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16/08/2014 (Brève 426) Guerre de l’information à Djibouti. En service commandé, le commandant Rachid Hachi Youssouf, qui affirme être le Porte parole des Forces Armées Djiboutiennes et chargé de presse, monte au créneau et se ridiculise, par ses incohérences, en attaquant le site Alwhida …

Lien avec l’article original sur Alwhida

_________________________ Note de l’ARDHD<
Le Commandant Rachid Hachi Youssouf a-t-il déposé un dossier de cooptation dans « l’ordre des Brosses à Reluire » de la République, où il espère probablement cotoyer des personnages haut en couleur, comme Ali Mohamed Abdou dit « Le grand ZOZO », commandeur dans l’ordre ? C’est ce que l’ARDHD a cru apprendre, mais elle attend de recevoir le dossier officiel pour proposer sa candidature au Comité.

Il est vrai qu’oser comparer les résistants du FRUD à « une dizaine de malfaiteurs affamés et sous équipés » c’était déjà osé, mais il se permet d’ajouter sans rire dans le même article « qu’ils posent des bombes sur les routes pour blesser les populations civile ». Chacun est en droit de se demander comment et pourquoi des individus affamés et sous-équipés posent-ils des bombes. C’est déjà un matériel qui n’est pas à la portée du premier venue. Alors incohérence grave de votre part, Monsieur le Commandant ?

Mais ce n’est pas la seule. Au début vous affirmez « Les Forces Armées Djiboutiennes poursuivent des éléments malfaiteurs au nombre d’une dizaine à la solde de l’Erythrée ». Le régime érythréen n’est certainement pas un régime de tendresse, mais en matière militaire avec une armée que certains considèrent comme la plus nombreuse en effectif de toute l’Afrique, il a fait ses preuves. Et ce ne serait pas en enovyant des individus affamés et sous-équipés, qu’il agirait. Nouvelle incohérence, Monsieur le Commandant ?

N’étant pas à une incohérence près pour soutenir un régime dictatorial qui asservit son peuple, ce que vous savez, vous servez loyalement Guelleh. C’est votre droit, mais le jour venu, le nôtre sera de signaler vos agissements et votre participation à des crimes contre des populations sans défense. Vous figurerez désormais en bonne place sur notre liste prioritaire des suppots du p’tit pharaon, ayant pris une part active aux atteintes contre les Droits de l’Homme commis à Djibouti.
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______________________ Article signé du Commandant en question
qui s’adresse au site Alwhida

Je vous écirs à propos d’un article publié par votre site. L’article en question c’est « La bataille de Goda entre le FRUD et l’armée de Djibouti, (Alwihda Info) Rédigé par Adil Abou – 14 Août 2014 modifié le 14 Août 2014 – 11:11 ». 
  
J’aimerais vous informer qu’une bataille de ce genre n’a pas eu lieu à Djibouti, cette information est totalement fausse. Les Forces Armées Djiboutiennes poursuivent des éléments malfaiteurs au nombre d’une dizaine à la solde de l’Erythrée. Ces éléments subversifs raquettent la population civile et pose des mines sur les routes, causant des nombreux blessés toujours parmi la population civile. 
  
Ces opérations de ratissage sont permanent et font partie de la mission des troupes stationnés au Nord du pays. Il est étonnant que vous parlez d’une « emprise sur les régions de Tadjourah et Obock », régions qui font une superficie de 12 000 Km2 environ. Une dizaine de malfaiteurs affamés et sous équipés peuvent-ils contrôler une telle superficie ? 
  
Vous avez pris la mauvaise habitude de publier des informations erronées à propos de Djibouti. Ces informations que vous prenez pour de l’argent comptant ne sont ni plus ni moins que de la propagande visant à semer la zizanie. 
  
Je vous prie dorénavant de vérifier les informations qui vous parviennent, de recouper les données, bref de faire un vrai travail de journalisme au lieu de vous précipiter comme des amateurs sur les ragots.

Commandant Rachid Hachi Youssouf 
Porte parole des Forces Armées Djiboutiennes et chargé de presse 
B.P: 1905 
Tel : 21351743
 

21/12/07 (B426) ARD : Compte-rendu du rassemblement d’Arhiba à Djibouti le 18 décembre 2007

Arhiba martyrisée ! Arhiba persécutée !
Arhiba déportée ! Arhiba mobilisée !!!

Le 18 Décembre 2007 a marqué le début d’une vaste campagne de mobilisation générale dans la capitale, lancée par l’U.A.D. à l’occasion de la fin du mois béni du Ramadan

Ce fut un grand succès !

Arhiba n’avait pas vu autant de monde ces dernières années depuis la campagne pour les législatives 2003 ! A l’appel de l’A.R.D., nos compatriotes sont venus en masse manifester leur compassion et solidarité agissante à l’endroit des familles des victimes du massacre d’Arhiba le 18 Décembre 1991, mais aussi exprimer leur détermination à combattre l’impunité (assurée en haut lieu) des crimes et autres exactions extrajudiciaires perpétrées au grand jour par les forces de l’ordre pendant et après la guerre civile…

Formant un demi-cercle à droite et en face de l’estrade, plusieurs centaines de femmes et d’enfants brandissaient des banderoles où l’on pouvait lire : « Halte à l’Impunité ! » et « Justice pour tous ! », et encore « Indemnisation immédiate des ayant droits des victimes… !»

Un autre demi-cercle à gauche et en face de l’estrade était constitué des proches, neveux, et autres militants solidaires de l’A.R.D. composés de jeunes et de moins jeunes…. Derrière l’estrade, à gauche et à droite, l’énorme cercle ainsi constitué était bouclé par une déferlante massive affluant des quartiers avoisinants (Hayableh, Wah lé Daaba, 7,6,5,…)!

La communion était palpable !

Et tout cela s’est passé à une dizaine de mètres d’une tente de militaires (une dizaine), affectée à la surveillance du lieu dont ont été expropriés les habitants originels… La tension aussi !

Aussitôt détendue par le Président de la L.D.D.H. qui, dans un discours particulièrement émouvant, a tenu à rassurer les plus fébriles et frileux : les policiers ! «… N’ayez crainte ! C’est un recueillement ! Ce ne sont pas les forces armées qui sont visées, mais leurs commanditaires qui sont pacifiquement interpellés ! Après quoi, il s’adresse au digne et recueilli auditoire : « Je suis là à l’invitation des familles des victimes civiles pour demander PARDON ! Pardon pour avoir attendu si longtemps ! Pardon d’avoir espéré trop longtemps, comme vous, une solution négociée !

Désormais, à titre individuel ou collectif, tout défenseur d’ici ou d’ailleurs peut se constituer partie civile ! Pour soutenir les plaignants à faire valoir leurs droits ! Puisque aucun recours judiciaire n’est possible à Djibouti, nous aurons recours à la compétence des tribunaux internationaux ! Soyez assurés chers compatriotes de notre solidarité et détermination ! »

A son corps défendant, le président de la L.D.D.H. a ravi la vedette aux organisateurs de cette commémoration, lesquels n’ont pas jugé utile d’en dire davantage.

Tour à tour cependant, pour l’UDJ, Abdi Osman dit « indha bour », qui a honoré la mémoire des martyrs illustres ( Dini et Cheiko) ainsi que le secrétaire général du MRD. Souleiman Fadal et son adjoint « Jirdeh » ont tenu à s’exprimer pour dire « NON ! Ca suffit comme ça ! Paix aux martyrs ; mais aussi et surtout Paix à leurs survivants que nous sommes. Paix ! Paix ! Paix ! ». Suivis par les organisateurs de cette commémoration, le Vice-président puis le Président de l’A.R.D, M. Aden Mohamed Abdou et M. Ahmed Youssouf Houmed.

L’Alliance Républicaine pour le Développement pour sa part, fidèle aux engagements et résolutions prises lors des assises nationales les 2 et 3 décembre 2006, continue de prôner la désobéissance civique et la résistance pacifique par tous les moyens licites !!!

Mohamed Ali Abdou
Secrétaire à la communication et porte-parole de l’A.R.D

21/12/07 (B426) LDDH : LDDH : NOTE D’INFORMATION DU 20 DÉCEMBRE 2007, portant sur des rapides notions de la Compétence Universelle dans la lutte contre l’Impunité

Le Président

NOTE D’INFORMATION
DU 20 DÉCEMBRE 2007
Portant sur des rapides notions
de la Compétence Universelle
dans la lutte contre l’Impunité

Le 18 Décembre 2007, la Ligue Djiboutienne des Droits Humains (LDDH) a été présente à la Commémoration du Massacre des populations civiles d’Arhiba le 18 décembre 1991.

L’ancien parlementaire, actuellement Défenseur des Droits de l’Homme au sein
de la LDDH n’a pas manqué d’abord de dénoncer, entre autre, tous les crimes
:
1. contre l’Humanité encore tangibles sur le plan social ;
2. des exécutions extrajudiciaires encore tangibles par des tirs à balles
réelles ;
3. des Blocus Alimentaires et Sanitaires aux tendances de génocides, encore
tangibles avec l’opacité des Détournements des Biens Sociaux et des Deniers
publics;

L’actuel Défenseur des Droits Humains M. NOEL ABDI Jean-Paul, ancien
Parlementaire Djiboutien lors des Massacres des CIVILS d’Arhiba et seize ans
après, a demandé PARDON à tous les VICTIMES D’ARHIBA vivants ou décédés, et
à tous leurs proches.

« Je suis là à l’invitation des familles des victimes civiles pour demander
PARDON !
Pardon pour avoir attendu si longtemps !
Pardon d’avoir espéré trop longtemps, comme vous, une solution négociée !
Désormais, à titre individuel ou collectif, tout défenseur d’ici ou
d’ailleurs peut se constituer partie civile !
Pour soutenir les plaignants à faire valoir leurs droits !
Puisque aucun recours judiciaire n’est possible à Djibouti, nous aurons
recours à la compétence des tribunaux internationaux !
Soyez assurés chers compatriotes de notre solidarité et détermination ! »

Nul besoin ici de disserter sur leurs droits !
Notre Devoir est tout simplement de les assister partout contre l’Impunité.

Rapides notions de la
Compétence Universelle dans la lutte contre l’Impunité

Le but de cette Note est celui d’apporter une assistance morale et juridique
à toutes les victimes (quelques soient les colorations des dictatures
sournoises), certes, modestement et directement dans le cadre d’une
incitation à la formation pour la compréhension de quelques termes
juridiques dans un langage simple, si possible accessible à tous.
En générale les définitions sont celles du vocabulaire Juridique de Gérard
Cornu.
1. définition de la compétence universelle :

(droit pénal international). « Compétence reconnue à un Etat pour réprimer
des infractions commises par des particuliers en dehors de son territoire
alors que le criminel ni la victime ne sont de ses ressortissants ».
En un mot : c’est « conformément à la Convention de New-York de 1984 qui
allait dans le sens de la lutte contre l’impunité des Dictateurs à travers
le monde, le Royaume de Belgique a été l’un des premiers pays à intégrer la
dite Convention dans son Droit interne, d’autres pays Européens comme
l’Espagne sont entrain d’ouvrir leurs portes.
Cette Convention permet à toutes les juridictions indépendantes et non
assujetties à une quelconque dictature, de pouvoir juger tous les
tortionnaires quelques que soient le pays des criminels ou des victimes.

A notre avis l’efficience des juridictions de Compétence universelle ne peut
que nous encourager à déposer des plaintes pour mettre fin à l’Impunité qui
sévit hélas dans notre pays : « la République de Djibouti », mais aussi dans
la (quasi) totalité des pays de notre Région : « la Corne d’Afrique ».

2. définition de l’injustice :
« Atteinte à la justice (par mauvaise justice ou déni de justice, refus de
faire justice) ; se dit surtout d’une violation grave de la justice, par
ext. d’une violation grave de l’équité, de l’égalité. V. iniquité,
inégalité, lésion ou plus vaguement, action de porter atteinte à un droit.

Au fur et à mesure, d’autres définitions seront reprises dans des Notes
Annexes complémentaires, avec vos conseils et suggestions.

M. NOEL ABDI Jean-Paul

20/12/07 (B426) AFP Journaliste français enlevé en Somalie: les négociations s’accélèrent.

MOGADISCIO (AFP) — Les négociations se sont accélérées mercredi après-midi pour obtenir la libération d’un journaliste français enlevé dimanche dans le nord-est de la Somalie, a-t-on appris auprès des autorités locales et chefs coutumiers qui évoquaient un dénouement proche.

"Les autorités locales ont reçu un diplomate français aujourd’hui à Bosasso qui leur a demandé d’accélérer leurs efforts pour libérer le journaliste. Ils ont promis que le journaliste serait libéré" d’ici jeudi soir, a rapporté à l’AFP un porte-parole des autorités du Puntland, Bile Ali Qabowsade, joint par téléphone.

"Les ravisseurs ont également accepté de libérer le journaliste" rapidement, a-t-il ajouté.

Gwen Le Gouil a été enlevé dimanche, au lendemain de son arrivée à Bosasso, la capitale économique de la région semi-autonome du Puntland, dans le nord-est de la Somalie, pays en guerre civile depuis 1991.

Ses ravisseurs, des miliciens d’un des clans de Bosasso, réclament une rançon en échange de sa libération.

Le journaliste avait été enlevé dimanche matin, au lendemain de son arrivée à Bossasso, la capitale économique de la région semi-autonome du Puntland, dans le nord-est de la Somalie, pays en guerre civile depuis 1991.

Il comptait y effectuer un reportage sur le trafic d’émigrants illégaux traversant au péril de leur vie le golfe d’Aden vers le Yémen.

Mardi, les autorités du Puntland ont exclu tout recours à une opération militaire, un temps envisagée, et ont affirmé privilégier la négociation.

Le port de Bossasso, situé en face de la côte yéménite, est en train de devenir une plaque tournante de l’émigration clandestine pour l’Est et la Corne de l’Afrique.

20/12/07 (B426) LE MONDE Somalie: nouvelle offensive du Conseil de sécurité pour une force de l’ONU (Info lectrice)

Le Conseil de sécurité de l’ONU a renouvelé mercredi son appel à poursuivre les travaux préparatoires au déploiement éventuel d’une force de paix de l’ONU en Somalie.

Dans une déclaration non-contraignante, le ministre des Affaires étrangères italien, Massimo D’Alema, dont le pays préside le Conseil ce mois-ci, a demandé au Secrétaire général de l’ONU Ban Ki-moon de rendre compte d’ici au 8 février de l’avancée des travaux préparatoires à la mise en place éventuelle d’une force de l’ONU qui pourrait succéder à la force de l’Union africaine.

Le Conseil a salué l’exposé lundi de l’émissaire de l’ONU en Somalie, Ahmedou Ould-Abdallah, mais n’a pas fait de commentaire sur sa proposition de renforcement de la force de paix de l’Union africaine dans ce pays.

La force de paix de l’UA, l’Amisom, "doit rester opérationnelle et son efficacité renforcée", a dit l’émissaire de l’ONU.

Dans un rapport publié le 8 novembre, M. Ban avait estimé que le déploiement d’une force de l’ONU n’était pas "une option réaliste et viable" et préconisait plutôt d’envisager "d’autres options", dont l’envoi d’une force multinationale composée par une coalition de pays volontaires.

Le Conseil a aussi exprimé sa "grande préoccupation" sur la situation humanitaire en Somalie. Il a appelé "toutes les parties en Somalie à assurer un accès sans entrave à toute l’aide humanitaire et à remplir leur responsabilité et leurs obligations en vertu du droit humanitaire international".

L’UA souhaite déployer 8.000 hommes au total en Somalie pour aider à stabiliser le pays après 16 ans de guerre civile. Mais l’Amisom, déployée depuis mars à Mogadiscio, est en sous-effectif et sous-financée. Cette force ne compte aujourd’hui que 1.600 à 1.700, en provenance d’Ouganda.

L’UA souhaite que l’ONU prenne le relais de l’Amisom à la fin de son mandat, fin 2007.

La Somalie, pays de la Corne de l’Afrique, est en guerre civile depuis 1991. La capitale, Mogadiscio, est le théâtre d’attaques meurtrières constantes depuis la débâcle, il y a dix mois, des islamistes, qui ont perdu les régions qu’ils contrôlaient depuis la mi-2006, du fait d’une offensive de troupes éthiopiennes venues soutenir le gouvernement de transition somalien.

L’ONU est déjà intervenue en Somalie, au début des années 90, et en garde un douloureux souvenir: l’opération s’était soldée par un fiasco avec la mort de 151 Casques bleus.

20/12/07 (B426) L’équipe de l’ARDHD souhaitent de bonnes fêtes à tous les musulmans et aux populations djiboutiennes à l’occasion de la fête du sacrifice. (ARDHD)

Tous les membres de l’ARDHD souhaitent une bonne fête de l’Al Adha à tous les muslmans et en particulier à toutes les djiboutiennes et à tous les djiboutiens, en espérant que l’avenir sera meilleur en ce qui concerne la situation dans le pays sur tous les plans : justice, démocratie, économie, libertés, santé, éducation, …

Bonne fête à toutes et à tous.

20/12/07 (B426) LIBERATION : Naufrages en série au large du Yémen (Info lectrice)

Envoyée spéciale à Mogadiscio STÉPHANIE BRAQUEHAIS

Nouvelle hécatombe dans le golfe d’Aden.

En deux jours, samedi et dimanche, près de 200 personnes sont mortes ou portées disparues au large des côtes yéménites, a annoncé hier le Haut-Commissariat des Nations unies aux réfugiés (HCR). Ils se seraient noyés après le naufrage de deux bateaux transportant 418 migrants, en provenance du nord de la Somalie. Selon les Nations unies, 1 400 migrants sont morts noyés cette année au large du Yémen, plus de 700 sont toujours portés disparus.

Trafic.

Ces dernières années, Bosaso, une ville portuaire du Puntland, région semi-autonome du nord de la Somalie, est devenue une plaque tournante pour le trafic des migrants. Parmi eux, des Somaliens fuyant la guerre à Mogadiscio ou dans d’autres régions troublées du sud du pays, mais aussi de l’Ogaden (Ethiopie).

Les réseaux de passeurs sont organisés par communautés. Plusieurs sites d’embarcations, à une vingtaine de kilomètres de Bosaso, sont sévèrement gardés par des milices privées travaillant pour des propriétaires de bateaux.

Dans chaque boutre, long d’une quinzaine de mètres, plus d’une centaine de migrants sont entassés les uns sur les autres, dissimulés sous des bâches en plastique. La plupart sont conscients des risques mais sont prêts à jouer leur vie pour atteindre l’eldorado, tel Samira, une jeune femme de 20 ans qui a décidé de partir de Mogadiscio pour trouver un métier en Arabie Saoudite et rejoindre des membres de sa famille.

«C’est 50-50 : je sais que je peux mourir, mais rester à Mogadiscio, c’est pire. Des maisons sont détruites chaque jour par des obus ou des grenades.»

La traversée est d’autant plus dangereuse que les passeurs n’hésitent pas à jeter tout le monde à l’eau lorsque des patrouilles de la police yéménite sont visibles à l’horizon. Ils font alors demi-tour dans des embarcations vides. Pour les plus vigoureux, il ne reste que quelques kilomètres à nager pour atteindre les côtes du Yémen. Les femmes et les enfants sont les premiers à périr.

«Battu».

Abdi Ali, 25 ans, a tenté plusieurs fois l’aventure avec succès. Il a habité quatre ans au Yémen, puis en Arabie Saoudite, accumulant les petits boulots payés au noir : serveur, plongeur, homme de ménage. «Sur le bateau, j’ai été battu plusieurs fois. Si nous faisions un geste, on nous menaçait de nous passer par-dessus bord.

On voit ses compatriotes se noyer et on ne peut rien dire, le principal est de sauver sa peau.» L’enjeu financier est énorme, selon des ONG de Bosaso : de 4 à 5 millions de dollars par an (de 2,8 à 3,5 millions d’euros). Des centaines de personnes sont impliquées dans ce trafic : les conducteurs de bus qui traversent les milliers de kilomètres pour atteindre Bosaso, les tenanciers de petites pensions, qui accueillent les migrants, les nourrissent et les hébergent pour un dollar par jour, les propriétaires de bateaux qui touchent entre 70 et 100 dollars par personne pour chaque traversée.

Face à ce phénomène, les autorités du Puntland sont dépassées.

L’an dernier, plusieurs personnes ont été arrêtées, toutes relâchées en l’espace de quelques semaines. La police ne dispose ni de personnel entraîné ni de vedettes rapides pour patrouiller le long des côtes. Depuis janvier, 28 000 personnes ont tenté la traversée vers le Yémen

19/12/07 (B426) REUTERS :Négociations en cours pour le journaliste français en Somalie

Les autorités somaliennes ont entamé des négociations avec les ravisseurs du journaliste français enlevé la veille dans la région semi-autonome du Puntland, dans le nord de la Somalie.

Reporters sans frontières (RSF) et le Syndicat national des journalistes somaliens (Nusoj) ont dénoncé l’enlèvement de Gwen Le Gouil, qui démontre selon eux les dangers de l’exercice du métier de journaliste en Somalie.

Huit journalistes locaux ont trouvé la mort dans ce pays de la Corne de l’Afrique cette année seulement, faisant de la Somalie le pays le plus dangereux au monde pour les journalistes après l’Irak, a souligné RSF.

« La Commission de sécurité et les ‘anciens’ de clans locaux ont engagé un dialogue avec les ravisseurs et nous avons bon espoir que le journaliste français soit libéré rapidement », a déclaré à la presse Yusuf Mumin Bidde, vice-gouverneur de la région de Bari.

Bidde a précisé que les autorités du Puntland étaient opposées au versement d’une rançon.

« Nous ne savons pas exactement combien ils demandent. Leur première exigence était 70.000 dollars, puis c’est parfois 35.000 dollars », a indiqué Jean Laurent, collègue de Gwen Le Gouil au sein de leur petite maison de production Cargocult Production à Nairobi.

Laurent a précisé que Gwen Le Gouil travaillait sur un sujet pour le compte de la chaîne Arte. Selon le syndicat des journalistes somaliens, il enquêtait sur le passage clandestin de migrants africains vers l’Arabie saoudite, via le Yémen.

On ne connaît pas l’identité des personnes qui ont enlevé le journaliste.

« LIBERATION PACIFIQUE »

« Nous dénonçons l’enlèvement de (…) Le Gouil et nous exigeons sa libération immédiate et sans conditions », a déclaré Omar Farouk Osman, secrétaire général du Nusoj, dans un communiqué.

Dimanche soir, a-t-il ajouté, les ravisseurs ont tiré sur des soldats du Puntland qui tentaient de libérer Le Gouil.

Osman a exhorté les autorités du Puntland à « oeuvrer à une libération pacifique (…) et ne pas recourir à la force qui pourrait mettre en péril la vie de Gwen Le Gouil ».

Selon le témoignage du chauffeur du journaliste, l’enlèvement s’est produit à environ 70 km à l’est de Bosasso, principale ville du Puntland, située sur le littoral, et le commando était composé de trois hommes armés de fusils automatiques AK-47.

Réputée pour sa stabilité relative dans un pays en pleine dérive anarchique, le Puntland connaît de plus en plus d’enlèvements, de détournements et d’actes de piraterie au large de ses côtes.

« Si pendant des années », a souligné RSF, « le Puntland (…) a bénéficié d’une relative tranquillité, il n’en est plus rien depuis que la guerre fait rage entre les tribunaux islamistes et les troupes éthiopiennes venues soutenir le gouvernement fédéral de transition somalien. »

En mai, deux humanitaires étrangers avaient été pris en otages, puis libérés à la suite de pourparlers entre leurs ravisseurs et des chefs de clans.

Cinq mois plus tard, un commando interceptait un avion-cargo transportant du « khat », plante euphorisante des hauts plateaux éthiopiens très prisée en Somalie et dans la péninsule arabique.

Avec la contribution
de C. Bryson Hull et George Obulutsa à Nairobi,
Aweys Yusuf à Mogadiscio,
version française Jean-Stéphane Brosse