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18/01/09 (B482) Le Figaro / Somalie: l’ONU va renforcer l’UA.

Les Nations unies ont accepté d’apporter un « soutien logistique » à la force de paix de l’Union africaine (UA) déployée en Somalie, a annoncé le Commissaire à la paix et la sécurité de l’organisation africaine, Ramtane Lamamra.

« Nous allons avoir très rapidement un paquet de soutien logistique global des Nations unies pour l’Amisom », la force de paix africaine en Somalie, a déclaré M. Lamamra à des journalistes à l’issue d’une réunion avec une équipe d’experts onusiens à Addis Abeba, où siège l’UA.

« Ce paquet est très important, il peut aller jusqu’à la fourniture de moyens lourds (avions, hélicoptères) en passant par la fourniture de carburant, de nourriture, d’équipement à nos éléments en Somalie », a-t-il ajouté, sans donner d’estimation du montant de ce soutien. « Ce qui est très important, c’est que ce paquet sera financé directement par l’ONU », a-t-il souligné.

18/01/09 (B482) Le Monde / Emergence d’un nouveau pouvoir à Mogadiscio

Maigre consolation pour un départ sans gloire, l’évacuation en bon ordre des troupes éthiopiennes de Mogadiscio n’a pas tourné au désastre. Quittant la capitale somalienne depuis le mardi 13 janvier, leurs colonnes n’ont subi que des attaques isolées. Compte tenu de la violence dont font habituellement preuve les insurgés islamistes à tendance salafiste – les groupes chabab (« la jeunesse ») qui ont poussé au départ de ce contingent envoyé par Addis-Abeba deux ans plus tôt -, ces escarmouches ressemblaient presque à un au revoir.

Pendant ces deux ans, les insurgés de toutes sortes – des djihadistes les plus sanguinaires aux milices de quartier luttant pour leur sous-clan ou les intérêts d’un homme d’affaires – avaient constitué une union sacrée contre les troupes du pays voisin, considéré comme l’ennemi héréditaire. Les divisions éthiopiennes reparties s’installer derrière leurs frontières, l’heure de vérité a sonné pour les Somaliens. Qui prendra le pouvoir à Mogadiscio ?

Vendredi, il ne restait plus, dans la capitale, un seul soldat éthiopien. Leurs bases, autant de lieux emblématiques, étaient donc à prendre. Le stade de football, dans lequel les troupes d’Addis-Abeba avaient été attaquées sans relâche par les insurgés et où leurs blessés sont morts sans pouvoir être secourus. L’ancienne usine de spaghettis, ex-bastion de combattants djihadistes, prise de haute lutte par les forces éthiopiennes, et dont les tours défoncées par les tirs d’artillerie donnent une idée des ravages subis par les quartiers de la ville. L’ancien ministère de la défense, dont nul ne pouvait s’approcher, au risque d’être abattu sans sommation.

De ces bases, les forces éthiopiennes, réduites à moins de 3 000 hommes (près de 15 000 pour tout le pays au plus haut de l’intervention éthiopienne), ne sortaient presque plus depuis plusieurs mois, de peur de sauter, par camions entiers, sur des dispositifs explosifs copiés sur les dernières générations de modèles mis au point entre l’Irak et l’Afghanistan. Pendant deux ans, les troupes somaliennes avaient tenté de maintenir au pouvoir à Mogadiscio le Gouvernement fédéral de transition (TFG) du président Abdullahi Youssouf. Une structure contestée, corrompue et inefficace, soutenue contre vents et marées par une poignée de pays étrangers, des Etats-Unis à la Norvège, mais ne représentant en Somalie qu’une faction sous perfusion.

En décembre 2008, le président Youssouf, lâché par Addis-Abeba, était contraint de démissionner, abandonnant les bribes du pouvoir à son premier ministre, Nur « Adde » Hassan Hussein. Il incombe désormais à celui-ci de faire l’impossible pour mettre en application des accords signés, en juin 2008, à Djibouti, entre le TFG et une faction de représentants islamistes, membres de l’Alliance pour la relibération de la Somalie (ARS), dont le leader, Sheikh Shariff Sheikh Ahmed, avait déjà dirigé les Tribunaux islamiques deux ans plus tôt.

Au final, c’est une coalition entre des groupes comptant parmi les moins extrémistes du spectre insurrectionnel somalien et des rescapés du TFG qui va tenter de s’imposer dans le sud du pays, en compétition avec les groupes radicaux chabab. Botte secrète d’Addis-Abeba, les forces éthiopiennes, en se retirant, appuient certains groupes hostiles aux chabab, telle la coalition proche des confréries soufies du Ahlus Sunna Wal-Jamaa, dans le centre du pays, qui sont entrés en guerre contre les salafistes pour des raisons de clan, de pouvoir mais aussi de religion. A Kismayo, des extrémistes ont eu le tort de profaner des tombes d’hommes saints vénérés par leurs confréries.

Les chabab, de leur côté, se préoccupent en priorité de pousser au départ la force de l’Union africaine (UA) en Somalie, l’Amisom. Sous-entendant que, même en l’absence des Ethiopiens, le djihad continue, Mukhtar Robow « Abu Mansur », porte-parole de leur mouvement, a averti, jeudi : « Vous aviez pris l’habitude de voir les bases éthiopiennes attaquées quotidiennement. A partir de maintenant, vous entendrez que ce sont les bases de l’Union africaine qui ont été attaquées. » Une menace mise en application immédiatement, avec une attaque contre Villa Somalia, siège du pouvoir, désormais protégée par les soldats de la paix africains.

Composée actuellement de 3 400 hommes, l’Amisom s’est longtemps limitée à assurer la survie de ses troupes, confinées dans une zone modeste, entre le port et l’aéroport de Mogadiscio. Une initiative américaine prise, sur la fin, par l’administration Bush, pourrait transformer cette force. Un soutien matériel et logistique des Nations unies est à l’étude. La force pourrait être renforcée, en théorie, par trois nouveaux bataillons. Au-delà, le Conseil de sécurité de l’ONU a voté, vendredi soir, une résolution ouvrant la voie à la transformation de l’Amisom en mission de maintien de la paix. A ce détail près qu’il n’y a, pour l’instant, aucune forme de paix à maintenir en Somalie.

Jean-Philippe Rémy

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Les Nations unies envisagent le déploiement de casques bleus

Les Etats-Unis sont parvenus, après de difficiles discussions, à faire voter, vendredi 16 janvier au soir, par le Conseil de sécurité de l’ONU, une résolution ouvrant la voie à la possibilité de transformer, à partir du mois de juin, la Mission de l’Union africaine en Somalie (Amisom) en mission de maintien de la paix. Washington la souhaiterait forte de 22 000 hommes. Un nouveau vote du Conseil est prévu le 1er juin.

Vendredi, la résolution 1863 a été adoptée à l’unanimité du Conseil de sécurité, qui « se félicite de la décision de l’Union africaine (UA) de maintenir l’Amisom en Somalie jusqu’au 16 mars 2009 ». Il « prie l’UA de la renforcer pour atteindre l’objectif initial de 8 000 hommes prévu par son mandat ». – (Corresp.)

CHRONOLOGIE

28 DÉCEMBRE 2006 : appuyées par l’armée éthiopienne, les troupes somaliennes reconquièrent Mogadiscio, tenue depuis six mois par les Tribunaux islamistes.

13 MARS 2007 : journée de violence à l’occasion de l’installation du président somalien, Abdullahi Youssouf.

NOVEMBRE 2007 : envoi de renforts éthiopiens pour combattre les insurgés.

9 JUIN 2008 : accord de paix sous l’égide de l’ONU entre le gouvernement intérimaire (TFG) et une partie de l’opposition.

29 DÉCEMBRE 2008 : démission du président Youssouf.

15 JANVIER 2009 : fin du retrait des troupes éthiopiennes.

17 JANVIER 2009 : les islamistes « modérés » prennent le contrôle des bases abandonnées par l’armée éthiopienne.

18/01/09 (B482) Le Soir de Bruxelles (03/01/09) Le cap Doumeira vaut-il une guerre ? (Info lecteur)

Par Alain
LALLEMAND
Samedi 3 janvier 2009

Djibouti Conflit persistant avec l’Erythrée Un timbre-poste, mais à haute valeur stratégique, a fait 9 morts en 2008. L’Ethiopie va-t-elle s’en mêler ?

L’année 2008 a laissé en héritage un conflit frontalier dans la Corne de l’Afrique qui pourrait bien s’envenimer dans les prochains mois : en huit mois de dialogue, ni le Conseil de sécurité des Nations unies, ni l’Union africaine, ni la Ligue arabe, ni même la France n’ont réussi à faire plier l’Érythrée, laquelle occupe illégalement depuis le 16 avril quelques kilomètres carrés du territoire de Djibouti.

Certes, on ne meurt pas pour un timbre-poste, fût-il rendu célèbre par les récits de Henry de Monfreid. Mais stratégiquement, celui-là compte parmi les plus rares : il s’agit du Ras Doumeira, une petite île et une pointe de terre qui s’enfonce dans la mer Rouge et marque la frontière entre Érythrée et Djibouti. Si Djibouti est déjà un territoire hautement stratégique (c’est notamment le point d’accès de l’Ethiopie à la mer, mais aussi la principale base des forces armées américaines en Afrique), le Ras Doumeira est, lui, le point le plus au nord-est du petit État, et il offre un poste d’observation inégalé sur le Bab el-Mandeb, la porte d’entrée de la mer Rouge.

Le 16 avril, Djibouti s’est rendu compte qu’à cet endroit, des ouvriers venus d’Érythrée, affairés à creuser des tranchées, continuaient leurs travaux de terrassement militaire sur le sol de Djibouti. On parle de la présence de troupes érythréennes, mais à l’époque une reconnaissance effectuée par l’armée française (puissance garante de l’intégrité territoriale de Djibouti) ne permet pas de confirmer la présence de soldats.

Bien que l’Érythrée affirmera rapidement ne pas avoir de revendication territoriale au détriment de Djibouti, le différend sera porté début mai par le président djiboutien Ismail Omar Guelleh devant le Conseil de sécurité des Nations unies, et la Ligue arabe enverra une mission d’information. L’Union africaine est elle aussi saisie. Las, l’Érythrée va simplement nier la violation du territoire djiboutien, et le 10 juin, des échanges de tirs entre les deux armées vont faire 9 morts, 10 blessés graves, 98 blessés légers dans les seuls rangs djiboutiens.

Un véritable front silencieux s’ouvre alors, plus de 2.000 soldats djiboutiens défendant leur république avec l’appui des soldats français qui fourniront jusqu’en octobre dernier une aide logistique, médicale et de renseignement. En octobre, la France poussera le Conseil de sécurité vers l’adoption d’un texte déplorant la violation continue du territoire djiboutien – un texte toujours en travaux en ce moment –, mais sans grand résultat immédiat puisque le 15 décembre, l’Érythrée adressera à Djibouti un ultimatum visant à récupérer des soldats érythréens déserteurs passés dans le camp djiboutien.

Selon un colonel de l’armée djiboutienne cité par l’Agence France-Presse, « presque tous les jours des déserteurs entrent ici. (…) Nous ne pouvons pas les rendre parce que sinon ils seront directement abattus sur place. Ils l’ont déjà fait devant nous. »

Militairement, l’alerte demeure au plus haut côté djiboutien, et l’Érythrée a posté des blindés sur sa frontière. On sait que l’Érythrée est un État mauvais coucheur, déjà englué dans un conflit frontalier important avec l’Ethiopie, et qu’il s’est mis dans son tort en 2008 en faisant obstruction à la Mission des Nations unies en Ethiopie et Érythrée (Minuee), en conséquence dissoute. On sait par ailleurs que l’Érythrée est le pays qui instrumentalise l’islamisme radical en Somalie, hébergeant les leaders exilés les plus radicaux et finançant les milices islamistes shabâbs… lesquels tuent les militaires éthiopiens déployés en Somalie. C’est ce qu’on appelle une « guerre par procuration ».

Or le retrait des troupes éthiopiennes de Somalie, entamé ce vendredi, entraînera peut-être une nervosité éthiopienne croissante sur sa frontière érythréenne (volonté d’en découdre après la déroute somalienne ?) et par ricochet sur Djibouti. Car Djibouti semble s’être rapproché ces derniers mois de l’Ethiopie.

L’ancien candidat à la présidence de Djibouti, Mohamed Moussa Ali, dit « Tourtour », nous explique qu’il « est des choses que tous les Djiboutiens peuvent constater. Je ne suis pas un ennemi de l’Ethiopie, l’Ethiopie est un peuple frère. Mais on voit l’armée djiboutienne escorter des armes éthiopiennes qui entrent par Galafi (NDLR : village djiboutien frontalier de l’Ethiopie). A la police des frontières, des soldats djiboutiens constatent que de hauts gradés éthiopiens entrent sur notre territoire, avec pour tout document leur carte militaire. Sans passeport, sans visa… »

A croire l’opposant Tourtour, qui plaide pour un équilibre diplomatique djiboutien scrupuleux entre Ethiopie et Érythrée, et défendra cet axe aux présidentielles de 2011, Djibouti n’a pas su tenir le cap d’une stricte neutralité, pourtant nécessaire lorsqu’un micro-Etat se trouve enclavé dans de grands pays. Une gaffe ?

18/01/09 (B482) Radio Canada / Journaliste somalien libéré, aucune nouvelle de sa collègue albertaine

L’Union nationale des journalistes somaliens a indiqué qu’un journaliste somalien, Abdifatah Mohamed Elmi, et deux chauffeurs somaliens, qui avaient été enlevés avec une journaliste de l’Alberta et son photographe australien, ont été libérés vendredi.

L’enlèvement a eu lieu en août dernier près de Mogadiscio. Mais on ignore toujours le sort de la journaliste-pigiste Amanda Lindhout et de son photographe, Nigel Brennan.

L’otage somalien libéré a quant à lui expliqué que des aînés de son clan avaient négocié sa libération et qu’aucune rançon n’avait été versée.

M. Brennan et Mme Lindhout, pigiste pour la télévision et pour la presse écrite, sont arrivés en Somalie le 20 août, soit trois jours avant leur enlèvement. Ils faisaient partie d’un groupe revenant d’une visite d’un camp de réfugiés, situé à quelque 20 kilomètres au sud-ouest de la capitale, lorsque l’enlèvement s’est produit.

Interrogé sur le sort de ses deux collègues occidentaux, M. Elmi a affirmé que les Somaliens avaient été séparés du groupe peu après l’enlèvement, et qu’il ignore où ils peuvent se trouver.

Après avoir appris la libération des otages somaliens, le secrétaire général de l’Union nationale des journalistes somaliens, Omar Faruk Osman, s’est dit soulagé, mais a ajouté que le groupe est extrêmement inquiet du sort des collègues étrangers. Pour sa part, le groupe Reporters sans frontières a indiqué par voie de communiqué que la libération d’Abdifatah Mohamed Elmi est une bonne nouvelle, mais qu’il ne serait soulagé que lorsque les ravisseurs auront également relâché les deux journalistes étrangers.

À Ottawa, un porte-parole du ministère des Affaires étrangères, Daniel Barbarie, a souligné que le gouvernement continue à faire ce qu’il peut pour faciliter la libération d’Amanda Lindhout et de Nigel Brennan.

Les auteurs de l’enlèvement auraient menacé de tuer Mme Lindhout et M. Brennan le mois dernier, si une rançon de 2,5 millions $ ne leur était pas versée au cours des 15 jours suivants. Cette échéance est passée et depuis, les kidnappeurs ne se sont pas manifestés.

17/01/09 (B482) AFP / Les producteurs de khat kényans visent le marché chinois.

Les producteurs et les grossistes kenyans de khat ont déclaré vendredi vouloir s’ouvrir le marché chinois et ne plus seulement se limiter aux Somaliens, traditionnellement grands consommateurs de cette plante aux effets euphorisants.

Le khat, également appelé « miraa » est consommé par des millions de personnes en Somalie mais est interdit dans de nombreux autres pays.

« Nous sommes déjà en train de discuter directement, sans le bla-bla légal, avec les commerçants chinois du marché de Shanghai qui a un potentiel de plus de dix tonnes de miraa par jour », a affirmé Kimathi Munjuri, de la branche marketing du Nyamita, structure écran des producteurs et grossistes de khat kenyans.

Selon M. Munjuri, le khat pourrait également être prisé en Chine pour ses vertus médicinales.

« Notre but est de diversifier nos traditionnels marchés à l’exportation de Somalie, Londres et de Hollande », a déclaré Kimathi Munjuri.

Le khat est illégal dans la plupart des pays d’Europe mais de grosses quantités sont envoyées quotidiennement en Grande-Bretagne et aux Pays-Bas où résident d’importantes communautés somaliennes, selon des sources locales.

Le Kenya, selon ces sources, exporte quotidiennement 8 à 12 tonnes de khat vers la Somalie et envoie tous les 5 jours, 4 à 6 tonnes à Londres et 2 tonnes à Amsterdam.

Avec l’Ethiopie et le Yémen, le Kenya est l’un des plus gros producteurs de khat.

Selon M. Munjuri, l’exportation du khat vers la Chine a été motivée par les tentatives d’un « cartel d’exportateurs » de contrôler l’approvisionnement vers l’Europe.

Il souligne également que la désastreuse situation politique et sécuritaire en Somalie empêche toute croissance.

« La Somalie est un marché traditionnel et nous sommes bien là-bas (…) mais les religieux islamiques interceptent et détruisent souvent nos livraisons. Ce sont les dommages collatéraux des affaires », a-t-il dit à l’AFP.

Selon l’Organisation mondiale de la santé (OMS), le khat est une drogue pouvant entraîner une dépendance psychologique.

17/01/09 (B482) Communiqué de RSF / Libération du journaliste somalien enlevé avec Amanda Lindhout et Nigel Brennan.

Reporters sans frontières salue la remise en liberté, le 15 janvier 2009, du journaliste somalien Abdifatah Mohamed Elmi, mais exprime une inquiétude renouvelée pour la journaliste canadienne Amanda Lindhout et le photographe australien Nigel Brennan, enlevés en sa compagnie le 23 août dernier, et toujours séquestrés par leurs ravisseurs.

“La libération de ce journaliste somalien est évidemment une bonne nouvelle, mais nous ne serons cependant soulagés que lorsque les ravisseurs auront également relâché les deux journalistes étrangers. Nos craintes sur leur sort restent entières étant donné l’instabilité croissante de Mogadiscio. Tous les acteurs concernés doivent unir leurs efforts pour obtenir, le plus rapidement possible, leur remise en liberté”, a déclaré l’organisation.

Le journaliste indépendant Abdifatah Mohamed Elmi, fixeur et interprète d’Amanda Lindhout et Nigel Brennan, a été relâché le 15 janvier, tard dans la nuit, en compagnie des deux chauffeurs qui les accompagnaient le jour de leur enlèvement. Le journaliste est en bonne santé. Ses ravisseurs l’ont relâché au niveau du marché Bakara à Mogadiscio.

Interrogé par l’Union Nationale des Journalistes Somaliens (NUSOJ), organisation partenaire de Reporters sans frontières en Somalie, Abdifatah Elmi a déclaré avoir été immédiatement séparé de ses deux confrères après l’enlèvement, et être donc dans l’incapacité de fournir des informations sur leur lieu de détention.

Accompagnés d’Abdifatah Mohammed Elmi et de deux chauffeurs somaliens, Mahad Isse et Marwali, Amanda Lindhout et Nigel Brennan étaient tombés dans une embuscade, le 23 août, sur la route de Mogadiscio, alors qu’ils rentraient du camp de réfugiés d’Afgoye, situé à une vingtaine de kilomètres à l’ouest de la capitale somalienne. Les deux journalistes étrangers étaient arrivés en Somalie trois jours plus tôt. Ils sont désormais retenus en otages depuis 177 jours.

17/01/09 (B482) Des combats parfois violents sont engagés pour le contrôle des bases militaires laissées vacantes par le départ des Ethiopiens, en Somalie. Les milices et les groupes rivaux se livrent à de violents combats pour les récupérer à leur profit.

______________________________________ 2 – AFP

Somalie: les islamistes modérés contrôlent les ex-bases éthiopiennes

Des combattants des islamistes somaliens modérés contrôlaient vendredi à Mogadiscio les principales bases désertées par les troupes éthiopiennes dans le cadre de leur plan de retrait du pays, a-t-on appris auprès de témoins et de source officielle.

Ces miliciens se sont ainsi rendus maîtres jeudi du bâtiment de l’ancien ministère de la Défense, du stade, d’une ancienne usine de pâtes et d’autres bases où les troupes éthiopiennes – qui ont débuté leur retrait de Somalie début janvier – étaient stationnées depuis deux ans.

« Nos forces ont pris le contrôle des zones désertées par les Ethiopiens afin de maintenir la sécurité », a déclaré Abdirahin Ise Ado, porte-parole des Tribunaux islamiques.

« Des islamistes à bord de dizaines de véhicules ont pris le contrôle du bâtiment du ministère de la Défense après le départ des Ethiopiens et ils ont aussi pris le contrôle de la zone de Shirkole. Ils chantaient +Dieu est grand+ », a rapporté à l’AFP un habitant de Mogadiscio témoin de la scène, Hasan Farah Doyow.Ces miliciens sont fidèles à la branche de l’opposition islamiste somalienne engagée dans un processus de paix avec les autorités, et notamment le Premier ministre Nur Hassan Hussein.

L’autre branche de cette opposition, plus radicale, rejette tout accord politique avec les autorités de transition somalienne. Elle se traduit sur le terrain par une insurrection acharnée menée par des combattants extrémistes, les « shebab » (jeunesse).

La prise de contrôle des anciennes bases éthiopiennes par les miliciens islamistes a été critiquée jeudi par le maire de Mogadiscio, qui y voit une violation de l’accord de Djibouti, signé fin octobre entre le gouvernement et l’opposition islamistes modérée.

« Les insurgés ont partiellement violé l’accord de Djibouti (…) qui stipule que des forces mixtes (islamistes modérés et forces de sécurité somaliennes) devaient être déployées dans ces zones », a déclaré à la presse Mohamed Osman Dhagahtur.

Jeudi, les derniers soldats éthiopiens ont quitté Mogadiscio où ils étaient présents depuis deux ans pour soutenir le gouvernement somalien.

______________________________________ 1 – Shabelle (En Anglais)

Islamist insurgents attack Ethiopian military bases in southern Somalia

Somali Islamist forces have attacked military bases of the Allied Ethiopian and Somali government soldiers in around the airport of Bardhere town in Gedo region last night (Friday), witnesses told Shabelle radio on Saturday.

Residents say the clashes started around 10:00 local time near ADC centre in Bardhere town after the Islamist insurgent forces attacked the bases of the Ethiopian and Somali troops around there and both soldiers have exchanged heavy weapons during the fighting which could be heard in all directions of the town but no casualties have been reported yet.

Ali Barre Abdi, one of the government administration of Bardhere town has told Shabelle radio that Al-shabab Islamist fighters were behind the attack and said they have resisted the forces who attacked them.

Barre Mohamed Farah known as (Qordhere), head of the security of Islamic administration in Bardhere town has claimed the responsibility of the attack targeted to the Ethiopian and Somali soldiers’ bases in the town and added they have inflicted many casualties including deaths and wounds to them.

Locals say the fighting was heavy and lasted for several hours which the people of the town have expressed sorrow and very worried about it.

Ethiopia invaded Somalia in 2006 to help defeat the Islamic Courts Union forces that ruled much of south and central Somalia.

The attacks come as the security situation of Bardhere town was worsening over the past weeks which many attacks were targeted to the Ethiopian and Somali soldiers in the region by the Islamists who are against the presence of the Ethiopian troops and government policy.

17/01/09 (B482) Le journal de la flibuste … Aujourd’hui, c’est la Russie qui fait l’actualité. (3 articles en Français)

____________________________ 3 – Ria Novosti

Piraterie: deux navires de guerre russes en route vers le golfe d’Aden (source)

Les grands navires de débarquement Iamal et Azov de la flotte de la mer Noire ont mis le cap sur le golfe d’Aden jeudi matin, a déclaré vendredi à RIA Novosti une source au sein du ministère russe de la Défense.

« Les deux navires passeront bientôt par les détroits du Bosphore et des Dardanelles avant de se diriger vers la Somalie via le canal de Suez afin de lutter contre les pirates locaux », a précisé l’interlocuteur de l’agence.

Selon la source, les deux navires transportent des unités de l’infanterie de marine.

Le grand navire anti-sous-marins Admiral Vinogradov de la flotte russe du Pacifique exerce actuellement une mission de protection des bâtiments civils au large de la Somalie à la place du patrouilleur russe Neoustrachimy qui était au large de la Corne de l’Afrique depuis octobre. En outre, une vingtaine de navires étrangers luttent contre la piraterie au large de la Somalie.

Selon l’ONU, plus de 120 attaques de pirates, ont été enregistrées en 2008 au large de la Somalie. 200 marins environ et plus de 10 navires restent toujours entre les mains des écumeurs des mers.

Le 16 décembre 2008 le Conseil de sécurité de l’ONU a adopté la résolution 1851 donnant le feu vert aux raids aériens contre les camps des pirates et aux opérations militaires sur le territoire somalien avec l’autorisation du gouvernement de ce pays.

____________________________ 2 – Reuters

La Russie voudrait des bases navales en Libye et en Syrie

La Russie a décidé de créer dans les années à venir des bases navales en Libye, en Syrie et au Yémen, selon des responsables militaires cités par l’agence de presse Itar-Tass.

« Il est difficile de dire combien de temps cela prendra de créer des bases pour nos bâtiments dans ces pays, mais ce sera fait sans nul doute dans les années qui viennent », a déclaré un responsable en précisant, selon Itar-Tass, qu’une « décision politique » avait été prise à cet effet.

L’état-major de la marine de guerre russe n’a fait aucun commentaire sur cette information mais un général a fait savoir qu’il était prématuré de citer des noms.

« Des négociations sont menées avec des gouvernements étrangers et publier des noms risquerait d’avoir des conséquences négatives sur ces discussions », a confié à Tass le major général (n°2) des armées, le général Anatoly Nogovitsyne, qui refuse aussi de donner un calendrier précis.

« Nous avons besoin de bases permanentes, ce qui coûte très cher. Il faut tout calculer très rigoureusement », dit-il.

Selon des analystes, le port de Tartous, en Syrie, qui servit de point de ravitaillement pour les navires soviétiques durant la guerre froide, pourrait devenir une base pour la marine russe.

Des médias russes ont indiqué que l’ouverture d’une base russe à Benghazi avait été l’un des principaux sujets de discussion lors de la visite à Moscou du colonel Mouammar Kadhafi en octobre.

En 2002, la marine russe avait dû évacuer sa base de Cam Ranh, au Viêtnam, en raison du coût trop élevé de sa location. « Nous avons appris à compter nos roubles », a expliqué le général Nogovitsyne.

Conor Humphries et Dmitri Solovyov,
version française Clément Guillou et Jean-Loup Fiévet

____________________________ 1 – Ria Novosti

Piraterie en Somalie: la Russie se félicite de la coopération avec le Danemark

La Russie se félicite de la coopération avec le Danemark dans la libération du vraquier danois CEC Future avec des Russes à bord qui a été relâché vendredi par des pirates somaliens, est-il indiqué dans un communiqué du ministère russe des Affaires étrangères.

« Le ministère russe des Affaires étrangères a été en contact avec l’armateur danois du navire (Clipper Projects) depuis le détournement du cargo » en novembre, lit-on dans le communiqué.

« La présence de navires de guerre russes dans le golfe d’Aden » a joué un rôle positif dans cette situation, a ajouté le ministère.

Le cargo CEC Future battant pavillon des Bahamas, a été capturé par des pirates somaliens en novembre dernier, alors qu’il faisait route du Proche-Orient vers l’Asie. L’équipage du navire comprend 13 hommes dont huit Russes, quatre Estoniens et un Géorgien.

« A l’heure actuelle, le vraquier danois escorté par un navire de sauvetage russe s’approche d’Oman », a précisé le ministère russe des Affaires étrangères.

Le destroyer Admiral Vinogradov de la flotte russe du Pacifique exerce actuellement une mission de protection des bâtiments civils au large de la Somalie à la place du patrouilleur russe Neoustrachimy qui était au large de la Corne de l’Afrique depuis octobre. En outre, une vingtaine de navires étrangers luttent contre la piraterie au large de la Somalie. Les grands navires de débarquement Iamal et Azov de la flotte russe de la mer Noire se dirigent aussi vers les côtes somaliennes.

Selon l’ONU, les pirates somaliens ont attaqué environ 120 cargos en 2008. Ils détiennent plus de 10 navires et quelque 200 marins. Le 16 décembre 2008, le Conseil de sécurité de l’ONU a adopté la résolution 1851 sur la lutte contre la piraterie en Somalie donnant le feu vert aux raids aériens contre les camps des pirates et aux opérations militaires sur le territoire somalien avec l’autorisation du gouvernement de ce pays.