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27/01/2015 (Brève 448) Texte intégral de l’accord-cadre signé entre l’USN et le Gouvernement à Djibouti le 30 décembre 2014

Il n’appartient pas à l’ARDHD de commenter cet accord ni de donner un avis à son propos, tant sur les espoirs qu’il peut susciter que sur les risques en cas de non-application ou d’application partielle.

Ce que nous savons, c’est que le régime dictatorial de Guelleh n’a jamais appliqué aucun des accords passés avec l’opposition dans le passé. Il reste à espérer que le dicton « jamais deux sans trois » soit contredit cette fois.Nous devrions disposer d’éléments concrets dans les prochaines semaines et en particulier lors de la communication qui a été annoncée par l’USN pour la mi-février.

Guelleh et ses obligés sont rusés. S’ils ont signé un accord avec l’opposition, c’est qu’ils avaient intérêt à le faire (pression internationale, pression populaire,… ?). S’ils le respectent, c’est aussi parce qu’ils auraient intérêt à le faire. S’ils ne le respectent pas, c’est que leurs intérêts personnels, comme toujours, leur commandent de passer outre …. au risque de soulever des manifestations populaires d’envergure, comme cela a été annoncé par les orateurs de l’USN le 24 janvier 2015 à Paris

TEXTE INTEGRAL – Pour ceux qui n’ont pas lu le texte intégral, nous le mettons à leur disposition en cliquant sur ce lient (PdF)

22/05/08 (B448) AFP / Attentat en Ethiopie: six morts, dont un Américain.

ADDIS ABEBA (AFP) — L’explosion d’un minibus mardi soir dans le centre d’Addis Abeba a fait six morts, dont un ressortissant américain, et sept blessés, selon un nouveau bilan établi mercredi par la police fédérale éthiopienne.

Selon un précédent bilan de la police, trois personnes étaient décédées au moment de l’explosion et quatre avaient été blessées.

« Trois autres passagers du minibus qui a explosé hier ont succombé à leurs blessures et sont morts tôt ce matin. Parmi les nouveaux morts il y a un Américain, nous l’avons découvert aujourd’hui (…) Trois autres personnes ont également été blessées donc le total des blessés est de sept », a déclaré à l’AFP le porte-parole de la police, Demsash Hailu.

Interrogée par l’AFP une porte-parole de l’ambassade américaine à Addis Abeba a confirmé que « l’une des personnes qui est morte dans l’explosion avait la citoyenneté américaine », sans donner plus de détail sur son identité.

Selon une source proche de l’université d’Addis Abeba, ce ressortissant américain était un enseignant de cet établissement qui rentrait chez lui par minibus.

Jusqu’à présent « aucun suspect n’a été appréhendé » après cet attentat, selon le porte-parole.

« La police tente de trouver les individus qui sont derrière cette attaque. L’enquête continue », a déclaré de son côté le porte-parole du ministère éthiopien de l’Information, Zemedkum Tekle.

Selon des témoins, un minibus de transport en commun a explosé mardi soir à 20h00 (17h00 GMT), à une cinquantaine de mètres du ministère des Affaires étrangères, au centre de la capitale éthiopienne.

Addis Abeba a connu plusieurs attentats à la grenade ou à la bombe ces dernières années, attribuées par le gouvernement à des groupes séparatistes éthiopiens comme le Front national de libération de l’Ogaden (ONLF).

Trois personnes avaient été tuées et 18 blessées par des explosions visant des stations-service à Addis Abeba le 14 avril dernier.

22/05/08 (B448) AFP / Trois humanitaires, dont deux Italiens, enlevés en Somalie

MOGADISCIO (AFP) – mercredi 21 mai 2008 – 11h07 – Trois employés, dont deux Italiens, d’une organisation humanitaire ont été enlevés mercredi en Somalie par des hommes armés cherchant vraisemblablement à obtenir une rançon, en dépit d’un appel des autorités et de l’opposition à laisser l’aide parvenir à la population.

Ces enlèvements, dans un pays ravagé par 17 ans de guerre civile et des successions de catastrophes naturelles, portent à quatre le nombre d’étrangers travailleurs humanitaires actuellement otages de bandes armées.

Le 1er avril, un Kényan et un Britannique, employés d’une société indienne sous contrat avec une agence d’aide de l’ONU, ont été enlevés par des hommes armés près de la ville portuaire de Kismayo (500 km au sud de Mogadiscio) et sont toujours détenus par leurs ravisseurs.

Un enseignant kényan en poste à l’université de Mogadiscio, lui aussi enlevé par des inconnus armés dans la capitale, est également toujours otage depuis le 13 mai.

Mercredi matin vers 06h30 (03h30 GMT), « trois travailleurs humanitaires, parmi lesquels deux Italiens, un homme et une femme, ont été enlevés par des hommes armés qui leur ont mis un bandeau sur les yeux et les ont emmenés », a indiqué un chef coutumier, Mohamed Ibrahim Ali.

Les enlèvements ont eu lieu à Awdhegle, à 70 km au sud de Mogadiscio. Un responsable local de la sécurité, Ali Mohamed Gele, a assuré que les forces de l’ordre cherchaient à localiser les otages.

Le troisième otage est Abderahman Yusuf Arale, qui dirige localement les activités de l’ONG.

Un porte-parole du ministère italien des Affaires étrangères a confirmé « l’enlèvement mercredi matin de deux Italiens, un homme et une femme, membres de l’ONG Coopération italienne Nord-Sud (CINS) ».

Ces nouveaux enlèvements marquent l’impuissance du gouvernement de transition somalien – qui combat avec le soutien de l’armée éthiopienne une insurrection dominée par des islamistes – à assurer la sécurité des organisations humanitaires.

Le 16 mai, le gouvernement et la principale coalition de l’opposition avaient encore appelé toutes les parties au conflit en Somalie à faciliter l’acheminement de l’aide aux victimes de la guerre.

« Nous, en tant que patriotes somaliens représentant le gouvernement de transition et l’Alliance pour une nouvelle libération de la Somalie (ARS, coalition de l’opposition dominée par les islamistes) appelons tous nos partisans et tous les Somaliens (…) à faciliter l’accès humanitaire et la livraison d’aide à la population »,
avaient-ils demandé dans un rare communiqué commun.

Selon l’ONU, 2,6 millions de Somaliens souffrent actuellement de graves pénuries alimentaires et ont un besoin urgent d’aide.

Le 30 avril, le Comité international de la Croix-Rouge (CICR) avait prévenu que la population était arrivée à la limite de sa résistance après des années de guerre et de mauvaises récoltes, provoquées par des successions de sécheresses et d’inondations.

Dans un pays où, selon l’expression d’un responsable humanitaire, « il est plus facile de trouver un Kalachnikov qu’un stylo », le chaos engendré par la guerre favorise les activités de bandes criminelles à la recherche d’otages étrangers – humanitaires, journalistes, enseignants… – pouvant être monnayés.

Ces activités mafieuses prospèrent également dans les eaux somaliennes, avec le développement de la piraterie maritime.

Aussi, malgré les besoins criants de la population, la plupart des agences humanitaires sont contraintes de limiter, voire d’arrêter purement et simplement leur travail.

Début avril, Médecins sans frontières (MSF) a ainsi cessé toute activité à Kismayo, après l’assassinat en janvier de trois de ses employés – un Français, un Kényan et un Somalien – dans la ville

22/05/08 (B448) AFP : Un leader islamiste jure de « libérer » la Somalie.

LONDRES (AFP) — Un leader islamiste somalien a juré dans une interview au Guardian publiée jeudi de « libérer » la Somalie des troupes éthiopiennes, assurant que le processus de paix entamé sous l’égide de l’ONU échouerait.

« Nous allons libérer la Somalie de l’Ethiopie », a déclaré cheik Hassan Dahir Aweys au quotidien britannique.

Les pourparlers de paix qui se sont ouverts la semaine dernière à Djibouti sont voués à l’échec, à moins que l’Ethiopie ne retire d’abord l’ensemble de ses forces, a-t-il ajouté.

« L’ONU n’est pas impartiale. Nous ne souhaitons pas poursuivre le processus de paix. Notre idée est de continuer le combat. Il est important d’expulser l’ennemi de tout le territoire », a déclaré Aweys, 62 ans, qui est recherché par Washington pour ses liens présumés avec Al-Qaïda.

Les tribunaux islamiques somaliens ont été déchus fin décembre 2006-début janvier des régions qu’ils contrôlaient (soit une grande partie du centre et du sud du pays) à la suite d’une offensive éclair de l’armée éthiopienne alliée aux forces gouvernementales somaliennes.

Depuis, les troupes éthiopiennes, les forces de sécurité somaliennes et le gouvernement somalien sont la cible d’une insurrection dirigée par des islamistes qui mènent des actions de guérilla quasi quotidiennes, à Mogadiscio mais aussi en province.

Seuls des contacts indirects ont été pris à ce jour entre les deux parties, alors que les islamistes conditionnent l’ouverture de réelles négociations à un départ des troupes éthiopiennes.

22/05/08 (B448) All Africa avec Garowe online : Somaliland : trois partis politiques s’accordent sur la date des élections locales et présidentielles – Somalia: Elections Timetable Consensus Reached in Somaliland (En Anglais – Info lecteur)

Three political parties in Somalia’s breakaway republic of Somaliland have reached a consensus on the dates of local and presidential elections, potentially breaking weeks of political deadlock caused by President Dahir Riyale’s one-year term extension.

Representatives from the three political parties – the ruling UDUB party, and the opposition Kulmiye and UCID – held private discussions Tuesday mediated by a four-member committee from the Somaliland Election Commission.

The local council elections will be held on December 15, 2008, with Somaliland’s presidential elections scheduled for March 15, 2008, according to a high-ranking opposition official who participated in the talks.

Muse Bihi, deputy chairman of the Kulmiye party, told local media that the Election Commission and delegates from the three political parties had signed the preliminary accord.

But the opposition official indicated that several factors have to first be ironed out with Riyale’s government, including a guarantee that the elections be held on time as approved by the Election Commission.

The three parties and the Commission formally agreed to introduce a motion for debate in Somaliland’s two houses of parliament, requesting the removal of a key elections law clause demanding that the local council and presidential elections be held six months apart.

The opposition parties are still opposed to Mr. Riyale’s one-year term extension, which was approved in April by the House of Guurti, the upper house of parliament, Mr. Bihi said.

But he stated that it is « illogical » to have a « vacant seat » at the presidential seat of power in Hargeisa, the separatist region’s capital city.

Somaliland, in northwestern Somalia, has functioned as an independent government since the 1990s as the southern regions were devastated by conflict among armed clans and foreign military interventions.

The region has not been recognized internationally to date.

22/05/08 (B448) Garowe Online (correspondant au Kenya) L’Ethiopie doit cesser de porter ses litiges avec l’Erythrée sur le sol somalien. Ethiopia must cease extending its rivalry with Eritrea on Somali soil (En Anglais – Info lecteur)

by Kenneth Oduor, Nairobi

COMMENTARY | At the invitation of the weak Transitional Federal Government and with the support of the United States of America, the Ethiopian government sent its troops, the Ethiopian Defense Forces into Somali to help save the Adullahi Yusuf led government from the Union of Islamic Courts militias. Today, the Ethiopian troops are still in Somalia but there presence there has not translated into any help for the TFG. They have continued to lose grip of the country to militias and the EDF in Somalia have instead engaged in butchering innocent Somalis as the world watches aloofly. The incidence where the Ethiopian troops attacked innocent people in a mosque and slit their throats is still fresh in people’s minds.

While most people believe and strongly support the presence of Ethiopian forces in Somalia because of the perceived role they are playing in propping up the semblance of a government which is the TFG, they are embarrassingly mistaken on the real reason the EDF are in Somali. But anyone who understands the dynamics of the rivalry and conflicts being played in the Horn of Africa region would never support the presence of Ethiopian forces in Somalia. Ethiopia’s presence and ‘intervention’ in Somalia is influenced by its rivalry with Eritrea and Ethiopia therefore is simply using the Somalia soil to pick a born with their Asmara rivals. In essence a foreign war is being fought in Somalia pure and simple.

The rivalry between Ethiopia and Eritrea which is today being played out in Somalia stems back to the period beginning 1998 when the two countries fought a bitter border war which to date have never been conclusively dealt with.

Numerous peace agreements have been signed but none of them have been adequately implemented to the satisfaction of the two combatants. Addis Ababa based administration of Meles Zenawi have a feeling that Asmara have been supporting anti- Ethiopian elements within Somalia and even inside Ethiopian territory.

The fear the Ethiopian government, have for elements operating within Somalia which it believes are supportive of the Asmara administration is the core reason Ethiopia is having its troops in Somalia. The war against perceived terrorists is only being fronted by the Zenawi administration to massage the ego of their benefactors in Washington. It is interesting and it is a fact hidden to many that while Washington is supporting the presence of Ethiopian forces in Somalia because of perceived terrorist threat; the Ethiopian government is keeping its forces there for a totally different reason unknown to their American friends. The mentality held by Ethiopia that the Union of Islamic Courts have links with the Asmara establishment is the reason they are keeping their troops in Somalia and causing unnecessary trouble in the already troubled nation.

The Somali people are hosting a battle they know very little about.

While I don’t hold brief for terrorist organizations nor do I hold brief for any administration be it the Somalia, Eritrean or the Ethiopian administrations, I strongly believe that whatever war Ethiopia has with Eritrea must be fought within the soils of the two rivals but not in a foreign land that has a fair share of its own problems to solve.

Meles Zenawi I kindly appeal to you that while nobody has a problem with your rivalry with Eritrea; let the Somali people solve their problems alone. I urge you to fight your wars with Asmara, and the Ogaden National Liberation Front in your own soil. I also wish to state it to the Washington administration that by supporting Ethiopia, it is embroiling itself in uncalled for regional conflicts. If Ethiopia was a true friend of the TFG in Somalia, it would do it a great deal of good by ceasing its incursion of Somalia.

22/05/08 (B448) GEOPOLITIQUE.COM / Le courrier de Bercy sur la mort du juge Borrel

Réservé aux abonnés qui ont payé la cotisation :
Téléchargez ce courrier d’une page du ministère du Budget, daté du 13 septembre 2007 qui confirme le meurtre du juge Borrel aux yeux de l’administration. (Pour respecter la propriété, l’ARDHD ne peut pas le mettre en ligne)

Document mis en ligne le 21.05.08 C’est par un courrier administratif que l’État français a définitivement reconnu le meurtre du juge Bernard Borrel, perpétré dans la nuit du 18 au 19 octobre 1995 à Djibouti.

C’est une lettre émanant du Service des pensions du ministère du Budget adressée à Elisabeth Borrel, la veuve du juge (si vous êtes abonnés à geopolitique.com vous pouvez télécharger un fac-similé de la lettre au bas de cet article).

Le chef de ce service y présente une re-qualification des causes du décès de son mari, entraînant des réévaluations de la pension qu’elle perçoit depuis sa disparition.

Il cite une décision administrative établissant que Bernard Borrel est décédé des suites d’un attentat dans l’exercice de ses fonctions.

C’est la première fois qu’un acte officiel écarte la thèse du suicide et reconnaît que le juge Borrel a été tué alors qu’il travaillait à Djibouti pour l’État français .

Le 20 juin 2007, le président Nicolas Sarkozy avait reçu Elisabeth Borrel à l’Élysée, à un moment où elle se plaignait des pressions politiques en faveur de la thèse du suicide, exercées par l’entourage de son prédécesseur, Jacques Chirac.

Quelques heures après cette rencontre, le procureur de Paris, Jean-Claude Marin, publiait un communiqué établissant que « les éléments recueillis notamment depuis 2002 militent en faveur d’un acte criminel ».

Le 19 octobre 1995 à Djibouti, le corps sans vie de Bernard Borrel avait été retrouvé.

Depuis deux courriers de septembre 2004 de la juge Sophie Clément, chargée du dossier, et révélés naguère par geopolitique.com, le pouvoir exécutif ne peut plus ignorer d’une part que le juge Borrel a été assassiné, et d’autre part que les assassins sont susceptibles d’être liés à l’entourage du président de Djibouti Ismaël Omar Guelleh.

22/05/08 (B448) Les relations des réfugiés avec le HCR ne sont pas toujours faciles à Addis Abeba et on comprend qu’ils aient perdu confiance dans cette organisation qui est pourtant leur seul soutien actuellement. L’un de ces anciens réfugiés nous adresse son témoignage authentique.

Résumé d’un entretien que j’ai eu en Aoüt 2007 avec le HCR d’Addis Abeba. Pour des raisons de confidentialité, nous ne mentionnerons pas les noms des agents concernés, mais seulement la première initiale de leurs noms de famille.

Ancien réfugié moi-même et ayant eu la chance de bénéficier d’une réinstallation dans un pays occidental, je me préoccupe en permanence du sort de mes anciens camarades de lutte. C’est pour cette raison que je suis allé à Addis Abeba en Août 2007, afin d’essayer de leur apporter un soutien et de voir comment on pouvait faire avancer leurs dossiers.

Bien qu’ayant pris rendez-vous au préalable, j’ai du attendre plus de 90 minutes avant d’être reçu par Madame S. dans son bureau. La première partie de l’entretien s’est déroulée dans un climat de confiance. Elle m’a expliqué que le HCR était engagé dans une vaste opération de réactualisation des dossiers de tous les réfugiés présents sur le sol éthiopien et en particulier des Djiboutiens.

L’objectif de cette réactualisation m’a été présenté sous deux aspects :
– avoir une vision précise de chaque famille de réfugié pour pouvoir maintenir les droits,

envisager dans un deuxième temps, leur réinstallation dans un autre pays.

Au bout de quelques minutes, Madme M (fonctionnaire local du HCR) a fait irruption dans le bureau. Les réfugiés que j’avais rencontrés avant cet entretien avaient tous émis de sérieuses réserves sur cette personne qui abusait facilement, selon eux, de son autorité et de leur faiblesse sur le plan administratif..

Sans même se préoccuper de ma présence, ni surtout s’excuser, (ne serait-ce que par courtoisie) elle a engagé une conversation à voix basse avec la personne qui me recevait. Je n’ai pas pu entendre ce qui se disait et cela ne me regardait pas.

Toujours est-il qu’après son départ, l’attitude de Madame S. avait totalement changé. Un véritable renversement à 180°. Elle m’a dit que les réfugiés devaient regagner Djibouti. A son avis, la situation étant redevenue calme, ils n’avaient plus rien à craindre.

Elle a reconnu qu’il y avait bien des milliers de réfugiés présents en Ethiopie mais que le HCR n’avait pas pu les inscrire, ce qui prouvait qu’ils s’étaient bien intégrés. L’argument m’a paru un peu léger dans la mesure où le taux de chômage en Ethiopie doit se situer autour de 70 % et que les réfugiés, considérés comme des citoyens de troisième classe, n’ont pas le droit de travailler, même inscrits auprès du HCR …

Elle a conclu sur ce point, en affirmant de toutes les façons, que leur retour à Djibouti étant imminent, la situation de ceux qui n’étaient pas intégrés serait vite résolue.

Bien que comprenant que je n’adhérais pas à ses propos, elle a poursuivi en me disant qu’elle avait proposé des candidatures de réfugiés djiboutiens aux autorités norvégiennes et danoises. Ce qu’elle ne savait pas, c’est que les contacts que j’ai dans ces pays m’avaient affirmé qu’ils n’avaient jamais reçu de proposition de réinstallation en provenance du HCR d’Addis Abeba et que leurs deux pays ne refusaient qu’exceptionnellement les dossiers qu’on leur transmettait. On peut parler d’accord tacite, pratiquement dans tous les cas ….

Sans ne vouloir parler de mensonge de la part de cette fonctionnaire, qui était peut-être mal informée, je dois dire que j’ai été fort surpris de son manque de confiance et de transparence. J’avais fait le déplacement, plein d’espoir dans le HCR qui est une institution honorable et l’on me servait un discours « langue de bois » et trop éloigné de la réalité pour que je puisse l’accepter.

J’ai pris congé car il n’y avait plus rien à dire dans ce contexte et face à ce mutisme. J’ai poursuivi mon séjour au milieu des nôtres et j’ai compris que les fonctionnaires du HCR d’Addis avaient des agissements peu conformes avec leur mission prioritaire.

Bien entendu, je n’ai pas pu en déterminer les raisons et je me limiterai à quelques hypothèses :

collusion avec le pouvoir éthiopien qui délèguerait ses agents (et leurs « oreilles ») pour servir dans l’organisation, afin de faire appliquer les décisions gouvernementales et de remonter des informations,
– intérêt personnel,
– obligation de composer avec le pouvoir dictatorial sous peine de rencontrer des difficultés,
– …

Peu importe au fond …

Mais ce qui m’avait beaucoup choqué, c’était :

– le revirement subit de Madame S., après la conversation à mots couverts qu’elle avait eu en ma présence avec Madame M.. Cette personne, fonctionnaire local, a-t-elle un pouvoir particulier ?

Certaines rumeurs que je n’ai pas pu vérifier, affirment que des éthiopiens ont été installés dans des pays occidentaux par le HCR, sous couvert d’être des Djiboutiens …

On comprend mieux pourquoi nos compatriotes ont perdu la confiance qu’ils avaient dans le HCR. Cela va faire quinze années qu’ils vivent dans des conditions pénibles et que le HCR ne leur a encore jamais proposé des solutions de réinstallation alors que nous savons que certains pays comme la Nouvelle Zélande, ont offert d’accueillir des familles … et qu’il n’y a jamais eu de réponse de la part du HCR d’Addis.

Je lance un appel à la hiérarchie du HCR pour qu’elle « audite » le fonctionnement du bureau d’Addis et en particulier les actions qui ont été entreprises pour recenser les milliers de nos compatriotes (Zone Afar 2 en particulier) afin qu’ils bénéficient de leurs droits et pour qu’on leur propose des solutions de réinstallation dans d’autres pays.

Par ailleurs, comme on le sait,
l’inflation a atteint un seuil intolérable en Ethiopie (comme dans d’autres pays). Le montant mensuel de l’aide du HCR est limité à 1.000 birs pour une famille avec des enfants (env. 100 €).

Le loyer minimun pour un modeste refuge avec des sanitaires partagés est de 450 birs et les propriétaires donnent la préférence aux célibataires à ce prix-là (moins de bruit, moins d’utilisation des sanitaires, moins de consommation d’eau, etc..)

On m’a récemment cité le cas d’une famille qui est à la recherche d’un logement depuis plus de 20 jours. Le couple et ses 2 enfants sont à la rue. Ils ont été chassés au motif que le nouveau né dérangeait un voisin…

Enfin je dois dire à nos compatriotes qui s’affirment dans l’opposition djiboutienne, que les réfugiés ont perdu confiance dans la classe politique djiboutienne parce qu’elle les délaisse depuis 15 ans et qu’elle n’utilise leur malheur que pour faire des discours politiques ou des communiqués sans suivi.

Les réfugiés ont désigné le Président de l’ARDHD comme mandataire pour l’Europe et ils n’ont pas changé d’avis. Ils savent que cette association interviendra humainement en leur faveur sans arrière-pensée ni tentative de récupération politique. L’exemple du « sauvetage » d’Hasna conforte leur sentiment.