07/04/11 (B598) Point de vue : Pendant combien de temps encore, pourrons vivre dans l’anarchie absolue ? (Lecteur)

La population djiboutienne est en grande partie responsable d’un état totalitaire tout en lui donnant indirectement carte blanche. Jusqu’aujourd’hui, il n’y a pas eu de véritable prise de conscience de la part de cette communauté.

Elle est responsable parce quelle ne manifeste jamais pour dire « non » avec fermeté et détemination, à la division de la société civile, non au tribalisme et au communautarisme. Hélas elle observe seulement avec réprobation les conséquences du pourissement de situation. Le régime n’a fait que profiter de l’ignorance de nos concitoyens et il a simplement appliqué la formule « diviser pour mieux régner »

De ce fait, il a intensifié les massacres des civils, les arrestations arbitraires à grande échelle et les viols systématiques dans l’arrière-pays à l’abri des journalistes et des témoins.

Pour vivre en société, il faut un code de conduite et le respect de l’autre au sens large.

Les trois principes fondamentaux « unité, égalité et paix » sur laquelle la constitution djiboutienne est fondée, ont été bafoués délibérément peu de temps après que notre Nation ait obtenu son indépendance.

Il est temps de prendre conscience de ce qui nous unit au sein de notre communauté et de comprendre que les différences ne doivent pas nous faire oublier que sommes tous égaux devant les règles et les lois.

Le gouvernement est constitué par des hommes qui doivent garantir le respect et l’application des droits et des devoirs de chacun. En retour, leur pouvoir émane du consentement des gouvernés. Quand un gouvernement devient destructeur des valeurs fondamentales, le peuple a le droit de le changer ou de l’abolir et de se prononcer sur un nouveau gouvernement, en le fondant sur des principes et en l’organisant sous la forme qui lui paraît la plus appropriée pour garantir ses libertés, sa sécurité et son développement..

Du plus petit fonctionnaire au plus haut gradé, l’ethnie qui se trouve au pouvoir à Djibouti a accaparé tous les biens publics.

Face à ces comportements irresponsables qui sont devenus notre quotidien, quelle est la stratégie à mettre en place pour en sortir et pour espérer mieux ?

L’issue est-elle de fractionner le pays afin que chaque groupe puisse gérer son territoire de façon relativement autonome au sein de la nation, comme c’est le cas en Belgique ou dans tous les états fédéraux ?

Monsieur Mohamed Daoud Chehem a fait un coup de publicité en faveur d’un clan mafieu dirigé par des hommes comme Aden Robleh Awaleh et Abdouahman Boreh dit Charles Boreh.

Est-ce comme cela qu’il a pu financer sa campagne d’avril ?

Il faut appeler un chat un chat ! Il ne faut pas s’allier avec un tel ou un tel, rien que pour satisfaire des intérêts personnels ou pour accéder au poste de premier de ministre, qui n’est qu’un guignol dans le gouvernement.

Si vous relisez le parcours d’Aden Robleh Awaleh, vous constaterez combien il faut se méfier de ses actes et des paroles qu’il prononce devant les caméras et sur la toile. Lui aussi a vidé les caisses de l’état et accaparé les dons qui avaient été octroyés par des pays du golfe et d’autres.

Depuis qu »il fut ministre du commerce et jusqu’à nos jours son casier judiciaire s’est alourdi. En revanche, Mohamed Daoud rêve de devenir le premier des ministres. Pour cela il n’hésite pas à devenir l’amis de deux démons qui ont commis des atrocités en étant les piliers du régime.

Avant son départ pour l’exil, combien de personnes, Charles Boreh, avait-il licencié au port de Djibouti ? Pendant combien de temps avait-il confondu le verbe « manger » avec le verbe « tuer sans état d’âme » ?.

26/02/11 (B593) Point de vue Je ne suis pas très surpris de voir cette association des malfaiteurs avec leur Chefs en tête comme le couple infernal IOG/Kadra puis notre grand dictateur condamne l’opposition légale aux recours des armes et vandalismes pour garder le pouvoir à vie à lui-même (sic). (Lecteur)

C’est une chose qu’ils ont eu à faire ceux d’avant lui et présent comme les grands tyrans qui ont foulés sur cette planète depuis belle lurette tels que Pharaon, Nébrode, Adolf Hitler, Staline, Idamine Dada, Mussolini, Ben Ali, Moubarak , Khadafi etc…

Le terme dictateur – étymologiquement « celui qui parle » – désignait sous la Rome antique une magistrature exceptionnelle. C’était une magistrature suprême avec les pleins pouvoirs. Voir l’article : Dictateur romain.

C’est l’expression utilisée actuellement pour désigner ce que l’on appelait tyran dans l’Ancien Régime. Elle n’est généralement utilisée que pour désigner des chefs d’État de la période moderne (à partir des années 1930).

De manière générale, on appelle dictateur un chef d’État qui dispose d’un pouvoir absolu qu’il exerce de manière autoritaire. Si beaucoup de dictateurs arrivent au pouvoir à la suite d’un coup d’état (en Amérique du sud notamment) ou d’une guerre civile (Francisco Franco), il arrive qu’un dirigeant d’abord élu démocratiquement se transforme en dictateur (c’est le cas d’Adolf Hitler).

Les totalitarismes issus du début du XXe siècle (Allemagne nazie, URSS) ont donné au monde quantité de dictateurs au siècle dernier.

C’est vrai, comme un proverbe français a dit le ridicule ne tue pas.

Mais la démocratie est ridiculisée dans son essence même et cela me semble être une stratégie mise en place pour pérenniser leur pouvoir.

C’est l’histoire du voleur qui ne veut pas être volé, à l’heure actuelle où les choses bougent partout dans le monde comme la révolte du jasmin de la Tunisie, Égypte, Libye et les autres pays arabes.

Une lettre de lecteur publiée par le Financial Times d’aujourd’hui confirme le rôle de l’inflation des prix alimentaires en Égypte et dans les mondes arabes et africains.

La lettre de Vincent Truglia, intitulée, « C’est la nourriture et non pas la politique qui est au centre de la contestation en Égypte »,affirme que l’alimentation est « la vraie raison » du soulèvement actuel. « Il ne s’agit pas d’un soudain désir de réforme.

La question essentielle est plutôt le prix de la nourriture. (…)

Le ministère de l’Agriculture égyptien rapporte que 40% de la consommation alimentaire, comprenant 60% de la consommation intérieure de blé, l’aliment de base du pays, furent importés. L’Égypte, dans le passé, un des greniers à blé du monde, est aujourd’hui humiliée par son statut de plus grand importateur de nourriture mondiale. De plus, le gouvernement annonça que 50% des approvisionnements en blé furent ravagés par des insectes. Un tel gouvernement jette des doutes sur sa compétence. (…) L’enjeu n’est pas un enjeu politique; il s’agit de nourriture.»

Les choses ne sont jamais éternelles mes frères et sœurs compatriotes Djiboutiens et Djiboutiennes, comme disait Berthold Brecht, « L’affamé ne peut pas manger un bulletin de vote.» Alors les charognards vous n’avez pas rassasiés encore du cadavre de la pauvre république de Djibouti Basta IOG/Kadra!!! Dégage IOG/Kadra!!!Dehors IOG/Kadra , Kafaya IOG/Kadra!!!

23/02/11 (B592-B) Point de vue / Il faut que Djibouti soit réellement le pays des Braves. (Lecteur)

Dépassons nos peurs en prenant exemple sur nos amis Libyens car notre régime ressemble plus au régime sanguinaire du poltron Kadhafi qui est en train de massacrer ses compatriotes.

J’aimerais suggérer une idée de la suite à donner aux manifestations du 18 février dernier.

L’opposition devrait appeler tous les jeunes à bloquer les axes routiers des différents quartiers de la capitale et ceux des districts de l’intérieur simultanément en faisant des sitting avec comme seul mot d’ordre « IOG, dehors ! ».

Ceci amènera à disperser les forces de répression du dictateur et ainsi diminuer le risque de dérapage tout en augmentnet la pression sur le gouvernement.

En même temps les différents représentants de l’opposition à l’étranger devraient manifester devant les ambassades en demandant le soutien des différentes associations de défense des droits de l’homme sur place.

Finalement l’opposition devrait essayer de contacter les grands médias occidentaux et profiter de cette vague de soulèvement populaire à travers le monde pour se faire entendre.

Dernière chose, essayons de sympathiser avec les forces de l’ordre à Djibouti.

Faisons leur comprendre que dans les manifestations, qu’un de leur proche y participera certainement et que leurs balles seront incapables d’éviter les membres de leur famille.

Alors, de grâce, l’Armée djiboutienne, prenez votre courage et vos responsabilités en main. Plutôt que de diriger vos fusils contre votre peuple, vos frères et vos soeurs, appportez-lui votre soutien pour faire dégager le dictateur et son parti du pays.

Croyez-en que l’histoire avec un grand H vous sera en étrenellement reconnaissante. Ne marchez pas à contre-courant. L’Armée est au service du pays et de la sécurité de sa population, pas le contraire ! De toutes les façons, demain ou après-demain, le régime sera balayé et votre honneur commande d’être du bon côté.

10/02/11 (B590-B) Point de vue – La recolonisation de la République de Djibouti par les occidentaux (AJD – Association de la Jeunesse djiboutienne)

La recolonisation de la république de Djibouti par les grandes puissances (USA, France, L Allemagne, Japonais etc.) se fait en douceur et de manières intelligentes.

Les occidentaux ont placé à la tête de ce pays, une marionnette IOG, qui sert leurs intérêts, qui sont de différentes formes :
– lutte contre le terrorisme
– une position géo stratégique (Somalie, Soudan, Kenya, Ethiopie)
– spoliation de la richesse

En tant que Association des jeunes Djiboutiens, nous sommes convaincus que ce seraient les occidentaux, avec leur argent qu’il alloue à IOG, environ 200 millions de dollars au titre des loyers qui seraient versés au République de Djibouti, avec leur soutien militaire qu’il apporte auprès des services de répression (Garde républicaine, police, militaire) avec leur silence qu’il observe sur la répression policière de IOG qui tue et qui opprime la population Djiboutienne.

Comment se fait-t-il que ces pays qui se prétendent être des démocrates, soucieux du respect du droit de l’homme ,sous leurs yeux, IOG avec aisance jette en prison les principaux dirigeants des partis d’opposition et de surcroit Noel Abdi, défenseur de droit de l’homme à Djibouti.

S’ils ne veulent pas apporter leur caution à la répression de IOG qu’ils quittent le pays et laissent entre les Djiboutiens régler leur problème.
Sinon ce sont eux qui nous oppriment et qui sont complices de la répression policière de IOG

Nous lançons un appel au peuple occidental, garant de la démocratie occidentale (Congrès américains, Assemblée nationale française …) pour dissuader ses dirigeants corrompus de soutenir IOG le plus grand despote que le monde n ai jamais connu.

Une phrase de Martin Luther King.
"The ultime tragedy is not the cruel oppression by the bad person but the silent over that by the good person "

08/02/11 (B590) Point de vue : Le régime IOG et le Peuple : 2 conceptions de la démocratie (par Abdillahi Abdi Ahmed Diplômé de l’Institut d’Études Politiques d’Ottawa)

Depuis les législatives de 2008, IOG est impopulaire et son régime en déclin. Si au tout début des années 2000, les jeunes et moins jeunes affichaient manifestement leur soutien au Président actuel, aujourd’hui, c’est loin d’être le cas.

Son souhait de briguer un troisième mandat inconstitutionnel a sans doute accéléré son impopularité, mais les vraies causes de la distance entre le peuple et son régime résident dans la définition que donne chacune des parties au concept de démocratie.

Pour le régime IOG, un régime démocratique doit reposer sur un système électoral peu compétitif et dont les règles ne doivent pas s’appliquer de la même façon à tous les partis. Dans le mode d’organisation de la gouverne du régime, un seul parti dominant, même au sein d’une union, doit contrôler l’État et l’utiliser pour rester au pouvoir.

Le Régime IOG considère la démocratie de façade actuelle où l’opposition est tolérée et peut se développer mais ses droits politiques et ses intérêts limités comme étant la démocratie la mieux adaptée au contexte de notre pays. Cette restriction du droit du Peuple d’appartenir à des entités politiques investies de tous leurs droits constitue pour le régime, un moyen de réduire sa vulnérabilité aux secousses, mais vise également à rendre les citoyens des atomes sans liens sociaux.

S’agissant de la constitution, les récents changements apportés à notre constitution, sans une réelle consultation populaire, démontrent que dans la Démocratie du régime IOG, il doit ne pas y avoir d’esprit constitutionnaliste. La constitution du pays doit être amenée à changer à tout moment pour réintroduire des éléments qui dépassent l’entendement.

Quant à l’idéologie, le régime IOG est convaincu que la meilleure des idéologies est celle qui exerce un pouvoir total sur la société et sur l’individu. Les médias libres et diversifiés ne sont pas encouragés et les sites web censurés dans le seul but de contrôler les idées, c’est-à-dire l’originalité et l’imprévisibilité des Djiboutiennes et Djiboutiens. Dans cette idéologie, la notion de devoirs et de responsabilités envers le régime est plus importante que les droits individuels. Seuls les citoyens adhérant à cette idéologie monopolistique ne reposant que sur un seul homme, le meilleur Candidat, le seul à pouvoir créer l’espoir d’un jour meilleur sont récompensés.

Face à ce totalitarisme qui réclame tout pour le Régime, rien contre le
Régime et rien hors du Régime, la démocratie que le Peuple revendique n’a jamais été ambiguë. Abdillahi Abdi Ahmed Diplômé de l’Institut d’Études Politiques d’Ottawa

Les Djiboutiennes et Djiboutiens demandent une démocratie dans laquelle l’autorité réside dans le peuple par le biais de représentants responsables et imputables. Une démocratie qui permet à l’opposition de faire partie intégrante du parlement et de mettre un frein aux débordements du gouvernement par des critiques et des solutions.

L’égalité politique formelle de tous les citoyens plutôt que la complaisance et le favoritisme politique négatif visant à fidéliser certaines catégories de la population reste également une caractéristique de la démocratie que demande le Peuple.

Le Peuple Djiboutien réclame aussi une démocratie avec un mode de scrutin plus juste et un système électoral compétitif dont les règles sont publiques et s’appliquent également à tous les partis.

Le Peuple croit aussi à un régime démocratique lui garantissant le droit à l’information. La RTD et la Nation ne doivent pas être des organisations médiatiques du régime IOG, mais plutôt des organisations nécessaires au bon fonctionnement de la démocratie de notre pays.

Donc, elles doivent exercer avec indépendance leur mission de vulgariser les opinions alternatives des citoyennes et citoyens.

Enfin, comme la démocratie permet une société civile libre, active et qui demeure la résistance à l’envahissement de l’État. Le peuple Djiboutien est pour une démocratie qui ne détourne pas la société civile de sa mission de participer au projet de démocratisation de notre pays par des subventions partisanes.

03/02/11 (B589) Point de vue. Un lecteur nous envoie la copie de l’interview publiée en Anglais sur le site de l’IRIN (ONU) et il nous donne son sentiment en Français. Nous publions aussi un autre commentaire reçu de Djibouti

________________________ Avis du lecteur

Bonjour l’équipe,

Je vous envoie ci-joint l’interview de Guelleh qui est publiée sur le site de l’IRIN.

Comme vous pouvez le constater, il conseille aux Somaliens de se soulever comme l’ont fait les Tunisiens et de mettre à la porte les forces étrangères.

Drôle de Dictateur !!!!! Et chez lui ???

De nombreux sites internet de la diaspora africaine au Canada ont refusé de publier son interview parce qu’il considère IOG comme un dictateur affamé de pouvoir.

________________________ Avis d’un autre lecteur à Djibouti

Hier la BBC en langue Somalie a diffusé la partie concernant la Somalie.

C’est vraiment étonnant !
Est-ce un nouveau signe de défaillance mentale ?
Est-ce que le courant ne passe plus entre IOG et Washington Foreign Department?

La solution de la Tunisie à Mogadiscio, qu’IOG préconise, concerne-t-elle les Forces d’Amison?

Ce qui est incontournable est la volonté du Peuple Somalie contre les Forces d’Amison et celles de Djibouti belles et bein présentes à Mogadiscio.

Par un vieux Djiboutien
d’origine Somalie

__________________ Extrait d’IRIN (partie consacrée à la Somalie)

Somalia

Q: Somalia has been a key challenge for the region and for Djibouti in particular. Do you sometimes despair about the situation?

A: I do sometimes despair. We have invested a lot of time and resources to try and get [Somalia] out of the situation it is in. At the moment, I cannot honestly point to anything that I can say `If this is done, Somalia will regain its honor, dignity in the world.’ I just don’t know what the cure is.

We tried everything. The only thing left is perhaps a Tunisia-like uprising by the people. Maybe Somalia needs to tell these people: `We are fed up. Go away, we don’t want you.’

We are in a situation where, when someone becomes president, some group will say he is not to our liking and they [usually] have veto power. The only reason they don’t [like] that individual is because they don’t [see] their own personal interest in there. It has nothing to do with the interest of the people or what the people want.

Q: There has been talk of Djibouti sending troops to Somalia; are you sending peacekeepers, and what difference would that make?

A: We are not sending combat troops but trainers. We want to train our Somali brothers and instill in them that they are the owners of their country; they are the ones who must die for it. They must be able to challenge every other armed force. Our aim is to build the capacity and foundation of the Somali army.

Q: In your opinion, what more can the UN/international community do to help Somalia?

A: We are at a stage where people have scissors to cut up the country. The other day I heard about a southeast state. The US mentioned that it talks to existing entities; now everyone is getting in on the act.

Intervention from outside has not helped and will never help. The solution is for the people to say stop. I would like to see the people of Somalia say they have had enough of displacement; they have had enough of being refugees and that they have had enough of guns.

27/01/11 (B588) Point de vue : un lecteur nous adresse un article extrait de la Gazette de Djibouti. Le Virus Djiboutien,

La Gazette des Jeunes
Lien : http://chakatouri83.wordpress.com

Pour les jeunes Djiboutiens (ennes) qui parviennent jusqu’au lycée, l’avenir est encore plein des promesses et des rêves qui bercent toutes les jeunesses du monde: tout effort mérite salaire (les notes sont là pour le rappeler), le mérite de chacun sera inévitablement récompensé à sa juste valeur (la preuve, ceux et celles qui bossent sont admis en classe supérieur), l’amour existe… Ces illusions sont durement balayées par la réalité et ne résistent pas à la confrontation avec les faits dont on est témoins au quotidien. On voit son père se plaindre de son supérieur, qui se trouve être incompétent et tribaliste. On entend des mots comme « parachuté », « pistonné », etc..

Et on commence à comprendre petit à petit que la société dans laquelle on vit fonctionne avec des valeurs contraires à celles que l’école s’efforce tant bien que mal de nous inculquer: le mérite est remplacé par le pistonnage et le recours aux « cousins », l’effort par la paresse récompensée. La gangrène s’installe. Le choc est encore plus grand pour ceux et celles qui, avant d’être « contaminés » par le virus djiboutien, partent pour l’étranger pour y faire des études, évoluent dans une société méritocratique, et reviennent au pays pour rencontrer le tribalisme, la gabegie, la mauvaise foi de certains et le découragement (ou l’indifférence) des autres.

N’ayons pas peur des mots, et donnons même l’impression d’enfoncer des portes ouvertes: notre société est basée sur le tribalisme, le clientélisme et la peur. Ceci dit, ce sont nous, les Djiboutiens (ennes), qui nous plaignons de cette, qui la faisons perdurer. De quelle manière? Quand nous sommes devant la Cité Ministérielle dans la file d’attente, que faisons-nous au lieu d’attendre patiemment son tour d’entrer? Nous faisons appel à nos connaissances pour entrer plus vite par la porte de service. Et quand nous devons payer une taxe, ou une quelconque redevance à l’Etat? Nous préférons plutôt payer un pot-de-vin? Enfin, quand nous cherchons une promotion ou tout simplement un travail, faisons-nous confiance à nos qualifications et/ou notre expérience? Se faire pistonner est le moyen le plus efficace, pour ne pas dire l’unique moyen, d’avancer dans sa carrière à Djibouti.

Tribalisme, clientélisme et peur.

Les somalis ont l’habitude de dire qu’il existe le « xeer », la loi, considérée comme « sèche » selon la traduction directe, ou plutôt stricte et n’autorisant pas d’interprétations oiseuses, et il y a aussi le « xaagaan », l’arrangement, qui permet de mettre de côté la loi et sa rigidité pour arriver à une solution rapide et satisfaisante. Cette façon de voir les choses n’a rien de répréhensible en soi, mais poussée à l’extrême, la logique du « xaagaan » a été pervertie. Appliquée à tout moment et préférée systématiquement à la loi, elle correspond de fait à rester en dehors de la moi, « hors la loi ». Toute la société fonctionne sur le principe du « xaagaan »: il y a ce qui est écrit e ce qui se passe dans la réalité. Aucun recours n’est possible si une injustice est faite dans ces circonstances, du moment que tout peut « s’arranger », d’une manière ou d’une autre et que personne n’applique les règles du jeu.

Une question se pose à tous ceux qui espèrent un changement de régime, ou tout simplement un comportement plus responsable de nos dirigeants: comment attendre d’eux un quelconque changement d’attitude dans la manière de gérer le bien public, si nous-même ne changeons rien à notre attitude, et faisons au contraire perdurer ce système tribaliste et clientéliste sur lequel est bâti notre société? Donnons un exemple très concret: un enseignant est sanctionné par une retenue sur le salaire. Dès qu’il en prend connaissance et avant que la sanction ne prenne effet, il fait tout pour parvenir jusqu’à l’employé(e) du ministère des finances qui s’occupe des retenues de salaire et essaie de « s’arranger » avec lui ou elle. Imaginez maintenant le comportement probable d’un fonctionnaire de plus haut niveau, un chef de service par exemple…

Quand on accepte de s’arranger avec la loi, on se compromet et on devient « client » du système. Une fois inoculé, le virus ne vous quitte plus. De compromissions en arrangements, les individus s’engluent dans leur médiocrité et leur veulerie et préfèrent invoquer le destin ou la volonté d’Allah, au lieu de voir leurs tares en face. Avec le destin et la volonté d’Allah, l’une des raisons qu’on a l’habitude d’évoquer pour justifier notre inaction, c’est le fait qu’une personne ne peut à elle seule changer les choses: et puis, de toute façon, pourquoi je devrais m’efforcer de suivre le règlement quand personne d’autre ne le fait? Ne dit-on pas d’ailleurs (et c’est l’un des proverbes favoris des djiboutiens) que quand on arrive dans une contrée où tout le monde est borgne, il faut aussi s’arracher le deuxième oeil?

Par conformisme et par peur de « se faire remarquer » par les « autorités » (comprenez l’appareil d’oppression du régime), on courbe la tête, on fait comme les autres et on « boucle sa gueule ». Voilà, tout est dit et la boucle est bouclée.

On admet, on pratique et on défend même le tribalisme, on « s’arrange » avec la loi et enfin on a trop peur de relever la tête, pour ne pas se la faire couper. On accepte que rien ne marche comme prévu: les robinets, l’électricité, l’administration… On accepte qu’aucune promesse ne soit tenue: celle du gouvernement à son peuple, celle du parent à son enfant. On accepte qu’aucun engagement ou rendez-vous ne soit respecté. On s’étonne même que quelqu’un se souvienne de jeter ses détritus dans la benne à ordures!!

Si on a accepté tout cela, on doit donc être prêt à accepter que rien ne change à Djibouti. Ce qui est fait pour la plupart d’entre nous…

08/01/11 (B586) Un lecteur apporte une précision et des informations historiques intéressantes suite à un article proposé par un lecteur dans la rubrique « Radio-Trottoir »

Je vous écris suite à l’article intitulé : « Ali Sabieh envahi par les Asayamara de Yoboki ? ». Le titre de cet article traduit une certaine méconnaissance, que son auteur a de la société AFAR en général et notamment des Qasah Yamara en particulier.

Il y a un décalage entre le titre et le contenu. Cela pourrait laisser penser que l’auteur de cet article est un djiboutien probablement d’origine Somali.

Un petit rappel historique s’impose.

Les Qasah yamara, opposés traditionnellement aux Qadoh Yamara sont les descendants de Caxal Maacis, l’ancêtre éponyme des Caxal Maacis xaylo et père fondateur des Sultanats Afar : Moodayto, Adqali, Dammohoyta et Uluqto.

Au XVIIIème siècle, le terme prend une dimension politique autour de laquelle se nouent des alliances inter-tribales. Des combats entre ces deux groupes eurent lieu pour la prise de contrôle de la vallée d’Awash. Les Qasah yamara en sortirent vainqueurs.

Les Qasah Yamara comme les Qadoh Yamara vivent à cheval entre Djibouti, l’Ethiopie et l’Erythrée. Ceux du sud de Djibouti (Dikhil, Yoboki, Hanle, Yager, Gamarri, Galafi, Gaggade, Dawdayya, Obno, Goobaqad etc.) sont soumis à l’autorité du Sultan d’Awsa, le « Amoyta » Ali Mirah. A ce titre, ils sont considérés comme les ressortissants du Sultanat d’Awsa.

Lorsque les Français arrivèrent à Djibouti, ils bouleversèrent les relations interethniques préexistantes et les airs de stationnement de chaque tribu de la région. Le Sultan d’Awsa s’opposa vigoureusement à l’installation des Français dans un pays qu’il considèrait comme son territoire. Il a envoyé ses troupes à Dakka. Nommé à Dikhil en 1934, le chef du poste Albert Bernard meurt dans l’engagement de Modactu, au sud du Lac Abbe. Son assaillant est identifié : Macammad Qasa Qunxe de Dokqi Moodayto.

Dès lors, la France réactive les vieilles querelles intestines et apporte son soutien aux tribus qui lui sont favorables. Didier Morin : « avec la mise en place des pelotons méharistes, l’administration française donnera aux Qadorasu la plaine de Hanle au sud de Yoboki » au détriment des Uluqto qui avaient déjà abandonné le puits de Tewqo, Gurqubbus, Fiiroh-af, Kuutali, Qadayto le buyyi.

A l’ouest, les Galqeela abandonneront le Goobaqad au profit des Debnes.

Tout au long de la période coloniale, la France va chercher à stigmatiser les Qasah Yamara parce qu’ils n’ont jamais accepté la violation de leurs territoires.

Plus tard, ce même schéma sera reproduit par le régime de Hassan Gouled.

Pour cela, il va jouer sur la vieille division historique des Afar. Aujourd’hui, leur situation est dramatique : aucun ministre, aucun haut fonctionnaire, aucun officier n’ont de responsabilités dans le pays. Ce sont des laisser-pour-compte.

A ne pas se tromper toutefois, car ce sort est réservé à toute la communauté Afar de Djibouti. Le régime en place a bien su tirer profit du vieil conte populaire de « 3 vaches ( rouge, noire et blanche) et le lion ».

Le titre de cet article pourrait sembler faire un amalgame et jetter l’opprobre sur cette communauté très respectueuse des autres communautés de Djibouti.

D’une part, les Qasah Yamara du sud de Djibouti sont des Djiboutiens à part entière, contrairement à certaines tribus Somali-Issas, comme les Mamassan qui sont originaires de l’actuelle Somaliland, les Xurba, les Uluqto, les Lubak-kubo, les Wandaaba, les Gambels, les Qaxkalto, les Moodayto, les Uluqtok-Moodayto, les Uluqtok-seeka, les Waadima, les Uluqtok-Waadima, les Gaala-caba, Abqa meela etc. sont respectivement natifs de Yoboki, Hanle, Doobi, Galafi, Gamarri, Yager, Yoboki, Dawdayya, Hanle, Yager, Dakka, Kaxxa Gamarri, Galafi.

D’autre part, leurs territoires respectifs sont à Djibouti à l’exclusion de tout autre, et non en Ethiopie ou en Erythrée, contrairement aux Mamassan et certaines tribus Issas originaires, soit de l’Ethiopie, soit de l’Erythrée.

IOG n’est-il pas lui-même un Mamassan originaire de l’Ethiopie ?

Intituler un article de la sorte pourrait laisser penser à un lecteur non averti, que les Qasah Yamara sont une horde de« Galla », des étrangers qui « envahissant » la paisible ville d’Ali-Sabieh. Cette fausse idée contribuerait à alimenter la haine entre les communautés de Djibouti.

A Ali-Sabieh ou ailleurs, les Qasah Yamara sont chez eux, et les Ali-Sabiens sont aussi chez eux à Yoboki, à Galafi, à Dorra, à Gaggade, à Balho, à Malaaho, à Dawdayya, à Andabba, à Siyaaru, à Cayyu.

Ce sont toutes des villes djiboutiennes et tous les citoyens natifs de ce pays ont le droit d’y résider.

Ne montez pas les communautés les unes contre les autres, par méconnaissance ou pire par provocation, Monsieur, car vous allez dans le sens du régime en place. Vous feriez mieux de nous aider à combattre ce régime exécrable qui survit du tribalisme.

A la chute de ce régime néocolonial, il n’y aura plus de Qasah Yamara, de Qadoh Yamara, d’Issas, de Gadabourci, d’Issaq, d’Arabes, de Daarods, de Midgaans, mais des djiboutiens libres et égaux en droits.

Un Qasah Yamara de Yager très remonté
contre notre Laurent GBAGBO local !