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10/06/2000 – INÉGALITÉS DE DROIT ENTRE LES JEUNES CITOYENS DJIBOUTIENS : SELON LA SITUATION OU LA NATIONALITÉ DE LEURS PARENTS.

De plusieurs côtés, nous recevons des informations sur les injustices commises à l’encontre des jeunes et surtout des futurs étudiants.

Selon que leurs parents sont de nationalité djiboutienne ou non, ils obtiendront une bourse pour poursuivre leurs études dans une faculté européenne ou ils devront faire une croix définitive sur leur carrière, même s’ils ont les capacités intellectuelles de la poursuivre.

Et puis, même s’ils sont nés de parents djiboutiens, ils peuvent être aussi confrontés à l’inégalité de traitement : par exemple, les enfants de M Aden ROBLEH ( opposant politique bien connu) qui avaient pourtant réussi brillamment tous leurs examens, n’ont jamais pu obtenir les moyens de poursuivre leurs études en France …. et combien d’autres encore ?

Et pour ceux qui bénéficient d’une bourse, le paiement correspondant interviendra à des périodes différentes, variables et aléatoires, sauf s’ils ont de la famille dans le proche entourage de M. GUELLEH. Récemment l’Ambassade de Djibouti en France attribuait un retard de paiement de plusieurs mois des bourses à des difficultés au niveau de la Banque de France. Qui croira que la Banque de France ait pu faire des difficultés pour virer des sommes entre État et provoquer des retards ?

Combien de carrières ainsi gâchées, de talents perdus et d’espoirs déçus ? La responsabilité d’un régime qui pratique une telle discrimination est immense. Elle est condamnable comme une atteinte aux Droits de l’Homme.

Un exemple : APPEL A INTERVENTION

Je suis étudiant djiboutien en France depuis 5 ans. Au sein de ma classe (BAC 1995), il y avait 4 élèves dont l’un des parents était soit Éthiopien, soit Somalien, soit Erythreen : leurs demandes de bourse ont toutes été refusées … au dernier moment

Je vous donne quelques détails supplémentaires : au mois de mars chaque année, les élèves en terminale font acte de candidature pour le bénéfice d’une bourse d’études qui leur est accordée en cas de réussite en juin au bac.

C’est à ce moment que ces 4 malheureux ont été informés de l’injustice qui les condamnait sans appel. Trois d’entre eux sont restés à Djibouti et le dernier est venu en France. Il doit faire le service dans un MacDo pour essayer de survivre et de payer ses études. Dispose-t-il du temps et du repos suffisants pour bien apprendre ?

Combien d’étudiants méritants vont être éliminés CETTE ANNÉE pour ce motif (le choix a déjà été arrêté par les autorités, semble-t-il ) ?

nous devons défendre CES ÉLÈVES pour qu’ils puissent poursuivre leurs études comme les autres.

En espérant que nous réussirons à sauver quelques malheureux … et que votre journal permettra de faire connaître cette injustice …. Merci à tous ceux qui reprendront votre information (Le RENOUVEAU, etc…)

M.A.

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Note de l’ARDHD

Le débat est ouvert et nous publierons les informations qui nous parviendront sur des injustices commises contre des jeunes et sur les interventions qui seront faites en leur faveur. Merci à chacun pour sa contribution.

10/06/2000 – LANCEMENT D’UNE CAMPAGNE INTERNATIONALE POUR QUE LE RÉGIME DJIBOUTIEN RÉTABLISSE LA LIBRE-CIRCULATION POUR TOUS, SANS DISCRIMINATION

Notre association suit avec vigilance toutes les atteintes aux Droits de l’Homme qui sont commises par le régime dictatorial de M. Guelleh.

Parmi celles-ci, nous sommes informés du fait que le régime empêche de nombreuses personnalités de se déplacer librement en leur confisquant leurs passeports. Il s’agit de décisions qui sont contraires à la constitution djiboutienne et à tous les accords internationaux signés par Djibouti.

Nous alertons dès ce jour tous nos correspondants dans les associations internationales et les autorités françaises et européennes afin qu’elles fassent pression sur le régime dictatorial de M. Guelleh pour obtenir la restitution de tous les passeports confisqués illégalement, en particulier ceux de M Aden ROBLEH, Moumin BAHDON, Me Mohamed AREF, .Général Ali Meidal WAIS, Moussa IDRISS, etc…

10/06/2000 – M. GUELLEH se méfierait de ses propres forces armées !!

On nous signale que M. GUELLEH prendrait ses distances vis à vis de ses propres forces armées, dont il se méfierait de plus en plus. Il est vrai que l’annonce d’un possible refus de défiler le 27 juin l’inquiète au plus haut point.

Il sait, comme cela s’est toujours vérifié en Afrique et dans d’autres pays, que les forces armées ont le pouvoir de démettre un Président…

Qui peut savoir ce que pourraient décider des soldats qui ne sont plus payés depuis plusieurs mois et qui, comme les autres fonctionnaires, doivent inventer chaque mois des acrobaties invraisemblables pour faire vivre leurs familles, alors que les dignitaires du régime ne manquent de rien ….. M. GUELLEH a probablement raison d’être inquiet … Son ‘trône’ est peut-être construit sur une poudrière !

09/06/2000 – La Conférence d’ARTA pour la Somalie – La fin du rêve pour M. GUELLEH ? Le ‘flou’ s’enlise dans le grotesque (Communiqué N° 11 de la LDDH)

LIGUE DJIBOUTIENNE DES DROITS HUMAINS
L. D. D. H.
Le Président NOËL ABDI Jean Paul
SIÈGE Q. V. BOULEVARD DE GAULE
B.P. 74 DJIBOUTI
DOM TEL : 253 358 007
BUR TEL : 253 357804
E-mail : noel_lddh@intnet .dj

NOTE D’INFORMATION N° 11/LDDH/2000 du 7 juin 2000

Le 2 mai 2000 s’ouvrait à Arta (environ 40 km de la capitale) une Conférence sur la Réconciliation et la Paix en Somalie. Dans certains milieux on insiste sur le fait que  » Cette conférence a été conçue et réalisée par le Président de la République de Djibouti.

Un mois après, est il possible de dresser un bilan concret sur cette conférence ? A notre avis, c’est non, pour la simple raison, que la Ligue Djiboutienne, ainsi que les autres défenseurs des Droits de l’Homme en particulier Maître Aref, qui est le Vice – Président auprès de l’UIDH, chargé de la région de la Corne d’Afrique, n’ont pas été sollicités, du moins à titre d’observateur, à assister à cette conférence importante. D’ailleurs seuls les conférenciers somaliens et organisateurs du gouvernement djiboutien étaient autorisés à participer et assister aux débats et différents contacts parallèles. Cette conférence a, semble – t – il bénéficié d’une large diffusion médiatique. Néanmoins, tous les djiboutiens, qui ne sont pas en mesure d’accéder aux antennes paraboliques ont eu le  » privilège  » de suivre les travaux de cette conférence à travers les écrans de la RTD, par des émissions spéciales et quotidiennes de deux heures (16h à 18h).

Pas un seul débat, pas un seul aperçu sur les prises des Décisions, encore moins, des résumés des points forts des travaux de cette conférence.
Une chose est sûr, cette masse de la population djiboutienne a largement bénéficié et a eu droit (charité bien ordonnée commence par soi) à la diffusion constante des éloges grandioses du Président de la République de Djibouti, assorties de chansons patriotiques très émouvantes et poignantes, et surtout des chansons et des poèmes, qui vous retournent le cœur, en vous faisant pleurer à chaudes larmes sur tout les méfaits du tribalisme, et ceci, tout à fait en contradiction avec l’orientation et les objectifs de la conférence somalienne.
Mieux encore le partage (imposé ou accepté) est strictement basé sur une nouvelle nomenclature tribale composée de cinq grandes branches qui déterminent et répertorient les tribus les plus importantes.
Cette nouvelle nomenclature est certainement très originale, mais quant à son efficacité ou tout au moins sa viabilité, alors ? That is the question !
I – Désarroi inquiétant à Arta

Certains responsables djiboutiens considèrent, qu’ils sont en passe à une période de désarroi. Ils ne savent plus exactement comment maîtriser les acceptations contradictoires, qui risquent fort de se transformer en des écueils dangereux à la  » navigation de cette réconciliation « . Ce qui expliquerait, peut être, les agissements et surtout les déclarations brutales et intempestives du patron de la diplomatie djiboutienne.
C’est sur cette toile de fond du désarroi, que nous allons essayer de vous soumettre une approche, qui va s’articuler sur quelques points.
1) Objectifs de cette conférence et critères de choix des délégués.
2) Méthodes de travail et les difficultés rencontrées

3) Les premières Décisions
4) Les réactions et leurs impacts

1 Objectifs de cette conférence et composition

L’objectif de cette conférence est d’instauré à nouveau les structures d’un État somalien avec la nomination des membres d’un parlement, d’un Président de la République par un  » Grand électeur  » lui même choisi par des dirigeants coutumiers tels que le Ugaas, Salaadin, Bogor, Imans, Mahagyad, Wabarred etc…
C’est ainsi qu’à la conférence à Arta, après un symposium des intellectuels de tout horizon qui s’était tenu dans la capitale, la première phase des discussions et des contacts a eu lieu à Arta. Dès le début, les organisateurs djiboutiens nous ont informé, que pour cette première phase, les conférenciers seront composés par des dirigeants coutumiers.

2 Organisation, les méthodes de travail et les difficultés les plus choquantes.

Dès l’ouverture des travaux, l’organisation proprement dite a été prise en charges par le gouvernement djiboutien. Quant aux conférenciers, ils ont fixés deux méthodes de travail, à savoir :
– Que les échanges de points de vue, les débats, ainsi que l’adoption des décisions qui en résultent, doivent faire l’objet de séances plénières et en présence des conférenciers.
– que dans le cadre des réconciliations entre certaines tribus, des réunions parallèles pourront avoir lieu uniquement entre les tribus concernées.
Évidemment, comme tous les participants sont isolés à Arta, il ont donc tout leur loisir de continuer et d’approfondir les contacts et les échanges des différents points de vue.
Il est important de citer les difficultés, les plus choquantes sur l’organisation.

a) Sur l’organisation administrative

Dans de telle conférence, où il est important de connaître la ou les positions de chaque conférencier et/ou des groupes des conférenciers, il est important et pratiquement indispensable de procéder à l’enregistrement systématique de tous les débats des séances plénières et l’établissement des procès verbaux dont la transcription doit être fidèle aux débats enregistrés.

Afin de créer un climat de confiance, il est tout à fait logique et nécessaire, d’exiger la transparence des débats, au moins par l’établissement régulier et périodique ( une fois par semaine par exemple) de Compte rendu analytique, qui aurait pour résultat majeur, celui d’influer sur la bonne compréhension du problème somalien et servir de support à la mobilisation des mass – média et dynamiser le renforcement du soutien de la Communauté Internationale, de même que des bailleurs de fonds, car la transparence des informations ne peut être que bénéfique et elle permet, à ceux qui veulent vraiment aider le peuple somalien, à se préparer aux différentes évolutions, même si elles peuvent paraître minime. Quant au nombre, des chefs coutumiers, il est réparti à part égal, entre cinq branches des grandes tribus somaliennes soit trente par branche, avec un total de 30X5 = 150 conférenciers. Et ceci, pour la première tranche de cette Conférence.
Toutefois, le nombre des participants et invités somaliens varie de 800 à 1200 personnes.
On peut donc considérer que les 150 conférenciers étaient renforcés en réalité par 800 à 1200 participants somaliens.
Dans le domaine de l’organisation de la logistique, la gestion des fonds n’est vraiment pas transparente, il est même difficile de connaître d’où proviennent les fonds. Toutefois le Comité de logistique a réussi à assurer l’intendance depuis le début. Seul un incident regrettable, mais grave, car on déplore cinq blessés, a eu lieu entre les forces de police et le personnel mis à la disposition des participants (femmes de ménage, serveurs, etc..)

3 les décisions

Compte tenu, du manque de documents écrits, et tenant compte du flou ou plutôt des différentes interprétations, nous vous soumettons deux décisions qui ont été formulées, mais dont personne est en mesure d’indiquer laquelle, des deux, a été retenue.
Le nombre, des membres de la prochaine Assemblée qui devrait débutée ses travaux le 6 juin 2000, ce compose de ces deux manières :

Par ordre alphabétique :
A :
1) Darod 130 + 22 femmes
2) Dir 130 + 22 femmes
3) Hawiyé 130 + 22 femmes
4) Issak 130 + 22 femmes
5) Raxawen 130 + 22 femmes
Total 152 x 5 = 760 délégués

B : 1) Darod 130 + 22 femmes
2) Dir 130 + 22 femmes
3) Hawiyé 130 + 22 femmes
4) Raxawen 130 + 22 femmes
5) Others 65 + 11 femmes
Total 152 x 4 + 76 = 684 délégués.

4 Les réactions et leurs impacts

nous vous présentons une traduction, sous forme de résumé, de l’interview du Président du Somaliland S.E. Ibrahim Hadji Egal à la BBC section somalie le 3 juin 2000.
De même que l’interview, toujours à la BBC du Président du Puntland S.E. Abdillahi Youssouf. Cette interview a eu lieu le 7 juin 2000.

a) S.E. I. H. Egal
nous ne sommes pas contre la dite Conférence mais nous avions simplement rejeté les méthodes proposées par le pays hôte. Le président a démenti catégoriquement son opposition à la réconciliation nationale somalienne et il considère ceci comme une propagande Internationale de son homologue Djiboutien.
La Somaliland préconise la tenue d’une conférence de l’ancien Somalia pour pouvoir élire des représentants pour cette partie de la Somalie.
Quel conseil suggérez vous ?
nous proposant au somalien de préparer le terrain et de mettre en place les structures adéquates, tout en respectant les résolutions et les conclusions du groupe des intellectuels et des sages de la communauté somalienne. On n’anticipant pas les décisions prises hors du terrain, afin de préserver l’intégrité et le bien être de tous.

b) S.E. Abdillahi Youssouf
A indiqué, qu’à la suite des réunions répétées de notre Parlement et du Conseil des sages, nous avons décidé le retour de notre délégation pour consultation et nous vous avons demandé à Monsieur le Président Ismael Omar Guelleh de garantir la sécurité de notre délégation, ainsi que leur droit à la liberté de tenir une conférence de presse, de même que le droit d’aller et de venir. Il a précisé que cette délégation n’était pas habilité à poursuivre la suite de cette Conférence, mais était uniquement chargée de la première phase des travaux. La délégation du Puntland a demandé de regagner leur pays pour consultation. Si dans les 24h qui suivent, elle est toujours retenue à Djibouti, nous serons dans l’obligation de les considérer comme pris en otage et nous serons contraint de prendre toutes les dispositions qui s’imposent, par les voies et les règles d’un État souverain.

II – En marge de cette Conférence somalienne.
Quelle est la situation du citoyen djiboutien ?

 » Qu’a tu fais citoyen djiboutien pour ton peuple ?  »
Après un peu plus d’un an des élections présidentielles, et en ces périodes de crises aiguës, cette question devrait être posée et argumentée, à notre avis, au Premier Magistrat – Chef du Gouvernement – Président du Parti Politique au Pouvoir – Chef des Armées etc…

Certes, il est vrai, que ce n’est pas à nous de polémiquer sur cette question, alors nous allons prochainement nous contenter à vous énumérer, en les localisant, certains secteurs de crises de haute tension, source des conflits, et qui malheureusement, jusqu’à présent n’ont pas pût trouver des solutions de règlements. Peut être par manque de temps, peut être par manque de volonté politique, peut être par peur de l’inconnu, par peur de prendre des décisions politiques, peut être par l’isolement ou la concentration de tous les Pouvoirs de l’Etat sur une seule personne ( concentration dangereuse qui ne peut qu’engendrer un système dictatorial) ou peut être, tout çà, à la fois.

Afin de ne pas alourdir cette note, nous préférons réserver cette analyse pour une date ultérieure.

09/06/2000 – ONU / IRIN-CEA Bulletin hebdomadaire 23 (du 3 au 9 juin) : ETHIOPIE, ERYTHREE, SOMALIE.

NATIONS UNIES
Bureau de Coordination des Affaires Humanitaires – IRIN
Pour l’Afrique Centrale et de l’Est

Tél: +254 2 622 147
Fax: +254 2 622 129
E-mail: irin@ocha.unon.org

AFRIQUE CENTRALE ET DE L’EST:
IRIN-CEA Bulletin hebdomadaire 23 (du 3 au 9 juin)

SOMMAIRE:

ETHIOPIE-ERYTHREE: Les deux camps continuent de se renvoyer la balle
ERYTHREE: Arrivée de déplacés dans le port de Massawa

ERYTHREE: Les réfugiés au Soudan pris dans les combats
ERYTHREE: Des Ethiopiens détenus dans des camps de sécurité
SOMALIE: Enquête sur le meurtre d’un agent humanitaire au Somaliland
SOMALIE: Le choix entre ‘anciens ou nouveaux’ délégués

ETHIOPIE-ERYTHREE: Les deux camps continuent de se renvoyer la balle

L’Ethiopie et l’Erithrée se sont mutuellement accusées d’envenimer le conflit tandis que les pourparlers de paix se poursuivaient en Algérie.
L’Erythrée a reproché à l’Ethiopie d’avoir lancé des attaques sur le front d’Assab, les dernières en date jeudi. Les affrontements persistaient encore vendredi matin, rapportait la radio érythréenne. Dans un
communiqué, le ministre érythréen des affaires étrangères a qualifié les combats à Assab de ‘violation flagrante de l’accord de l’Organisation de l’unité africaine (OUA)’, étant donné que l’Erythrée s’était retirée il y a deux semaines en accord avec les dispositions du plan de paix.
L’Erythrée a également signalé une ‘défaite majeure’ des troupes éthiopiennes lundi à Tesseney en Erythrée occidentale, affirmant que ‘la plupart des villes occidentales envahies par l’Ethiopie au début du
conflit’ avaient été libérées, à savoir Barentu, Haikota, Tesseney, Guluj et Tokombia. Le gouvernement éthiopien a déclaré que l’Erythrée avait
‘provoqué les hostilités’ sur le front d’Assab/Bure et que les affrontements avaient été violents dans la nuit de mardi, mais que l’Ethiopie avait ‘vaincu’ les troupes érythréennes.

ERYTHREE: Arrivée de déplacés dans le port de Massawa

Une nouvelle vague de personnes déplacées en provenance du front oriental de Bure, théâtre de récents affrontements à proximité du port d’Assab sur
la mer Rouge, est arrivée par bateau dans le port de Massawa. La porte-parole du PAM Lindsey Davies, qui s’est rendue à Massawa lundi, a déclaré à IRIN qu’environ 4 000 personnes étaient arrivées par bateau.
Environ 1 000 d’entre elles avaient été accueillies par la communauté ;
les autres étaient logées dans une école locale et dormaient dans les salles de classe et les couloirs, ou sous des bâches. Mme Davies a précisé
que le nombre des personnes déplacées en Erythrée ne pouvait pas être recensé de façon précise car la situation était ‘très fluide’ et les gens
étaient toujours en déplacement. Beaucoup d’individus se cachaient dans les collines et les montagnes où les agences humanitaires n’avaient pas accès ; on estimait à 50 000 le nombre de personnes réfugiées dans des petites zones au sud de Tesseney, le long de la frontière soudanaise. Ces déplacés se trouvaient sur le chemin de retrait des troupes éthiopiennes
et étaient par conséquent très vulnérables, ont expliqué des sources humanitaires. Les Nations Unies estimaient à 750 000 le nombre de personnes déplacées.

ERYTHREE: Les réfugiés au Soudan pris dans les combats

La reprise des affrontements entre les forces éthiopiennes et érythréennes en Erythrée occidentale a entraîné lundi le passage d’une nouvelle vague
de réfugiés vers le Soudan. Un porte-parole du HCR a indiqué à IRIN qu’au moins 3 000 individus avaient franchi la frontière dans la journée, d’autres personnes étant attendues dans le courant de la nuit. Parmi les nouveaux exilés au Soudan, on comptait au moins deux civils blessés, les premiers recensés par le HCR depuis le début des combats le 12 mai.
On pouvait en déduire que les réfugiés avaient été pris au piège dans les combats alors que jusqu’à présent ils les avaient précédés dans leur
fuite. Le porte-parole a précisé que pendant la journée on entendait parfaitement les tirs d’artillerie et d’obus du côté soudanais de la
frontière.

ERYTHREE: Des Ethiopiens détenus dans des camps de sécurité

Des fonctionnaires érythréens ont reconnu que quelque 7 500 Ethiopiens étaient détenus dans quatre camps à Massawa, Dekemhare, Mendefera et Keren, et qu’ils avaient été internés pour des raisons d’ ‘infractions à la sécurité’ et de ‘détention préventive’. Le camp de Shiteki a été ouvert le 29 mai après le bombardement par l’Ethiopie de l’aéroport
international, le premier jour des pourparlers de paix en Algérie.
Les Ethiopiens sont désormais officiellement invités à demander leur retour en Ethiopie, ce qui pourrait signifier le début de préparatifs de rapatriement, selon des diplomates. Un journaliste international qui a visité le camp de Shiteki, à 23 kilomètres au sud d’Asmara, a indiqué que la population en grande majorité masculine du camp était ‘sous
surveillance légère et détenue dans de bonnes conditions’.
Les journalistes ont rapporté que les Ethiopiens du camp avaient l’impression d’avoir ‘une certaine marge de choix’ quant à leur décision de rester ou
de partir.

SOMALIE: Enquête sur le meurtre d’un agent humanitaire au Somaliland

L’organisme de coordination de l’aide en faveur de la Somalie, ‘Somalia Aid Coordination Body’ (SACB) a fait part de son ‘profond regret’ suite au
décès du directeur de projet Dieter Krasemann, de la compagnie ‘German Technical Cooperation’ (GTZ) au Somaliland mardi.
Le SACB regroupe des donateurs, des agences onusiennes et des ONG travaillant en Somalie, et
s’occupe des problèmes de sécurité -notamment enlèvements et assassinats d’agents humanitaires – en Somalie. La GTZ et l’ambassade allemande ont
demandé que le comité exécutif se réunisse mercredi pour discuter de l’incident qui marque le premier assassinat d’un agent humanitaire étranger au Somaliland. Un communiqué émanant du SACB a fait savoir que M.
Krasemann avait été poignardé dans sa voiture à Burao et qu’il était décédé presque immédiatement. Son assaillant a été aussitôt arrêté et une enquête est menée par les autorités du Somaliland.

SOMALIE: Le choix entre ‘anciens ou nouveaux’ délégués

La conférence de paix pour la Somalie, qui se tient à Djibouti, arrive au terme de sa phase consultative, après que la composition des délégations à
dominance clanique ait été ralentie par des désaccords, ont indiqué vendredi à IRIN des sources diplomatiques. La discussion a été surtout
axée sur la représentation quantitative des sous-clans, des femmes et des minorités. Il est probable que la composition finale des délégations sera
formée de quatre groupes de 160 représentants, avec des groupes plus restreints pour les minorités. On observe des ‘centaines d’anciens politiciens’ à la conférence,’ a confié une source à IRIN. ‘Il sera
intéressant de voir quels délégués seront sélectionnés, anciens ou nouveaux.’

Nairobi, le 9 juin 2000

(Les informations contenues dans ce bulletin vous sont parvenues via IRIN, un département d’informations humanitaires des Nations Unies, mais ne
reflètent pas nécessairement les vues des Nations Unies ou de ses agences.
Si vous réimprimez, copiez, archivez ou renvoyez ce bulletin, merci de tenir compte de cette réserve. Toute citation ou extrait devrait inclure
une référence aux sources originales. Les rapports d’IRIN sont archivés sur internet sous :
http://www.reliefweb.int/IRIN ]

09/06/2000 – Prochaine tournée de Carol Bellamy dans cinq pays d’Afrique de l’est. (UNICEF) (AFP)

GENEVE, 9 juin (AFP). Carol Bellamy, directrice exécutive de l’UNICEF, effectuera à compter du 15 juin jusqu’au 20 juin une tournée dans cinq pays d’Afrique de l’est, Ethiopie, Erythrée, Djibouti, Somalie et Kenya, a-t-on appris vendredi auprès du Fonds des Nations unies pour l’enfance.

En Erythrée, Carol Bellamy se rendra notamment dans le camp de personnes déplacées à Deberwa à quelques kilomètres au sud d’Asmara, qui abrite environ 54.600 personnes, a indiqué une porte-parole de l’UNICEF, Lyn Geldof.

Dans ce camp, comme dans celui de Debaat au nord-ouest d’Asmara, l’UNICEF a commencé des campagnes de vaccination contre la rougeole des enfants entre 9 mois et 5 ans, ainsi que des distributions de vitamine A. L’UNICEF s’occupe également de leur scolarisation et a entrepris de retrouver les parents des enfants non-accompagnés, a précisé Mme Geldof.

Le Haut commissariat des Nations unies pour les réfugiés (HCR) a également visité jeudi le camp de Debaat, où l’existence de 50.000 déplacés est très difficile, en raison du manque d’abris et d’eau, selon un porte-parole.

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Note de l’ARDHD :
Nous espérons que l’UNICEF profitera de cette occasion pour demander où sont passés les enfants mineurs récemment libérés de GABODE après plusieurs mois de détention dans des conditions épouvantables.

09/06/2000 – Répression violente des manifestations contre l’augmentation des transports : 210 personnes arrêtées, en majorité des femmes et des enfants qui sont incarcérés dans des conditions épouvantables. (Communiqué N° 10 de la LDDH)

LIGUE DJIBOUTIENNE DES DROITS HUMAINS
L. D. D. H.
Le Président NOËL ABDI Jean Paul
SIÈGE Q. V. BOULEVARD DE GAULE
B.P. 74 DJIBOUTI
DOM TEL : 253 358 007
BUR TEL : 253 357804
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NOTE D’INFORMATION N° 10/LDDH/2000

Vendredi 2 juin 2000, un accord est intervenu entre les syndicats des bus et des mini – bus, d’une part et le Ministre de Transport, d’autre part. Il a été décidé d’une augmentation de 10 FD des prix tarifaires pour le transport en commun de la capitale.

Depuis l’augmentation des hydrocarbures et plus particulièrement le prix de kérozène (Pétrole lampant) et celui du prix du transport des bus et des minci- bus, les femmes au foyer de Balbala, du Q7, Q7 bis (l’ancienne Poudrière) et d’Ambouli ont manifesté les 3 et 4 juin, tout en coupant la circulation de certains axes routiers dans ces différents arrondissements.

Depuis hier, la FNP procède à des arrestations. Environ 160 personnes, essentiellement des femmes, des jeunes ainsi que des adolescents ont été transférés au centre de transit de Nagad, et encore aujourd’hui une bonne cinquantaine ont renforcé le lot des détenus à Nagad.

La LDDH est très inquiète pour ces personnes fragiles, surtout en cette période de haute chaleur, elle est très préoccupée des conditions de détention insupportables et du manque grave en eau et en nourriture.

La LDDH demande au gouvernement de prendre des mesures courageuses, tels que par exemple, celle de revenir sur l’augmentation des tarifs des hydrocarbures.

Cette décision anti – sociale mérite une attention particulière et urgente, car le prix du pain risque lui aussi de connaître une hausse en sus de l’augmentation du prix de l’eau, qui s’applique même dans les zones des démunis de Balbala.

08/06/2000 – AMIR ADAWEH a été extradé le 7/06 par les autorités Djiboutiennes. Aussitôt arrivé à Djibouti, il est mis ‘au secret’ à la Gendarmerie Nord. Même sa mère n’a pas pu lui rendre visite. La collusion de la Sécurité djiboutienne avec les autorités Éthiopiennes ne fait plus de doute ….

Amir Adaweh, journaliste djiboutien avait été arrêté il y a plus d’un an par les autorités d’Addis Abeba alors qu’il passait ces vacances en Éthiopie. Il a été enfermé avec 6 compagnons dans un trou, victimes de nombreux sévices et d’une blessure par balle commise par l’un de ses geôliers éthiopiens.

Depuis plus d’un an, de nombreuses associations se sont mobilisées à l’appel du PND pour réclamer sa libération, en particulier Reporter Sans Frontières, la LDDH et l’ARDHD. Libéré il y a quelques jours de sa prison d’Harare, Amir Adaweh et ses compagnons ont été conduits à Addis Abeba où les autorités Éthiopiennes ont refusé de le soigner.

Nous venons d’apprendre qu’il venait d’être extradé vers Djibouti. A son arrivée, la Gendarmerie (Section Nord) l’a mis au secret. Ni sa mère, ni son frère, ni le représentant de la LDDH n’ont pu le rencontrer. On sait seulement qu’il a été plâtré sommairement, mais dans quelles conditions médicales ???

On murmure qu’une manifestation importante pourrait être organisée dimanche 11 juin, dans Djibouti-Ville pour exiger sa libération.

Ce nouvel épisode confirme la collaboration étroite entre les autorités djiboutiennes et la sécurité éthiopienne, entre les deux régimes….