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08/11/2015 (Brève 508) Les 5 jeunes, proches parents du Vizir ont été finalement libérés hier samedi. Mais il reste 20 personnes à Gabode, arrêtées début octobre et placées au secret sans assistance (Info correspondant)

Tres bonne nouvelle, les jeunes ont aussi été libérés hier apres midi. J’ai reçu la confirmation tard dans la nuit. A noter qu’iIls etaient tous des proches de la famille du Vizir de Tadjourah.

Mais il m’a aussi été confirmé que 20 autres personnes dont 2 notables croupissent toujours dans la prison de Gabode depuis le 3 octobre 2015.

Leur seul delit est d’avoir des liens de parenté avec des résistants du FRUD.

Cela justifie l’alerte que le lance à l’ARDHD et à son Président Jean-Loup Schaal pour qu’il relaye nos apples sur le sort de ces personnes dont certains ont été torturées à Tadjourah par le célèbre Askar chef de la brigade de la gendarmerie de Tadjourah et récemment coopté dans l’odre prestigieux des bourreaux de la République.

Ces malheureux sont au secret : ils ne peuvent pas recevoir de visite et ils n’ont pas accès à un avocat ou à un médecin.

Nous lancons une alerte internationale pour leur libération.
Les 20 personnes qui sont toujours détenues à Gabode sont :

1) BADOUL YOUSSOUF MOUSSA
2) HOUMED BADOUL GOHAR
3) ABOUBAKER MOHAMED DAOUD
4) MOHAMED YOUSSOUF MOHAMED
5) ALI GADITO
6) OMAR MOHAMED DAOUD
7) OUMMA MOHAMED DEBERKALEH
8) MOHAMED ABDALLAH MOHAMED

9) HAROUN ISSA ALI
10) OUMMA HAROUN ABOUBAKER
11) HASSAN HOUMED HAMADOU
12) MOHAMED AHMED HASSAN
13) HAMAD HASSAN
14) HOUSSEIN HOUMED MOHAMED
15) OMAR ABDOULKADER DAOUD
16) ABOUBAKER ABDOULKADER DAOUD
17) HASSAN MOHAMED ALI
18) ADO MOHAMED
19) ASSIA HOUMED ARAS
20) ABDO HAMADOU

24/07/09 (B508) N’Djamena Matin (Tchad) avec AFP / Internet haut débit pour l’Afrique orientale grâce à un nouveau câble.

Les pays africains ayant une façade avec l’océan Indien, à l’exception de la Somalie, ont désormais accès à l’internet haut débit via un câble sous-marin de fibre optique, ce qui va réduire le coût d’accès à l’internet, a annoncé jeudi la société qui a installé ce câble.

Jusqu’à présent, l’accès à internet à haut débit dans cette région du monde, à l’exception de l’Afrique du Sud, se faisait par satellite. Les coûts de connexion étaient du coup exorbitants, les connexions souvent très lentes et peu fiables.

Le câble qui a été installé court sur une distance de 13.700 km, du Kenya à l’Afrique du Sud, et passe par Madagascar.

Des pays d’Afrique orientale n’ayant pas de façade avec l’océan Indien, comme l’Ouganda, le Rwanda et l’Ethiopie, vont aussi bénéficier de cette technologie. La liaison entre le câble sous-marin et Kampala est déjà opérationnelle, tandis que les liaisons avec Kigali et Addis Abeba sont en train d’être réalisées.

« C’est un jour historique pour l’Afrique, qui marque le début d’une nouvelle ère pour les communications entre le continent et le reste du monde », a déclaré Brian Herlihy, le directeur général de la société de télécommunications SEA Cable System (Seacom) qui a posé le câble.

« Nos efforts sans fin au cours des 24 derniers mois ont porté leurs fruits, et nous sommes fiers d’être les premiers à offrir des connexions à bon marché et de haute qualité », a-t-il ajouté dans un communiqué.

Ce câble « va changer la vie des hommes, femmes et enfants dans les pays connectés en leur permettant d’accéder à une technologie qui leur était jusqu’à présent inaccessible », a estimé de son côté le président de Seacom, Nizar Juma.

L’Afrique du Sud avait déjà accès à l’internet haut débit via un autre câble de fibre optique, installé le long de l’Afrique de l’Ouest, mais la compagnie publique sud-africaine Telkom en avait le monopole de commercialisation dans le pays. Avec l’arrivée du nouveau câble, la concurrence devrait jouer dans la première puissance économique du continent, et les prix pour l’accès à l’internet commencer à baisser.

La société privée Seacom appartient aux trois-quarts à des investisseurs africains.

24/07/09 (B508) Yemen Express (1 article en Français)

________________________________ 1 – Le Parisien avec AFP

Accrochages au sud Yémen: 16 morts et 30 blessés

Seize personnes ont été tuées et 30 blessées jeudi dans de violents accrochages dans le sud du Yémen entre les forces gouvernementales et des activistes, lors d’une manifestation favorable aux séparatistes sudistes, selon une source au sein des activistes.
La manifestation était organisée à Jinzibar, chef-lieu de la province d’Abyan, à 50 km à l’est d’Aden (capitale méridionale du Yémen), à l’appel du jihadiste Tarek al-Fadhli, un des dignitaires de la ville qui s’est rallié aux partisans d’une sécession du sud du pays.

"Les affrontements ont fait 16 tués, dont 6 policiers, et 30 blessés parmi lesquels figurent 10 membres des forces" gouvernementales, a déclaré à l’AFP la même source, proche du groupe Fadhli.

Un premier bilan, obtenu auprès de témoins, avait fait état de 12 tués et de dizaines de blessés.

Alors que les autorités ont pris de strictes mesures de sécurité pour empêcher la manifestation, des éléments armés, partisans de Tarek al-Fadhli, ont tiré des obus en direction du commissariat de police et d’autres établissements publics, a indiqué à l’AFP un responsable local.

Les forces gouvernementales ont répliqué par des tirs à balles réelles pour tenter de disperser les manifestants, ont rapporté les témoins, ajoutant que l’armée avait tiré notamment des obus qui ont touché de plein fouet la maison de Tarek al-Fadhli, à Jinzibar.

Les forces de sécurité bouclaient la ville où les liaisons téléphoniques ont été un moment interrompues.

Des hommes armés venant de Yafaa, un village montagneux situé à 40 km au nord de Zinjibar, ont tenté de se joindre aux combattants de Fadhli mais ils en ont été empêchés par les forces de sécurité, déployées sur les principaux axes routiers menant au centre de la ville. Des accrochages ont opposé les deux parties, toujours selon les témoins.

Les affrontements ont cessé en fin d’après-midi mais la situation restait tendue à Zinjibar et ses environs, selon des habitants.

Le sud du Yémen est en ébullition depuis plusieurs mois sur fond de revendications politiques et sociales, ses habitants estimant faire l’objet de discrimination de la part des nordistes et ne pas bénéficier d’aide économique suffisante.

Des appels à la séparation ont été lancés publiquement et les manifestations sont quasi-quotidiennes avec parfois des violences qui ont fait ces derniers mois au moins 38 tués si l’on tient compte des 12 morts de jeudi.

Le Yémen du sud était un pays indépendant avant l’unification avec le nord en 1990.

24/07/09 (B508) Nouvelles de Somalie (3 articles en Français)

________________________________ 3 – L’Express avec Reuters

Des combats font 46 morts en Somalie

Des affrontements ont fait au moins 46 morts dans le centre de la Somalie et à Mogadiscio, annoncent des responsables, alors que le nouveau ministre de la Sécurité promet de mettre sur pied des forces nationales solides.

Rebelles somaliens du groupe islamiste Hizbul Islam dans le quartier de Tarabuunka, jeudi à Mogadiscio. Des affrontements ont fait au moins 46 morts dans la capitale et le centre de la Somalie jeudi, jour de la nomination d’un nouveau ministre de la Sécurité après la mort du précédent en juin dans un attentat suicide. (Reuters/Mowlid Abdi)

Ni les insurgés ni les forces gouvernementales et leurs alliés n’ont semblé en mesure de prendre le dessus dans les combats sporadiques mais meurtriers qui les ont opposés dans la journée.

A Ouabho et Mahas, les affrontements ont mis aux prises des miliciens du groupe al Chabaab et des membres du mouvement islamiste modéré Ahlou Sounna. Ils ont fait au moins 31 morts depuis mercredi, selon l’Organisation Elman pour la paix et les droits de l’homme.

"Dix-huit personnes, principalement des miliciens, ont péri dans les combats (de jeudi) près du village de Ouabho. Treize sont mortes dans les affrontements de mercredi à Mahas. Le nombre total de blessés s’élève à 63 dans les deux zones", a dit le numéro deux de l’organisation, Ali Yacine Gedi.

Les islamistes d’Al Chabaab, tenus pour être les alliés d’Al Qaïda dans la corne de l’Afrique, contrôlent une large partie du centre et du sud du pays.

A Mogadiscio, où les combats s’atténuaient jeudi soir, au moins 15 personnes ont été tuées et 53 autres blessées en trois endroits, a rapporté Ali Muse, des ambulances Life Line.

MYSTÉRIEUSE MALADIE AU SEIN DU CONTINGENT BURUNDAIS

Ces combats coïncident avec la nomination, jeudi, d’un nouveau ministre de la Sécurité, après la mort du précédent en juin dans un attentat suicide.

"Je donnerai la première priorité à l’établissement de forces somaliennes fortes et de la sécurité nationale", a déclaré à Reuters le nouveau ministre, Aboullahi Mohamed Ali.

L’insurrection qui fait rage depuis deux ans en Somalie a coûté la vie à 18.000 personnes et contraint un million d’habitants à fuir.

Les Occidentaux redoutent que le pays, en proie à la guerre civile et sans gouvernement central solide depuis 1991, déstabilise la région et devienne un refuge pour les activistes islamistes s’il tombe aux mains d’Al Chabaab.

Quelque 4.300 soldats burundais et ougandais sont déployés à Mogadiscio sous la bannière de l’Union africaine pour défendre les principaux sites et aider les forces gouvernementales face aux attaques des insurgés.

Gaffel Nkolokosa, porte-parole de l’émissaire de l’UA en Somalie, a déclaré que 21 soldats burundais étaient tombés malades pour des raisons inconnues. Ils ont été hospitalisés au Kenya et trois d’entre eux sont morts, a dit le porte-parole en se refusant à toute précision sur les symptômes du mal.

L’Union africaine et le gouvernement burundais ont envoyé une équipe d’experts médicaux pour déterminer la cause de la maladie au sein du contingent burundais, a-t-il dit.

________________________________ 2 – RFI

Violences quotidiennes et soldats désabusés

Un employé du Croissant-Rouge somalien a été tué par une balle perdue à Mogadiscio alors qu’il circulait en bus. C’est une illustration des violences quotidiennes entre milices shebab et forces gouvernementales. Pour des soldats sous-équipés la lutte est souvent vaine. La France, la Grande-Bretagne et les Etats-Unis ont signé, il y a quelques mois, un accord de coopération avec le gouvernement.

Sur la route principale menant au palais présidentiel, creusée de nids-de-poule, des pick-up, surmontés de mitrailleuses, déboulent à fond de train, transportant des dizaines de jeunes, agglutinés, vêtus en civil qui font balancer leurs kalachnikovs dans le vide. Ce sont les soldats du gouvernement.

La plupart ne reçoivent pas de salaire et chaque jour, les blessés s’accumulent dans les hôpitaux de la ville. Et pour certains, la lutte semble parfois vide de sens.

Un soldat : « On n’a plus d’espoir, il n’y a pas de lumière devant nous, ni de futur. Vous savez, on est jeunes, la vingtaine. Moi, par exemple, j’ai vingt-cinq ans et je n’ai pas d’éducation, pas de moyens de me soigner et je ne sais pas à quoi tient ma vie. Vous voyez, ces trois balles qui ont traversé mon bras, ce sont les shebab. Je voudrais avoir une vie ».

A Mogadiscio, l’armée du gouvernement de transition, trois mille hommes, se résume à un agrégat d’anciennes milices sous-équipées.

La France, la Grande-Bretagne et les Etats-Unis ont signé, il y a quelques mois, un accord de coopération avec le gouvernement. La France s’est engagée à former un bataillon somalien en août prochain.

________________________________ 1 – Le Figaro avec AFP

Somalie: 15 civils tués dans des combats

Au moins 15 civils ont été tués et 55 blessés dans la nuit de mercredi à jeudi à Mogadiscio lors de combats entre insurgés islamistes et forces gouvernementales somaliennes soutenues par la force de paix de l’Union africaine (Amisom), a-t-on appris de source policière.Des tirs de mortiers ont éclaté dans la soirée lorsque des insurgés ont attaqué des positions des forces gouvernementales.

"Au moins 15 civils sont morts et beaucoup ont été blessés dans les bombardements de plusieurs quartiers", a déclaré à la presse le colonel de police Dahir Mohamed.

"Ils ont attaqué des postions gouvernementales au mortier et ils utilisaient des civils comme boucliers humains", a affirmé l’officier.Selon le chef du service des ambulances de Mogadiscio, Ali Muse, 55 civils ont été blessés dans les échanges de tirs.

Les insurgés islamistes ont lancé depuis début mai une offensive sans précédent, menée par les shebab et la milice Hezb al-Islam du chef islamiste radical cheikh Hassan Dahir Aweys, pour renverser le président Sharif Sheikh Ahmed, un islamiste modéré élu en janvier. Les insurgés ont juré de combattre jusqu’au renversement du président mais aussi jusqu’au départ de l’Amisom, qu’ils considèrent comme une "force d’occupation".

24/07/09 (B508)  16ème anniversaire de l’arrivée des premiers réfugiés djiboutiens à Addis Abeba. Le comité de soutien adresse ses remerciements à toute la communauté djiboutienne qui s’est mobilisée à travers le monde, aux Associations et à toutes les alliés et apporte des précisions sur les prochaines étapes.

Comme vous avez pu le lire dans notre dernier communiqué, le Comité de soutien aux réfugiés djiboutiens d’Addis Abeba a pris collectivement la décision de reporter la manifestation qui avait été programmée pour le mercredi 29 juillet devant les bureaux du HCR.

Pour quelles raisons ?

Les responsables du bureau de Paris du HCR ont pris contact avec nous très rapidement et ils nous adressé une première série de réponses à nos interrogations et à nos demandes. De plus, ils ont accepté de recevoir une délégation officielle du Comité ce même mercredi et d’apporter des réponses sur quatre points essentiels :



  1. Les décisions prises concernant les dossiers de ré-installation des 4 familles, qui ont été transmis fin décembre 2008 par le UNHCR aux autorités françaises,


  2. L’état d’avancement et les perspectives de décision concernant les 36 autres dossiers déposés, en cours de finalisation, et apparemment en souffrance au bureau d’Addis Abeba,


  3. L’application et la mise en œuvre de la Convention de 1951, avec l’enregistrement de tous les réfugiés djiboutiens présents sur sol éthiopien, qui en feront la demande,


  4. La garantie que tous les réfugiés djiboutiens d’Addis Abeba seront accueillis sans discrimination par le bureau UNHCR et qu’ils bénéficieront d’un traitement et de droits identiques(*) à ceux des ressortissants des autres communautés, y compris pour l’attribution des aides et de la couverture sociale.


Le comité a seulement pris la décision de reporter la manifestation à une date en septembre. Une nouvelle décision sera prise en fonction des réponses qui seront données et des avancées concrètes sur les dossiers.

Au nom du Comité, Omar Ali Gabasse et Jean-Loup Schaal, co-représentant désignés par les réfugiés d’Addis tiennent à remercier :

toute la communauté djiboutienne qui s’est mobilisée rapidement et massivement, d’abord en France et en Belgique, pour venir soutenir leurs soeurs et leurs frères en très grande difficulté à Addis Abeba, mais aussi dans le monde entier, en adressant des messages d’encouragement (Canada, USA, Inde, Pays du Golfe, …)
– les Associations qui ont apporté leurs moyens et leur expertise pour l’organisation de la manifestation,
– les alliés en France.

Ils tiennent à préciser que le Comité ne relachera pas sa vigilance, jusqu’à l’aboutissement de toutes les demandes légitimes en faveur de la communauté des réfugiés djiboutiens et ils demandent à toutes et à tous de rester mobiliser.

En fonction, à la fois des réponses, mais surtout des progrés concrets qui seront suivis chaque jour, le Comité se réserve de lancer dèbut septembre un nouvel appel à manifester devant les bureaux du HCR et la mobilisation et la présence de la communauté auront un poids décisif.

Après seize années passées en Ethiopie, les réfugiés djiboutiens n’en peuvent plus.

Ils sont à bout de force et découragés. Seize années de vie de citoyens de troisième catégorie en Ethiopie, sans ressources, sans foyer stable sinon des logements insalubres !

Harcelés en permanence, par la Police éthiopienne (avec des incarcérations fréquentes) et aussi par des citoyens éthiopiens (cas d’Hasna), ils vivent à la fois dans un dénument total et dans la peur, n’osant plus sortir qu’en groupe et dans la journée.

Cela ne peut plus durer.

Il faut obtenir que toutes les autorités concernées apportent non seulement des réponses adaptaées mais surtout des solutions acceptables dans les mois qui viennent, pour :

ceux qui sont enregistrés au HCR,
– ceux qui viennent de l’être récemement, mais qui ne perçoivent pas le maigre revenu auquel ils peuvent prétendre,
– l’immense majorité des réfugiés qui a jamais été recensée ni reconnue.

La mobilisation continue plus que jamais.

Le comité informera régulièrement l’opinion internationale de l’avancement des dossiers, à commencer par le compte-rendu de la réunion de mercredi prochain qui sera mis en ligne très rapidement.

Un grand merci à toutes et à tous.

Omar Ali Gabassé
et Jean-Loup Schaal

23/07/09 (B508) Nouvelles de Somalie (3 articles en Français)

___________________ 3 – Libération (Blog)

Otages en Somalie : le point sur une situation dangereuse

Plus d’une semaine après, les responsables français ne cachent pas leur inquiétude sur le sort des deux fonctionnaires de la DGSE enlevés le 14 juillet à Mogadiscio (Somalie).

Ils sont « en vie » et « bien traités » assure Claude Guéant, le secrétaire général de l’Elysée. Pour le reste, le silence est de plomb. A peine Bernard Kouchner affirme-t-il savoir « qu’ils sont séparés » et qu’ils pourraient être détenus par « deux groupes différents ». Le chef de la diplomatie française le reconnaît : « il y a des informations très contradictoires » venant de Somalie. C’est le moins qu’on puisse dire. Tentons d’y voir plus clair.

Qui sont ces « agents français » et que faisaient-ils là-bas?

Officiellement, Paris parle de «conseillers français en mission officielle d’assistance auprès du gouvernement somalien». En clair, deux fonctionnaires de la Direction générale de la sécurité extérieure (DGSE).

Ils seraient rattachés à la Direction des opérations, qui se voit confier des missions de liaison et de conseils là où personne d’autres ne peut aller. Comme les autres pays occidentaux, la France n’a plus de représentation diplomatique en Somalie.Pas plus que de réseaux ou d’agents de renseignement.

Trop dangereux.

Arrivés à Mogadiscio vers le 5 juillet, via le Kenya, ces deux hommes, civils ou militaires, ne sont pas des espions agissant sous couvert dans le cadre d’une opération clandestine. Ce sont des fonctionnaires envoyés officiellement mais discrètement par la France pour aider les autorités « légales » de Somalie, le « gouvernement fédéral de transition » de l’islamiste « modéré » Sharif Cheikh Ahmed.

Leur rôle était double : évaluer les besoins en matière de sécurité du président somalien et servir d’éléments précurseurs pour la formation d’un bataillon militaire.

En mai 2009, la France et les Etats-Unis se sont engagés à aider le gouvernement somalien à se doter d’une petite « garde prétorienne » comme le dit Kouchner : Paris et Washington formant chacun 500 hommes, à Djibouti et en Ouganda.

Comment ont-il été enlevés ?

Les deux fonctionnaires logeaient à l’hotel Sahafi, situé à un carrefour très fréquenté de Mogadiscio (« kilomètre 4 »), où séjournent également des ministres et des responsables du gouvernement. Cet établissement est situé non loin de Somalia House, le siège du gouvernement de transition, dans un quartier en principe protégé par la force africaine Amison. Le kidnapping a eu lieu mardi matin et s’est déroulé rapidement. L’hypothèse la plus vraisemblable est qu’il ait été le fait de soldats ou de miliciens proches des autorités légales. Les deux otages ont ensuite été « revendus » à d’autres groupes comme cela se pratique couramment en Somalie.

Les deux Français se sont-ils fait passés pour des journalistes ? Ce n’est pas prouvé, même Reporters sans frontières le reconnaît. Le Quai d’Orsay conteste cette information, qui provient du directeur de l’hotel Sahafi. En langue somalie, Sahafi signifie « presse ».

L’enlèvement a-t-il un lien avec la piraterie? C’est peu probable, estiment les autorités françaises, sauf si des pirates tués ou capturés par les forces spéciales françaises ont des liens familiaux ou claniques avec les ravisseurs.

Négocier ou intervenir ? Même si les autorités françaises n’excluent a priori aucune solution, y compris une intervention de vive force, la priorité est aujourd’hui à la négociation avec les ravisseurs. Des contacts ont vraisemblablement été pris, via l’ambassade de France à Nairobi, mais semblent peu avancés.

Qui les détient ?

Deux groupes sont évoqués : les Shabab (« jeunes » en arabe), milice islamiste radicale et le parti Hizbul-al-Islam de Cheikh Dahir Aweys, ancien dirigeants des Trbinaux islamiques, qui ont régné en 2006 sur Mogadiscio. Ces groupes, liés à Al-Qaida, s’apparentent aux Talibans afghans. Ils agissent d’abord pour des raisons idéologiques et non mafieuses. Ce qui complique les négociations de libération. Mieux vaut en effet discuter avec un bandit avide de dollars qu’avec un fou de Dieu.

D’où l’inquiétude qui règne à Paris.

__________________________ 2 – RFI

Les Nations unies restent malgré tout

L’Onu ne partira pas du pays. Le secrétaire général adjoint aux Affaires humanitaires John Holmes l’a confirmé en indiquant que «l’Onu ne fera pas marche arrière». La question se posait après le pillage, lundi, de trois agences des Nations unies par les milices islamistes shebab à Baïdoa et Wajid, respectivement à 250 et à 150 kilomètres à l’ouest de la capitale Mogadiscio. Témoignage d’un jeune Somalien qui a quitté le groupe.

Les activités humanitaires de l’organisation sont donc suspendues dans ces deux villes mais temporairement, le temps de remplacer les équipements pillés par les milices shebab (« jeunes » en arabe) qui accusent les organisations internationales d’œuvrer « contre l’édification d’un Etat islamique en Somalie ».

Il faut savoir que ces milices extrémistes contrôlent une bonne partie du sud du pays ainsi que plusieurs quartiers de Mogadiscio, où des affrontements ont lieu quasiment tous les jours avec les troupes du gouvernement de transition. Les shebab recrutent parmi la population. Mais il y a aussi, selon plusieurs rapports d’experts, des centaines de combattants étrangers qui se battent à leurs côtés.

Un ancien milicien a décidé de s’échapper

Notre envoyée spéciale à Mogadiscio, Stéphanie Braquehais, a pu entrer en contact avec un ancien milicien qui, lui, a décidé de s’enfuir au péril de sa vie. Ce jeune homme, dont les lunettes finement cerclées de fer lui donnent une allure d’étudiant studieux, avait il y a encore quelques jours un AK47 entre les mains et se battait aux côtés des shebab dans les rues dévastées de Mogadiscio.

Il a posé des bombes télécommandées, tiré au mortier, écouté les sermons sur le jihad et les « ennemis d’Allah ». Un jour, un ami est venu lui dire qu’il était devenu suspect et que les shebab voulaient l’assassiner. Il a réussi à s’enfuir in extremis.

Un ancien milicien

« Je ne peux plus communiquer avec les shebab car j’ai peur qu’ils s’en prennent à ma famille ».

Il a rejoint les shebab en 2007, pour lutter contre l’armée éthiopienne. Il pensait défendre son pays. Mais il s’est de moins en moins reconnu dans le discours extrémiste des shebab.

Tout en parlant, il jette de temps à autre des regards inquiets vers la fenêtre, pour vérifier que personne ne l’écoute. Il vit désormais dans la crainte d’être démasqué.

A Mogadiscio, il est impossible d’être un jeune homme et de ne pas prendre parti pour l’un ou l’autre camp ; impossible d’être un homme et de ne pas prendre les armes.

__________________________ 1 – IJAMBO (Kenya) avec AFP

Somalie: l’UA « très inquiète » d’un retrait de l’Amisom

Le président de la Commission de l’Union africaine (UA) Jean Ping s’est dit « très inquiet » de l’éventualité d’un retrait des soldats de la force de paix africaine en Somalie (Amisom), et a espéré qu’il sera évité.

« Nous sommes vraiment très inquiets, mais nous espérons que quelque chose sera fait pour éviter » un retrait des 3.400 soldats Ougandais et Burundais de l’Amisom, a déclaré M. Ping lors d’un point de presse au siège de l’UA à Addis Abeba.

« Un retrait de Somalie est inacceptable pour l’UA, mais aussi pour le reste du monde », a-t-il estimé, évoquant les populations somaliennes qui souffrent de la guerre civile depuis 1991.

L’Ouganda et le Burundi envisagent leur retrait « mais j’espère sincèrement que cela n’arrivera pas », a-t-il ajouté.

Le Premier ministre éthiopien avait jeudi semé le trouble et ravivé le spectre d’un vide sécuritaire en Somalie en assurant que le Burundi et l’Ouganda voulaient retirer leurs hommes avant le départ des troupes éthiopiennes prévu début 2009, suscitant un vif démenti de Kampala.

A la surprise générale, Meles Zenawi, s’exprimant devant le Parlement éthiopien, avait affirmé que le Burundi et l’Ouganda, qui fournissent actuellement l’intégralité des 3.400 troupes de la mission de l’Union africaine (UA) en Somalie (Amisom), lui avaient fait part de leur intention de se désengager du pays avant le départ des troupes éthiopiennes.

L’Ouganda et le Burundi « nous ont déjà informé qu’ils souhaiteraient se retirer avant que nous le fassions, et nous attendons seulement que des bateaux et des avions arrivent en Somalie pour qu’ils puissent organiser leur retrait », avait-il déclaré.

L’armée éthiopienne, qui intervient officiellement depuis fin 2006 en Somalie voisine et a mis en déroute début 2007 les tribunaux islamiques qui contrôlaient depuis six mois la majeure partie du centre et du sud du pays, dont la capitale Mogadiscio, a annoncé son retrait total du pays d’ici début 2009.

Depuis la débâcle des islamistes, Mogadiscio et plusieurs régions du pays sont le théâtre d’attaques meurtrières quasi quotidiennes. Les insurgés, menés par la mouvance islamiste, mènent régulièrement des attentats meurtriers visant en particulier les forces somaliennes et éthiopiennes, l’Amisom et les représentants gouvernementaux.

« Nous ne reviendrons jamais sur notre décision, quoi que la communauté internationale dise ou fasse. Nous pouvons partir demain ou les jours d’après, mais notre position est d’assurer que les soldats de la paix de l’UA puissent se retirer en sécurité grâce à des moyens logistiques suffisants », avait renchéri M. Meles, en répondant à la question d’un parlementaire.

L’Ouganda, par la voie de son ministère des Affaires étrangères, avait catégoriquement et sèchement réfuté cette affirmation.

« C’est totalement faux et c’est contraire à tout ce que nous avons dit. Notre position a toujours été que, si l’Ethiopie se retire de Somalie, nous y augmenterons notre présence », avait réagi auprès de l’AFP le ministre adjoint ougandais des Affaires étrangères Okello Oryem.

« Je suis surpris par cette déclaration. L’Ouganda est prêt à envoyer un bataillon supplémentaire si nécessaire », a-t-il ajouté.

23/07/09 (B508) Otages français en Somalie … (1 article en Français)

____________________________ 1 – Le Monde

Otages français en Somalie : Paris n’écarte aucune option

Depuis l’enlèvement de deux de ses agents à Mogadiscio, le 14 juillet, la France est confrontée en Somalie à une crise inédite qui met en jeu sa capacité à régler une affaire d’otages dans un contexte de guerre volatil. Le dossier pourrait affecter l’ensemble de sa politique dans la région, où, depuis 2008, la priorité est donnée à la lutte contre la piraterie en mer, ainsi qu’à un soutien appuyé au gouvernement somalien de transition, en butte à une insurrection armée dont certains éléments seraient liés à Al-Qaida.

La France a joué un rôle-clé en 2008 dans la mise en place d’une force européenne maritime (Atalante) au large des côtés somaliennes, où d’autres opérations militaires, notamment celle de l’OTAN, sont également actives. La France est en outre le pays occidental qui détient dans ses prisons le plus grand nombre de pirates somaliens (quinze en tout : six capturés sur terre, neuf en mer).

Une semaine après la capture des deux "conseillers" français à Mogadiscio, Paris semble évaluer toutes les options pour obtenir leur libération, y compris l’intervention de commandos au sol.

"Rien n’est écarté", a déclaré, mardi 21 juillet, le ministre des affaires étrangères, Bernard Kouchner, lors d’une conférence de presse, précisant que "la priorité est à la négociation". Il a insisté sur le fait que la préférence allait à "des moyens pacifiques". Les efforts se poursuivent pour tenter une négociation avec les ravisseurs.

En avril 2008, Nicolas Sarkozy avait opté pour l’usage de la force contre des pirates somaliens ayant participé à la prise d’otages sur le voilier le Ponant. Il avait ordonné l’intervention des forces spéciales françaises une semaine après le début de la crise, qui avait été fortement médiatisée.

Plusieurs heures après la libération des otages du Ponant – opération réalisée au moyen du versement d’une rançon -, une unité de militaires français héliportée était intervenue au sol pour capturer six pirates présumés, qui tentaient de s’échapper à bord d’un véhicule 4 × 4. L’intervention avait été présentée par l’Elysée comme un grand succès, la démonstration d’une volonté de ne pas laisser impunis les auteurs du forfait.

Depuis, la France est intervenue à deux reprises militairement, en mer, contre des pirates : le 16 septembre 2008, pour libérer les otages à bord du bateau Carré d’as, et le 10 avril 2009, pour sauver ceux du voilier de plaisance Tanit (un otage, le skipper du bateau, avait été tué dans l’opération).

Mais, cette fois-ci, les choses sont nettement plus compliquées. Libérer deux agents français détenus au sol dans le chaos somalien, où les affrontements s’intensifient entre troupes gouvernementales et groupes islamistes multiples, pose de nombreux problèmes de faisabilité et de risques.

Les deux agents français sont passés depuis leur capture, le 14 juillet, de main en main, d’un groupe armé à l’autre. M. Kouchner a indiqué qu’ils étaient désormais "séparés". Il n’a pas donné de détails quant à leur localisation. "Il semblerait – et je dis cela au conditionnel car nous recevons des informations contradictoires – qu’ils soient détenus par deux groupes différents", a-t-il dit.

Les deux agents étaient chargés d’une mission officielle dans le cadre du soutien que la France entend apporter au gouvernement somalien de transition, notamment pour la formation de ses forces armées, alors que l’étau des milices "al chabab" (les jeunes) voulant renverser ce pouvoir fragile, soutenu par une force de l’Union africaine, ne cesse de se resserrer autour de Mogadiscio.

A la question de savoir si Paris avait demandé aux autorités somaliennes l’autorisation d’intervenir éventuellement au sol avec des commandos, M. Kouchner a répondu mardi : "Il n’y a pas eu de demande." Deux jours avant, le premier ministre somalien avait déclaré que son gouvernement était disposé à accorder une telle autorisation.

Casse-tête juridique

L’idée d’une option militaire en Somalie renvoie à des souvenirs cuisants pour les Occidentaux, singulièrement pour les Etats-Unis qui, en 1993, avaient perdu dix-huit soldats dans une opération visant à capturer un chef de guerre somalien à Mogadiscio.

Le 12 avril 2009, lorsque Barack Obama a décidé une invention militaire en mer contre des pirates somaliens détenant le navire Maersk-Alabama, tout volet terrestre semblait soigneusement écarté. De même, après la libération du voilier Tanit, Nicolas Sarkozy n’a pas envisagé d’opération de poursuite sur terre alors que de telles actions ont été permises par des résolutions de l’ONU dans le cadre de la lutte contre la piraterie somalienne.

C’est précisément parce que le contexte apparaît hautement dangereux aujourd’hui en Somalie que la France a opté pour un programme de formation, à Djibouti, bien à l’écart de la zone de guerre, d’un bataillon de l’armée somalienne. Ce programme n’a pas été remis en cause, a indiqué M. Kouchner.

Le ministre a par ailleurs exprimé des doutes sur la thèse liant la capture des deux agents français à Mogadiscio au sort des quinze pirates somaliens détenus en France, où ils doivent être jugés.

Depuis 2008, la France a procédé à des dizaines d’arrestations de pirates. Une cinquantaine d’entre eux ont été remis aux autorités de la région somalienne du Puntland, et vingt-deux ont été transférés au Kenya, pays avec lequel l’Union européenne a passé en mars un accord à cet effet.

La détention des pirates somaliens est un casse-tête juridique. Les avocats français des six pirates du Ponant ont déposé une requête en nullité, contestant les conditions de leur interpellation. Ils ont été récemment déboutés. Mais un projet de loi serait en préparation à Paris pour contourner les impasses juridiques qui ont conduit, par le passé, à laisser s’enfuir des pirates.

Natalie Nougayrède

23/07/09 (B508)  Le Général Français Philippe Lefort a-t-il fait fort ! Est-ce son intervention sur la RTD le 14 juillet 2009 qui est aurait provoqué l’enlèvement de deux colonels français à Mogadiscio, le même jour ? (ARDHD)


14/07/09 Le Général de Brigade aérienne
Philippe Lefort annonce sur la RTD
que la France pourrait s’impliquer davantage
dans le conflit somalien.

NB : il sera remplacé à son poste le 8/08/09
par le
Général Thierry Caspar-Fille-Lambie. Ce
remplacement n’est pas une sanction,

puisqu’il avait été décidé avant.

Le général français Philippe Lefort s’est exprimé sur la RTD à l’occasion du 14 juillet (fête nationale française). Ses propos laisseraient supposer une possible intervention de l’armée française en Somalie. Le même jour deux de nos compatriotes (Colonels probablement en mission pour les services secrets français) ont été enlevés par une milice à Mogadiscio puis remis aux dirigeants d’AL Shebbab…. !

Pure coïncidence ?

Beaucoup pensent qu’il y a un lien de cause à effet et que les propos du Général pourraient être à l’origine de la prise d’otages.

La RTD a diffusé le discours de Philippe Lefort. Mais le commentateur qui traduit en langue somali les propos, couvre la voix du Général. L’un de nos correspondants a re-traduit en Français, ce qu’il a pu entendre (*).

Vous pouvez voir l’extrait de la RTD (YouTube) ci-dessous et lire, dessous, la traduction proposée par notre correspondant avec les réserves que nous rappelons en bas de page (*)

Comme vous le savez, l’Armée française continue sa mission de défense de la liberté et de la paix.

L’armée française participe à tous les évenements dans le monde entier.

Notre mission à Djibouti est d’apporter une aide et un appui aux forces de l’Armée nationale djiboutienne et de contribuer
au maintien de la paix et de la stabilité dans la Corne de l’Afrique.

(…….) Chaque jour et à tout moment, l’Armée française est à vos cotés.

Nos forces armées et les employés civils oeuvrent pour une bonne coopération avec nos pays amis et alliés.

Je vous informe que des activités de reconstruction de la paix sont menés en Ouganda et dans d’autres pays et ceci dans le cadre du maintien de la paix et de la stabilité.

Je profite de cette occasion pour féliciter les soldats qui combattent avec courage les terroristes qui veulent
semer la terreur dans la région. La situation chaotique qui sévit en Somalie nous tient beaucoup à coeur et l’envoi
de soldats africains est vivement souhaité. Nous attendons le feu vert de l’Union Africaine et nous espérons qu’il viendra le plus rapidement possible.

Sachez que l’Armée française participera à la restauration de la paix et de la stabilité en somalie.

Le point essentiel de
notre rassemblement ce soir est la situation alarmante qui sévit en somalie. Djibouti a joué un grand rôle pour sortir la Somalie de ce chaos en organisant plusieurs (…….)

(*) Nous recommandons à nos lecteurs la plus grande vigilance. Les propos ont subi deux traductions : Français -> Somali et Somali -> Français. De plus certains passages sont pratiquement inaudibles, ce qui explique les ponctutations (….).

Tout cela qui est susceptible d’apporter des altérations ou des erreurs, dont nous ne sommes pas responsables.

Seul le discours original en langue française serait à prendre en considération.