23/05/2012 (B567) Courrier des lecteurs (Le site de l’ARDHD n’ayant jamais fonctionné comme un forum, c’est le dernier article qui sera publié sur ce sujet)

Bonjour Qunxa Dabaalo 

C’est avec un grand intérêt que j’ai lu votre courrier sur le site de l’ARDHD (dont je suis un fervent lecteur), permettez moi d’abord de rendre hommage à JEAN–PAUL ABDI NOEL depuis l’independance, jusqu’à aujourd’hui, cet homme d’exception a marqué notre époque par sa détermination à refuser l’inacceptable, à lutter contre toutes les formes de précarité et d’injustice. Que dieu l’accueille dans son paradis.

Je partage votre constat que la réconciliation nationale plus que jamais, la tenue du dialogue inter opposition s’impose comme une nécessité absolue, incontournable, impérative et urgente dans l’intérêt supérieur de la Nation Djiboutienne. Le peuple est désespéré et meurtri devant la division congénitale de l’opposition et par les lourdes rancunes.

Cependant, il me semble que cet objectif ne pourrait pas être atteint en fermant la porte à tout débat et à toute recherche de la vérité sous prétexte que certains leaders politiques ne connaitraient en rien des “difficultés quotidiennes”, la “langue” et la “culture” d’une très large communauté du pays.

En effet, deux passages de votre courrier m’interpellent particulièrement. Ce sont : 

1- “Ces partis, pour la majorité d’entre eux, sont réfractaires à toute critique. Cela s’explique pour; d’une part, au leadership fortement marqué par la personne du chef du parti, où le chef est confondu avec le parti géré comme un patrimoine personnel.”, 

2- “L’Ard est le seul parti d’opposition qui transcende aujourd’hui les considérations ethniques de part son histoire et sa composition.”

A travers ces deux passages, j’ai le sentiment que vous tirez une conclusion hâtive et que vous prenez parti pour une formation d’opposition en la présentant comme la seule alternative. Ces deux passages font naître en moi et en bien d’autres compatriotes le doute sur l’accomplissement heureux de de la réconciliation nationale, certes complexe, mais exaltante pour notre pays. Que nous ayons des préférences les uns et les autres est une chose, qu’on les exprime publiquement en dénigrant indirectement certains leaders sans avancer une preuve tangible en est une autre. Ne nous trompons pas d’ennemis au-delà de choix partisans. Le vrai combat ne se mène pas contre les collègues de même bord mais contre l’État.  

Je suis adherent MRD et nous y travaillons sans relâche pour une grande force d’opposition aussi bien qu’à l’intérieur qu’à l’extérieur du pays. 

La manière la plus sûre de montrer la volonté politique d’aller à la réconciliation des djiboutiens est de faire appel à l’ensemble des personnes ressources du pays, qui se trouvent aussi bien à l’intérieur qu’à l’extérieur du pays, notamment des universitaires, des notables, des religieux, des organisations non gouvernementales, des acteurs des partis politiques pour réfléchir, produire et mettre en œuvre un modèle de réconciliation qui puisse permettre une véritable union entre leurs djiboutiens sans distintions de race, de langue, de religion ou d’ethnie.

Ibrahim H. Abdi