21/06/06 (B355_B) La crise somalienne dans la presse. Les tensions entre les tribunaux islamiques et l’Ethiopie font les gros titres. L’Union Africaine prépare l’envoi de troupes d’interposition, tandis que l’ADI essaye de justifier officiellement une levée de l’embargo sur les armes, qui pourrait bien arranger rétroactivement les affaires de Guelleh, qui l’aurait bafoué depuis des années, selon des onservateurs, afin de maximiser ses profits. (Infos lecteur)

_____________________________ Le Monde avec AFP

Vives tensions entre l’Ethiopie et la Somalie

Les tribunaux islamiques de Somalie, qui étendent depuis début juin leur emprise sur le pays, ont appelé, lundi 19 juin, la communauté internationale à faire pression sur l’Ethopie, qu’ils accusent depuis ce week-end d’avoir envoyé des troupes dans le pays.

“Nous appelons la communauté internationale à faire pression sur l’Ethiopie pour qu’elle retire ses troupes du territoire somalien, afin d’éviter un nouveau conflit”, à déclaré à Jowhar un des dirigeants des tribunaux islamiques, Cheikh Ali-Hassan. Samedi, le président des tribunaux, Cheikh Shariff Sheikh Ahmed, avait accusé l’Ethiopie – qui soutient le fragile gouvernement de transition somalien – d’avoir envoyé des troupes en Somalie. Addis-Abeba avait aussitôt démenti.

APPEL AU CONSEIL DE SÉCURITÉ

Plusieurs organisations internationales s’inquiètent des risques de conflit. Le représentant de l’ONU en Somalie a appelé, lundi, le conseil de sécurité à agir pour empêcher le conflit somalien de prendre une dimension régionale et de provoquer une intervention de l’Ethiopie. “Nous sommes à un moment critique”, a déclaré à la presse François Lonsény Fall, représentant spécial en Somalie du secrétaire général de l’ONU, Kofi Annan. “Si rien n’est fait maintenant, ce conflit peut prendre une dimension régionale, et le Conseil de sécurité doit agir davantage”, a-t-il ajouté.

Face à la dégradation des relations entre la Somalie et l’Ethiopie, le président somalien, Abdullahi Youssouf Ahmed, est attendu mardi matin dans la capitale éthiopienne, Addis-Abeba où il doit notamment rencontrer le premier ministre éthiopien, Meles Zenawi, et se rendre au siège de l’Union africaine (UA).

L’avancée des milices des tribunaux dans le pays a relancé le projet de force de paix africaine en Somalie, né en 2005, mais qui n’a jamais vu le jour. “Nous avons décidé d’envoyer une mission d’évaluation qui va déterminer quels sont les besoins d’une mission de soutien à la paix (…) dès que possible”, a indiqué à la presse à Addis-Abeba le commissaire à la paix et la sécurité de l’Union africaine, Saïd Djinnit. M. Djinnit a fait ces déclarations à l’issue d’une réunion de représentants de l’UA, de l’Union européenne et de l’ONU consacrée aux mesures à prendre en vue du déploiement d’une telle force.

Avec AFP

__________________________________ BBC News

L’Union africaine prépare l’envoi de troupes d’interposition en Somalie

Somali peace force moves closer

The African Union and western diplomats have agreed to send a team to Somalia to assess the possibility of deploying peacekeepers there.

The assessment team will decide how many troops would be needed.

The Islamists, who control the capital Mogadishu, fiercely oppose the idea and last week held large protests.

Tension is high in Somalia, after the Islamists said Ethiopian troops had crossed the border – a claim the Ethiopians have denied.

Somalia has had no effective national government for 15 years.

Ethiopia is seen as being close to President Abdullahi Yusuf and there are some unconfirmed reports that Ethiopian troops have been spotted in Baidoa, the town 200km north of Mogadishu, where his government is based.

“We call on the international community to pressure Ethiopia [to] remove its troops from Somalia territory in order to avoid another conflict,” said Sheikh Ali Hassan, an official in the Union of Islamic Courts, reports the AFP news agency.

Islamist militias have been moving towards the Ethiopian border.

After a meeting in the Ethiopian capital, Addis Ababa, AU Peace and Security Commissioner Said Djinnit told reporters that there was unanimity among the international community to support the interim government, which has requested peacekeepers.

He said the situation was extremely serious and could threaten regional stability but there was a “window of opportunity”.

He said they were calling for dialogue between all of the parties in Somalia.

Before any peacekeepers were deployed, the UN would have to lift its arms embargo on Somalia.

Tim Clark, head of the European Union delegation to the talks said there was a real sense of urgency.

“The situation could unravel very, very fast unless there is a real muscular response,” he said.

Distrusted

The BBC’s Hassan Barise in Mogadishu says Somalis fear that any foreign peacekeepers brought into the country would end up clashing with the Islamist militias.

Correspondents say the only place safe enough for peacekeepers would be Baidoa, but many residents in Baidoa fear an assault from the Islamic courts militia.

The government initially welcomed the Islamists’ victory against warlords but the peacekeeper issue has divided them.

President Yusuf has set three conditions for talks:

  • The Islamic courts leave other towns they have seized and withdraw to Mogadishu
  • They recognise his government
  • They lay down their weapons

In return, the Islamists refuse to have talks until the government says it does not want foreign peacekeepers.

On Sunday, UK Minister for Africa Lord Triesman called on the government and the Islamic courts to begin a dialogue to try to bring order to the country.

He told the BBC’s Newshour programme that he had spoken to President Abdullahi Yusuf and had called on him not to invite Ethiopian forces into the country.

Ethiopia has been mentioned as one of the countries that could send peacekeepers to Somalia, but Ethiopia is deeply distrusted by some Somalis.

During the 1990s, Ethiopia helped Mr Yusuf expel an Islamic group from the northern Puntland region he controlled.

Intense diplomatic pressure is being applied by the international community to try to stop Somalia, which has had no effective government for 15 years, from spiralling further into civil war.

On Sunday, United Nations High Commissioner for Refugees Antonio Guterres told the BBC that there could be a really catastrophic humanitarian situation if there was major confrontation in Somalia.

____________________________________ ADI

Note de l’ARDHD : depuis des années, nous attirons l’attention de l’opinion publique internationale sur le fait que le régime de Guelleh pourrait alimenter le trafic d’armes à destination de la Somalie, en dépit et en contradiction de l’embargo qui a été voté à l’ONU. En insistant sur la nécessité de lever cet embargo, le régime du dictateur ne fait que conforter nos craintes.

En effet la levée de l’embargo sur les armes, pourrait lui permettre de régulariser toutes les entorses qu’il a commises (jusqu’à ce jour) à l’encontre des décisions internationales et qui auraient pu lui permettre en plus, d’arrondir sérieusement ses fins de mois (sic)

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« Il faut lever partiellement l’embargo sur les armes imposé à la Somalie pour déployer l’IGASOM » déclare le Chef de la diplomatie djiboutienne

DJIBOUTI (ADI) – 19 Juin 2006- Le Chef de la diplomatie djiboutienne M.Mahamoud Ali Youssouf a, lors d’un entretien qu’il a accordé hier à la presse, indiqué que la République de Djibouti suit de près l’évolution de la situation en Somalie et appelle notamment le gouvernement de transition à nouer le dialogue avec les principaux responsables des tribunaux islamiques.

« Lorsque les forces des tribunaux islamiques ont pris le contrôle de Mogadisho et ont étendu leur influence jusqu’à Johar et Beledweyne, la République de Djibouti et l’IGAD se devaient de réagir face à cette nouvelle situation » a-t-il souligné.

Pour ce qui est de la crise que traverse actuellement la Somalie et des difficultés qui persistent au niveau du déploiement d’une force de maintien de la paix dans ce pays, le ministre des affaires étrangères et de la coopération internationale a précisé qu’il est indispensable de lever partiellement l’embargo sur les armes imposé à la Somalie pour déployer l’IGASOM.

« Tant qu’il n’ y aura pas une levée partielle de l’embargo sur les armes en Somalie, il sera difficile pour les pays de l’IGAD de déployer une force régionale chargée du maintien de la paix » a-t-il ajouté.

Selon le ministre des Affaires Étrangères et de la Coopération Internationale, M.Mahamoud Ali Youssouf, toutes les composantes de la société somalienne doivent régler leurs différends d’une manière pacifique.

Le Chef de la diplomatie djiboutienne a également déclaré que « la communauté internationale se doit d’intensifier ses efforts en faveur du maintien de la stabilité en Somalie »

Concernant la réunion du groupe de contact sur la Somalie, convoquée par Washington, le ministre des affaires étrangères a, par ailleurs, affirmé que ce genre d’initiatives unilatérales à lesquelles n’ont été associés ni l’IGAD, ni les membres de la Ligue Arabe, ni le gouvernement de transition, ne font que compliquées la situation en Somalie.

« Sachant que l’instabilité et la guerre en Somalie ont des conséquences immédiates sur le plan régional, les pays membres de l’IGAD devraient être c viés à participer à toutes les initiatives concernant la Somalie » a-t-il fait remarquer.

Quant à l’éventuelle présence de troupes éthiopiennes sur le sol somalien, le Chef de la diplomatie djiboutienne a précisé que « toute ingérence extérieure constitue une violation de la souveraineté de ce pays et si cela se confirme, elle ne fera qu’aggraver le sort des somaliens ».