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24/11/2015 (Brève 523) Espace abonnés de MEDIAPART : A Djibouti, le président Ismaïl Omar Guelleh, au pouvoir depuis 1999, songe à se représenter en 2016 même si la Constitution le lui interdit.

Lien avec le site (article original) : cliquez ici

______________________________ Note de l’ARDHD
Selon notre connaissance, la constitution modifiée de façon autoritaire par IOG pour lui permettre un troisième mandat, l’autoriserait (sous réserve de la limite d’âge) à briguer un quatrième mandat. A ce titre nous émettons des doutes concernant l’affirmation contenue dans le titre.
Il serait certainement judicieux que les Djiboutiens s’assurent que Guelleh n’a pas une deuxième nationalité (Français par exemple ???), ce qui constituerait un empêchement majeur à son élection.

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Cela ne saurait être un obstacle insurmontable pour cet homme assoiffé de pouvoir qui avait déjà fait modifier la Constitution en avril 2010 pour pouvoir postuler à un troisième mandat l’année suivante. Il avait promis à l’époque qu’il quitterait le pouvoir en 2016, mais semble être en train de retourner sa veste pour mieux garder son sceptre. Si la manoeuvre est fréquente en Afrique, elle reste de moins en moins impunie, méfiance ! 

L’Afrique, continent ravagé depuis quelques années par le vent de la modification des Constitutions. En 2002, la Constitution guinéenne est modifiée dans le but d’autoriser le président Lansana Conté à se représenter à la fin de son second mandat. C’est également en 2002 qu’une modification de la Constitution tunisienne permet au président Zine Ben Ali de briguer un quatrième mandat en 2004. Au Togo, c’est la modification de 2003 qui a permis à Gnassingbé Eyadéma de se faire réélire pour un troisième mandat après déjà 36 années de pouvoir. En 2005, c’est au tour du Tchad : la Constitution y est modifiée pour permettre à Idriss Deby Itno de se maintenir au pouvoir, où l’avait porté un coup d’Etat en 1990.

Et la liste n’est pas exhaustive. Paul Biya au Cameroun, Joseph Kabila en République démocratique du Congo, Paul Kagamé au Rwanda, Pierre Nkurunziza au Burundi, Denis Sassou-Nguesso en République du Congo, et même Abdelaziz Bouteflika, réélu dans les conditions que l’on sait à la tête de l’Algérie pour un quatrième mandat, etc., autant de présidents assoiffés de pouvoir qui s’accrochent à leurs postes (avec ou sans modification constitutionnelle) coûte que coûte.

Mais le cas de Blaise Compaoré devrait tout particulièrement attirer l’attention d’Ismaïl Omar Guelleh. Arrivé au pouvoir en 1987 à la suite d’un sanglant coup d’Etat, Blaise Compaoré est élu président du Burkina Faso en 1991 puis réélu en 1998, 2005 et 2010. C’est au cours de son quatrième mandat, et après 27 années au pouvoir, qu’il doit démissionner, incapable de faire face à un soulèvement populaire. L’expérience de Blaise Compaoré devrait inspirer les réflexions d’Ismail Omar Guelleh sur l’opportunité ou non de briguer un quatrième mandat, alors que la contestation de son régime est grandissante au sein d’une population qui compte jusqu’à 65 % de personnes en situation de pauvreté et 57 % en situation d’extrême pauvreté.

Djibouti, petit Etat de la corne de l’Afrique, dispose pourtant d’importantes ressources, notamment en matière d’énergies renouvelables. Sa capitale est éminemment riche de son industrie portuaire et Ismail Omar Guelleh, qui a signé d’importants accords avec Pékin pour la construction d’infrastructures de transport aérien et ferroviaire, a promis d’en faire un des hubs commerciaux d’Afrique de l’Est. Mais pour l’instant le pays se classe 147e sur 169 en termes de développement humain, la pauvreté y est endémique et la richesse est distribuée de manière scandaleusement inégale !

En outre, la position stratégique de Djibouti, situé sur la deuxième voie maritime la plus importante au monde, fait de lui l’un des grands acteurs de la géopolitique régionale. A la porte du Golfe d’Aden et à quelques kilomètres du Yémen, cette ancienne colonie française constitue une base idéale pour les actions anti-terroriste et anti-piraterie. Le pays est ainsi devenu un partenaire incontournable des Occidentaux, qui voient en lui un acteur pouvant faciliter leurs entreprises géopolitiques dans la région.

Or, une dérive autoritaire pourrait déstabiliser profondément Djibouti, ce qui aurait des conséquences néfastes pour ses habitants mais également pour les intérêts occidentaux. Ismail Omar Guelleh doit entendre la demande pressante de ses citoyens, épris de liberté et de démocratie. Il faut éviter que la soif de pouvoir d’un dirigeant l’emporte à nouveau sur les revendications démocratiques de tout un peuple ! Il faut que les Occidentaux comprennent que s’ils veulent continuer d’entretenir des rapports avec un pays stable dans une zone en proie au chaos, s’ils ne veulent pas que le dernier bastion de résistance à la barbarie de la Corne de l’Afrique sombre à son tour dans la violence, il faut appuyer le souhait de la population djiboutienne de laisser place à l’alternance ! 

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06/11/09 (B523) Radio-Trottoir : Conseil des Ministres. Les échecs gouvernementaux et le concert diplomatique muet de l’UAD. (Lecteur)

Enfin le Gouvernement a créé un Comité national de suivi et d’évaluation de l’Action Gouvernementale 2009-2011.

Ce Comité sera inéluctablement financé par le PUND, qui devrait exiger des rapports sur les détournements des Fonds internationaux (ONU, FMI, Banque mondiale, Union européenne, Ligue arabe, …. ) ainsi que ceux des Assemblées des pays amis.

Comme le détournement de 5 milliards FD qui avaient été affectés au Fonds contre le SIDA, et qui reste un exemple d’actualité à développer.

En effet, depuis 2005, on comprend que la République de Djibouti est placée sous administration (perfusion ?) du PNUD..

Cette tutelle devrait prendre fin en principe prendra en novembre 2011.

Dans cette optique les chancelleries de la place, conformément à la lutte contre les anti-terroristes d’Etat, et surtout contre les pirates locaux qui rançonnent les pécheurs industriels étrangers, s’activent chacun de son côté pour convoquer le triumvirat de l’UAD.

Drôle de coïncidence, ces convocations ont eu lieu le jour même du Conseil des Ministres.

Il ne faut surtout pas perturber le Fou d’Haramous.

C’est ainsi, que le mardi 3 novembre 2009 l’Ambassadeur de France a reçu les dirigeants de l’UAD ;

Une semaine avant le 27 octobre 2009, c’était l’Ambassadeur des Etats-Unis, en présence de la Directrice du Département du Foreign Office qui les avait informés des volontés de l’Administration d’OBAMA pour maintenir IOG au Pouvoir.

Heureusement rien n’a filtré de ces Discussions, les Dirigeants de l’UAD ont gardé un silence total sur la stratégie américaine.

Par contre des combats ont fait rage mardi dernier dans le secteur de Wadi

Qui se tait consent ?

_________________________________ Un sujet pour le BAC 2010 ?

Cela me conduit à proposer des thèmes de réflexion pour l’épreuve du Bac 2010

« Djibouti : la transition démocratique est-elle possible en 2011 ?"

Et je vous propose en plus, un guide de correction de l’épreuve

La transition est non seulement possible mais elle est nécessaire.

La république de Djibouti attend avec une impatience de moins en moins dissimulée, les prochaines échéances électorales qui décideront de son avenir politique.

Le triomphalisme des partisans de la dictature et la peur qu’ils essayent de diffuser, n’expliquent qu’en partie la léthargie de l’opinion publique. Le pessimisme ambiant est plutôt à mettre, à mon avis, sur le compte des effets "collatéraux" du khat.

Tout le monde s’attend à un changement soit dans la forme soit dans le fond de ce régime qui a épuisé toutes les ressources en matière juridique et en matière économique.

Le seul fait qu’il traverse une zone de turbulences, sans que l’opposition y soit pour quelque chose, a de quoi inquiéter le régime. Peut-être une crise majeure se prépare-t-elle ?

Si le régime tente un passage en force pour briguer un troisième mandat contraire à la constitution , la légimité du chef de l’Etat sera encore plus fragilisée qu’elle ne l’ait aujourd’hui.

Avant d’affronter l’opposition civile et peut-être une insurrection armée, Ismail Omar devra résoudre l’équation du Troisième mandat ».

________________________________ Citations et références

Journal Uguta-Toosa N° 47

Recommandations du Professeur Tournesol.

Il est demandé aux futurs universitaires de faire abstraction de leurs sentiments politiques, mais de traiter ce thème dans la direction de leur avenir.

Il est vrai que l’Université de Djibouti tout comme l’Hôpital Peltier est un vrai mouroir.

90% à 95% de nos INTELLECTUELS(ES) sont condamnés(es) au chômage ou à l’exil.

Un opposant pas encor blasé !

04/11/09 (B523) Tentative de détournement d’un avion Daallo. Un lecteur apporte des précisions compélementaires publiées en Belgique et pose une question.

(Le Métro / Belgique) "Djibouti : Des hommes armés ont tenté de detourner un vol commercial entre la Somalie et Djibouti pour kidnapper deux journalistes allemands voyageant à bord.

Les journalistes se rendaient à Djibouti après avoir travaillé pendant plusieurs jours dans le pays. Les pirates de l’air ont ordonné aux pilotes d’atterir à Las Qorey, en Puntland,une localité située dans la région disputée et frontière entre Puntland et Somaliland.

Mais les pilotes ont en fait atterri à Bossasso, dupant les deux assaillants. Ils ont été immediatement arrêtés à leur arrivée par la police."

Question de notre lecteur : "Les assaillants avaient-ils reçu des informations préablables sur les déplacments de ces journalistes, qui auraient pu leur avoir été fournies par les services d’IOG ?

Recommandation de notre lecteur :
"Les autorités allemandes devraient probablement orienter leur enquête vers l’entourage du dictateur de Djibouti"

05/11/09 (B523) La direction d’Uguta-Toosa nous informe de la mise en ligne du numéro 47 daté d’Octobre 2009

La direction d’Uguta-Toosa nous informe de la parution du numéro 47 d’Octobre 2009 qui est en ligne sur son site : http://www.uguta.org.

Au sommaire :

Mot du Président: Djibouti : la transition démocratique est-elle possible pour 2011
1. Portrait n°1 d’Ismail Omar Guelleh (Cf. notre commentaire)
2. Portrait n° 2 d’Ismail Omar Guelleh ? (Cf. notre commentaire)
3. Ismail Omar Guelleh : Asservir le peuple
4. IOG : la 5ème fortune du continent africain
5.IOG, Chef de Cabinet du président Hassan Gouled (Alain Chouet)
6. Qu’est-ce que la transition démocratique ?
7. Le RPP, un « parti du gouvernement » qui vieillit mal
8. Le FRUD légalisé : futur principal partenaire d’Ismail Omar ?
9. La transition démocratique contre l’immunité à Ismail Omar Guelleh
10. Nima Djama critique le dictateur djiboutien (traduction en français)
11. « Pour ne pas attendre le boycott en 2011 » (Cassim A. Dini) – Extraits.
12.Changer la Constitution pour régner plus longtemps, une coutume (Africatimes)
13. Djibouti au Conseil exécutif de l’UNESCO

05/11/09 (B523) Le Journal de la Fibuste (4 articles en Français)

___________________________ 4 – Le Télégramme

Piraterie. Un cargo grec pris au piège au large de la Tanzanie

La cellule d’intervention de la police portuaire grecque vient d’indiquer qu’un cargo grec, le Delvina, venait d’être capturé par des pirates ce matin au large de la Tanzanie. L’équipage est composé de marins ukrainiens et philippins et transporte une cargaison de blé.

Le navire, qui venait de Méditerranée, se dirigeait vers le port de Mombasa au Kenya quand il a été capturé à 280 milles nautiques à l’est des côtes tanzaniennes.

Après avoir donné l’alerte, l’équipage n’a plus donné de nouvelles. Appartenant à des Grecs, le bateau bat pavillon des îles Marshall.

Un autre cargo repousse ses assaillants

Un autre cargo grec, le Théophoros 1, battant pavillon panaméen, a lui été victime d’une attaque aujourd’hui à l’aube dans le golfe d’Aden, mais l’équipage a repoussé les assaillants avec des lances à eau, a ajouté la cellule. La bateau a repris sa route pour Hong Kong, escorté de deux navires de guerre de la force internationale déployée dans la zone pour lutter contre la piraterie.

Deux morts dimanche dernier

Selon une information publiée par Le Figaro, un affrontement entre les commandos marines norvégiens et des hommes armés à bord d’un boutre, a fait deux morts à 20 km des côtes somaliennes, dimanche dernier. Les Norvégiens étaient basés sur la frégate Fridtjof Nansen, appartenant à la force européenne antipirates Eunavfor. Les vicitmes sont un Somalien et un Yéménite.

___________________________ 3 – Le Figaro avec AFP

Somalie/Pirate: des otages débarqués

Trois marins du thonier espagnol Alakrana, pris en otage depuis le 2 octobre au large de la Somalie, ont été transportés à terre par les pirates pour faire pression sur les négociations, a assuré aujourd’hui l’épouse de l’un des pêcheurs.

"Ils ont emmené trois membres d’équipage" sur la côte, a déclaré Maria Angeles, épouse de l’un des marins à la Radio nationale espagnole (RNE), rapportant le contenu d’une conversation téléphonique avec son mari. "Le gouvernement ne prend pas en compte les demandes des pirates. Leur principale demande est que les deux" pirates présumés soupçonnés d’avoir participé à cette attaque et transférés en Espagne "leur soient rendus", selon les propos rapportés par Maria Angeles.

Selon d’autres témoignages des proches des marins repris par les médias espagnols, les pirates auraient menacé ce matin leurs otages de les transférer à terre et de les remettre aux familles des deux pirates présumés emprisonnés en Espagne. Les pirates auraient aussi lancé une grenade à la mer afin de faire pression sur les familles et les autorités espagnoles pour accélérer les négociations.

Les deux pirates présumés détenus en Espagne avaient été capturés peu après avoir quitté l’Alakrana à bord d’une petite embarcation, par des militaires espagnols participant à l’opération internationale antipiraterie Atalante.

_____________________________ 2 – Portail des sous-marins

Il faut plus de frégates pour la mission Atalante

Par Rédacteur en chef.

Le président sortant du Comité militaire de l’Union européenne, le général Henri Bentegeat, veut plus de moyens pour lutter contre la piraterie au large de la Somalie à cause de l’importance de la zone à protéger.

"Les pays de l’Union Européenne se sont engagés pour 3 ou 4 frégates pour 2010. Mais nous en aurons probablement besoin d’entre 6 et 10 pour couvrir une zone aussi étendue," a déclaré le général Henri Bentegeat lors d’une conférence de presse. Il soutient qu’il y a une coordination entre les moyens navals envoyés par l’Union Européenne et l’OTAN, et "certainement pas une duplication."

_____________________________ 1 – Le Figaro

La saison des pirates est rouverte

Pierre Prier

Depuis le début du mois d’octobre, ils s’aventurent de plus en plus au large des côtes somaliennes.

Et revoilà les pirates somaliens. Six attaques réussies depuis le début du mois d’octobre, avec kidnapping des équipages et demandes de rançon. Deux cargos, un porte-containers, deux bateaux de pêche et un voilier de plaisance, avec un couple britannique à bord. Ils font partie des quelque 150 marins aujourd’hui retenus en otages en Somalie. Dimanche dernier, ce sont les commandos marines norvégiens qui affrontent des hommes armés à bord d’un boutre, à 20 kilomètres des côtes somaliennes.

Les Norvégiens étaient basés sur la frégate Fridtjof Nansen, appartenant à la force européenne antipirates Eunavfor. Bilan : deux morts parmi les occupants du boutre, un Somalien et un Yéménite, affirment les autorités de la région autonome autoproclamée du Puntland.

Lundi, deux nouvelles attaques ont lieu à 670 km environ des côtes du Kenya. Un cargo américain, le Harriette, et un pétrolier néerlandais, le Jo Cedarqui, essuient des tirs d’armes automatiques de pirates montés sur de petits bateaux rapides. Ils arrivent même à lancer une échelle sur le Harriette, mais les deux navires les repoussent en accélérant.

Tout cela alors que le dernier dérournement réussi date du 12 juin. L’explication est simple : la météo. « Nous nous y attendions, explique le commander (capitaine de frégate) John Harbour, porte-parole de la force navale européenne (Eunavfor). «La mousson, qui règne de juin à octobre, rend la mer trop difficile pour les petits bateaux rapides des pirates. Ils ont recommencé dès que la mer est redevenue bonne.»

Seize marines de guerre

Face à ce fléau qui met en danger les 20 000 bateaux passant par la mer Rouge chaque année, représentant 30 % environ du commerce mondial, la riposte internationale s’est réactivée. Une trentaine de navires de guerre battant pavillon de seize pays différents sillonnent les zones à risques. En tête, l’opération «Atalante» de la force européenne Eunavfor, première mission conjointe des marines de l’UE, et son pendant américain la Task Force 151.

Les navires engagés dans l’opération de l’Otan en Afghanistan prêtent aussi main-forte, ainsi que plusieurs pays engagés à titre individuel, Russie, Japon, Malaisie, Corée du Nord, Arabie saoudite. La coopération fonctionne, assure le porte-parole de l’Eunavfor. «Les différentes forces se rencontrent désormais une fois par mois à Dubaï pour partager leur expérience et se répartir les secteurs.»

Mais que faire des pirates, une fois capturés ? Les juger dans les pays dont ils ont attaqué les bateaux ? La méthode s’avère peu concluante. Les seuls pirates somaliens actuellement détenus en France, pour la prise en otage du voilier de luxe Le Ponant en avril 2008, attendent leur procès depuis un an et demi.

Amateurisme policier

La solution trouvée par les pays occidentaux se trouve à Mombasa. En vertu d’accords passés entre le Kenya, l’UE et les États-Unis, s’appuyant sur le caractère universel du crime de piraterie, le tribunal de cette ville côtière a commencé à juger une centaine de suspects débarqués sur son sol par les marines de guerre, y compris les deux groupes de onze hommes chacun capturés par la frégate française Nivôse. Mais le système semble mal parti, selon la propre constatation de la secrétaire d’État américaine, Hillary Clinton.

Le 4 août, en visite au Kenya, elle met les pieds dans le plat : «Les États-Unis et l’UE exigent que le Kenya améliore son système judiciaire entaché de corruption, déclare-t-elle. J’entends souvent cette phrase :“Au Kenya, pourquoi engager un avocat quand on peut acheter un juge ?” Malheureusement, cela résume la réalité.»

D’autres écueils ralentissent les procès. L’amateurisme policier de certains officiers de marine ouvre des boulevards aux avocats. Le 13 octobre dernier, on juge sept Somaliens qui ont eu la mauvaise idée d’aborder un pétrolier de la marine de guerre allemande, le MV Spessart. Me Jared Magolo interpelle un témoin, caporal de l’équipe de protection. «Avez-vous dressé après leur capture une liste des armes que vous dites avoir saisies sur mes clients ? – Euh, non, répond le militaire. Personne ne l’a fait.»

Toutes les audiences ont été ajournées au 30 novembre. Des avocats internationaux, membres de l’association Avocats du monde, basée en France, se sont joints à leurs confrères kényans. Parmi eux, l’Indo-Américain Avi Singh, défenseur de l’ex-président libérien Charles Taylor devant le Tribunal international de La Haye. Il compte parmi ses clients somaliens les onze premiers prisonniers capturés par le Nivôse.

L’association veut aller plus loin et cherche des fonds pour établir un bureau permanent à Mombasa. «Notre but est d’injecter du professionnalisme à tous les niveaux, dit son responsable, Me Emmanuel Altit. Ce serait profitable pour tout le monde. Si on a des procès injustes et inéquitables, ça se retournera contre les Européens.»

En attendant, un deuxième champ risque de s’ouvrir aux avocats. Les Seychelles viennent à leur tour de signer une lettre ouvrant la voie à des procès de pirates sur leur territoire.

05/11/09 (B523) Le Monde : "Passage des larmes", d’Abdourahman A. Waberi : Waberi et l’énigme du retour

Abdourahman A. Waberi avait 20 ans lorsqu’il décida de quitter Djibouti, où il naquit en 1965, pour poursuivre ses études en France. Depuis lors, ce petit port, constitué d’"îlots magiques au-dessus desquels, depuis des siècles, l’histoire tourbillonne à la manière d’un ouragan", et ce pays n’ont jamais cessé de hanter cet écrivain nomade.

Poèmes, nouvelles, romans, récits, fables, tous ses écrits ou presque le ramènent vers sa terre natale. Que l’on pense notamment à sa trilogie, composée de Pays sans ombre,

Cahier nomade et Balbala (tous au Serpent à plumes) ; ou encore au poétique mais non moins politique Passage des larmes. Derrière ce titre, formé par la contraction de la "porte des Larmes" (ou Bab el Mandeb en arabe), nom donné au détroit reliant l’Afrique à la péninsule Arabique, et du Livre des passages, de Walter Benjamin (figure tutélaire du livre), se cache un roman mystérieux, rempli de noirceurs, de tensions, sinon de peurs et de tragédies.

Forum Littérature

Un livre "palimpseste" où Waberi joue, non sans virtuosité, de tous les genres et formes d’écriture : journal intime, carnet de notes, roman d’espionnage, réflexions historiques ou géostratégiques, contes et légendes, sermons et autres incantations religieuses… à travers deux voix de l’ombre que tout oppose, qui se cherchent, s’affrontent à distance dans un jeu à haute tension.

La première est celle de Djibril, alias Djib. Près de vingt ans après être parti de Djibouti, où il est né le 26 juin 1977, jour même de l’indépendance, le voici de retour en homme neuf et pressé. Envoyé en mission par Adorno Location Scouting, une société d’intelligence économique basée à Montréal, cet homme un rien cynique, formé "pour désorganiser les Etats, les affaiblir au profit des multinationales", n’a qu’une poignée de jours pour scruter un pays devenu, sur l’échiquier mondial, un lieu éminemment stratégique où convergent soldats français, américains, hommes d’affaires du Golfe, magnats de l’uranium et groupuscules islamiques.

Mais on ne revient pas impunément sur les traces de son passé, sans réveiller quelques fantômes, aussi froid et décidé soit-on. Des fantômes comme cette petite voix d’enfance qui peu à peu se rappelle à Djib, s’insinue en lui, lui impose son rythme, sa poésie, ses sensations, ses images plus ou moins heureuses. Celle d’une mère indifférente et d’un père misérable qui ne lui inspirait que de la honte ; celle de son grand-père Assod, marin, cuisinier, nomade et conteur plein de sagesse ; ou encore celle de Djamal, son jumeau qu’il délaissa au profit de David, son frère de coeur.

Tandis que Djib ferraille avec ses souvenirs, ses doutes, et voit son "moi ancien" fissurer ses défenses, une seconde voix se fait entendre, pleine d’incantations à Allah, de sarcasmes, de condamnations, d’avertissements. Provenant du fin fond d’une prison cachée sous les îlots du Diable, cette parole émane d’un scribe mystérieux qui sait tout de Djib, de son enquête, de ses moindres faits et gestes. Seul lui échappe peut-être le lien fragile qui relie le jeune homme à ce frère perdu, et lui apparaît sous la forme d’un palimpseste intitulé Le Livre de Ben, en référence à Walter Benjamin.

Figure tutélaire de l’exilé s’immisçant dans l’esprit d’un personnage pour mieux en éclairer un autre, l’"ange de l’histoire" se fait entendre au coeur de ce récit singulier, tumultueux, fiévreux qui, sous les dehors d’un thriller géopolitique, constitue surtout un grand roman sur l’enfance, les identités meurtries et l’exil.

05/11/09 (B523) Yémen Express (6 articles en Français)

_______________________ 6 – JDD

Yémen: Des bombardements saoudiens?

L’aviation saoudienne a bombardé jeudi des positions rebelles dans le nord du Yémen, rapporte le site d’information Elaph basé à Londres, au lendemain de la mort de deux membres des forces de l’ordre saoudiennes, tués par les insurgés.

L’information n’a été confirmée ni à Ryad ni à Sanaa. Les rebelles chiites yéménites ont en outre annoncé mercredi s’être emparés d’une zone montagneuse en Arabie saoudite, près de la frontière entre les deux Etats.

_______________________ 5 – AFP

Yémen: un militaire saoudien tué dans une attaque près de la frontière

De Paul HANDLEY

Un militaire saoudien a été tué et onze ont été blessés par des hommes armés infiltrés à partir de la frontière avec le Yémen, la première attaque du genre depuis le lancement en août d’une nouvelle offensive de l’armée yéménite contre la rébellion zaïdite.

Selon un porte-parole officiel saoudien mercredi, l’attaque a eu lieu mardi à Jebel Doukhan, une région montagneuse située à cheval entre l’Arabie saoudite et le nord du Yémen où les combats font toujours rage entre soldats et rebelles chiites.

« Des hommes armés se sont infiltrés à Jebel Doukhan, en territoire saoudien (…) et ont ouvert le feu, utilisant différents types d’armes, contre des patrouilles des garde-frontières, tuant l’un d’eux et blessant 11 », a déclaré le porte-parole cité par l’agence officielle Spa.

Les forces saoudiennes « s’acquitteront de leur devoir pour préserver la sécurité de la patrie, défendre ses frontières et dissuader les infiltrés d’où qu’ils viennent », selon lui.

Un responsable du ministère saoudien de l’Intérieur, interrogé par l’AFP, n’a pas été mesure dans l’immédiat de dire si des assaillants avaient été blessés ou capturés.

Lundi, la rébellion zaïdite, avait accusé dans un communiqué Ryad de « donner à l’armée yéménite l’accès à une base saoudienne dans le Jebel Doukhan », demandant aux « Saoudiens de garder leur neutralité ». Elle avait aussi appelé Ryad à « ne pas donner à l’armée yéménite la possibilité d’utiliser son territoire pour nous attaquer, car nous serons alors dans l’obligation de faire face à toute agression d’où qu’elle vienne ».

Un haut responsable yéménite a démenti ces « allégations répétées des rebelles », niant toute aide saoudienne.

Dans un autre communiqué, la rébellion a affirmé avoir « pris lundi soir le contrôle (du secteur yéménite) de Jebel Doukhan, dans la région de Malahidh », dans la province frontalière de Saada, fief de la rébellion.

Les rebelles avaient accusé l’armée saoudienne le 19 octobre d’avoir bombardé un marché d’une localité yéménite frontalière, ce qu’avait démenti Sanaa.

L’Arabie saoudite dit soutenir politiquement et économiquement les autorités yéménites sans jamais évoquer de soutien militaire à l’armée du président Ali Abdallah Saleh.

Mais Ryad, qui s’inquiète de la poursuite de cette guerre, a renforcé les mesures de sécurité à sa frontière avec le Yémen, où les gardes-frontières sont déjà actifs redoutant l’infiltration d’activistes islamistes et le trafic d’armes et de rogue.

De con côté, Sanaa dit enquêter sur les liens entre les rebelles chiites et l’Iran. « Nous soupçonnons certains milieux et cercles religieux en Iran et ailleurs » de soutenir les rebelles, a indiqué le ministre des Affaires étrangères, Abou Bakr Abdallah al-Kourbi.

Récemment, M. Saleh a affirmé que les rebelles recevaient des financements « de certains dignitaires en Iran », tout en soulignant qu’il n’accusait pas le pouvoir.

Les combats entre rebelles, qui disputent aux autorités de Sanaa le contrôle des provinces de Saada et d’Omrane, et l’armée ont éclaté le 11 août dans le cadre d’un conflit récurrent depuis 2004, et ont fait jusqu’à présent des centaines de morts et de blessés et quelque 55.000 déplacés.

Le pouvoir accuse les rebelles de vouloir rétablir le règne de l’imamat zaïdite, renversé en 1962. Les rebelles s’en défendent en affirmant réclamer un développement « socio-économique de Saada » et un « respect » de leur droit à exprimer leurs opinions en toute liberté.

Le zaïdisme est une branche du chiisme, dont la plupart des adeptes résident au Yémen, où ils sont minoritaires dans un pays à majorité sunnite.

_______________________ 4 – Le Monde

Des insurgés chiites yéménites pénètrent en territoire saoudien

Des rebelles chiites yéménites ont annoncé s’être rendus maîtres d’un territoire montagneux en Arabie saoudite, près de la frontière entre les deux Etats. Les autorités saoudiennes ont indiqué, mercredi 4 novembre, qu’un membre des services de sécurité a été tué par des hommes armés venus du Yémen.

L’Arabie saoudite a précisé que l’attaque s’est déroulée mardi matin dans une zone frontalière près du nord du Yémen où le gouvernement yéménite est en lutte avec les rebelles. Les insurgés chiites accusent l’Arabie saoudite de soutenir le gouvernement de Sanaa dans son combat contre les islamistes.

_______________________ 3 – Casafree avec XINHUA

D’après un communiqué publié mardi sur le site Internet des rebelles chiites, après s’être opposé aux forces saoudiennes, les militants Houthis ont pris le contrôle de la région montagneuse.

Les rebelles Houthis « ont écrasé les attaquants et ont pris leurs armes et équipements », a ajouté le communiqué.

Mercredi, une source de la sécurité saoudienne a fait savoir qu’ un garde frontière a été tué et que 11 autres ont été blessés dans une attaque près de la frontière sud du pays avec le Yémen.

L’agence de presse officielle saoudienne SPA a rapporté, citant la source, qu’une patrouille à la frontière avait détecté mardi matin un groupe de militants armés qui s’infiltrait dans la zone frontière de Jabal al-Dukhan, dans le district al-Khouba, région de Jazan.

Repérés, les militants, munis de différentes armes, ont ouvert le feu sur la patrouille et tué un soldat et blessé 11 autres, a ajouté la source.

SPA n’a pas précisé l’identité des attaquants ni s’ils avaient été arrêtés.

Les autorités yéménites se battent contre les partisans Houthis depuis 2004, les accusant de tenter de relancer le système de pouvoir religieux.

_______________________ 2 – Le Monde

Yémen: raids aériens saoudiens à la frontière avec le Yémen (rébellion)

Les rebelles zaïdites chiites dans le nord du Yémen ont accusé jeudi l’aviation saoudienne d’avoir lancé une série de raids contre leurs positions en territoire yéménite, près de la frontière commune.

« Les raids de l’aviation saoudienne se poursuivent et ont fait des victimes parmi les civils innocents et désarmés », a annoncé la rébellion dans un communiqué publié en fin d’après-midi.

« L’aviation saoudienne a mené mercredi une vingtaine de raids en territoire yéménite et elle a poursuivi ses bombardements ce matin », avait déclaré auparavant à l’AFP le porte-parole de la rébellion zaïdite, Mohammad Abdessalam, joint au téléphone de Dubaï.

Selon lui, les raids saoudiens visent Jebel Doukhan, une région montagneuse située à cheval entre l’Arabie saoudite et le nord du Yémen, mais aussi à Jebel al-Mamdoud, al-Hassama et d’al-Majdaa, des régions frontalières.

Joint au téléphone par l’AFP, un habitant de la région saoudienne d’Al-Khouba, dont dépend Jebel Doukhan, a confirmé ces raids. « Des bombardements aériens saoudiens sont lancés depuis mercredi contre des positions à la frontière avec le Yémen », a déclaré Mohammad al-Majed.

Des renforts militaires saoudiens sont acheminés dans la région et l’aéroport saoudien de Jazane a été fermé au trafic aérien civil, a ajouté ce Saoudien.

Les raids saoudiens ont fait suite à l’annonce mercredi par Ryad de la mort d’un de ses soldats, tué mardi à Jebel Doukhan par des hommes armés infiltrés en territoire saoudien à partir du nord du Yémen, où la guerre fait rage entre l’armée et la rébellion depuis août dernier.

Dans un communiqué mis en ligne mercredi, la rébellion zaïdite a accusé l’armée saoudienne d’utiliser « des bombes au phosphore » dans ses raids aériens au Yémen du nord.

La rébellion zaïdite accuse Ryad d’ingérence au Yémen, ce que nie Ryad qui dit soutenir politiquement et économiquement les autorités yéménites sans jamais évoquer de soutien militaire à l’armée du président Ali Abdallah Saleh.

_______________________ 1 – Le Monde

Al-Qaida revendique un attentat au Yémen

Al-Qaida revendique, jeudi 5 novembre, l’attaque au cours de laquelle trois hauts responsables des services de sécurité yéménites ont été tués, mardi dans l’est du Yémen. Dans un communiqué sur Internet, non authentifié, Al-Qaida explique avoir voulu soutenir « [ses] frères » emprisonnés au Yémen.

Par ailleurs, les rebelles yéménites affirment avoir été bombardés, jeudi, par l’aviation saoudienne, au lendemain de l’accrochage frontalier entre rebelles et gardes-frontières qui a coûté la vie à un soldat saoudien et de la prise de contrôle d’une zone montagneuse saoudienne par les rebelles. Selon un porte-parole des rebelles interrogé par l’agence AP, au moins quatre de ces bombardements auraient eu lieu en territoire yéménite. Il n’a toutefois pas précisé de bilan humain.

DES CENTAINES DE MORTS ET DE BLESSÉS DEPUIS LE MOIS D’AOÛT

Les insurgés accusent l’Arabie saoudite de soutenir le gouvernement yéménite dans son combat contre les islamistes. Les pays occidentaux et les Saoudiens redoutent de voir Al-Qaida étendre son influence, en profitant de l’insurrection qui se développe dans le nord du Yémen.

Les combats entre rebelles, qui disputent aux autorités de Sanaa le contrôle des provinces de Saada et d’Omrane, et l’armée ont éclaté le 11 août dans le cadre d’un conflit récurrent depuis 2004, et ont fait jusqu’à présent des centaines de morts et de blessés et quelque cent cinquante mille déplacés. Le pouvoir accuse les rebelles de vouloir rétablir le règne de l’imamat zaïdite, renversé en 1962.

Les rebelles s’en défendent en affirmant réclamer un développement « socio-économique de Saada » et un « respect » de leur droit à exprimer leurs opinions en toute liberté.

05/11/09 (B523) ADI / L’UA salue l’offre de Djibouti d’envoyer un contingent à l’AMISOM

Le Conseil de paix et de sécurité de l’Union Africaine (UA) a accueilli mardi avec faveur l’offre de Djibouti de fournir des troupes à la Mission africaine de maintien de la paix en Somalie, rapporte APA qui cite un communiqué de l’UA.

Les pays fournissant des troupes à la Mission de l’Union Africaine en Somalie (AMISOM) s’étaient retrouvés lundi à Addis-Abeba pour discuter des efforts de maintien de la paix en Somalie.

La rencontre était présidée par le Commissaire de l’UA pour la paix et la sécurité, Ramtane Lamamra et selon le Conseil, “la rencontre a salué la promesse faite par le gouvernement djiboutien de fournir un contingent à l’AMISOM”.

L’AMISOM dispose d’un effectif de 4.000 soldats ougandais et burundais en Somalie pour aider le gouvernement fédéral de transition (TFG) à ramener la paix et la stabilité en Somalie, pays resté sans gouvernement central depuis 18 ans.

“La rencontre a insisté sur l’urgence de payer les arriérés des indemnités dues aux casques verts et les dédommagements dus aux soldats décédés et pour les équipements des divers contingents.

Au cours de cette réunion, l’accent a été également mis sur la nécessité de garantir les moyens de subsistance, notamment la rémunération des forces somaliennes pour une période d’au moins 12 mois.”

Les Nations Unies, l’Autorité intergouvernementale pour le développement (IGAD), la Ligue des Etats Arabes (LAS), l’Union Européenne (EU), le président du forum des partenaires de l’IGAD, les membres permanents du Conseil de sécurité de l’Onu, la Libye et le Burkina Faso en leur qualité de membres de Conseil de paix et se sécurité de l’Union Africaine prenaient part à la réunion.