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12/10/2012 (Brève 036) Communiqué de SURVIE, sous la signature de son Président, à propos de la viste de François Hollande pour le sommet de la Francophonie. (Tribune publiée sur Mediapart)

11 octobre 2012 par Fabrice Tarrit

Tribune publiée sur Mediapart.

Après quelques atermoiements et une déclaration supposée offensive sur l’absence de démocratie en RDC destinée à atténuer d’éventuelles critiques, François Hollande se rendra samedi à Kinshasa pour participer au sommet de l’OIF. Avec pour enjeu, sous couvert de promotion de la langue française et des valeurs républicaines, l’affirmation de la domination économique, politique et militaire de la France vis à vis de ses « partenaires » africains.

En langue de bois, la langue la plus courante dans les enceintes diplomatiques, « dictateur » se dit « chef d’Etat élu au terme d’un scrutin entaché de quelques irrégularités », se compromettre avec des régimes corrompus et répressifs se défend par la volonté de « ne pas pratiquer la politique de la chaise vide ». « État en déliquescence et en proie à la violence » se dit « Etat fragile » ou, si l’on veut se montrer un peu plus offensif, « Etat où la situation de la démocratie et des droits de l’Homme est inacceptable ».

En acceptant de participer au sommet de l’Organisation Internationale de la Francophonie de Kinshasa, et donc de se rendre sur les terres de Joseph Kabila, l’un des pires dictateurs du continent, imposé par les armes, la répression des opposants et la violation des urnes (à l’exemple de la mascarade électorale de novembre 2011), le Président de la République semble cependant bien enterrer définitivement ses promesses d’en finir avec le système de la Françafrique. Ce ne sont pas sa petite déclaration sur l’état des droits de l’Homme en RDC et quelques aménagements cosmétiques affichés dans le programme du déplacement présidentiel (escales à Dakar, rencontre d’opposants congolais) qui atténueront le choc du symbole. Celui de voir une nouvelle fois un chef de l’Etat français s’afficher aux côtés d’un parterre de chefs d’Etat supposés unis par une langue en partage, quand le terreau commun d’un bon nombre d’entre eux est la corruption et l’oppression, dans le cadre d’un Sommet de l’organisation porte-étendard de l’influence française qu’est la Francophonie.

De simple agence de coopération culturelle et technique (ACCT), en 1970, l’Organisation internationale de la Francophonie s’est muée de sommet en sommet en enceinte politique, avec la nomination d’un secrétaire général, l’adoption d’une Charte et un élargissement constant à des pays comptant parfois très peu de locuteurs français mais qui voient un grand intérêt à intégrer l’amicale des chefs d’Etat francophones, espace de solidarité politique à défaut d’être un vrai outil d’échange culturel et linguistique.

Malgré l’adoption de textes sur la défense de la démocratie, à l’instar de la déclaration de Bamako de 2000, l’OIF a en effet servi tout au long de son existence à conforter des dictateurs en place, tenant ses sommets à Brazzaville ou à Ouagadougou, envoyant des délégations complaisantes « observer » certaines élections (160 missions sur une vingtaine d’années, dont bien peu ont nourri la chronique pour leur esprit critique, à l’exemple de la caution apportée en octobre 2011 à l’élection présidentielle au Cameroun) ou acceptant dans ses rangs des dictateurs anglophones isolés politiquement.

Parmi les volets moins connus de l’activité de l’OIF figure également la « prévention des conflits », consacrée par la déclaration de Saint-Boniface, adoptée par l’OIF en mai 2006. Présenté comme un secteur de plus en plus stratégique pour cette organisation lors d’un colloque de l’OIF en 2009 à l’IRIS, s’appuyant principalement sur des activités de formation, ce glissement militaire de la Francophonie fait surtout redouter un nouvel habillage multilatéral de l’interventionnisme militaire français, en supplément des cadres onusien, européen (Eufor) ou de dispositifs comme RECAMP.

Ce déplacement intervient dans un contexte d’accélération du positionnement de l’exécutif français sur le terrain des relations franco-africaines, avec pour point focal la crise au Mali, qui alimentera à n’en pas douter les échanges formels et informels entre la délégation française et les chefs d’Etat africains présents à Kinshasa. Il serait à cet égard intéressant de savoir si le Président de la République osera parler de « situation des droits de l’Homme inacceptable » dans un pays comme le Tchad, dont la France négocie le soutien militaire à une intervention au Mali.

François Hollande et son gouvernement auront donc réussi l’exploit de s’approprier en quelques mois seulement toutes les composantes diplomatiques, politiques, monétaires et militaires de la Françafrique. Le terrain économique avec la promotion des intérêts d’Areva auprès du président nigérien Issoufou, reçu 11 juin dernier. Le terrain politique et diplomatique, avec les déplacements de ministres français au Tchad et au Burkina Faso fin juillet et l’accueil à l’Elysée d’Ali Bongo, Alassane Ouattara et Blaise Compaoré en l’espace de deux mois. Le volet militaire, avec pour point d’orgue l’activisme français dans les couloirs de l’ONU à New York pour imposer une intervention militaire dans le Sahel pilotée par la France. Et bien sût le volet monétaire, avec la célébration à Paris des 40 ans du franc CFA le 5 octobre dernier.

Ne manquait plus qu’un sommet de l’OIF pour, le temps d’une petite photo de famille, d’un discours de circonstance sur les valeurs et les droits à défendre (il est toujours utile d’animer un peu les repas de famille) et de quelques échanges avec des associations et opposants, continuer d’apporter du crédit à une organisation supposée linguistique qui n’a toujours été qu’un outil d’influence.

En langue de bois diplomatique, il est certes plus convenable de dire « Francophonie » que « Françafrique ».

Fabrice Tarrit,
président de l’association Survie

24/05/2000 – M. GUELLEH serait furieux de l’annonce sur TF1 par Me MORICE de l’existence d’un rapport de la DGSE le mettant personnellement en cause dans plusieurs affaires criminelles.

Il aurait eu un entretien plutôt vif avec l’Ambassadeur de France pour lui signaler qu’il songeait à dénoncer les accords avec la France. Diplomate, l’Ambassadeur lui aurait répondu que les Autorités françaises étudiaient actuellement l’authenticité du document …
A notre avis la réponse devrait tarder à venir …… c’est une étude qui demande du temps surtout lorsque l’on n’a pas envie de répondre.

M. GUELLEH aurait fait part à son proche entourage de ses craintes compte-tenu de l’évolution des affaires criminelles à Djibouti. Il serait extrêmement inquiet sur les suites possibles et sur d’éventuelles mises en cause précises le concernant.

24/05/2000 – Monsieur DINI, toujours silencieux, attendrait des réponses ..

M. Ahmed DINI attendrait toujours de recevoir des réponses aux questions qu’il a posées lors des différents entretien avec M Guelleh et avec les responsables gouvernementaux. Il n’aurait toujours rien reçu. Il semblerait que M. Guelleh, comme à son habitude, continue à essayer de gagner du temps, se retranchant sur le temps que lui prend la Conférence pour la Paix en Somalie. Les djiboutiens peuvent attendre, ils passeront après tout le reste. Mais pendant combien de temps ?

Peut-être pas si longtemps que cela :

– parce que le blocus continue à être imposé aux populations du Nord,
– parce que les combattants du FRUD, face à ce qui semble être un lent enlisement, ne baissent pas les bras et ne rendent pas les armes,

– parce que l’opposition qui n’intervenait plus dans le débat afin de donner toutes ses chances au processus, pourrait estimer rapidement que le délai est maintenant dépassé …

24/05/2000 – Arrêt de la Cour Suprême de Djibouti, qui casse un jugement en vertus de nullités d’ordre public ? Pourquoi les enfants mineurs ne bénéficient-ils pas eux aussi de cette jurisprudence qui leur serait pourtant applicable ?

Cet arrêt concerne un adulte : pourquoi la jurisprudence n’est-elle pas applicable aux enfants dans une situation similaire ?

Arrêt transmis par Me Mohamed OMAR que nous félicitons
à cette occasion

RÉPUBLIQUE DE DJIBOUTI
UNITÉ – ÉGALITÉ – PAIX

COUR SUPRÊME

ASSEMBLÉE GÉNÉRALE

DOSSIER N° 96/99

ARRÊT N° 17/P/AG
DU 16 avril 2000
l’an deux mille et le seize avril,

La Cour suprême de Djibouti, statuant contradictoirement, en matière pénale et en audience publique où siégeaient, en formation restreinte prévue par l’ordonnance n° 81/069/PR/J du 21 mai 1981 portant dispositions transitoires et exceptionnelles prévues pour la composition de la Cour ;
Président : Madame K. ABEBA, Présidente de la Cour, .Rapporteur
Conseillers : Messieurs ABDOURAHMAN CHEICK et RACHID ABDI
Assisté de Monsieur SAID MAHAMOUD , greffier en chef de la Cour suprême
En présence de Monsieur ALI MOHAMED ABDOU, procureur général près la Cour Suprême ;

ENTRE
ABDOUL-GALIL CHAMSAN TABET, commerçant au quartier 1, demeurant à Djibouti
Demandeur,

ET

1) ALI TABET ALI, commerçant, .demeurant au Quartier 4,
2) Le Ministère Public
Défendeurs
OBJET DU LITIGE faux usage de faux, complicité, faux témoignage , dénonciation
calomnieuse,
DÉCISION ATTAQUÉE arrêt 62/99 du 30 juin 1999 rendu par la chambre des appels correctionnels

Ouï La présidente en son rapport ,
Vu le mémoire ampliatif déposé par le demandeur au pourvoi
VU le mémoire en réplique déposé par le défendeur.
ouï les réquisition du représentant du ministère public

Après en avoir délibéré conformément à la loi.
la cour suprême de Djibouti, en son Assemblée générale.

Considérant que la section d’examen préalable de la cour suprême, réunie en son audience du 26 décembre 1999, a déclaré recevable en la forme le pourvoi formulé par ABDOUL-GALIL CHAMSAN TABET, le 1er juillet 1999 contre l’arrêt n° 62/99 du 30 juin 1999 rendu par la chambre des appels correctionnels qui – infirmant le jugement de première instance attaqué n’a retenu la culpabilité pour faux et usage de faux, complicité, faux témoignage et dénonciation calomnieuse que contre
lui et DIRIE DARAR FARAH, et les a condamnés, sur l’action publique, à la peine de six mois d’emprisonnement ferme chacun et. sur les intérêts civils, à payer à la
partie civile ALI TABET ALI la somme de 500 000 FD à titre de dommages et intérêts ;
Considérant que, dans son mémoire ampliatif. le demandeur au pourvoi soutient – dans un premier moyen tiré de la dénaturation des éléments de la cause, mauvaise application de la loi – l’inexistence des infractions qui lui sont reprochées. puisqu’il a été mis hors de cause par l’ensemble des personnes entendues dans le cadre de l’enquête préliminaire ;

QUE, dans un second moyen tiré d’un défaut de motifs et de base légale, il fait grief à l’arrêt attaqué de ne pas avoir précisé Ies faits matériels qui auraient justifié son inculpation et l’application de la loi pénale à son encontre, ledit arrêt se contentant de renvoyer aux textes d’accusation sans aucune précision, ce qui caractériserait l’absence de motifs ;

QUE, dans un troisième moyen tiré de l’ absence totale de fondement de sa condamnation -il reproche à I’arrêt de la Cour d’appel de l’avoir condamné sans que les éléments constitutifs des infractions qui Iui sont reprochées ne soient rapportés ;

QUE, dans un quatrième moyen de cassation, il soulève la nullité de la procédure engagée contre lui pour violation des articles 64 et suivants, 347 du code de procédure pénale, pour aucun avis des dispositions des articles 65-2 et 65-4 du code de
procédure pénale n’avoir été donné à sa personne lors de sa garde à vue;
Considérant que. pour sa part. le défendeur au pourvoi sollicite l’irrecevabilité, et en tout cas le non fondement des pourvois formés par ABDOULCHAMSAN et DIRIE DARAR FARAH et leur rejet, et reconventionnellement, la condamnation de ces .derniers à lui payer la somme de 500 000 FD à titre de dommages et intérêts pour pourvois abusifs et frais irrépétibles et enfin subsidiairement au cas ou il sera procédé à la cassation de l’arrêt attaqué, de les condamner solidairement et conjointement à lui payer la somme de 28 500 000 FD à titre de dommages et intérêts pour toutes causes de procédures confondues, ;

Sur ce,

Considérant qu’il convient tout d’abord de préciser que seul ABDOUL-GALIL CHAMSAN TABET a formé le pourvoi dont la cour est saisie ;

Considérant que – avant d’analyser les trois premiers moyens soutenus par le demandeur au pourvoi, touchant le fond de la cause -il y a lieu d’examiner le quatrième moyen qui porte sur la régularité de la procédure objet du présent litige ;

Considérant qu’il ressort du jugement de première instance n° 512/98 du 17 mai 1998 -sanctionné par l’arrêt dont pourvoi -que le conseil du demandeur ABDOUL-GALIL CHAMSAN TABET soulève, dès la première instance, la nullité de la procédure engagée contre fui pour inobservations des dispositions légales sur la garde à vue ;

Qu’en omettant de statuer sur ce point, le premier juge, et par suite les juges d’appel, ont manqué à l’obligation qui leur est faite de répondre à toutes les demandes à eux présentées, tant par le requérant que par la défense ;

Que, partant l’arrêt attaqué encourt la cassation pour non réponse à conclusions ;

Qu’il échet, en application de l’ar1icle 3 de l’ordonnance portant création de la cour
Suprême, d’évoquer la cause au fond;

Considérant que l’article 66-1 alinéa 2 du code de procédure pénale sanctionne par la nullité du procès-verbal l’audition de la personne gardée à vue, Ie dépassement des délais fixés paf les articles 64 et 64-1 du même code ainsi que l’inobservation des dispositions de l’articte 65-5 de ce code qui fait obligation à tout officier de police judiciaire de mentionner -dûment consignés et émargés -les avis donnés à la personne gardée à vue en vertu de l’article 65 du code quant aux jour et heure auxquels a débuté sa garde à vue, de l’article 65-2 sur la possibilité de se faire examiner par un médecin, et de l’article 65-4 concernant la possibilité pour elle d’être assistée par un avocat, de son choix ou désigné d’office sur sa demande ;

Considérant qu’en l’espèce, la pièce de la procédure de l’enquête préliminaire diligentée par la brigade des quartiers n° 3 -4 -5 de la gendarmerie nationale -intitulée ” mesures de garde à vue de Mr. ABDOUL-GALIL CHAMSAN TABET ” et paraphée par ce dernier et par l’officier de police judiciaire – porte les mentions se rapportant à la date de l’arrestation, les heures d’audition, celles de repos et enfin celles de son transfèrement ;

Qu’aucune indication se rapportant aux possibilités qui lui sont offertes par les articles 65-2 et 65-4 du code de procédure pénale n’est consignée sur cette pièce, comme il se devait en vertu de l’article 65-5 de ce code ;

Que, dès lors, et compte tenu de l’inobservation ainsi relevée. les procès-verbaux d’audition de ABDOUL-GAliL CHAMSAN ,TABET seront déclarés nuls en application de l’article 66-1 du même code, entraînant la nullité de toute la procédure uItérieurement instruite à son égard, à savoir son inculpation pour faux et usage de faux. et dénonciation calomnieuse telle qu’elle ressort du procès-verbal d’interrogatoire de flagrant délit en date du 5 mai 1998, établi par le substitut du procureur de la République ainsi que sa condamnation pour ces chefs d’inculpation ;
Considérant -sur les dépens -qui ils seront supportés par le Trésor public ;

PAR CES MOTIFS

.Casse et annule l’arrét n° 62/99 du 30 juin 1999 de la chambre des appels correctionnels. pour défaut de réponse à conclusions ;

Evoquant

.Annule les procès-verbaux d’audition de ABDOUL-GALIL CHAMSAN TABET établis par les gendarmes. pour non respect des articles 65-2. 65-4 rt 65-5 du code de procédure pénale. en application de l’article 66-1 du même code ;

.Dit que les poursuites engagées à son encontre sont nulles et de nul effet;

.Met les dépens à la charge du Trésor public.

24/05/2000 – Nouvelles réactions en faveur des enfants emprisonnés à GABODE

Bernard BIRSINGER
Député-Maire de Bobigny
5e circonscription de la Seine-Saint Denis
DRANCY-BOBIGNY

Bobigny le 22 mai 2000

Monsieur Lionel Jospin
Premier Ministre
Hôtel de Matignon
57, rue de Varenne
75700 Paris

LB

Monsieur le Premier Ministre,

Je me permets d’attirer votre attention sur la situation des enfants mineurs qui sont incarcérés dans la prison de Gabode à Djibouti et qui subissent des sévices de toute nature.

La France est très présente dans ce pays, c’est pourquoi je vous demande d’intervenir auprès de son Président, Monsieur Omar GUELLEH, afin que ces enfants soient libérés dans les meilleurs délais et pour qu’ils soient pris en charge dès leur sortie de prison par des associations ayant la capacité d’assurer leur réinsertion, dans les meilleures conditions possibles, compte-tenu de ce qu’ils viennent déjà d’endurer.

Dans l’attente d’une réponse, je vous prie d’agréer, Monsieur le Premier Ministre, l’expression de ma haute considération.

Bernard BIRSINGER

24/05/2000 – De nombreux fonctionnaires djiboutiens se forment en ISRAËL

A titre d’exemple, depuis la fin de l’année dernière, six agents de la SDS (Police politique djiboutienne tristement célèbre) sont en formation en ISRAËL. Ils ont été rejoints par d’autres fonctionnaires dont des militaires.

Plus récemment la nouvelle directrice de l’EPH (Etablissement Public des Hyrdrocarbures) a effectué un séjour d’un mois et demi en ISRAËL.

Toutes ces personnes transitent par l’Ethiopie pour se rendre en ISRAËL.

A ce rythme, comment M. Guelleh pense-t-il garder la maitrise de la situation et conserver un minimum de stabilité à la République de Djibouti. Rappelons qu’il vient déjà de céder la gestion du port à une entreprise étrangère …

Dans ce schama, qui garantira la sécurité extérieure de Djibouti ? Qu’en pensent les djiboutiens ? Qu’en pense la France ? Comment espére-t-il concilier les intérêts des extêmistes islamistes avec ceux des Israëliens ?

24/05/2000 – TCHAD: Appel de N. Yorongar

FAR/PARTI FEDERATION

COMMUNIQUE DE PRESSE :

L’UN DES REBELLES SUDISTES NOMME “SEIGNEUR”
A-T-IL LIBREMENT RALLIE LE GOUVERNEMENT
OU BIEN RALLIE DE FORCE POUR LA
CONSOMMATION DE LA BANQUE MONDIALE
ET DE LA COMMUNAUTE INTERNATIONALE?

Selon les renseignements obtenus, “Seigneur” serait, comme Michel Mbaïlemel hier, capturé et emprisonné à Moundou avec la complicité du chef de
village de Bedjo en échange de la transformation de ce village en canton et de sa nomination comme chef de ce canton, ambition caressée de longue date
par celui-ci

– Le rebelle dit “Seigneur” n’a pas rallié le gouvernement comme le prétend ce dernier. Il a été piégé et arrêté avec la complicité du chef de
village de Bédjo comme ce fut le cas de Michel Mbaïlemel.

Sorti de sa prison, on lui fait il simuler le ralliement au gouvernement par un écrit à un de ses parents de la police pour donner bonne mesure à la
Banque Mondiale au moment de sa réunion décisive pour le pétrole.

2)- Une “Seigneur ” en prison à Moundou, les préfets des deux Logone et celui du Moyen-Chari se sont redus à Bodo et Béboto pour y prêcher la paix
pour donner une certaine crédibilité à la version de ralliement de “Seigneur “.

“Cette fois-ci disent-ils, le massacre sera terrible car on n’épargnera ni hommes ni femmes ni enfants parce que vous êtes tous des rebelles. Nous
tuerons sans discernement” ajoutent-ils avant de réaffirmer avec force :
“Nous espérons que le message est reçu 5/5. Rappelez-vous de la période d’octobre 1997 à mai 1998 etc.”

Puis, le chef militaire de Moundou de leur emboîter le pas :

“tous ceux s’opposeront à l’exploitation du pétrole seront pris et sommairement exécutés. Je m’en chargerai personnellement. “.

Des enseignants en poste, des militaires démobilisés ou retraités dans le cadre de la réduction de l’effectif de l’armée innocemment exécutés, des
vielles ou jeunes femmes tout comme des fillettes violées, des villages pillés et incendiés, les populations massacrées ou passées à tabac, le chef
de village de Bounguey (Béboto) et son fils, le chef de village de Sanaga et ses notables atrocement torturés et laissés dans un piteux état après
tortures, le chef de village de Kouh-Maingar, M. Bernard Bongo assassiné etc. (lire également N’Djaména-Hebdo n°423 du 18 mai 2000, page 11)

3)- La mie en scène grossière qui consiste à rallier le gouvernement est organisée à cor et à cri sous la houlette des médias publics. Ainsi, une
mascarade de ralliement est organisée à la veille de la réunion du conseil d’administration pour donner une impression crédible à ce montage grossier.

D’ailleurs, on n’a pas besoin de dessin pour se rendre compte que ce “Seigneur” souffre de douleur et n’est pas naturel et libre comme on le
prétend le gouvernement. Poussant ses montages grossiers plus loin, le gouvernement fait croire à la Banque Mondiale que des chrétiens du sud
prient en ce moment pour l’exploitation immédiate du pétrole.

A cet effet, faut-il rappeler que les populations offensées par ce projet pétrolier et terrorisées commencent à agresser d’abord verbalement en huant
tous les “blancs” à bord du véhicule ESSO.
Aujourd’hui, elles ne les huent pas seulement mais leur lancent des pierres et cailloux à tel point que le consortium demande au CPPL de Moundou pour les calmer. Mais, rien n’y fait.La marmite risque de sauter.

Dans les églises, les chrétiens n’hésitent pas, en dépit du terrorisme d’Etat, à prier à haute voix pour que le pétrole ne sorte pas des entrailles de nos terres dans les conditions actuelles. Ils sont
aujourd’hui rejoints et soutenus par les musulmans du nord dans leur immense majorité.

4)- Comme au Rwanda, Kosovo, Libéria, Sierra Leonne et Timor oriental avant le Tchad, la Banque Mondiale, Idriss Déby, son gouvernement et le
consortium largement informés de la situation seront servis comme l’ont été les Nations-Unies. Les Tchadiens sauront apprécier une fois de plus le rôle
de la Banque Mondiale dans cette tragédie

Idriss Déby et son gouvernement ne disaient-ils pas que Youssouf Togoïmi ne peut inquiéter le gouvernement avec sa dizaine de militaires retraités.
Aujourd’hui, tout le Borkou-Ennedi-Tibesti (Bardaï et Fada récemment) aurait passé sous le contrôle de la rébellion à l’exception de Faya-Largeau
qui reste provisoirement sous le contrôle du gouvernement.

Mais, pour combien de temps d’autant plus que les familles des militaires et civiles de haut rang évacuent cette ville. Ce qui augure que le mensonge
ne résiste jamais à la vérité et que les prochains jours nous prouveront que la Banque Mondial est dupée par le gouvernement et le consortium.

Il n’y a pas de rébellion insignifiante en Afrique comme l’affirme le gouvernement à ses partenaires dont la Banque Mondiale. La Somalie, le
Burundi, le Libéria, la Casamance, l’Algérie etc sont là pour prouver le contraire (à suivre).

Coordinateur Exécutif Fédéral
Ngarlejy YORONGAR

24/05/2000 – ENFIN UNE ANNONCE OFFICIELLE CONCERNANT LA LIBERATION DES ENFANTS MINEURS INNOCENTS, INCARCERES DANS LA SINISTRE PRISON DE GABODE.

Hier soir (21/05/2000) la télévision de Djibouti a montré un reportage sur Madame HAWA AHMED YOUSSOUF Ministre déléguée chargée de la Promotion de la Femme et du Bien-Etre familial effectuant une visite à la sinistre Prison de Gabode.

C’est la première fois qu’ elle s’y rend et qu’elle feint s’intéresser aux femmes détenues à qui elle s’est contentée de distribuer à chacune un exemplaire du Saint Coran lequel n’a dû rien lui coûter car la plupart des pays musulmans de la région offrent régulièrement des quantités énormes du Livre Saint.

En réalité ce fut le stratagème grossier que le régime a trouvé à cours d’idées pour lui faire visiter en même temps qu’à la télévision les locaux des mineurs miraculeusement réhabilités en partie seulement depuis la campagne déclenchée à la suite des révélations faites par des personnalités et par votre journal.

Inutile de dire qu’elle n’a rien fait de plus que passer faisant montre d’une curiosité qu’il ne serait pas exagéré de qualifier de malsaine.

Le mêrne qualificatif devrait s’appliquer aussi mais avec plus de dégoût au représentant de l’UNICEF lequel a, très curieusement, le même jour effectué ” une visite éclaire à la Prisonn Civile de Gabode ” selon les termes mêmes employés par les scribes du régime et reproduits dans la Nation du 22 mai 2000.

Selon cet organe de propagande du régime, aussitôt après son arrivée et son accueil en fanfare par tous les responsables de cette tragédie ” le représentant de l’UNICEF s’est rendu dans le quartier des enfants mineurs au nombre 23. Il s’est enquéri de leur situation pénale, de leurs conditions de détention et des loisirs “. La feuille de choux en question continue: ” contrairement aux allégations de certains esprits haineux qui font de la Prison civile de Gabode, un cheval de bataille politique, le représentant de l’UNICEF constate de ses propres yeux, combien ces gosses d’origine éthiopienne et somalienne, inculpés pour usage de drogue, sont bien traités à l’intérieur de l’ établissement pénitencier. Ils sont isolés dans un bâtiment à eux, éloignés de la population adulte. Ils ont deux heures de loisir par jour où ils s’adonnent à des activités sportives.

A l’intérieur, ces gosses disposent d’un canevas de jeux variés, jeux de cartes, de domino. Au 13 juin prochain, ces derniers seront libérés après avoir purgés leur peine ”

NB le texte est livré avec les fautes.

Bien évidemment nous ne pouvons que nous réjouir de l’annonce de la libération prochaine de ces pauvres enfants tout en nous inquiétant de ce qu’ils vont devenir après le 13 juin. C’est pourquoi je me demande s’il ne serait pas possible de solliciter vos amis pour qu’ils saisissent sans délai Monsieur KOFI ANAN ainsi que le Directeur de l’UNICEF pour leur demander expressément de veiller personnellement ou par un mandataire spécial qui travaillerait en étroite collaboration avec le Président de la Ligue Djiboutienne des Droits Humains et le Vice-Président de l’UIDH pour suivre sur place la situation des 23 enfants car il est à craindre que le pouvoir djiboutien s’en débarasse en plein désert sans autre forme de procès.

L’envoi d’un représentant spécial est absolument indispensable du fait de l’incurie du représentant en exercice de l’UNICEF. Malgré la campagne lancée sur Internet dont tous Djiboutiens sont au courant car le régime a multiplié les interventions sur ce sujet, le représentant de l’UNICEF ne s’est penché sur la situation de ces enfants malheureux qu’après la convocation du régime afin de lui servir d’alibi télévisé. S’il avait fait son travail il se serait rendu compte que ces enfants étaient privés de tout déjà avant leur arrestatIon (il y en a encore d’autres dans les rues) puis au moment de leur arrestation et leur ” jugement ” car ils n’ont pas été assistés d’un avocat : ce qui constitue une cause de nullité d’ordre public. (*)

Plus grave encore le représentant de l’UNICEF, alibi du régime, n’a pas pris soin de vérifier si dans les autres parties de la sinistre prison il se trouvait ou non d’autres mineurs détenus avec des adultes d’autant plus que tous les témoignages concordent pour dire que les mineurs sont au nombre d’au moins 29 ainsi que cela a été publié par la Liberté.

Il ne s’est pas non plus demandé ce qu’ était devenu la réhabilitation effectuée par I’UNICEF notamment du Centre d’éducation surveillée complètement délabré et retapé sommairement à la suite de la publication des révélations de Monsieur KADAMY Il ne s’est pas interrogé sur l’absence d’enseignant sur les lieux Il a soigneusement évité d’interroger un seul de ces enfants malheureux dont la plupart a subi les pires atrocités.

(*) PS Je vous adresse aussi ci-joint l’arrêt n°17/P/AG du 16/4/2000 qui confirme la nullité d’ordre public dont il est fait état ci-dedans dans un cas similaire concernant des adultes ! !

Il me semble qu’il serait bon de publier cet arrêt et de féliciter les membres de la Cour Suprême qui l’ont rendu en prenant soin de signaler qu’il faut espérer que les autres juges s’en inspireront désormais.

Pour quelles raisons mystérieuses des enfants n’ont pas bénéficié de ce cas de nullité qui les concernait pourtant ? Parce qu’ils sont mineurs et sans défense ?