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31/07/08 (B458) Centre Information de l’ONU / Le Conseil de sécurité ferme la Mission des Nations Unies en Ethiopie/Erythrée.

Auteur de cette résolution 1827 (2008), le Représentant permanent de la Belgique, M. Jan Grauls, a imputé « cette décision importante » prise par le Conseil, huit ans après la création de la Mission et huit ans après la fin de la guerre entre les deux pays, aux restrictions que l’Érythrée a imposées à la Mission mais aussi au refus de l’Éthiopie de mettre en œuvre l’avis de la Commission du tracé de la frontière, du 27 novembre 2007, rapporte un communiqué.

Cette décision, souligne d’ailleurs le Conseil dans sa résolution, est sans préjudice des obligations des deux pays en vertu des Accords d’Alger dans lesquels ils ont convenu du caractère définitif et contraignant de l’avis de la Commission.

Le Conseil exige de l’Éthiopie et de l’Érythrée qu’elles fassent montre de la plus grande retenue, s’abstiennent de recourir à la menace ou à l’emploi de la force l’une contre l’autre et évitent la provocation militaire. Exhortant les deux pays à accepter les bons offices du Secrétaire général, le Conseil prie ce dernier de continuer à étudier avec eux la possibilité d’une présence des Nations Unies dans l’un ou l’autre pays aux fins du maintien de la paix et de la sécurité internationales.

L’Éthiopie et l’Érythrée ont toutes les deux refusé les trois options proposées par le Secrétaire général pour remplacer la Mission, à savoir le déploiement d’une petite mission d’observation en Éthiopie, l’installation d’un petit bureau de liaison politique et militaire en Éthiopie ou la présence à New York d’un envoyé spécial du Secrétaire général.

L’Érythrée a commencé dès 2004 à imposer un certain nombre de restrictions à la MINUEE. C’est sa décision du 1er décembre 2007 d’arrêter toutes les livraisons de carburant qui a déclenché le transfert temporaire de la Mission hors du pays, alors que le personnel militaire déployé du côté éthiopien continuait de s’acquitter de ses tâches.

Le différend frontalier reste entier, a regretté le représentant de la Belgique.

Il a attribué aux deux parties la responsabilité de l’impasse et les a appelées à « arrêter le jeu stérile des accusations réciproques ». Comme la grande majorité des membres du Conseil, la Belgique aurait préféré maintenir une présence des Nations Unies sur le terrain comme un signal tangible que l’ONU est disposée à œuvrer en faveur d’une solution équilibrée et durable, a fait remarquer le représentant.

Le Secrétaire général a « regretté » la décision des parties de rejeter les plans qu’il avait proposés mais s’est félicité de la décision du Conseil de sécurité de « rester activement saisi de la question », a annoncé mercredi sa porte-parole.

Il a également exprimé l’espoir que les parties puissent normaliser leurs relations, déterminantes pour la paix et la stabilité de la région.

Ban Ki-moon a réitéré son offre de bons offices pour aider les parties à mettre en oeuvre les Accords d’Alger.

31/07/08 (B458) REUTERS : L’Ethiopie annonce qu’elle est prête à discuter des problèmes de frontière avec l’Erythrée, mais aussi à se défendre au cas où son voisin violerait l’intégrité de son territoire / Ethiopia says wants talks to solve border dispute (En Anglais)

By Tsegaye Tadesse

ADDIS ABABA (Reuters) – Ethiopia said on Thursday it wanted to resolve a border impasse with Eritrea by dialogue, but might defend itself if its Red Sea neighbour violated its territory.

Eritrea is angry that the United Nations has not enforced a 2007 ruling by an independent boundary commission awarding most of the territory in dispute along their 1,000 km (620 mile) border to Eritrea.

The U.N. Security Council voted on Wednesday to disband its 1,700-strong force on the volatile border — a move that had been expected since Eritrea cut the force’s fuel supplies in February.

"Ethiopia does not entertain war as an option to resolve the impasse created by Eritrea," said Wahade Belay, spokesman for Ethiopia’s Foreign Ministry.

"However, Ethiopia reserves the right to defend itself should Eritrea attempt to violate its territorial integrity and sovereignty."

The two countries signed a peace agreement in Algiers in 2000 after a two-year war that killed some 70,000 people.

"Ethiopia is ready to resolve the crisis including normalisation of an overall relations with Eritrea through dialogue," Wahade said.

He was speaking after the Security Council appealed to both sides to "show maximum restraint and refrain from any threat of use of force".

He criticised council members for failing to take punitive measures against Eritrea — which also says it will not start a war — for what he said were violations of the Algiers pact.

"The U.N. has allowed itself to be humiliated by a rogue regime in Eritrea which is creating instability in the Horn of Africa," he said.

31/07/08 (B458) CENTRE INFORMATION ONU / L’UNICEF inquiet des violences contre les enfants dans le sud de la Somalie

Le Fonds des Nations Unies pour l’enfance (UNICEF) s’est déclaré jeudi « profondément inquiet » de l’impact de l’escalade de la violence sur les enfants du sud et du centre de la Somalie.

Les Nations Unies ont reçu des informations selon lesquelles plus de 150 enfants ont été tués ou blessés au cours de bombardements et de fusillades l’an dernier, souligne l’UNICEF dans un communiqué. Sept enfants sont morts la semaine dernière dans des combats entre des éléments anti-gouvernementaux et les troupes éthiopiennes basées à Mogadiscio, cinq autres alors qu’ils s’enfuyaient de leur école et deux alors qu’ils jouaient au football sur un terrain public.

« Le conflit, les déplacements et l’insécurité dans le sud et le centre de la Somalie ont un impact très négatif sur la santé et le bien-être à long terme des jeunes gens », a dit le représentant de l’UNICEF en Somalie, Christian Balslev-Olesen. « Nous sommes aussi préoccupés par le recrutement d’enfants et leur participation au conflit qui a pour conséquence que des enfants deviennent des suspects et des cibles », a-t-il ajouté, cité dans le communiqué.

L’UNICEF mène une campagne, avec le soutien de ses partenaires, contre le recrutement des enfants et travaille avec des réseaux locaux de protection de l’enfance dans le sud et le centre de la Somalie pour surveiller et signaler les violations visant les enfants. Toutefois le fonctionnement de ces réseaux est gêné par la détérioration de la situation sécuritaire dans la région.

31/07/08 (B458) RIA NOVOSTI / Ethiopie-Erythrée: Moscou prêt à contribuer à la normalisation des rapports (diplomatie russe)

MOSCOU, 31 juillet – RIA Novosti. La Russie dénonce les restrictions imposées par les autorités érythréennes aux activités de la mission de l’ONU dans le pays et se déclare prête à contribuer à la normalisation de la situation à la frontière entre l’Ethiopie et l’Erythrée, a déclaré jeudi le ministère russe des Affaires étrangères (MID).

Le 30 juillet, le Conseil de sécurité des Nations unies a adopté à l’unanimité la résolution 1827 mettant un terme à la Mission de l’ONU en Ethiopie et en Erythrée (MINUEE) déployée à la demande des deux Etats, en vue de mettre en oeuvre les ententes intervenues entre eux.

"La décision du Conseil de sécurité tient dans une large mesure à la position obstructionniste d’Asmara qui a sérieusement restreint les activités de la MINUEE. Ce précédent suscite toute notre désapprobation, car il aura des conséquences négatives non seulement pour le conflit éthiopo-érythréen, mais aussi pour l’ensemble des efforts déployés par l’ONU afin de maintenir la paix sur la planète", souligne le ministère russe des Affaires étrangères, rappelant qu’il a dénoncé en février dernier le refus des autorités érythréennes de coopérer avec l’ONU.

Selon la diplomatie russe, la résolution 1827 du Conseil de sécurité souligne que la cessation des activités de la MINUEE ne libère ni l’Ethiopie ni l’Erythrée de leurs engagements réciproques contractés dans le cadre des Accords d’Alger. "Les parties sont tenues de respecter ces engagements et de s’abstenir de tout recours à la force", souligne le communiqué du MID russe.

Déployée en juin 2000 en vertu de l’armistice conclu par les parties après deux ans d’hostilités frontalières, la Mission des Nations unies en Ethiopie et en Erythrée (MINUEE) compte plus de 4.000 personnes.

Depuis le 1er décembre 2007, les autorités érythréennes ont suspendu les livraisons de fioul et de denrées alimentaires à la mission, rendant ainsi impossible son transfert d’Erythrée en Ethiopie.

31/07/08 (B458) IPS / SOMALIE : La famine menace comme des travailleurs humanitaires sont forcés de partir.

Par Najum Mushtaq

Des agences humanitaires estiment que d’ici à décembre, le nombre de personnes déplacées et affamées dans le besoin d’aide de sauvetage en Somalie atteindra les 3,5 millions — près de la moitié de la population.

Cependant, comme la sécheresse et les conflits concourent pour empirer la crise, l’espace humanitaire pour fournir de la nourriture et d’autres secours essentiels dans cette zone de conflits a pratiquement disparu.

”En mer, les navires transportant de l’aide sont confrontés à la menace des pirates, sur terre (les travailleurs humanitaires font face) au vol à mains armées et aux enlèvements”, déclare Abdullahi Musse, un travailleur somalien pour une organisation humanitaire internationale.

”Ensuite, dans le processus pour atteindre nos entrepôts de même que sur leur chemin vers les bénéficiaires, les camions ne peuvent pas bouger sans les escortes de sécurité et doivent passer à travers d’innombrables postes de contrôle qui ne peuvent pas être traversés sans payer des ‘frais’ aux différents groupes armés. ”C’est une activité à haut risque avec des garanties de sécurité minimes”, affirme Musse.

Au cours de ces quelques derniers mois, même ceci est devenu presque impossible. Pour cette année seule, 20 travailleurs humanitaires, y compris des étrangers, ont été tués. Dix-sept travailleurs humanitaires ont été libérés après avoir été enlevés pour la rançon, tandis que 13 autres sont encore en captivité.

Tous les travailleurs humanitaires internationaux et le personnel de l’ONU sont obligés de quitter à cause des combats continus entre les groupes insurgés islamiques et les forces du Gouvernement fédéral de transition (TFG) soutenues par des troupes éthiopiennes. Les deux parties s’accusent mutuellement pour les attaques perpétrées contre des travailleurs humanitaires et jurent de les protéger. Ajouté à ceci, ce sont des réseaux d’enlèvement professionnels, qui sont encouragés par les grandes rançons payées par les étrangers pour libérer les navires pris par des pirates.

Les agences de l’ONU et neuf organisations internationales maintiennent encore leur présence à Mogadiscio, la capitale somalienne, mais elles comptent exclusivement sur le personnel local. Musse a déclaré à IPS au téléphone, en provenance de Mogadiscio, que des travailleurs somaliens, également, sont maintenant en train d’être ciblés et la fourniture d’aide est complètement en perte de vitesse.

Il y a 250 habitations informelles de personnes déplacées à Mogadiscio et plus de 200 le long de la route à Afogye. L’ONU dit que pour juin, 857.000 personnes ont été déplacées de Mogadiscio et comptent sur l’aide internationale. D’autres régions agricoles dans le sud-centre de la Somalie, le principal théâtre des conflits, sont restées sans pluie pendant cette saison et la pénurie alimentaire est grave.

”L’une des raisons pour lesquelles plusieurs personnes avaient fui Mogadiscio pour installer des camps à Afgoye (45 kilomètres de la capitale) était que cette région était plus accessible aux travailleurs humanitaires que la ville elle-même”, dit-il. ”Plusieurs familles se séparent pour obtenir de l’aide qu’elles ne pouvaient pas obtenir à Mogadiscio. Pendant les deux dernières semaines, des gens frustrés, dans les habitations du corridor d’Afgoye, protestent également au sujet du manque de fourniture d’aide”.

Si l’on ne peut pas augmenter suffisamment l’aide alimentaire et d’autres secours humanitaires dans les mois à venir, Oxfam International voit une grave famine en préparation : ”Si ces conditions devaient continuer et que les agences humanitaires ne peuvent pas fournir de l’aide adéquate, alors la situation pourrait basculer dans la famine dans plusieurs régions de la Somalie, plus tard dans cette année”.

Dans son discours au Conseil de sécurité le 23 juillet, le représentant spécial du secrétaire général de l’ONU pour la Somalie, Ahmed Ould-Abdalla, a insisté pour les escortes navales internationales pour les navires transportant des secours du Programme alimentaire mondial (PAM) et pour plus de sécurité pour les travailleurs humanitaires.

”Je compatis avec les ressortissants somaliens qui constituent plus de 95 pour cent des travailleurs humanitaires dans le sud et le centre de la Somalie. Ils risquent leur vie quotidiennement et sont très souvent les victimes innocentes des meurtres ciblés”, a déclaré Abdalla au Conseil de sécurité de l’ONU.

Impasse politique

Malheureusement, ce sens d’urgence dans le secteur humanitaire ne correspond pas aux développements sur le front politique. Avec l’aide des forces éthiopiennes, le TFG contrôle quelques villes dans la région du sud-centre, tandis qu’une variété de groupes islamiques demeurent influents dans une grande partie du territoire. (Le Puntland et les régions du Somaliland dans le nord et le nord-ouest de la Somalie revendiquent un statut autonome).

L’accord de paix négocié par l’ONU à Djibouti entre le Gouvernement fédéral de transition et les responsables de l’Union des tribunaux islamiques (UIC) a divisé cette dernière. Des factions islamiques radicales rejettent l’accord et ont accru les attaques dans les régions du sud-centre.

Les tribunaux islamiques sont maintenant divisés en deux principaux groupes : le groupe de Djibouti présidé par Sheikh Sharif et signataire de l’accord de paix avec le TFG, et le groupe d’Asmara basé en Erythrée et dirigé par Hasan Dahir Aweys, un vétéran de la guerre d’Afghanistan qui est actuellement recherché par les Etats-Unis pour des accusations de terrorisme en raison de ses liens présumés avec al-Qaeda.

”C’est difficile de dire quel contrôle ces deux ont sur Al-Shabab, un groupe, qui est également sur la liste des terroristes des Etats-Unis, et d’autres groupes insurgés de ‘mujaheddin’ (guerriers saints) qui ont mené une guerre pour chasser les forces éthiopiennes hors de Somalie”, affirme Bashir Awale, un journaliste de la radio basé à Mogadiscio.

Bashir indique que plusieurs groupes précédemment inconnus avec des noms islamiques ont récemment émis des menaces contre des travailleurs humanitaires. ”Mais les forces du TFG sont aussi accusées d’empêcher l’aide”, déclare Bashir qui souligne le fait qu’il existe quatre postes de contrôle du TFG dans l’intervalle de quelques kilomètres de route de Mogadiscio à Afgoye et des douzaines et plus à l’intérieur de la ville.

Etant donné la nature volatile et complexe du conflit, le représentant spécial de l’ONU est à la recherche d’une force de maintien de la paix internationale pour stabiliser le pays et fournir une couverture aux opérations humanitaires. Ould-Abdalla croit que dans ”le contexte politique favorable actuel faisant suite à l’Accord de Djibouti, il est temps pour le Conseil de sécurité de prendre des mesures hardies, décisives et rapides”.

Toutefois, lorsqu’il est interrogé pour savoir si les Etats-Unis présideraient une coalition de pays en Somalie pour mettre en œuvre l’accord de paix, l’ambassadeur des Etats-Unis à l’ONU, Zalmay Khalilzad a répondu : ”Eh bien, vous savez que nous sommes assez occupés comme vous le savez, première chose. Deuxième chose, qu’il y a toujours des problèmes avec les Etats-Unis à la tête d’une coalition…”

Accusant les groupes liés à al-Qaeda des attaques contre les travailleurs humanitaires, Khalilzad n’est pas d’accord pour pousser le Conseil de sécurité à agir. Il a affirmé qu’aucun plan pour une force de maintien de la paix ne sera discuté avant le 15 août, lorsque le secrétariat du Conseil de sécurité doit présenter un plan d’avenir pour la Somalie. Une force de maintien de la paix avec un mandat fort pourrait prendre des mois.

”La Somalie demeure l’endroit le plus dangereux au monde pour les travailleurs humanitaires”, souligne Musse, ”et pourtant, sa population a le plus désespérément besoin d’aide humanitaire. La résolution de ce dilemme exige une intervention internationale impartiale et immédiate, et elle est nécessaire aujourd’hui”.

31/07/08 (B458) XINHUA / L’Unicef finance un projet visant à ramener les enfants éthiopiens à l’école.

Le Fonds des Nations Unies pour l’enfance (Unicef) finance un nouveau projet en Ethiopie visant à permettre aux enfants travailleurs de revenir à l’école, a annoncé cette agence onusienne en début de semaine.

Quelque 300 enfants travaillant sur le marché de poissons du lac Awassa seront en mesure de poursuivre leurs études grâce à une école informelle prévue par le projet.

Dans cette école informelle, les travailleurs sociaux donneront des consultations, des vêtements et d’autres matériels scolaires aux élèves.

"Chaque enfant a droit à l’éducation", a souligné Felikech Basazinew, un responsable de l’Unicef chargé du projet.

Les sécheresses sévères frappant la Corne de l’Afrique ont forcé de nombreuses familles à envoyer leurs enfants chercher du travail.

L’Unicef avait lancé un appel d’aide d’urgence de 49 millions de dollars pour venir en aide aux enfants et femmes éthiopiens, en particulier ceux qui vivent dans le sud-est du pays, la région la plus touchée par la sécheresse.

Quelque 75.000 enfants éthiopiens souffrent de malnutrition en raison de la sécheresse et 4,6 millions de personnes ont besoin de l’aide alimentaire d’urgence dans le pays, estime l’Unicef.

31/07/08 (B458) La Kabylie.com avec El Watan / Le pont le plus cher du monde reliera le Yémen à Djibouti

Il s’agit probablement de l’un des projets qui vont marquer le XXIe siècle : 200 milliards de dollars seront investis sur une superficie de 2500 km2 avec à la clé la création de près de 850 000 emplois. C’est du moins ce qu’espère le promoteur du projet Al Noor Cities, à savoir Mohamed Tarik Ben Laden, frère aîné d’Oussama, l’homme le plus recherché au monde.

Mais si ce dernier a gagné sa notoriété par les armes, Tarik, lui, s’est bâti une réputation d’entrepreneur chevronné, annonçant ça et là des projets d’investissement de grande envergure.

Il en est ainsi de Al Noor Cities qui comprend deux grandes villes futuristes, dont l’une sera érigée au Yémen et l’autre à Djibouti. Mais la particularité de ce mégaprojet réside dans la construction d’un pont géant qui reliera l’Arabie heureuse (Yémen) et le pays des braves (Djibouti). Cet ouvrage d’environ 28,5 km sera composé d’une autoroute à six voies, de quatre voies ferroviaires ainsi que de pipelines pour le transfert de pétrole et d’eau. La partie suspendue du pont sera, indique-t-on, la plus longue au monde. Une fois opérationnelle, cette infrastructure sera traversée par pas moins de 100 000 voitures et quelque 50 000 usagers du transport ferroviaire par jour.

A cela s’ajoute les milliers de tonnes de marchandises qui transiteront sur ce pont qui reliera deux continents. Traverser la mer Rouge ne sera plus la mer à boire. Le lancement officiel de ce projet a eu lieu, lundi dernier, à Djibouti. L’étape de planification est terminée, a-t-on indiqué au cours de cette rencontre à laquelle ont assisté des officiels djiboutiens de haut rang, dont le premier ministre, Dileïta Mohamed Dileïta. « Le plus important est de négocier un accord-cadre entre le Yémen et Djibouti », a ainsi souligné Michael Mann, vice-président principal et directeur général du groupe américain L3 Communications qui est partie prenante dans le projet. « C’est vraiment un travail difficile. On sait que ça ne va pas être facile », confie-t-il à propos du projet.

La phase la plus cruciale est la concrétisation du montage financier pour la réalisation de cet ambitieux investissement. Investisseurs institutionnels, investisseurs privés, entreprises et gouvernements sont sollicités pour mettre la main à la poche et pourquoi pas dans la pâte pour que Al Noor Cities ne reste pas au stade de rêve comme l’a si bien qualifié Tarik Ben Laden. Une soixantaine d’entreprises et de groupes internationaux, appartenant à différentes industries, ont déjà rejoint le groupement Al Noor Holding Investment. Il faut dire que l’ambition principale de ce projet est de transformer cette zone en plaque tournante de l’économie mondiale. « Nous sommes en train d’identifier les infrastructures qui seront réalisées. Ça sera une industrie diversifiée.

Nous ne privilégions aucun secteur », avance M. Mann. Il relève néanmoins que des études de faisabilité ont été lancées pour la réalisation de raffineries de pétrole et de cimenteries. « Cela ne veut pas dire que nous allons les faire. Il se peut qu’on abandonne ces projets si on constate qu’ils sont peu rentables et peu fiables », avertit-il.

Les enjeux

Interrogé sur l’aspect sécuritaire déjà fragilisé par l’instabilité politique de la région, M. Mann fera remarquer d’emblée qu’« aucune région dans le monde n’échappe de nos jours aux menaces de tout genre », et d’enchaîner : « Le projet aura un impact stabilisateur sur les deux pays. » « Nous n’avons pas encore discerné entre ce dont Al Noor sera responsable et ce dont les autorités des pays concernés seront responsables », a-t-il ajouté. Ce projet, signale-t-on encore, sera bénéfique aux économies émergentes en facilitant les échanges entre les deux continents (Afrique et Asie). La région ciblée représente un grand potentiel.

Qu’on en juge : les économies du Moyen-Orient enregistrent une forte croissance à un taux moyen de 6,5% /an, tirée par les prix élevés du pétrole, mais aussi d’autres industries. Le PIB des pays du Golfe avec l’Egypte et la Jordanie devrait atteindre les 1045 milliards de dollars en 2008. La croissance économique en Afrique de l’Est (Djibouti, Erythrée, Ethiopie, Kenya, Somalie, Soudan, Tanzanie et Ouganda) en 2007 s’est établie à 6,47% en 2007, selon les données de CIA World Factbook. Ces chiffres renseignent sur les opportunités qui existent dans la zone choisie par les initiateurs d’Al Noor Cities. « L’objectif du projet Al Noor est de créer des villes intégrées à l’échelle mondiale pour relier deux continents qui provoquera un changement majeur, non seulement pour les économies du Yémen et Djibouti, mais aussi pour l’économie régionale du Moyen-Orient et en Afrique.

Ces deux villes, reliées par un pont sur la mer Rouge, seront le catalyseur de la croissance économique pour les générations à venir », promet Mohammed Ahmed Al Ahmed, président-directeur général de Al Noor Holding Investment. D’après lui : « Les investisseurs institutionnels sont à la recherche de la prochaine vague d’opportunités. Les possibilités d’investissement dans les marchés émergents dit BRIC (Brésil-Russie-Inde-Chine) existent encore, mais ils ne sont plus considérés comme des marchés naissants. Le prochain marché émergent en pleine expansion sera le Moyen-Orient et l’Afrique, et Al Noor soutiendra la croissance économique dans ces marchés », a-t-il conclu.

Nora Boudedja

30/07/08 (B458) France 24 avec AFP / L’ONU veut mettre fin au mandat de la Minuee.

L’ONU compte mettre fin à sa mission de paix à la frontière entre l’Erythrée et l’Ethiopie, alors que le mandat de la Minuee arrive à expiration. Une décision qui pourrait relancer le conflit le long de la frontière entre les deux pays.

La Belgique a fait circuler mardi un projet de résolution au Conseil de sécurité qui mettrait fin au mandat de la force de l’ONU chargée de surveiller la frontière entre l’Ethiopie et l’Erythrée, objet d’un conflit entre les deux pays.

Un diplomate occidental, s’exprimant sous le couvert de l’anonymat, a affirmé que le texte, qui ferait achever la mission de la Minuee jeudi, à l’expiration de son mandat, serait voté par les 15 membres du Conseil mercredi matin.

Le projet insiste sur le fait que la fin de la mission n’influe par sur "les obligations de l’Ethiopie et de l’Eryhtrée dans le cadre de l’accord d’Alger".

Aux termes de cet accord de 2000 qui avait mis fin à la guerre entre les deux pays, l’Ethiopie et l’Erythrée s’étaient engagées à accepter le tracé de la frontière qu’établirait une commission indépendante. Celle-ci a remis son tracé mais l’Ethiopie refuse de l’appliquer.

Le projet de résolution appelle les deux rivaux de la Corne de l’Afrique à montrer "un maximum de retenue et à s’abstenir de toute menace ou d’utiliser la force l’un contre l’autre et éviter les activités militaires provocatrices".

Le texte appelle également le secrétaire général de l’ONU Ban Ki-moon à explorer "avec l’Ethiopie et l’Erythrée la possibilité d’une présence des Nations unies (dans les deux pays) dans le contexte du maintien de la paix internationale et de la sécurité".

Au printemps dernier, le Conseil avait unanimement reproché à l’Erythrée d’avoir entravé les approvisionnements en carburant de la Minuee, forçant la mission à se retirer du pays.

Face aux obstructions de l’Erythrée concernant le carburant et d’autres domaines, M. Ban avait envisagé différentes options pour faire face à cette impasse.

Ces options incluaient un retrait total de la Minuee de la zone frontalière, ou le déploiement d’une "petite mission d’observation", pour tenter d’apaiser les tensions et être "les yeux et les oreilles de la communauté internationale".

Une guerre frontalière a opposé l’Erythrée et l’Ethiopie de 1988 à 2000, faisant au moins 80.000 morts.