30/03/11 (B597) Yémen Express – 150 morts dans l’explosion d’une usine de munitions – le parti au pouvoir propose la formation d’un nouveau gouvernement – 40 morts dans l’explosion d’une usine de munitions dans le sud – Arrêt des pourparlers sur un transfert du pouvoir au Yémen – Saleh s’accroche – le président retire son offre de départ – fin des négociations – Al-Qaida s’empare d’une ville dans le sud du Yémen – Washington hostile au général rival de Saleh (7 articles)

_________________ 7 – EuroNews

Yémen : 150 morts dans l’explosion d’une usine de munitions

Le bilan de l’explosion d’une usine de munitions ce lundi au Yémen s’est encore alourdi. Au total, la catastrophe a tué 150 personnes et fait plus de 80 blessés. Les victimes sont des civils qui ont pénétré dans l’usine pour tenter de récupérer des armes et des munitions. Située près de la ville de Jaar dans le sud du pays, cet unité de production militaire avait été attaquée et pillée la veille par un commando d’Al-Qaïda. Une trentaine d’hommes étaient repartis chargés de caisses de munitions.

Les circonstances de l’explosion restent inconnues.

Un responsable local a accusé Al-Qaïda d’avoir attiré les civils dans un “piège”.

_________________ 6 – Quotidien du Peuple (Chine) avec XINHUA

Yémen : le parti au pouvoir propose la formation d’un nouveau gouvernement

Le parti au pouvoir au Yémen, le Congrès populaire général (CPG), a proposé dimanche la formation d’une nouveau gouvernement et l’élaboration d’une nouvelle Constitution en prélude à un passage vers un système parlementaire basé sur les initiatives de réformes avancées par le président Ali Abdullah Saleh, rapporte l’agence de presse officielle yéménite Saba.

"Les membres du comité permanent du parti au pouvoir ont souligné l’importance d’accélérer le processus de former un nouveau gouvernement chargé d’élaborer une nouvelle Constitution conformément à l’initiative de réforme du président Saleh et à l’accord de février", selon une déclaration du CPG.

Ils ont aussi souligné la nécessité de mettre en oeuvre "toutes les initiatives de réforme du président Saleh, même si les partis de l’opposition continuent à maintenir leur position intransigeante, ajoutant que les réformes politiques et électorales font des priorités visant à mettre fin aux troubles dans le pays.

Dans la déclaration, le CPG a aussi affirmé que Saleh resterait à son poste de président de la République jusqu’en 2013 où son mandat doit expirer. Le parti au pouvoir a appelé l’opposition à reprendre le dialogue.

La déclaration a été rendue publique à la suite d’une réunion entre les responsables du CPG et le président Saleh dimanche, pendant laquelle ils ont discuté de la crise politique en cours dans le pays.

Depuis la mi-févier, le Yémen a été secoué par des vagues de manifestations réclamant la démission immédiate du président Saleh.

L’opposition n’a fait aucun commentaire sur la déclaration du CPG, mais le haut responsable de l’armée, le général Ali Muhsn al- Ahmar, demi-frère de Saleh, qui s’était rallié aux manifestants antigouvernementaux, a juré dimanche, dans une déclaration lue lors d’un rassemblement à l’Université de Sanaa, de renverser le régime de Saleh.

________________________ 7 – Le Parisien

Yémen: 40 morts dans l’explosion d’une usine de munitions dans le sud

Au moins 40 personnes ont été tuées et 90 autres, blessées, dont des enfants, dans l’explosion lundi dans une usine de munitions dans le sud du Yémen qui a été pillée par des éléments d’Al-Qaïda, a annoncé à l’AFP un responsable de l’administration locale.

Au moins 40 personnes ont été tuées et 90 autres, blessées, dont des enfants, dans l’explosion lundi dans une usine de munitions dans le sud du Yémen qui a été pillée par des éléments d’Al-Qaïda, a annoncé à l’AFP un responsable de l’administration locale.

"Il y a eu au moins 40 morts et 90 blessés, dont des enfants", a indiqué Mohsen Salem Saïd, membre du Conseil de la localité de Khanfar, dont dépend administrativement l’usine, et qui se trouve dans la province d’Abyane.

Les victimes sont des civils qui sont entrés lundi dans l’usine pour tenter de récupérer des armes ou des munitions au lendemain d’une opération commando d’éléments d’Al-Qaïda qui ont attaqué cette unité de production militaire et emporté des caisses de munitions.

Le commando d’une trentaine de personnes cagoulées a chargé ces caisses à bord de quatre camionnettes avant de quitter les lieux sans être inquiété.

Les circonstances de l’explosion du lundi n’étaient pas encore éclaircies et le bilan des victimes pourrait s’alourdir car la recherche des tués et des blessés continue sur place.

________________________ 6 – L’Express avec Reuters

Arrêt des pourparlers sur un transfert du pouvoir au Yémen

Cynthia Johnston et Mohamed Soudam,
Eric Faye pour le service français

Les tractations visant à sortir le Yémen de sa crise politique ont été interrompues dimanche, sans qu’aucune date de reprise ne soit donnée, ont déclaré des personnalités de l’opposition.

Dans le sud du pays, des affrontements ont été signalés en plusieurs endroits entre des militaires et des activistes, notamment dans une grande ville qui échapperait désormais au contrôle du régime.

Le président Ali Abdallah Saleh, qui souffle le chaud et le froid depuis plusieurs jours, a juré de ne plus faire aucune concession à l’opposition, qui manifeste depuis janvier pour obtenir sa démission après 32 ans de pouvoir autoritaire.

Signe cependant que les efforts pour aboutir à un transfert du pouvoir ne sont peut-être pas totalement terminés, une commission de la direction du parti au pouvoir a recommandé la formation d’un nouveau gouvernement, qui serait chargé de rédiger une nouvelle Constitution sur la base du parlementarisme.

"Hier soir, elles (les tractations) ont pris fin", a déclaré un collaborateur général Ali Mohsen, qui a pris fait et cause pour les manifestants. Prié de dire s’il pensait qu’elles allaient reprendre, il a répondu par la négative.

Un porte-parole de la principale coalition d’opposition a lui aussi signifié que les discussions avaient pris fin, ce qui, si la situation de blocage persiste, réveillerait les craintes d’affrontements entre unités rivales de l’armée.

Saleh avait déclaré au cours du week-end qu’il était prêt à un départ dans la dignité mais il ajoutait que les partis de l’opposition prenaient en otages les manifestants pour obtenir sa démission sans organiser une transition démocratique.

Dans le port de Moukalla, dans l’est du Yémen, une foule de manifestants en colère a incendié les bureaux d’une banque, à la suite de l’attaque d’un cortège funèbre par les forces de sécurité, ont rapporté des habitants. Ce cortège portait en terre un homme tué lors d’une manifestation.

Dans une ville du sud du pays, Djaar, des affrontements ont eu lieu entre des activistes et des militaires. L’armée a tenté de déloger une coalition d’islamistes de cette ville de la province d’Abyan, où les religieux avaient pris le contrôle de plusieurs bâtiments samedi.

Un soldat a été tué dimanche et des avions de l’armée de l’air ont effectué des survols de cette ville de plusieurs centaines de milliers d’habitants.

Selon des habitants, les activistes semblent avoir pris le contrôle de la localité et l’armée s’est retirée vers la capitale de la province d’Abyan, Zindjibar. Dans cette ville-là, les mesures de sécurité ont été renforcées à la suite du tir de roquettes par des activistes contre des bâtiments officiels.

Cinq soldats ont été tués par ailleurs samedi dans une embuscade à Lowdar, également dans la province d’Abyan. Les autorités ont imputé cette attaque à des éléments d’Al Qaïda.

________________________ 5 – Libération

Au Yémen, Saleh s’accroche

Révolte . «Prêt à transférer le pouvoir», le Président reste pourtant en place.

Par BENOÎT PRINGUET


Alors que le mouvement de contestation dure depuis bientôt presque deux mois au Yémen, le président Ali Abdallah Saleh, au pouvoir depuis trente-deux ans, continue à souffler le chaud et le froid mais ne semble pas être prêt à quitter le pouvoir. Vendredi, alors que des centaines de milliers de manifestants réunis à l’université de Sanaa demandaient sa démission, Saleh a donné un discours sur la place Saba’in, devant des milliers de personnes venues le soutenir.

Il a appelé à «la stabilité et la sécurité au Yémen» et a annoncé qu’il serait prêt à «transférer le pouvoir de façon pacifique à des mains sûres et capables». Mais il a ensuite ajouté qu’il «se tiendra[it] ferme en face de ceux qui souhaitent [l’]écarter du pouvoir», en décrivant les manifestants comme «des fauteurs de troubles, des conspirateurs et des dealers de drogue».

Ces derniers jours, les rumeurs se sont multipliées. Dans une interview donnée à la chaîne saoudienne Al-Arabiya samedi, Saleh a toutefois admis avoir rencontré, en présence du vice-président, des membres du JMP, la principale coalition d’opposition, et des officiels américains afin de déterminer les termes d’un accord pour une transition.

Mais il semblerait qu’il ait entre-temps changé d’avis. Dans son interview, il ne semblait absolument pas prêt à partir, rejetant la responsabilité de la crise sur l’opposition, qui «refuse toute offre qu’on peut leur faire».

Saleh s’est montré sûr de lui en annonçant que, «si les manifestants arrivent à rassembler 20 000 personnes», il a mobilisé «une marche de quasiment 3 millions», un nombre jugé invraisemblable par tous les observateurs – sans oublier que la population de Sanaa ne dépasse pas les 2 millions. Saleh a aussi agité la menace islamiste en déclarant que les manifestants faisaient «tous partie des Frères musulmans».

«Pas très éduqué». «Diviser pour mieux régner» a toujours été une devise suivie à la lettre par le président Saleh depuis son accession au pouvoir en 1978. Ses deux prédécesseurs ayant été assassinés, un analyste du renseignement américain, cité dans le Washington Post, prévoyait en 1979 qu’il ne resterait au pouvoir que quelques mois.

Issu de la faible tribu Sanhan, au sein de la confédération Hashed, Saleh n’était qu’un simple caporal de l’armée. Grâce à ses relations, il s’est fait nommer gouverneur militaire de Taiz en 1977 avant de devenir Président.

L’Arabie Saoudite a ensuite soutenu Saleh, «parce qu’il était faible et pas très éduqué, afin de pouvoir garder plus facilement son influence sur le nord du pays», explique Mohammed Abdulmalek al-Mutawakel, professeur de sciences politiques à l’université de Sanaa. Ce soutien saoudien n’a jamais cessé, et le royaume continue de s’ingérer dans les affaires internes du Yémen.

En plus de nommer son entourage aux postes clés de l’armée et de la sécurité, Saleh a mis en place un système de patronage avec lequel il s’assurait le soutien des tribus grâce à de l’argent, mais aussi par des postes offerts dans l’administration.

Les revenus tirés du pétrole dans le nord et l’est du pays ont ainsi servi à financer ce système et à assurer les arrières du président. «Saleh a aussi toujours favorisé les conflits entre les tribus pour les affaiblir», détaille un expert des questions tribales au Yémen. C’est en jouant avec les rivalités de ses opposants qu’il a réussi à se maintenir au pouvoir si longtemps. Selon lui, diriger le Yémen «est comme danser sur la tête de serpents»,une activité dans laquelle il est devenu un expert.

Aide militaire. Utilisant extrémistes, tribus et mercenaires durant les années 90 pour mater les dernières velléités communistes dans le Sud, ou plus récemment dans le Nord, Saleh a toujours su comment utiliser ses propres ennemis à son avantage.

Ces dix dernières années, Saleh est devenu un partenaire des Etats-Unis dans la lutte contre le terrorisme.

Alors que l’administration Obama le considère comme un allié essentiel, nombreux sont ceux qui lui reprochent d’utiliser la menace extrémiste uniquement pour continuer à recevoir une aide militaire américaine, estimée à plusieurs centaines de millions de dollars chaque année.

Inquiets de la menace d’Al-Qaeda, les Etats-Unis continuent toujours de soutenir Saleh. Bien qu’il ne faille pas sous-estimer les ressources du Président, qui tentera tout ce qu’il peut pour rester plus longtemps au pouvoir, il semblerait pourtant que le système sur lequel repose le pouvoir de Saleh se fissure petit à petit.

________________________ 4 – Métro (Canada) avec AP

Yémen: le président retire son offre de départ

Le président du Yémen, qui s’accroche au pouvoir en dépit des protestations populaires qui durent depuis des semaines, a retiré son offre de démissionner d’ici la fin de l’année, dimanche.

Les opposants au régime du président Ali Abdullah Saleh, un groupe constitué d’étudiants, d’anciens militaires, de politiciens et de membres de la tribu même de M. Saleh, avaient immédiatement rejeté sa proposition, la semaine dernière.

Le retrait formel de son offre par le président Saleh démontre que la tentative d’arriver à un transfert du pouvoir pour remédier à la crise a échoué. Cette annonce survient alors que des militants islamistes ont profité de la faible sécurité pour prendre le contrôle d’une autre ville, au sud du pays.

Ils ont déjà pris possession d’un petit dépôt d’armes, ont occupé une montagne à la localisation stratégique en plus de prendre le contrôle d’une ville de la province d’Abyan, selon un témoin et des représentants des forces de l’ordre.

La veille, des militants soupçonnés d’appartenir à la branche yéménite du réseau al-Qaïda s’étaient introduits dans une autre petite ville, dans la région de Jaar.

Dans les deux cas, les militants ont pris le contrôle des villes sans grandes difficultés, alors que les policiers les avaient désertées il y a quelques semaines devant le soulèvement des manifestants anti-gouvernement.

Le président Saleh est un allié majeur des États-Unis dans la lutte contre al-Qaïda, et son départ possible inquiète Washington. Des diplomates américains avaient tenté en vain, la semaine dernière, de faire accélérer les négociations pour mettre en oeuvre le transfert du pouvoir.

________________________ 3 – Le Figaro avec AFP

Yémen/transition: fin des négociations

Les négociations sur une transition de pouvoir au Yémen ont été interrompues et ne devraient pas reprendre dans l’immédiat, a déclaré dimanche un collaborateur du général Ali Mohsen, qui s’est rangé dans le camp des opposants au président Ali Abdallah Saleh.

"Hier soir, ils ont arrêté", a dit ce collaborateur. Prié de dire s’il s’attendait à une reprise des discussions, il a répondu: "Pour le moment, absolument pas". Un porte-parole de la principale coalition d’opposition yéménite a aussi dit que les discussions étaient interrompues.

Confronté depuis janvier à une vague de contestation inspirée des révolutions tunisienne et égyptienne, le président Ali Abdallah Saleh, au pouvoir depuis 32 ans, s’est dit prêt samedi à quitter le pouvoir "dignement".

________________________ 2 – Le Monde avec Reuters

Al-Qaida s’empare d’une ville dans le sud du Yémen

Le Yémen est en proie à une protestation gouvernementale depuis plusieurs semaines.

Alors que le pays est secoué depuis plusieurs semaines par une vague de protestation anti-gouvernementale, les négociations sur une transition de pouvoir au Yémen ont été interrompues et ne devraient pas reprendre dans l’immédiat, a déclaré dimanche 27 mars un collaborateur du général Ali Mohsen, qui s’est rangé dans le camp des opposants au président Ali Abdallah Saleh. Prié de dire s’il s’attendait à une reprise des discussions, il a répondu : "Pour le moment, absolument pas".

__________________________ 1 – Nouvel Obs avec AFP

Yémen : Washington hostile au général rival de Saleh

Dans des documents datant de 2005 et révélés par Wikileaks, les Etats-Unis s’inquiètent de la proximité d’Ali Mohsen al-Ahmar avec les terroristes et les marchands d’armes.

Les Etats-Unis se demandaient dès 2005 qui pourrait succéder au président yéménite Ali Abdallah Saleh, affirment des câbles diplomatiques révélés par WikiLeaks. Washington aurait évoqué le puissant général Ali Mohsen al-Ahmar qui s’est rallié à la contestation.

Dans un télégramme daté du 17 septembre 2005, un ambassadeur américain estime ainsi que "dans le cas du décès ou de la retraite de Saleh avant 2013, son successeur serait presque certainement un officier et probablement un membre des Sanhan", la tribu du chef de l’Etat.

"Le deuxième homme le plus puissant dans le pays"

"Le fils de M. Saleh, Ahmed, est le choix le plus évident, mais il y a beaucoup de doutes sur sa capacité" à assumer un tel poste, ajoute le télégramme, mis en ligne récemment sur le site de WikiLeaks.

L’ambassadeur de l’époque souligne par ailleurs que le général Ali Mohsen al-Ahmar "est généralement perçu comme le deuxième homme le plus puissant dans le pays", le qualifiant de "poigne de fer" du président en tant que commandant de la région nord-est et de la première division blindée.

Une "manière controversée de traiter avec les terroristes"

Le télégramme diplomatique indique aussi qu’une candidature du général Ahmar ne serait pas "bien accueillie par les Etats-Unis et d’autres au sein de la communauté internationale", en raison de "sa manière controversée de traiter avec les terroristes est les extrémistes".

"Il est considéré comme étant derrière la formation de l’armée d’Aden-Ayan", une organisation extrémiste dans le sud du Yémen qui avait mené des actes de violence. Mais aussi "d’être un proche associé d’un marchand d’armes notoire, Fares Mannaa", rapporte le câble diplomatique.

La défection du général Ahmar, qui avait annoncé le 21 mars rejoindre la contestation contre le président Saleh, a porté un coup dur au chef de l’Etat, au pouvoir depuis 32 ans.

27/03/11 (B597) Yémen Express – « Le départ de Saleh est inéluctable » – Le président du Yémen consulte les cadres de son parti – Le départ du président Saleh évoqué – Les discussions entre le pouvoir et la rue au Yémen sont au point mort – Quel futur pour le Yémen ? – intenses médiations en vue du départ de Saleh – le président Saleh résiste, partisans et opposants manifestent massivement – Emirats: la police a déjoué l’envoi de 16.000 pistolets au Yémen – Saleh durcit le ton à la veille de nouvelles manifestations – l’opposition demande le départ immédiat du président Saleh

_____________________ 10 – Nouvel Obs

« Le départ de Saleh est inéluctable »

Interview de Franck Mermier, anthropologue spécialiste du Yémen au CNRS, par Laura Thouny

Les propos du dirigeant yéménite, qui se dit prêt à quitter le pouvoir, sont peu fiables, avance Franck Mermier, chercheur au CNRS. Mais sa chute semble inévitable.

Une fragmentation du pays est évitable si le nouveau régime met en place la décentralisation, explique Franck Mermier. (AFP)

Le président yéménite Ali Abdallah Saleh s’est dit ce week-end prêt à quitter le pouvoir. Quel crédit peut-on accorder à ces déclarations ?

Défection en série d’officiers yéménites

Le président yéménite est actuellement en pourparlers avec l’opposition, notamment par l’intermédiaire de son vice-président, pour trouver une issue à la crise. Le problème est qu’il a par le passé souvent fait des promesses qu’il n’a pas tenues. En 1994 par exemple, il a signé une charte avec l’opposition qu’il n’a jamais respectée.

Il y a désormais une méfiance de la part de l’opposition parlementaire vis-à-vis de ce comportement manœuvrier du président. Et cette méfiance pousse Saleh dans ses derniers retranchements : c’est la première fois qu’il parle de renoncer au pouvoir, alors qu’en décembre il voulait simplement changer de constitution.

Son départ est-il inéluctable ?

Il semble qu’il soit inéluctable, c’est une question de semaines ou de mois. Le ralliement contre lui d’une partie de l’armée, d’une portion des tribus, des jeunes, doublé d’une alliance entre l’opposition parlementaire et les séparatistes du sud a complètement changé le rapport de force. Saleh ne peut plus compter que sur une fraction seulement de son parti, qui a lui aussi subi des défections, et sur les forces de sécurité contrôlées par ses fils et neveux. Sa base sociale et politique s’est fortement rétrécie.

Les services de sécurité du président ont affirmé qu’Al-Qaïda avait attaqué des militaires samedi. Quelle est la part de communication dans de telles affirmations ?

Cela survient vraiment au bon moment pour le pouvoir. Tous les régimes arabes ont eu recours (pendant les mouvements de protestation, ndlr) à la menace de l’islamisme comme alternative désastreuse, ou bien à la menace d’Al-Quaïda. On ne peut pas nier la présence d’Al-Qaïda au Yémen, mais il est très difficile de savoir ce qui relève de la propagande de ce qui relève d’actions véritables d’Al-Quaïda.

Il faut prendre ces déclarations avec beaucoup de précautions, car le soutien occidental au régime est basé sur le rôle de ce dernier comme rempart contre Aqmi, les autorités yéménites jouent donc là-dessus.

Si Saleh quitte le pouvoir, quelle sera la transition ?

Le scénario de transition le plus probable serait la mise en place d’un conseil national de transition. Une idée déjà avancée par l’opposition parlementaire. Cette dernière voudra certainement apporter dans les mois à venir des amendements à la constitution pour passer d’un régime présidentiel à un régime parlementaire. Il ne faut pas oublier que le régime yéménite est un régime pluripartiste : il n’y aura donc pas de vide institutionnel.

Il y a aussi une tradition très forte de négociation entre les différentes forces politiques : on voit bien que l’opposition est en contact avec de nombreux responsables et anciens responsables du parti du président. Ces différentes forces pourront très bien, dans les mois qui suivront le départ de Saleh, mettre en place une formule de transition en attendant les prochaines élections législatives, parlementaires et présidentielles.

Le pays pourra-t-il éviter la fragmentation ?

C’est très difficile à dire. Le mouvement sudiste (qui réclame une plus grande autonomie des régions du sud, ndlr) est important, et il a été rejoint par une partie des tribus de la région. Il y a également une rébellion zaydiste au nord du Yémen.

On a donc des menaces qui pèsent sur l’unité du pays. Mais ces dernières peuvent être résolues si le nouveau régime va jusqu’au bout des promesses de décentralisation faites par le président Saleh, promesses qui n’ont pas été tenues. Il sera peut-être possible dans ce cas de contenir cette menace de fragmentation. Le fait qu’il y ait eu des négociations entre opposition et mouvements sudistes constitue un aspect positif, mais il n’est pas certain que ça se fasse.

_____________________ 9 – L’Express avec Reuters

Le président du Yémen consulte les cadres de son parti

Eric Faye et Jean-Philippe Lefief pour le service français

Le président yéménite Ali Abdallah Saleh , qui s’est dit prêt la veille à quitter le pouvoir « dignement », doit informer dimanche les dirigeants de son parti de ses discussions avec l’opposition.

Le chef de l’Etat, au pouvoir depuis 32 ans, fait face depuis janvier à une vague de contestation inspirée des révolutions tunisienne et égyptienne.

Dans un entretien diffusé samedi par la chaîne de télévision Al Arabia, il n’a pas exclu de renoncer à ses fonctions à très court terme, tout en démenant l’imminence d’un accord avec ses opposants, qui ont, selon lui, revu leurs exigences à la hausse.

« Je pourrais quitter le pouvoir (…) même dans quelques heures, à condition que ma dignité et mon prestige soient préservés », a déclaré Ali Abdallah Saleh, précisant qu’il conserverait son poste à la tête du Congrès général du peuple (CGP) actuellement au pouvoir.

« Je dois conduire le pays vers des rivages sûrs (…) Je suis resté au pouvoir afin d’opérer une transition pacifique (…) Je ne cherche pas à partir m’installer à Djeddah ou à Paris », a-t-il ajouté.

Des discussions sont en cours via deux canaux pour mettre la dernière main à un accord de transfert du pouvoir.

Yassine Noman, chef de file de l’opposition, a toutefois fait état de profondes divergences avec Sanaa, ajoutant que, s’il y avait bien eu des contacts, il ne les considérait pas comme des négociations.

Selon le ministre des Affaires étrangères, Aboubakr al Kirbi, les discussions portent, entre autres, sur le calendrier de la transition. « Je pense que le calendrier est négociable. Il ne devrait pas être un obstacle à la conclusion d’un accord », a-t-il commenté.

Le président a confirmé que des discussions avaient eu lieu au cours des dernières 48 heures. « Il y a eu une rencontre hier et une autre avant-hier pour discuter des moyens de mettre fin à la crise », a-t-il précisé samedi.

L’ambassadeur des Etats-Unis à Sanaa était présent lors de ces discussions, a ajouté Saleh, qui a souhaité une médiation saoudienne ou de pays du Golfe.

De sources politiques, on indique que l’un des principaux points de friction concerne son immunité judiciaire et celle de ses proches.

Allié des Occidentaux dans la lutte contre Al Qaïda, le chef de l’Etat fait l’objet de pressions croissantes depuis que des tireurs embusqués ont tué 52 manifestants, le 18 mars, lors d’une journée de protestation dans la capitale.

Plusieurs généraux, des diplomates et des chefs de tribu ont depuis apporté leur soutien à ses opposants.

________________________ 8 – JDD

Yémen: Le départ du président Saleh évoqué

Selon la chaîne de télévision Al Arabiya samedi, le président yéménite Ali Abdallah Saleh serait prêt à quitter le pouvoir « dignement ». Ces dernières heures, le dirigeant paraissait s’accrocher au pouvoir, malgré une situation de plus en plus instable et une contestation qui gagne en ampleur depuis des semaines.

Ali Abdallah Saleh ne sera-t-il bientôt plus qu’un souvenir pour les Yéménites?

Des informations rapportées samedi par la chaîne Al Arabiya le laissent penser. Le président du Yémen, au pouvoir depuis 32 ans, a déclaré samedi avoir l’intention de quitter le « pouvoir dignement ». S’il a démenti l’hypothèse d’une démission imminente, le leader autoritaire paraît de moins en moins susceptible de conserver le pouvoir. Dans la journée, le ministre des Affaires étrangères Aboubaker al Kirbi avait affirmé qu’un accord sur une transition pacifique, qui reprendrait l’offre du président Saleh de démissionner dès la fin de l’année, aurait pu intervenir dès ce samedi.

Une marge de manoeuvre réduite

L’opposition, toutefois, ne veut pas être dupe. Le chef de la coalition, Yassin Noman, estime qu’entre le pouvoir et les opposants, « il y a encore un grand fossé », a-t-il déclaré. « Je pense qu’il (Saleh) est en train de manoeuvrer. » Mais les marges dont dispose le président pour le faire sont de plus en plus réduites. La colère s’accumule, depuis que des snipers, partisans d’Ali Abdallah Saleh, ont tué plus de 50 manifestants le 18 mars dernier lors d’une manifestation. Alain Juppé a estimé la semaine dernière que son départ était « incontournable ». Washington, pour qui le Yémen est pourtant un allié précieux face à Al-Qaïda, a plusieurs fois condamné les violences.

En outre, le pouvoir du président Saleh ne peut plus vraiment compter sur ses soutiens tribaux, qu’il arme et finance pour se maintenir. Les violences divisent au sein même des tribus et la base ne suit plus les sheiks proches du gouvernement. Devant en outre faire face à une rébellion au Nord, des sécessionnistes au Sud et des djihadistes saoudiens à l’Est, Ali Abdallah Saleh est acculé.

________________________ 7 – AP

Les discussions entre le pouvoir et la rue au Yémen sont au point mort

Un porte-parole du président contesté du Yémen, Ali Abdullah Saleh, a déclaré que les négociations avec l’opposition n’avaient pas progressé vers la signature d’une entente concernant l’éventuelle démission du président.

Ahmed al-Sufi a indiqué que le vice-président et conseiller de M. Saleh avait rencontré samedi l’ambassadeur américain et des chefs tribaux et militaires qui ont fait défection en faveur de l’opposition.

M. Al-Sufi a ajouté que le parti au pouvoir voulait discuter d’une transition, mais que l’opposition avait demandé le départ immédiat du président, une condition qu’il a qualifiée d’inacceptable.

Le président Saleh a répondu à des semaines de manifestations réclamant son départ par la violence et à promis de quitter le pouvoir, mais seulement de façon «honorable». L’opposition l’accuse de gagner du temps.

L’ambassade américaine a refusé de commenter.


________________________ 6 – Slate .fr

Quel futur pour le Yémen ?

Ali Adbullah Saleh, président du Yémen, est sans doute sur le départ. Il laisserait un pays instable et en conflit.

L’AUTEUR !
Daniel Byman Daniel Byman est le directeur du Centre d’Etudes de la Paix et de la Sécurité à l’université américaine de Georgetown et chercheur au Centre Saban de Politique du Moyen-Orient à la Brookings Institution de Washington. Son prochain livre s’intitule Les triomphes et les échecs du contre-terrorisme israélien: le prix à payer.


Le double jeu du Yémen

Tandis que les missiles américains s’abattent sur la Libye, que l’armée saoudienne mate les manifestations à Bahreïn et que l’Egypte tient son premier référendum libre, les changements dramatiques —et peut-être cataclysmiques— qui se profilent au Yémen passent à la trappe. Le président Ali Abdullah Saleh, qui règne comme il peut sur l’ingouvernable Yémen depuis 1978, pourrait bien subir le même sort que l’Égyptien Hosni Moubarak et que le Tunisien Zine El Abidine Ben Ali. Mais dans sa chute, le Yémen pourrait devenir plus instable encore, plonger dans le chaos et peut-être même la guerre civile, accroissant le risque d’émergence du terrorisme.

Trois conflits pour le Yémen

Avant que la dernière vague de révolutions ne secoue le monde arabe, trois conflits déchiraient le Yémen.


Tout d’abord, dans le nord du Yémen, près de la frontière saoudienne, les rebelles Houthis défient depuis longtemps le régime, dénonçant les abus et les mesures discriminatoires du gouvernement.


De nombreux Yéménites du sud, écœurés par les discriminations et l’exclusion du pouvoir, qui ont suivi la réunification du Nord et du Sud-Yémen en 1990, s’opposent également au régime d’Ali Abdullah Saleh.


Le troisième conflit —le plus important aux yeux de Washington, mais le moindre aux yeux de Sanaa­— est celui entraîné par les attaques effectuées dans la péninsule arabique, par un sous-groupe affilié à al-Qaida. L’Aqap (al-Qaida in the Arabian Peninsula) s’est attaqué à des cibles policières et gouvernementales au Yémen et en Arabie saoudite. Il a également orchestré deux attaques, qui ont échoué de peu, contre des cibles états-uniennes: la tentative d’attentat contre le vol 253 de la Northwest Airlines le jour de Noël 2009 alors qu’il arrivait à Detroit, et une autre tentative, en 2010, avec deux bombes placées dans des avions cargos à destination des Etats-Unis. Anouar al Aulaqi, un chef de l’Aqap, est basé au Yémen. Pourvu de la double nationalité américaine et yéménite, al-Aulaqi a inspiré par ses sermons Nidal Hasan, le tireur de Fort Hood.

L’Aqap assure au Yémen une assistance américaine

Washington pousse de plus en plus le gouvernement yéménite à se montrer agressif à l’égard de l’Aqap, mais Saleh considère, avec raison, que les Houthis et les Yéménites du sud constituent une menace plus grande pour son régime. L’Aqap a tué des dizaines de Yéménites, mais dans un pays agité par la violence, de tels chiffres n’ont guère d’impact. De manière plus cynique encore, la présence de l’Aqap entraîne une assistance massive, financière et militaire des Américains: le gouvernement yéménite n’a donc pas beaucoup d’intérêt à remporter des victoires trop écrasantes contre l’Aqap. En fait, à certains moments, Ali Abdullah Saleh a travaillé avec des groupes jihadistes liés à al-Qaida dans sa lutte contre les sudistes et d’autres ennemis intérieurs.

Ces trois révoltes minent le gouvernement régulièrement dépassé d’Ali Abdullah Saleh, déjà mis à rude épreuve par une stagnation économique, un accès de plus en plus difficile à l’eau potable et par l’accroissement constant de sa population. Comme tous les dictateurs, Saleh s’appuie sur ses forces armées pour s’accrocher au pouvoir. Mais ses forces étant en mauvais état et les tribus du Yémen étant bien armées, Ali Abdullah Saleh a pris pour habitude d’utiliser ses rivaux les uns contre les autres et de coopter toute figure potentielle de l’opposition. La nature tribale de la société yéménite l’a aidé dans cette optique, car les tribus ne coopèrent que rarement entre elles et que les différentes lignées au sein même des tribus sont souvent rivales.

L’opposition s’accorde pour demander le départ d’Ali Abdullah Saleh

Aujourd’hui, les fondements du régime du président yéménite s’effondrent. Une nouvelle force —les manifestants inspirés par la chute de Moubarak et de Ben Ali— est apparue pour demander le départ d’Ali Abdullah Saleh. Les soldats et la police yéménites ont tiré sur les manifestants, mais ne sont pas parvenus à les intimider, tandis que l’offre d’Alu Abdullah Saleh de quitter le pouvoir à l’issue de son actuel mandat et le renvoi de son gouvernement a été considérée comme un signe trop faible et trop tardif.

L’opposition, fractionnée, s’est accordée, pour l’instant du moins, pour exiger le départ d’Ali Abdullah Saleh. Des chefs tribaux de premier plan, anciens soutiens d’Ali Abdullah Saleh, se sont unis pour demander sa démission. L’ancien ami et fidèle du président, le général Ali Mohsen al Ahmar a apporté son soutien aux manifestants. Les unités de l’armée demeurées loyales envers Ahmar protègent à présent les manifestants contre celles qui soutiennent encore Ali Abdullah Saleh.

Peu de probabilité qu’un candidat de consensus émerge

Si Ali Abdullah Saleh devait tomber, les perspectives de stabilité au sein du Yémen s’amenuiseraient encore. Il est possible que le général Ahamar ou qu’un autre personnage remplace Saleh comme nouveau dictateur, en s’appuyant sur le pouvoir des tribus et de l’armée pour tirer les marrons du feu, augmentant peut-être ainsi la légitimité du gouvernement yéménite. Mais il est plus probable qu’un candidat de consensus n’émergera pas, et que s’il émerge, il sera dans une situation plus périlleuse encore que ne l’est Ali Abdullah Saleh aujourd’hui.

Les Houthis et les sudistes considéreront la chute d’Ali Abdullah Saleh comme une opportunité de grappiller davantage de pouvoir et d’influence, ce qui risque d’exaspérer les chefs de l’armée les plus nationalistes. Les manifestants, plutôt favorables à la démocratie, se tourneront vers tout chef qui ne sera pas un autre Ali Abdullah Saleh, mais quelqu’un de plus ouvert à un système politique fiable. Les chefs tribaux yéménites, toujours prompts à exploiter le vide, voudront accroître leur influence.

Une instabilité accrue par la gestion décentralisée du Yémen et la proximité avec l’Arabie saoudite

Aujourd’hui, la majorité du Yémen n’est que très peu —voire pas du tout— gouvernée par le gouvernement central et le déclin programmé de son influence au profit des chefs de guerre et de tribus ne constituera donc pas un changement majeur. Mais il rendra le Yémen plus facilement sujet à des changements de régimes et à une instabilité accrue, lorsque le système d’alliance et de protection de Saleh s’effondrera, ne demandant qu’à être ramassé.

L’Arabie saoudite pourrait encore accroître l’instabilité. Riyad considère le Yémen comme son pré carré et craint que son instabilité ne s’étende au nord. L’Arabie saoudite a souvent tenté de (et échoué à) placer ses candidats sur le trône yéménite. Si un nouveau dirigeant yéménite venait à s’éloigner de la ligne prônée par Riyad, comme Salah l’a fait, l’Arabie saoudite pourrait bien soutenir ses adversaires.

Les États-Unis, al-Qaida et l’Aqap

Pour les États-Unis, la plus grande inquiétude est clairement celle du terrorisme. Oussama Ben Laden pourrait tirer parti de l’accroissement de l’instabilité pour se déployer davantage au Yémen. Quelle que soit l’issue, l’Aqap tirera parti de tout relâchement de la pression exercé sur lui pour organiser de nouvelles attaques et étendre son organisation. Un nouveau gouvernement, comme celui de Saleh, considèrera probablement l’Aqap comme une menace de second ordre et concentrera probablement ses services de renseignement et son énergie politique à l’encontre de ses ennemis et rivaux intérieurs, avec le l’antiterrorisme au second plan. Dans ce domaine, les Etats-Unis seront de toute façon prêts à investir.

L’influence américaine au Yémen est plutôt limitée. Les Etats-Unis peuvent tenter, comme l’Arabie saoudite, de soutenir sa faction favorite contre ses rivales. Ceci pourrait dresser Washington contre Riyad si les favoris sont différents. Un autre problème, plus important encore, est que les Etats-Unis n’ont pas la connaissance nécessaire pour de telles manœuvres et risqueraient fort d’être manipulés par les factions locales.

Alors, comme d’habitude, le Yémen va aller son petit bonhomme de chemin tandis que le reste du monde détournera les yeux. Malheureusement, tant pour les Yéménites que pour les Etats-Unis, le futur du Yémen risque d’être pire que son présent.

______________________ 5 – RFI

Yémen : intenses médiations en vue du départ de Saleh

Confronté à une contestation qui ne désemplie pas depuis la fin janvier 2011 et des démissions en cascade ces derniers jours, Ali Abdullah Saleh, le président yéménite, semble désormais condamné à quitter le pouvoir. Reste à préciser les conditions et la date de son départ. Ces derniers jours des médiations diverses tentent de résoudre la situation, pour l’instant toutes sont restées vaines.

Avec notre correspondante à Sanaa, Charlotte Velut

« Je pars seulement si tu pars ». Voilà ce qu’aurait confié Ali Abdullah Saleh au général Ali Mohsen al-Ahmar lors d’une réunion tenue, jeudi, à la résidence du vice-président yéménite. Une proposition refusée par le gradé.


Les jeunes qui manifestent depuis deux jours ont annoncé qu’ils voulaient un Etat civil.

En début de semaine, celui-ci a annoncé son ralliement aux jeunes de la révolution et n’est visiblement pas prêt à « revenir à la maison » comme l’avait proposé le Président Saleh aux démissionnaires dans un discours télévisé mercredi.
Avant la carte militaire, le président yéménite avait tenté de jouer la carte saoudienne en envoyant son ministre des Affaires étrangères, Abu Bakr al-Qirbi en Arabie Saoudite le week-end dernier. Celui-ci est revenu les mains vides, Riyad ne semblant pas vouloir intervenir dans le dossier yéménite à ce stade de la contestation.

D’après le site d’information Mareb Press, la situation serait à présent sous une médiation américaine qui proposerait un remplacement temporaire d’Ali Abdullah Saleh par le vice-président yéménite et la formation d’un gouvernement d’union nationale de transition dans l’attente de la tenue de nouvelles élections présidentielles.

______________________ 4 – Libération

Au Yémen, le président Saleh résiste, partisans et opposants manifestent massivement

Le président Saleh s’est montré combatif devant une foule de partisans à Sanaa, se disant prêt à «résister» après l’échec de tractations avec un général dissident.

Des unités de l’armée, déployées en force dans la capitale yéménite, ont dû tirer en l’air pour prévenir des manifestants pro-Saleh de s’approcher d’une autre foule de protestataires anti-régime rassemblés sur la place de l’Université, siège d’un sit-in permanent depuis plus d’un mois.

Dans un discours au ton vindicatif, le chef de l’Etat, en fonction depuis 32 ans, a assuré qu’il n’était pas disposé à céder le pouvoir à une «minorité», et à des opposants qu’il a qualifiés «d’aventuriers et de comploteurs».

_________________ 3 – AFP

Emirats: la police a déjoué l’envoi de 16.000 pistolets au Yémen

La police de Dubaï a annoncé jeudi avoir déjoué une tentative d’envoyer 16.000 pistolets de Turquie vers le nord du Yémen, contrôlé par la rébellion chiite, via les Emirats arabes unis.

« La police de Dubaï a mis en échec une tentative d’envoyer une énorme cargaison d’armes constituée de près de 16.000 pistolets, venant de Turquie, au Yémen », a déclaré lors d’une conférence de presse le chef de la police de Dubaï, le général Dahi Khalfan.

« La police a arrêté à Dubaï six Arabes résidant dans l’émirat, liés à cette affaire », a-t-il ajouté. Il a précisé que la cargaison arrivée par voie maritime était destinée à Saada, fief de la rébellion zaïdite, une branche du chiisme, dans le nord du Yémen.

Le général Khalfan a montré des photos des armes saisies. Il a précisé que les armes étaient placées dans des caisses dissimulées au milieu d’un conteneur de meubles en provenance de Turquie.

A la demande de savoir si les armes étaient destinées aux rebelles, le général Khalfan a répondu « cette cargaison n’était évidemment pas destinée au gouvernement yéménite ». Il s’agit de la plus grosse prise d’armes jamais annoncée par les autorités émiraties.

Elle intervient alors que le Yémen est secoué par des troubles, la contestation s’amplifiant contre le président Ali Abdallah Saleh. La rébellion dans le nord du pays dure depuis 2004 et a fait des milliers de morts et plus de 250.000 déplacés.

Un cessez-le-feu est intervenu en février 2010 entre les rebelles et l’armée, mais des combats avaient de nouveau éclaté en juillet près du fief des rebelles dans la province d’Amrane.


_________________ 2 – 20 minutes (France) avec AFP

Yémen: Saleh durcit le ton à la veille de nouvelles manifestations

Le président yéménite Ali Abdallah Saleh, qui avait multiplié les concessions dernièrement, a annoncé jeudi qu’il se défendrait par « tous les moyens possibles », à la veille d’une nouvelle manifestation exigeant son départ immédiat.

« Nous préserverons la sécurité, l’indépendance et la stabilité du Yémen par tous les moyens possibles », a déclaré M. Saleh dans une allocution diffusée par la télévision d’Etat.

Il a en outre violemment critiqué l’opposition parlementaire, qui anime la contestation populaire, estimant que « même si nous nous engageons dans un arrangement avec eux (chefs de l’opposition), la situation sera pire que maintenant ».

Le chef de l’Etat a en outre invité les officiers et militaires ayant fait défection pour rallier l’opposition à « revenir à la raison ».

Les jeunes protestataires, qui continuent depuis plus d’un mois de manifester sur la place de l’Université de Sanaa, ont décidé de faire du vendredi « une journée pour le départ d’Ali Abdallah Saleh » et de marcher sur le palais présidentiel le vendredi suivant s’il continue de s’accrocher au pouvoir.

Pour sa part, M. Saleh, 69 ans, a appelé ses partisans à se masser vendredi sur une place proche du palais présidentiel, à plusieurs km du centre de Sanaa, loin de la place de l’Université.

L’armée, dont l’homme fort le général Mohsen Ali al-Ahmar s’est rallié à la contestation, est dorénavant divisée, et un nouvel incident entre unités rivales dans le sud-est du pays a fait trois blessés jeudi.

Ces accrochages ont éclaté entre des soldats et la garde républicaine commandée par Ahmed Saleh, l’un des fils du chef de l’Etat, à Moukalla, théâtre mardi d’une première confrontation qui avait fait deux tués.

Le Parlement a approuvé mercredi, lors d’un vote contesté par l’opposition, l’instauration de l’état d’urgence qui donne en principe au président Saleh le droit d’interdire les manifestations et de limiter la liberté de la presse.

Le bureau d’Al-Jazira à Sanaa, la chaîne du Qatar, a été saccagé mercredi par des hommes armés et les autorités yéménites ont justifié jeudi sa fermeture pour diffusion de « fausses nouvelles ».

Depuis le début des troubles, M. Saleh a procédé à plusieurs replis: il a annoncé qu’il ne se représenterait pas en 2013, à la fin de son mandat, il a dissous son gouvernement, puis il a proposé mardi l’élection avant la fin de l’année d’un Parlement et de son successeur.

Mais même cette dernière concession, une exigence de l’opposition, a été insuffisante pour calmer les appels à sa démission immédiate.

« Nous n’acceptons plus aucune concession. Nous ne voulons que le départ rapide du président », a assuré à l’AFP Rachad al Charaabi, un des responsables du Comité politique des jeunes de la révolution.

Il a ajouté que des concertations étaient en cours pour opérer une transition pacifique du pouvoir, mais qu’elle ne devait pas conduire à la mise en place d’une dictature militaire. « Nous voulons une société civile, pas un régime militaire », a-t-il assuré.

Cette requête des protestataires intervient alors que des pans entiers de l’armée ont jeté leur poids dans la bataille contre le président Saleh.

Le général Ahmar, chef le plus respecté de l’institution militaire, a entamé des concertations pour former un conseil de transition, ont assuré à l’AFP des sources proches de ces tractations.

« Le général supervise des tractations pour passer le pouvoir en douceur à un conseil qui regrouperait les représentants de tous les secteurs de la société », a indiqué cette source, sous couvert de l’anonymat.

Une transition de cette nature serait à même de rassurer l’Arabie Saoudite, qui a apprécié la détermination du général Ahmar à combattre la rébellion zaïdite, une secte chiite, dans le nord du Yémen, frontalier du royaume.

_________________ 1 – Le quotidien du Peuple (Chine) avec XINHUA

Yémen : l’opposition demande le départ immédiat du président Saleh

L’opposition yéménite a rejeté mercredi « une approbation écrite » du président Ali Abdallah Saleh, dans laquelle il acceptait une précédente offre de l’ opposition de démission d’ici la fin de 2011, déclarant que c’ était trop tard et qu’il devait partir immédiatement.

« L’opposition a envoyé mercredi un refus écrit à la proposition du président Saleh via un médiateur tribal », ont indiqué à Xinhua deux sources de l’opposition.

« Ils (l’opposition) ont déclaré que la proposition du président Saleh était clairement refusée car son approbation à l’ initiative de conciliation en cinq points était arrivée trop tard et que notre réponse est qu’il n’y aura plus de négociations avec lui et qu’il devra quitter le pouvoir immédiatement », a indiqué la source, sous couvert d’anonymat.

Plus tôt dans la journée, un officiel proche du président Ali Abdullah Saleh avait déclaré à l’agence de presse officielle Saba que le président Saleh acceptait l’initiative de conciliation en cinq points proposée plus tôt par la coalition de l’opposition.

D’après Saba, l’initiative de conciliation de l’opposition comprend la formation d’un gouvernement national, la rédaction d’ une nouvelle constitution, la réécriture de la loi électorale et la formation d’une commission suprême pour les référendums et les élections.

L’initiative a également affirmé que la nouvelle constitution serait soumise à référendum, après quoi les élections législatives seraient organisées, le nouveau gouvernement serait ensuite formé et le nouveau président du pays élu d’ici la fin de l’année 2011.

Par ailleurs, le parlement yéménite a promulgué une loi sur l’ état d’urgence pendant un mois, alors que la coalition de l’ opposition insistait pour une fin immédiate des 33 années de règne du président Saleh.

L’opposition a promis via ses médias que vendredi prochain serait le « Vendredi de la marche vers le palais présidentiel dans la capitale Sanaa » avec des centaines de milliers de manifestants pour forcer le président Saleh de partir.

22/03/11 (B596) Nouvelles de Somalie – Le gouvernement somalien promet d’éradiquer les insurgés en 90 jours (1 article)

________________________ 1 – Casafree (Maroc)

Somalie : Le gouvernement somalien promet d’éradiquer les insurgés en 90 jours

Le gouvernement somalien a promis dimanche d’éradiquer les insurgés shebab dans trois mois, compte tenu des progrès réalisés dans son offensive d’envergure contre la rébellion.


Le gouvernement avait lancé une vaste offensive contre les insurgés shabab fin février en réussissant à prendre le contrô le de certains bastions des rebelles à Mogadiscio et dans le sud du pays.

« Nous allons mettre un terme au problème de la rébellion dans trois mois, parce que nous allons les anéantir dans tout le pays. On va voir un grand changement dans un proche avenir », a déclaré dimanche le Premier ministre somalien Mohamed Abdullahai cité par la radio publique.

Les forces gouvernementales, soutenues par les soldats de la force de paix de l’Union africaine en Somalie (Amisom), ont repris récemment le contrô le de plusieurs positions stratégiques aux mains des insurgés à Mogadiscio et dans le sud de la Somalie.

22/03/11 (B596) Yémen Express – un gouverneur fait défection – le président Saleh est en sursis – des chefs de l’armée lâchent Saleh, qui se vante du soutien du peuple – la France juge le départ du président Saleh « incontournable » – des généraux et des cadres rejoignent la contestation – des chefs de l’armée lâchent Saleh, qui se vante du soutien du peuple – Le président Saleh poussé vers la sortie ? – Démission de l’ambassadeur du Yémen au Liban – le président limoge son gouvernement (9 articles)

_______________________ 9 – Europe 1

Yémen : un gouverneur fait défection

Le gouverneur d’Adenn au Sud du Yémen, deuxième ville du pays, Ahmad Qaatabi, a présenté sa démission lundi, alors que les défections se multiplient au Yémen.

« Le gouverneur a démissionné pour protester contre ce qui se produit dans le pays », a affirmé un fonctionnaire de son bureau.

Aden est à la pointe de la contestation du président Ali Abdallah Saleh, au pouvoir depuis 32 ans. De nombreuses personnes y ont été tuées par les tirs des forces de l’ordre depuis le début de la contestation fin janvier.

_______________________ 8 – Le Figaro

Au Yémen, le président Saleh est en sursis

Par Georges Malbrunot

Les défections se multiplient, tandis que l’armée protège les manifestants à Sanaa.

Ali Abdullah Saleh vit-il ses dernières heures à la tête du Yémen ? La question est clairement posée, après les défections en série lundi de hauts responsables militaires, de quarante députés et de plusieurs ambassadeurs, qui ont rejoint les rangs des dizaines de milliers de protestataires, exigeant son départ depuis deux mois maintenant.

Le principal revirement est venu de son demi-frère, le général Ali Mohsen, commandant de la zone militaire du nord-ouest du pays, et issu de sa tribu (al-Ahmar), dont les membres occupent les postes clés du régime. Dans une intervention télévisée sur al-Jezira, Ali Mohsen a accusé Saleh de «réprimer de pacifiques manifestants» et de «plonger le pays dans la guerre civile».

Mais il n’a pas appelé au départ du président, ni annoncé sa propre démission, en tant que commandant de la 1re Division blindée. Sans doute pour ne pas se priver de jouer un rôle dans la transition houleuse qui s’annonce. Car comme l’a déclaré lundi Alain Juppé, le départ du raïs paraît désormais «inévitable».

Au même moment, en effet, des dizaines d’officiers se présentaient devant les jeunes contestataires à l’université de Sanaa, épicentre de la fronde, pour annoncer qu’ils rejoignaient eux aussi l’opposition au raïs, qui dirige le Yémen depuis trente-deux ans.

L’hémorragie intervient trois jours après la tuerie perpétrée par des tireurs d’élite, qui ont abattu 52 jeunes devant l’université. Les assaillants appartenaient à la Garde républicaine et à la Garde centrale, dirigées respectivement par un fils – Ahmad – et un neveu – Yahia – du chef de l’État. Celui-ci a-t-il donné l’ordre de tirer ? Ou a-t-il été mis devant le fait accompli par son entourage ?

Quoi qu’il en soit, en signe de protestation, plusieurs ministres, le vice-gouverneur d’Aden, le vice-président du Parlement ainsi que les ambassadeurs en Syrie, en Jordanie et en Arabie saoudite ont, à leur tour, démissionné et annoncé leur ralliement aux opposants. Depuis deux mois, ceux-ci tiennent un sit-in devant l’université de Sanaa, soutenus notamment par l’Islah, la principale formation islamiste. La proposition de Saleh de quitter le pouvoir en 2013 et de ne pas être remplacé par son fils, Ahmad, ne les a pas convaincus.

Ces derniers jours, des membres de tribus jusque-là loyales au raïs sont descendus à Sanaa pour protéger les étudiants. Ils ont été rejoints dimanche par l’armée, munie de simples bâtons, qui s’est déployée dans les rues, en lieu et place des policiers, accusés par les jeunes d’être responsables des exactions.

L’Arabie saoudite sollicitée pour une médiation

Certains manifestants voient dans ce déploiement «un tournant» favorable dans l’attitude de l’armée à leur égard. De nombreux Yéménites espèrent en effet que la hiérarchie militaire pourra orchestrer la transition du pouvoir. «C’est la seule solution pour éviter que les tribus se battent entre elles pour le contrôle de Sanaa», commente un expatrié sur place depuis dix ans.

Au Yémen, l’autorité de l’État ne s’exerce guère que sur la capitale. Ailleurs, ce sont les tribus, les rebelles chiites dans le nord, les sécessionnistes dans le sud, voire parfois al-Qaida, qui tiennent le terrain. Ils ont récemment fait taire leurs divisions pour réclamer le départ de Saleh. Mais lundi soir, un communiqué du ministère de la Défense est venu rappeler que l’armée soutenait encore le chef de l’État. «Saleh a toujours dit qu’il était pour une transition ordonnée du pouvoir», souligne un diplomate à Sanaa, qui met en garde contre les emballements médiatiques.

Acculé, Saleh a dépêché lundi son ministre des Affaires étrangères chez le voisin saoudien dans l’espoir d’arracher la médiation de Riyad. «On est dans la fin de la partie, il s’agit de savoir si la fin de règne de Saleh pourra être négociée», estime un homme d’affaires à Sanaa.

_______________________ 7 – La Croix avec AFP

Yémen: des chefs de l’armée lâchent Saleh, qui se vante du soutien du peuple

Des chefs de l’armée yéménite ont annoncé lundi leur ralliement à la contestation contre le président Ali Abdallah Saleh , qui a assuré que le peuple le soutenait malgré des appels redoublés à son départ.

Le président a réuni en soirée les généraux qui lui restent fidèles et qui ont affirmé leur rejet de toute tentative de porter atteinte à la Constitution.

Les Etats-Unis ont réaffirmé que la violence était « inacceptable » tandis que la France a ouvertement appelé au départ de M. Saleh, devenant ainsi le premier pays occidental de poids à le faire.

Outre les chefs de l’armée qui ont lâché le président Saleh, le principal chef tribal, cheikh Sadek al-Ahmar, lui a demandé de céder le pouvoir qu’il détient depuis 32 ans et de se ménager « une sortie honorable ».

Deux commandants de régions, le général Ali Mohsen al-Ahmar, responsable du nord-est qui comprend Sanaa, et le général Mohammed Ali Mohsen, en charge du district militaire oriental, se sont déclarés en faveur des protestataires.

Leur défections sont les premières de cette importance dans l’armée. Deux autres généraux, Nasser Ali Chouaïbi, dans le sud-est du pays, et Fayçal Rajab, dans le sud, ont également fait défection.

A Sanaa, des dizaines d’officiers ont annoncé leur ralliement devant une foule de manifestants qui bravaient toujours sur la place de l’Université une interdiction de manifester pour exiger le départ du président Saleh.

Mais le président Saleh, 68 ans, a affirmé que la « majorité du peuple » le soutient. « La grande majorité du peuple est avec la sécurité, la stabilité et la légalité constitutionnelle. Et ceux qui appellent au chaos, à la violence, à la haine et au sabotage ne sont qu’une infime minorité », a-t-il assuré.

Les chefs de l’armée loyalistes ont affirmé, dans un communiqué, que « les forces armées n’autoriseront aucune atteinte à la légalité constitutionnelle, à la démocratie, à la sécurité de la nation et à celle des citoyens ».

Dans la matinée, des blindés ont été déployés à Sanaa, notamment autour du palais présidentiel, du siège du parti au pouvoir le Congrès populaire général (CPG), du ministère de la Défense et de la Banque centrale.

Les défections dans l’armée font suite à de nombreuses démissions de cadres de l’Etat et de diplomates, qui se sont accélérées depuis la répression contre les manifestants à Sanaa ayant fait 52 morts vendredi.

Lundi, les ambassadeurs du Yémen en Arabie saoudite, au Koweït, en Egypte et auprès de la Ligue arabe ont annoncé se joindre à la contestation.

Cinq ambassadeurs du Yémen en Europe ont écrit au président Saleh pour lui demander de démissionner, selon l’ambassadeur du Yémen en France, Khaled al-Akwaa. Khaled Bahhah, ambassadeur au Canada, s’est joint à la contestation.

Le départ du président Saleh est « incontournable », a jugé le ministre français des Affaires étrangères Alain Juppé.

Les violences de vendredi ont été condamnées lundi par le chef de l’ONU, Ban Ki-moon, en visite au Caire. « Le gouvernement yéménite a l’obligation de protéger les civils », a déclaré M. Ban, soutenant un « dialogue global ».

L’administration américaine a fait savoir au gouvernement yéménite que la violence observée ces derniers jours à Sanaa était « inacceptable ».

« Notre inquiétude dans l’immédiat est la violence que nous avons vue ces derniers jours », a déclaré lundi le conseiller adjoint du président américain Barack Obama pour la sécurité, Ben Rhodes, à des journalistes.

_______________________ 6 – AFP

Yémen: la France juge le départ du président Saleh « incontournable »

La France est devenue lundi le premier pays occidental important à réclamer ouvertement le départ du président yéménite Ali Abdallah Saleh, contesté par la rue et par des chefs de son armée.

« Il semble aujourd’hui que le départ du président Saleh est incontournable », a affirmé le chef de la diplomatie française Alain Juppé à l’issue d’une réunion avec ses homologues européens à Bruxelles.

« Il faut aujourd’hui aider ceux qui veulent faire avancer les droits de l’homme, construire la démocratie. Ceci est valable pour tous les pays. Nous le disons au Yémen où la situation est en train de se dégrader », a dit M. Juppé au cours d’un point de presse.

« Il faut que le pouvoir en place en tienne compte », a-t-il insisté.

Le ministre français des Affaires étrangères a indiqué que Paris apportait son soutien « à tous ceux qui se battent pour la démocratie » sans violences et a dénoncé les « régimes usés par la corruption, la pratique dictatoriale, la longévité excessive du pouvoir ».

Les déclarations de M. Juppé interviennent alors que des dizaines d’officiers yéménites ont annoncé leur ralliement en masse à la contestation contre le président Saleh, qui dure depuis le 27 janvier.

En outre, le principal chef tribal, cheikh Sadek al-Ahmar, a demandé au président Saleh, au pouvoir depuis 32 ans, de se retirer, joignant sa voix à celles de dignitaires traditionnels et religieux, dont le rôle est déterminant dans ce pays pauvre de 24 millions d’habitants.

Par ailleurs, plusieurs ambassadeurs du Yémen en Europe ont écrit lundi au président Saleh pour lui demander de démissionner, a annoncé à l’AFP l’ambassadeur du Yémen en France, Khaled al-Akwaa.

Les ambassadeurs en poste à Paris, Bruxelles, Genève, Berlin et Londres, ainsi que le consul à Francfort « ont envoyé un message au président Saleh lui demandant qu’il réponde aux exigences du peuple et démissionne afin d’éviter les effusions de sang », a déclaré Khaled al-Akwaa.

Les défections de responsables du régime se sont accélérées au Yémen depuis la mort vendredi de 52 manifestants à Sanaa par des tirs attribués à des partisans de M. Saleh.

Cependant, à Sanaa, le président yéménite a affirmé que la « majorité du peuple » le soutient en dépit de défections en cascade d’officiers de l’armée et de cadres de l’Etat, a rapporté l’agence de presse officielle Saba.

« Nous résistons (…) la grande majorité du peuple yéménite est avec la sécurité, la stabilité et la légalité constitutionnelle. Et ceux qui appellent au chaos, à la violence, à la haine et au sabotage ne sont qu’une infime minorité », a déclaré le président devant une délégation de notables de Sanaa.

M. Juppé a affirmé qu’au Bahreïn également « il faut que le dialogue l’emporte sur la répression ».

Mais il s’est gardé de réclamer le départ de la dynastie des Al-Khalifa, contestée par une opposition dominée par des chiites, qui forment la majorité de la population autochtone.

Les Saoudiens ont dépêché un millier d’hommes de troupe la semaine dernière en signe de soutien à la lignée des Al-Khalifa et la police est ensuite intervenue brutalement pour chasser du centre de Manama des protestataires qui y campaient depuis des semaines.

Bahreïn abrite notamment le commandement de la Ve flotte américaine, chargée de la protection des routes pétrolières du Golfe.

_______________________ 5 – France Info

Yémen : des généraux et des cadres rejoignent la contestation

Le nombre des partisans du président Ali Abdallah Saleh diminue de jour en jour. Le mouvement de contestation du régime lui se renforce, avec le ralliement en masse d’officiers et de cadres du régime.

Depuis que des tireurs d’élite ont tué 52 manifestants dans la capitale Sanaa vendredi, plusieurs ministres, ambassadeurs et cadres du parti au pouvoir ont démissionné.

Telle une ultime tentative de regagner la confiance de son peuple, le président Saleh a limogé son gouvernement dimanche soir. En vain. Celui qui dirige de main de fer le Yémen depuis 32 ans, ne peut endiguer les défections autour de lui.

Les dernières en date : les ambassadeurs du Yémen en Arabie saoudite, en Egypte, au Koweït et auprès de la Ligue Arabe ont annoncé aujourd’hui se joindre au mouvement de contestation.

Suivis dans l’après-midi par cinq autre ambassadeurs yéménites en Europe qui eux ont écrit au président afin de lui demander sa démission.

_______________________ 4 – AFP

Yémen: des chefs de l’armée lâchent Saleh, qui se vante du soutien du peuple

De Hammoud MOUNASSAR

Des chefs de l’armée yéménite ont annoncé lundi leur ralliement à la contestation contre le président Ali Abdallah Saleh, qui a assuré que le peuple le soutenait malgré des appels redoublés à son départ.

Le président a réuni en soirée les généraux qui lui restent fidèles et qui ont affirmé leur rejet de toute tentative de porter atteinte à la Constitution.

Les Etats-Unis ont réaffirmé que la violence était « inacceptable » tandis que la France a ouvertement appelé au départ de M. Saleh, devenant ainsi le premier pays occidental de poids à le faire.

Outre les chefs de l’armée qui ont lâché le président Saleh, le principal chef tribal, cheikh Sadek al-Ahmar, lui a demandé de céder le pouvoir qu’il détient depuis 32 ans et de se ménager « une sortie honorable ».

Deux commandants de régions, le général Ali Mohsen al-Ahmar, responsable du nord-est qui comprend Sanaa, et le général Mohammed Ali Mohsen, en charge du district militaire oriental, se sont déclarés en faveur des protestataires.

Leur défections sont les premières de cette importance dans l’armée. Deux autres généraux, Nasser Ali Chouaïbi, dans le sud-est du pays, et Fayçal Rajab, dans le sud, ont également fait défection.

A Sanaa, des dizaines d’officiers ont annoncé leur ralliement devant une foule de manifestants qui bravaient toujours sur la place de l’Université une interdiction de manifester pour exiger le départ du président Saleh.

Mais le président Saleh, 68 ans, a affirmé que la « majorité du peuple » le soutient. « La grande majorité du peuple est avec la sécurité, la stabilité et la légalité constitutionnelle. Et ceux qui appellent au chaos, à la violence, à la haine et au sabotage ne sont qu’une infime minorité », a-t-il assuré.

Les chefs de l’armée loyalistes ont affirmé, dans un communiqué, que « les forces armées n’autoriseront aucune atteinte à la légalité constitutionnelle, à la démocratie, à la sécurité de la nation et à celle des citoyens ».

Dans la matinée, des blindés ont été déployés à Sanaa, notamment autour du palais présidentiel, du siège du parti au pouvoir le Congrès populaire général (CPG), du ministère de la Défense et de la Banque centrale.

Les défections dans l’armée font suite à de nombreuses démissions de cadres de l’Etat et de diplomates, qui se sont accélérées depuis la répression contre les manifestants à Sanaa ayant fait 52 morts vendredi.

Lundi, les ambassadeurs du Yémen en Arabie saoudite, au Koweït, en Egypte et auprès de la Ligue arabe ont annoncé se joindre à la contestation.

Cinq ambassadeurs du Yémen en Europe ont écrit au président Saleh pour lui demander de démissionner, selon l’ambassadeur du Yémen en France, Khaled al-Akwaa. Khaled Bahhah, ambassadeur au Canada, s’est joint à la contestation.

Le départ du président Saleh est « incontournable », a jugé le ministre français des Affaires étrangères Alain Juppé.

Les violences de vendredi ont été condamnées lundi par le chef de l’ONU, Ban Ki-moon, en visite au Caire. « Le gouvernement yéménite a l’obligation de protéger les civils », a déclaré M. Ban, soutenant un « dialogue global ».

L’administration américaine a fait savoir au gouvernement yéménite que la violence observée ces derniers jours à Sanaa était « inacceptable ».

« Notre inquiétude dans l’immédiat est la violence que nous avons vue ces derniers jours », a déclaré lundi le conseiller adjoint du président américain Barack Obama pour la sécurité, Ben Rhodes, à des journalistes.

_______________________ 3 – Ouest France

Yémen. Le président Saleh poussé vers la sortie ?

La foule s’est rassemblée en masse à Sanaa, ce dimanche 20 mars, pour les funérailles d’opposants yéménites, tués vendredi : 52 personnes étaient mortes, dans une attaque attribuée à des partisans du régime.

Ali Abdallah Saleh, président très contesté du Yemen, peut-il encore éviter d’être happé par le tourbillon des défections qui s’accélère autour de lui ? C’est la question que se pose notre journaliste Bruno Ripoche sur son blog, Globservateur.

Dimanche soir, Saleh limogeait l’ensemble de son gouvernement, après la démission de trois ministres, au surlendemain d’un véritable carnage dans la capitale : 52 manifestants avaient été tués par des tireurs embusqués sur la place de l’Université, vendredi, journée la plus sanglante en deux mois de contestation du Président, au pouvoir depuis 1978.

Ce lundi, les défections majeures se multiplient. Bref, est-ce la fin d’Ali Abdallah Saleh ?

_______________________ 2 – L’Orient / Le Jour (Liban)

Démission de l’ambassadeur du Yémen au Liban

L’ambassadeur du Yémen au Liban, Fayçal Abou Rass, a présenté sa démission du corps diplomatique yéménite « en protestation contre l’énormité du massacre qui a eu lieu à Sanaa vendredi », ainsi qu’il l’a précisé à notre chroniqueur diplomatique Khalil Fleyhane. « Face à l’ampleur de la tragédie de ceux qui sont tombés en martyrs, c’est le moins que je puisse faire », a-t-il ajouté.

L’ambassadeur a précisé qu’il allait « entrer en contact avec le ministère des Affaires étrangères à Sanaa le lundi pour le notifier de ma démission, samedi et dimanche étant des jours chômés ». Il a également précisé « avoir répandu la nouvelle de la démission sur Facebook » et l’avoir « envoyée au journal yéménite al-Masdar ».

Abou Rass est entré dans le corps diplomatique yéménite en 1990. Il n’a pas encore notifié le palais Bustros de sa démission. À signaler qu’il s’agit du premier ambassadeur en poste à Beyrouth à présenter sa démission en raison des bouleversements dans son pays.

__________________________ 1 – Nouvel Obs avec AP

Yémen: le président limoge son gouvernement

Le président yéménite Ali Abdallah Saleh a limogé le gouvernement tout entier dimanche, alors que les manifestations réclamant son départ ont été réprimées dans le sang ces derniers jours.

Un communiqué du bureau du président a fait savoir dimanche qu’il limogeait son gouvernement. Une annonce qui intervient alors que des membres de la propre tribu du chef de l’Etat, la tribu Hached, avaient réclamé son départ la veille, lui retirant un soutien crucial.

Le chef de l’Etat, au pouvoir depuis 32 ans, avait aussi été affaibli par des défections. La ministre des droits de l’Homme Huda al-Ban avait annoncé qu’elle démissionnait pour protester contre le « crime horrible, lâche et perfide » commis par le gouvernement. L’ambassadeur du Yémen auprès des Nations unies, Abdallah Alsaidi a également envoyé sa lettre de démission, a appris l’Associated Press auprès d’un responsable du ministère des Affaires étrangères.

Ces derniers jours, les troupes de sécurité ont ouvert le feu sur des manifestants à Sanaa, la capitale et dans le sud du pays. Depuis le début du soulèvement il y a un mois, une centaine de personnes ont été tuées.

La journée de vendredi a été la plus sanglante. Les tireurs embusqués du gouvernement ont abattu plus de 40 manifestants, des violences condamnées par les Nations unies mais aussi par les Etats-Unis, alliés du président yéménite.

Le ministre de la Santé Abdul-Karim Rafi a précisé que 44 manifestants avaient été tués et 192 blessés, dont 21 très grièvement. Selon le procureur-général Abdullah al-Ulty, 693 manifestants ont été blessés et certains corps n’ont pas encore été identifiés.

Dimanche, des dizaines de milliers de personnes ont suivi à Sanaa le cortège des funérailles des protestataires abattus par des tireurs embusqués lors de la répression gouvernementale des manifestations au Yémen.

Le pouvoir a semblé changer de stratégie dans la capitale, retirant les policiers et membres des forces spéciales autour de l’université de Sanaa, au centre de la répression meurtrière de la contestation, pour les remplacer par une force majoritairement non-armée. « A partir de maintenant, nous contrôlerons les entrées et sorties de la place sur ordres du commandement militaire suprême », a expliqué le lieutenant-colonel Mohammed Hussein.

Les habitants des immeubles autour de la place de l’université de Sanaa ont lancé dimanche des fleurs depuis les fenêtres sur le cortège funèbre. La foule s’est massée sur la place et des manifestations de solidarité ont été organisées dans plusieurs régions du pays.

Dans plusieurs grandes villes, l’électricité a été coupée pendant trois heures environ, les militants accusant le gouvernement d’essayer d’empêcher la population de suivre la retransmission de la procession à la télévision. Le réseau de téléphonie mobile a été aussi interrompu.

Certains des responsables religieux les plus importants du pays se sont joints aux appels à la démission du chef de l’Etat. Le cheikh Sadiq al-Ahmar, chef de la tribu Hached, la propre tribu du président yéménite, a salué la position des manifestants sur de la place de l’université de Sanaa, dans un communiqué conjoint diffusé samedi soir après une réunion avec des responsables religieux.

Des partis d’opposition participant à la procession ont fait savoir qu’ils ne demandaient plus seulement des réformes politiques mais le départ d’Ali Abdallah Saleh. « Notre seul choix maintenant c’est le retrait rapide de ce régime. Nous soutenons la revendication du peuple », expliquait Yassine Said Numan, un responsable de l’opposition interrogé par l’Associated Press.

20/03/11 (B596) Yémen Express – funérailles massives pour les « martyrs » du vendredi sanglant – le sit-in de Sanaa maintenu malgré la répression qui a fait 52 morts – Au Yémen, l’embrasement – le président proclame l’état d’urgence – Le Yémen reporte la réunion des donateurs de Riyad tandis que les manifestations s’amplifient – Au moins 84 blessés dans des affrontements au Yémen (6 articles)

______________________ 6 – Nouvel Obs

Yémen : funérailles massives pour les « martyrs » du vendredi sanglant

Le cortège, en l’honneur des 52 manifestants tués par des tirs attribués à des partisans du régime, s’est étiré sur plusieurs kilomètres à Sanaa.

Une foule massive était rassemblée, dimanche 20 mars, près de l’Université de Sanaa au Yemen pour les funérailles de certains des 52 manifestants tués par des tirs attribués à des partisans du régime vendredi lors de la journée la plus sanglante de la contestation du président Ali Abdallah Saleh.

La contestaion au Yémen tourne à la repression sanglante

Le cortège s’est étiré de l’Université, épicentre de la contestation, à un cimetière distant de quelques kilomètres dans ce qui est considéré comme la plus importante marche à Sanaa depuis le début des manifestations fin janvier.

L’ambiance était surchauffée par la colère des marcheurs représentant tous ceux qui contestent le président Saleh aux commandes du pays depuis 32 ans.

« Le sang des martyrs ne sera pas versé en vain », a crié la foule, en suivant la procession des cercueils portés sur les épaules.

« C’est le président qui a donné l’ordre de tirer », a affirmé l’un des manifestants du nom d’Ahmed, qui dit ne pas croire à la version officielle selon laquelle les tirs n’étaient pas le fait des forces de l’ordre.

Jour de deuil

Le président Saleh avait regretté la mort des manifestants et décrété un jour de deuil pour les funérailles, sans calmer le ressentiment des opposants qui pensent que le pouvoir a tenté, par une intervention musclée, de mettre fin au sit-in permanent place de l’Université.

Les funérailles ont rassemblés les opposants et les indépendants parmi les députés et les représentants de différentes associations et partis politiques.

« Les responsables de chaque goutte de sang versé doivent en répondre », a déclaré en marge du rassemblement Ali Abed Rabbo Qadhi, chef du bloc des députés indépendants au Parlement.

Le cortège s’est ébranlé de la place de l’Université après la prière d’usage pendant laquelle un photographe de l’AFP a pu compter 28 dépouilles qui ont été emmenées de l’Hôpital proche des sciences et de la technologie.

Le vendredi sanglant continue de provoquer des défections de responsables.

« Le massacre cruel »

Un troisième ministre yéménite a démissionné pour protester contre la répression exercée contre les opposants.

Dans un communiqué publié dans la nuit de samedi à dimanche, la ministre des droits de l’Homme, Houda al-Baan, a expliqué avoir pris la décision de quitter le gouvernement et le parti du Congrès populaire général du président Ali Abdallah pour protester contre « le massacre cruel » qui a visé les manifestants de la place de l’Université de Sanaa réclamant le départ du chef de l’Etat.

Le sous-secrétaire du même ministère, Ali Taysir, a pris la même décision.

Les manifestants ont accusé des partisans du président d’avoir tiré délibérément sur eux, faisant 52 morts et 126 blessés.

Retrait des forces demandé

Par ailleurs, les religieux yéménites ont appelé les membres des forces de l’ordre à ne pas obéir aux ordres lorsqu’il s’agit de tirer sur les manifestants et rendu le président Saleh responsable du « massacre » du vendredi.

Dans un communiqué reçu dimanche par l’AFP, ces religieux ont également appelé à retirer les troupes de la garde républicaine, corps d’élite de l’armée, de Sanaa et au démantèlement du corps de la sûreté publique, la police politique du régime.

Le président Saleh, qui a dit regretter les tirs de vendredi et assuré qu’ils n’étaient pas du fait des forces de l’ordre, a décidé de faire de dimanche une journée de deuil national, s’attirant tout de suite les sarcasmes des manifestants de l’Universiré de Sanaa.

« Après s’être sali les mains du sang des martyrs (…) Il a fait couler des larmes de crocodile en déclarant une journée de deuil national », s’est indignée la coordination des manifestants dans un communiqué.

« Le spectacle des morts »

Sur le lieu du sit-in, les manifestants se préparaient dans le calme à enterrer leurs morts disant, selon un correspondant de l’AFP, vouloir organiser à cette occasion une autre « journée de colère contre le régime ».

La journée de vendredi qui a été la plus sanglante depuis le début de la contestation du régime a continué de susciter les réactions indignées à travers le pays.

L’union des écrivains a crié son indignation pour « le spectacle des morts » et en a rejeté la responsabilité sur les régimes tout en appelant les Yéménites à s’unir face à un « pouvoir qui a perdu toute légitimité ».

La même tonalité se retrouve dans un communiqué du patronat yéménite qui n’a que rarement pris ouvertement position sur les affaires publiques.

L’union des chambres de commerce et de l’industrie a dénoncé au passage le climat de « corruption et de népotisme qui ne favorise pas les affaires ».

______________________ 5 – AFP

Yémen: le sit-in de Sanaa maintenu malgré la répression qui a fait 52 morts

De Jamal AL-JABIRI

Les manifestants de l’Université à Sanaa se disaient samedi plus que jamais déterminés à maintenir leur sit-in en dépit de la répression sanglante de leur mouvement qui a fait 52 morts vendredi.

« Nous ne lâcherons pas jusqu’à la chute du boucher », le président Ali Abdallah Saleh, ont scandé les manifestants qui ont reçu le renfort de milliers d’enseignants et d’enseignantes de la capitale, venus les rejoindre.

« Nous ne quitterons la place qu’après le départ de Saleh et de ses fils », qui tiennent et dirigeant l’essentiel de l’appareil de sécurité du régime, ont aussi crié les manifestants.

Les tirs attribués par les manifestants aux partisans du régime ont fait 52 morts ce qui fait de la journée de vendredi la plus sanglante depuis le début de la contestation du président Saleh, fin janvier.

« Le bilan s’élève maintenant à 52 morts et 126 blessés, après le décès de plusieurs personnes atteintes par balles », a indiqué un des médecins de l’hôpital de fortune installé près du lieu du sit-in.

Le dernier bilan de ces tirs, les plus meurtriers depuis le début de la contestation du régime fin janvier, communiqué vendredi soir de sources médicales, faisait état de 46 tués et de dizaines de blessés.

Des renforts de police ont été déployés sur place samedi.

Le président Saleh a regretté vendredi ces morts mais annoncé l’instauration de l’état d’urgence dans le pays et demandé que les manifestants évacuent la place de l’Université, au centre de Sanaa, symbole de leur mobilisation.

Peu après, le président américain Barack Obama l’a exhorté à autoriser le déroulement des manifestations. « Je condamne fermement les violences qui se sont produites aujourd’hui au Yémen », a déclaré M. Obama dans un communiqué, et il a appelé « le président Saleh à tenir sa promesse d’autoriser les manifestations à se dérouler pacifiquement ».

Les Etats-Unis considèrent M. Saleh comme un allié dans la guerre contre Al-Qaïda qui est largement implanté dans le sud-ouest de ce pays pauvre où l’Etat contrôle mal les zones tribales.

L’opposition qui exige le départ de M. Saleh, au pouvoir depuis 32 ans, a qualifié les incidents de « massacre », un thème qui a été largement repris samedi par les orateurs qui s’adressaient d’une tribune aux manifestants.

« De quel droit le boucher et terroriste Ali Abdallah Saleh se permet-il d’instaurer l’état d’urgence alors qu’il est devenu une personne recherchée pour avoir commis un massacre contre le peuple », a clamé l’un des orateurs.

L’état d’urgence donne en théorie aux forces de l’ordre la latitude de réprimer les manifestations et aux autorités le pouvoir de restreindre les libertés publiques pour imposer l’ordre.

Les manifestants ont indiqué avoir pris la décision de « ne pas enterrer les martyrs du vendredi sanglants jusqu’à la chute du régime ».

A Aden, ville du sud à la pointe de la contestation du régime, quatre personnes ont été blessées, dont l’une par balle, lorsque des policiers et des soldats ont tiré samedi sur des manifestants tenant une barricade dans le quartier de Moalla à Aden, ont rapporté des témoins.

Les forces de l’ordre cherchaient apparemment à démanteler la barricade en place depuis deux semaines mais n’ont pas réussi à le faire, selon ces témoins.

L’un des manifestants a été touché par balle et les trois autres par des tirs de grenades lacrymogènes, selon ces mêmes témoins qui indiquent que des manifestants se sont ensuite dirigés vers un poste de police avec l’intention de le brûler.


_____________________ 4 – DNA

Au Yémen, l’embrasement

EMBRASEMENT AU YÉMEN

Les violences les plus meurtrières au Yémen depuis le début de la contestation ont fait au moins 41 morts hier à Sanaa. Le président Ali Abdallah Saleh a annoncé l’instauration de l’état d’urgence et demandé que les manifestants évacuent la place de l’Université, au centre de Sanaa, symbole de leur mobilisation.

Des partisans du président auraient tiré sur la foule depuis les toits d’habitations proches de la place de l’Université ; il y aurait plus de 200 blessés. (…)

________________ 3 – Romandie News avec AFP

le président proclame l’état d’urgence

Le président yéménite Ali Abdallah Saleh a décrété vendredi l’état d’urgence, après la mort de plus de 41 personnes tuées par des tirs contre des manifestants opposés au régime à Sanaa.

« Le conseil de la défense nationale proclame l’état d’urgence dans le pays », a annoncé M. Saleh, qui préside cette instance, aux journalistes.

Cette mesure intervient après des tirs de partisans du régime contre une manifestation à Sanaa réclamant le départ de M. Saleh, au pouvoir depuis 32 ans.

Plus de 41 personnes ont été tuées et plus de 200 blessées, selon des sources médicales. Vendredi a été la journée la plus sanglante depuis le début fin janvier de la contestation contre le président Saleh

________________ 2 – Le Quotidien du Peuple avec XINHUA

Le Yémen reporte la réunion des donateurs de Riyad tandis que les manifestations s’amplifient

Le gouvernement yéménite a proposé mercredi de reporter une conférence ministérielle prévue avec un groupe de pays donateurs, connus sous le nom de forum des « Amis du Yémen », réunion qui devait avoir lieu en fin de ce mois-ci à Riyad, a rapporté l’agence de presse officielle Saba.

« Le Yémen a proposé de reporter la réunion prochaine du groupe afin de faciliter sa coordination et sa préparation, et il annoncera une nouvelle date sous peu », rapporte Saba.

Cette proposition a été présentée par le ministre yéménite des Affaires étrangères Abou Bakr al-Qirbi lors d’une rencontre avec les ambassadeurs de Chine, de Russie, des États-Unis, de l’ Union européenne, ainsi que le représentant au Yémen du Programme des Nations unies pour le développement (PNUD).

La réunion envisagée doit faire suite à la Conférence de Londres qui s’est tenue en janvier 2010, et au cours de laquelle a été créé ce forum visant à aider au maintien de la stabilité au Yémen et à soutenir son gouvernement dans la lutte contre la recrudescence du mouvement Al-Qaïda dans la péninsule Arabique ( Aqap).

Le Yémen est le théâtre depuis la mi-février de manifestations, en pleine escalade, réclamant le départ du président Ali Abdallah Saleh au pouvoir depuis 33 ans.

M. Saleh a promis auparavant qu’il ne briguerait pas de nouveau mandat et ne transmettrait pas le pouvoir à son fils, s’engageant à préparer un transfert du pouvoir au Parlement d’ici la fin de l’année, et appelant l’opposition à revenir au dialogue.

________________________ 1 – L’Express avec Reuters

18/03 Au moins 84 blessés dans des affrontements au Yémen

Mohamed Ghobari, Henri-Pierre André et Bertrand Boucey
pour le service français

Les forces de sécurité yéménites ont tiré à balles réelles et utilisé des grenades lacrymogènes jeudi contre des manifestants exigeant le départ du président Ali Abdallah Saleh, faisant au moins 84 blessés, rapportent des opposants.

Des manifestants ont fait état de 80 blessés à Taïz, dans le sud du Yémen, tandis que quatre autres personnes ont été touchées à Sanaa, la capitale, lorsque la police a ouvert le feu et lancé des grenades lacrymogènes.

Mercredi, 150 personnes ont déjà été blessées à Houdaïda, sur la mer Rouge, lors d’une intervention similaire des forces de sécurité contre un rassemblement anti-Saleh.

Le président yéménite, au pouvoir depuis 32 ans, est confronté depuis des semaines à un mouvement de contestation inspiré des soulèvements populaires tunisien et égyptien.

Opposants et partisans du chef de l’Etat organisent régulièrement des rassemblements distincts et semblent recourir de plus en plus fréquemment à la violence.

Des opposants assurent toutefois que les dernières manifestations hostiles au pouvoir en place n’ont donné lieu à aucun débordement de la part des protestataires.

Les Etats-Unis soutiennent Ali Abdallah Saleh dans sa lutte contre la présence sur le sol yéménite de la branche d’Al Qaïda dans la péninsule arabique (Aqpa).

L’administration américaine a cependant condamné les violences entre partisans et adversaires du président yéménite et elle a défendu le droit à manifester pacifiquement. Elle insiste en outre sur la nécessité d’un dialogue politique pour résoudre la crise actuelle.

D’après un site internet gouvernemental, trois rebelles soupçonnés de liens avec Al Qaïda ont été tués jeudi dans une attaque contre un barrage de militaires dans la province de Marib.

19/03/11 (B595) Nouvelles de Somalie – Les affrontements entre les insurgés Shebab et les troupes gouvernementales ont fait au moins 17 civils tués – 62 soldats somaliens, tués – au moins 17 civils tués dans des combats depuis mardi – Une attaque fait 13 morts en Somalie (4 articles)

_________________ 4 – Afreekelection

Somalie – Les affrontements entre les insurgés Shebab et les troupes gouvernementales ont fait au moins 17 civils tués

Par Diane Aboa

Les violents affrontements entre les insurgés Shebab et les troupes gouvernementales appuyées par la force de l’Union Africaine (Ua) ont fait au moins 17civils tués et 30 blessés ce mardi dans la capitale somalienne Abdallashideye.

«Le nombre de victimes confirmé pour le moment atteint 17 au moins,11 ont péri en fin de journée hier et six autre ont été tuées dans des tirs d’artilleries cette nuit. Les ambulances ont également récupéré 30 blessés» selon Hassan Mohammed, un employé du service des ambulances de Mogadiscio.

La plupart des victimes sont enregistrées dans la zone du marché de Bakara, le plus grand de la ville, situé dans le sud de la capitale.

Les affrontements entre Shebab et Forces gouvernementales soutenues par l’Union africaines (l’Amison) sont quasi-quotidiens dans la capitale somalienne. Et les civiles en sont souvent les principales victimes. L’Etat somalien a lancé une vaste offensive il y’a près d’un mois dans plusieurs régions du Centre-Sud de la Somalie pour nettoyer les insurgés islamistes radicaux qui se réclament d’Al-Qaïda.

Les troupes gouvernementales composées de 9.000 hommes ont progressé dans Mogadiscio en délogeant les Shebab de deux positions stratégiques du nord de la ville. Le président somalien Sharif Cheikh Ahmed a signifié que : «les forces somaliennes sont entrain de gagner la guerre pour mettre fin aux menaces des membres d’Al-Qaïda et de leurs partisans en Somalie».

Les forces gouvernementales bénéficient dans les zones frontalières du soutien des forces éthiopiennes en vue de mener à bien leur combat contre Al-Qaïda.

_________________ 3 – IRIB (Radio)

Somalie: 62 soldats somaliens, tués

Au moins, 62 soldats somaliens, ont été tués, lundi soir, lors d’affrontements avec les effectifs du groupe "al-Shebab", dans la ville de Belet-hawo, au sud de la Somalie. 33 autres soldats ont été blessés, au cours de ces affrontements, selon le correspondant de Press TV, à Mogadiscio.

En outre, des dizaines d’effectifs du groupe "al-Shebab", aussi, ont été tués ou blessés, lors de combats sanglants. Ces derniers contrôlent, actuellement, la ville de Belet-hawo, située, au sud de la Somalie.

Depuis 1991, la Somalie est livrée à une guerre civile qui a laissé, jusqu’à présent, plusieurs millions de morts et de déplacés.

_________________ 2 – Romandie News avec AFP

16/03 Somalie: au moins 17 civils tués dans des combats depuis mardi

Au moins 17 civils ont été tués dans des combats à l’artillerie lourde opposant depuis mardi soir les insurgés shebab aux troupes gouvernementales appuyées par la force de l’Union africaine (Amisom), a-t-on appris mercredi de source médicale et auprès de témoins.

"Le nombre de victimes confirmées pour le moment atteint 17: 11 ont péri en fin de journée hier (mardi) et six autres ont été tués dans des tirs d’artillerie cette nuit", a rapporté à l’AFP un employé du service des ambulances de Mogadiscio, Hassan Mohamud.

"Les ambulances ont également récupéré près de 30 blessés", a-t-il ajouté.

Les combats se sont concentrés dans le sud de Mogadiscio, notamment aux abords du marché de Bakara, le plus grand de la ville.

Les combats avaient nettement diminué d’intensité mercredi matin mais des tirs sporadiques d’artillerie se faisaient encore entendre, selon un correspondant de l’AFP.

_________________ 1 – Metro (Canada) avec AP

15/03 Une attaque fait 13 morts en Somalie

Un responsable médical a fait savoir mardi qu’une attaque au mortier a fait au moins 13 morts à Mogadiscio, la capitale de la Somalie.

Ali Muse, le directeur des services ambulanciers de la ville, ajoute que la majorité des victimes ont été trouvées au marché Bakara et près du palais présidentiel. Il précise que 21 autres personnes ont été blessées.

Les combats de mardi sont survenus après des semaines d’affrontements acharnés entre les troupes gouvernementales, appuyées par les Nations unies, et les rebelles. Les soldats de l’Union africaine qui épaulent le gouvernement ont récemment pris le contrôle de plusieurs secteurs auparavant sous le joug des rebelles.

L’Union africaine a indiqué mardi, par voie de communiqué, avoir arrêté trois soldats qui auraient blessé des civils après avoir ouvert le feu de manière imprudente. Une commission d’enquête a recommandé qu’ils soient traduits devant un tribunal militaire en Ouganda.

La Somalie est sans gouvernement central depuis plus de 20 ans.

19/03/11 (B595) Yémen Express – près de 200 blessés parmi des manifestants à Hodeïda – les partisans du gouvernement attaquent les manifestants à Al-Hodeïda – quatre journalistes étrangers expulsés – 40 manifestants blessés – remaniement ministériel sur fond de tensions croissantes – la contestation prend une tournure plus violente – sept manifestants, dont un enfant, tués par la police – Cinq morts, dont un écolier (8 articles)

____________________ 8 – Le Parisien avec AFP

17/03 Yémen: près de 200 blessés parmi des manifestants à Hodeïda

Près de 200 manifestants ont été blessés, dont dix par balle, lors de la dispersion mercredi d’un sit-in hostile au régime à Hodeïda, dans l’ouest du Yémen, selon des sources médicales.

La police a ouvert le feu et lancé des grenades lacrymogènes sur les protestataires rassemblés dans cette ville portuaire de la mer Rouge, alors que des partisans du régime les attaquaient à l’arme à feu, à coups de bâtons et de pierres, ont indiqué ces sources.

Près de 200 personnes ont été blessées parmi lesquelles dix par balle, une vingtaine par des armes blanches et une trentaine par des pierres, ont précisé des médecins qui gèrent un centre d’urgence sur le lieu du sit-in.

Selon des organisateurs du rassemblement, certains ont été intoxiquées par les gaz lacrymogènes, tirés par les forces de l’ordre.

Une quarantaine de personnes ont été tuées dans les troubles au Yémen depuis le début fin janvier du mouvement de contestation appelant au départ du président Ali Abdallah Saleh, au pouvoir depuis 32 ans.

Dans la ville de Jouf, au nord-est de Sanaa, les combats se sont poursuivis pour la troisième journée consécutive entre des partisans du parti au pouvoir, le Congrès populaire général (CPG) et des sympathisants de l’opposition, selon un responsable local. Trois partisans du CPG ont été blessés.

Les affrontements revêtent un caractère tribal, les partisans du CPG faisant partie des tribus d’Al-Hamad et Al-Hadra alors que les opposants appartiennent à d’autres tribus.

Un opposant avait été tué mardi dans un affrontement dans cette ville frontalière de l’Arabie saoudite.

Les partisans du régime tentaient de déloger les opposants retranchés depuis lundi dans les bureaux du siège du gouverneur de la province, selon des témoins.

____________________ 7 – Nouvel Obs avec AP

17/03 Yémen: les partisans du gouvernement attaquent les manifestants à Al-Hodeïda

Des partisans du gouvernement, armés de bâtons, de couteaux et d’armes à feu, s’en sont pris aux manifestants de l’opposition installés en campement sur une place d’Al-Hodeïda, ville portuaire dans le sud du Yémen, les affrontements faisant des centaines de blessés, selon des témoins.

D’après les témoins, les partisans du président Ali Abdallah Saleh étaient au moins 10.000. Il s’en sont pris à environ 4.000 manifestants de l’opposition dans ce port situé sur la Mer rouge. La police est intervenue pour séparer les deux camps à coups de gaz lacrymogènes, la plupart des blessés souffrant d’intoxication après avoir inhalé ces gaz.

Selon des témoins s’exprimant sous le couvert de l’anonymat, ces assaillants étaient des membres de la police secrète et des « voyous à la solde du gouvernement ».

Depuis un mois, les Yéménites manifestent quotidiennement pour réclamer le départ du président, au pouvoir depuis 32 ans. Ces dernières semaines, la répression des manifestations s’est intensifiée, la police ouvrant le feu sur la foule et des hommes en civil s’en prenant également violemment aux manifestants.

Mardi, les pro-gouvernementaux à Al-Hodeïda ont mis le feu au siège local du parti Al-Islah, un des principaux partis d’opposition. Une attaque qui a fait cinq blessés, selon le parti.

Toujours mercredi, mais dans la province de Taïz, huit jeunes femmes ont été blessées lors de la dispersion d’une manifestation étudiante contre Saleh.

____________________ 6 – Nouvel Obs avec AP

15/03 Yémen: quatre journalistes étrangers expulsés

Quatre journalistes, deux Américains et deux Britanniques, ont été expulsés lundi du Yémen après avoir été détenus pendant plusieurs heures à Sanaa, la capitale.

L’un d’eux, Oliver Holmes, un journaliste britannique, a expliqué que cinq agents de sécurité armés les avaient interpellés lundi matin dans l’appartement qu’ils partagent à Sanaa. Selon M. Holmes, un de ces agents leur a dit qu’ils devaient partir à cause des articles qu’ils écrivaient.

Ces arrestations surviennent alors que le Yémen est secoué depuis des semaines par un mouvement de contestation contre le président Ali Abdullah Saleh, au pouvoir depuis 32 ans.

Lundi, un gouverneur provincial a été blessé d’un coup de poignard dans le cou par plusieurs agresseurs, et une soixantaine d’autres personnes ont été blessées dans le pays lors de confrontations entre les forces de sécurité et des manifestants

____________________5 – Le Figaro avec AFP

15/03 Yémen/Sanaa: 40 manifestants blessés

Près de quarante manifestants ont été blessés par balles lors de manifestations aujourd’hui dans deux villes au nord-est et à l’est de Sanaa, ont indiqué des témoins et des responsables locaux.

Vingt manifestants ont été blessés en tentant de prendre d’assaut le siège de la province de Jouf, au nord-est de Sanaa, ont indiqué ces sources. Les forces de sécurité, gardant le bâtiment, et des partisans du régime, ont ouvert le feu sur les assaillants. Deux des partisans du Congrès populaire général (CPG – du président Saleh) ont été blessés par des jets de pierre, selon ces sources.

A Marib, à l’est de la capitale, des manifestants ont également marché sur le siège du gouverneur mais ont été repoussés par des tirs des forces de l’ordre, selon des responsables locaux. Dix-sept manifestants ont été blessés, selon ces sources.

C’est la première fois que des incidents violents sont signalés dans des villes situées dans cette région qui connaît également des protestations contre le régime du président Ali Abdallah Saleh. Un manifestant a été tué hier par la police à Aden (sud), et les manifestants à Sanaa ont subi une attaque en règle de partisans du régime, au lendemain de la journée la plus sanglante depuis le début de la contestation fin janvier, pendant laquelle sept manifestants ont été tués.

_____________ 4 – Quotidien du Peuple avec Xinhua

15/03 Yémen : remaniement ministériel sur fond de tensions croissantes

Le président yéménite Ali Abdullah Saleh a nommé deux nouveaux ministres dimanche alors que les manifestations s’amplifient depuis des semaines pour réclamer la fin de son régime, en place depuis 33 ans.

M. Saleh a remplacé le ministre des Affaires religieuses Hamoud al-Hitar par le ministre de la Jeunesse et des Sports Hamoud Mohammed Abad, selon un décret officiel rendu public sur le site internet de l’agence de presse Saba.

Le président a également nommé Aref Awad al-Zoka nouveau ministre de la Jeunesse et des Sports, à l’occasion du remaniement de son gouvernement.

Le Yémen est le théâtre de manifestations appelant à des réformes politiques et économiques depuis le début de l’année.

Le 22 janvier, le président yéménite avait limogé le ministre du Commerce et de l’Industrie Yahya al-Mutawakil, remplacé par le vice-ministre de la Planification et de la Coopération internationale Hisham Sharaf Abdullah, toujours selon Saba.

_______________________ 3 – Nouvel Obs

14/03 Yémen : la contestation prend une tournure plus violente

Un manifestant a été tué par des tirs de la police à Aden. Les Etats-Unis se disent « profondément préoccupés » par les violences au Yémen qui ont fait 8 morts et de nombreux blessés ces derniers jours.

L’opposition yéménite a appelé « tout le peuple à intensifier les sit-in et les manifestations dans toutes les régions, afin (que le chef de l’Etat) n’ait plus qu’une seule option, le départ » AFP

Les manifestants à Sanaa ont subi dimanche 13 mars une attaque en règle de partisans du régime, au lendemain de la journée la plus sanglante au Yémen depuis le début des marches exigeant le départ du président Ali Abdallah Saleh fin janvier.

Un manifestant a été tué par des tirs de la police anti-émeutes dimanche après une attaque menée par des protestataires contre un poste de police dans le quartier de Dar Saad à Aden, a-t-on appris de source médicale.

« Un manifestant, Nafee Ali Naji, 25 ans, a été mortellement touché par les tirs des unités anti-émeutes qui sont arrivées à Dar Saad après une attaque contre le poste de police du quartier », a déclaré un membre du personnel de l’hôpital Naqib, où le corps de la victime a été transporté.

Des témoins ont précisé que les policiers pourchassaient les manifestants dans les ruelles du quartier après l’attaque contre le poste de police durant laquelle dix fusils d’assault AK-47 ont été pris et trois véhicules de la police incendiés.

Samedi, à travers le pays sept manifestants, dont un enfant de 12 ans, ont été tués par balles et des centaines de personnes ont été blessées par des gaz toxiques dans la violente dispersion par la police de protestataires. Les autorités ont nié l’utilisation de gaz autres que lacrymogènes.

Les Etats-Unis ont réagi dans un communiqué du département d’Etat affirmant : « Les Etats-Unis sont profondément préoccupés par les informations faisant état de morts et de blessés dans les manifestations qui ont eu lieu au Yémen au cours de la semaine écoulée », écrit le porte-parole de la diplomatie américaine, Philip Crowley, en présentant les condoléances des Etats-Unis aux proches des victimes.

« La violence doit cesser immédiatement »

« La violence doit cesser immédiatement. Nous appelons le gouvernement yéménite à enquêter rapidement sur ces incidents et à faire le nécessaire pour protéger le droit de tous ses citoyens, en accord avec les engagements du président (yéménite Ali Abdallah) Saleh », poursuit le communiqué du département d’Etat américain.

Le chef de l’ONU, Ban Ki-moon s’est déclaré « très inquiet » de la détérioration de la situation au Yémen et condamné « l’usage excessif de la force » contre « des manifestants pacifiques ». Il a appelé à la plus grande retenue, exhortant le gouvernement et l’opposition à commencer un dialogue authentique et large ».

« Les assaillants ont tiré à balles réelles »

Dimanche, des dizaines de manifestants ont été blessés sur la place de l’Université de Sanaa, épicentre de la contestation, dans une attaque des policiers soutenus par des partisans du régime, ont indiqué des témoins. Les heurts ont commencé lorsque des policiers et des partisans du Congrès populaire général (CPG-parti présidentiel), ont attaqué les protestataires, selon les témoins.

« Les assaillants ont tiré à balles réelles et tiré des gaz lacrymogènes », a indiqué l’un d’eux, ajoutant que les « blessés se comptent par dizaines et sont soit atteints par des tirs, soit souffrent de suffocations ».

Samedi, deux personnes ont été tuées à Sanaa, l’un par des tirs de la police sur des manifestants qui campent depuis le 21 février sur la place de l’Université et l’autre par les tirs d’un sniper.

Depuis samedi soir, de nouveaux groupes de contestaires viennent se joindre au sit-in, alors qu’à Taëz, autre centre de la contestation de la capitale, cinq manifestants ont été blessés par les tirs de la police, selon un responsable local.

Quatre manifestants tués à Aden dans des émeutes nocturnes

A Aden, ville du sud rétive et à la pointe de la contestation du chef de l’Etat, quatre manifestants ont été tués dans des émeutes nocturnes lors desquelles un poste de police a été incendié par des centaines de personnes en colère, alors que d’autres bloquaient les rues avec des pneus enflammés.

Le quartier de Dar Saad a notamment été le théâtre d’affrontements pendant la nuit entre manifestants et policiers. Selon un témoin, des membres des forces de sécurité se sont postés sur les toits des immeubles près d’un poste de police et ont tiré sur les manifestants. Deux des quatre morts à Aden ont été atteints par balles à la tête, selon des médecins.

A Moukalla, dans le sud-est du pays, un écolier de 12 ans a été tué dans la dispersion par la police d’une manifestation. L’annonce de la mort de l’écolier a provoqué des manifestations spontanée, durant lesquels six manifestants ont été blessés par balle.

Au pouvoir depuis 32 ans, Ali Abdallah Saleh, un allié de Washington dans la lutte contre Al-Qaïda, a multiplié en vain les gestes d’apaisement face à une révolte qui ne se calme pas dans ce pays du sud de la péninsule arabique miné par un chômage chronique et une pauvreté endémique.

Vendredi, l’Onu avait annoncé que 37 militants et au moins six agents de sécurité avaient été tués depuis le début des troubles fin janvier.

Face à l’escalade, la Grande-Bretagne et les Pays-Bas ont appelé leurs ressortissants à quitter le Yémen, Londres condamnant des « violences inacceptables ».

_______________________ 2 – Le Parisien avec AFP

14/03 Yémen : sept manifestants, dont un enfant, tués par la police

Après la violente intervention de la police contre le sit-in de la place de l’Université, les manifestants blessés ont été soignés dans une mosquée voisine.

La contestation populaire ne faiblit pas au Yémen, où l’on déplorait samedi cinq nouveaux morts, tombés sous les balles des policiers. De source médicale, un écolier de 12 ans a été tué par des tirs de la police à Moukalla, dans le sud-est du pays, lors d’une manifestation de plusieurs centaines d’élèves contre le régime.

A Sanaa, un manifestant a été tué dans l’attaque du sit-in réclamant le départ du président Ali Abdallah Saleh. Un troisième manifestant a été tué dans l’après-midi par les tirs d’un sniper alors qu’il tentait de se joindre à ce sit-in avec d’autres jeunes.

En fin de journée, on apprenait de source hospitalière un quatrième décès à Aden, provoquant la colère de centaines de personnes qui ont incendié un poste de police dans le quartier de Dar Saad. La police a répliqué pour disperser les manifestants touchant mortellement l’un d’eux. Deux autres personnes blessées lors de la dispersion sont décédées dimanche, ce qui porte à sept le nombre de victimes.

Tirs à balles réelles et gaz toxiques

Samedi, selon les organisateurs du sit-in à Sanaa, la police a lancé un assaut à l’aube contre les manifestants qui campent depuis le 21 février sur la place de l’Université, tirant à balles réelles et lançant des grenades lacrymogènes. Outre le manifestant tué, près de autres ont été 300 blessés, dont 30 par balles, et d’autres intoxiqués par les gaz. Le comité médical formé par les contestataires a accusé les forces de sécurité d’employer des gaz toxiques. En milieu de matinée, les forces de sécurité ont bloqué tous les accès à la place, épicentre de la contestation contre le président Saleh. Des tirs étaient toujours entendus.

Au pouvoir depuis 32 ans, le chef de l’Etat s’était engagé dans un discours jeudi à «continuer de protéger» les manifestants, qu’ils soient pour ou contre son régime. L’assaut de la police, samedi, est intervenu après que des manifestants ont étendu pendant la nuit leur camp de toile à plusieurs rues proches de la place de l’Université : ils ont ainsi dépassé les blocs de béton installés par la police pour marquer la limite autorisée au sit-in. Dans la nuit de mardi à mercredi, la police avait attaqué le campement pour la même raison, et un étudiant avait été tué.

Jets de pierres contre les policiers

«Dès trois heures du matin, la police a tenté de démonter des tentes et d’arracher des haut-parleurs dans les rues voisines de la place de l’Université, mais nous les en avons empêchés», explique Mohammad Saïd, un étudiant de 20 ans. Selon lui, la police est revenue deux heures plus tard avec des renforts.

«Ils ont commencé à tirer des balles réelles et des grenades lacrymogènes mais n’ont pas pu nous déloger», a-t-il assuré. Certains manifestants ont lancé des pierres sur les policiers, d’après des témoins.

Un médecin membre du comité médical mis en place par les organisateurs assure que les forces de sécurité ont employé des gaz inervants. «Ce ne sont pas des gaz lacrymogènes, mais des gaz toxiques qui paralysent le système nerveux et l’appareil respiratoire et provoquent des évanouissements», explique le docteur Hassan al-Joshaai, spécialiste du système nerveux.

Ce médecin affirme que neuf manifestants ont été atteints par ces symptômes lors du premier assaut mardi soir. «Nous avons demandé aux autorités de nous fournir le traitement adéquat et nous attendons toujours», déplore-t-il.

La répression du mouvement de contestation au Yémen a déjà fait une trentaine de morts.

_______________________ 1 – L’Alsace

14/03 Yémen Cinq morts, dont un écolier

Hier à l’aube, un manifestant a été tué et « près de trois cents » autres ont été blessés (ici, la foule de protestataires laisse passer une ambulance) durant l´attaque, par la police, d´un campement d’opposants au régime, installé depuis le 21 février sur la place de l´Université à Sanaa. Les forces de l’ordre ont tiré à balles réelles, bien que le président Saleh se soit engagé, jeudi, à « continuer de protéger » les manifestants.

Un autre homme a été abattu alors qu’il tentait de se joindre, avec d´autres, au sit-in de l’Université.

À Moukalla, dans le sud-est, c’est un écolier de douze ans qui a été touché par des tirs de la police. Enfin, à Aden, un homme, qui tentait, avec d’autres manifestants, de mettre le feu à un poste de police, a été abattu

13/03/11 (B595) Nouvelles de Somalie – Le Burundi envoie 1.000 soldats en renfort à Mogadiscio – au moins quinze tués dans des combats dans le centre – l’UA réclame une augmentation du soutien international – poursuite de l’offensive jusqu’à « l’élimination » des islamistes shebab – Accusés de liens avec les shebabs somaliens : Le Kenya recherche 7 suspects (6 articles)

_____________________ 6 – 20 minutes (France)

Le Burundi envoie 1.000 soldats en renfort à Mogadiscio

Le Burundi a envoyé 1.000 soldats supplémentaires à Mogadiscio dans le cadre de la force de maintien de la paix de l’Union africaine en Somalie (Amisom), a annoncé samedi un porte-parole de l’armée.

«Nous avons déployé 1.000 soldats à Mogadiscio il y a deux jours. Nous les avons envoyés pour renforcer nos forces à Mogadiscio», a déclaré de Bujumbura le lieutenant-colonel Jastace Ciza.

Le contingent de l’Amisom, formé essentiellement de soldats ougandais et burundais, s’élevait à 8.000 soldats avant cette annonce, dont 3.400 Burundais.


______________________ 5 – AFP

Somalie: au moins quinze tués dans des combats dans le centre

Au moins quinze personnes, en majorité des combattants, ont été tuées vendredi dans le centre de la Somalie dans des combats entre insurgés islamistes shebab et miliciens pro-gouvernementaux, a-t-on appris de sources concordantes.

Les violences ont éclaté dans un village proche de la ville de Dhusamareb, où les shebab affirment avoir repoussé une attaque d’une milice soufi pro-gouvernementale, soutenue par l’armée éthiopienne, selon eux.

"L’armée éthiopienne et leurs alliés des milices apostats ont attaqué à l’aube nos positions dans le village de El-Laheley", a déclaré au cours d’une conférence de presse à Mogadiscio un porte-parole des shebab, Sheikh Abudlaziz Abu-Musab.

"Après de violents combats, nous les avons repoussés et avons anéanti leur plan de pénétrer nos positions", a assuré ce porte-parole.

"Ils ont fui, laissant douze de leurs cadavres sur le terrain. Nous avons également détruit un de leurs véhicules", a-t-il affirmé.

Interrogés au téléphone par l’AFP, des habitants ont confirmé ce bilan, faisant état également d’au moins trois civils tués.

"La situation est revenue au calme et les miliciens (pro-gouvernementaux) ont fait retraite", a précisé un notable local, Muhidin Moalim Abdikarin.

Aucun responsable de cette milice soufi alliée au gouvernement de transition (TFG), Ahlu Sunna wal Jamaa, n’était joignable pour commenter ces informations.

Les forces pro-gouvernementales somaliennes, soutenues à Mogadiscio par la force de l’Union africaine (Amisom), ont lancé le 19 février une vaste offensive en plusieurs régions du centre-sud de la Somalie, sous contrôle shebab.

L’offensive en cours se déroule sur au moins quatre fronts — Mogadiscio, le sud du pays à la frontière avec le Kenya et l’Ethiopie, et les régions de Beldeweyene (centre ouest) et Dhusamareb (centre)– avec l’objectif apparent d’étirer les lignes shebab.

Les forces pro-TFG bénéficient dans les zones frontalières du soutien des forces éthiopiennes, selon des témoignages concordants.

_______________________ 4 – Radio Chine avec XINHUA

12/03 Somalie : l’UA réclame une augmentation du soutien international

L’Union africaine (UA) a réclamé jeudi un renforcement du soutien international pour faire face à la crise en Somalie alors que le mandat du gouvernement de transition de ce pays va expirer en août.

Cet appel a été lancé par le représentant spécial de l’UA pour la Somalie, l’ambassadeur Boubacar Diarra lors d’un débat au Conseil de sécurité de l’ONU sur la Somalie.

La situation en situation demeure "une menace claire à la paix internationale. Une réponse solide de la communauté internationale est nécessaire", a-t-il indiqué.

L’UA souhaite voir l’adoption, au plus tôt, d’une nouvelle constitution en Somalie, a-t-il dit.

Selon le représent spécial de l’UA, le gouvernement somalien contrôle actuellement environ 60% de Mogadiscio, capitale du pays.

_______________________ 3 – AFP

11/03 Somalie: poursuite de l’offensive jusqu’à "l’élimination" des islamistes shebab

Le président somalien Sharif Cheikh Ahmed a assuré que la vaste offensive engagée depuis le mois dernier contre les insurgés islamistes shebab se poursuivrait jusqu’à "l’élimination" de ces derniers, tandis que des combats se poursuivaient jeudi en plusieurs points du pays.

Les forces pro-gouvernementales somaliennes ont gagné des territoires sur les shebab, qui ont fait voeu d’allégeance à Al-Qaïda, à Mogadiscio et en plusieurs points de la Somalie, depuis le début de cette offensive le 19 février dernier selon des témoignages concordants.

Cette opération est soutenue par la force de l’Union africaine à Mogadiscio, par des milices alliées ainsi que par des forces éthiopiennes, selon des témoignages sur place.

"Les forces somaliennes sont en train de gagner la guerre pour mettre fin aux menaces des membres d’Al-Qaïda et de leurs partisans en Somalie", a affirmé le président somalien, qui a effectué mercredi soir une visite impromptue sur plusieurs sites récemment repris aux milices islamistes à Mogadiscio.

"L’offensive militaire ne s’arrêtera pas tant que nous n’aurons pas éliminé de notre territoire les éléments terroristes", a ajouté Sharif Cheikh Ahmed.

L’offensive en cours se déroule sur au moins trois fronts — Mogadiscio, le sud du pays à la frontière avec le Kenya et l’Ethiopie, et la région de Beldeweyene (centre ouest) — avec l’objectif apparent d’étirer les lignes shebab.

A Beledweyne, à 300 km au nord de Mogadiscio, des centaines de combattants shebab équipés d’armes lourdes ont pris position à proximité de l’aéroport.

"Les combattants shebab renforcent leurs positions à la sortie de la ville tandis que les forces gouvernementales sont déployées à proximité immédiate, les combats paraissent imminents", a témoigné un habitant, Mohamed Agey.

Le groupe armé soufi Ahlu Sunna wal Jamaa, allié aux forces gouvernementales, a de son côté attaqué jeudi un bastion militaire shebab dans la localité de God-Dhurwa (centre de la Somalie), suscitant un échange de tirs à l’arme lourde, a rapporté un responsable du mouvement soufi, Cheik Daud Moalim Abdulahi.


_______________________ 2 – Radio Chine avec XINHUA

11/03 La Chine soutient le processus de paix en Somalie

La Chine soutient le processus de paix en Somalie et va aider à promouvoir le processus politique dans ce pays ravagé par la guerre, a déclaré mercredi à New York l’ambassadeur de Chine auprès de l’ONU, Li Baodong, dont le pays assume la présidence tournante du Conseil de sécurité de l’ONU pour le mois de mars.

Au cours d’un entretien au siège de l’ONU avec Mohamed Abdullahi Mohamed, le Premier ministre du gouvernement de transition de Somalie, M. Li l’a informé de l’avancée des travaux préparatoires au débat sur la question somalienne, prévu jeudi au Conseil de sécurité.

M. Li a déclaré que la Chine avait toujours soutenu le processus de paix en Somalie, et que son pays soutenait le gouvernement de transition dans ses efforts pour promouvoir le processus politique et la réconciliation nationale, dans le cadre de l’accord de Djibouti.

Il a déclaré que le débat au Conseil de sécurité mettrait l’accent sur la recherche d’une solution appropriée au problème somalien, via une stratégie globale.

M. Abdullahi a fait l’éloge des relations entre la Somalie et la Chine et a remercié Beijing d’avoir pris l’initiative d’organiser un débat ouvert. Il a également émis l’espoir que la Chine puisse continuer à jouer un rôle important dans la résolution du problème somalien.

_______________________ 1 – Biladi.fr

10/03 Accusés de liens avec les shebabs somaliens : Le Kenya recherche 7 suspects

La police kenyane a publié lundi les noms de 7 nationaux qu’elle recherche et qu’elle accuse d’appartenir à un "vaste réseau" de terroristes liés aux shebabs somaliens, responsables de récentes attaques sur le sol kenyan, rapportent des agences de presse citant la police. Les enquêtes sur l’assassinat en décembre 2010 de deux policiers ont révélé que "les deux auteurs étaient récemment partis en Somalie où ils ont été entrainés par les shebabs," les insurgés somaliens liés à Al-Qaïda, indique un communiqué de la police.

Les deux suspects avaient été tués après leur attaque. "L’enquête a révélé un vaste réseau d’autres suspects au même profil qui, d’après des témoins indépendants, ont été impliqués dans plusieurs récentes attaques à la grenade dans Nairobi", ajoute le texte.

La police a publié le nom de sept de ces suspects recherchés. Parmi ces attaques, figure l’attentat à la grenade en juin 2010 contre une réunion politique publique dans Nairobi, ainsi qu’une autre attaque contre un autocar qui a fait trois tués. Al-Qaïda, à laquelle les shebabs somlaliens sont liés, a revendiqué l’attaque contre l’ambassade américaine dans Nairobi en 2002. Selon des sources sécuritaires, les forces du gouvernement somalien, qui combattent les shebabs, sont entrainées au Kenya et des opérations militaires sont menées contre les alliés d’Al-Quaïda depuis la frontière kenyane.