04/03/03 (B187) Les chroniques d’Ariko. Réagir à la descente aux enfers de l’opposition djiboutienne. Lettre ouverte a ladite ‘opposition’ : l’UAD.

Cette lettre est
adressée à MM. Daher Ahmed Farah, Ali Meidal Waiss, Ahmed Dini,
et Farah Ali Waberi,

par
le
Sergent Ariko

Chers Messieurs,

Votre comportement, votre
attitude et votre silence depuis le 10 janvier 2002, date des élections
législatives, prouvent que vous étiez au courant de l’immense
fraude que Guelleh allait organiser et que vous n’avez rien fait pour l’en
empêcher.

Ensuite, à l’annonce
du rejet de votre réclamation devant le Conseil constitutionnel, vous
vous êtes bien gardé de donner le moindre signe de vie, ni d’émettre
le moindre commentaire. On peut dire que l’opposition est morte, tandis que
le pouvoir fêtait bruyamment sa victoire au Mocambo. Tous les Djiboutiens
connaissaient à l’avance les resultats qui etaient deja escompté
dans le mabraze privé d’Haramouss où l’on saluait la victoire
à coup de Benson et de Chicha (sans oublier sa Majesté … le
Khat).

Le peuple djiboutien est
en colère. Le pouvoir savait aussi, à l’avance que la grogne
se propageait du Héron jusqu’à Balbala. Mais il n’en avait cure,
car il savait bien qu’aucun membre de l’opposition déclarée
ne se mettrait en travers du pouvoir de Guelleh.

Grâce à vous,
membres de l’opposition, Guelleh peut dormir tranquille à l’ombre de
son Palais et il n’a pas à envoyer la FNP à chaque fois qu’il
est informé d’une réunion de l’opposition. Il n’y en a pas,
ce qui lui simplibie singulièrement les choses.

Eh bien, moi, je m’adresse
à chacun d’entre vous et je lui pose les questions que le peuple brûle
de lui demander.

A Monsieur Ali Meihdal
Waiss,

Comment se fait t-il que vous conduisiez de grands projets tels que la construction
d’un grand Hôtel à quelques pas de la Présidence de la
République ?

Chacun d’entre nous sait
bien qu’IOG réserve violence et répression contre tous ceux
qui essayent de relever la tête pour s’opposer à lui. Il n’a
de cesse que de le ruiner et de le rendre ‘fou’ s’il le peut. L’homme ainsi
désigné n’a plus aucune chance de pouvoir entreprendre : il
est bloqué et il ne peut plus rien faire.

Curieux que la SDS n’ait
rien fait contre vous ni votre fortune qui ne fait que s’accroître.

1) Soit vous payez des
bakchichs à IOG et celui-ci ferme les yeux, en contrepartei sur sur
votre opposition. 2) Soit vous avez tellement volé à l’poque
où vous étiez le Chef des Forces armées, que le pouvoir
vous tient par la barbichette et que vous ne pouvez pas lever une oreille.

La vérité,
Cher Ali Meidal c’est que vous êtes un vrai joueur et qu’un vrai joueur
n’aime pas s’avouer vaincu. En 1985, la Lettre de l’Océan indien avait
écrit un long article pour critiquer votre gestion des Finances de
l’Armée nationale. Elle avait évoqué le coup d’état
que vous vouliez organiser. Cette publication avait fait du bruit et votre
Ministre de la Défense de l’époque, Houssein Barkhat Sirag vous
avait sommé de vous expliquer.

Où on est le fameux
contrat que vous aviez conclu avec Saïd Barkhat pour la construction
des logements des familles des militaires. Le pouvoir vous accuse aujourd’hui
d’avoir pris ce contrat au détriment de Said Barkhat.

A Monsieur Ahmed Dini,

Je lui demande pourquoi Kadahamy a quitté le FRUD Armé ?

Que sont devenues les
clauses de l’accord du 7 fevrier que vous aviez passé avec Guelleh
?

Savez-vous que la rumeur
publique affirme que vous percevez les loyers de vos maisons au Héron
et que le gouvernement djiboutien qui avait connaissance de vos besoins, contrairement
à ses pratiques habituelles et classiques de dissuasion financière
des opposants, n’a rien fait pour vous empêcher de toucher l’argent
(qui vous est, certes, dû)

Vous vous êtes battus
pour des idéaux nouveaux, pour sortir le pays du gouffre dans lequel
il est plongé mais à la lumière de mes enquêtes,
on ne peut pas dire que grand chose a changé au royaume du Génie.
Certes, votre ennemi de toujours Barhkat Gourad a demissionné pour
raison de maladie.

Cher Monsieur, peut-on
dire que vous êtes complice du massacre d’Arhiba le 18 decembre 1991
? La direction de votre mouvement savait qui avait donne l’ordre a l’armée
de tirer sur la population sans defense et elle n’a rien fait pour le dénoncer.
Aujourd’hui, vous avez accepté de vous asseoir à la table du
dictateur : qu’est ce qui vous empêche de lui demander de prendre des
sanctions contre les responsables de ce carnage, comme par exemple le Général
Zakaria Cheik Ibrahim des FAD , le Commandant Elmi Farah Abane qui etait alors
le responsable de la Marine nationale.

Ce sont les éléments
de la Marine qui ont tiré sur les civils qui fuyaient vers la côte
pour tente d’échapper aux tirs de l’Armée nationale. Quelles
meilleures occasions, attendez-vous pour évoquer fermement cette affaire,
qui fait rougir le pouvoir au abois de Guelleh ?

Hassan Gouled pourrait
toujours, aujourd’hui temoigner dans l’affaire, n’étant plus chef de
l’Etat.

Pourquoi les familles
des victimes, qui ne sont nullement des argos ou kotis (éthiopiens
en somali) ne demandent-elles pas justice afin de chattier les responsables
du massacre ?

Qu’attendez-vous Monsieur
Dini ?.

Si vous ne le faites pas,
vous pourriez être considéré comme complice de Guelleh.

Même votre propre
fils Kassim désapprouve votre redition déguisé qui ressemble
à “BOUFFE ET FERME TA GUEULE !”.

Vous avez le devoir moral
de donner des explications aux combattants du FRUD, sur cette rentrée
fracassante au Palais de la Présidence, qui n’a pas donné de
résultats concrets, tant sur le plan des LIbertés que sur celui
de la justice ou de l’économie.

A Monsieur Farah Ali
Waberi
D
epuis que vous avez quitte le PND d’Aden Robleh Awaleh, je m’interroge
sur vos activités au sein de l’opposition. Etes-vous vraiment satisfait
de changer de camps à chaque fois que vous n’arrivez plus à
satisfaire vos besoins.

Où sont ces fameuses
écoles de formation à la politique dont vous aviez annoncé
la création à grands renforts médiatiques ?

Et le divorcce avec Aden
Robleh, pour quelles raisons ? Je savais que lors de l’entretiens de Maha
Karuna pendant lesquels, vous êtiez le porte- parole du PND, vous ne
disiez pas la vérité, Cher Monsieur, sur la déroute du
parti et sur la Conférence du 13 septembre 1996.

Aujourd’hui, placé
au sein de l’UAD, pouvez-vous dire ce que vous pensez des gens qui la dirigent
? Sont-ils à la hauteur des ambitions qu’ils ont affichées ?
Quelle est votre rôle exacte au sein de cette mouvance de l’opposition.

A Monsieur DAF
Je me demande depuis quand on peut changer à la fois le nom et
l’emblême d’un parti politique sans en avoir préalablement consulté
les militants ?

Vous êtes la seule
personne à écrire dans le journal du Parti. Pour quelles raisons
? Par exemple, nous avons remarqué que Monsieur Souleiman Farah, qui
a une maîtrise et qui fut le Directeur de l’Education nationale n’intervient
plus dans la rédaction ? A-t-il perdu son stylo ?

Et il n’est pas le seul.
Vous deux co-présidents ont des diplômes et pourtant ils n’ecrivent
pas dans le Journal ?

On a l’impression que
votre journal Le Renouveau djiboutien évite consciencieusement les
sujets qui troublent le régime (et le repos ?) de Guelleh : la mort
du Gendarme Daheiyie, la mort du Juge Borrel, ….

Depuis sa parution en
1992, je lis attentivement votre journal, en dépit de la surveillance
exercée par la SDS qui surveille tous les acheteurs au Kiosque Clochard.

Au fond, e ne vois pas
ce qui attire les Djiboutiens si ce ne sont les quelques critiques à
l’encontre d’IOG, avec lequel, je sais que vous entretenez des relations secrètes.

Des hommes, avant vous,
ont eu le courage d’utiliser leur plume à Djibouti : ils ont été
soumis au double supplice dans la Villa Christophe. Je pense en particulier
à Ali Coubba et à d’autres.

Et vous ! Il y a longtemps
que vous n’etes plus jamais inquiété !

Lors de Maha Karuna, en
1996, Monsieur Obsie representait le RPP et son parti, a moitié-mort,
affirmait publiquement, devant la nation et les téléspectateurs
que le régime n’avait pas peur de vous même que vous vous faisiez
sourire ses responsables tous les jeudis.

Ce n’est pas parce que
vous êtes Fourlaba que le régime a peur du PRD ou plutot du MRD
mais vos ecrits pourraient lui faire trés mal, s’ils abordaient les
points sombres .

On a vraiment l’impression
que vous les évitez. Dans la dernière édition, vous parlez
du marché bidon d’Hodane, de la misère dans les quartiers ainsi
que des maigres salaires. C’est bien, mais il y a tant d’autres sujets ce
qui pourraient être vraiment utiles aux Djiboutiens.

La chicha fait des ravages
dans les maisons et pourtant votre journal n’en parle jamais ni du Khat. Pour
éviter d’en parler comme d’un fléau national, vous aviez pris
un cas particulier et vous aviez reproché à l’ancien Président
de l’Assemblée nationale Monsieur Badoul d’etre un acharné de
la Chicha.

Comment Guelleh qui ne
vous aimait pas, vous a-t-il autorisé à aller vous promener
dans les rues de New-York, de Paris et enfin de Bruxelles et d’y installer
un domicile pour votre femme Madame Anissa Barkhat Soubagleh et vos 4 enfants.

Ensuite vous manifestez
contre Guelleh Place de la Madeleine, puis vous rentrez paisiblement à
Djibouti pour reprendre un poste d’opposant. Et tout cela, sans que la SDS
ni la Gendarmerie ne s’intéressent à votre cas. Etrange et probablement
unique dans les annales de notre jeune République !

A Paris, la SDS était
aussi présente : elle avait accompagné Guelleh lors de sa tournée
pitoyable en France. Ses sbires ont photographié tous les manifestants
et les dirigeants : GED et autres.

Comment expliquez-vous
que vous n’ayez pas été inquiété à votre
retour ? Si ce n’est pas en vertu d’un accord de double-jeu que vous auriez
passé avec Guelleh ?

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Mais, Chers lecteurs de
l’Observatoire de l’ARDHD, sachez bien que je ne me fais aucune illusion et
que personne, parmi les hommes que j’interpelle, ne repondra à mes
questions.

Le pouvoir leur conseillera
de respecter le dicton, si cher aux Dictateurs : ‘Les chiens aboient et la
caravane passe !”

Mais, je sais que les
Djiboutiens sincères et opprimés me comprendront et qu’ils décideront
de mettre un terme à cette ridicule descente aux enfers de leur opposition
de théâtre.

Sergent
Ariko
Tilbrug-Hollande
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