’opposition yéménite a rejeté mercredi « une approbation écrite » du président Ali Abdallah Saleh, dans laquelle il acceptait une précédente offre de l’ opposition de démission d’ici la fin de 2011, déclarant que c’ était trop tard et qu’il devait partir immédiatement.

« L’opposition a envoyé mercredi un refus écrit à la proposition du président Saleh via un médiateur tribal », ont indiqué à Xinhua deux sources de l’opposition.

« Ils (l’opposition) ont déclaré que la proposition du président Saleh était clairement refusée car son approbation à l’ initiative de conciliation en cinq points était arrivée trop tard et que notre réponse est qu’il n’y aura plus de négociations avec lui et qu’il devra quitter le pouvoir immédiatement », a indiqué la source, sous couvert d’anonymat.

Plus tôt dans la journée, un officiel proche du président Ali Abdullah Saleh avait déclaré à l’agence de presse officielle Saba que le président Saleh acceptait l’initiative de conciliation en cinq points proposée plus tôt par la coalition de l’opposition.

D’après Saba, l’initiative de conciliation de l’opposition comprend la formation d’un gouvernement national, la rédaction d’ une nouvelle constitution, la réécriture de la loi électorale et la formation d’une commission suprême pour les référendums et les élections.

L’initiative a également affirmé que la nouvelle constitution serait soumise à référendum, après quoi les élections législatives seraient organisées, le nouveau gouvernement serait ensuite formé et le nouveau président du pays élu d’ici la fin de l’année 2011.

Par ailleurs, le parlement yéménite a promulgué une loi sur l’ état d’urgence pendant un mois, alors que la coalition de l’ opposition insistait pour une fin immédiate des 33 années de règne du président Saleh.

L’opposition a promis via ses médias que vendredi prochain serait le « Vendredi de la marche vers le palais présidentiel dans la capitale Sanaa » avec des centaines de milliers de manifestants pour forcer le président Saleh de partir.

22/03/11 (B596) Yémen Express – un gouverneur fait défection – le président Saleh est en sursis – des chefs de l’armée lâchent Saleh, qui se vante du soutien du peuple – la France juge le départ du président Saleh “incontournable” – des généraux et des cadres rejoignent la contestation – des chefs de l’armée lâchent Saleh, qui se vante du soutien du peuple – Le président Saleh poussé vers la sortie ? – Démission de l’ambassadeur du Yémen au Liban – le président limoge son gouvernement (9 articles)

_______________________ 9 – Europe 1

Yémen : un gouverneur fait défection

Le gouverneur d’Adenn au Sud du Yémen, deuxième ville du pays, Ahmad Qaatabi, a présenté sa démission lundi, alors que les défections se multiplient au Yémen.

“Le gouverneur a démissionné pour protester contre ce qui se produit dans le pays”, a affirmé un fonctionnaire de son bureau.

Aden est à la pointe de la contestation du président Ali Abdallah Saleh, au pouvoir depuis 32 ans. De nombreuses personnes y ont été tuées par les tirs des forces de l’ordre depuis le début de la contestation fin janvier.

_______________________ 8 – Le Figaro

Au Yémen, le président Saleh est en sursis

Par Georges Malbrunot

Les défections se multiplient, tandis que l’armée protège les manifestants à Sanaa.

Ali Abdullah Saleh vit-il ses dernières heures à la tête du Yémen ? La question est clairement posée, après les défections en série lundi de hauts responsables militaires, de quarante députés et de plusieurs ambassadeurs, qui ont rejoint les rangs des dizaines de milliers de protestataires, exigeant son départ depuis deux mois maintenant.

Le principal revirement est venu de son demi-frère, le général Ali Mohsen, commandant de la zone militaire du nord-ouest du pays, et issu de sa tribu (al-Ahmar), dont les membres occupent les postes clés du régime. Dans une intervention télévisée sur al-Jezira, Ali Mohsen a accusé Saleh de «réprimer de pacifiques manifestants» et de «plonger le pays dans la guerre civile».

Mais il n’a pas appelé au départ du président, ni annoncé sa propre démission, en tant que commandant de la 1re Division blindée. Sans doute pour ne pas se priver de jouer un rôle dans la transition houleuse qui s’annonce. Car comme l’a déclaré lundi Alain Juppé, le départ du raïs paraît désormais «inévitable».

Au même moment, en effet, des dizaines d’officiers se présentaient devant les jeunes contestataires à l’université de Sanaa, épicentre de la fronde, pour annoncer qu’ils rejoignaient eux aussi l’opposition au raïs, qui dirige le Yémen depuis trente-deux ans.

L’hémorragie intervient trois jours après la tuerie perpétrée par des tireurs d’élite, qui ont abattu 52 jeunes devant l’université. Les assaillants appartenaient à la Garde républicaine et à la Garde centrale, dirigées respectivement par un fils – Ahmad – et un neveu – Yahia – du chef de l’État. Celui-ci a-t-il donné l’ordre de tirer ? Ou a-t-il été mis devant le fait accompli par son entourage ?

Quoi qu’il en soit, en signe de protestation, plusieurs ministres, le vice-gouverneur d’Aden, le vice-président du Parlement ainsi que les ambassadeurs en Syrie, en Jordanie et en Arabie saoudite ont, à leur tour, démissionné et annoncé leur ralliement aux opposants. Depuis deux mois, ceux-ci tiennent un sit-in devant l’université de Sanaa, soutenus notamment par l’Islah, la principale formation islamiste. La proposition de Saleh de quitter le pouvoir en 2013 et de ne pas être remplacé par son fils, Ahmad, ne les a pas convaincus.

Ces derniers jours, des membres de tribus jusque-là loyales au raïs sont descendus à Sanaa pour protéger les étudiants. Ils ont été rejoints dimanche par l’armée, munie de simples bâtons, qui s’est déployée dans les rues, en lieu et place des policiers, accusés par les jeunes d’être responsables des exactions.

L’Arabie saoudite sollicitée pour une médiation

Certains manifestants voient dans ce déploiement «un tournant» favorable dans l’attitude de l’armée à leur égard. De nombreux Yéménites espèrent en effet que la hiérarchie militaire pourra orchestrer la transition du pouvoir. «C’est la seule solution pour éviter que les tribus se battent entre elles pour le contrôle de Sanaa», commente un expatrié sur place depuis dix ans.

Au Yémen, l’autorité de l’État ne s’exerce guère que sur la capitale. Ailleurs, ce sont les tribus, les rebelles chiites dans le nord, les sécessionnistes dans le sud, voire parfois al-Qaida, qui tiennent le terrain. Ils ont récemment fait taire leurs divisions pour réclamer le départ de Saleh. Mais lundi soir, un communiqué du ministère de la Défense est venu rappeler que l’armée soutenait encore le chef de l’État. «Saleh a toujours dit qu’il était pour une transition ordonnée du pouvoir», souligne un diplomate à Sanaa, qui met en garde contre les emballements médiatiques.

Acculé, Saleh a dépêché lundi son ministre des Affaires étrangères chez le voisin saoudien dans l’espoir d’arracher la médiation de Riyad. «On est dans la fin de la partie, il s’agit de savoir si la fin de règne de Saleh pourra être négociée», estime un homme d’affaires à Sanaa.

_______________________ 7 – La Croix avec AFP

Yémen: des chefs de l’armée lâchent Saleh, qui se vante du soutien du peuple

Des chefs de l’armée yéménite ont annoncé lundi leur ralliement à la contestation contre le président Ali Abdallah Saleh , qui a assuré que le peuple le soutenait malgré des appels redoublés à son départ.

Le président a réuni en soirée les généraux qui lui restent fidèles et qui ont affirmé leur rejet de toute tentative de porter atteinte à la Constitution.

Les Etats-Unis ont réaffirmé que la violence était “inacceptable” tandis que la France a ouvertement appelé au départ de M. Saleh, devenant ainsi le premier pays occidental de poids à le faire.

Outre les chefs de l’armée qui ont lâché le président Saleh, le principal chef tribal, cheikh Sadek al-Ahmar, lui a demandé de céder le pouvoir qu’il détient depuis 32 ans et de se ménager “une sortie honorable”.

Deux commandants de régions, le général Ali Mohsen al-Ahmar, responsable du nord-est qui comprend Sanaa, et le général Mohammed Ali Mohsen, en charge du district militaire oriental, se sont déclarés en faveur des protestataires.

Leur défections sont les premières de cette importance dans l’armée. Deux autres généraux, Nasser Ali Chouaïbi, dans le sud-est du pays, et Fayçal Rajab, dans le sud, ont également fait défection.

A Sanaa, des dizaines d’officiers ont annoncé leur ralliement devant une foule de manifestants qui bravaient toujours sur la place de l’Université une interdiction de manifester pour exiger le départ du président Saleh.

Mais le président Saleh, 68 ans, a affirmé que la “majorité du peuple” le soutient. “La grande majorité du peuple est avec la sécurité, la stabilité et la légalité constitutionnelle. Et ceux qui appellent au chaos, à la violence, à la haine et au sabotage ne sont qu’une infime minorité”, a-t-il assuré.

Les chefs de l’armée loyalistes ont affirmé, dans un communiqué, que “les forces armées n’autoriseront aucune atteinte à la légalité constitutionnelle, à la démocratie, à la sécurité de la nation et à celle des citoyens”.

Dans la matinée, des blindés ont été déployés à Sanaa, notamment autour du palais présidentiel, du siège du parti au pouvoir le Congrès populaire général (CPG), du ministère de la Défense et de la Banque centrale.

Les défections dans l’armée font suite à de nombreuses démissions de cadres de l’Etat et de diplomates, qui se sont accélérées depuis la répression contre les manifestants à Sanaa ayant fait 52 morts vendredi.

Lundi, les ambassadeurs du Yémen en Arabie saoudite, au Koweït, en Egypte et auprès de la Ligue arabe ont annoncé se joindre à la contestation.

Cinq ambassadeurs du Yémen en Europe ont écrit au président Saleh pour lui demander de démissionner, selon l’ambassadeur du Yémen en France, Khaled al-Akwaa. Khaled Bahhah, ambassadeur au Canada, s’est joint à la contestation.

Le départ du président Saleh est “incontournable”, a jugé le ministre français des Affaires étrangères Alain Juppé.

Les violences de vendredi ont été condamnées lundi par le chef de l’ONU, Ban Ki-moon, en visite au Caire. “Le gouvernement yéménite a l’obligation de protéger les civils”, a déclaré M. Ban, soutenant un “dialogue global”.

L’administration américaine a fait savoir au gouvernement yéménite que la violence observée ces derniers jours à Sanaa était “inacceptable”.

“Notre inquiétude dans l’immédiat est la violence que nous avons vue ces derniers jours”, a déclaré lundi le conseiller adjoint du président américain Barack Obama pour la sécurité, Ben Rhodes, à des journalistes.

_______________________ 6 – AFP

Yémen: la France juge le départ du président Saleh “incontournable”

La France est devenue lundi le premier pays occidental important à réclamer ouvertement le départ du président yéménite Ali Abdallah Saleh, contesté par la rue et par des chefs de son armée.

“Il semble aujourd’hui que le départ du président Saleh est incontournable”, a affirmé le chef de la diplomatie française Alain Juppé à l’issue d’une réunion avec ses homologues européens à Bruxelles.

“Il faut aujourd’hui aider ceux qui veulent faire avancer les droits de l’homme, construire la démocratie. Ceci est valable pour tous les pays. Nous le disons au Yémen où la situation est en train de se dégrader”, a dit M. Juppé au cours d’un point de presse.

“Il faut que le pouvoir en place en tienne compte”, a-t-il insisté.

Le ministre français des Affaires étrangères a indiqué que Paris apportait son soutien “à tous ceux qui se battent pour la démocratie” sans violences et a dénoncé les “régimes usés par la corruption, la pratique dictatoriale, la longévité excessive du pouvoir”.

Les déclarations de M. Juppé interviennent alors que des dizaines d’officiers yéménites ont annoncé leur ralliement en masse à la contestation contre le président Saleh, qui dure depuis le 27 janvier.

En outre, le principal chef tribal, cheikh Sadek al-Ahmar, a demandé au président Saleh, au pouvoir depuis 32 ans, de se retirer, joignant sa voix à celles de dignitaires traditionnels et religieux, dont le rôle est déterminant dans ce pays pauvre de 24 millions d’habitants.

Par ailleurs, plusieurs ambassadeurs du Yémen en Europe ont écrit lundi au président Saleh pour lui demander de démissionner, a annoncé à l’AFP l’ambassadeur du Yémen en France, Khaled al-Akwaa.

Les ambassadeurs en poste à Paris, Bruxelles, Genève, Berlin et Londres, ainsi que le consul à Francfort “ont envoyé un message au président Saleh lui demandant qu’il réponde aux exigences du peuple et démissionne afin d’éviter les effusions de sang”, a déclaré Khaled al-Akwaa.

Les défections de responsables du régime se sont accélérées au Yémen depuis la mort vendredi de 52 manifestants à Sanaa par des tirs attribués à des partisans de M. Saleh.

Cependant, à Sanaa, le président yéménite a affirmé que la “majorité du peuple” le soutient en dépit de défections en cascade d’officiers de l’armée et de cadres de l’Etat, a rapporté l’agence de presse officielle Saba.

“Nous résistons (…) la grande majorité du peuple yéménite est avec la sécurité, la stabilité et la légalité constitutionnelle. Et ceux qui appellent au chaos, à la violence, à la haine et au sabotage ne sont qu’une infime minorité”, a déclaré le président devant une délégation de notables de Sanaa.

M. Juppé a affirmé qu’au Bahreïn également “il faut que le dialogue l’emporte sur la répression”.

Mais il s’est gardé de réclamer le départ de la dynastie des Al-Khalifa, contestée par une opposition dominée par des chiites, qui forment la majorité de la population autochtone.

Les Saoudiens ont dépêché un millier d’hommes de troupe la semaine dernière en signe de soutien à la lignée des Al-Khalifa et la police est ensuite intervenue brutalement pour chasser du centre de Manama des protestataires qui y campaient depuis des semaines.

Bahreïn abrite notamment le commandement de la Ve flotte américaine, chargée de la protection des routes pétrolières du Golfe.

_______________________ 5 – France Info

Yémen : des généraux et des cadres rejoignent la contestation

Le nombre des partisans du président Ali Abdallah Saleh diminue de jour en jour. Le mouvement de contestation du régime lui se renforce, avec le ralliement en masse d’officiers et de cadres du régime.

Depuis que des tireurs d’élite ont tué 52 manifestants dans la capitale Sanaa vendredi, plusieurs ministres, ambassadeurs et cadres du parti au pouvoir ont démissionné.

Telle une ultime tentative de regagner la confiance de son peuple, le président Saleh a limogé son gouvernement dimanche soir. En vain. Celui qui dirige de main de fer le Yémen depuis 32 ans, ne peut endiguer les défections autour de lui.

Les dernières en date : les ambassadeurs du Yémen en Arabie saoudite, en Egypte, au Koweït et auprès de la Ligue Arabe ont annoncé aujourd’hui se joindre au mouvement de contestation.

Suivis dans l’après-midi par cinq autre ambassadeurs yéménites en Europe qui eux ont écrit au président afin de lui demander sa démission.

_______________________ 4 – AFP

Yémen: des chefs de l’armée lâchent Saleh, qui se vante du soutien du peuple

De Hammoud MOUNASSAR

Des chefs de l’armée yéménite ont annoncé lundi leur ralliement à la contestation contre le président Ali Abdallah Saleh, qui a assuré que le peuple le soutenait malgré des appels redoublés à son départ.

Le président a réuni en soirée les généraux qui lui restent fidèles et qui ont affirmé leur rejet de toute tentative de porter atteinte à la Constitution.

Les Etats-Unis ont réaffirmé que la violence était “inacceptable” tandis que la France a ouvertement appelé au départ de M. Saleh, devenant ainsi le premier pays occidental de poids à le faire.

Outre les chefs de l’armée qui ont lâché le président Saleh, le principal chef tribal, cheikh Sadek al-Ahmar, lui a demandé de céder le pouvoir qu’il détient depuis 32 ans et de se ménager “une sortie honorable”.

Deux commandants de régions, le général Ali Mohsen al-Ahmar, responsable du nord-est qui comprend Sanaa, et le général Mohammed Ali Mohsen, en charge du district militaire oriental, se sont déclarés en faveur des protestataires.

Leur défections sont les premières de cette importance dans l’armée. Deux autres généraux, Nasser Ali Chouaïbi, dans le sud-est du pays, et Fayçal Rajab, dans le sud, ont également fait défection.

A Sanaa, des dizaines d’officiers ont annoncé leur ralliement devant une foule de manifestants qui bravaient toujours sur la place de l’Université une interdiction de manifester pour exiger le départ du président Saleh.

Mais le président Saleh, 68 ans, a affirmé que la “majorité du peuple” le soutient. “La grande majorité du peuple est avec la sécurité, la stabilité et la légalité constitutionnelle. Et ceux qui appellent au chaos, à la violence, à la haine et au sabotage ne sont qu’une infime minorité”, a-t-il assuré.

Les chefs de l’armée loyalistes ont affirmé, dans un communiqué, que “les forces armées n’autoriseront aucune atteinte à la légalité constitutionnelle, à la démocratie, à la sécurité de la nation et à celle des citoyens”.

Dans la matinée, des blindés ont été déployés à Sanaa, notamment autour du palais présidentiel, du siège du parti au pouvoir le Congrès populaire général (CPG), du ministère de la Défense et de la Banque centrale.

Les défections dans l’armée font suite à de nombreuses démissions de cadres de l’Etat et de diplomates, qui se sont accélérées depuis la répression contre les manifestants à Sanaa ayant fait 52 morts vendredi.

Lundi, les ambassadeurs du Yémen en Arabie saoudite, au Koweït, en Egypte et auprès de la Ligue arabe ont annoncé se joindre à la contestation.

Cinq ambassadeurs du Yémen en Europe ont écrit au président Saleh pour lui demander de démissionner, selon l’ambassadeur du Yémen en France, Khaled al-Akwaa. Khaled Bahhah, ambassadeur au Canada, s’est joint à la contestation.

Le départ du président Saleh est “incontournable”, a jugé le ministre français des Affaires étrangères Alain Juppé.

Les violences de vendredi ont été condamnées lundi par le chef de l’ONU, Ban Ki-moon, en visite au Caire. “Le gouvernement yéménite a l’obligation de protéger les civils”, a déclaré M. Ban, soutenant un “dialogue global”.

L’administration américaine a fait savoir au gouvernement yéménite que la violence observée ces derniers jours à Sanaa était “inacceptable”.

“Notre inquiétude dans l’immédiat est la violence que nous avons vue ces derniers jours”, a déclaré lundi le conseiller adjoint du président américain Barack Obama pour la sécurité, Ben Rhodes, à des journalistes.

_______________________ 3 – Ouest France

Yémen. Le président Saleh poussé vers la sortie ?

La foule s’est rassemblée en masse à Sanaa, ce dimanche 20 mars, pour les funérailles d’opposants yéménites, tués vendredi : 52 personnes étaient mortes, dans une attaque attribuée à des partisans du régime.

Ali Abdallah Saleh, président très contesté du Yemen, peut-il encore éviter d’être happé par le tourbillon des défections qui s’accélère autour de lui ? C’est la question que se pose notre journaliste Bruno Ripoche sur son blog, Globservateur.

Dimanche soir, Saleh limogeait l’ensemble de son gouvernement, après la démission de trois ministres, au surlendemain d’un véritable carnage dans la capitale : 52 manifestants avaient été tués par des tireurs embusqués sur la place de l’Université, vendredi, journée la plus sanglante en deux mois de contestation du Président, au pouvoir depuis 1978.

Ce lundi, les défections majeures se multiplient. Bref, est-ce la fin d’Ali Abdallah Saleh ?

_______________________ 2 – L’Orient / Le Jour (Liban)

Démission de l’ambassadeur du Yémen au Liban

L’ambassadeur du Yémen au Liban, Fayçal Abou Rass, a présenté sa démission du corps diplomatique yéménite « en protestation contre l’énormité du massacre qui a eu lieu à Sanaa vendredi », ainsi qu’il l’a précisé à notre chroniqueur diplomatique Khalil Fleyhane. « Face à l’ampleur de la tragédie de ceux qui sont tombés en martyrs, c’est le moins que je puisse faire », a-t-il ajouté.

L’ambassadeur a précisé qu’il allait « entrer en contact avec le ministère des Affaires étrangères à Sanaa le lundi pour le notifier de ma démission, samedi et dimanche étant des jours chômés ». Il a également précisé « avoir répandu la nouvelle de la démission sur Facebook » et l’avoir « envoyée au journal yéménite al-Masdar ».

Abou Rass est entré dans le corps diplomatique yéménite en 1990. Il n’a pas encore notifié le palais Bustros de sa démission. À signaler qu’il s’agit du premier ambassadeur en poste à Beyrouth à présenter sa démission en raison des bouleversements dans son pays.

__________________________ 1 – Nouvel Obs avec AP

Yémen: le président limoge son gouvernement

Le président yéménite Ali Abdallah Saleh a limogé le gouvernement tout entier dimanche, alors que les manifestations réclamant son départ ont été réprimées dans le sang ces derniers jours.

Un communiqué du bureau du président a fait savoir dimanche qu’il limogeait son gouvernement. Une annonce qui intervient alors que des membres de la propre tribu du chef de l’Etat, la tribu Hached, avaient réclamé son départ la veille, lui retirant un soutien crucial.

Le chef de l’Etat, au pouvoir depuis 32 ans, avait aussi été affaibli par des défections. La ministre des droits de l’Homme Huda al-Ban avait annoncé qu’elle démissionnait pour protester contre le “crime horrible, lâche et perfide” commis par le gouvernement. L’ambassadeur du Yémen auprès des Nations unies, Abdallah Alsaidi a également envoyé sa lettre de démission, a appris l’Associated Press auprès d’un responsable du ministère des Affaires étrangères.

Ces derniers jours, les troupes de sécurité ont ouvert le feu sur des manifestants à Sanaa, la capitale et dans le sud du pays. Depuis le début du soulèvement il y a un mois, une centaine de personnes ont été tuées.

La journée de vendredi a été la plus sanglante. Les tireurs embusqués du gouvernement ont abattu plus de 40 manifestants, des violences condamnées par les Nations unies mais aussi par les Etats-Unis, alliés du président yéménite.

Le ministre de la Santé Abdul-Karim Rafi a précisé que 44 manifestants avaient été tués et 192 blessés, dont 21 très grièvement. Selon le procureur-général Abdullah al-Ulty, 693 manifestants ont été blessés et certains corps n’ont pas encore été identifiés.

Dimanche, des dizaines de milliers de personnes ont suivi à Sanaa le cortège des funérailles des protestataires abattus par des tireurs embusqués lors de la répression gouvernementale des manifestations au Yémen.

Le pouvoir a semblé changer de stratégie dans la capitale, retirant les policiers et membres des forces spéciales autour de l’université de Sanaa, au centre de la répression meurtrière de la contestation, pour les remplacer par une force majoritairement non-armée. “A partir de maintenant, nous contrôlerons les entrées et sorties de la place sur ordres du commandement militaire suprême”, a expliqué le lieutenant-colonel Mohammed Hussein.

Les habitants des immeubles autour de la place de l’université de Sanaa ont lancé dimanche des fleurs depuis les fenêtres sur le cortège funèbre. La foule s’est massée sur la place et des manifestations de solidarité ont été organisées dans plusieurs régions du pays.

Dans plusieurs grandes villes, l’électricité a été coupée pendant trois heures environ, les militants accusant le gouvernement d’essayer d’empêcher la population de suivre la retransmission de la procession à la télévision. Le réseau de téléphonie mobile a été aussi interrompu.

Certains des responsables religieux les plus importants du pays se sont joints aux appels à la démission du chef de l’Etat. Le cheikh Sadiq al-Ahmar, chef de la tribu Hached, la propre tribu du président yéménite, a salué la position des manifestants sur de la place de l’université de Sanaa, dans un communiqué conjoint diffusé samedi soir après une réunion avec des responsables religieux.

Des partis d’opposition participant à la procession ont fait savoir qu’ils ne demandaient plus seulement des réformes politiques mais le départ d’Ali Abdallah Saleh. “Notre seul choix maintenant c’est le retrait rapide de ce régime. Nous soutenons la revendication du peuple”, expliquait Yassine Said Numan, un responsable de l’opposition interrogé par l’Associated Press.

20/03/11 (B596) Yémen Express – funérailles massives pour les “martyrs” du vendredi sanglant – le sit-in de Sanaa maintenu malgré la répression qui a fait 52 morts – Au Yémen, l’embrasement – le président proclame l’état d’urgence – Le Yémen reporte la réunion des donateurs de Riyad tandis que les manifestations s’amplifient – Au moins 84 blessés dans des affrontements au Yémen (6 articles)

______________________ 6 – Nouvel Obs

Yémen : funérailles massives pour les “martyrs” du vendredi sanglant

Le cortège, en l’honneur des 52 manifestants tués par des tirs attribués à des partisans du régime, s’est étiré sur plusieurs kilomètres à Sanaa.

Une foule massive était rassemblée, dimanche 20 mars, près de l’Université de Sanaa au Yemen pour les funérailles de certains des 52 manifestants tués par des tirs attribués à des partisans du régime vendredi lors de la journée la plus sanglante de la contestation du président Ali Abdallah Saleh.

La contestaion au Yémen tourne à la repression sanglante

Le cortège s’est étiré de l’Université, épicentre de la contestation, à un cimetière distant de quelques kilomètres dans ce qui est considéré comme la plus importante marche à Sanaa depuis le début des manifestations fin janvier.

L’ambiance était surchauffée par la colère des marcheurs représentant tous ceux qui contestent le président Saleh aux commandes du pays depuis 32 ans.

“Le sang des martyrs ne sera pas versé en vain”, a crié la foule, en suivant la procession des cercueils portés sur les épaules.

“C’est le président qui a donné l’ordre de tirer”, a affirmé l’un des manifestants du nom d’Ahmed, qui dit ne pas croire à la version officielle selon laquelle les tirs n’étaient pas le fait des forces de l’ordre.

Jour de deuil

Le président Saleh avait regretté la mort des manifestants et décrété un jour de deuil pour les funérailles, sans calmer le ressentiment des opposants qui pensent que le pouvoir a tenté, par une intervention musclée, de mettre fin au sit-in permanent place de l’Université.

Les funérailles ont rassemblés les opposants et les indépendants parmi les députés et les représentants de différentes associations et partis politiques.

“Les responsables de chaque goutte de sang versé doivent en répondre”, a déclaré en marge du rassemblement Ali Abed Rabbo Qadhi, chef du bloc des députés indépendants au Parlement.

Le cortège s’est ébranlé de la place de l’Université après la prière d’usage pendant laquelle un photographe de l’AFP a pu compter 28 dépouilles qui ont été emmenées de l’Hôpital proche des sciences et de la technologie.

Le vendredi sanglant continue de provoquer des défections de responsables.

“Le massacre cruel”

Un troisième ministre yéménite a démissionné pour protester contre la répression exercée contre les opposants.

Dans un communiqué publié dans la nuit de samedi à dimanche, la ministre des droits de l’Homme, Houda al-Baan, a expliqué avoir pris la décision de quitter le gouvernement et le parti du Congrès populaire général du président Ali Abdallah pour protester contre “le massacre cruel” qui a visé les manifestants de la place de l’Université de Sanaa réclamant le départ du chef de l’Etat.

Le sous-secrétaire du même ministère, Ali Taysir, a pris la même décision.

Les manifestants ont accusé des partisans du président d’avoir tiré délibérément sur eux, faisant 52 morts et 126 blessés.

Retrait des forces demandé

Par ailleurs, les religieux yéménites ont appelé les membres des forces de l’ordre à ne pas obéir aux ordres lorsqu’il s’agit de tirer sur les manifestants et rendu le président Saleh responsable du “massacre” du vendredi.

Dans un communiqué reçu dimanche par l’AFP, ces religieux ont également appelé à retirer les troupes de la garde républicaine, corps d’élite de l’armée, de Sanaa et au démantèlement du corps de la sûreté publique, la police politique du régime.

Le président Saleh, qui a dit regretter les tirs de vendredi et assuré qu’ils n’étaient pas du fait des forces de l’ordre, a décidé de faire de dimanche une journée de deuil national, s’attirant tout de suite les sarcasmes des manifestants de l’Universiré de Sanaa.

“Après s’être sali les mains du sang des martyrs (…) Il a fait couler des larmes de crocodile en déclarant une journée de deuil national”, s’est indignée la coordination des manifestants dans un communiqué.

“Le spectacle des morts”

Sur le lieu du sit-in, les manifestants se préparaient dans le calme à enterrer leurs morts disant, selon un correspondant de l’AFP, vouloir organiser à cette occasion une autre “journée de colère contre le régime”.

La journée de vendredi qui a été la plus sanglante depuis le début de la contestation du régime a continué de susciter les réactions indignées à travers le pays.

L’union des écrivains a crié son indignation pour “le spectacle des morts” et en a rejeté la responsabilité sur les régimes tout en appelant les Yéménites à s’unir face à un “pouvoir qui a perdu toute légitimité”.

La même tonalité se retrouve dans un communiqué du patronat yéménite qui n’a que rarement pris ouvertement position sur les affaires publiques.

L’union des chambres de commerce et de l’industrie a dénoncé au passage le climat de “corruption et de népotisme qui ne favorise pas les affaires”.

______________________ 5 – AFP

Yémen: le sit-in de Sanaa maintenu malgré la répression qui a fait 52 morts

De Jamal AL-JABIRI

Les manifestants de l’Université à Sanaa se disaient samedi plus que jamais déterminés à maintenir leur sit-in en dépit de la répression sanglante de leur mouvement qui a fait 52 morts vendredi.

“Nous ne lâcherons pas jusqu’à la chute du boucher”, le président Ali Abdallah Saleh, ont scandé les manifestants qui ont reçu le renfort de milliers d’enseignants et d’enseignantes de la capitale, venus les rejoindre.

“Nous ne quitterons la place qu’après le départ de Saleh et de ses fils”, qui tiennent et dirigeant l’essentiel de l’appareil de sécurité du régime, ont aussi crié les manifestants.

Les tirs attribués par les manifestants aux partisans du régime ont fait 52 morts ce qui fait de la journée de vendredi la plus sanglante depuis le début de la contestation du président Saleh, fin janvier.

“Le bilan s’élève maintenant à 52 morts et 126 blessés, après le décès de plusieurs personnes atteintes par balles”, a indiqué un des médecins de l’hôpital de fortune installé près du lieu du sit-in.

Le dernier bilan de ces tirs, les plus meurtriers depuis le début de la contestation du régime fin janvier, communiqué vendredi soir de sources médicales, faisait état de 46 tués et de dizaines de blessés.

Des renforts de police ont été déployés sur place samedi.

Le président Saleh a regretté vendredi ces morts mais annoncé l’instauration de l’état d’urgence dans le pays et demandé que les manifestants évacuent la place de l’Université, au centre de Sanaa, symbole de leur mobilisation.

Peu après, le président américain Barack Obama l’a exhorté à autoriser le déroulement des manifestations. “Je condamne fermement les violences qui se sont produites aujourd’hui au Yémen”, a déclaré M. Obama dans un communiqué, et il a appelé “le président Saleh à tenir sa promesse d’autoriser les manifestations à se dérouler pacifiquement”.

Les Etats-Unis considèrent M. Saleh comme un allié dans la guerre contre Al-Qaïda qui est largement implanté dans le sud-ouest de ce pays pauvre où l’Etat contrôle mal les zones tribales.

L’opposition qui exige le départ de M. Saleh, au pouvoir depuis 32 ans, a qualifié les incidents de “massacre”, un thème qui a été largement repris samedi par les orateurs qui s’adressaient d’une tribune aux manifestants.

“De quel droit le boucher et terroriste Ali Abdallah Saleh se permet-il d’instaurer l’état d’urgence alors qu’il est devenu une personne recherchée pour avoir commis un massacre contre le peuple”, a clamé l’un des orateurs.

L’état d’urgence donne en théorie aux forces de l’ordre la latitude de réprimer les manifestations et aux autorités le pouvoir de restreindre les libertés publiques pour imposer l’ordre.

Les manifestants ont indiqué avoir pris la décision de “ne pas enterrer les martyrs du vendredi sanglants jusqu’à la chute du régime”.

A Aden, ville du sud à la pointe de la contestation du régime, quatre personnes ont été blessées, dont l’une par balle, lorsque des policiers et des soldats ont tiré samedi sur des manifestants tenant une barricade dans le quartier de Moalla à Aden, ont rapporté des témoins.

Les forces de l’ordre cherchaient apparemment à démanteler la barricade en place depuis deux semaines mais n’ont pas réussi à le faire, selon ces témoins.

L’un des manifestants a été touché par balle et les trois autres par des tirs de grenades lacrymogènes, selon ces mêmes témoins qui indiquent que des manifestants se sont ensuite dirigés vers un poste de police avec l’intention de le brûler.


_____________________ 4 – DNA

Au Yémen, l’embrasement

EMBRASEMENT AU YÉMEN

Les violences les plus meurtrières au Yémen depuis le début de la contestation ont fait au moins 41 morts hier à Sanaa. Le président Ali Abdallah Saleh a annoncé l’instauration de l’état d’urgence et demandé que les manifestants évacuent la place de l’Université, au centre de Sanaa, symbole de leur mobilisation.

Des partisans du président auraient tiré sur la foule depuis les toits d’habitations proches de la place de l’Université ; il y aurait plus de 200 blessés. (…)

________________ 3 – Romandie News avec AFP

le président proclame l’état d’urgence

Le président yéménite Ali Abdallah Saleh a décrété vendredi l’état d’urgence, après la mort de plus de 41 personnes tuées par des tirs contre des manifestants opposés au régime à Sanaa.

“Le conseil de la défense nationale proclame l’état d’urgence dans le pays”, a annoncé M. Saleh, qui préside cette instance, aux journalistes.

Cette mesure intervient après des tirs de partisans du régime contre une manifestation à Sanaa réclamant le départ de M. Saleh, au pouvoir depuis 32 ans.

Plus de 41 personnes ont été tuées et plus de 200 blessées, selon des sources médicales. Vendredi a été la journée la plus sanglante depuis le début fin janvier de la contestation contre le président Saleh

________________ 2 – Le Quotidien du Peuple avec XINHUA

Le Yémen reporte la réunion des donateurs de Riyad tandis que les manifestations s’amplifient

Le gouvernement yéménite a proposé mercredi de reporter une conférence ministérielle prévue avec un groupe de pays donateurs, connus sous le nom de forum des « Amis du Yémen », réunion qui devait avoir lieu en fin de ce mois-ci à Riyad, a rapporté l’agence de presse officielle Saba.

« Le Yémen a proposé de reporter la réunion prochaine du groupe afin de faciliter sa coordination et sa préparation, et il annoncera une nouvelle date sous peu », rapporte Saba.

Cette proposition a été présentée par le ministre yéménite des Affaires étrangères Abou Bakr al-Qirbi lors d’une rencontre avec les ambassadeurs de Chine, de Russie, des États-Unis, de l’ Union européenne, ainsi que le représentant au Yémen du Programme des Nations unies pour le développement (PNUD).

La réunion envisagée doit faire suite à la Conférence de Londres qui s’est tenue en janvier 2010, et au cours de laquelle a été créé ce forum visant à aider au maintien de la stabilité au Yémen et à soutenir son gouvernement dans la lutte contre la recrudescence du mouvement Al-Qaïda dans la péninsule Arabique ( Aqap).

Le Yémen est le théâtre depuis la mi-février de manifestations, en pleine escalade, réclamant le départ du président Ali Abdallah Saleh au pouvoir depuis 33 ans.

M. Saleh a promis auparavant qu’il ne briguerait pas de nouveau mandat et ne transmettrait pas le pouvoir à son fils, s’engageant à préparer un transfert du pouvoir au Parlement d’ici la fin de l’année, et appelant l’opposition à revenir au dialogue.

________________________ 1 – L’Express avec Reuters

18/03 Au moins 84 blessés dans des affrontements au Yémen

Mohamed Ghobari, Henri-Pierre André et Bertrand Boucey
pour le service français

Les forces de sécurité yéménites ont tiré à balles réelles et utilisé des grenades lacrymogènes jeudi contre des manifestants exigeant le départ du président Ali Abdallah Saleh, faisant au moins 84 blessés, rapportent des opposants.

Des manifestants ont fait état de 80 blessés à Taïz, dans le sud du Yémen, tandis que quatre autres personnes ont été touchées à Sanaa, la capitale, lorsque la police a ouvert le feu et lancé des grenades lacrymogènes.

Mercredi, 150 personnes ont déjà été blessées à Houdaïda, sur la mer Rouge, lors d’une intervention similaire des forces de sécurité contre un rassemblement anti-Saleh.

Le président yéménite, au pouvoir depuis 32 ans, est confronté depuis des semaines à un mouvement de contestation inspiré des soulèvements populaires tunisien et égyptien.

Opposants et partisans du chef de l’Etat organisent régulièrement des rassemblements distincts et semblent recourir de plus en plus fréquemment à la violence.

Des opposants assurent toutefois que les dernières manifestations hostiles au pouvoir en place n’ont donné lieu à aucun débordement de la part des protestataires.

Les Etats-Unis soutiennent Ali Abdallah Saleh dans sa lutte contre la présence sur le sol yéménite de la branche d’Al Qaïda dans la péninsule arabique (Aqpa).

L’administration américaine a cependant condamné les violences entre partisans et adversaires du président yéménite et elle a défendu le droit à manifester pacifiquement. Elle insiste en outre sur la nécessité d’un dialogue politique pour résoudre la crise actuelle.

D’après un site internet gouvernemental, trois rebelles soupçonnés de liens avec Al Qaïda ont été tués jeudi dans une attaque contre un barrage de militaires dans la province de Marib.