21/04/2019 (Brève 1375) Djibouti : vaste opération de démantèlement d’un réseau de trafic d’êtres humains (French.china.org)

Lien avec l’article original : http://french.china.org.cn/foreign/txt/2019-04/21/content_74705777.htm

La gendarmerie nationale djiboutienne a annoncé samedi l’arrestation de 18 personnes, dont trois Ethiopiens, dans le cadre d’une vaste opération de démantèlement d’un réseau de trafic d’êtres humains.

Ces individus sont tous accusés d’appartenir à un réseau criminel de passeurs de migrants clandestins en partance pour les pays du golfe arabique.

Pour ne pas éveiller les soupçons des autorités compétentes, ils auraient mis en place de nouvelles procédures dont la plus audacieuse consiste, selon un communiqué de la gendarmerie, à employer des jeunes désœuvrés des quartiers défavorisés contre des sommes d’argent très dérisoires pour repérer les candidats à l’immigration clandestine, les convaincre du bienfait de leur service et les rassembler ensuite dans des maisons louées pour la circonstance.

Toujours selon cette source, c’est à ce niveau-là qu’interviennent les trafiquants en regroupant les migrants dans leur principal “centre de transit” situé dans le quartier populaire d’Arhiba à Djibouti, avant de les transporter par voie routière vers la ville côtière d’Obock, au nord du pays. Là, d’autres membres du réseau les prendront en charge pour l’unique traversée maritime de ce long et périlleux périple qui se terminera, si tout se passe bien, sur les côtés yéménites désertiques pour une autre traversée aussi incertaine et surtout beaucoup plus dangereuse.

En janvier dernier, 58 personnes ont trouvé la mort dans le naufrage de deux embarcations transportant des migrants clandestins au large de Djibouti.

Environ 80% des migrants qui arrivent chaque année au Yémen pour les pays du golfe arabique passent par Djibouti, selon les chiffres de l’Organisation internationale pour les migrations (OIM). Mais c’est surtout leurs conditions désastreuses qui posent des défis humanitaires pour les autorités et les communautés locales.

En 2011, l’OIM a ouvert un Centre d’orientation et d’accueil des migrants (COAM) à Obock pour sensibiliser les migrants sur les risques et dangers liés à la migration irrégulière, notamment les risques d’abus et de traite des êtres humains, et les informer sur les systèmes de référencement mis en place dans le pays pour les assister en cas d’abus, les risques liés à la traversée de la mer ainsi que les difficultés du passage au Yémen et de la traversée de l’Arabie saoudite.

Situé à l’entrée de Bab-el-Mandeb, entre la mer Rouge et l’océan Indien, Djibouti, ce bout de terre de 23.000 km² seulement, reste surtout “une large fenêtre ouverte” pour des centaines de milliers d’Africains qui rêvent d’une vie meilleure sous d’autres cieux.