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18/10/05 (B320) La Police suédoise arrête le Chef d’Etat Major de la Police somalienne. (Info lecteur)

La police suédoise de Lund (Suède) vient de procéder à l’arrestation, ce lundi matin vers 0h30, dans l’hôtel où il résidait du Chef d´Etat Major de la

Police de la somalie : le Géneral de division Jen Cabdi Qeybdiid.


Journal Aftonbladet publié ce lundi matin en Suède

Les auteurs de Génocide ne seront bientôt plus à l’abri nulle part !

Ce dernier est accusé de génocide contre le Peuple somalien entre 19991 et 1995.

C´est la simple plainte déposée hier devant la police d’un habitant de la
deuxième ville de Suéde, Göteborg, qui est à l’origine de l’arrestation du Général.

Le géneral Jen Cabdi Qeybdiid était arrivé en Suéde, à Lund, il y a trois jours

pour participer à une conférense de l´Afrique de l´Est.

Selon le Procureur suédois, il était recherché par Interpol depuis 1996.



Je pense que je serai le premier á déposer un plainte pour genocide contre
IOG et ses sbires.

18/10/05 (B320) L’attitude du MRD et de DAF dans l’affaire du procès sont incompréhensibles et inacceptables. Nous avons été floués ! (Lecteur)

Tout d’abord, je tiens à vous assurer de mon soutien.



Ensuite, laissez moi vous faire part de mon sentiment de honte vis à vis de
DAF et du MRD.

Oui, j’ai honte de cet incroyable revirement et surtout de ce lachage.

Leur comportement est tellement incompréhensible que je ne trouve plus de
mot pour le définir.

Faut croire que la bétise humaine n’a pas de limite.

Qu’est ce qui est demandé à DAF dans cette affaire si ce n’est de combattre
le système d’IOG et ainsi d’apporter son soutien au peuple Djiboutien ?

Comment se fait-il que quelqu’un sur lequel misait pas mal de Djiboutiens se
débine ainsi et sans explications ?

A quoi donc rimaient toutes ces manifestations à BRUXELLES??????????????

J’y ai moi même participé.

De la poudre aux yeux, hélas

En tout cas la Communauté Djiboutienne de BELGIQUE sait à quoi s’en tenir
maintenant.

Ce qui définit un homme politique, c’est sa capacité à faire face à ses responsabilités.

DAF et le MRD nous ont prouvé le contraire.

Je ne peux pas croire que ce monsieur va continuer à se balader dans les

rues de Bruxelles alors qu’un Procès dont les conséquences peuvent être

décisives se déroule à PARIS.

Je vous promets que si je le croise, je lui pose la question.

Pour conclure, je vous réitère mon soutien le plus absolue (c’est tout ce
que je peux faire à mon niveau) et vous souhaite bonne chance.

A défaut d’opposition(a part les temoins que vous avez cités) claire nous
comptons sur vous.

Le jour viendra…….



Un lecteur floué de BRUXELLES



18/10/05 (B320) LDH Toulon : il y a dix ans, le juge Bernard Borrel disparaissait.

lundi 3 octobre 2005

Bernard Borrel, magistrat français, a été assassiné le 19 octobre 1995 à Djibouti ; par crainte de perdre une base militaire française, tout a été tenté pour maquiller ce crime en suicide ; depuis 10 ans, pressions et manipulations se sont multipliées pour faire obstacle à la vérité ; seuls le courage et la détermination d’Elisabeth Borrel ainsi que les soutiens reçus ont évité que ce dossier ne soit définitivement enterré.

A l’initiative d’ Elisabeth Borrel, de sa famille et du syndicat de la magistrature, une conférence de presse, précédée de la projection d’un film réalisé par Canal plus et suivie d’un débat, aura lieu le 19 octobre 2005.

 

L’ÉNIGME BORREL
par Gérard Davet, Le Monde du 3 février 2005

Suicide ou assassinat ? La mort d’un juge français, en 1995, à Djibouti, garde sa part de mystère et pèse sur les relations entre ce pays et la France

Un rire nerveux ponctue ses phrases, mais il ne faut guère s’y fier : Elisabeth Borrel, 47 ans, n’a plus le coeur à rire. Le temps lui manque. Elle lutte contre un cancer, et tente d’élever seule ses deux fils, âgés de 17 et 14 ans. Simple juge d’instance toulousaine, à ses heures perdues, elle guerroie contre deux Etats, la France et la République de Djibouti, bien décidée à faire admettre à tous que son mari, Bernard Borrel, magistrat détaché à Djibouti en 1994, est mort assassiné le 18 octobre 1995.

« Assassiné », répète-t-elle, et non, comme l’indique la thèse officielle, « suicidé », à 80 km de Djibouti, au pied d’une falaise, en s’immolant par le feu. « J’irai jusqu’au bout, assure Mme Borrel. On m’a enlevé mon mari, mon pays, mon métier. Il ne me reste plus rien. On s’aimait, on aimait la justice. Bernard valait bien mieux que tous ceux qui l’ont utilisé. Et maintenant, je veux la vérité. Pas une vérité relative, une vérité absolue… »

La recherche de cette « vérité absolue » vire aujourd’hui à l’affaire d’Etat sur fond de crise diplomatique. Pour avoir consacré un dossier à l’histoire du juge Borrel, Radio France internationale (RFI) a vu ses émissions interrompues à Djibouti le 14 janvier. Six coopérants français ont été expulsés dans la foulée par les autorités locales, irritées par des articles de presse parus sur ce sujet. A Paris, l’Elysée ne cache plus ses inquiétudes, car 12 000 Français vivent à Djibouti ; 2 700 soldats de la plus grande base militaire française en Afrique y sont également casernés. Au-delà, une crise avec Djibouti compliquerait les relations, déjà difficiles, entre la France et le continent noir. Le dossier ivoirien est au point mort, l’Angola fait des misères à Total depuis l’affaire Falcone, et le Quai d’Orsay s’attend à ce que le Rwanda réagisse fortement aux conclusions du juge Jean-Louis Bruguière, chargé d’enquêter sur la responsabilité de Paul Kagamé (actuel chef de l’Etat) dans l’attentat du 6 avril 1994, contre l’avion de l’ancien président rwandais Juvénal Habyarimana.

En avril 2004, Jacques Chirac avait déjà dû se fendre d’un appel téléphonique à Ismaël Omar Guelleh, son homologue djiboutien, afin de le rassurer sur les intentions françaises. Mais comment lui faire comprendre que les juges d’instruction, en France, oeuvrent en toute indépendance ? « Le mensonge s’installe, c’est une manipulation de l’opinion, s’exclame Me Francis Szpiner, l’avocat de la République djiboutienne. Mme Borrel voudrait la vérité sur un homme courageux tué par la raison d’Etat. Mais, à ce jour, je ne sais toujours pas si le magistrat a été tué ou s’il s’est suicidé. »

A quelques semaines de l’élection présidentielle, prévue en avril, le président Guelleh ne supporte plus les mises en cause répétées de son administration. Il a très mal vécu le fait que la chambre de l’instruction de la cour d’appel de Versailles ordonne, le 10 janvier, l’audition du chef des services secrets de son pays, Hassan Saïd, dans une affaire connexe de subornation de témoins. M. Guelleh avait très mal compris, également, la position de la juge Sophie Clément, chargée du dossier Borrel. Dans un courrier du 17 septembre 2004, elle expliquait que le défunt avait été en relation avec son collègue français Roger Le Loire, chargé d’enquêter sur l’attentat du Café de Paris, en 1990 (1 mort, 14 blessés). « Il a été retrouvé dans les documents de M. Borrel copie d’une commission rogatoire internationale délivrée par M. Le Loire et annotée de la main de Bernard Borrel, écrivait-elle. […] Or les policiers chargés de l’enquête sur le Café de Paris ont mis au jour l’hypothèse d’une manipulation de l’enquête par les services spéciaux djiboutiens dirigés [à l’époque] par Ismaël Omar Guelleh. »

La juge Sophie Clément s’appuyait en outre sur un document de la DGSE, déclassifié, daté du 21 janvier 2000, qui faisait état des déclarations de deux témoins djiboutiens ayant révélé que « le clan de l’actuel président de la République de Djibouti aurait commandité l’assassinat du juge Borrel ». Pour Mme Borrel et ses conseils, Me Laurent de Caunes et Olivier Morice, il ne faisait guère de doute, depuis longtemps, que cette affaire était directement liée à celle du Café de Paris. La juge d’instruction, à son tour, a donc suivi cette piste. D’où l’inquiétude des autorités françaises… Le ministère des affaires étrangères a dû publier, le 28 janvier, un communiqué alambiqué dans lequel son porte-parole, Hervé Ladsous, affirme que « rien ne permet de conclure à la mise en cause des autorités djiboutiennes » dans l’enquête sur la mort de M. Borrel. Il déclare également qu’une copie du dossier pénal sera transmise à la justice de ce pays. Cette même transmission, réclamée par Djibouti, que la juge Clément avait pourtant déclarée « inopportune » le 13 septembre 2004. Me de Caunes voit là « une tentative scandaleuse d’immixtion du pouvoir exécutif dans l’action judiciaire ».

Elisabeth Borrel a pris l’habitude d’être ainsi confrontée à la raison d’Etat. Elle a tout connu, en dix ans de combat : les courriers anonymes, avec un briquet glissé dans l’enveloppe, pour rappeler les circonstances de la mort atroce de son mari, les tracasseries administratives, les suspicions de toutes sortes. Rien ne l’avait préparée à cela. Sa vie, elle la voyait plutôt comme celle d’un couple de magistrats, catholiques fervents, entre code pénal et éducation des enfants. Elle rencontre Bernard Borrel en 1982, à Privas, dans l’Ardèche, où elle effectue son premier stage de magistrate. Ils se marient en 1985. M. Borrel est muté à Lisieux (Calvados), où il devient procureur de la République. Elisabeth Borrel est juge d’application des peines à Caen. On lui propose de partir comme magistrat coopérant à Djibouti. Le couple hésite. Et puis, un jour, Elisabeth Borrel est prise en otage au centre de détention de Caen. Un détenu la menace avec un couteau. « Tous les détenus criaient « Plante-la ! », se souvient-elle. Le directeur de la prison a réussi à neutraliser mon agresseur devant la dernière porte. » Cette fois, c’est décidé, le couple part à Djibouti.

A leur arrivée, en avril 1994, ils déchantent : « Nous avons été choqués par la misère, il y avait des lépreux. Et puis nous n’étions pas des coopérants professionnels, comme beaucoup de Français qui vivent comme cela toute leur vie, en profitant de l’argent français. » Mme Borrel ne travaille plus, elle s’occupe du club de peinture sur porcelaine, fréquente les épouses de militaires. Son mari, lui, se rend chaque matin au bureau, où il conseille le ministre djiboutien de la justice. L’après-midi, c’est la plage, avec les deux enfants. Il n’y a pas de cinéma à Djibouti, la population, miséreuse, est musulmane et ne cesse de mâcher du khat, une substance hallucinogène. Difficile, dans ces conditions, de s’intégrer.

« C’est un beau pays, dit encore Mme Borrel, mais complètement pourri. » Les relations de M. Borrel avec son ministre de tutelle se tendent. Il perd de son enthousiasme. Puis il apprend le suicide, en France, d’un ami magistrat. « Il n’a pas compris, raconte Mme Borrel. Il me disait : « Comment peut-on se suicider quand on a deux enfants ? » A la suite de ce décès, il a fait un zona. »

Le 17 octobre 1995, les époux ont une discussion. « Il était très angoissé, explique Mme Borrel. Il m’a dit : « Il faudrait que je te parle, mais je ne peux pas. » Il a ajouté : « Je ne suis pas digne de toi. » Je me reproche de ne pas avoir su le faire parler. A aucun moment, nous n’avions songé à nous séparer. » Le 18 octobre 1995, Bernard Borrel est aperçu une dernière fois, à une station-service, où il se fait servir six litres d’essence. Un homme, de type européen, serait à ses côtés. La veille, il avait solli- cité un découvert bancaire auprès de la BNP, à Lisieux, et retiré une somme de 1 450 000 francs djiboutiens (7 600 euros). Le 19 octobre 1995, son corps est retrouvé, en partie calciné, au pied d’une falaise. « Quand on m’a annoncé son décès, je me suis dit que c’était la pire des morts, assure Elisabeth Borrel. Mais j’ai cru à son suicide. C’était simple de me manipuler, tant j’étais effondrée. »

Deux lettres sont retrouvées dans la sacoche du magistrat. Dans la première, il signale à sa femme le retrait de la somme d’argent. Dans une deuxième, intitulée « Ce que je dois », il détaille le nom de ses créanciers et explique comment vendre au mieux sa collection de médailles militaires. « Il serait revenu, je n’aurais rien su de tout cela, puisque ces courriers étaient dans sa sacoche », dit Mme Borrel. Celle-ci quitte rapidement Djibouti pour la France. « Tous les gens qui m’entouraient alors ont disparu, se souvient-elle. J’ai senti qu’il y avait des choses que l’on voulait me cacher. »

Une information judiciaire est ouverte, le 6 février 1996, à Toulouse. Une autopsie est ordonnée, puis pratiquée le 15 février 1996. Elle conclut à l’absence de lésions suspectes. Mme Borrel fait pratiquer elle-même un examen médico-légal privé. Selon cette étude, les brûlures ne seraient pas caractéristiques d’une autoaspersion. Elle insiste, écrit au juge, au procureur. Tant et si bien que le dossier est délocalisé à Paris, où la brigade criminelle est saisie.

LES enquêteurs se rendent à Djibouti, entendent une cinquantaine de personnes. Un travail méticuleux, professionnel. Et les policiers acquièrent une conviction : le juge n’a pas été assassiné, il s’est suicidé. Dans un rapport de synthèse daté du 21 septembre 1999, les policiers détaillent leur enquête. Ils s’interrogent, ainsi, sur le fait que Mme Borrel ait, de « façon étrange », dissimulé aux autorités djiboutiennes être en possession de la somme d’argent laissée par son mari, et de sa lettre. « Ce n’est pas logique, s’emporte aujourd’hui Mme Borrel. Pourquoi aurais-je voulu dissimuler quoi que ce soit, alors que je croyais au suicide à l’époque ? »

Les enquêteurs pointent également la topographie des lieux où a été découvert le cadavre. Un lieu qui rend, selon eux, impossible tout transport du corps par une tierce personne. Ils exhument des accusations de pédophilie contre M. Borrel, avant de les réfuter, faute de preuves. Enfin, ils retrouvent un psychiatre militaire, Régis Pouech, ami du couple Borrel, qui relate la « souffrance secrète » du magistrat, sa « détresse ». Ils reconstituent, aussi, la visite de Tania Piquionne, la filleule de Bernard Borrel, à l’été 1995, à Djibouti. Cette jeune fille, âgée de 13 ans à l’époque, est la fille de Jeanne Piquionne, une métisse dont s’était épris Bernard Borrel avant de renoncer à cette relation, poussé par sa mère. Tania serait-elle la propre fille de Bernard Borrel ? Jeanne Piquionne dément. « Cette histoire était claire, j’étais au courant, confie Mme Borrel. Et je suis prête à confronter l’ADN de mes enfants à celui de Tania. »

Au final, les policiers ne trouvent pas un seul mobile de nature à accréditer la thèse de l’homicide. Ils minimisent également le rôle joué par M. Borrel dans le dossier Café de Paris. Ils recommandent, pourtant, une nouvelle expertise médico-légale. Pendant de longs mois, le dossier se tasse. Les autorités sont rassurées par l’enquête des policiers. Mais Mme Borrel insiste. Et le 8 novembre 2002 elle tient sa revanche, des experts concluent un premier rapport en ces termes : « L’hypothèse d’une autoagression à l’origine du décès est difficilement plausible. Dès lors, l’hypothèse de l’intervention d’un ou de plusieurs tiers peut être envisagée. » Le 30 juillet 2003, après la troisième autopsie du corps, les experts estiment leur opinion renforcée par des « éléments étayant l’hypothèse de la survenue d’un traumatisme crânien, notamment à la suite d’un coup porté par un instrument vulnérant » et par « la constatation d’une fracture du cubitus gauche, pouvant évoquer une lésion de défense face au danger représenté par un agresseur ».

Le professeur Jean-Claude Martin établit que l’essence retrouvée sur le cadavre provenait probablement de deux récipients différents : un détail essentiel puisque, dans l’enquête initiale, il avait été établi que M. Borrel avait versé l’essence dans un seul bidon. « Tous les éléments du dossier viennent aujourd’hui expliquer que j’avais raison. On a assassiné mon mari », constate Mme Borrel. « Cette femme n’est pas corruptible, on ne l’achètera pas avec de l’argent, déclare Me Morice. Si le dossier ne va pas jusqu’au bout, c’est que l’Etat français l’aura étouffé. »

Gérard Davet

18/10/05 (B320) Le Nouvel Obs /AP : La veuve du juge Borrel demande la levée du secret défense .

AP | 17.10.05 | 09:12



PARIS (AP) — Elisabeth Borrel, veuve du magistrat Bernard Borrel retrouvé mort en 1995 à Djibouti, demande à l’Etat français de lever le secret défense dans un entretien publié lundi dans le quotidien « Libération ».

« Le 19 octobre, c’est le dixième anniversaire de l’assassinat de mon mari et l’on ne sait toujours pas -avec certitude- qui l’a tué et pourquoi », déclare-t-elle.

« Je demande que l’Etat français remette à la juge (Sophie Clément) la totalité des documents émanant de ses services et pouvant avoir un lien avec ce crime », poursuit-elle.

Bernard Borrel a été retrouvé mort et brûlé le 19 octobre 1995 face à l’Ile du Diable à Djibouti. Elisabeth Borrel soutient que son mari a été assassiné et accuse le président Ismaïl Omar Guelleh d’être le commanditaire du crime.

Cette version est fermement contestée par Djibouti, où des premières investigations entreprises après la découverte du corps du magistrat ont conclu à son suicide. Une thèse appuyée par les premiers juges d’instruction français, mais mise à mal par de nouvelles expertises médico-légales qui concluent au meurtre de M. Borrel.

Dans l’entretien accordé à « Libération », Mme Borrel rappelle que « des témoins mettent en avant l’implication de personnalités djiboutiennes autour de l’actuel président de la république de Djibouti, Ismaïl Omar Guelleh, reçu chaleureusement par Jacques Chirac en mai dernier ».

Ismaïl Omar Guelleh, convoqué le 18 mai comme témoin par la juge d’instruction parisienne en charge de l’enquête sur le décès du magistrat, ne s’est pas présenté au cabinet de la magistrate au Palais de justice de Paris. Il avait été reçu le 17 mai par le président Chirac à l’Elysée, avant de quitter la France. AP

18/10/05 (B320) Libération : La veuve du magistrat, soutenue par des personnalités, veut la levée du secret défense.

Dix ans après, l’appel pour la vérité sur la mort du juge Borrel
Par Brigitte VITAL-DURAND

lundi 17 octobre 2005 (Liberation – 06:00)


Balthazar Garzon, magistrat, Claude Chabrol, cinéaste, Louis Besson, Corinne Lepage, Anicet Le Pors, anciens ministres. Mais aussi Daniel Cohn-Bendit, Catherine Trautmann, Anne d’Ornano, Nicole Borvo. Et encore des avocats, intellectuels, magistrats, représentants d’organisations. Ils sont une cinquantaine de personnalités à signer «l’appel pour la vérité sur l’assassinat de Bernard Borrel» lancé par sa veuve, Elisabeth Borrel, avec l’appui de ses avocats Olivier Morice et Laurent de Caunes, ainsi que du Syndicat de la magistrature (SM). Mercredi, un débat est organisé à la Maison de l’Amérique latine, à Paris, avant que la juge d’instruction Sophie Clément reçoive Elisabeth Borrel et ses fils.

Qu’allez-vous demander à la juge ?

Le 19 octobre, c’est le dixième anniversaire de l’assassinat de mon mari, et l’on ne sait toujours pas ­ avec certitude ­ qui l’a tué et pourquoi. Je demande que l’Etat français remette à la juge la totalité des documents émanant de ses services et pouvant avoir un lien avec ce crime. Je veux que l’on lève le «secret défense» imposé sur le dossier de Bernard.

Qu’allait-il faire à Djibouti ?

J’étais juge d’application des peines à Caen, Bernard procureur à Lisieux. On ne voyait pas nos enfants grandir. Il a eu cette proposition d’aller à Djibouti. Il était conseiller du ministre de la Justice. C’est lui qui a fait adopter en mai 1995 le nouveau code pénal qui a supprimé la Cour de sûreté de l’Etat, la peine de mort, et qui a pénalisé l’excision..

Saviez-vous si votre mari travaillait sur des dossiers plus secrets ?

Tout le monde parlait de l’attentat du Café de Paris, en 1990 à Djibouti. Ce dossier gênait les relations entre la France et Djibouti. Au moment de sa mort, Bernard travaillait, notamment à la demande de la France, pour que l’affaire soit jugée à Paris.

Avait-il conscience d’un danger ?

Il ne m’en a fait part à aucun moment. Même quand on invitait le juge Roger Leloire, qui enquêtait sur l’attentat, et qu’il venait avec trois gardes du corps. Bernard n’a jamais demandé de protection.

Que s’est-il passé la veille de sa mort ?

C’était le 17. Il n’arrivait pas à dormir, et il m’a dit des choses que je n’ai pas comprises: «Il ne faudra jamais qu’on se sépare», «je ne fais pas assez de choses avec toi et les enfants», alors que nous menions une vie qu’on n’avait jamais connue. Ensemble, tous les après-midi. Il était très angoissé. Il m’a dit : «Il faudrait que je te parle, mais je ne peux pas.»

Vous commencez, en 2005, à entrevoir ce qu’il voulait dire ?

Aujourd’hui, je pense que, soit il était habilité à un certain niveau de secret défense, soit il avait mis la main sur un document classifié, dont il ne pouvait pas me parler. Le 18 au matin, il est parti travailler normalement. On a déjeuné tard, je l’ai senti très soucieux. Comme avant les assises, il marchait de long en large. L’après-midi, je l’ai trouvé un peu apaisé. Comme s’il avait pris une décision. Laquelle, je n’en sais rien. Il m’a embrassée comme on n’embrasse pas quelqu’un qu’on va revoir deux heures après. Je ne l’ai pas revu.

Et le 19 ?

Au matin, le consul est arrivé et m’a dit que mon mari s’était immolé par le feu dans le désert, et il est reparti. J’ai quitté Djibouti, le dimanche, avec la promesse d’une autopsie. J’apprendrai bien plus tard qu’il n’y en a pas eu, et que les premières radiographies du corps ont disparu.

Et votre retour à Toulouse ?

Le corps a été rapatrié le 3 novembre. Le 4, après les obsèques, on s’est tous retrouvés à la maison. Il y avait Yvette Roudy, qui m’a dit : «Comment vous pouvez croire à ça ?» Mon père, ma mère, sa mère, les collègues. Pour tous, il était impossible qu’il se soit suicidé.

Fin novembre, vous faites une demande d’autopsie.

Je reprends mes fonctions début janvier 1996 à Toulouse. Je n’ai eu les résultats qu’en février 1997. Pendant ce temps ­ je l’ai appris tardivement ­, des bruits ont couru au tribunal sur ma folie. On me disait «égarée par la douleur», «hystérique». L’autopsie, je n’en ai jamais vu une aussi courte : 4 pages ! Pas de suie dans les bronches, mais il avait quand même pu mourir par le feu !

Vous déposez plainte pour assassinat en mars 1997. En juillet, vous demandez une contre-expertise : l’absence de suie dans les bronches démontrerait que votre mari était mort lorsqu’il a brûlé.

C’était un immense soulagement. On nous avait dit que Bernard avait agonisé en brûlant au milieu du désert. C’était affreux à imaginer.

Fin 1997, vous obtenez le transfert à Paris du dossier. Les juges Moracchini et Leloire, qui ont défendu la thèse officielle, seront dessaisis en 2000.

Une grande victoire ! Entre-temps, la section antiterroriste de la brigade criminelle de Paris, cherchant un mobile au suicide, avait accusé mon mari d’avoir une enfant adultérine à Djibouti, une maîtresse, des relations avec des pédophiles, et de se droguer. Tout cela était faux. Un troisième juge est nommé, Jean-Baptiste Parlos. A ma demande, il fait réaliser des expertises sur le corps exhumé. Une radio montre qu’il a reçu un violent coup au crâne et à l’avant-bras, une blessure de défense. D’autres experts analysent les lieux de sa mort, et parlent d’une mise en scène.

C’était en juin 2003. Vous avez des preuves de l’assassinat et vous butez sur le secret défense.

Des témoins mettent en avant l’implication de personnalités djiboutiennes autour de l’actuel président de la République de Djibouti, Ismaël Omar Guelleh, reçu chaleureusement par Jacques Chirac en mai dernier.

18/10/05 (B320) Reuters : Appel collectif pour la « vérité » dans l’affaire Bernard Borrel.

17/10/2005 – 14h52

PARIS (Reuters) – Une cinquantaine de personnalités ont rendu public cette semaine un appel au gouvernement français pour qu’il déclassifie des documents « secret-défense » relatifs à la mort à Djibouti du juge Bernard Borrel en octobre 1995.

« L’Etat français doit désormais lever lui-même les obstacles qui jalonnent la procédure, notamment en remettant au juge la totalité des documents émanant des services de l’Etat et pouvant avoir un lien avec l’assassinat », écrivent-elles.

Parmi les signataires figurent le député PS Arnaud Montebourg, le député des Verts Noël Mamère, l’UDF François d’Aubert, des avocats, des magistrats français et étrangers, dont l’Espagnol Balthazar Garzon, et des intellectuels comme le cinéaste Claude Chabrol ou l’écrivain Gilles Perrault.

Le corps carbonisé du juge Borrel, coopérant français à Djibouti et conseiller technique auprès du ministère de la Justice djiboutien, a été retrouvé le 19 octobre 1995 à 80 kilomètres de la capitale.

L’hypothèse du suicide a été initialement privilégiée mais la justice s’est ensuite orientée vers la piste de l’assassinat, après des expertises médico-légales.

Des témoignages d’opposants djiboutiens, dont la validité est contestée par Djibouti, laissent penser que le chef d’Etat actuel du pays, Ismaël Omar Guelleh, pourrait être impliqué.

Début 2005, le gouvernement a livré à la juge Sophie Clément deux feuillets de documents secrets sur l’affaire, tout en gardant la confidentialité sur une quarantaine de feuillets.

Le dossier Borrel est important sur le plan diplomatique, Djibouti accueillant la principale base militaire française en Afrique. « Par crainte de perdre une base militaire française et une capacité d’intervention dans une zone sensible au plan géopolitique, tout a été tenté pour maquiller ce crime en suicide », affirment les signataires de l’appel.

17/10/05 (B320) A lire sur le site du GED, un article sur le procès du 18 octobre.

Lien : http://www.gouv-exil.org/13_courrier(2)(2)/courB441_01.htm

En conclusion, il ressort, d’après cet article fort intéressant, que nous ne commenterons pas, que le Général Zakaria pourrait rapidement devenir l’accusé et non la partie civile …

Ne pouvant prendre position alors que nous sommes directement concernés par cette affaire, nous laissons, bien entendu, au GED, la paternité de la thèse qu’il avance.

18/10/05 (B320)LIBERATION : Liste des premiers signataires, personnalités ayant signé l’appel pour la vérité sur l’assassinat du juge Borrel.

_______________________ Note de l’ARDHD
Guelleh ne pourra plus parler d’un lobby puissant qui attaque son régime dictatorial. Bientôt ce sera la France entière qui réclamera la vérité sur l’assassinat du Juge Borrel.
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lundi 17 octobre 2005 (Liberation.fr – 07:34)


PS
Arnaud Montebourg, député.
Yvette Roudy, ancienne ministre, ancienne sénatrice, ancienne maire de Lisieux.
Françoise Seligmann, résistante, journaliste et ancienne sénatrice.
Béatrice Patrie, députée européenne.
Valérie Picquet, attachée parlementaire.
François Colcombet, ancien député, maire.
Louis Besson, ancien ministre, maire de Chambéry.
Bernadette Laclais, vice-présidente de la région Rhône-Alpes, première adjointe au maire de Chambéry.
Catherine Trautmann, ancienne ministre, députée européenne.

PCF
Nicole Borvo, sénatrice.
Henri Malberg, commission justice PCF.
Catherine Vieu-Charier, commission justice PCF.

Verts
Noël Mamère, député.
Yves Cochet, député.
Daniel Cohn-Bendit, député européen.

Droite/Centre
Corinne Lepage, ancienne ministre de l’Environnement.
François d’Aubert, ancien ministre, maire de Laval.
Anne D’Ornano, présidente du Conseil général du Calvados.

Monde associatif
Aida Chouk, SM, présidente.
Pierre Conil, Syndicat des avocats de France, président.
Jean Pierre Dubois (SM), LDH, président.
Odile Biyidi-Awala, SURVIE, présidente.
Evelyne Sire Marin, Copernic, vice-présidente.
Attac France

Journalistes
Guy Konopnicki, «Marianne».

Avocats
Michel Benichou, ancien bâtonnier de Grenoble.
Me Dominique Noguères.
Me Antoine Comte.
Me Christian Charrière-Bournazel.
Me Tubiana, président d’honneur de la LDH.

Anciens magistrats
Jean-Pierre Cochard, avocat général honoraire à la Cour de cassation.
Raymond Exertier, ancien directeur ENM, ex Premier président de la cour d’appel de Toulouse.
Bernard Bacou, premier président honoraire (de la cour d’appel d’Aix en Provence).
Louis Joinet, premier avocat général honoraire à la Cour de cassation.

Magistrats en poste
Jean de Maillard
Didier Gallot
Hubert Dujardin, premier procureur adjoint TGI Evry.
Sabine Mariette, ancienne présidente du Syndicat de la magistrature et membre du Conseil supérieur de la magistrature.
Jean-Pierre Boucher, ancien président du SM.
Eric Halphen, magistrat en disponibilité, romancier.

Conseiller d’Etat
Anicet le Pors.

Europe
Balthazar Garzon, magistrat (Espagne).

Intellectuels, éditeurs, chercheurs
Claude Chabrol, cinéaste.
Jacques Georgel, professeur de droit constitutionnel, ancien recteur d’Académie.
Laurent Beccaria, éditeur (les arènes).
Gilles Perrault, romancier.
Giselle Harus Reividi, psychanalyste, directrice de recherches à l’Université Paris VII.
Thierry Jonquet, romancier.
Denis de la Patellière, cinéaste.
Claude Gauteur, historien du cinéma.