14/06/06 (B354_B) Interviews (presque) imaginaires : la réponse de Djama Ali Guelleh, grand patron de l’EDD va en surprendre plus d’un ! (fiction ARDHD)

Après avoir lu l’article qui a été publié sur votre site “La centrale de Boulaos, un gouffre financier”, j’utilise mon droit de réponse pour apporter des corrections, des précisions et des démentis.

Non Boulaos n’est pas et n’a jamais été un gouffre financier. C’est un service public qui est parfaitement géré par une équipe remarquable, que j’encadre avec attention.

Boulaos ne perd pas d’argent, mais au contraire elle en gagne beaucoup. Le revenu par Kwh produit est le plus important au monde. Je m’explique.


Roger Picon
Plus les installations sont vétustes, moins elles sont entretenues, plus nous pouvons solliciter des aides et des emprunts.

La différence entre les deux est insignifiante. Dans la mesure où nous ne rembourserons jamais les emprunts de mon vivant ! Alors aide ou emprunt, c’est tout à fait pareil.

Mais si la centrale était rénovée, on se fermerait cette source de revenu.

Ensuite, moins la centrale produit d’électricité, plus le revenu est important. Je m’explique toujours.

Pour un montant équivalent d’aide ou de subvention, si on le divise par un nombre inférieur de Kwh produit, on augmente le résultat. Et encore plus, car on diminue aussi à la fois la consommation de fuel, mais aussi les dépenses d’entretien, les pièces d’usure, etc….

Comme je suis jugé sur résultats par Guelleh, qui m’attribue des primes à la rentabilité par Kwh produit, chaque année; je dois veiller à ce que la centrale se dégrade davantage et surtout qu’elle produise de moins en moins d’électricité pour atteindre mes objectifs personnels.

Le résultat optimal avait été atteint en 1998, lorsque la centrale avait pris feu. Le résultat sur nos comptes de pertes et profits avait été magnifique : beaucoup de ressources internationales et une production largement diminuée … Donc un revenu maximum par Kwh.

Pourquoi ne pas arrêter totalement la production ?

Non mais vous êtes idiot ou quoi ? Est-ce que vous savez compter ? Si je ne produit plus un seul Kwh, la division du revenu par le nombre de Kwh sera une division par zéro. L’infini. Guelleh ne comprendrait pas. Donc je suis condamné à maintenir un minimum de production, un seul Kwh par mois au minimum, pour présenter des résultats significatifs à mon Cousin.

Et la notion de service public dans tout cela ?

Là, je vous arrête immédiatement. C’est une notion obsolète et dépassée, héritage di marxisme du siècle, né et mort aux siècle dernier. Aujourd’hui, on ne parle plus de service public dans une société moderne et bien gérée ! Les populations sont parvenues à maturité et c’est à elle de gérer leurs besoins et leurs approvisonnnements.

Rien qu’à Djibouti, de la notion de service public, on est passé en cinq ans, à la notion de dette publique. C’est cette deuxième notion qui concerne directement les Djiboutiens : quel est le montant de la dette qui leur incombe désormais ?

Quel est-il ?

Je ne suis pas dans les secrets de l’Etat, mais je peux vous dire que les chiffres que vous avez donnés dans votre article sont très sous-estimés. 60 millions de dollars US ? Non mais vous rigolez ! Me prendriez-vous pour un gagne-petit. Avec Boulaos, c’est au moins dix fois plus !!! Je suis ambitieux, moi Messieurs, et Guelleh est exigeant. Avec Paulette, ils ont une soif de cash. C’est rien de le dire.