10/11/09 (B524) Coucou, me revoilà ! Tel le phénix, un ancien indic de Guelleh, qui vivait dans l’ombre, renaît de ses propres cendres et envoie des informations au régime.

Plusieurs corresponsants nous ont alerté sur la cas de cet ancien fonctionnaire d’Ambassade, qui aurait quitté celle de Djibouti aux Etats-unis, par la petite porte, mais avec la caisse …

Curieusement, il n’avait pas fait l’ohjet de plaintes ni de poursuites et nous venons de comprendre pourquoi …

En fait, il s’agirait d’un authentique agent double, qui s’était “endormi”, comme on dit dans le jargon de métier, au Canada, où il faisait semblant de mener une existence paisible.

Mais en fait, depuis des années il renseignait Guelleh et son régime.

Le dernier message qui a pu être intercepté, montre que cet agent secret des renseignements djiboutiens, continue à entretenir une correspondance aves les services gouvernmentaux de Djibouti et à leur transmettre des informations. En échange de … ? Un salaire mensuel par exemple ?

Extraits de la liste de diffusion
de sa dernière information :

(…) ali.coubba@free.fr ; cassimadini@yahoo.fr ; udt_djibouti@yahoo.fr ; lanation@intnet.dj ; rtd@intnet.dj ; adjib@intnet.dj ; ud@univ.edu.dj ; minfemme@intnet.dj ; education.gov@intnet.dj ; mccpt@intnet.dj ; adjib@intnet.dj ; anpi@intnet.dj ; indomr@intnet.dj ; fz@intnet.dj ; atodj@intnet.dj ; DJIBOUTI.BDDI.BCIMR@africa.bnpparisbas.com ; marill.b@intnet.dj ; CargoServicesDjibouti@iss-shipping.com ; contact@coubeche.com ; daallo@intnet.dj ; djibouti-airlines@intnet.dj ; jibam@ethiopianairlines.com ; airfrance@intnet.dj ; smsr@intnet.dj ; cielnet@intnet.dj ; heurope@intnet.dj ; sheratondj@intnet.dj ; sher.sales@intnet.dj ; tacotransit@intnet.dj ; ets.abdi@intnet.dj ; marill.e@intnet.dj ; mtsdjib@bowintnet.dj ; mtsshipping@intnet.dj ; mtscompta@intnet.dj ; djibship@intnet.dj ; massida@intnet.dj ; fded@intnet.dj ; waberi@intnet.dj ; boreh@intnet.dj ; oreal@intnet.dj ; kothari@intnet.dj ; dir.amm@intnet.dj ; iss.dj@iss-shipping.com ; gss@intnet.dj ; sdc@intnet.dj ; dmmi@intnet.dj ; customercare@port.dj ; information@totaldjibouti.com ; maeci@intnet.dj ; presse@intnet.dj ; cerd@intnet.dj ; lib_vhugo@yahoo.fr ; pbis@intnet.dj ; napoleon@intnet.dj ; ndjed@intnet.dj ; lycee@intnet.dj ; caritas@intnet.dj ; bcimr@intnet.dj ; cicid@intnet.dj ; svamc@intnet.dj ; aiabsieh@intnet.dj ; port@intnet.dj ; unicef@intnet.dj ; awaleh@intnet.dj ; noel_lddh@yahoo.fr ; arefmadj@yahoo.fr ; adi@intnet.dj ; td@intnet.dj ; sggpr@intnet.dj ; assembleenat@intnet.dj ; assnatdji@intnet.dj ; lanation@intnet.dj ; cpi@intercom.tn ; cabinet@oic-oci.org ; rachididriss@yahoo.fr ; mohamed_ibrahim@caramail.com ; rtd@intnet.dj ; darar16@yahoo.fr ; mcabmefpp@intnet.dj ; dfe@intnet.dj ; onta@intnet.dj ; rpp@intnet.dj ; umpdjibouti@mail.com ; mesn@intnet.dj ; cnr@intnet.dj ; davidhawker@port.dj ; patrickbol@port.dj (…)

L’homme ne semble pas être très dangereux, probablement un peu dérangé et très certainement illuminé (par ? ). Ce qui est certain, c’est qu’il déraille à nouveau en ce moment. C’est pourquoi nous appelons tous les Djiboutiens de l’opposition à la plus grande prudence, car l’homme est tout à fait capable d’informer le régime sur leurs faits et gestes, dans la minute : par exemple, cet extrait de liste prouve que La Nation, la RTD, les ministères, le RPP ou encore l’UMP sont ses correspondants habituels. Si ça n’est pas du double jeu !

A noter d’ailleurs qu’il n’a jamais rien fait pour s’opposer au régime, ni pour venir en aide aux prisonniers politiques, pour dénoncer les arrestations arbitraires, les viols et les tortures ni pour aider ses concitoyens réfugiés à Addis Abeba.

Au contraire à l’instar des illuminés, il cherche à déplacer le discours sur d’autres théâtres d’opération, comme la Palestine par exemple, afin que l’on ne parle pas des méfaits et forfaitures commis par Guelleh et son équipe.

Hélas ! Cela aussi fait partie du double jeu.

A ce propos, nous invitons les lecteurs à relire, avec délectation, l’interview (presque)imaginaire qui avait été publiée sur le site en 2000 (quand Kadamy et ses compagnons d’armes étaient à Gabode), rediffusée en mars 2002 et que nous reprenons ci-dessous, sept ans plus tard, car le bonhomme sert toujours le régime dictatorial et sanguinaire de Guelleh.

Au final, un dernier détail, l’émetteur de ces messages à destination du pouvoir djiboutien, se nommerait Monsieur Ali D….. Il est possible qu’un certain nombre de destinataires que nous connaissons bien et avec lesquels nous coopérons de façon régulière, aient l’envie de lui répondre … en lui conseillant surtout d’arrêter de se ridiculiser.

_________ Interview (presque) imaginaire rediffusée le 9 mars 2002

9/03/02 Les interviews (presque) imaginaires. Cette semaine, un ancien diplomate ou le paradoxe poussé jusqu’à l’absurdité.

Pour perpétuer
les grandes traditions du site, cette semaine l’équipe
de l’Observatoire a réalisé une nouvelle interview
(presque) imaginaire. Elle a choisi, au hasard, un personnage
qui aurait pu avoir été diplomate à l’Ambassade
de Djibouti aux USA et qui aurait pu, comme tant d’autres, avoir
déserté son poste pour passer à l’ouest,
c’est à dire au Canada.

Pour les
besoins de la circonstance, nous l’appellerons Monsieur Ali.
Tous ceux qui croiraient avoir trouvé une ressemblance
avec tel ou tel personnage en exil au Canada se tromperaient
certainement : la ressemblance ne pourrait être que fortuite
et nous dégageons toute notre responsabilité.

Donc M.
Ali pourrait être un homme bien connu pour ses prises
de position tranchées et pour ses longs communiqués
très détaillés et pas toujours extrêmement
clairs, de l’avis de certaines mauvaises langues.

L’Observatoire
:
M. Ali. Nous tenons à vous remercier de nous
avoir accordé cet entretien dans le contexte qui prévaut
actuellement en particulier dans la lutte que vous avez engagée
récemment contre l’ARDHD à grands renforts de
mémorandums et de démonstrations complexes.

M.
Ali
: Je vous remercie de m’écouter : les gens
ne savent plus écouter aujourd’hui. Permettez-moi d’abord
de vous dire que je m’exprimerai au nom de tous les partisans,
sans aucune exception, du PPPPPPPPPPD, le Parti des Purs
Partisans Pour la Paix, Pour la Patrie et Pour la Prospérité
du Peuple Djiboutien ou si vous préférez le 10PD
et qu’ils sont nombreux. Mais je ne parlerai que d’une seule
voix car à Moi tout seul, je les représente tous. Par ma seule volonté, ils sont tous complètement d’accord avec moi et qu’ils
me sont totalement fidèles.

L’O
: C’est bien et nous le notons. Combien sont-il ?

M.
ALI
: Vous ne m’avez pas écouté ni compris.
Ils sont très nombreux. Je ne vous donnerai pas de chiffre
précis car ces données sont absolument confidentielles.

L’O
: Nous avons été informés du fait que vous
lanciez une grande campagne de mise en garde contre l’ARDHD
en ce moment. Pour quelles raisons ?

M.
ALI
: L’ARDHD, c’est un repaire de colonialistes, d’agents
doubles, de barbouzes et de flibustiers. C’est le refuge de
tous les frustrés. C’est un repaire de brigands et de
repris de justice. En plus, je prétends officiellement,
sans y croire vraiment (mais gardez ce point pour vous), qu’ils
ont été chassés de Djibouti par Guelleh.

C’est cela
qui pourrait expliquer leur démarche et faire comprendre
qu’ils n’ont qu’un objectif : celui de porter préjudice
à IOG. C’est absolument inacceptable et intolérable.
Savez-vous aussi, qu’en parallèle, ils continuent à
servir IOG : ils font tous partie du groupe des agents spéciaux
d’information de Guelleh pour l’Europe et pour le Canada. Et
en plus ils travaillent aussi pour les services français
du renseignement.

En tant
que patriote, j’ai le devoir de mettre en garde la Communauté
des vrais réfugiés contre leurs agissements sournois.
C’est moi qui suis le premier à avoir démasqué
leur double jeu. Je suis le premier et le seul à avoir
compris tout cela et j’estime que cela me donne une légitimité
authentique pour les accuser des pires bassesses et même
(ça ne me coûte rien) d’en ajouter en les calomniant
sur un fond de pourritures. Je n’ai aucune information consistante à
ce sujet, mais il faut sans cesse calomnier car il en restera
toujours quelque chose. C’est ma règle de vie et elle
m’a toujours rapporté gros.

L’O
: Excusez-moi, mais je ne comprends pas bien. Vous leur reprochez
d’un côté d’attaquer M. Guelleh et en même
temps, vous les accusez d’espionnage au profit d’IOG et de la
France. Pouvez-vous nous expliquer ces contradictions ?

M.
ALI :
Il n’y a aucune contradiction. Si vous êtes
incapables de comprendre cela, il ne fallait pas me demander
cette interview. Si vous voyez une contradiction dans mes propos,
c’est la preuve incontestable que vous aussi, vous travaillez
pour Guelleh et pour le SDECE. Vous êtes leurs complices.

L’O
:
Le SDECE n’existe plus, c’est la DGSE maintenant,
mais vous avez le droit de penser ce que vous voulez …
Ici, nous sommes dans un pays de liberté ! Passons. Dans
un long réquisitoire publié en 2000 sur le site
de l’ARDHD et que peu de personnes avaient eu le temps de lire
jusqu’à son terme avant de s’endormir, vous vous êtes
auto-décrit en victime du régime. Vous avez dit
notamment que vous aviez été contraint de fuir
Djibouti lors de votre dernier voyage parce que vous vous sentiez
menacé physiquement.

Vous aviez
d’ailleurs demandé une assistance y compris financière
à l’ARDHD lors de votre escale à Paris entre Djibouti
et le Canada. Donc vous aussi, vous avez été contraint
de quitter Djibouti. Où serait la différence avec
le cas des animateurs de l’ARDHD, tel que vous le décriviez,
il y a quelques instants ?

M.
ALI :
Moi je représente les patriotes. Eux non
! En plus sur le plan financier, ils n’ont pas été
généreux. Pensez donc, l’ARDHD a refusé
de me payer un billet d’avion en business entre la France et
le Canada.

Ils m’ont
fait cela à Moi, le seul opposant qui leur faisait l’honneur
de leur transmettre mes papiers à publier ! Ces ingrats,
je ne suis pas près de les oublier et rien que pour cela,
je conduirai la guerre totale contre eux. Ils ont été
tellement mesquins que je ne leur rendrai jamais les quelques
malheureuses centaines de FF, qu’ils m’avaient prêtées
uniquement dans l’espoir de m’humilier. Qu’ils ne comptent pas
dessus ? Jamais, jamais, ils ne les reverront.

L’O
:
Expliquez-moi. Que leur reprochez-vous au juste ?
D’être des agents de Guelleh ou des victimes, voire des
opposants.

M.
ALI :
Mais c’est simple. Comment faut-il vous l’expliquer
? Je ne vais pas me répéter vingt fois. Je leur
reproche d’être les deux à la fois. Des opposants
farouches de Guelleh et des agents secrets de Guelleh.

L’O
:
C’est un peu complexe en effet et pas très
clair. En consultant le site de l’ARDHD, j’ai constaté
que cette organisation avait, en effet, publié régulièrement
de nombreux textes signés par vous. Vous ne pouvez quand
même pas dire le contraire, ni surtout vous en plaindre
!

M.
ALI :
Si justement, je me plains !

L’O
: Mais pour quelles raisons ?

M.
ALI :
Parce que mes textes étaient confus et
totalement incompréhensibles pour les lecteurs. Si l’ARDHD
les a publiés, c’était uniquement pour me porter
préjudice et aujourd’hui, je lui demande réparation,
car les lecteurs ne m’ont pas compris.

L’ARDHD
est donc responsable (et je le prouve maintenant devant le monde
entier) de cette situation qui a profité pleinement à
Guelleh. Vous voyez bien que je détiens la preuve irréfutable
de leur duplicité et que j’en fais la démonstration.
Nul doute que ce sont des agents de Guelleh.

D’ailleurs
je n’ai pas grand chose d’autre à faire en ce moment
qu’à me concentrer sur leur cas. Je travaille beaucoup
pour écrire des mémorandum, des notes d’information
qui inonderont demain le monde entier. Et je suis écouté,
croyez-moi, par des gens importants, que vous ne connaissez
même pas …

L’O
:
Vous maniez le paradoxe avec brio et je suis plein
d’admiration.

M.
ALI :
Vous moquez-vous de moi ? C’est bien la preuve
que vous êtes missionné par Guelleh. Je suis le
seul vrai patriote. Tous ceux qui pensent le contraire sont
des traîtres, des impies, des voleurs et des suppôts
de Guelleh. En plus, vous, vous êtes français et
vous voulez détruire le Gouvernement djiboutien. Si quelqu’un
doit déstabiliser Guelleh, c’est Moi et ce n’est pas
vous.

Comprenez
bien, il ne peut pas y avoir plusieurs opposants en même
temps. Je suis le seul opposant légitime, l’unique, celui
de la première heure ! Tous les autres sont des affabulateurs,
des clowns, des manipulateurs dangereux ou des opposants de
la dernière minute. Regardez par exemple, ces gens du
GED, ils sont sortis de nulle part …. ou plutôt si,
ils sortent du giron de Guelleh. Ce sont ses créatures,
son produit. Contrairement à eux, Moi, j’ai été
le premier opposant de la première heure, avant tous
les autres et je n’ai jamais goûté à la
soupe du dictateur …

L’O
:
Mais vous avez travaillé pour IOG à
l’Ambassade de Djibouti aux USA, après avoir exercé
des fonctions au Ministère des Affaires étrangères.


M. ALI :
Oui mais Moi, c’est différent, le jour
où j’ai commencé ma carrière, j’étais
déjà un vrai opposant ! Ensuite, si j’ai travaillé
à l’Ambassade, ce n’était pas pour bénéficier
des largesses bourgeoises du système mais pour bien comprendre
le système et pour mieux le déstabiliser à
partir de l’intérieur.

L’O
:
Avez-vous été chassé de l’Ambassade
?

M.
ALI :
C’est honteux de venir chez moi pour m’insulter.
J’appelle immédiatement mes avocats et je porte plainte
ce soir contre vous pour diffamation en entretien privé
et sans témoin. Il y a des lois vous savez, au Canada
et elles vous sont applicables. C’est Moi, qui vais vous chasser
de chez moi.

L’O
:
Pourtant certains disent que vous auriez été
obligé de quitter précipitamment l’Ambassade aux
USA parce que l’on aurait pu vous reprocher certains faits condamnables
?

M.
Ali :
Je vais rétablir la Vérité
et je vous en ferai la démonstration. Considérez
qu’à ce moment, où je vous parle, c’est comme
si j’étais sous serment ! Le dernier jour, je suis sorti
de l’Ambassade par la grande porte, un soir et de mon plein
gré.

Par bonheur,
c’était juste la veille du jour qui avait été
fixé pour mon arrestation. J’avais été
effectivement prévenu par un cousin.

Si j’ai
emporté quelques souvenirs sonnants et trébuchants,

c’est uniquement pour poursuivre la lutte contre Guelleh, mais
cette fois de l’extérieur. Il fallait que j’ai absolument
les moyens d’assurer mon existence durant toutes ces années
d’exil. Alors en partant j’ai emporté suffisamment d’argent
pour m’engager (à vie) dans une vie d’opposant aisé
et autonome sans perdre de temps dans un travail rémunérateur
mais éloigné de mes objectifs.

Je suis
un patriote, parce que je n’ai pas pris un centime de plus que
ce qui m’était strictement nécessaire et pourtant
au poste que j’occupais alors, j’avais la possibilité
de prendre beaucoup plus ! Ca, c’est le vrai patriotisme, le
désintéressement total, celui qui est poussé
à l’extrême et je viens de vous en faire la démonstration.

Imaginons,
une seule seconde, que je n’ai pas emporté de quoi vivre
décemment au Canada pendant toutes ces années
! Comment aurais-je pu défendre les intérêts
des Djiboutiens ? Le patriotisme, c’est aussi de priver l’adversaire
de ses moyens, y compris financiers, pour les retourner contre
lui.

L’O
:
Toujours le paradoxe. Vous avez l’art de retourner
les situations à votre avantage, mais pourtant, ces faits
qui pourraient vous être reprochés, seraient incontestables…
Certains disent qu’il aurait manqué de l’argent dans
la caisse de l’Ambassade après votre départ …bien
sur, cela ne vous accuse pas formellement .. D’autres auraient
pu se servir le même jour.

M.
Ali :
Qui vous envoie ? Votre maître IOG ? Vous
allez lui lécher les bottes ce soir ? Il vous a donné
ses ordres ce matin ? Des gens comme vous, on les envoie à
Gabode sans jugement …

L’O
:
La question n’est pas là …

Miaulement
…. Entre un chat

L’O
:
Vous avez un bel aquarium et en plus vous aimez les
chats…. ?

M.
ALI :
Oui, j’ai trois poissons rouges et un chat. Ce
sont les seules créatures qui ne m’ont jamais déçu
et qui m’écoutent toujours.

L’O
:
Revenons à vos partisans. Pourrais-je en rencontrer
quelques-uns ?

M.
ALI :
Décidément, vous êtes vraiment
idiot, je viens de vous les présenter tous les quatre
à l’instant !

Le
téléphone sonne..

Allô
! Ah ! C’est toi… Quel temps fait-il à Djibouti…
? Tu n’as pas encore libéré les prisonniers …?
Attends encore, ne te presse pas, tu le feras lorsqu’ils seront
bien affaiblis et qu’ils ne pourront plus se relever. Une chance
qu’ils aient entammé cette grève de la faim. A
ta place, j’aurais fait comme toi. Bon je te rappelle tout à
l’heure, parce que je reçois des journalistes à
présent. Pour l’ARDHD, compte sur moi, je vais les détruire,
les ratatiner, les écraser jusqu’à ce qu’ils nous
demandent pardon à genoux … Ce que tu n’as pas réussi
en trois ans, je le ferai en un mois.

M.
Ali :
Excusez-moi, j’avais en ligne mon double ou presque.
Je veux dire le deuxième et unique opposant de Guelleh.

L’O
:
Mais qui est-ce ? Vous n’allez quand même pas
me dire, que c’était I ….

M.
Ali :
Si, au contraire, je vous le dis. Le seul opposant
de Guelleh à part moi, c’est Guelleh lui-même.
Il ne cesse jamais de travailler contre son intérêt.
Par exemple, il s’entête, par orgueil, à maintenir
en prison ces 12 hommes qui sont innocents. Avec toute la perversité
qui m’anime, je lui conseille de les garder en prison, comme
cela il détruit son image. Il n’a toujours pas compris
mon double jeu ! Ah Ah Ah …!

N’est-ce
pas la preuve irréfutable que Guelleh est (en dehors
de moi, bien sur) le deuxième opposant sincère
et véritable au régime de Guelleh ? Dans ce rôle
d’opposant, il est parfaitement légitime, alors qu’en
tant que Président, c’est un usurpateur et un fraudeur.

Je lutterai
contre lui jusqu’à mon dernier souffle. Pour y parvenir,
je dois lui apporter un soutien journalier sans faille. Comme
cela, il s’auto-affaiblit de jour en jour sans même s’en
rendre compte …!

Et je lui
prendrai alors le pouvoir.

L’O
:
Comment cela ‘lui prendre le pouvoir” ?

M.
Ali :
Vous êtes complétement bouché
ou quoi ? Pour quelles raisons, croyez-vous que je me donne
tant de mal, si ce n’était pas pour devenir le prochain
Président de Djibouti, poste qui me revient de droit,
compte-tenu de l’ancienneté de mon combat et des risques
que j’ai pris en acceptant des fonctions de première
importance au sein de l’Administration de ces deux tricheurs
: Gouled puis Guelleh ?

L’O
:
Pourquoi pas, cela n’est pas criticable d’avoir l’ambition
de devenir le Président de Djibouti dans le cadre d’une
élection démocratique. Quel est votre programme
?

M.
Ali :
C’est extrêmement simple. Il faut faire
exactement l’inverse de ce que Guelleh a fait jusqu’à
présent, puisqu’il a échoué ! Et il n’y
a pas besoin d’élections démocratiques qui font
perdre du temps à tout le monde. Ce n’est pas compliqué,
vous pouvez comprendre cela oui ou non ?

L’O:
Mais encore, pouvez-vous nous donner un exemple, avant de conclure
?

M.
Ali :
Prenons par exemple le domaine de la justice :
je ferai libérer tous ceux qu’IOG a fait incarcérer
et je ferai emprisonner tous ceux qu’il a épargnés
!

L’O
:
Toujours la contradiction. Nous vous remercions pour
cet entretien. Il ne nous semble pas utile d’ajouter quoi que
ce soit.

M.
ALI :
Si je découvre que mon interview est publiée
dans les bulletins de l’ARDHD, je détiendrai alors la
preuve incontestable (qui me manque toujours) que l’ARDHD est
un agent de Guelleh, puisqu’elle s’attaque à Moi, le
seul partisan ayant la légitimité originelle et
exclusive pour défendre les Djiboutiens et pour les guider
dans l’avenir. Tous les autres, s’ils ne se rangent pas derrière
le PPPPPPPPPPD, ne sont que des illusionnistes illuminés
et anti-démocratiques.

________________________________
Nous avons pris congé de cet ancien diplomate. Nous
avions eu quand même l’impression de tourner en rond pendant
l’entretien ! Ou bien nous étions devenus totalement
idiots ou bien il y avait un manque de cohérence quelque
part. Nous laisserons aux lecteurs le soin de relever les contradictions
qu’ils pourraient trouver..

De notre
côté nous ne pouvions pas nous empêcher de
nous poser des questions sur l’efficacité réelle
de ses engagements en faveur de l’opposition : nous avait-il
joué une grande comédie ? Se trompait-il de cible
? L’avenir seul le dira..

Cet exemple
pris au hasard montre à quel point le cercle très
isolé constitué par certains anciens diplomates
djiboutiens est peuplé de gens particuliers, mais que
l’argent n’y fait pas défaut … Pratiquaient-il aussi
en plus, un double jeu en faveur de Guelleh (?) La question
peut être posée et nous parions que la réponse est positive.

En sortant nous avons noté que l’homme avait fait imprimer sa devise personnelle sur la porte d’entrée : “Calomniez sans cesse, il en restera toujours quelque chose !”