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26/08/2014 (Brève 430) ALERTE ROUGE à propos de l’arrestation du chef du village de Sagallou. Traduit devant la justice ce mardi, l’audience a été reportée à une semaine. On l’a remis à Gabode.

Le Chef du village de Sagallou qui avait été arrêté par les forces armées, par mesure de représailles après les combats contre le FRUD, a été présenté aujourd’hui devant le tribunal. Comme à son habitude, le président de l’audience n’a pas jugé utile d’entendre la cause et il a reporté à la prochaine audience de mardi prochain.

En attendant cette personne a été remise en prison à Gabode, où l’on sait qu’il ne recevra pas les soins que son état exige. Nous maintenons notre alerte rouge

18/01/08 (B430) Grâce au travail et au dévouement des informaticiens, la base a été remise en ordre et nous reprenons nos publications sous le format habituel.

Les informaticiens ont achevé ce vendredi la remise en ordre de la base de données de l’ARDHD qui est devenue très volumineuse, ce qui explique les problèmes rencontrées.

Nous tenons à adresser à tous les techniciens qui sont intervenus, nos remerciements les plus sincères pour l’excellent travail qu’ils ont accompli.

Aussitôt réparé, nous nous sommes mobilisés au sein de l’équipe pour insérer tous les articles qui étaient diffusés sous un format provisoire.

Il faut savoir que la base de données est active depuis 5 ans et qu’elle contient près de 8.000 articles, accessibles à tout moment en ligne, grâce au système de recherche.

Cette semaine, la consultation a poursuivi son rythme et sa croissance avec une moyenne journalière de plus de 10.000 pages qui ont été consultées. Un grand merci à tous nos lecteurs fidèles et engagés pour la Défense des droits de l’homme et des libertés à Djibouti et dans la région.

16/01/08 (B430) LIBERO (Italie) Le Père Sandro, bouc émissaire des chantages France-Afrique (article écrit par Maria Acqua Simi et publié le 11 janvier 2008 , traduction de l’italien par Fabio de Petri)

________________________________________ Note de l’ARDHD
La presse italienne s’active pour dénoncer l’incarcération du Père Sandro de Pétris et elle porte désormais un regard accusateur sur le régime de Guelleh, sur ses dérives et sur toutes les violations des Droits de l’Homme et les abus de tous ordres qui sont commis chaque jour.

L’affaire de l’assassinat du Juge Borrel, dont on ne parlait que très peu en Italie, est désormais médiatisé chez nos voisins.
_________________________________________ Article de Libero

La cellule est petite, quatre pas sur sept. Aucun meuble sauf un petit matelas et les latrines. Dehors, l’aire étouffant annonce l’arrivé des grandes chaleurs et les moustiques qui ne donnent aucun répit. Depuis 77 jours père Sandro De Pretis, missionnaire à Djibouti, dans le Corne d’Afrique, est incarcéré sans aucune accusation précise.

“Mis en examen pour corruption de mineur” dit la magistrature djiboutienne. Mais il n’y a pas la moindre preuve. Il lui ont saisi son passeport de citoyen italien ; il l’ont mis en « détention préventive » à la suite d’une attaque virulente publiée par le seul quotidien national autorisé par le gouvernement local, « La Nation », contre la « France pédophile » et l’Eglise accusée d’organiser « un réseau pédophile ».

A ce jour ni les protestations du nonce apostolique Ramiro Moliner Ingles ni les demandes réitérées du consul d’Italie Gianni Rizzo n’ont abouti.

La diplomatie italienne a fait son travail, elle a fait bloquer aussi un financement important pour la construction d’un hôpital dans le pays.

En vain. « Ici, la magistrature ne veut pas élucider. Je vous remercie si vous arrivez à faire intervenir le Président du Conseil Romano Prodi » écrivait au mois de novembre le prêtre de sa prison.

Ainsi, quand le 8 décembre 2007 a eu lieu la rencontre entre les chefs d’état africains et européens à Lisbonne, où étaient présents Prodi et Guelleh (actuel président de Djibouti), on a pensé pouvoir parvenir rapidement à une solution. La Farnesina (Ministère des Affaires Etrangères italien) était au courant du problème. Mais personne n’en a parlé. Parce que “le père Sandro est simplement un bouc émissaire, victime d’intérêts bien plus grands » explique un ami du prêtre de Trento, Fabio de Petri.

Un prêtre qui dérange, pour être clair. L’hebdomadaire « Vita Trentina », dirigé par le père Ivan Maffeis, raconte dans un reportage courageux que derrière l’injuste détention du missionnaire se cache un épisode pas encore éclairci, qui s’est passé à Djibouti à la fin des années ’90 : l’affaire Borrel.

Au cours de l’année 1995 à Djibouti on trouve, dans un ravin, le corps calciné du juge Bernard Borrel.

Les autorités locales classent le dossier comme « suicide », mais la femme du juge n’est pas d’accord et demande à être reçue par Chirac. Elle ne reçoit aucune réponse. « Borrel était “coupable” d’avoir découvert des affaires de corruption et des affaires illicites – blanchiment d’argent, trafic d’armes entre autres – entre les autorités de Djibouti et certains coopérants français » explique Maffeis. C’est ainsi que l’on arrive à construire le mobile du « soi-disant geste désespéré ».

Le juge, catholique, n’aurait pas supporté le remords d’avoir cédé à la pédophilie. Note : à l’époque, le chef de la police secrète djiboutienne était Guelleh, aujourd’hui Président. Le dossier a été classé sans suite, même si beaucoup de personnes, italiennes et françaises, connaissaient la vérité. Maintenant, la veuve Borrel a obtenu de Sarkozy la poursuite de l’instruction pour assassinat et non plus pour suicide. Comme il y aura bientôt des élections à Djibouti, le président-dictateur veut éviter à tout prix, des interférences créées par ce dossier.

Comme avertissement, il a fait incarcérer le père Sandro, le seul prêtre italien témoin de sa despotique ascension au pouvoir. « Guelleh veut changer la Constitution, se représenter aux prochaines élections sans adversaires ; autrement il aurait du affronter les deux tours prévus par la Constitution » explique encore à « Libero » Fabio de Petri.

Pendant ce temps notre missionnaire attend que quelque chose se passe. Il se sent abandonné par les institutions, mais la foi est ferme. « J’ai au moins le confort des sacrements », dit-il à ceux qui viennent le voir. Dehors, ses pauvres de la paroisse d’Ali Sabieh l’attendent.

18/01/08 (B430) La ligne de chemin de fer Djibouti-Addis, c’est comme l’EDD. Guelleh réussit à se faire octroyer des délais pour améliorer et rénover. Les crédits sont détournés et rien n’est jamais entretenu. La ligne est dans un état catastrophique, l’EDD aussi, à tel point qu’elle est obligée de faire appel à la production éthiopienne qui devrait développer plusieurs centrales dans les prochaines années… (Info lecteur)

______________ Encore un nouveau prêt pour rénover la ligne de chemin de fer !!!
Some 40 million euros allotted to improve Ethio-Djibouti Railway

Addis Ababa, January 16, 2008 (WIC) – Some 40 million euro has been allotted to improve the Ethio-Djibouti Railway, according to the Djiboutian Ambassador to Ethiopia.

Ambassador Ibrahim Mohammed told WIC that activities have been underway to build a new railway line with the amount of money obtained from the European Union in the just concluded year.

He said discussions have begun with a well known Kuwaiti company and construction works would begin on the conclusion of the negotiations.

The construction and upgrading of the railway line would help consolidate the people to people relations of the two countries and efficiently carry out the import and export trade, the ambassador indicated..

16/01/08 (B430) RSF / SOMALIE / Un pigiste de la BBC arrêté sur ordre d’un gouverneur de province

Reporters sans frontières condamne l’impunité grâce à laquelle le gouvernement fédéral de transition et les gouverneurs des provinces de Somalie procèdent à l’arrestation arbitraire de journalistes, après le placement en détention, le 15 janvier 2008, d’Ayanle Hussein Abdi, pigiste du service en somali de la station britannique BBC.

"Les rares journalistes qui continuent de travailler sur le territoire somalien au péril de leurs vies sont des proies faciles. De semaine en semaine, les autorités s’affranchissent de toutes les règles élémentaires de la justice envers les journalistes qui les dérangent. Il est temps que le nouveau Premier ministre, Nur Hassan Hussein, dont le silence est incompréhensible, affirme que cela ne peut plus durer", a déclaré l’organisation.

Ayanle Hussein Abdi a été arrêté le 15 janvier à Beletwein, capitale de la région de Hiran (Centre), sur ordre du gouverneur de la province, Yusuf Ahmed Hagar "Dagobed", selon l’organisation partenaire de Reporters sans frontières en Somalie, l’Union nationale des journalistes somaliens (NUSOJ). Aucune explication n’a été fournie par les autorités locales. On ignore son lieu de détention.

L’arrestation d’Ayanle Hussein Abdi porte à quatre le nombre de journalistes actuellement détenus en Somalie. Trois professionnels des médias, Mohammed Shidane Daban, de Radio Banadir, ainsi que Bashir Mohammed Abdulkadir et Abdirahman Mohamed Hudeyfi, de Radio Somaliweyn, sont détenus au secret à Mogadiscio, sans qu’aucune charge n’ait été portée contre eux, depuis le 4 et le 13 janvier 2008.

18/01/08 (B430) Le Monde / Somalie: le président du Somaliland reçu au département d’Etat

Le président de la République autoproclamée du Somaliland (nord-ouest de la Somalie) a été reçu récemment par la secrétaire d’Etat adjointe chargée des Affaires africaines, Jendayi Frazer, a indiqué jeudi le porte-parole du département d’Etat, Sean McCormack.

Mais cette rencontre, la première à ce niveau depuis plusieurs années, ne signifie pas que les Etats-Unis s’apprêtent à reconnaître le Somaliland, a aussitôt précisé le porte-parole.

"Il n’y a pas de changement dans notre position au sujet de la reconnaissance du Somaliland", a-t-il déclaré. "Nous ne sommes pas sur le point de reconnaître le Somaliland".

"C’est un processus dans lequel l’Union Africaine est engagée et nous allons suivre la situation de très près, mais il n’y a pas de changement dans notre politique", a-t-il ajouté.

M. McCormack n’a pas précisé quand le président du Somaliland, Dahir Riyale Kahin, avait rencontré Mme Frazer. Mais selon une source diplomatique américaine, ils ont déjeuné ensemble lundi au département d’Etat.

Les Etats-Unis veulent avoir "autant de contacts politiques que possible avec des personnes responsables en Somalie, intéressées par le fait de construire des structures et des institutions démocratiques pour la Somalie et la conduire de là où elle est vers un avenir bien plus prometteur", a-t-il ajouté.

"La rencontre de Jendayi (…) tombe tout-à-fait dans cette catégorie et c’est une politique que nous allons poursuivre. Notre intérêt est de lutter contre le terrorisme en Somalie ainsi que dans la Corne de l’Afrique", a poursuivi M. McCormack.

"Tous ceux qui ont intérêt à voir une Somalie plus paisible et plus démocratique ont un rôle à jouer dans ce processus", a-t-il conclu.

Selon le Washington Post, les troubles récents au Kenya et en Somalie ont provoqué un débat au sein de l’administration américaine sur l’utilité de reconnaître le Somaliland, ancienne colonie britannique fusionnée avec la Somalie italienne à l’indépendance de 1960.

Le Pentagone, qui voit dans l’instabilité dans la Corne de l’Afrique un terreau pour al-Qaïda, verrait d’un bon oeil une reconnaissance de la république auto-proclamée, mais le département d’Etat s’y oppose, précisait le Post le mois dernier, citant des responsables des deux ministères.

Le Somaliland, où vivent un tiers des 10 millions de Somaliens, a fait sécession de la Somalie en mai 1991, cinq mois après la chute du président somalien Mohamed Siad Barre.

Doté d’institutions élues, d’une armée, d’une administration et d’une monnaie émise par la Banque centrale du territoire, il est considéré comme un îlot de relative stabilité dans une Somalie ravagée par la guerre civile depuis 1991.

16/01/08 (B430) TABLEAUX DE BORD POUR LE DIALOGUE. NOVEMBRE 2007 – JANVIER 2008. Sur l’urgence du report des élections législatives programmées pour le 8 février 2008


Le Président

TABLEAU DE BORD
DU 16 JANVIER 2008
sur l’urgence du Report des élections législatives
du 8 février 2008.

« La récente CENI n’est plus en scène par avortement textuel. »
Simple observation.

Note Liminaire.

Il m’est difficile de vous témoigner «de butte en blanc » mes activités personnelles passées notamment au sein de la première CENI, lors des élections législatives de 2003 dont j’avais été membre, non en tant que Défenseur des Droits de l’Homme, mais tout simplement en tant que représentant d’un Parti Politique dont j’ai été membre fondateur et que son Président a rapidement choisi d’affilier à une certaine Mouvance Présidentielle pratiquement au Pouvoir depuis 30 ans, tristement connue pour ses violations des Droits de l’Homme, et, (si mes souvenirs sont bons), « mouvance » qui avait régulièrement «régné par la Force et la Terreur tout en bafouant la Constitution ».

Très franchement, en tant que simple Défenseur des Droits de l’Homme et compte tenu de mes acquis à la CENI, ainsi que, de mes connaissances sur les irrégularités dans les processus électoraux, il est actuellement, de mon devoir, à continuer d’informer les juristes des Droits de l’Homme.

A mon avis, il est temps qu’une Commission d’Enquête viennent en République de Djibouti dans les meilleurs délais.

 

Jean-Paul Noël Abdi
Président de la LDDH

Sur le Tableau de bord proprement dit.

La CENI du 6 janvier 2008, interdite de participer aux préparatifs des élections mascarades du 8 février 2008.

Ce Tableau de Bord est un encouragement aux responsables politiques actuellement au Pouvoir afin de les accompagner et de les convaincre à  demander Pardon, tout en reconnaissant aussi leurs erreurs parfois inoubliables.

Il est temps, pour le Peuple Djiboutien d’entamer la marche contre « la mauvaise gouvernance, le gaspillage des Fonds publics, . la prédation de certains dirigeants » (ces termes réels depuis des années dans notre pays semblent être mieux écoutés grâce à – Acte de décès de la « Françafrique »- : interview de Jean-Marie BOCKEL par le journal Le Monde).

I) – Nécessité incontournable d’un Dialogue sincère et transparent.

La République de Djibouti est indépendante depuis trente ans, c’est l’âge où l’on doit commencer à regarder ses erreurs du passé, c’est l’âge où il faut se préparer à ne pas tomber dans le piège des succès trompeurs, en particulier pour les hommes politiques non avertis et/ou embarqués par des soutiens artificiels.

C’est dans ce cadre précis, que la Ligue Djiboutienne des Droits Humains (LDDH), s’est dès sa création investie dans la prévision des conflits internes et a toujours lancé des Appels pour la Paix lors du conflit armé au Nord et à l’Ouest de notre pays ;

Toujours dans ce cadre, la Ligue Djiboutienne des Droits Humains (LDDH) continue aujourd’hui encore à prôner la transparence des élections dans le  strict cadre du dialogue avec l’Opposition Djiboutienne, tout comme elle  avait lancé des Appels, hélas non entendus, à l’approche des élections (à chaque fois vouées à l’échec car non démocratiques)

Rappelant que la Ligue Djiboutienne des Droits Humains (LDDH) avait depuis sa création en mai 1999 régulièrement demandé la Transparence de toutes les  élections, en symbiose avec les Patriotes de l’Opposition Djiboutienne.

Rappelant qu’à toutes les élections législatives, et présidentielles, même lors d’une régionale morte née, la LDDH a toujours déclaré sa ferme détermination pour apporter ses encouragements et ses apports conceptuels, pour la concrétisation d’un processus électoral concerté, transparent, juste et équitable.

Rappelant que depuis le mois de novembre 2007, la Ligue Djiboutienne des Droits Humains (LDDH) a, à travers des Tableaux de Bord (ci-après), exprimé ses plus vives inquiétudes quant à l’avenir de notre pays, hélas encore et toujours, coffré avec la présence des Forces Armées Etrangères, sur son sol, attachées au statut quo et au maintien d’un seul « Parti politique » lors des scrutins.

II) – La Ligue Djiboutienne des Droits Humains (LDDH) :

– Saisit toutes les Organisations Internationales et Régionales des Droits de l’Homme et leur demande de se mobiliser afin de dénoncer les dangereuses  élections mascarades qui s’annoncent d’ores et déjà en République de Djibouti pour le 8 février 2008 ;

– Demande au Parquet du Tribunal de Djibouti de se saisir, conformément au Code Pénal Djiboutien, pour mettre devant leurs responsabilités tous les responsables de l’Etat qui ont refusé l’applicabilité, doublée par des vices de formes inadmissibles et des lacunes dans les textes juridiques signés par le Chef de l’Etat en cette période préélectorale.

– Regrette le silence permanent du Conseil Constitutionnel face aux constantes irrégularités, avec tous les dangers de cette arme de guerre électorale qui risque de déstabiliser la Paix dans notre pays.

– Souhaite que le Chef de l’Etat ne s’enferme pas dans une logique de la « fuite en avant » et lui demande de procéder rapidement à l’ouverture d’un Dialogue avec les Partis de l’Opposition, afin que dès Septembre 2008 des Elections Législatives Transparentes, Justes et Equitables voient le Jour dans notre pays.

M. NOEL ABDI Jean-Paul

18/01/08 (B430) Le monde diplomatique / La France, puissance du Golfe ?

Le président Nicolas Sarkozy serait-il un « va-t-en-guerre », un adepte de la confrontation sur les terrains les plus « chauds » du monde ? Après l’Afghanistan, où il a multiplié ces derniers mois les gestes d’un engagement plus actif, le Golfe — où il vient de conclure un accord pour l’installation d’une nouvelle base militaire permanente à Abou Dhabi, près du détroit stratégique d’Ormuz, face à l’Iran.

L’arrangement signé le 15 janvier avec les autorités des Emirats arabes unis, lors d’une visite de quelques heures du chef de l’Etat français, est un « accord de présence », qui ouvre la voie à l’installation d’une base interarmées (1) avec un effectif de 4 à 500 militaires, dont un tiers seraient installés dans l’actuel port de commerce d’Abou Dhabi.

La base assurera le soutien des navires de la marine nationale en mission dans le Golfe et l’Océan Indien, ainsi que l’accueil de l’ensemble des moyens militaires que la France déploie régulièrement dans le cadre d’exercices interarmées menés en coopération avec les armées des pays du Golfe.

Si l’on en croit M. Sarkozy, les Emirats arabes unis, liés à la France par un accord de défense réciproque depuis 1995, demandaient l’implantation de cette base, « pour que la France participe à la stabilité de cette région du monde ». Ils auraient exprimé « le souhait qu’une partie des forces qui sont stationnées à Djibouti migrent dans le Golfe, une région essentielle ».

Les responsables français font valoir que les petits Etats sunnites du versant sud du Golfe — îlots de prospérité, emportés par un développement fulgurant dû à l’augmentation des prix du pétrole, mais inquiétés par l’activisme et l’intransigeance de l’Iran chiite, la grande puissance du Golfe « persique » — sont à la recherche de garanties de sécurité auprès de leurs partenaires occidentaux, notamment américains.

Les Etats-Unis sont très présents : l’état-major de la Ve flotte est installé à Bahreïn ; le quartier général du Central Command et le Centre d’opérations aériennes pour tout le Proche-Orient sont au Qatar ; des garnisons et des dépôts sont stationnés au Koweït ; les Emirats arabes unis et Oman offrent des facilités aériennes à leur aviation…

Cette création d’une base française dans le Golfe peut être interprétée comme un nouvel indice de l’alignement de M. Sarkozy sur la stratégie américaine au Proche-Orient. Mais aussi comme le désir de certains de ces émirats d’échapper à une emprise américaine totale, en diversifiant leurs partenaires ou « parrains ». L’école militaire supérieure de Saint-Cyr ouvrira prochainement à Doha une branche qui formera les officiers des armées de terre du Qatar et de plusieurs autres Etats du Golfe.

Des navires de la marine nationale française font déjà escale aux Emirats une trentaine de fois par an. L’armée de l’air y organise deux fois par an un stage pour les pilotes de chasse. L’armée de terre effectue dans la région vingt-cinq exercices annuels, avec échanges d’unités et d’officiers. Un exercice inter-armée Gulf Shield (Bouclier du Golfe) mettra aux prises, en février et mars, 1 400 militaires émiratis et qataris, ainsi que 400 français.

C’est en tout cas la première fois que la France sera implantée dans le Golfe, qui plus est dans l’un des secteurs les plus stratégiques : le détroit d’Ormuz, par où transite 40 % du pétrole mondial. Le chef d’état-major particulier du président français, l’amiral Edouard Guillaud, y a vu « une petite révolution géopolitique », la France ouvrant pour la première fois depuis cinquante ans une nouvelle base, et de plus hors de son ancien domaine colonial africain.

Le « dépouillement » partiel de la garnison de Djibouti — actuellement la principale implantation militaire française en Afrique, et qui devrait le rester — préfigure sans doute une reconversion du réseau des bases militaires françaises en Afrique, d’un entretien coûteux et objet de nombreuses critiques sur le continent noir.

Cette reconversion pourrait être évoquée dans le prochain Livre blanc sur la défense et la sécurité, prévu pour fin mars.

L’ouverture de cette base d’Abou Dhabi — qui ne devrait pas être entièrement opérationnelle avant le début de l’an prochain — suscite d’autres interrogations : est-ce un changement de politique de la France, qui jusqu’ici avait choisi d’être au Proche-Orient « une puissance d’équilibre diplomatique et non une puissance militaire » (M. François Bayrou, président du Mouvement démocrate) ?

Y a-t-il un risque d’être entraîné dans un conflit local ou régional, notamment avec l’Iran, qui souhaiterait contrôler le détroit d’Ormuz ? Cette décision, prise sans consultation, n’est-elle pas en contradiction avec le souhait affiché d’associer plus étroitement le Parlement au suivi et à l’approbation des opérations extérieures ?

Philippe Leymarie

(1) Commun à plusieurs armées : de terre, de mer, de l’air.