10/02/11 (B590-B) OMCT / FIDH /Observatoire pour la protection des Défenseurs des Droits de l’Homme. Nouveau communiqué ce soir, à propos de l’arrestation et de l’incarcération de Jean-Paul Noël Abdi, de Farah Abadid Heldid et de plusieurs militants de l’UAD.

Nouvelles informations
DJI 001 / 0211 / OBS 016.1
Détention arbitraire / Harcèlement judiciaire Djibouti

Le 10 février 2011

L’Observatoire pour la protection des défenseurs des droits de l’Homme, programme conjoint de la Fédération internationale des ligues des droits de l’Homme (FIDH) et de l’Organisation mondiale contre la torture (OMCT), a reçu de nouvelles informations et vous prie d’intervenir de toute urgence sur la situation suivante à Djibouti.

Nouvelles informations :

L’Observatoire a été informé de la poursuite de la détention de M. Jean-Paul Noël Abdi, président de la Ligue djiboutienne des droits humains (LDDH), et de l’existence de charges à son encontre.

Selon les informations reçues, le 9 février 2011 vers 17 heures, M. Jean-Paul Noël Abdi et M. Farah Abadid Heldid, membre de la LDDH arrêté le 5 février 2011, ont été déferrés devant le parquet de Djibouti, et accusés de "participation à un mouvement insurrectionnel" sur la base des articles 145 et 146.4 du Code pénal djiboutien. Ils ont ensuite été placés sous mandat de dépôt, et restent actuellement détenus à la prison de Gabode. Ils encourent jusqu’à quinze ans de réclusion criminelle et une amende de 7 000 000 Francs djiboutiens.

L’Observatoire craint que ces accusations aient été portées contre ces derniers pour leur prétendu soutien au "mouvement" des étudiants et lycéens qui manifestent depuis plusieurs jours dans les rues de Djibouti – sévèrement réprimé. Plusieurs dizaines de lycéens, étudiants et membres de l’opposition demeurent toujours détenus de façon arbitraire à la prison de Gabode et au centre de rétention de Nagad (cf. rappel des faits). M. Jean-Paul Noël Abdi a en réalité dénoncé la répression par les autorités de Djibouti de ces manifestations des étudiants et l’arrestation arbitraire de M. Farah Abadid Heldid.

L’Observatoire demande par conséquent la libération immédiate et inconditionnelle de M. Jean-Paul Noël Abdi et M. Farah Abadid Heldid, ainsi que l’abandon des poursuites fallacieuses à leur encontre.

L’Observatoire souligne par ailleurs que ces poursuites interviennent dans un contexte pré-électoral tendu en vue de la prochaine élection présidentielle prévue pour le 8 avril et marqué par les manipulations de la Constitution, qui permettraient au chef de l’État de briguer un troisième mandat. Dans ce contexte, l’Observatoire craint un accroissement du musellement des voix dissidentes.

Rappel des faits :

Le 9 février 2011 au matin, M. Jean-Paul Noël Abdi a été arrêté par des éléments de la Gendarmerie nationale et conduit dans les locaux de la Direction de la Gendarmerie nationale située à Djibouti-ville dans le lieu dit de "La Fiche".

L’Observatoire rappelle que ce dernier a fait l’objet de multiples arrestations ces dernières années, et qu’une procédure judiciaire à son encontre est toujours pendante[1].

Actions requises :

L’Observatoire vous prie d’intervenir auprès des autorités de Djibouti et de leur demander de :

i. Garantir en toutes circonstances l’intégrité physique et psychologique de M. Jean-Paul Noël Abdi et M. Farah Abadid Heldid, et de tous les défenseurs des droits de l’Homme djiboutiens ;

ii. Libérer de manière immédiate et inconditionnelle M. Jean-Paul Noël Abdi et M. Farah Abadid Heldid, en ce que son arrestation et sa détention ne semblent viser qu’à sanctionner ses activités de défense des droits de l’Homme ;

iii. Procéder à l’abandon des charges à leur encontre en ce qu’elles ne visent manifestement qu’à sanctionner leurs activités de défense des droits de l’Homme ;

iv. Mettre un terme à toute forme de harcèlement à leur encontre, ainsi qu’à celle de tous les défenseurs des droits de l’Homme à Djibouti, afin qu’ils puissent exercer leur profession et mener leur activité de défense des droits de l’Homme librement et sans entrave ;

v. Se conformer aux dispositions de la Déclaration sur les défenseurs des droits de l’Homme, adoptée par l’Assemblée générale des Nations unies le 9 décembre 1998, et plus particulièrement à son :

– article 1 qui dispose que “chacun a le droit, individuellement ou en association avec d’autres, de promouvoir la protection et la réalisation des droits de l’Homme et des libertés fondamentales aux niveaux national et international”

– article 6(b), qui dispose que “chacun a le droit, individuellement ou en association avec d’autres de publier, communiquer à autrui ou diffuser librement des idées, informations et connaissances su tous les droits de l’Homme et toutes les libertés fondamentales”

– article 12.2, qui dispose que “l’État prend toutes les mesures nécessaires pour assurer que les autorités compétentes protègent toute personne, individuellement ou en association avec d’autres, de toute violence, menace, représailles, discrimination de facto ou de jure, pression ou autre action arbitraire dans le cadre de l’exercice légitime des droits visés dans la […] Déclaration ” ;

vi. Plus généralement, se conformer aux dispositions de la Déclaration universelle des droits de l’Homme et instruments régionaux et internationaux relatifs aux droits de l’Homme ratifiés par Djibouti.

Adresses :

· Son Excellence Ismail Omar Guelleh, Président de la République, Palais Présidentiel, BP 6, Djibouti Ville, République de Djibouti. Tel / Fax : 00 253 35 50 49 / 00 253 35 02 01.

· Monsieur Mohamed Barkat Abdillahi, Ministre de la Justice, des affaires pénitentiaires et musulmanes, chargé des droits de l’Homme, BP 12, Djibouti Ville, République de Djibouti. Tel / Fax : 00 253 35 54 20

· Monsieur Maki Omar Abdoulkader, Procureur de la République, Tel / Fax : 00 253 35 69 90. Email : likmik@caramail.com.

· Monsieur Ali Hassan Bahdon, Ministère de l’Equipement et des Transports, Boulevard Maréchal Joffre, BP 2501, Tel: (253) 35 7913 / Fax: (253) 35 59 79.

· Ambassadeur Mohamed Siad Doualeh, Mission permanente de Djibouti auprès de l’Office des Nations unies à Genève, 19 chemin Louis Dunant, 1202 Genève, Suisse, Fax : + 41 22 749 10 91. Email : mission.djibouti@djibouti.ch

· Ambassade de Djibouti à Bruxelles, 204 avenue F.D. Roosevelt, 1050 Bruxelles, Belgique, Tel : + 32 2 347 69 67, Fax : + 32 2 347 69 63 ; Email : amb_djib@yahoo.fr

Prière d’écrire également aux représentations diplomatiques de Djibouti dans vos pays respectifs.

Paris-Genève, le 10 février 2011

Merci de bien vouloir informer l’Observatoire de toutes actions entreprises en indiquant le code de cet appel.

L’Observatoire, programme de la FIDH et de l’OMCT, a vocation à protéger les défenseurs des droits de l’Homme victimes de violations et à leur apporter une aide aussi concrète que possible.

Pour contacter l’Observatoire, appeler La Ligne d’Urgence :
· E-mail : Appeals@fidh-omct.org
· Tel et fax FIDH : 33 1 43 55 25 18 / 33 1 43 55 18 80
· Tel et fax OMCT : + 41 22 809 49 39 / 41 22 809 49 29

10/02/11 (B590-B) UDDESC – Communiqué de soutien à Jean-Paul Noël Abdi, pour dénoncer son arrestation et sa mise en dépôt à Gabode.

COMMUNIQUE

Nous avions appris le mercredi 09 février 2011 l’arrestation du doyen des défenseurs des droits humaines à Djibouti, en l’occurrence monsieur Jean Paul Abdi Noël, président de la Ligue Djiboutienne des Droits Humaines.

Il fut arrêté à son domicile vers 14h par la gendarmerie et conduit à la brigade nord de la capitale. Comme à l’accoutumé, après avoir subi une batterie d’interrogatoire préparée sous les ordres de Ismaël Omar Guelleh, président de la république de Djibouti, les hommes en uniformes l’ont traduit devant l’appareil judiciaire au environ de 17 h.

Les jugements et les décisions de la justice étant dictés par la haute magistrature du pays, ils reçoivent à 22 h l’ordre de placer monsieur Jean Paul Abdi Noël à la prison centrale de Djibouti, Gabode, sous un mandat de dépôt.

La seule et unique accusation avancée par l’appareil judiciaire, pour l’instant, est instigateur des manifestations populaires contre le régime qui ont lieu ses derniers temps à Djibouti. Un proverbe somalien dit: « Niin la doni dudo kuma jiro », ce qui signifie en française (on invente du tort à celui qu’on veut se débarrasser).

L’UDDESC recommande à Ismaël Omar Guelleh, président de la république de Djibouti, la libération immédiate et sans condition messieurs Jean Paul Abdi Noël, Farah Abadid et tout autre personne détenu arbitrairement dont leur seule faute est d’avoir œuvrer pour la promotion des droits de l’homme et la démocratie.

D’autre part, l’UDDESC rappelle que tout individu qui porte et portera atteinte à l’intégrité physique et morale ainsi qu’aux biens et droits des djiboutiens en général et des défenseurs des droits humains en particuliers seront notés dans la liste des hommes de la terreur.

Vive la république de Djibouti !
Vive l’état de droit !

Secrétaire général de l’UDDESC
Hassan Cher Hared

09/02/11 (B590) ALERTE ROUGE : Jean-Paul Noël Abdi est à Gabode.

Le régime de Guelleh choisit la terreur et la répression violente.


Après avoir été arrêté par les Gendarmes à midi, Jean-Paul Noël Abdi a été présenté dans la soirée à un Juge, qui l’a inculpé, de la façon la plus expéditive possible (selon nos sources) "d’incitation à des manifestations insurectionnelles" et placé immédiatement à Gabode où il va dormir ce soir.

Sept autres personnes ont été présentées en même temps que lui à un Juge pressé et ont été conduites à Gabode. Nous n’avons pas encore leurs identités.

09/02/11 (B590) ALERTE ROUGE. Arrestation de Jean-Paul Noël ABDI, président de la LDDH


Nous venons d’apprendre que Jean-Paul Noël Abdi, le Président de la LDDH a été arrêté à son domicile et qu’il a été conduit "aux fiches".

Nous attendons des informations complémentaires que nous mettrons aussitôt en ligne.

09/02/11 (B590) Appel de l’Observatoire pour la protection des Défenseurs des Droits de l’Homme (FIDH – OMCT)

L’Observatoire pour la protection des défenseurs des droits de l’Homme, programme conjoint de la Fédération internationale des ligues des droits de l’Homme (FIDH) et de l’Organisation mondiale contre la torture (OMCT), vous prie d’intervenir de toute urgence sur la situation suivante à Djibouti.

Description de la situation :

L’Observatoire a été informé de l’arrestation et de la détention de M. Jean-Paul Noël Abdi, président de la Ligue djiboutienne des droits humains (LDDH).

Selon les informations reçues, le 9 février 2011 au matin, M. Jean-Paul Noël Abdi a été arrêté par des éléments de la Gendarmerie nationale et conduit dans les locaux de la Direction de la Gendarmerie nationale située à Djibouti-ville dans le lieu dit de "La Fiche". A l’heure où nous diffusons cet appel urgent, M. Jean-Paul Noël Abdi resterait détenu, et les motifs de son arrestation demeurent encore inconnus.

L’Observatoire craint fortement que cette arrestation ne vise en réalité qu’à sanctionner ses activités de défense des droits de l’Homme, et rappelle que ce dernier a fait l’objet de multiples arrestations ces dernières années, et qu’une procédure judiciaire à son encontre est toujours pendante[1]. M. Jean-Paul Noël Abdi a en outre récemment dénoncé la répression par les autorités de Djibouti de manifestations d’étudiants, au cours du mois de décembre 2010.

L’Observatoire demande instamment aux autorités djiboutiennes de libérer de manière immédiate et inconditionnelle M. Jean-Paul Noël Abdi. Dans l’attente, M. Jean-Paul Noël Abdi devrait immédiatement bénéficier de l’assistance d’un avocat de son choix ainsi que d’un accès aux médicaments dont il a besoin pour traiter son diabète.

L’Observatoire souligne par ailleurs que cette arrestation intervient dans un contexte pré-électoral tendu en vue de la prochaine élection présidentielle prévue pour le 8 avril et marqué par les manipulations de la Constitution, en vue de permettre au chef de l’Etat de briguer un troisième mandat. Dans ce contexte, l’Observatoire craint un accroissement du musellement des voix dissidentes.

Actions requises :

L’Observatoire vous prie d’intervenir auprès des autorités de Djibouti et de leur demander de :

Garantir en toutes circonstances l’intégrité physique et psychologique de M. Jean-Paul Noël Abdi, et de tous les défenseurs des droits de l’Homme djiboutiens ;

Libérer de manière immédiate et inconditionnelle M. Jean Paul Noël Abdi, en ce que son arrestation et sa détention ne semblent viser qu’à sanctionner ses activités de défense des droits de l’Homme ;

Mettre un terme à toute forme de harcèlement à son encontre, ainsi qu’à celle de tous les défenseurs des droits de l’Homme à Djibouti, afin qu’ils puissent exercer leur profession et mener leur activité de défense des droits de l’Homme librement et sans entrave ;

Se conformer aux dispositions de la Déclaration sur les défenseurs des droits de l’Homme, adoptée par l’Assemblée générale des Nations unies le 9 décembre 1998, et plus particulièrement à son :

– article 1 qui dispose que “chacun a le droit, individuellement ou en association avec d’autres, de promouvoir la protection et la réalisation des droits de l’Homme et des libertés fondamentales aux niveaux national et international” ;

– article 6(b), qui dispose que “chacun a le droit, individuellement ou en association avec d’autres de publier, communiquer à autrui ou diffuser librement des idées, informations et connaissances su tous les droits de l’Homme et toutes les libertés fondamentales” ;

– article 12.2, qui dispose que “l’État prend toutes les mesures nécessaires pour assurer que les autorités compétentes protègent toute personne, individuellement ou en association avec d’autres, de toute violence, menace, représailles, discrimination de facto ou de jure, pression ou autre action arbitraire dans le cadre de l’exercice légitime des droits visés dans la […] Déclaration ” ;

Plus généralement, se conformer aux dispositions de la Déclaration universelle des droits de l’Homme et instruments régionaux et internationaux relatifs aux droits de l’Homme ratifiés par Djibouti.

Adresses :

· Son Excellence Ismail Omar Guelleh,
Président de la République,
Palais Présidentiel, BP 6, Djibouti Ville, République de Djibouti.
Tel / Fax : 00 253 35 50 49 / 00 253 35 02 01.

· Monsieur Mohamed Barkat Abdillahi,
Ministre de la Justice, des affaires pénitentiaires et musulmanes, chargé des droits de l’Homme, BP 12, Djibouti Ville, République de Djibouti. Tel / Fax : 00 253 35 54 20

· Monsieur Maki Omar Abdoulkader,
Procureur de la République,
Tel / Fax : 00 253 35 69 90. Email : likmik@caramail.com.

· Monsieur Ali Hassan Bahdon,
Ministère de l’Equipement et des Transports, Boulevard Maréchal Joffre, BP 2501,
Tel: (253) 35 7913 / Fax: (253) 35 59 79.

· Ambassadeur Mohamed Siad Doualeh,
Mission permanente de Djibouti auprès de l’Office des Nations unies à Genève, 19 chemin Louis Dunant, 1202 Genève, Suisse, Fax : + 41 22 749 10 91. Email : mission.djibouti@djibouti.ch

· Ambassade de Djibouti à Bruxelles,
204 avenue F.D. Roosevelt, 1050 Bruxelles, Belgique,
Tel : + 32 2 347 69 67, Fax : + 32 2 347 69 63 ;
Email : amb_djib@yahoo.fr

Prière d’écrire également aux représentations diplomatiques de Djibouti dans vos pays respectifs.

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Paris-Genève, le 9 février 2011

Merci de bien vouloir informer l’Observatoire de toutes actions entreprises en indiquant le code de cet appel.

L’Observatoire, programme de la FIDH et de l’OMCT, a vocation à protéger les défenseurs des droits de l’Homme victimes de violations et à leur apporter une aide aussi concrète que possible. L’Observatoire a été lauréat 1998 du prix des Droits de l’Homme de la République Française.

Pour contacter l’Observatoire, appeler La Ligne d’Urgence :
· E-mail : Appeals@fidh-omct.org
· Tel et fax FIDH : 33 1 43 55 25 18 / 33 1 43 55 18 80
· Tel et fax OMCT : + 41 22 809 49 39 / 41 22 809 49 29

09/02/11 (B590) Communiqué de l’UAD – Union pour l’alternance démocratique "Manifester est un droit sacré"

Union pour l’alternance démocratique (UAD)

Djibouti, le 8 février 2011

Manifester est un droit sacré

Suite à la publication d’un communiqué de l’union pour l’alternance démocratique (UAD) le régime liberticide d’Ismaël Omar Guelleh qui se prévaut d’un soutien populaire mensonger pour se maintenir illégalement au pouvoir, procède à des arrestations arbitraires quotidiennes dans les milieux de l’opposition regroupée sous le sigle UAD.

Après avoir arrêté nos camarades FARAH ABADID HILDID et HOUSSEIN ROBLEH DABAR les 5 et 6 février derniers, ce matin les forces de répression ont arrêté ABDILLAHI ADEN ALI syndicaliste et dirigeant de l’UAD.

Cette campagne de répression politique est destinée à entraver la grande manifestation unitaire de l’opposition nationale contre le troisième mandat illégal et pour le changement démocratique. Pour sa part l’UAD reste fermement déterminée à manifester pacifiquement contre les injustices d’une dictature crépusculaire et pour l’alternance démocratique.

L’UAD condamne ces arrestations arbitraires,
– exige la libération immédiate et sans conditions de ses cadres, militants et de toutes les personnes injustement arrêtées depuis le déclenchement de cette nouvelle vague d’intimidation politique.

Président de l’UAD
ISMAEL GUEDI HARED

09/02/11 (B590) Manifestations des étudiants et des élèves à Djibouti. La presse en parle … (Depuis la mise en ligne des vidéos sur Youtube qui ont été reprises par plusieurs sites dont France 24, ce qui prouve qu’il faut absolument réaliser des vidéos et les diffuser – l’ARDHD peut le faire à la demande …)

__________________________ 2 – Prolet-Planet

Syndrome tunisien, des secousses à Djibouti

L"exemple tunisien , la résistance à un régime corrompu et violent, protégé par des bases militaires française, une base US et maintenant une base japonaise, la résistance à un régime qui attise les violences ethniques produit des secousses et des résistances, dans la jeunesse, comme dans la population

Ces derniers jours, des protestations ont été organisées, réprimées par la police

______________________________ 1 – France 24

"Les étudiants en droit, même les meilleurs élèves, ont tous eu des notes comprises entre 2 et 4 sur 20"

Hadoch, étudiant en droit, a participé aux manifestations.

Les étudiants en droit, même les meilleurs élèves, ont tous eu des notes comprises entre 2 et 4 sur 20. La doyenne de la section juridique nous a dit que ces notes étaient justifiées par les grosses lacunes que nous avons tous. C’est une mascarade. [Selon le journal local, Djibouti24, les professeurs ont reçu l’ordre du ministre de l’Education de "saquer" les étudiants de la filière de droit.]

Des rumeurs persistantes disent que le gouvernement cherche à faire diminuer les chiffres du chômage : il tenterait par tous les moyens de retarder l’entrée des jeunes diplômés sur le marché de l’emploi. Il faut préciser que nous sommes en pleine période pré-électorale et que les chiffres du chômage ne sont pas au beau fixe. [Les élections présidentielles sont prévues le 8 avril 2011].

Le ministre de l’Education a bien sûr démenti ces rumeurs. Il est venu en personne à notre rencontre dimanche après-midi. Il a refusé de réévaluer les notes, mais il nous a assuré que le deuxième semestre se passera mieux. Pour l’instant, les cours ont repris, on attend que les autres filières obtiennent leurs résultats.

"Je reconnais que c’est allé trop loin"

La manifestation de samedi avait commencé pacifiquement. Nous étions allés chercher dans leur classe les élèves des autres filières et à la fin de la matinée, nous avions bloqué la circulation du boulevard de Gaulle, devant la faculté. On avait réussi un blocus dans le calme pour que notre colère soit enfin prise en compte par les autorités.

Mais ensuite, quand les lycéens de l’établissement voisin ont rejoint notre cortège, la police est intervenue. Les lycéens se sont attaqués aux policiers à coups de pierres. Les forces de l’ordre ont répliqué avec des gaz lacrymogènes. Le recteur de l’Université a même été pris à partie, puis transporté à l’hôpital. Je reconnais que c’est allé trop loin.

09/02/11 (B590) Nouveau bilan des manifestations d’étudiants et d’élèves (Par nos correspondants) Ce bilan n’est pas divulgué par les autorités qui le cachent comme un secret (de leur honte ???)…

Selon des sources fiables à Djibouti, les manifestations auraient causé la mort de 7 personnes et fait des dizaines de blessés.

On nous signale par ailleurs que les Commissariats, les brigades de Gendarmerie et les prisons regorgent de nouveaux détenus qui ont été arrêtés durant les manifestations.

La répression bat son plein. Il est temps que les Djiboutiens à l’étranger et les partis et associations qui les représentent, se mobilisent pour obtenir des informations et pour les communiquer aussi rapidement que possible.

La communication est l’une des armes pacifiques qui doit être utilisée pour dénoncer les abus, les tortures, les exécutions qui sont commises par les Forces de l’Ordre à la solde du dictateur.

Ces forces agissent sous l’autorité de leurs Chefs de corps concernés (Armée, FNP, Gendarmerie et Garde républicaine).

Ils ont le droit légitime de refuser d’appliquer des ordres, dès lors qu’ils sont contraires au Droit des personnes et aux différentes chartes signées par Djibouti en matière de protection des populations civiles.