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10/10/2012 (Brève 035) Un préfet glouton !!!! Sur Tadjourah et sa population, règne un Préfet pas comme les autres : Abdoulnahab M. est-il un commerçant, un pêcheur ou bien encore un Préfet ? (Correspondant)

Le plus grand restaurant au monde se trouve en Syrie : Il s’agit du Bawabet Dimasshq (les portes de Damas), qui dispose de 6 014 places, tandis que le restaurant Noma de Copenhague dirigé par le Chef René Redzepi a été désigné comme le meilleur restaurant du monde par The S.Pellegrino World, une revue britanique spécialisée.

La Préfecture de Tadjourah – sous la dynamique impulsion du nouveau locataire des lieux – s’est-elle transformée, en une étape culinaire « imposée » ?

La question mérite d’être posée car de nombreux visiteurs (officiels) de la ville Blanche désertent les établissements patentés ayant pignon sur rue, pour aller se restaurer chez le représentant de l’Etat, fraîchement nommé. Bien sûr, M, le Préfet ne nourrit pas ses hôtes gracieusement au nom de la charité chrétienne, pardon, musulmane. Loin s’en faut car, il nourrit en réalité, une réelle ambition d’enrichissement depuis le haut de la colline qu’il habite depuis le 25 février 2012 –

Il facture les repas en faisant croire à ses visiteurs des Ministères ou des organismes internationaux, qu’il en sous-traite la confection aux restaurateurs informels de la ville.

Serait-ce sa «politique» de lutte contre le chômage endémique de la région, qui le pousse à concurrencer de la manière la plus déloyale, ceux qui s’acquittent honnêtement de leurs impôts ?

Peut-être que le quadragénaire, dépourvu de tout scrupule, caresse l’ambition de devenir le plus grand restaurateur au monde, en utilisant la main d’oeuvre préfectorale. Par la même occasion, caresse-t-il secrètement l’espoir de se hisser dans la cour des restaurateurs « étoilés » ?

Il est important de noter au passage, que l’homme qui a été nommé par le Ministère de l’intérieur, pointait officiellement jusqu’en février 2012, à l’Agence Nationale de l’Emploi, de la Formation et de l’Insertion Professionnelle…

Accessoirement, il était et il est toujours commerçant.

Chez lui, tout est à vendre ou presque.

Paradoxalement, le très peu respectable représentant de l’Etat, flirterait avec le fondamentalisme musulman, même si son rapport si singulier avec l’argent, ne correspond pas forcément, aux principes défendus par ses « camarades-pèlerins» qu’il régale périodiquement avec les deniers publics.

Cette affaire scandaleuse et intolérable, mérite l’attention de toute bonne conscience, puisqu’il est question de la survie même, du métier de la restauration et même du tourisme, dans la région de Tadjourah, qui sont menacés par cet intriguant polyvalent.

Quelle sera la prochaine cible de M. Abdoulnahab M. B dans la région de Tadjourah, quel secteur d’activité économique va-t-il ajouter à la liste de ses « compétences » personnelles ?

Les paris vont bon train …..

17/05/2000 – LES ENFANTS MINEURS NE SONT TOUJOURS PAS LIBERES.NOUS PREPARONS UNE MOBILISATION DE TOUTE L’OPINION INTERNATIONALE ET DES GRANDES ASSOCIATIONS EN LEUR FAVEUR.

Notre Association prépare une campagne d’information et des appels d’urgence qui vont être diffusés à toutes les Associations, au Gouvernements européens et aux instances internationales ONU, UNICEF, etc…

D’après les déclarations du Procureur de la République de Djibouti dans le journal officiel « La Nation », ces enfants âgés de 10 à 15 ans ont été condamnés à UN AN de prison ferme pour avoir ‘sniffé’ de la colle et avoir été arrêté, pour certains, avec de petites quantités de Canabis ou de Khat ?

Ces enfants mineurs (probablement orphelins) réfugiés à Djibouti pour fuir la guerre entre l’Erythrée et l’Ethiopie n’ont bénéficié d’aucune assistance de la part des autorités djiboutiennes à leur arrivée. Faute d’une aide, ils étaient seuls, dans les rues de Djibouti, devant assurer leur propre survie …. A 10 ans !

La seule chose qu’a fait le gouvernement dictatorial avec la complicité des forces spéciales de Police et de la Justice, c’est d’arrêter ces enfants et de les traduire devant un Tribunal. Sans aucune gène, le Procureur de la République explique qu’ils ont agi avec discernement …. et qu’ils ont reconnu les faits. Ces enfants parlent-ils la même langue que ceux qui les ont interrogés : ont-ils été frappés, torturés par les suppots du dictateur ?

Ont-ils été assisté d’un avocat au cours de leur procés ? Et quel avocat ? L’un de ceux qui défend le régime et qui en récolte les bénéfices, alors que les fonctionnaires ne toucheront au mieux que deux mois de salaires en 2000 (selon des prévisions sérieuses ..), si la situation continue à se dégrader au même rythme ..

Il est probable qu’ils n’ont jamais été régulièrement à l’école… Qu’ont-ils bien pu comprendre de la procédure diligentée contre eux par le Procureur de la République ? En tout cas, ils n’ont certainement pas été informés des possibilités de recours : appel, etc. ?

Cette situation est intolérable. Les enfants doivent être libérés immédiatement et remis entre les mains d’ONG qui pourront assurer leur sécurité et leur réinsertion, après tout ce qu’ils ont subi.

Nous allons demander aux instances internationales de les représenter afin que des avocats libres et indépendants puissent prendre leurs intérêts en charge ….

Nous sollicitons toute l’opposition djiboutienne pôur que ses représentants interviennent à titre humanitaire en faveur de ces enfants et nous demandons à Monsieur Ahmed Dini qui conduit des négociations avec le pouvoir, de plaider leur cause.

17/05/2000 – TCHAD: SITUATION MILITAIRE CATASTROPHIQUE FAYA-LARGEAU DE DEBY A FEU TANDIS QUE DANNAMADJI DE NAGOUM A SANG

Contrairement aux communiqués et autres démentis du gouvernement, la situation militaire sur l’ensemble du territoire n’est guère brillante.

En effet :

1)- Piège à cons : Pris dans son propre piège, le gouvernement qui fait empoisonner les puits d’eau dans le désert pour assoiffer les rebelles et les populations civiles du Nord du pays ne peut alimenter nos braves soldats en eau potable que par avion à partir de N’Djaména. Ainsi faute d’eau potable, un soldat n’a que quelques litres d’eau par mois. Compte tenu de la canicule et l’empoisonnement des puits d’eau beaucoup de nos soldats meurent de soif par centaine parce que déshydrates.

2)- Diète noire : Mieux, seuls les soldats membres de la famille ou du clan du chef de l’Etat mangent à leur faim (repas complet avec comme sauce viande de chameau) tandis que les soldats originaires d’autres régions du Tchad devaient se contenter de la boule ou du riz sans sauce et dans les pires des cas des dattes. Ces derniers meurent par centaine parce que dénutris. Combien de malades de faim et de soif faméliques sont-ils évacués à la garnison de N’Djaména ?

3)- Evacuation sanitaire des blessés interdite : Le fait pour nous d’avoir porté ces faits à la connaissance des Tchadiens au cours de notre conférence-débat du 23 avril dernier a amené le chef de l’Etat à interdire les évacuations sanitaires sur N’Djaména. Tous les blessés, les malades de faim et de soif doivent être maintenus à Faya-Largeau quitte à ce qu’ils meurent massivement faute de soins appropriés. Pendant ce temps, les
blessés de la race arienne continuent d’être évacués.

4)- Bagarre au sein de l’ANT : Le 28 avril 2000, accrochages entre les soldats bon teint et ceux laissés pour compte. On dénombre 62 morts et 18 blessés. Beaucoup d’entre ceux-ci rejoignent armes et bagages le MDJT de M. Youssouf Togoïmi. Le 30 avril 2000, on dénombre 50 morts du côté gouvernemental. Le 1er mai 2000, 38 morts et 49 blessés etc. Trois garnisons militaires importantes à savoir Miski, Zoumri et Zouar sont conquises par le MDJT sans combat ouvrant ainsi la porte de N’Djaména par Faya-Largeau.

5)- Recrutement des militaires defflatés et retraités : Aux abois, les autorités font appel aux mercenaires soudanais, aux militaires tchadiens defflatés ou retraités à la demande de la Banque Mondiale pour la protection de Faya-Largeau afin de barrer la route de N’Djaména aux rebelles.

6)- Mercenaires arabes : Cent dix véhicules bourrés de mercenaires arabes de toutes nationalités confondues volent au secours de Idriss Déby pour former présentement une ceinture autour de N’Djaména.

7)- Refus des arabes tchadiens de se battre : La tentative de M. Abdérhahim Barre Itno, neveu d’Idriss Déby (deuxième adjoint au Chef d’Etat-Major général de l’armée) de mobiliser les arabes tchadiens pour protéger Faya-Largeau et N’Djaména a lamentablement échoué. Ces derniers lui ont opposé un refus catégorique.

8)- Déby doit démissionner : Au lieu de s’entêter, le chef de l’Etat, M. Idriss Déby, doit démissionner comme le lui recommandent les Tchadiens et depuis peu ses Pairs et pas des moindres. Seule la démission d’Idriss Déby peut débloquer la situation.

9)- Les sites des 300 puits de pétrole du sud brûlent : Actuellement la situation au sud n’est pas non plus brillante. Le site du pétrole notamment les sous-préfectures de Doba, Bébédjia, Goré, Mbaïbokoum, Moundou, Beinamar, Krim-Krim, Bénoye où se trouvent les 300 puits de pétrole est à feu et à sang. Des enseignants, des militaires démobilisés ou retraités dans le cadre de la réduction de l’effectif de l’armée et ce, avec l’argent
de la France et de la Banque Mondiale sont pris dans leurs villages respectifs et innocemment exécutés sans aucune forme de procès(cf. N’Djaména-Hebdo n°419, 420 et 421 des 20, 27 avril 2000, 3 et 10 mai 2000, ma lettre du 18 avril 2000, Le Temps n°208 et 209 des 3 et 10 mai 2000, L’Observateur n° 95 et 96 des 4 et 10 mai 2000 etc.). Des villages pillés et les populations passées à tabac etc.

10)- Engagement massif de jeunes recrues dans la rébellion du sud : Face à ces tracasseries militaires dont ils sont l’objet parce que soupçonnés d’intelligence avec la rébellion, les jeunes disparaissent massivement dans la nature à la recherche des foyers de rébellion pour s’y engager. Des militaires démobilisés ou retraités en font autant quand ils voient leurs collègues être abattus comme des chiens. Nous attendons la liste des personnes tuées depuis cette campagne de génocide.

11)- De nouveau, le génocide au sud: Les militaires envoyés au sud sont pour la plupart des déserteurs bon teint et de bonne famille du front Nord. Reconditionés pour le besoin de la cause, ils promettent la pire des politiques de la terre brûlée plus terrible et plus féroce que celle des années passées notamment d’octobre 1997 à mai 1998 (lire Noir silence de François-Xavier Vershave, Editions, Les Arènes, 2000).
Pendant ce temps, les déserteurs originaires d’autres régions du Tchad sont passés purement et simplement par les armes une fois repris. Pour traquer Moise Ketté, la plus part des vieilles personnes de son village, Bounguey dans le canton Béboto, sont arrêtées et passées à tabac. Parmi elles, il y a le chef de village et son fils aujourd’hui dans un piteux état après tortures. Mieux, les militaires auraient obligé les populations des villages du canton de Béboto à se déplacer à Béboto pour couper la retraite et l’approvisionnement à Moise Ketté Nodji. Bientôt, il en sera de même pour les populations du canton Bodo, Yanbodo.
Les deux préfets du Logone Oriental et Occidental en campagne de sensibilisation dans les cantons Bodo et Béboto promettent la pire des politiques de la terre brûlée, parce que pour eux, les foyers de rébellion au sud y sont, de tout temps, nés. On comprend, pour quelles raisons, les populations de ces deux cantons déguerpissent massivement leurs villages pour les sous-préfectures de Bébédija, Goré ; Koumra, Doba, Moissala etc.

12)- Armes chimiques : Idriss Déby serait allé à la recherche des armes chimiques en Turquie pour la destruction massive des populations innocentes du nord comme du sud comme le laisse croire la presse.

13)- Dannamadji, village de Nagoum YAMASSOUM, Premier Ministre à feu et à sang : Il y a trois jours Dannamadji dans la sous-préfecture de Maro est à feu et à sang. En effet, des militaires aidés par les membres de leur famille ont ouvert le feu sur les populations sans raison apparente. La réaction ne s’est pas fait attendre. Les populations de Dannamadji (ngama, mbaye, gor et sara) ont attaqué ces militaires . Bilan six (6) morts du côté des militaires et leurs familles et trois (3) et 40 maisons brûlées du côté des autochtones.

14)- Faya-Largeau, village d’Idriss Déby à feu et à sang : A Faya, les militaires zagawa soudanais, pour la plupart des chefs, auraient tué deux militaires originaires du sud avant d’attaquer l’escadron blindé dans le but de les déposséder de leurs armes lourdes. La réactions des militaires de l’escadron ne se fait pas attendre. Ils auraient quitté la ville et mis hors d’état de nuire leurs agresseurs. 25 Toyota bourrées de ces zagawa venus du Soudan auraient fui Faya-Largeau pour leur pays. Fada et Bardaï
encerclés (à suivre).

Le Coordinateur Exécutif Fédéral
Ngarlejy YORONGAR LE MOÏBAN

16/05/2000 – Aucune organisation internationale n’est représentée à la Conférence pour la Paix en Somalie.

Aucun représentant de l’OUA ni de la Communauté européenne ne participe à la conférence d’Arta pour la Paix en Soimalie. Même le secrétaire général de l’ONU, pourtant en visite en Afrique, n’est pas venu apporter son soutien aux participants.

Le seul représentant régional de l’ONU n’a pas souhaité rencontrer les Associations djiboutiennes de défense des Droits de l’Homme, ni le représentant pour l’Afrique de l’Est de toutes les Associations africaines : UIDH + les autres associations…

16/05/2000 – La majorité des djiboutiens fonctionnaires ne devraient pas pouvoir espérer plus de deux mois de salaires au titre de l’année 2000 !

La majorité des fonctionnaires vient de toucher le solde de l’année 1999 en ce mois de mai 2000. Selon des prévisions sérieuses, ils pourraient recevoir un mois de salaire en Aout et un mois en Décembre, soit deux mois payés pour un an de travail.

L’Etat des finances de la République est dans un état catastrophique, mais cela n’empêche pas les proches du pouvoir et Monsieur Guelleh de mener une vie fastueuse et d’engager des dépenses considérables pour leurs maisons et pour leurs voitures.

16/05/2000 – L’enquête sur l’affaire Borrel est minée par la suspicion ( Extrait Le Monde, http://www.tout.lemonde.fr/ )

Près de cinq ans après la mort du juge français à Djibouti en 1995, sa veuve accuse les magistrats instructeurs de négliger la thèse de l’assassinat pour privilégier celle du suicide.

L’enquête sur la mort étrange du juge Bernard Borrel, à Djibouti en 1995, tourne au conflit entre les deux juges d’instruction chargés du dossier et la veuve du magistrat. Celle-ci reproche aux juges Roger Le Loire et Marie-Paule Moracchini de négliger la thèse de l’assassinat pour privilégier celle du suicide. Selon elle, l’éventuel assassinat de Bernard Borrel pourrait être lié à son rôle lors de l’instruction d’un attentat commis à Djibouti en 1990.
Les juges, eux, ont complété une enquête initiale très mal menée en se rendant à Djibouti avec la directrice de l’institut médico-légal de Paris. Son rapport, controversé lui aussi par Mme Borrel, ne laisse guère de place à l’hypothèse criminelle. La polémique s’est également nourrie de deux témoignages contestés sur le rôle éventuel de la présidence djiboutienne dans cette affaire minée par la suspicion.

Mis à jour le lundi 15 mai 2000

ASSASSINAT ou suicide ? Voilà bientôt cinq ans que « l’affaire Borrel » – du nom d’un juge français mort dans des conditions étranges, le 18 octobre 1995, à Djibouti – se heurte à cette question. La première hypothèse, celle de l’assassinat, est défendue avec obstination par sa veuve, elle-même magistrate à Toulouse. La seconde, celle du suicide, emporte, pour l’instant, la conviction des enquêteurs. Le fossé est tel, entre ces deux certitudes, qu’un climat de suspicion s’est développé, au point de gangréner un dossier complexe.

Toute à son combat, Mme Borrel reproche en effet aux juges Marie-Paule Moracchini et Roger Le Loire, ainsi qu’aux autres intervenants (policiers, experts…) de vouloir « étouffer » ce qu’elle qualifie, sans preuve, d’ « affaire d’Etat » impliquant les autorités djiboutiennes. Les deux magistrats, sans jamais polémiquer, lui opposent ce qui constitue, à leurs yeux, la réalité des faits : son mari, dont le corps calciné avait été retrouvé au bas d’un ravin, se serait donné la mort par le feu. Toujours selon les enquêteurs, ce magistrat détaché à Djibouti en tant que conseiller technique du ministre local de la justice, était profondément déprimé ; ce que conteste Mme Borrel. Au mois de mars, les juges se sont rendus pour la deuxième fois sur place. Des policiers et un représentant du parquet les accompagnaient, de même que la directrice de l’Institut médico-légal de Paris, Dominique Lecomte, conviée à titre d’expert. Le rapport de cette dernière développe un scénario qui ne laisse guère de place à l’hypothèse criminelle.

A l’approche du ravin, dans l’obscurité du début de soirée, Bernard Borrel se serait agenouillé, en tenant au-dessus de sa tête un bidon d’essence acheté dans une station-service. Après avoir déversé une partie du contenu sur sa tête et sur son buste, il serait descendu jusqu’à une sorte de palier.
Là, il aurait allumé son briquet et se serait transformé en torche humaine, dévalant le ravin « dans une fuite instinctive douloureuse, aveuglé du fait des brûlures du visage et des yeux ». Plus bas, il se serait blotti entre deux pierres, « en position recroquevillée de souffrance pré-mortem ». L’agonie aurait duré plusieurs heures.

« AVANCER UN SCÉNARIO »

Mme Borrel s’insurge contre ce récit : « Un expert médico-légal n’est pas là pour avancer un scénario mais pour déterminer les causes de la mort ! Or, comme Mme Lecomte ne peut pas le faire, elle déforme tous les éléments pour étayer sa thèse, qui est celle des juges. De plus, elle se trompe dans les dates. » Mme Borrel lui reproche en outre de négliger le travail d’un autre spécialiste, sollicité à titre privé, fin 1997. Celui-ci, le professeur Lazarini, avait en effet écarté le suicide par immolation. L’absence de suie dans les bronches l’avait conduit à « rejeter la notion de carbonisation s’étant produite du vivant du sujet ». A en croire M. Lazarini, M. Borrel était déjà mort au moment où son corps a brûlé.

Mme Lecomte repousse ces conclusions. Forte du témoignage d’un médecin de Djibouti et surtout de photos recueillies sur place, elle s’en tient à la thèse d’un « oedème pulmonaire » dû à l’inhalation de vapeurs d’essence. Une rencontre entre cet expert et Mme Borrel a donné lieu à divers accrochages, le 2 mai, en présence du juge Moracchini.
L’expertise est également contestée par le Syndicat de la magistrature (SM, gauche), partie civile au même titre que les autres organisations professionnelles (APM, USM). « J’ai l’impression que l’on enquête que dans un sens, regrette Anne Crenier, présidente du SM. Les juges ont demandé à Mme Lecomte de valider le suicide sans envisager une autre hypothèse. »

Les points de friction sont si nombreux entre Mme Borrel et les juges que le dossier semble à jamais miné par le doute. Cette dérive s’explique en partie par les errements de l’enquête initiale, menée en 1995, à Djibouti : autopsie non effectuée ; disparition du dossier médical et des radios… Les juges, dont les avocats cherchent à obtenir le dessaisissement, ne sont pas responsables de ces négligences puisqu’ils n’étaient pas encore saisis. Ils en paient malgré tout les conséquences.

Le dossier est d’autant plus complexe que d’étonnants témoins sortent de l’ombre. Le premier a été Mohamed Saleh Alhoumekani, un ancien membre du service de sécurité du palais présidentiel de Djibouti ( Le Monde du 14 janvier). Cet homme met en cause l’actuel président, Ismaïl Omar Guelleh, qui, au moment des faits, dirigeait le cabinet du chef de l’Etat de l’époque. M. Alhoummekani affirme avoir assisté, le 19 octobre 1995, dans les jardins du palais, à une discussion entre cinq personnes, dont M. Guelleh, évoquant le meurtre du « juge fouineur ».

A Djibouti, où les magistrats parisiens ont entendu une trentaine de personnes, rien n’a permis d’établir que M. Alhoumekani disait la vérité. Les enquêteurs ont au contraire recueilli de nombreux éléments prouvant, selon eux, qu’une telle discussion n’avait pu avoir lieu. De plus, des proches du témoin ont douté de sa sincérité.

Pourquoi aurait-il menti ? Policiers et magistrats soupçonnent une manoeuvre de l’opposition locale. L’hypothèse d’un « montage », destiné à nuire à la présidence, a été évoquée sur procès-verbal, le 6 mars, par un ancien responsable de la garde présidentielle, qui a dit tenir cette information du témoin lui-même, sans que cela puisse être prouvé. « Les investigations des juges ont confirmé qu’Alhoumekani racontait n’importe quoi », assure Me Francis Szpiner, l’avocat du président Guelleh. Selon Me Szpiner, « les enquêteurs français ont eu toutes les facilités pour travailler sur place », ce qui nous a été confirmé de bonne source.

Plus récemment, un second Djiboutien a néanmoins assuré avoir assisté à une autre conversation troublante. Cet homme affirme avoir surpris une discussion, en 1996, à l’ambassade de Djibouti au Yémen, au cours de laquelle le « meurtre » du juge aurait été évoqué. Ce témoin, que les magistrats n’ont pas encore entendu, s’est exprimé sur TF1, vendredi 12 mai. Me Szpiner voit là une nouvelle « manipulation grossière ».

Mme Borrel reste malgré tout persuadée que son mari a été « assassiné » parce qu’il « dérangeait ». A l’entendre, sa mort pourrait être liée à l’attentat commis en 1990 contre le Café de Paris à Djibouti (un mort, quatorze blessés,). Mme Borrel assure que son mari avait aidé le juge chargé de l’enquête, M. Le Loire. Celui-ci rétorque que M. Borrel n’avait qu’une fonction administrative, et non judiciaire, à Djibouti, ce qui semble effectivement avoir été le cas. Dans l’attente d’un éventuel dessaisissement des magistrats instructeurs ou d’une clôture de l’instruction, l’heure est plus que jamais au conflit entre les deux parties.

Philippe Broussard dans Le Monde

16/05/2000 – Maître Roger-Vincent CALATAYUD a été élevé au grade de Chevalier dans l’Ordre du Mérite par décret du Président de la République française.

Toute l’équipe de LA LIBERTE lui adresse ces plus sincères félicitations. Sa nomination, par M. Jacques CHIRAC, récompense son engagement en faveur des Droits de l’Homme.

En particulier, Maître Roger-Vincent CALATAYUD a défendu les prisonniers politiques à Djibouti. Son action efficace en leur faveur lui a valu « foudres » du régime dictatorial de M. Guelleh : refus de visa pour plaider devant les Tribunaux djiboutiens (en contradiction flagrante avec les termes de la convention franco-djiboutienne d’assistance judiciaire), attaques dans la presse officielle « La Nation », etc..

16/05/2000 – Une mise en cause de la présidence djiboutienne (« Le Monde »)

Lors de l’émission « Sans aucun doute », vendredi 12 mai, sur TF 1, l’un des avocats de Mme Borrel, Me Olivier Morice, a mis en cause la présidence djiboutienne. Me Morice a affirmé détenir une note rédigée, d’après lui, par les services de renseignement français (DGSE) en 1991 au sujet de l’actuel chef de l’Etat djiboutien, Ismaïl Omar Guelleh. Une annexe de ce document présente M. Guelleh comme l’éventuel commanditaire d’un attentat commis en 1990, à Djibouti, contre le Café de Paris. Cette affaire pourrait être à l’origine, toujours selon la partie civile, de la mort du juge Borrel en 1995.

S’indignant de la diffusion de ces documents non signés et non authentifiés, Me Francis Szpiner, défenseur de la présidence, nous a déclaré : « Tout cela est scandaleux, ce sont des faux grossiers, nous assistons à une fuite en avant de la partie civile dont l’attitude vis-à-vis des juges est particulièrement lâche. » Me Szpiner rappelle que les auteurs de l’attentat ont été jugés et condamnés par la justice française.

Le Monde daté du mardi 16 mai 2000