13/03/11 (B595) Yémen Express (1/2) – les forces de sécurité ouvrent le feu sur les manifestants – manif dispersée: 14 blessés – Comprendre la crise au Yémen – le président Saleh propose une nouvelle constitution – la police ouvre le feu – la contestation se durcit – mort d’un manifestant blessé – un mort, 60 blessés dans une révolte de prisonniers (9 articles)

___________________ 9 – Nouvel Obs avec AP

Yémen: les forces de sécurité ouvrent le feu sur les manifestants

Les forces de sécurité ont ouvert le feu vendredi sur les manifestants, qui défilaient dans plusieurs villes du Yémen, dans ce qui semble être la plus importante mobilisation à travers le pays depuis le début de la contestation il y a un mois. Ils réclament le départ du président Saleh au pouvoir depuis 32 ans.

Des témoins rapportent que dans la ville portuaire d’Aden, dans le sud du pays, les forces de sécurité ont tiré sur des manifestants qui déchiraient des affiches du président Ali Abdullah Saleh. Six manifestants ont été blessés, dont un grièvement.

Des dizaines de milliers de personnes voulaient signifier à leur dirigeant qu’ils rejettent l’offre de compromis de Saleh.

Ce dernier a proposé jeudi d’élaborer une nouvelle constitution, garantissant l’indépendance du parlement et du judiciaire.

Des centaines de femmes ont également participé dans la capitale à Sanaa, aux manifestations, qui ont débuté il y a un mois

___________________ 8 – Le Figaro avec AFP

12/03 Yémen: manif dispersée: 14 blessés

Quatorze personnes ont été blessées vendredi lorsque la police a dispersé une manifestation réclamant le départ du président yéménite Ali Abdallah Saleh à Sanaa, principale ville du sud du Yémen, selon des sources médicales.

Des milliers de personnes participaient à la manifestation, scandant "A bas Ali Abdallah Saleh", "Le tyran doit partir", au milieu d’un important déploiement policier.

Les policiers ont dispersé la manifestation alors qu’elle tentait de s’approcher du quartier de Khor Maksar, en tirant à balles réelles et en lançant des grenades lacrymogènes.

Trois manifestants ont été blessés par balles, dont un grièvement atteint à la tête, et les autres asphyxiés par les gaz lacrymogènes, selon des sources médicales. "C’était une marche pacifique, mais ils ont tiré en notre direction à balles réelles et lancé des gaz lacrymogènes", a affirmé à l’AFP un manifestant, Wajid al-Sabihi.

La manifestation est intervenue au lendemain d’une proposition du président, au pouvoir depuis 32 ans, d’abandonner ses pouvoirs exécutifs avant la fin de l’année mais cette nouvelle concession a été rejetée par l’opposition qui exige son départ.

Le président est la cible d’une contestation populaire depuis la fin janvier qui a déjà fait une trentaine de morts.

___________________ 7 – L’Express

11/03 Comprendre la crise au Yémen

Par Catherine Gouëset,

Le Yémen, où le pouvoir d’Ali Abdallah Saleh est contesté, est un foyer d’instabilité: confronté à une rébellion armée dans le nord-ouest, un mouvement sécessioniste dans le sud, il sert de base arrière à Al-Qaïda. Quelques clés pour comprendre cette crise.

L’arrière plan historique

Etat instable, le Yémen n’a été unifié qu’en 1990. Le nord faisait partie de l’empire ottoman jusqu’en 1918, tandis que le sud a été rattaché à l’empire colonial britannique en 1838.

Le Yémen du Sud

La position stratégique du port d’Aden, entre l’Inde et l’Europe en a fait dès l’Antiquité un lieu d’échanges commerciaux majeur. Après le départ des troupes britanniques, à la suite d’une lutte armée contre le colonialisme, le sud opte pour un régime prosoviétique, sous le nom de République démocratique populaire du Yémen. Une instabilité chronique aboutit à une guerre civile en 1986 qui fait plusieurs milliers de morts. 70 000 personnes se réfugient au nord.

Le Yémen du Nord

Des militaires renversent la monarchie religieuse (imamat) en 1962 et proclament la République arabe du Yémen. Commence alors une guerre civile qui durera jusqu’en 1970, où les pays voisins, l’Egypte de Nasser et l’Arabie saoudite, soutiennent chacun un camp. Deux ans après la signature de la paix, le pays entre en conflit avec le Yémen du Sud. Ali Abdallah Saleh qui accède au pouvoir en 1978, après avoir réussi à éliminer ses opposants, s’emploie à établir des relations équilibrées entre l’URSS et les Etats-Unis.

L’unification

C’est sous son autorité qu’aboutit l’unification avec le sud en 1990. Ali Abdallah Saleh devient président de la république à la tête d’un conseil présidentiel composé de trois nordistes et de deux sudistes.

Des tensions apparaissent avec le voisin saoudien quand Sanaa refuse de participer à la coalition anti-irakienne en 1991. Ryad expulse alors 800 000 Yéménites, ce qui prive Sanaa de devises et accroît les difficultés économiques du pays, pourtant déjà le plus pauvre du Proche-Orient. C’est à cette période que naît le parti d’opposition islamiste El Islah.

La tension persiste avec le Sud

Un brève épisode de guerre entre le nord et le sud en 1994 aboutit à l’élimination de l’ancien parti du gauche du Yémen du Sud et au renforcement de l’autoritarisme du régime, mais ne met pas fin aux tensions avec la partie méridionale qui s’estime discriminée par les dirigeants du Nord.

Le taux de chômage des jeunes, déjà important dans tout le pays, y serait par exemple encore plus élevé (40% des jeunes de 20 à 24 ans). Le Financial Times rapporte que pour certains observateurs, le danger posé par les séparatistes du sud est plus grave que celui que représente Al Qaïda.

La rébellion du nord

La rébellion "houthiste" dans le nord du pays s’enracine dans la religion zaïdite, une branche de l’islam chiite. Les Houthistes, avec à leur tête Abdelmalek Al-Houthi, assurent vouloir préserver leur identité religieuse menacée par un wahhabisme en pleine expansion.

Le zaïdisme est très présent sur les hauts plateaux yéménites, en particulier dans la régions de Saada (ou Sa’dah), aux confins de l’Arabie saoudite. Cette région, qui fut l’un des derniers bastions royalistes lors de la guerre civile dans les années 60, a longtemps été laissée à l’écart des politiques de développement selon Pierre Bernin ("Les guerres cachées du Yémen"). Par ailleurs, comme toujours au Yémen, le conflit religieux s’articule avec les solidarités tribales.

Le gouvernement accuse la rébellion de vouloir rétablir l’imamat zaïdite qui régnait sur le Yémen du nord avant le coup d’état militaire de 1962, mais aussi d’être soutenus par l’Iran. Depuis 2004, le conflit aurait fait plus de 10 000 morts et entraîné le déplacement de plusieurs dizaines de milliers de civils (300 000 selon l’ONU).

Le gouvernement et la rébellion ont signé, le 12 février, un cessez-le-feu qui offre un espoir -certes relatif – de répit pour la région (un précédent cessez-le feu en 2007, négocié grâce à une médiation du Qatar avait fait long feu). La rébellion houthiste s’est depuis associée au mouvement de protestation en proclamant son soutien, le 21 février, aux manifestants de Sanna et du reste du pays.

La présence d’Al Qaïda

Le pays le plus pauvre de la région

Près de la moitié des 23 millions d’habitants vivent avec moins de 2 dollars par jour. Sanaa produit quelque 300 000 barils de brut par jour et les revenus du secteur pétrolier assurent 70% des revenus de l’Etat. Avec moins de 32% de population urbaine, le Yémen est un pays éminemment rural qui s’appuie sur des structures tribales puissantes.

Les branches saoudienne et yéménite d’Al Qaïda ont fusionné en 2009 pour donner naissance à Al-Qaïda dans la péninsule arabique (AQPA). L’AQPA est particulièrement implantée dans les provinces orientales du pays qui échappent pratiquement au contrôle des autorités yéménites. Son chef est Nasser al-Wahayshi, un proche de Ben Laden; et la figure la plus emblématique du mouvement est le religieux né aux Etats-Unis Anwar al-Aulaqi. Les services de renseignements occidentaux évaluent le nombre de combattants d’AQPA entre 400 et 600 personnes.

L’organisation aurait recruté, outre des yéménites et des saoudiens, des militants non arabes, comme par exemple Farouk Abdulmutallab, cet étudiant nigérian qui chercha à faire exploser un avion de ligne Amsterdam-Detroit le 25 décembre 2009. L’AQPA a également revendiqué l’envoi de colis piégés interceptés en novembre dernier en Grande-Bretagne et à Dubaï.

Dans un livre sur le Yémen (non traduit en français), "Dancing on the heads of snakes", Victoria Clark explique que la plupart des kamikazes saoudiens du 11 septembre étaient originaires de la province saoudienne qui historiquement avait fait partie du Yémen. Elle souligne néanmoins que tous ceux qui ont régné sur le pays, que ce soit les imams, les Ottomans ou les Anglais, ont tenu compte du fait que les tribus étaient plus préoccupées par l’argent et la terre que la religion ou une quelconque idéologie.

Si le président Ali Abdallah Saleh, comme beaucoup de despotes du monde arabe, utilise, vis-à-vis de l’Occident, la carte de la lutte contre le terrorisme, il a régulièrement manipulé à son profit le radicalisme islamisme, notamment au cours de la brève reprise de la guerre de sécession du Sud en 1994 comme le soulignait Gilles Paris dans Le Monde en janvier 2010.

La mainmise d’Ali Abdallah Saleh sur le Yémen

Le président Ali Abdallah Saleh, fin manoeuvrier, aime à dire de lui-même qu’il sait "danser avec les têtes de serpent" (l’expression dont Victoria Clark a fait le sous-titre de son livre sur le Yémen). Il a en effet survécu à la chute de son allié Saddam Hussein en Irak, à la reprise de la guerre avec le sud en 1994: il s’est allié aux radicaux islamiques mais a néanmoins obtenu la protection de Washington tout en imposant son pouvoir aux confédérations tribales, et a ainsi réussi à se maintenir 32 ans au pouvoir à la tête de ce pays éminement instable.

Depuis le début du mouvement de contestation fin janvier, il a promis de ne pas se représenter aux élections en 2014 (alors qu’il s’apprêtait à faire modifier la constitution afin d’ouvrir la voie à une présidence à vie) et nié vouloir transmettre la présidence à son fils aîné Ahmad, chef de la garde républicaine. Mais il avait déjà fait une annonce identique en 2006 avant de revenir sur sa promesse. Le passé tumultueux de son pays lui sert en tout cas à justifier son refus de céder la main: "Pourquoi veulent-ils revenir au chaos?" disait-il au début des manifestations.

Mais devant la poursuite de la vague de protestation, le "charmeur de serpents" vient de proposer ce jeudi un référendum sur une nouvelle Constitution et de renoncer à ses pouvoirs exécutifs avant la fin de l’année (il avait pourtant, la semaine passée, rejeté un plan de sortie de crise proposé par l’opposition prévoyant son départ avant la fin 2011). Il a aussi promis une plus grande décentralisation. L’opposition parlementaire et les jeunes manifestants qui campent devant l’Université à Sanaa ont immédiatement rejeté l’initiative du président, la jugeant "dépassée".

Le charme serait-il en voie d’être rompu?

___________________ 6 – Nouvel Obs avec AP

Yémen: le président Saleh propose une nouvelle constitution

Le président du Yémen Ali Abdullah Saleh a proposé jeudi de rédiger une nouvelle constitution, une concession à l’opposition, alors que les manifestations anti-gouvernement se multiplient dans ce pays de la péninsule arabique.

S’exprimant dans un stade devant des milliers de partisans à Sanaa, Ali Abdullah Saleh a promis que cette nouvelle constitution garantirait la séparation des pouvoirs législatif et exécutif. Il a également annoncé la préparation de nouvelles élections générales, qui permettrait d’établir un vrai régime parlementaire.

Le chef de l’opposition Yassin Said Numan a jugé que l’initiative de Saleh intervenait trop tard, bien que les partis de l’opposition étudieraient cette offre.

___________________ 5 – Radio Canada avec AP

Autre manifestation au Yémen après un assaut de l’armée

Des milliers de Yéménites ont manifesté avec défi, mercredi, sur une place publique de la capitale, au lendemain de la prise d’assaut de l’université de Sanaa par l’armée, une intervention qui a fait un mort et des dizaines de blessés.

Le raid des soldats à l’université a accru les tensions dans le pays, où des milliers de personnes manifestent depuis des semaines pour exiger le départ du président Ali Abdallah Saleh, au pouvoir depuis 32 ans.

Abdullah Al-Jeifi, un manifestant âgé de 24 ans, est mort lors de l’intervention de mardi, et plusieurs autres manifestants blessés sont dans un état critique, a indiqué Mohammed Al-Abahi, un médecin volontaire sur le campus de l’université de Sanaa.

Outrés par le raid du gouvernement, d’autres manifestants sont arrivés en renfort mercredi sur le campus de l’université. Un groupe de jeunes manifestants a fait circuler une « liste noire » contenant les noms de 13 personnes qui sont, selon eux, responsables des violences contre les manifestants pacifiques.

Sur la liste figure notamment le fils du président Saleh, qui dirige la garde républicaine, le ministre de l’Intérieur et d’autres hauts responsables de la sécurité. Les auteurs de la déclaration promettent une revanche contre ces responsables qualifiés de « criminels » et jurent de poursuivre leur mouvement jusqu’au renversement du régime.

Des milliers de personnes ont également manifesté dans la ville portuaire d’Aden et dans la province d’Ibb.

Des groupes de défense des droits de la personne, de même que les États-Unis, ont critiqué mercredi la répression contre les manifestants yéménites. « Nous exhortons le gouvernement du Yémen à enquêter [sur les événements] et à tenir responsables ceux qui semblent avoir utilisé une force excessive », a déclaré le porte-parole du département d’État, Mark Toner, à Washington.

Amnistie internationale a appelé les autorités yéménites à cesser d’employer des tactiques aux effets mortels contre les manifestants. « Les gens devraient être autorisés à se rassembler et à manifester pacifiquement », a dit Philip Luther, responsable de l’organisation pour la région du Moyen-Orient.

Human Rights Watch a diffusé un rapport affirmant que les forces de sécurité yéménites ont tué au moins neuf personnes et en ont blessé 150 autres, dont des enfants, lors des manifestations pacifiques du mois dernier à Aden. « Tirer dans la foule n’est pas une manière de répondre à des manifestations pacifiques », a déclaré Joe Stork, directeur adjoint de l’organisation pour le Moyen-Orient et l’Afrique du Nord.

Le ministre yéménite de l’Intérieur, le général Mouthar Al-Masri, a déclaré mercredi à des journalistes que des tirs provenant du toit d’un immeuble situé près de l’université avaient déclenché les affrontements.

Les étudiants de l’université de Sanaa campent sur le terrain de leur établissement depuis la mi-février, peu après le début des manifestations antigouvernementales au Yémen.

L’armée a pris le campus d’assaut mardi, tirant des balles réelles, des balles de caoutchouc et des gaz lacrymogènes. Environ 90 manifestants ont été blessés. « Cette agression est un indice que le régime s’effondre et qu’il ne peut tenir face à la révolution des jeunes », a dit Mohammad Qahtan, un porte-parole de l’opposition.

____________________ 4 – Libération avec AP

11/03 Yémen la police ouvre le feu

Les violences continuent à Sanaa, où la police a tiré mardi sur des manifestants rassemblés devant l’université de la capitale, faisant 80 blessés selon des sources médicales. L’un d’entre eux est mort hier, et quatre personnes sont dans un état critique. Une révolte a par ailleurs éclaté mardi dans une prison de Sanaa, faisant un mort, tandis qu’un partisan du régime a été tué hier dans le sud du pays.

Le bilan s’élève à 31 morts depuis la fin janvier, mais le président Ali Abdullah Saleh, au pouvoir depuis trente-deux ans, reste inflexible. Il a promis de quitter le pouvoir en 2013, à la fin de son mandat, mais refuse denégocier des réformes. A 68 ans, il se présente comme un rempart contre Al-Qaeda, mais les manifestants exigent son départ. .

____________________ 3 – L’Express avec AFP

10/03 Yémen: la contestation se durcit

Les opposants campent toujours sur une place de Sanaa pour réclamer la chute du régime yéménite. Un manifestant a été tué mardi.

Un manifestant blessé lors de heurts mardi entre des opposants qui campent sur une place de Sanaa pour réclamer la chute du régime yéménite et la police a succombé des suites de ses blessures. Cet étudiant a été touché par balle lorsque la police a tiré à balles réelles et lancé des grenades lacrymogènes sur les protestataires qui observent un sit-in depuis le 21 février sur la place de l’Université.


Emeute dans une prison de Sanaa

Un prisonnier aurait été tué mardi à la maison d’arrêt centrale de Sanaa dans des violences qui ont fait également une soixantaine de blessés, dont vingt policiers.

Ces affrontements ont opposé des détenus et des forces de sécurité yéménites appelées pour mater une émeute commencée lundi.

Les manifestants voulaient voulu dresser mardi soir des tentes dans une rue latérale distante d’une centaine de mètres de la place de l’Université, selon le correspondant de l’AFP, et la police est intervenue pour les en empêcher. Les contestataires ont cependant érigé ces tentes à l’aube, après les affrontements.

Dans un communiqué, le Forum commun, regroupant les partis de l’opposition parlementaire, a "dénoncé cette agression contre de jeunes manifestants pacifiques", et fait assumer au président Ali Abdallah Saleh "l’entière responsabilité de ce crime perpétré par les forces de sécurité et la garde républicaine".

Un étudiant a été tué lorsque la police a tiré à balles réelles et lancé des grenades lacrymogènes sur les protestataires qui observent un sit-in depuis le 21 février sur la place de l’Université à Sanaa.

Ces affrontements sont intervenus au lendemain de la décision de l’opposition d’intensifier la contestation jusqu’à la démission du chef de l’Etat, après le refus par le président Saleh. Un porte-parole de l’opposition, Mohammad al-Sabri, a estimé que le refus du président, dont les appuis politiques se réduisent, signifiait pour lui qu’il n’y avait plus qu’une issue, "le départ".

Ali Abdallah Saleh avait rejeté samedi une proposition de l’opposition, à travers une médiation de dignitaires religieux pour son départ avant la fin de l’année, affirmant qu’il resterait à son poste jusqu’à la fin de son mandat en 2013.

Le régime yéménite est contesté depuis fin janvier avec des manifestations à Sanaa, Taëz, Aden et dans le reste du pays. Selon Amnesty International, au moins 27 personnes ont été tuées lors de ces manifestations.

La détérioration de la situation dans le pays a incité le Département d’état américain, qui suit avec inquiétude la situation au Yémen -où Al-Qaïda est active- à conseiller à ses ressortissants à quitter le pays. La grande-Bretagne et le Canada ont fait de même samedi.

Attaques d’Al Qaïda

Trois incidents séparés attribués à la mouvance d’Oussama ben Laden ont fait six morts dans trois régions du pays ces derniers jours: dans la province de Maareb (170 km à l’est de Sanaa), un des fiefs d’Al-Qaïda, quatre membres de la garde républicaine (unité d’élite) ont été tués par des inconnus qui ont ouvert le feu sur leur camion.

Dans le sud du pays, un colonel des services de renseignement, Abdel Hamid al-Charaabi, "a été tué par deux membres d’Al-Qaïda" qui circulaient à moto à Zinjibar, chef-lieu de la province d’Abyane, selon un responsable local.

Enfin, dans la province sudiste du Hadramout, un deuxième colonel, Chayef al-Chouaïbi, a été abattu par des membres présumés d’al-Qaïda, circulant eux aussi sur une motocyclette.

____________________ 2 – Le Figaro

10/03 Yémen: mort d’un manifestant blessé

Un manifestant blessé lors de heurts hier soir entre des manifestants campant sur une place de Sanaa pour réclamer la chute du régime yéménite et la police a succombé des suites de ses blessures, selon une source hospitalière.

Le manifestant avait été touché par balle lorsque la police avait tiré à balles réelles et lancé des grenades lacrymogènes sur les protestataires, dans le premier incident du genre depuis le début du sit-in le 21 février sur la place de l’Université. Trois autres manifestants avaient été blessés par balles, et une soixantaine légèrement blessés ou intoxiqués par les gaz lacrymogènes, selon des témoins. Les autorités ont affirmé que dix policiers avaient été blessés.

Selon le correspondant de l’AFP, les manifestants ont voulu dresser des tentes dans une rue latérale distante d’une centaine de mètres de la place de l’Université, et la police est intervenue pour les en empêcher. Les contestataires qui ont installé un camp de toile sur la place de l’Université exigent le départ du président Ali Abdallah Saleh, au pouvoir depuis 32 ans.

____________________ 1 – Romandie News (Ch) avec AFP

10/03 Yémen: un mort, 60 blessés dans une révolte de prisonniers

Un prisonnier a été tué mardi à la maison d’arrêt centrale de Sanaa dans des violences qui ont fait également une soixantaine de blessés, dont vingt policiers, a indiqué à l’AFP un responsable de la sécurité.

Ces affrontements ont opposé des détenus et des forces de sécurité, alors que des manifestations à Sanaa et dans le reste du pays exigent depuis des semaines la fin du régime du président Ali Abdallah Saleh.

13/03/11 (B595) Yémen Express (2/2) – Les forces de l’ordre tuent deux enfants au Yemen – Cinq manifestants, dont un écolier de 12 ans, ont été tués et des centaines blessés samedi – un écolier tué par des tirs de la police – Utilisation de gaz neurotoxiques contre les manifestants au Bahreïn et au Yémen, rapportent des médecins (4 articles)

______________________ 4 – EuroNews

Les forces de l’ordre tuent deux enfants au Yemen

Trois personnes dont deux enfants sont morts ce samedi au Yemen dans des affrontements entre policiers et opposants au président Ali Abdallah Saleh. Les forces de l’ordre ont fait irruption dans un camp de la capitale Sanaa qui abrite des milliers de manifestants. Un jeune garçon a été tué d’une balle dans la tête.

Les policiers étaient également équipés de bâtons, de couteaux et de gaz lacrymogène et ont blessé des centaines de personnes.

Plus au sud, à Mukalla, un autre jeune garçon, âgé de 12 ans, a perdu la vie dans la répression d’une manifestation hostile au pouvoir en place. Depuis le début du soulèvement au Yemen, fin janvier, une trentaine de personnes au moins ont été tuées.

______________________ 3 – Libération

Cinq manifestants, dont un écolier de 12 ans, ont été tués et des centaines blessés samedi au Yémen.

A Sanaa, la police a lancé un assaut à l’aube contre les manifestants qui campaient depuis le 21 février sur la place de l’Université. Un manifestant a été tué et près de 300 blessés, dont 30 par balles, les autres ayant été intoxiqués par les gaz, selon le comité médical formé par les manifestants, qui a accusé les forces de sécurité d’employer des gaz toxiques.

Dans l’après-midi, un autre manifestant a été tué par les tirs d’un sniper non identifié alors qu’il tentait, avec d’autres, de se joindre au sit-in de l’Université de Sanaa, selon des sources de l’opposition.

A Aden, ville à la pointe de la contestation, cinq personnes ont été touchées par les tirs de la police lors de manifestations nocturnes et deux d’entre d’elles ont succombé à leurs blessures, selon une source hospitalière. La ville a connu en soirée de nombreuses marches demandant la chute du régime.

A Moukalla, dans le sud-est, un écolier de 12 ans qui participait à une manifestation similaire a été tué par des tirs de la police, a-t-on appris de sources médicales et auprès de témoins.

Le ministre britannique des Affaires étrangères William Hague condamne les «violences inacceptables» contre les manifestants et appelle tous les citoyens britanniques à quitter le pays. La chef de la diplomatie européenne, Catherine Ashton, a également condamné l’usage de la force et appelé les autorités à répondre aux aspiration du peuple.

______________________ 2 – Romandie News (Ch) avec AFP

Manifestation au Yémen: un écolier tué par des tirs de la police

Un écolier qui participait samedi à une manifestation contre le régime à Moukalla, dans le sud-est du Yémen, a été tué par des tirs de la police, a-t-on appris de sources médicales et auprès de témoins.

Le garçon de 12 ans a été tué alors que la police tirait des balles réelles pour disperser une manifestation de plusieurs centaines d’élèves, débutée dans le quartier de Fowa, selon des témoins.

Des étudiants et écoliers sont descendus samedi dans les rues du Yémen, après un appel à la désobéissance civile dans les écoles.

_________________________ 1 – Agora Vox

Utilisation de gaz neurotoxiques contre les manifestants au Bahreïn et au Yémen, rapportent des médecins

« Toutes les substances actuellement utilisées au Bahreïn pour disperser les émeutiers sont approuvées au niveau international, », proclame le directeur du tribunal militaire, Major Humood Saad devant le parlement, « Il dit aussi, qu’elles sont des substances naturelles et que l’interdiction de la police de les utiliser pendant les émeutes, signifierait que les policiers auraient à utiliser davantage des méthodes létales et potentiellement plus fortes, telles que des balles en caoutchouc », rapporte la télévision de Bahreïn.

D’un autre coté le Dr Aziz Abul proclame que la loi interdit au Bahreïn d’utiliser la guerre chimique contre ses ennemis, « mais autorise la police à l’utiliser contre son peuple. »

Des médecins ont confirmés que l’état du Bahreïn utilise bien des méthodes « plus violentes et potentiellement mortelles », afin de mettre abas les appels pour un gouvernement plus représentatif.

D’autres médecins témoins des manifestations anti-gouvernementales violentes dans la capitale du Yémen Sanaa ont dit que ce qu’on croyait être des gaz lacrymogènes tirés par les forces du gouvernement sur les manifestants sont peut être des gaz neurotoxiques, ce qui est interdit dans le droit international, rapportent le magasine The Australien.

« Le contenu de ce gaz qui rend les gens convulsifs pendant des heures. Il les paralyse. Ils ne pouvaient pas bouger du tout. Nous avons essayé de leur donner de l’oxygène, mais cela n’a pas fonctionné », a déclaré Amaar Nujaim, un médecin de terrain qui travaille pour le Secours islamique.

Pathologiste Mohammad Al-Cheikh a déclaré que certaines des victimes avaient perdu leur contrôle musculaire et étaient forcés de porter des couches.

Les rapports indiquent que des victimes de gaz neurotoxique apparemment utilisé par la monarchie contre ses citoyens. « Les militaires ont ouvert le feu mardi soir et utilisé ce qui était initialement supposé être du gaz lacrymogène pour disperser un groupe de manifestants qui tentaient d’apporter des tentes supplémentaires dans la zone de protestation devant l’Université de Sanaa, » continue le magasine The Australien.

Selon d’autres témoins, des soldats ont tiré des coups de semonce en l’air avant de tirer des gaz et des balles réelles sur des manifestants ; en tuant un et en blessant au moins 50.

La majorité de la population chiite protestait contre al-Khalifa, la famille sunnite qui gouverne Bahreïn depuis plus de 200 ans.

Alors que les protestations ont portées essentiellement sur les demandes de réforme politique et à un meilleur accès à l’emploi, le logement et l’éducation, des manifestants ont également protestés contre une politique controversée d’accorder la citoyenneté aux sunnites de Syrie, de Jordanie et d’autres pays.

Plus tôt ce mois-ci, il a été signalé que le gouvernement saoudien avait expédié des douzaines de chars au Bahreïn. Des témoins oculaires ont rapporté avoir vu roulant sur la chaussée de 25 km du roi Fahd, qui relie la petite nation insulaire du Bahreïn à l’Arabie saoudite « 15 transporteurs de tank avec deux chars par remorque allant en direction du Bahreïn » (Reportage de RIA Novosti sur Mars 1.)

Ce n’est pas très clair où le Bahreïn a acquis des gaz neurotoxiques. L’Arabie saoudite, selon James Martin du centre des études de non-prolifération, n’a pas un programme d’armes chimiques ou biologiques d’armement.

09/03/11 (B594) Nouvelles de Somalie – soutien militaire éthiopien à l’offensive gouvernementale – le président revendique la victoire sur les insurgés islamistes – Arrestation de 10 personnes soupçonnées de lien avec Al-Chabab – série de succès militaires pour la force de paix de l’Amisom – Le gouvernement somalien annonce la prise d’une ville-frontière – au moins 43 soldats burundais tués depuis le 23 février – 53 soldats de l’UA tués lors de combats – Une conférence charge le Parlement de transition somalien d’assister le peuple (8 articles)

______________________ 8 – AFP

Somalie: soutien militaire éthiopien à l’offensive gouvernementale

Des troupes éthiopiennes appuient directement les forces pro-gouvernementales somaliennes dans leur vaste offensive actuellement en cours contre les shebab dans plusieurs régions du centre-sud de la Somalie, a appris l’AFP de sources concordantes.

Interrogés par l’AFP, des témoins ont fait état de la présence de soldats éthiopiens se déplaçant à bord de camions militaires en direction d’El Bur, bastion des shebab dans la région de Galgudug (centre).

"J’ai vu des dizaines de camions militaires éthiopiens se dirigeant vers El Bur (…)", a raconté un habitant de cette région, Ise Maalim.

Un peu plus au nord, à Dhusamareeb, sous le contrôle d’une milice soufi pro-gouvernementale, le mouvement Ahlu Sunna wal Jamaa, "des troupes éthiopiennes sont visibles et se déplacent, avec leur uniforme éthiopien, dans la ville", a expliqué à l’AFP un résident, Ahmed Abdi Iroole.

"Ils ont emmené avec eux des centaines de recrues somaliennes entraînées en Ethiopie et qui participent à l’offensive, au côté des combattants d’Ahlu Sunna", a précisé ce témoin.

Plus au sud, dans la ville de Bulo Hawo, située à la frontière avec le Kenya et l’Ethiopie, des militaires éthiopiens ont pris position en au moins trois positions et patrouillent de nuit dans les rues, selon un habitant, Mowliid Abdi.

Samedi, une coalition de forces alliées au gouvernement fédéral de transition (TFG) avait chassé les insurgés shebab de la ville, qui se sont depuis repliés vers le sud, et notamment les villes de Garbaharey et Baïdoa, selon une source sécuritaire.

"La participation des troupes éthiopiennes à la bataille n’est pas un secret, ils veulent aider à repousser les shebab", a souligné M. Abdi, précisant que les Ethiopiens "avaient pénétré plus profondément en territoire somalien en plusieurs endroits de la région de Gedo".

Les forces pro-TFG mènent depuis le 19 février à Mogadiscio et en plusieurs régions du centre-sud de la Somalie une vaste offensive contre les shebab, qui se réclament d’al-Qaïda et contrôlaient jusqu’à présent toute cette partie du pays.

______________________ 7 – AFP

Somalie: le président revendique la victoire sur les insurgés islamistes

De Abdi Guled

Le président somalien, Sheik Sharif Sheik Ahmed, a revendiqué, lundi, la victoire contre les insurgés islamistes, une information qui est cependant difficile à confirmer.

Les forces alliées avec le gouvernement ont pris le contrôle de deux villes situées près de la frontière éthiopienne au cours des derniers jours et lundi, des résidants ont affirmé que les insurgés avaient abandonné les villes d’Elwak et de Garbaharey. Les casques bleus de l’Union africaine et les soldats du gouvernement auraient également arraché aux insurgés trois postes de contrôle clés après d’importants combats dans la capitale somalienne de Mogadiscio.

Le président somalien, Sheik Sharif Sheik Ahmed, a affirmé aux journalistes lundi que le mouvement al Shabab était sur le point de déclarer forfait.

«Nos victoires sont consécutives et nos troupes continuent de vaincre l’ennemi», a dit le président, vêtu d’une veste militaire. Il a appelé à «l’élimination finale» d’al Shabab, affirmant que son gouvernement était confiant que des changements positifs surviendraient rapidement et que l’ennemi avait déjà grandement souffert.

Le gouvernement somalien est presque entièrement dépendant des donateurs étrangers pour payer, équiper et fournir des munitions à son armée, une force peu organisée et soutenue par les casques bleus de l’Union africaine.

Des gains récents le long des frontières somaliennes ont été faits par par une milice fractionnaire, Ahlu Sunnah Wal Jamam, dont les dirigeants se sont alliés difficilement avec le gouvernement en place.

Le président somalien a affirmé que plusieurs hauts commandants ont été licenciés après des piètres performances au cours des derniers jours, dont celui des forces armées, de la police ainsi que le dirigeant des renseignements somaliens.

Un nombre inconnu de soldats du gouvernement et d’insurgés ainsi que 53 casques bleus ont perdu la vie depuis le début de l’offensive pro-gouvernementale du 18 février.

L’opération vise à reprendre le contrôle du sud de la Somalie et des régions centrales du pays aux mains des groupes militants islamistes.

______________________ 6 – CasaFree (Maroc)

Kenya – Somalie : Arrestation de 10 personnes soupçonnées de lien avec Al-Chabab

Au moins dix hommes soupçonnés d’être membres du groupe extrémiste somalien "Al-Chabab" ont été arrêtés à Nairobi, a affirmé, lundi, le porte-parole de la police, Eric Kiraithe.

"Les suspects ont été arrêtés lors d’une opération menée par la police dans le quartier d’Eastleigh de la capitale, à majorité somalienne", a déclaré Kiraithe à la presse, soulignant que les mis en cause sont actuellement interrogés avant de les déférer devant la justice".

Les membres présumés d’Al-Chabab auraient échappé aux attaques en cours menées par les forces du gouvernement fédéral de transition en Somalie contre des positions du groupe à la frontière avec le Kenya, a indiqué le porte-parole de la police.

"Nous prenons au sérieux les menaces adressées au Kenya par ce groupe extrémiste somalien", a-t-il dit.

Le porte-parole d’Al-Chabab, Cheikh Ali Mohmud Rage a récemment affirmé que "le Kenya nous a constamment perturbé et maintenant il doit faire face aux conséquences d’avoir laissé les troupes éthiopiennes nous attaquer à partir de la ville kenyane de Mandera".

Face à ces menaces de "représailles", le chef de la police, Mathew Iteere a indiqué que le gouvernement kenyan a pris toutes les précautions et les mesures de sécurité nécessaires. Il a aussi appelé les Kenyans à faire preuve de vigilance dans les lieux publics, les centres commerciaux, les hô tels et les bus.

A titre de précaution, le Kenya a également fermé toutes ses frontières avec la Somalie. "Les frontières entre les deux pays sont fermées et les agents de sécurité à travers le Kenya sont en état d’alerte, suite aux menaces d’attaques d’Al-Chabab", a déclaré le commissaire de la ville frontalière de Mandera, Benson Leparmoriga.

______________________ 5 – L’Express avec Reuters

07/03 En Somalie, série de succès militaires pour la force de paix de l’Amisom

L’Amisom dit avoir récupéré plusieurs positions stratégiques à Mogadiscio et reconquis la ville de Bulo Hawo.

L’Amison et le gouvernement somalien disent avoir obtenu des succès importants dans la lutte contre les insurgés shebab en Somalie. La force africaine de maintien de la paix annonce avoir notamment récupéré plusieurs positions stratégiques à Mogadiscio et reconquis la ville de Bulo Hawo située à la frontière avec le Kenya et l’Ethiopie. Plusieurs sources anonymes au sein de l’Amisom ont cependant affirmé que les deux semaines d’offensives ont fait une cinquantaine de victimes parmi les casques bleus, dont 43 soldats burundais.

Il y a deux semaines, l’Amisom, les troupes gouvernementales et un groupe armé proche du gouvernement lançaient une offensive sur trois fronts en Somalie pour briser l’étau de la milice shebab.

Les combats ont eu lieu à Mogadiscio, à Bulo Hawo près de la frontière kenyanne et à Beledweyne, ville proche de la frontière éthiopienne. Quinze jours après, les responsables de l’Amisom disent avoir récupéré certaines positions stratégiques au coeur de la capitale dont plus de la moitié est encore aux mains des insurgés. Il s’agit d’une ancienne laiterie et d’un complexe de bâtiments qui formaient l’ancien ministère de la Défense.

Le succès le plus spectaculaire a eu lieu dans la ville de Bulo Hawo d’où les shebab sont partis après d’intenses combats. Mais le bilan de ces affrontements reste à dresser. Alors que l’Amisom ne reconnaît qu’une poignée de victimes, de sources militaires et diplomatiques citées par plusieurs agences de presse, on évoque 53 victimes dans les rangs des soldats de la paix : 43 Burundais et dix Ougandais. Par ailleurs, une centaine de civils auraient péri à Mogadiscio durant les deux semaines d’offensive.

______________________ 4 – L’Express avec Reuters

6/03 Le gouvernement somalien annonce la prise d’une ville-frontière

Mohamed Ahmed, Jean-Stéphane Brosse pour le service français

Les forces gouvernementales somaliennes et leurs milices alliées ont pris le contrôle de la ville frontalière de Beledhawo aux dépens des rebelles islamistes d’Al Chabaab, rapportent samedi des représentants des autorités intérimaires.

La bataille pour cette ville située aux confins du Kenya et de l’Ethiopie a fait plus de 15 morts, ajoutent-ils.

"Beledhawo est maintenant sous notre contrôle après de violents combats. Je vois plus de 20 cadavres de combattants d’Al Chabaab", a déclaré par téléphone de la ville le colonel Mohamud Ali Shire. "Nous continuerons les combats jusqu’à ce qu’on les chasse de toute la région."

Le ministre de la Défense du gouvernement intérimaire, Abdihakim Haji Fiqi, a confirmé la prise de la localité dans un communiqué.

Al Chabaab, groupe radical islamiste affilié à Al Qaïda, combat depuis quatre ans le gouvernement intérimaire, soutenu par une force de l’Union africaine, l’Amisom, forte de 8.000 hommes.

______________________ 3 – AFP

Somalie: au moins 43 soldats burundais tués depuis le 23 février

Au moins 43 soldats burundais ont été tués et une centaine blessés depuis le début de l’offensive lancée le 23 février à Mogadiscio par le gouvernement somalien et la force de l’Union africaine contre les insurgés, a-t-on appris samedi de sources militaires concordantes.

"Le bilan officiel donné jusqu’ici est totalement faux. En réalité, 43 soldats du contingent burundais de l’Amisom ont été tués, quatre autres sont portés disparus et 110 ont été blessés au cours de la dernière offensive conjointe gouvernement somalien-Amisom à Mogadiscio", a annoncé à l’AFP une source militaire à Mogadiscio qui a requis l’anonymat, jointe par téléphone.

Ce bilan a été confirmé par un officier supérieur burundais à Bujumbura.

"La majorité de ces soldats ont été tués le premier jour de l’offensive (…) ils sont tombés sur de nombreux insurgés sur un objectif majeur qui se trouve près de l’ancien ministère de la Défense, que nous avons conquis", a poursuivi le même officier.

"Le moral de la troupe est bon malgré ces pertes qui sont les plus importantes depuis que nous sommes déployés en Somalie, car nous avons atteint nos objectifs", a-t-il assuré, ajoutant: cela "nous permet d’être désormais moins exposés aux attaques des shebab".

Aucun responsable de l’armée burundaise n’était joignable samedi, mais celle-ci avait annoncé le 24 février la mort de six soldats de l’Amisom dans les violents combats de la veille.

Interrogé en début de semaine, le chef d’état-major de l’armée burundaise n’avait ni confirmé ni infirmé des informations faisant état de plusieurs dizaines de victimes parmi le contingent burundais.

"Il y des gens qui disent qu’il y a des dizaines de soldats qui ont été tués mais je peux vous dire qu’un seul soldat burundais tué est de trop", avait-il déclaré.

"Mais je dois vous dire que le plus important aujourd’hui c’est que l’opération qui a débuté le 23 a atteint tous ses objectifs. Nos soldats sont maintenant en train de consolider leurs positions", avait-il ajouté.

Le gouvernement somalien et l’Amisom ont affirmé s’être emparés de plusieurs positions clé des shebab dans la partie sud-ouest de la capitale à la faveur de cette offensive, dont l’ex-ministère de la Défense et une ancienne usine laitière.

Fin novembre, le Burundi a envoyé un bataillon supplémentaire en Somalie, portant à quelque 3.500 soldats le contingent burundais au sein de l’Amisom, déployée à Mogadiscio et désormais forte de plus de 8.000 hommes. Le reste du contingent est composé de soldats ougandais.

______________________ 2 – La Presse canadienne

5/03 Somalie: 53 soldats de l’UA tués lors de combats

Deux diplomates ont annoncé vendredi à l’AP que 53 soldats de l’Union africaine ont été tués en Somalie lors d’une grande offensive contre des militants islamistes, lancée il y a deux semaines.

Le bilan est bien plus lourd que celui annoncé par l’UA, qui n’avait jusqu’à présent confirmé que quelques morts dans ces combats qui ont commencé le 19 février dernier, sans doute pour ménager le Burundi, une des principales nations contributrices à la force de maintien de la paix de l’UA (AMISOM).
Selon deux diplomates basés à Nairobi, au Kenya, 43 Burundais et 10 Ougandais ont été tués depuis le 18 février, citant des informations de personnes impliquées dans l’opération.

La force déployée par l’UA affirme de son côté que des centaines de membres du groupe de rebelles somaliens Al-Shabab ont été tués au cours de l’offensive.
Environ 8000 soldats de l’UA ont été déployés dans la capitale Mogadiscio et 4000 devraient arrivés dans les mois prochains, principalement des Burundais et des Ougandais.

______________________ 1 – Afrique en ligne avec Pana

04/03 – Une conférence charge le Parlement de transition somalien d’assister le peuple

Une conférence de trois jours sur les moyens de ramener la paix dans la Somalie ravagée par la guerre a pris fin mercredi à Accra, la capitale ghanéenne, sur un appel au Parlement fédéral de transition somalien (TPF) pour une plus grande assistance à des groupes ciblés. En outre, les mesures nécessaires devraient être prises pour l’élection du président du pays et du président du Parlement, conformément aux dispositions du TPF.

Le mandat du TPF en Somalie expire en août 2011, d’où la nécessité de s’assurer qu’un gouvernement formel soit mis en place et que la paix soit rétablie avant cette date.La conférence était organisée par la Mission de l’Union africaine en Somalie sur le thème: ‘L’Union africaine soutient l’application du processus de paix de Djibouti pour la Somalie’.L’ancien président du Ghana, Jerry John Rawlings, Haut Représentant de l’UA pour la Somalie, a déclaré à la cérémonie d’ouverture qu’il était nécessaire que l’UA soutienne le TFP de la Somalie pour que la paix soit rétablie.La Somalie est en guerre depuis plus de 20 ans et est considérée comme un État en faillite.’Je ferai de mon mieux pour mobiliser des ressources auprès des autres pays africains et de l’UA pour s’assurer que le communiqué final du Ghana soit appliqué’, a promis M. Rawlings.Il a souligné que le processus de paix somalien avait fait couler beaucoup d’encre et qu’il était désormais temps d’agir.

Le Dr Augustine Mahiga, Représentant spécial du Secrétaire général des Nations unies pour la Somalie, a également insisté sur le rôle du Parlement pour mettre fin à la crise en Somalie.

Il a expliqué que le Parlement représentait le peuple qui est celui qui souffre en Somalie et qui a besoin de paix et de sécurité.

09/03/11 (B594) Le procès intenté devant un organe judiciaire africain pourrait ouvrir un nouveau front dans les efforts déployés par les groupes des droits de l’homme de tenir la CIA et de ses partenaires responsables de ce qu’ils allèguent la torture a été d’innocentes victimes dans le secret "sites noirs" des prisons à travers le monde. (Deux informations en Français et en Anglais – Info lecteur)

L’affaire concerne Mohammed al-Assad, qui a dit qu’il a été arrêté fin 2003 à son domicile en Tanzanie, les yeux bandés et volé dans une prison secrète à Djibouti. Il a dit qu’il a été soumis à deux semaines de la torture et des traitements inhumains dans une interprétation clandestines de la CIA et le programme de détentions conçus pour attraper les terroristes présumés.

De Djibouti, militants des droits humains dire, Asad a été distribué dans un réseau de prisons secrètes de la CIA en Afghanistan et en Europe de l’Est, avant d’être emprisonné dans son Yémen natal. En 2006, El-Assad a été libéré, sans être accusé d’un crime lié au terrorisme.

Le lundi, américains et britanniques avocats des droits humains a déposé des documents juridiques à la Commission africaine des droits et des peuples, l’invitant à exiger du gouvernement de Djibouti pour «répondre à des abus commis il »dans le cadre du programme secret de la CIA. Le cas rendu public lundi a été déposée à titre confidentiel en Décembre 2009.

L’
Ambassade de Djibouti à Nairobi n’a pas répondu à la demande d’une réponse, et un porte-parole du gouvernement de Djibouti n’était pas joignable pour un commentaire. La CIA a refusé de discuter de l’affaire El-Assad et a nié les allégations de mauvais traitements.

__________________________ 2 – En Anglais – Washington Post

African commission asked to take case challenging CIA rendition program

A case filed before an African judicial body could open a new front in efforts by human rights groups to hold the CIA and its partners accountable for what they allege was the torture of innocent victims in secret "black site" prisons around the world.

The case involves Mohammed al-Asad, who said he was arrested in late 2003 at his home in Tanzania, blindfolded and flown to a secret prison in Djibouti. He said he was subjected to two weeks of torture and inhuman treatment in a clandestine CIA rendition and detentions program designed to nab suspected terrorists.

From Djibouti, human rights activists say, Asad was dispatched into a network of secret CIA prisons in Afghanistan and Eastern Europe, before being jailed in his native Yemen. In 2006, Asad was released, without being charged with a terrorism-related crime.

On Monday, American and British human rights lawyers filed legal documents at the African Commission on Human and Peoples’ Rights, urging it to require the government of Djibouti to "answer for abuses it committed » as part of the CIA’s secret program. The case made public Monday was filed confidentially in December 2009.

Djibouti’s embassy in Nairobi did not answer requests for a response, and a government spokesman in Djibouti was not reachable for comment. The CIA declined to discuss Asad’s case and denied the allegations of abuse.

"It’s safe to say – without commenting on this specific matter – that much of what has been alleged about the former CIA detention and interrogation program, which ended over two years ago, is simply incorrect," said CIA spokesman George Little.

The commission, based in the Gambia, is a quasi-judicial body that has jurisdiction over nations that have ratified the African Charter on Human and Peoples’ Rights, which includes Djibouti.

If the commission accepts the case, it would represent the first international case to inquire into the role of an African country in the U.S. rendition program, human rights lawyers said.

"By serving as the doorway for the U.S. secret detention and rendition program in Africa, Djibouti directly violated the human rights of our client," said Jayne Huckerby, the research director of the Center for Human Rights and Global Justice, based at New York University’s School of Law, which along with Interights, a British human rights law organization, filed the case.

In a telephone interview from eastern Yemen, where he now lives, Asad said he believes he was arrested because of his links to an Islamic charity that was blacklisted after the Sept. 11, 2001, terrorist attacks for allegedly funding terrorism. The al Haramain Islamic Foundation, a Saudi Arabian charity, had rented space in a building Asad owned.

When Asad landed in Djibouti, he said, he was placed in a small cell, and not given a change of clothes for the two weeks he was there. A woman who identified herself as an American interrogated him, he said.

Asad said one guard told him he was in Djibouti and he also noticed a photograph of the country’s president on a wall in the prison. Later on, Tanzanian authorities told his father that he had been taken to Djibouti, he said

09/03/11 (B593) Yémen Express – l’armée fait 98 blessés à l’université de Sanaa- Manifestation contre le président Saleh dans son fief au Yémen – Les femmes, actrices essentielles dans les révolutions arabes – l’opposition durcit le ton, six militaires tués – Des partisans de Saleh attaquent des opposants au Yémen – Saleh affaibli mais loin d’être évincé – le président Saleh ne veut pas quitter le pouvoir – incident armé dans le nord, forte mobilisation à travers le pays – l’opposition propose un plan de sortie de crise (9 articles)

_____________________ 9 – CyberPresse (Canada) avec AP

Yémen: l’armée fait 98 blessés à l’université de Sanaa

Ahmed Al-Haj – Associated Press

Des soldats yéménites ont tiré des balles de caoutchouc et des gaz lacrymogènes, mardi, contre les milliers d’étudiants qui campent sur le campus de l’université de Sanaa pour exiger la démission du président Ali Abdullah Saleh, faisant au moins 98 blessés, selon des responsables.

L’armée a donné l’assaut sur le campus de l’université quelques heures après que des milliers de prisonniers eurent déclenché une émeute dans une prison de la capitale, prenant une dizaine de gardiens en otages tout en appelant à la démission du président Saleh. Au moins un prisonnier a été tué et 80 personnes ont été blessées pendant que les gardes tentaient de reprendre le contrôle de la situation, selon la police.

Le Yémen est touché depuis plusieurs semaines par des manifestations anti-gouvernementales inspirées par les récents soulèvements en Égypte et en Tunisie. Ali Abdullah Saleh, un allié clé des États-Unis dans la lutte contre Al-Qaïda, est au pouvoir depuis 32 ans. Signe que les manifestations prennent de l’ampleur au Yémen, des graffitis appelant à la démission du président sont apparus mardi dans son village natal, Sanhan, pour la première fois depuis le début des manifestations.

Les étudiants de l’université de Sanaa campent sur le terrain de l’établissement depuis la mi-février, peu après le début des manifestations appelant à la démission du président.

Des responsables médicaux ont affirmé que plusieurs des 98 personnes blessées étaient dans un état grave. Ces responsables ont requis l’anonymat puisqu’ils n’étaient pas autorisés à diffuser l’information aux médias.

Des témoins ont rapporté avoir vu des véhicules blindés et des véhicules de transport de troupes se diriger vers la zone de l’université.

«C’est un massacre», a dit un porte-parole de l’opposition, Muhammad Qahtan.

«C’est un crime des troupes de sécurité contre les étudiants engagés dans un sit-in pacifique.»

Les manifestations se sont également poursuivies ailleurs dans le pays. Dans la ville portuaire d’Aden, dans le sud du pays, de nombreuses femmes se sont jointes aux manifestants après qu’un jeune protestataire eut été grièvement blessé par une balle reçue dans la tête lors d’une manifestation tenue la veille au même endroit.

Des dizaines de milliers de manifestants sont également descendus dans les rues de la province d’Ibb, appelant le gouvernement à traduire en justice les responsables des attaques meurtrières de dimanche. Des militants de l’opposition ont blâmé des «hommes de main du gouvernement» pour l’attaque contre les manifestants, qui a fait un mort et 53 blessés.

Dans une tentative de calmer la colère populaire, le président Saleh a appelé à la tenue d’un dialogue national après avoir eu des entretiens, lundi, avec de hauts responsables politiques et de la sécurité du pays. L’agence de presse officielle a indiqué que la conférence aurait lieu jeudi et qu’elle comprendrait des milliers de représentants de la scène politique yéménite.

Mais le leader de l’opposition, Yassin Said Numan, a affirmé qu’il n’y aurait aucun dialogue jusqu’à ce que le président Saleh accepte de démissionner d’ici la fin de l’année.

L’émeute dans la prison a éclaté lundi soir, quand des prisonniers ont incendié des matelas, occupé la cour de la prison et pris une dizaine de gardiens en otage, selon un responsable de la sécurité ayant requis l’anonymat.

Les gardiens ont fait usage de gaz lacrymogènes et ont tiré en l’air pour rétablir le calme, mais n’y sont pas parvenus, d’après ce responsable. La révolte des prisonniers était toujours en cours mardi après-midi, a-t-il précisé.

Des personnes vivant près de la prison ont affirmé avoir entendu des tirs et des explosions et ont indiqué que l’armée avait appelé des troupes en renfort.

Abdelrahman Burman, un avocat à la tête de l’organisation de défense des droits de l’homme Sajin, a affirmé qu’au moins un détenu avait été tué et que plus de 80 personnes avaient été blessées, dont 20 policiers et gardiens de prison.

Il a précisé qu’environ la moitié des blessés l’avaient été par balles, les autres souffrant de problèmes respiratoires causés par les gaz lacrymogènes.

Un responsable de la police a confirmé ces chiffres sous le couvert de l’anonymat.

________________________ 8 – L’Express avec Reuters

Manifestation contre le président Saleh dans son fief au Yémen

L’opposition au président du Yémen, Ali Abdallah Saleh, s’est étendue mardi à une zone tribale considérée comme son fief, au sud de la capitale où l’armée a fait son retour.

Environ 10.000 personnes ont défilé à Dhamar, à 60 km de Sanaa, réclamant la fin de son règne de 32 ans, selon un habitant de la ville.

Dhamar est un bastion politique du président. Le Premier ministre et le ministre de l’Intérieur en sont originaires.

"Dégage, dégage", criaient les manifestants, deux jours après un défilé de même envergure organisé par les partisans de Saleh.

À Sanaa, où des milliers d’opposants campent depuis plusieurs semaines, des véhicules militaires et de police se sont déployés dans les rues, avec des forces de sécurité en armes.

Le retour de l’armée fait craindre de nouvelles violences dans la capitale, qui était calme depuis plusieurs jours après des semaines d’affrontements ayant fait 27 morts au moins.

L’intensification de la campagne de l’opposition et une série de défections parmi les hommes politiques et chefs tribaux proches de Saleh ont accentué la pression sur le président.

Saleh, dont le pays est en outre confronté à une rébellion chiite dans le Nord, un mouvement sécessionniste dans le Sud et au regain d’activité d’Al Qaïda dans la péninsule arabique (Aqpa), a répété qu’il ne partirait pas avant le terme normal de son mandat, en 2013.

_______________________ 7 – AFP

Les femmes, actrices essentielles dans les révolutions arabes

De Natacha YAZBECK

Les femmes, défiant tabous et stéréotypes, se sont imposées comme des actrices essentielles dans les différents soulèvements populaires qui secouent des régimes autocratiques du monde arabe.

"Les femmes ont joué et continuent à jouer un rôle à part entière dans les soulèvements et les révolutions dans la région, et ce qui est essentiel, c’est qu’elles sont là en nombre, physiquement, dans les rues", estime Nadim Houry, chercheur chez Human Rights Watch.

"C’est un signe d’espoir", dit-il, soulignant que les femmes "devraient maintenant jouer un rôle clef dans les nouvelles institutions issues de ces révolutions".

Que cela soit en jean-T Shirt ou drapées de noir, des dizaines de milliers de femmes ont fait entendre leur voix, dans les rues de Tunis, du Caire, de Manama ou de Sanaa, réclamant des réformes dans ces pays

A Bahreïn, où des milliers de manifestants majoritairement chiites réclament la chute de la dynastie sunnite des Al-Khalifa, les femmes ont participé en masse à la mobilisation, leur traditionnelles abayas formant un océan noir au sein des manifestations où hommes et femmes défilent séparément.

Dans des pays conservateurs, comme en Libye ou au Yémen, les femmes ont défié les normes sociales pour se joindre à la contestation, défilant dans la rue et parlant ouvertement aux journalistes, face caméra.

"Les femmes jouent un rôle essentiel dans la région (…) et elles ont été un facteur-clé pour le démarrage" de la révolution, estime Tawakoul Karman, une militante yéménite, fer de lance de la mobilisation féminine contre le président du Yémen Ali Abdallah Saleh.

"La révolution vise avant tout à renverser le régime. Mais elle a aussi permis de venir à bout de traditions archaïques, selon lesquelles une femme devait rester à la maison et en dehors de la politique", se réjouit-elle.

"C’est aussi une révolution sociale. Le rôle joué par les femmes permet de créer une nouvelle société. Au Yémen, la révolution a permis aux femmes de trouver une meilleure place," souligne-t-elle.

La parole des femmes ne s’est pas libérée seulement dans la rue.

Si des femmes de toutes les couches de la société ont défilé, les plus jeunes et les plus éduquées se sont aussi tournées vers les nouveaux médias, afin d’appeler au changement dans leur pays.

Asma Mahfouz, une jeune Egyptienne dont le blog vidéo appelant à la mobilisation a connu un énorme succès, est considérée comme l’une des voix ayant déclenché la révolte sans précédent qui a entraîné la chute du président égyptien Hosni Moubarak le 11 février.

"Si quelqu’un pense que les femmes ne devraient pas manifester, qu’il se comporte en homme et ose descendre avec moi dans la rue le 25 janvier", avait notamment lancé la jeune militante, voilée, dans une vidéo en arabe postée sur You Tube.

En Arabie saoudite, où il n’y pas eu de mobilisation massive, des voix commencent cependant à se faire entendre notamment sous des pseudonymes féminins, via Facebook ou Twitter.

"J’appelle les Saoudiennes à agir maintenant. Nos frères saoudiens nous ont trahies, car ce sont des lâches", écrit par exemple #SaudiWomenRevolution.

Si le futur paysage politique de la région est encore très incertain, les soulèvements ont révélé un mécontentement concernant le système tant politique que social, selon les analystes.

"L’important dans les soulèvements en Egypte ou en Libye par exemple, ce n’est pas seulement de se débarrasser du numéro un du régime, de chasser le dictateur", estime M. Houry.

"Il s’agit aussi de se débarrasser de tous les +-ismes+ qui font que cette région est à la traîne: sexisme, confessionnalisme…"

_______________________ 6 – AFP

Yémen: l’opposition durcit le ton, six militaires tués

De Hamoud MOUNASSER

L’opposition yéménite s’est déclarée dimanche déterminée à évincer le président Ali Abdallah Saleh, et le régime, qui refuse de céder, a accusé Al-Qaïda de trois attaques ayant coûté la vie à six militaires.

La veille, le président Saleh, au pouvoir depuis 32 ans, avait rejeté une proposition de l’opposition prévoyant qu’il quitte ses fonctions avant la fin de l’année, alors que son mandat expire en 2013.

Dimanche, un porte-parole de l’opposition, Mohammad al-Sabri, a estimé que le refus du président, dont les appuis politiques se réduisent, signifiait pour lui qu’il n’y avait plus qu’une issue, "le départ".

Une foule nombreuse a poursuivi dimanche un sit-in devant l’université de Sanaa, entamé depuis le 20 février pour obtenir la chute du régime.

A Ibb, 200 km plus au sud, des manifestants ont été attaqués par des partisans du régime, et 61 d’entre eux ont été blessés, essentiellement à coups de couteaux, de pierres et de matraques, a annoncé un militant de l’opposition.

Des centaines de personnes favorables au Congrès populaire général (CPG), le parti au pouvoir, ont attaqué les manifestants sans que les forces de sécurité n’interviennent, a précisé Abdoulkarim Mohammed Ali, un organisateur local de la contestation.

La détérioration de la situation dans le pays a incité le Département d’état américain, qui suit avec inquiétude la situation au Yémen -un pays pauvre de la péninsule arabique où Al-Qaïda est active- à conseiller à ses ressortissants à quitter le pays.

Une note de conseil aux voyageurs autorise aussi le personnel non essentiel de l’ambassade américaine à partir.

Samedi, Londres a déconseillé à ses ressortissants de se rendre au Yémen, en proie à "des violences croissantes", et appelé les Britanniques présents dans ce pays à partir si leur présence n’est pas indispensable.

Trois incidents séparés attribués à la mouvance d’Oussama ben Laden ont fait six morts dans trois régions du pays.

Dans la province de Maareb (170 km à l’est de Sanaa), un des fiefs d’Al-Qaïda, quatre membres de la garde républicaine (unité d’élite) ont été tués par des inconnus qui ont ouvert le feu sur leur camion, a indiqué un responsable local, selon qui "cette attaque ressemble à celles menées par le passé par Al-Qaïda".

Dans le sud du pays, un colonel des services de renseignement, Abdel Hamid al-Charaabi, "a été tué par deux membres d’Al-Qaïda" qui circulaient à moto à Zinjibar, chef-lieu de la province d’Abyane, selon un responsable local.

Dans la province sudiste du Hadramout, un deuxième colonel, Chayef al-Chouaïbi, a été abattu par des membres présumés d’al-Qaïda, circulant eux aussi sur une motocyclette, ont indiqué des témoins.

Dans le même temps, l’opposition a appelé "tout le peuple à intensifier les sit-in et les manifestations dans toutes les régions, afin (que le chef de l’Etat) n’ait plus qu’une seule option, le départ", selon le porte-parole de l’opposition parlementaire, Mohammad al-Sabri.

Le président yéménite, au pouvoir depuis 32 ans, avait rejeté samedi une proposition de l’opposition, à travers une médiation de dignitaires religieux pour son départ avant la fin de l’année.

La position du président "signifie sa mort politique, et la rue est à présent notre unique recours", selon le porte-parole qui a annoncé la "fin du dialogue indirect à travers les dignitaires religieux".

Le régime yéménite est contesté depuis fin janvier avec des manifestations à Sanaa, Taëz, Aden et dans le reste du pays. Selon Amnesty International, au moins 27 personnes ont été tuées lors de ces manifestations.

_______________________ 5 – L’Express avec Reuters

7/03 Des partisans de Saleh attaquent des opposants au Yémen

Mohamed Ghobari, Bertrand Boucey pour le service français

Des partisans du président yéménite Ali Abdallah Saleh ont attaqué dimanche un campement d’opposants à Ibb, une ville au sud de Sanaa, ont déclaré des témoins et un chef de file des contestataires.

"Des groupes envoyés par le parti au pouvoir ont attaqué le siège des manifestants à coups de pierres et de bâtons et 25 personnes ont été blessées, dont six sont dans un état critique", a déclaré un responsable des manifestants.

_______________________ 4 – RTL avec Belga

5/03 Yémen: Saleh affaibli mais loin d’être évincé

Le président yéménite, Ali Abdallah Saleh, a perdu d’importants appuis dans son pays, mais cet allié crucial des Etats-Unis dans la péninsule arabique peut encore survivre à la pression de ses opposants, assurent des analystes.

Au pouvoir depuis 32 ans, il est confronté à des manifestations quotidiennes qui exigent son départ, à Sanaa, Aden et dans d’autres villes de ce pays pauvre de quelque 24 millions d’habitants.

"C’est clair que sa situation est mauvaise", estime Christopher Boucek, un analyste du Carnegie Middle East Program, alors que de nouvelles violences entre rebelles chiites et forces de l’ordre ont fait quatre tués vendredi dans le nord du pays. Les formations de l’opposition se sont liguées contre M. Saleh, et elles ont été rejointes par des chefs d’importantes tribus, et par des séparatistes basés dans le sud du pays, qui contestent le rattachement au nord datant de 1990.

"Mais il est trop tôt pour annoncer que le président Saleh est fini", estime M. Boucek dans un entretien avec l’AFP. Le président Saleh, 68 ans, a pris le pouvoir dans le nord du pays en 1978. Avec la fin de la guerre froide, le sud marxiste et le nord tribal se sont retrouvés associés dans un état unitaire, dont il devenu président en 1990.

Depuis le début de la contestation, il s’est dit déterminé à rester au pouvoir jusqu’au terme de son mandat actuel en 2013, mais il a vu des alliés proches l’abandonner progressivement.

_________________________ 3 – RFI

5/03 Yémen : le président Saleh ne veut pas quitter le pouvoir

La pression monte dans les rues de Sanaa. Les affrontements entre les deux camps auraient fait plusieurs morts, le 4 mars 2011.

Le président du Yémen, Ali Abdallah Saleh, a rejeté vendredi 4 mars 2011 le plan de l’opposition pour son départ du pouvoir d’ici la fin de l’année malgré la pression de la rue qui a mobilisé des centaines de milliers de personnes dans le pays, dont plus de 100 000 à Sanaa, la capitale où des affrontements auraient fait plusieurs morts.

Ali Abdallah Saleh refuse de signer sa feuille de sortie du pouvoir avant 2013, le terme de son mandat en cours. Ensuite, il ne se représentera plus, c’est promis. Son fils non plus ne sera pas candidat, c’est juré.

Ali Abdallah Saleh est même d’accord pour un dialogue national en vue de législatives qui pourraient voir la formation d’un gouvernement d’union nationale. Mais il ne cédera pas à la pression des manifestants qui, jour après jour et par centaines de milliers, demandent qu’il cède son fauteuil présidentiel d’ici la fin de l’année.

En revanche, Ali Abdallah Saleh a entendu la requête des imams en faveur de réformes constitutionnelles et judiciaires. Mais il est resté impassible face aux exigences de l’opposition de plus en plus composite qui rassemble désormais les partisans d’un islam politique, les rebelles chiites schismatiques du Nord et les sudistes socialistes ou indépendantistes, des sécessionnistes qui renoncent d’ailleurs provisoirement à leur mot d’ordre pour faire cause commune avec le reste de l’opposition.

Avec les groupes tribaux qui viennent de rallier la contestation, Saleh semblait avoir perdu un atout maître. Mais visiblement il garde la main sur l’armée et veut encore compter sur le soutien des Etats-Unis et de l’Arabie saoudite.

______________________ 2 – AFP

Yémen: incident armé dans le nord, forte mobilisation à travers le pays

De Hammoud MOUNASSAR

Un incident dans le nord du Yémen, où sévit une rébellion chiite, a fait des victimes vendredi, et des manifestations d’opposants et partisans du régime ont eu lieu à Sanaa et dans le reste du pays.

Dans le même temps, l’opposition a considéré que la poursuite des violences équivalait à un rejet par le président Abdallah Ali Saleh, 68 ans, d’une offre de sortie de crise prévoyant qu’il quitte ses fonctions avant 2011.

Selon un responsable de l’administration locale dans la région de Harf Soufiane, à 170 km au nord de Sanaa, quatre personnes ont été tuées par des tirs de la police contre des manifestants et sept ont été blessées.

Des sources de la rébellion ont indiqué que des manifestants qui demandaient le départ du président Saleh, au pouvoir depuis 32 ans, ont été pris sous le feu d’une position militaire dans le quartier de Semla, dans la ville de Harf Soufiane.

Toutefois une source officielle, citée par l’agence Sabaa, a démenti cette version et parlé d’une attaque contre une position de l’armée faisant état de sept blessés, dont quatre soldats et trois assaillants.

La marche de Harf Soufiane avait été organisée à l’appel des rebelles zaïdites, adeptes d’une branche du chiisme, qui combattent le régime depuis 2004 et qui ont rejoint récemment la contestation contre le président Saleh.

"La poursuite de la répression (…) signifie pour nous un rejet sans appel de notre initiative", a déclaré à l’AFP, Mohammed Gahtane, un porte-parole du Forum commun, coalition de l’opposition parlementaire.

L’opposition et des chefs religieux ont proposé jeudi au président Saleh, dont le mandat expire en 2013, un plan de sortie de crise prévoyant son départ avant fin 2011.

A Sanaa, la journée a été marquée par deux rassemblements, l’un hostile et l’autre favorable au régime.

Devant l’université, épicentre de la contestation, des centaines de milliers de personnes, selon les organisateurs, ont participé à la prière hebdomadaire.

"Nous ne quitterons pas cette place jusqu’à la chute des corrompus et des tyrans", a déclaré dans son sermon cheikh Yahia Al-Doulaïmi en s’adressant à la foule compacte qui débordait de la grande place.

Les protestataires avaient baptisé la journée "Vendredi de la cohésion" pour souligner leur unité après que des rumeurs se sont répandues sur des divisions dans leurs rangs.

A quelques kilomètres de l’université de Sanaa, de nombreux partisans du régime ont prié sur la place Tahrir, après avoir scandé "Non au sabotage, non au chaos et oui au dialogue", a rapporté un correspondant de l’AFP.

Des responsables du parti présidentiel, le Congrès général populaire, ont affirmé durant la rassemblent avoir mobilisé des "centaines de milliers de partisans" à travers le pays.

A Aden, grande ville du sud, des dizaines de milliers de personnes ont participé à deux cortèges funéraires de trois manifestants tué par les tirs des forces de l’ordre ces dernières semaines, selon un correspondant de l’AFP.

Selon un bilan d’Amnesty International, 27 personnes sont mortes dans les violences qui accompagnent les protestations du Yémen depuis le 27 janvier, outre les quatre tués de vendredi au nord de Sanaa.

Des prières collectives, pendant lesquelles ont été répétés des appels au départ du président Saleh, se sont également tenues dans les villes de Taëz, au sud de la capitale, et à Hodeida, dans l’ouest, selon des habitants de ces deux grands centres urbains.

Après la prière, des marches ont eu lieu à Zinjibar, chef-lieu de la province d’Abyane (sud), et Ataq, capitale de la province de Chabwa (sud), aux cris "Saleh ennemi de dieu", selon des témoins et "non aux partis, notre révolution est celle des jeunes".

______________________ 1 – Nouvel Obs avec AP

03/03 Yémen: l’opposition propose un plan de sortie de crise

Une coalition de l’opposition propose un plan pour sortir de la crise politique au Yémen qui prévoit le départ d’ici la fin de l’année du président Ali Abdullah Saleh, a annoncé jeudi un porte-parole du groupe.

L’opposition a transmis le plan en cinq points au président Saleh et attend une réponse, a déclaré Mohammed al-Sabri. Le plan ne précise pas comment Ali Abdullah Saleh, au pouvoir depuis 32 ans, devrait partir, mais l’opposition attend du président yéménite qu’il fasse une proposition, explique M. Al-Sabri.

L’opposition souhaite que le président Saleh "parte selon une feuille de route débutant par une solution-clé ou un programme pour son départ", souligne le porte-parole de la coalition. Ce programme devrait être "clair et honnête et ne devrait pas se prolonger au-delà de la fin de cette année".

Alors que le Yémen est secoué depuis des semaines par des manifestations contre le gouvernement Saleh, le plan de l’opposition demande une enquête sur les morts de protestataires, et des garanties pour le droit des Yéménites à manifester pacifiquement.

De leur côté, les étudiants qui se rassemblent depuis des jours à l’université de Sanaa promettent dans un communiqué publié jeudi de poursuivre leur mouvement de protestation jusqu’à la "chute" du régime et de "ses symboles corrompus". Ils demandent à l’armée et aux forces de sécurité de refuser de participer à toute opération visant à mater la "révolution".

Le président yéménite a promis de démissionner après les élections de 2013, mais son offre a été rejetée par les manifestants. Sa proposition de former un gouvernement d’union avec l’opposition a également été repoussée.

03/03/11 (B593) Nouvelles de Somalie – Au Kenya, le plus grand camp de réfugiés au monde est au bord de l’implosion – Le Kenya ferme ses frontières avec la Somalie – Offensive du gouvernement contre les insurgés en Somalie, au moins 115 morts – Six soldats du contingent burundais tués – L’ONU et ses partenaires africains adoptent une stratégie conjointe (5 articles)

____________________ 5 – RFI

Au Kenya, le plus grand camp de réfugiés au monde est au bord de l’implosion

Dans le nord est du Kenya, le camp de Dadaab accueille plus de 300 000 réfugiés somaliens et des centaines par jour continuent à affluer en raison de la guerre qui sévit en Somalie. Officiellement, la frontière entre le Kenya et la Somalie est fermée pour des raisons de sécurité, mais le flux ne cesse pas, et la situation humanitaire et sécuritaire devient extrêmement préoccupante : manque d’eau, de nourriture, de structures d’éducation ou de santé.

De notre envoyée spéciale à Dadaab
Stéphanie Braquehais/RFI

De longs morceaux de bois sont plantés dans la terre sableuse. Bintou, un foulard noué sur la tête pour tenter tant bien que mal de se protéger du soleil assassin de la mi-journée, creuse, le corps quasiment plié en deux. Depuis deux mois qu’elle est arrivée à Dagahaley, un des trois camps du grand complexe de Dadaab, elle vivait chez des membres de sa famille, mais maintenant, il lui faut construire toute seule sa propre hutte pour abriter ses deux enfants.

Dans ce camp spontané, ils sont huit mille à vivre dans des tentes de fortune qui s’éparpillent à l’infini, sans clôture, car officiellement, ils ne peuvent pas s’installer durablement ici. Son voisin, Mohamed Dahir est un vieux monsieur qui marche difficilement appuyé sur une canne, à cause de deux pieds bots vestiges d’une polio mal soignée. Il vit dans une seule tente avec deux cousines qui ont à elles deux quinze enfants.

La nuit, lorsque ceux-ci veulent se soulager, il doit les accompagner. « Nous sommes entourés de hyènes qui cherchent de l’eau et des carcasses d’animaux. On est obligé de les chasser avec des bâtons ou des machettes. A la tombée de la nuit, nous avons très peur ».

Près de 320 000 réfugiés vivent à Dadaab, qui initialement a été créé pour accueillir 90 000 personnes. Le Haut commissariat aux réfugiés a entamé depuis plusieurs mois la construction d’un nouveau camp, Ifo II, mais en janvier, les autorités kenyanes ont tout suspendu. Or, le montant des investissements, puits, bâtiments scolaires en dur, se monte à 13 millions de dollars selon le HCR et pour le moment, cette vaste terre est totalement vide. Le Kenya, soucieux de sa sécurité, est de plus en plus réticent à accueillir une masse de réfugiés qui vont se servir en bois et en eau, denrée rare dans cette zone aride, où la population locale se sent laissée pour compte, face à une machine humanitaire mise au service des réfugiés.

Les réfugiés attaqués sur la route

9000 Somaliens continuent chaque mois de déferler dans le nord est du Kenya, qui a officiellement fermé la frontière depuis que l’armée éthiopienne a chassé les tribunaux islamiques fin 2006. Le camp de transit de Liboi qui servait à accueillir les demandeurs d’asile a aussi été fermé dans la foulée, du coup, le trajet pour arriver à Dadaab, situé à 80 kilomètres de la frontière est devenu un parcours du combattant. « Nous avons été attaqués à deux reprises, raconte Bintou avec un débit saccadé, comme si elle tentait d’évacuer pour toujours un souvenir pénible. Une fois côté somalien, une fois côté kenyan. Des bandits armés nous ont absolument tout volé et nous ont battus, moi et les passagers ». Elle ne s’étend pas sur les sévices qu’elle a subis, mais elle garde encore à l’esprit un traumatisme très vif.

« Pendant plusieurs jours, je ne pouvais plus parler, j’étais comme morte. Les autres ont dû me calmer, je ne pouvais même plus m’occuper de mes enfants ».

Ce genre de témoignages n’est pas rare et déjà l’année dernière, l’organisation Human Rights Watch accusait dans un rapport la police kenyane elle-même d’exiger régulièrement de l’argent, de recourir à la violence et plusieurs fois de violer les femmes.

Insécurité dans le camp

A ces extorsions et sévices sur le trajet, s’ajoutent les incursions de différentes milices somaliennes, dont les shebab qui ont promis de frapper le sol kenyan en représailles à l’offensive militaire qui a débuté depuis une semaine sur plusieurs fronts, notamment à Mogadishu par les forces de l’Union Africaine. L’armée kenyane a mobilisé des unités d’artillerie près de Mandera pour éviter que le conflit ne déborde sur son territoire, tandis que l’armée éthiopienne tente de reprendre des positions dans la partie sud de la Somalie.

Cette insécurité est ressentie à l’intérieur même du camp. Mohamed -il ne veut pas dire son vrai nom- a échappé à un assassinat par un groupe d’hommes cagoulés chez lui à Mogadishu. Il est parvenu à s’échapper de justesse, après avoir récolté une balle dans la jambe qui n’a pas touché l’os. Il était accusé par les shebab de travailler pour le gouvernement. Il reste vague sur ses activités dans la capitale somalienne, mais il décrit en détail sa fuite. Après s’être fait soigner par des nomades avec qui il se cachait, il a marché pendant deux mois pour arriver ici. « Je sais qu’ils peuvent me retrouver n’importe où et ici, il est très facile de s’infiltrer, dit-il. Ils pourront me retrouver partout dans le monde, je sais que ma vie ne tient à pas grand chose ».

___________________ 4 – AuFait (Maroc)

Le Kenya ferme ses frontières avec la Somalie

Le Kenya a fermé toutes ses frontières avec la Somalie, suite aux menaces de « représailles » proférées par le groupe extrémiste somalien Al-Chabab, apprend-on mercredi de source policière.

« Les frontières entre les deux pays sont fermées et les agents de sécurité à travers le Kenya sont en état d’alerte, suite aux menaces d’attaques d’Al-Chabab », a déclaré le commissaire de la ville frontalière de Mandera, Benson Leparmoriga, appelant les Kenyans à faire preuve de vigilance et à signaler à la police tout suspect.

Mardi, le chef de la police, Mathew Iteere a indiqué que le gouvernement kenyan a pris toutes les précautions et les mesures de sécurité nécessaires pour faire face aux menaces d’attaques proférées par le groupe « Al-Chabab ».

« Les menaces adressées au Kenya par le groupe somalien Al-Chabab doivent être prises au sérieux, sachant qu’il adressé un avertissement similaire à l’Ouganda avant les attaques à la bombe de Kampala qui ont fait plus de 70 morts en juillet dernier », a déclaré Iteere à la presse.

___________________ 3 – Nouvel Obs avec AP

Offensive du gouvernement contre les insurgés en Somalie, au moins 115 morts

Au moins 115 personnes ont été tuées en Somalie au cours des derniers jours alors que le gouvernement a lancé une offensive coordonnée contre l’insurrection islamiste, selon des sources médicales et militaires.

Au moins 49 civils ont été tués et 157 blessés depuis le début de l’offensive gouvernementale mercredi, a indiqué dimanche Ali Muse, directeur du service d’ambulances de la capitale Mogadiscio.

De plus, au moins 60 militants islamistes ainsi que six soldats de la paix de l’Union africaine (UA) ont été tués, selon Biyereke Floribert, porte-parole des casques bleus du Burundi qui servent dans le pays sous mandat de l’UA.

L’insurrection islamiste tente depuis plus de trois ans de renverser le fragile gouvernement somalien, soutenu par les Nations unies, qui ne contrôle qu’une petite partie de Mogadiscio. Le gouvernement promet depuis longtemps de lancer une offensive de grande ampleur pour venir à bout de l’insurrection.

_______________________ 2 – Afrique en Ligne avec Pana

Somalie: Six soldats du contingent burundais tués

Six soldats burundais ont été tués et une douzaine d’autres blessés dans les combats qui opposent depuis dimanche les forces de la Mission africaine de maintien de la paix en Somalie (AMISOM) et aux insurgés islamistes d’Al Shabaab, opposés au pouvoir en place à Mogadiscio, annonce un communiqué officiel publié vendredi à Bujumbura.

‘L’AMISOM, en général et le Burundi, en particulier, déplorent provisoirement la mort de six militaires de la paix et douze blessés au cours des combats qui opposent depuis dimanche dernier les forces gouvernementales et les mouvements extrémistes Al-Qaïda et Al Shabaab’, indique le communiqué du ministère de la Force de défense nationale et des Anciens combattants.

Le Burundi et l’Ouganda sont les seuls pays à avoir dépêché depuis 2007 des troupes de maintien de la paix en Somalie, sous la bannière de l’Union africaine (UA).

Les troupes déployées dans le cadre de l’AMISOM ne totalisent pas encore 10.000 hommes, alors que l’UA en réclament au moins 15.000 pour venir à bout de jeunes islamistes d’Al Shabaab, opposés au pouvoir en place à Mogadiscio et à toute présence militaire étrangère.

Lors de cette énième attaque, les forces gouvernementales somaliennes, appuyées par l’AMISOM, auraient néanmoins pu récupérer deux positions stratégiques de Mogadiscio, dont l’ancien ministère de la Défense (Khashandigha) et l’ancienne Laiterie (Milk factory), indique le communiqué.

Les forces de maintien de la paix en Somalie sont souvent la cible d’attaques d’Al Shabaab et le contingent burundais déplore déjà la perte de 30 éléments dont l’ancien commandant en chef adjoint de l’AMISOM, le général Juvénal Niyoyunguruza.

La présence militaire du Burundi dans le bourbier somalien reste entourée de controverses dans l’opinion nationale, surtout pour n’avoir pas été autorisée par le Parlement burundais.

L’Etat burundais, de son côté, maintient qu’il faut surtout ‘rendre la pièce de la monnaie’ à la communauté internationale qui a porté assistance au pays au plus fort de sa guerre civile.

_______________________ 1 – Afrique en ligne avec Pana

Somalie: L’ONU et ses partenaires africains adoptent une stratégie conjointe

L’ONU et ses partenaires africains ont adopté une stratégie conjointe destinée à aider le gouvernement intérimaire somalien qui fait face à des troubles à gérer la période de transition. La stratégie régionale conjointe adoptée par le Bureau politique de l’ONU en Somalie (UNPOS), la mission africaine en somalie (AMISOM) et l’autorité intergouvernementale sur le développement (IGAD), définit une approche commune aux questions politiques, de sécurité, humanitaires, institutionnelles et financières et par rapport aux défis auxquels fait face le processus de paix dans ce pays de la Corne de l’Afrique.

Un communiqué de l’ONU transmis à la PANA à New York, jeudi, a indiqué que l’accord sur la stratégie a été signé lors de la réunion de coordination mensuelle par Augustine Mahiga, représentant spécial du secrétaire général de l’ONU en Somalie, Boubacar Diarra, l’envoyé de l’UA pour la Somalie et Kipruto arap Kirwa, le facilitateur de la paix de l’IGAD.

Il a indiqué que la stratégie sera utilisée comme outil pour développer la coopération et le partage d’informations entre les trois institutions, la communauté internationale et d’autres partenaires.

Il a rappelé que dans le cadre de la charte fédérale de transition, le mandat du gouvernement fédéral de transition (TFG) devrait expirer en août.

Cependant, en début de mois, le Parlement intérimaire a voté la prolongation du mandat de trois ans au-delà du mois d’août prévu pour l’adoption d’une nouvelle constitution qui doit précéder les élections générales.

Ce geste a suscité des critiques de la part de l’envoyé spécial en Somalie qui a indiqué que la décision avait été prise à la hâte et sans les consultations nécessaires sur la manière de mettre fin à la transition.

Le communiqué a souligné que les autres tâches qui devraient être achevées comprennent entre autres la réconciliation politique et la construction d’institutions civiles et de sécurité.

La Somalie qui n’a pas de gouvernement central depuis 1991, est déchirée par des décennies de conflit fractionnel.

Le pays fait également face à une crise humanitaire sérieuse au cours de laquelle 2,4 millions de personnes ont besoin d’assistance.

03/03/11 (B593) Yémen Express (1/2) – le président prêt à former un gouvernement d’union – pas de gouvernement d’union – plusieurs partis d’opposition se joignent aux contestataires – Le président du Yémen dénonce un « complot » contre l’unité du pays – d’importantes tribus se joignent aux manifestants – des chefs tribaux se joignent à la contestation – quatre morts dans des manifestations à Aden depuis vendredi – Un mort et 30 blessés au Yémen – 2 nouveaux morts dans la dispersion de manifestations à Aden (9 articles)

____________________ 9 – TF1

Yémen : le président prêt à former un gouvernement d’union

Le président Ali Abdallah Saleh est prêt à former dans un délai de quelques heures seulement un gouvernement d’union avec l’opposition au Yémen si cette dernière lui soumet des noms pour les postes ministériels, a-t-on appris lundi de source gouvernementale.

Cette proposition a été rejetée par l’opposition.

« L’opposition a décidé de rester fidèle à l’exigence du peuple concernant la chute du régime et nous ne reviendrons pas sur ce point », a déclaré un porte-parole de la coalition d’opposition, Mohamed al Sabri.


____________________ 8 – Le Figaro avec Reuters

Yémen: pas de gouvernement d’union

Le président Ali Abdallah Saleh est prêt à former dans un délai de quelques heures un gouvernement d’union avec l’opposition au Yémen, indique une source gouvernementale.

La présidence attendrait néanmois que l’opposition lui soumette des noms pour les postes ministériels, poursuit la même source.

L’opposition a rejeté cette offre et dit rester aux cotés de la population qui manifeste pour la chute pure et simple du régime.

______________________ 7 – Nouvel Obs avec AP

Yémen: plusieurs partis d’opposition se joignent aux contestataires

Plusieurs partis d’opposition ont annoncé dimanche qu’ils se joignaient aux protestataires dans leur volonté d’obtenir le départ du président Ali Abdallah Saleh, au pouvoir depuis 32 ans.

Cette annonce marque un nouveau revers pour le chef d’Etat, allié clé des Etats-Unis dans la lutte contre le réseau terroriste Al-Qaïda. Samedi, deux chefs de sa propre tribu l’ont abandonné, et des centaines de milliers de personnes ont demandé son départ à l’occasion des plus importantes manifestations organisées dans le pays depuis le début de la contestation.

Au cours des dernières semaines, le Yémen a été le théâtre de rassemblements quotidiens, inspirés des soulèvements en Tunisie et en Egypte.

Les grands partis d’opposition, attentistes, avaient été réticents à se joindre au mouvement. Dimanche, ils ont annoncé qu’ils allaient tenir mardi des rassemblements en signe de solidarité avec les protestataires. « Nous demandons à tous les citoyens » de descendre dans la rue « mardi et de condamner le régime pour ses crimes », a déclaré une organisation de sept formations d’opposition, dont des factions nationaliste, socialiste et islamiste modérée.

« S’ils se joignent aux gens dans la rue, ils décideront rapidement du sort du régime », a commenté l’analyste yéménite Abdel Bari Taher.

Dimanche, des manifestations anti-gouvernementales se déroulaient dans plusieurs villes, dont Sanaa, la capitale, Taez et Aden. A Malla, dans l’est du pays, 18 protestataires ont été blessés dans des heurts avec les forces de l’ordre, selon des responsables des services de sécurité. Ils ont indiqué sous couvert d’anonymat que des unités militaires, appuyées par des chars, avaient été dépêchées à Aden pour aider les forces de sécurité dans leurs interventions.

_____________________________ 6 – Le Monde

Le président du Yémen dénonce un « complot » contre l’unité du pays

Confronté à une contestation grandissante dans la rue, le président yéménite Ali Abdallah Saleh, a évoqué un « complot » contre l’unité de son pays et juré de défendre le « régime républicain » dans un discours devant les commandants de l’armée et des forces de sécurité, rapportent dimanche 27 février les médias de Sanaa.

« Notre nation passe depuis quatre ans par des difficultés énormes (…) et nous essayons d’y faire face par des moyens démocratiques et par le dialogue avec tous les leaders politiques, mais en vain », a déclaré le président samedi 26 février dans la soirée devant les chefs des forces armées et des unités de sécurité. « Il y a un complot contre l’unité et l’intégrité territoriale de la république yéménite et nous, au sein des forces armées, nous avons prêté serment de préserver le régime républicain, l’unité et l’intégrité territoriale du Yémen jusqu’à la dernière goutte de notre sang », a-t-il ajouté.

DÉFECTIONS

La contestation, lancée le 27 janvier, souvent réprimée dans le sang, vient s’ajouter aux difficultés du Yémen, pays pauvre et tribal de la péninsule arabique.

Le pouvoir du président Saleh est ouvertement contesté par Al-Qaida, bien implanté dans le sud-est du pays, les séparatistes qui veulent rétablir un Etat indépendant dans le Sud et une rébellion de zaïdites (chiites) dans le Nord. En outre, l’opposition parlementaire a fini par se rallier au mouvement de protestation, de même que les chefs de puissantes tribus. Au sein même de son parti, le Congrès populaire général, les défections se font de plus en plus nombreuses à mesure que se développe la contestation.

Dans son discours devant les chefs militaires et policiers, le président Saleh a accusé l’opposition de ne pas prendre au sérieux son offre de dialogue, les sudistes de vouloir « diviser le Yémen » et les rebelles nordistes de chercher à rétablir l’imamat, le système royal aboli en 1962. Le chef de l’Etat a réuni ses chefs militaires et sécuritaires au lendemain d’une journée sanglante à Aden, qui a vu l’armée pourchasser les contestataires de nuit dans les rues de la ville, faisant au moins quatre tués, selon des sources médicales.

Ce bilan a été contesté par le ministère de la Défense à Sanaa, qui a évoqué trois morts, dont un soldat, et nié que les forces de l’ordre aient tiré sur les manifestants. Le ministère a attribué les violences à des « séparatistes ».

__________________________ 5 – RFI

Au Yémen, d’importantes tribus se joignent aux manifestants

Ce samedi matin 26 février 2011, devant un vaste rassemblement près de Sanaa, les chefs de deux des plus importantes tribus du Yémen, les Hached et les Baqil, ont décidé de se rallier au mouvement de contestation qui vise depuis des semaines le président Ali Abdallah Saleh, au pouvoir depuis 32 ans. Dans la nuit du vendredi à samedi, Aden, dans le sud du Yémen, a vécu une nuit d’émeutes. Il y a eu au moins 4 morts et 40 blessés d’après les services médicaux sur place. Les manifestants mettent en cause des éléments de la garde républicaine. Ce que démentent les forces de l’ordre. La veille, le président Saleh avait publiquement donné des instructions pour protéger les rassemblements pacifiques.

Avec notre correspondante à Sanaa, Charlotte Velut

La rue yéménite n’espérait pas de meilleur soutien. L’entrée des tribus Baqil et Hashed dans le camp des manifestants est une aubaine. Ces deux ethnies représentent près de 50% de la population du Yémen. Avec cet appui, le mouvement de contestation gagne en crédibilité. Dans le pays, ce ralliement demeure toutefois qu’une demi-surprise.

Depuis plusieurs jours, des chefs tribaux venus des quatre coins du Yémen, rejoignent en masse, le campement antigouvernement installé devant l’université de Sanaa.

De plus, une partie du clan Hashed est connue pour ses prises de position contre le régime. Son leader, le cheikh Hamid ben Abdullah Al-Ahmar est le dirigeant d’Islah, le principal parti d’opposition du pays.

Cette nouvelle isole un peu plus le président yéménite. La semaine dernière, huit parlementaires avaient décidé de quitter le parti du chef de l’Etat. Aujourd’hui le désaveu vient de sa propre famille. Ali Abdullah Saleh étant lui même issu du clan Hashed.

Dans les rues de Sanaa ce samedi, l’information était dans toutes les bouches, même les plus sceptiques commencent à douter de la capacité de Saleh à rester en place. « A partir d’aujourd’hui, ses jours sont comptés », confiait un chauffeur de taxi de la capitale.

______________ 4 – Nouvel Obs avec AP

Yémen: des chefs tribaux se joignent à la contestation

De puissants chefs tribaux ont rejoint les forces de l’opposition réclamant le départ du président yéménite Ali Abdallah Saleh, au pouvoir depuis 32 ans.

Cette défection est un coup dur pour le chef d’Etat, particulièrement parce que deux chefs qui l’abandonnent sont issus de sa propre tribu, les Hachid, la deuxième confédération tribale du Yémen.

Les deux dirigeants ont déclaré samedi dans un communiqué qu’ils soutenaient avec d’autres chefs tribaux les manifestations qui ont commencé il y a deux semaines et condamnaient la répression menée par les autorités. Hussein al-Ahmar et Mohammad Abdel Illah al-Qadi ont également précisé qu’ils avaient quitté le parti au pouvoir

___________ 3 – Le Parisien avec AFP

Yémen: quatre morts dans des manifestations à Aden depuis vendredi

Quatre personnes ont été tuées et 40 autres blessées par les tirs de la police lors de la dispersion de manifestations demandant la chute du régime vendredi après-midi et dans la nuit à Aden, grande ville du sud du Yémen, a-t-on appris samedi de sources médicales.

Un jeune manifestant de 17 ans, Mohammed Ahmed Saleh, touché vendredi après-midi par des tirs de la police est mort à l’hôpital et 30 personnes ont été blessées, selon des sources médicales.

Une source hospitalière a aussi confirmé dans la nuit les déclarations de témoins sur la mort d’un autre manifestant, qui n’a pas été identifié, lors de la dispersion d’une manifestation.

Le corps d’un autre mort, Haïl Walid, 21 ans, a été transporté à l’hôpital Naqib, et une dizaine de blessés y ont été admis, selon un responsable de l’établissement.

Enfin, une source médicale du même établissement a indiqué qu’un responsable de la compagnie d’électricité d’Aden, Salem Bachatj, avait été mortellement touché par la balle d’un tireur d’élite alors qu’il se trouvait devant sa maison.

Les victimes ont été touchées lors de la dispersion d’une manifestation tardive dans le quartier de Maalla, selon des témoins.

« Notre quartier a vécu de véritables scènes de guerre menées par des éléments de la garde républicaine (corps d’élite de l’armée yéménite) qui ont pris pour cible des jeunes innocents voulant manifester pacifiquement », a déclaré un habitant sous le couvert de l’anonymat.

Ces décès portent à 16 le nombre de morts à Aden depuis le début de la contestation le 27 janvier contre le régime du président Ali Abdallah Saleh, au pouvoir depuis 32 ans.

Deux autres personnes ont été tuées à Sanaa et une troisième à Taez, ville située au sud de la capitale.

___________ 2 – Romandie News avec AFP

Yémen: 2 nouveaux morts dans la dispersion de manifestations à Aden

Deux nouvelles personnes ont été tuées lors de la dispersion de manifestations à Aden, dans le sud du Yémen, vendredi soir, portant à trois morts le bilan des émeutes nocturnes dans cette ville, selon une source hospitalière.

Jusque tard dans la nuit, de violents affrontements ont opposé dans la principale ville du sud des milliers de manifestants réclamant la chute du régime aux forces de l’ordre qui ont tiré à balles réelles pour les disperser, selon le correspondant de l’AFP.

Trois personnes ont été tuées et 40 blessées, selon des source hospitalières. Un précédent bilan en début de soirée faisait état d’un mort et trente blessés.

Selon des témoins, les forces de sécurité ont notamment ouvert le feu sur un sit-in de protestataires rassemblés devant un hotel de la rue principale du quartier de Maalla pour réclamer le départ du président Ali Abdallah Saleh, au pouvoir depuis 32 ans.

Ce nouveau bilan porte à quinze le nombre de tués dans la seule ville d’Aden depuis le début des manifestations contre le régime le 16 février.

___________ 1 – Radio Canada avec AFP et Presse canadienne

Un mort et 30 blessés au Yémen

Des manifestants à Sanaa, capitale du Yémen, réclament la démission du président Saleh (25 février 2011)

Des affrontements avec la police ont fait un mort et 30 blessés vendredi, dans le sud du Yémen, au cours de manifestations contre le président Ali Abdallah Saleh.

Des dizaines de milliers de Yéménites ont marché dans les rues de Sanaa, Aden, Taez et Moukalla pour réclamer le « début de la fin » pour le régime en place, au pouvoir depuis 32 ans.

Le peuple veut la chute du régime! Mort et honte aux traîtres!

— Phrases scandées par les manifestants

À Sanaa, les forces de l’ordre ont tiré sur la foule pour tenter de disperser les protestataires. La police a aussi bloqué une place avoisinant le siège de la sécurité et plusieurs consulats.

Selon des témoins, des centaines de manifestants ont tenté de prendre d’assaut le poste de police du quartier de Crater, alors que des protestataires coupaient la circulation à l’aide de pneus enflammés dans d’autres quartiers.

Certains imams ont encouragé le mouvement de contestation. « C’est le devoir religieux et citoyen de tous les Yéménites de renverser ce régime », a par exemple dit l’imam Abdullah Fatir dans son sermon, accusant le président d’être « un démon » ayant ramené le Yémen « à l’âge de pierre ».

Dans la ville portuaire d’Aden, les troupes yéménites avaient installé des tanks et des véhicules blindés sur les routes menant à la ville dans une vaine tentative d’empêcher les manifestations.

Depuis le début de la révolte, fin janvier, 16 personnes sont mortes au pays.

03/03/11 (B593) Yémen Express (2/2) – des médecins déclarent que deux manifestants ont été tués dans le sud – Pillay appelle les autorités à cesser de réprimer les manifestations – Nouveau “Jour de colère” au Yémen – le président contesté limoge des chefs de régions troublées – l’ONU met en garde les autorités contre la répression – Un médecin russe enlevé dans le sud du Yémen – Saleh met en garde contre une partition en cas de chute de son régime (7 articles)

_______________ 7 – Presse canadienne avec AP

Yémen: des médecins déclarent que deux manifestants ont été tués dans le sud

Un responsable médical a déclaré mercredi que deux manifestants ont été tués par balles lors de manifestations dans le sud du Yémen contre le régime du président Ali Abdallah Saleh.

Un représentant de l’hôpital a précisé que ces personnes ont été abattues mercredi durant une manifestation dans la ville de Sadr, située dans la province de Lahaj. Il a fait ces déclarations sous le couvert de l’anonymat parce qu’il n’avait pas reçu l’autorisation de parler aux médias.

Des témoins ont raconté que les forces de sécurité ont ouvert le feu et eu recours aux gaz lacrymogènes contre des centaines de protestataires, ces derniers ripostant en incendiant trois de leurs véhicules.

Le Yémen a été le théâtre de nombreuses manifestations demandant le départ du président Saleh au cours des dernières semaines. Le chef de l’État yéménite est un allié important des États-Unis dans la guerre au terrorisme et à al Qaïda. Les principaux chefs tribaux qui appuyaient Saleh ont depuis joint le mouvement de contestation.

_____________________ 6 – Toujours en Ligne

Yémen : Pillay appelle les autorités à cesser de réprimer les manifestations

La Haut commissaire des Nations Unies aux droits de l’homme, Navi Pillay, a appelé les autorités yéménites à faire preuve de retenue et à protéger la liberté d’expression et de réunion pacifique de l’opposition qui a appelé ce mardi à une « Journée de la colère ».

« Les gens ont le droit légitime d’exprimer leurs griefs et leurs revendications à leur gouvernement », rappelle-t-elle dans un communiqué, avant de dénoncer la violence contre les manifestants lors de précédents rassemblements, qui se sont soldés par des morts et des blessés dans les rangs de l’opposition.

« Ces dernières semaines, nous avons vu maintes et maintes fois que des réponses violentes, contraires au droit international, ne font pas partir les manifestants mais ne font qu’exacerber la frustration et la colère »
, ajoute-t-elle.

Navi Pillay cite également des rapports faisant état d’attaques, d’intimidations et de harcèlements contre des journalistes locaux et internationaux couvrant les manifestations, ainsi que l’arrestation et la détention de journalistes et de défenseurs des droits de l’homme. La Haut commissaire se dit aussi « particulièrement préoccupée par des cas de disparitions forcées de militants politiques » et demande « des clarifications immédiates sur le sort des personnes récemment transférées d’Aden, à la capitale Sanaa ».

« Les autorités doivent libérer tous les individus arrêtés pour avoir manifesté pacifiquement. Tous les défenseurs des droits de l’homme et les journalistes doivent être protégés dans l’exercice de leur travail important », insiste-t-elle encore dans son communiqué.

« Ceux qui sont responsables de la sécurité publique doivent comprendre que leurs actions sont encadrées par le droit international et qu’elles peuvent être tenues personnellement responsables des violations », poursuit la responsable de l’ONU. « En règle générale, les unités de l’armée sans formation ou sans équipement pour faire face à des manifestations de rue ne doivent pas être déployées dans les villes. Et s’il n’y a pas d’alternative, elles doivent être déployées sous le contrôle étroit d’officiers qualifiés ».

Navi Pillay demande par ailleurs à l’opposition de ne pas recourir à la violence, tout en s’inquiétant d’informations indiquant « que le personnel médical se serait vu refuser l’accès à des manifestants blessés lors de rassemblements antérieurs ».

Pour conclure, la chef des droits de l’homme à l’ONU appelle « à un dialogue constructif, large et inclusif » au Yémen, « pour tracer une voie qui respecte les aspirations et les droits de l’homme du peuple ».

______________________ 5 – EuroNews

Nouveau “Jour de colère” au Yémen

Des dizaines de milliers d’opposants au Président Saleh se sont rassemblés dans plusieurs villes du pays, comme à Sanaa, la capitale.

Une journée organisée à la mémoire des 24 manifestants tués depuis le début de la contestation populaire fin janvier.

“Nous jurons que nous n’aurons pas peur. Peu importe combien ils en tuent, combien ils en jettent en prison, combien ils en torturent. Nous mourrons en martyrs et nous irons au paradis, et Ali Saleh ira en enfer. Dieu est grand. Que le Président tombe et avec lui ce régime corrompu”, craie un manifestant.

Lors d’une réunion avec des dignitaires religieux et des chefs militaires locaux, le Président yéménite a accusé l’Etat hébreu et les Etats-Unis d‘être à l’origine des troubles.

“Tout vient d’Israël qui complote pour tenter de déstabiliser le monde arabe. Ces contestataires ne sont que des exécutants et des imitateurs. La tour de contrôle est à Tel Aviv et elle est dirigée par la Maison Blanche”, a-t-il dit.

Dans le nord du pays, partisans d’Ali Saleh et opposants se sont affrontés à coups de pierres et de bâtons. Au sud, des affrontements ont opposé des séparatistes à l’armée. Au total une dizaine de personnes auraient été blessés et deux autres tuées.

______________________ 4 – AFP

Yémen: le président contesté limoge des chefs de régions troublées

De Jamal AL-JABIRI

Le président yéménite Ali Abdallah Saleh, dont le départ est demandé avec insistance par des manifestants, a limogé mardi les gouverneurs de cinq provinces qui conduisent la contestation de son régime.

M. Saleh, pourtant un allié clé des Etats-Unis dans la lutte contre Al-Qaïda, s’en est par ailleurs pris au président américain Barack Obama, accusant Israël et les Etats-Unis d’orchestrer les « révoltes » qui ont touché plusieurs pays arabes depuis la mi-janvier.

Après une journée de forte mobilisation contre le pouvoir, avec notamment une manifestation massive dans la capitale Sanaa, une source officielle a annoncé le limogeage des gouverneurs des provinces d’Aden, de Hadramout, d’Abyane et Lahaj (Sud et Sud-est) en plus de celle de Hodeïda (Ouest).

Ces cinq provinces, notamment celle d’Aden, sont le théâtre de violentes manifestations contre le régime de M. Saleh, au pouvoir depuis 32 ans.

Les personnalités limogées n’ont pas été remplacées dans l’immédiat.
Selon l’organisation de défense des droits de l’Homme Amnesty International, au moins 27 personnes ont été tuées lors des protestations commencées le 27 janvier au Yémen mais qui se sont intensifiés à partir de la mi-février.

Des dizaines de milliers de personnes ont envahi Sanaa et se sont rassemblées devant l’Université pour demander le départ de M. Saleh.

« Le peuple veut la chute du régime, le peuple veut le départ d’Ali Abdallah Saleh », ont-ils scandé, selon des correspondants de l’AFP sur place.

Des partisans du régime ont eux aussi organisé une importante manifestation, à l’appel du parti présidentiel, le Congrès populaire général (CPG).

La manifestation des opposants est la plus importante que Sanaa ait connue depuis le début de la contestation populaire contre M. Saleh.

L’influent prédicateur Abdel Majid Zendani, soupçonné par Washington de soutenir le terrorisme, y a harangué la foule, affirmant qu’il « soutenait les revendications des jeunes ».

Des leaders de l’opposition, qui a appelé à une « Journée de colère » mardi, ont pris part à la manifestation, ainsi que des chefs de tribus.

Dans le sud, au moins une vingtaine de manifestants ont été blessés dans la province de Hadramout et à Aden où l’armée s’est déployée en force, lors de la dispersion par les forces de sécurité de manifestations en soirée. Certains ont été touchés par balles, selon des sources médicales.

Des milliers de personnes ont également défilé à Lahaj, réclamant la chute du régime, selon des témoins.

M. Saleh, tout en renouvelant son engagement à « protéger les manifestants » et son appel à l’opposition pour une reprise du dialogue, a critiqué M. Obama devant la presse.

« Chaque jour, nous entendons une déclaration du président Obama; en Egypte, ne faites pas ceci, en Tunisie, ne faites pas cela (…) De quoi se mêle-t-il à Oman? De quoi se mêle-t-il en Egypte? Il est le président des Etats-Unis! », a lancé le président yéménite.

Selon lui les soulèvements « de Tunis au sultanat d’Oman (…) sont une tempête orchestrée depuis Tel-Aviv, sous la supervision de Washington.

Il y a un centre d’opérations à Tel-Aviv pour déstabiliser le monde arabe, et qui est dirigé depuis la Maison Blanche ».

La Maison Blanche a réagi en en mettant en garde M. Saleh contre toute tentative de désigner des « boucs émissaires ».

« Nous ne pensons pas que désigner des boucs émissaires constitue une réponse adéquate aux yeux des Yéménites ou d’habitants d’autres pays », a déclaré le porte-parole de M. Obama, en appelant M. Saleh à mener des réformes politiques pour répondre aux « aspirations légitimes » de son peuple.

______________________ 3 – L’Express avec AFP

Yémen: l’ONU met en garde les autorités contre la répression

La haut commissaire des Nations unies aux droits de l’homme, Navi Pillay, a mis en garde mardi les autorités yéménites contre toute « répression violente des manifestations », estimant que le peuple avait le droit d’exprimer sa « récrimination ».

Mme Pillay a appelé, dans un communiqué, le gouvernement à protéger « le droit des manifestants et des journalistes dans le respect des lois internationales ».

« La population a le droit légitime d’exprimer ses récriminations et ses demandes auprès de son gouvernement », a ajouté la responsable des droits de l’homme de l’ONU.

Une manifestation massive avait lieu mardi dans le centre de Sanaa, la capitale, à l’appel de l’opposition, pour réclamer le départ du président yéménite Ali Abdallah Saleh qui a accusé Israël et les Etats-Unis « d’orchestrer » la révolte arabe.

_______________ 2 – Romandie News avec AFP

Un médecin russe enlevé dans le sud du Yémen

Un médecin russe a été enlevé lundi par les membres d’une tribu dans le sud du Yémen, dans la province de Shabwa, en représailles à un raid aérien mené par les autorités en 2009, ont indiqué à l’AFP une source médicale et les ravisseurs.

Le médecin travaille à l’hôpital Ataq à Shabwa et a été emmené à Al-Mahfad, dans la province voisine d’Abyan, un bastion d’Al-Qaïda, a déclaré le responsable de l’hôpital Mohammed Salman à l’AFP.

M. Salman a précisé que le médecin russe l’avait contacté par téléphone.

_________________________ 1 – AFP


Le président yéménite Ali Abdallah Saleh a mis en garde lundi contre une partition du pays si son régime venait à tomber sous la pression populaire.

« Je mets en garde contre une partition (…) le Yémen sera divisé, non pas en deux parties comme dans le passé, mais en quatre parties », a déclaré le chef de l’Etat lors d’une rencontre avec l’Association des ulémas du Yémen dans une mosquée de Sanaa.

S’en prenant à ses opposants qui réclament la chute de son régime, le président yéménite a affirmé qu' »ils ne pourront pas gouverner pendant une seule semaine, j’en suis certain ».

Le régime du président Saleh, qui avait unifié le nord et le sud du pays en 1990, est contesté dans la rue depuis le 27 janvier avec des manifestations à Sanaa, Taëz, au sud de la capitale, et surtout à Aden, dans le sud du pays.

La contestation vient s’ajouter aux difficultés de ce pays pauvre et tribal: le pouvoir du président Saleh est ouvertement contesté par Al-Qaïda, bien implanté dans le Sud-Est, par les séparatistes qui veulent rétablir un Etat indépendant dans le Sud et par une rébellion de zaïdites (chiites) dans le Nord.

En outre, l’opposition parlementaire a fini par se rallier au mouvement de protestation, de même que les chefs de puissantes tribus, alors que le président Saleh comptait sur leur fidélité pour se maintenir au pouvoir.

M. Saleh s’est interrogé: « à quoi cela peut servir de se barricader dans les rues », en se demandant « qui est en train d’agiter les jeunes, de leur verser de l’argent et d’organiser leur transport en bus » vers les lieux de manifestations.

A Sanaa, les étudiants ont poursuivi lundi devant l’université leur sit-in qu’ils ont juré de maintenir jusqu’à « la chute du régime ». Des manifestants campent également à Taëz, au sud de la capitale, depuis plus de deux semaines sur une place.

Les manifestations se sont poursuivies lundi dans le reste du pays.

Dans la province du Hadramout (sud), la police a dispersé à coups de grenades lacrymogènes et de matraques une manifestation de milliers de lycéens dans la ville de Seyoun, selon des témoins.

Deux manifestants ont été blessés lorsqu’une voiture circulant à toute vitesse a tenté de les écraser, selon ces témoins.

Des centaines de personnes ont également défilé comme chaque soir dans les différents quartiers d’Aden, la grande ville du Sud, réclamant la chute du régime, selon le correspondant de l’AFP.

Dans la ville d’Amran (nord), deux personnes ont été blessées lors d’affrontements entre des manifestants et des partisans du régime, selon des témoins.

Par ailleurs, 13 députés yéménites, dont l’un du Congrès Populaire Général (CPG) au pouvoir, ont « gelé leur participation au Parlement », pour protester contre l’usage de la force contre les manifestants et le « silence du Parlement » à ce sujet.

Ils ont précisé, dans un communiqué, que le gel de leur participation durerait jusqu’à ce que « les responsables des morts soient présentés devant la justice ».

Onze députés du parti du Congrès Populaire Général avaient déjà présenté leur démission la semaine dernière pour protester contre la répression des manifestations au Yémen.

Selon Amnesty International, au moins 11 personnes ont été tuées vendredi, et 27 au total depuis le 16 février.