25/02/10 (B539) Lettre ouverte au Président Guelleh qui lui est adressée par un lecteur résidant au Canada.

Lettre ouverte au président de la république de Djibouti, monsieur Ismaël Omar Guelleh,

 

Excellence,

Tout d’abord permettez-moi, monsieur le président, de vous souhaiter, en ce début d’année, mes meilleurs vœux de bonheur, de prospérité et de bonne sante.

Que dieu vous donne une sante éternelle pour vous ainsi que l’ensemble de votre famille !

Je m’adresse à vous dans ce courrier non seulement en votre qualité de premier Magistrat du pays mais aussi en tant que citoyen qui aime son pays comme tout autre citoyen djiboutien.

Je vous adresse ce courrier au nom de la nation djiboutienne : celle du peuple djiboutien, celle de nos grands parents, celle de nos pères et de nos mères, celle de nos enfants, de nos militaires, de nos fonctionnaires, de nos ministres, de nos députes, de nos enseignants, de nos artistes et de tous les responsables politiques djiboutiens.

Je vous prie, monsieur le Président, de ne voir aucun intérêt personnel dans ma marche, ni la moindre arrière pensée dans ce courrier que j’ai l’honneur de vous adresser. Seuls ma conscience et mon devoir vis-à-vis de notre patrie ont motivé mon geste.

Ce courrier est porteur d’un message national de la part du peuple djiboutien.

Le Peuple vous dit une seule et unique chose :

L’heure est venue pour vous de quitter le pouvoir dans la dignité et dans l’intérêt national de notre pays.

Monsieur le président, cette requête n’émane pas d’un parti politique ou d’un individu isolé. Le message qui vous est transmis a travers ce courrier n’est autre que l’expression nationale de tout un peuple, le souhait partagé de tout un peuple, c’est-à-dire celui de vos compatriotes djiboutiens et djiboutiennes.

Rien dans nos institutions ne laissent imaginer que la fonction que vous occupez en tant que chef de l’Etat soit éternelle ni qu’elle émane de la puissance divine.

La Constitution de notre pays le stipule clairement que cette fonction a une limite dans sa durée. Le moment est donc venu pour vous de respecter le texte qui organise le pouvoir et de le quitter dans la sérénité et dans la Paix.

Vous avez eu le temps de faire ce que vous avez pu pour le Pays, comme vous l’entendiez. Aujourd’hui le dernier service à lui rendre est de vous retirer du pouvoir puisque vous arriverez dans un an, au terme de votre mandat.

Les Djiboutiens ne vous demandent pas de partir par la petite porte ni sous la contrainte, ni dans le déshonneur ! Au contraire ils vous demandent simplement de montrer l’exemple en agissant en Républicain convaincu et respectueux des institutions et des textes qui disent clairement ceci à propos de la fonction p résidentielle dans l’article 23

« le président de la république est élu pour six ans au suffrage universel direct et au scrutin majoritaire à deux tours. Il n’est rééligible qu’une seule fois. »

Par référence à cet article, votre mandat présidentiel arrivera à son terme, le 9 avril 2011. Vous avez le temps de prendre vos dispositions et de vous y conformer avec sagesse et un sens des responsabilités et de l’histoire qui jugera.

Croyez-moi, Monsieur le Président, en faisant ce choix digne d’un r épublicain, vous gagnerez l’estime de tout un peuple. Mieux encore, vous en sortirez grandi, vous en serez honoré et vous aurez légué à la mémoire nationale, un héritage indélébile.

On se souviendra de vous comme un président qui aura quitté le pouvoir dans l’honneur et dans le respect des institutions du pays. Présider aux destinées de toute une nation n’est pas une responsabilité quelconque, Monsieur le Président , mais vouloir s’éterniser au pouvoir est la pire erreur qu’un Président puisse commettre.

Tenter de vous imposer contre la volonté du peuple djiboutien, au prix d’une violation flagrante de notre constitution, sera contreproductive. Pire encore, ce choix placerait notre le pays dans une situation périlleuse : anarchie, risque d’embrasement intérieur.

Il vous incombe donc à vous et à vous seul de nous éviter le drame qui pourrait ruiner l’avenir de notre pays. Les semaines et les jours à venir seront décisifs pour le destin de notre pays.

Monsieur le Président, les Djiboutiens veulent que vous leur annonciez publiquement la nouvelle qu’ils attendent depuis longtemps : celle de votre départ du pouvoir afin de préparer le Pays à l’organisation d’élections libres et transparentes pour que vos compatriotes puissent choisir démocratiquement votre successeur.

Je vous en prie, Monsieur le président, n’hésitez pas une seconde de plus, pour faire ce geste salvateur et républicain.

Agissez en votre âme et conscience et refusez d ’écouter ceux qui vous supplient de rester au pouvoir. Car ceux-là, uniquement pour satisfaire des ambitions et des intérêts personnels vous rendront un mauvais service et vous entraîneront dans une spirale infernale.

L
e moment est venu de choisir la voie de la sagesse, celle de la raison et de la responsabilité que vous confère la fonction que vous oiccupez.

Ayez le courage d’agir en héraut et de quitter le pouvoir comme un grand homme. en agissant dans cette directeion vous allez vous honorer vous-même, votre famille et l ’ensemble du peuple djiboutien.

Et le jour où Dieu vous rappellera, c’est un grand honneur qui sera gravé sur votre pierre tombale.

Le peuple djiboutien vous dit d’avance. « Merci monsieur le Président d’avoir respecté la Constitution ! »

Hassa Houssein
Un compatriote djiboutien
Montréal canada