22/04/03 (B194) Alerte de Reporters Sans Frontières au sujet de l’arrestation et de l’incarcération de DAF en cellule d’isolement.

Liberté de la presse
du 22 avril 2003

DJIBOUTI : Le
directeur d’un journal d’opposition de nouveau arrêté

Daher Ahmed Farah, directeur
de publication du journal Le Renouveau et président du Mouvement pour
le renouveau démocratique et le développement (MRD, parti d’opposition),
a été arrêté à Djibouti, le 20 avril 2003
au matin, et placé en cellule d’isolement à la prison de Gabode.

Encore une fois, les autorités
utilisent la voie la plus répressive pour sanctionner un journaliste.
A notre connaissance, Daher Ahmed Farah n’a fait qu’exprimer son opinion et
rien ne justifie sa détention. Reporters sans frontières rappelle
que les Nations unies condamnent « l’emprisonnement en tant que condamnation
de l’expression pacifique d’une opinion ». Aussi, l’organisation demande
aux autorités de tout mettre en ¦uvre pour libérer au
plus vite le journaliste et de prendre des mesures afin de garantir la liberté
de la presse dans le pays.

Selon les informations
recueillies par Reporters sans frontières, Daher Ahmed Farah est détenu
dans la cellule n°13 de la prison de Gabode (Djibouti). Sa famille a été
autorisée à lui rendre visite. Aucune accusation n’a été
prononcée officiellement contre le journaliste, mais selon plusieurs
témoins, le général Zakaria Cheik Ibrahim aurait porté
plainte contre Le Renouveau après la publication d’un article le mettant
en cause. Dans l’édition n°475 du 17 avril, le journal avait reproché
à l’officier le manque de « neutralité » d’une armée
qui « doit être apolitique ».

Daher Ahmed Farah a été
emprisonné à plusieurs reprises au cours de ces dernières
années. Dans la plupart des cas, il était poursuivi pour un
délit de presse et a été condamné à des
peines de prison ou à des amendes. Le 15 mars 2003, il avait été
détenu une journée et condamné à une amende pour
avoir « porté atteinte au moral de l’armée ».

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28/03/03 (B190) RSF demande de l’aide à l’U.E. pour la libération des journalistes emprisonnés en Erythrée.

Reporters sans frontières
demande à l’UE de conditionner la reprise de son aide à la libération
des journalistes emprisonnés

Dans une lettre adressée
à Poul Nielson, commissaire européen au développement
et à l’aide humanitaire, à l’occasion de son séjour dans
la corne de l’Afrique, du 1er au 7 avril prochain, Reporters sans frontières
demande à l’Union européenne d’intervenir en faveur des journalistes
emprisonnés en Erythrée.

"Connaissant votre
attachement au respect des droits de l’homme et à la liberté
de la presse, nous espérons que vous aborderez cette question avec
vos interlocuteurs. Notre organisation demande notamment à l’Union
européenne de conditionner la reprise de son aide économique
à l’Erythrée à la libération des dix-huit journalistes
emprisonnés et à l’émergence d’une nouvelle presse libre
et privée dans le pays", a déclaré Robert Ménard,
secrétaire général de Reporters sans frontières.

Le 18 septembre 2001,
le gouvernement ordonnait la suspension de tous les titres de la presse privée.
Dans le même temps, débutait une vague d’arrestations sans précédent
des journalistes érythréens. Un an et demi après, dix-huit
professionnels de la presse sont toujours derrière les barreaux, détenus
dans un lieu gardé secret par les autorités, sans raison officielle
ni procès. Les autres journalistes ont fui le pays, trouvant asile
en Europe, en Amérique du Nord ou en Afrique.

Reporters sans frontières
estime qu’il n’est pas acceptable qu’un Etat puisse, en toute impunité,
priver purement et simplement un peuple de son droit à être informé.
Aujourd’hui, l’Erythrée est le seul pays du continent africain, et
l’un des derniers dans le monde, sans presse privée. Seuls les médias
d’Etat, étroitement contrôlés par le régime, ont
droit de parole. Les rares correspondants étrangers ne peuvent pas
travailler librement ni en toute sécurité.

Au moins dix-huit journalistes
sont emprisonnés en Erythrée. Zemenfes Haile, ancien directeur
et fondateur de Tsigenay, serait détenu dans un camp dans le désert
depuis 1999. Ghebrehiwet Keleta, également de Tsigenay, aurait été
arrêté en juillet 2000. Aucune information n’est disponible sur
les lieux et les raisons de la détention de ces deux journalistes.

Entre le 18 et le 21 septembre
2001, au moins dix journalistes de la presse privée ont été
interpellés par les forces de l’ordre et conduits au poste de police
n°1 d’Asmara. Le motif exact de leur arrestation n’a pas été
rendu public, mais la plupart d’entre eux avaient donné la parole aux
opposants arrêtés. Ces dix journalistes interpellés sont
: Yusuf Mohamed Ali, rédacteur en chef de Tsigenay, déjà
incarcéré plusieurs semaines en octobre 2000 ; Mattewos Habteab,
rédacteur en chef de Meqaleh, déjà arrêté
à plusieurs reprises en 2000 et en 2001 ; Dawit Habtemichael, rédacteur
en chef adjoint de Meqaleh ; Medhanie Haile et Temesgen Gebreyesus, respectivement
rédacteur en chef adjoint et membre du conseil d’administration de
Keste Debena ; Emanuel Asrat, rédacteur en chef de Zemen ; Dawit Isaac
et Fessehaye Yohannes, du journal Setit ; Said Abdulkader, journaliste du
magazine Admas, et un photographe indépendant, Seyoum Tsehaye.

Le 31 mars 2002, les dix
journalistes ont entamé une grève de la faim. Dans une lettre
diffusée depuis leur prison, ils déclaraient vouloir ainsi protester
contre leur détention illégale et réclamaient "leur
droit à la justice". Ils demandaient notamment un procès
devant un "tribunal juste et indépendant". Le 3 avril, neuf
d’entre eux ont été transférés dans un lieu de
détention inconnu. Les responsables du poste de police n°1 d’Asmara
ont annoncé aux familles que les prisonniers n’étaient plus
dans leurs cellules. Ils auraient été conduits par des militaires
et des officiels de la présidence dans un nouvel endroit tenu secret.
Un dixième journaliste en grève de la faim, Dawit Isaac, a été
soigné à l’hôpital Halibet suite aux mauvais traitements
qu’il aurait subis pendant sa détention, avant d’être également
transféré dans un lieu inconnu. Deux autres journalistes – Selamyinghes
Beyene, de Meqaleh, et Binyam Haile, de Haddas Eritrea – auraient également
été interpellés à l’automne 2001.

Par ailleurs, en janvier
et février 2002, trois journalistes de la presse gouvernementale ont
été arrêtés : Hamid Mohamed Said et Saidia, de
la télévision publique Eri-TV, et Saleh Al Jezaeeri, de la radio
publique Voice of the Broad Masses. Aucune explication n’a été
fournie par les autorités.

Enfin, le
6 janvier 2002, Simret Seyoum, directeur de Setit, a été arrêté
près de la frontière soudanaise alors qu’il cherchait à
s’enfuir. Il serait détenu dans une prison de la région.

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20/02/03 (B185) Les Vingt-trois cancres de la liberté de la presse. Le portrait de Guelleh et de vingt deux de ses collégues brocardés toute la journée à Paris, dans le cadre d’une opération organisée par RSF, contre les chefs d’Etat liberticides.

IOG devrait être
fier de lui ! Son portrait, avec celui de 22 autres Présidents africains
liberticides, est exposé aux alentours du Palais des Congrés
à Paris. Il ne se sentira pas seul, car les portraits de plusieurs
de ses copains, (mais aussi de ses anciens copains devenus nouveaux ennemis,
de ses anciens ennemis devenus nouveaux copains), sont placardés et
désignés à l’opinion mondiale ! (Ethiopie, Erythrée,
Libye, …)

_____________________
Communiqué de RSF

Liberté de la
presse

20 février 2003

XXIIe Sommet France-Afrique

Reporters sans frontières
dénonce vingt-trois « cancres » de la liberté de la
presse et organise une opération à Paris

Parmi la cinquantaine
de pays qui participent à la XXIIe Conférence des chefs d’Etat
d’Afrique et de France, du 19 au 21 février 2003, à Paris, vingt-trois
bafouent quotidiennement la liberté de la presse. Dans ces pays, des
journalistes continuent d’être assassinés, arrêtés,
agressés ou menacés, et des médias sont régulièrement
censurés, saisis ou interdits. Les lois sur la presse y sont souvent
liberticides et les autorités supportent mal les critiques de la presse
indépendante ou d’opposition. Ces vingt-trois Etats ont pourtant signé
de multiples traités et textes internationaux garantissant la liberté
d’expression.

Reporters sans frontières
demande à la France et aux Etats africains respectueux de la liberté
de la presse d’aborder ce sujet pendant le sommet et d’user de leur influence
auprès des vingt-trois pays dénoncés par l’organisation
afin que soit garantie la liberté d’expression sur l’ensemble du continent.
Reporters sans frontières appelle également les Etats africains
à libérer les 36 journalistes actuellement détenus en
Afrique.

L’Erythrée est
la plus grande prison du monde pour les journalistes (dix-huit incarcérés).
C’est la première fois depuis de nombreuses années qu’un pays
africain occupe la première place de ce bien triste podium. La presse
privée est interdite en Erythrée depuis septembre 2001.

La deuxième médaille
d’or revient à la Libye, qui détient le record du plus ancien
journaliste emprisonné dans le monde. Abdullah Ali al-Sanussi al-Darrat
serait détenu sans inculpation ni procès depuis 1973. Son lieu
de détention et son état de santé demeurent inconnus.
Les autorités libyennes n’ont jamais apporté de réponse
aux questions de Reporters sans frontières sur le sort de ce journaliste.

D’autres professionnels
de la presse sont actuellement emprisonnés en Ethiopie, en République
démocratique du Congo, au Rwanda, en Sierra Leone, au Tchad, au Togo
et en Tunisie. Certains ont été condamnés à de
lourdes peines de prison et sont détenus dans des conditions particulièrement
éprouvantes.

Par ailleurs, au Liberia,
en 2002, un journaliste est resté détenu pendant plusieurs mois
au secret avant d’être libéré et contraint de quitter
le pays. Au Zimbabwe, en 2002, une trentaine de professionnels des médias
sont interpellés par les forces de l’ordre. Les journalistes étrangers
sont désormais admis sur le territoire au compte-gouttes et plusieurs
ont déjà été expulsés. Les correspondants
et envoyés spéciaux de la presse étrangère ont
également d’énormes difficultés à travailler en
Côte d’Ivoire. Plusieurs d’entre eux ont été interpellés
depuis la tentative de coup d’Etat du 19 septembre 2002 et les menaces et
agressions sont quasi quotidiennes.

L’impunité dans
les cas d’assassinats de journalistes reste la règle en Afrique. La
condamnation des meurtriers de Carlos Cardoso, directeur d’un hebdomadaire,
au Mozambique, ne suffit pas pour faire oublier les nombreux autres cas restés
impunis. Le dossier Zongo, au Burkina Faso, est exemplaire de ce manque de
volonté des autorités politiques et judiciaires de faire la
lumière dans ces affaires.

La censure est une arme
utilisée très régulièrement par certains Etats
africains pour museler la presse indépendante. En Mauritanie et au
Togo, des médias ont été récemment réduits
au silence. Les autorités usent et abusent des lois sur la presse pour
saisir des exemplaires de journaux et faire taire les voix les plus critiques.

Internet, qui n’était
pas jusque-ici un véritable enjeu au regard du faible taux de connexions,
est de plus en plus surveillé et contrôlé par les autorités.
En Tunisie, Zouhair Yahyaoui, fondateur et animateur du site d’informations
TUNeZINE, est détenu depuis juin 2002 et a été condamné
à deux ans de prison. Le jeune homme, dont le site diffusait des documents
de l’opposition, avait brocardé, à plusieurs reprises, le président
Ben Ali. Il a été torturé lors de ses interrogatoires.

Dans de nombreux pays
du continent, les journalistes travaillent sous une forte pression, qui renforce
l’autocensure au sein de la presse publique et privée. C’est notamment
le cas à Djibouti, en Gambie, en Guinée,
en Guinée-Bissau, en République centrafricaine, aux Seychelles,
au Soudan et au Swaziland. En Guinée équatoriale, des journalistes
ont quitté leur pays au cours des derniers mois par peur des représailles.

Enfin, Reporters sans
frontières rappelle que les violations de la liberté de la presse
ne sont pas l’apanage des responsables du pouvoir en place. Dans plusieurs
pays africains, des groupes rebelles, des milices, des organisations confessionnelles
ou des militants de l’opposition s’en prennent également aux journalistes.
C’est notamment le cas en République démocratique du Congo,
en Côte d’Ivoire et au Nigeria.

Reporters sans frontières
organise une opération à Paris.

Le jeudi 20 février
à 10 heures, vingt-trois militants de Reporters sans frontières
se rendront devant le Palais des congrès de Paris, où se tient
le XXIIe Sommet France-Afrique, revêtus de tee-shirts à l’effigie
des vingt-trois « cancres » de la liberté de la presse dénoncés
par l’organisation. Une photographie de classe de ces mauvais élèves
sera également distribuée à la presse et trois camions
publicitaires circuleront autour du Palais des congrès toute la journée
pour montrer leurs visages au public. Pour alerter les passants, des affichettes
ont été placardées aux alentours de la porte Maillot
dans la matinée.


Les 23 cancres de la liberté de la presse
Burkina Faso : Blaise Compaoré
Centrafrique : Ange-Félix Patassé
Côte d’Ivoire : Laurent Gbagbo
Djibouti : Ismaël Omar Guelleh
Erythrée : Issaias Afeworki
Ethiopie : Meles Zenawi
Gambie : Yaya Jammeh
Guinée : Lansana Conté
Guinée équatoriale : T. Obiang Nguema
Guinée-Bissau : Kumba Yala
Liberia : Charles Taylor
Libye : Mouammar Kadhafi
Mauritanie : Maaouya Ould Taya
RD Congo : Joseph Kabila
Rwanda : Paul Kagame
Seychelles : France-Albert René
Sierra Leone : Ahmed Tejan Kabbah
Soudan : Omar al-Bechir
Swaziland : Mswati III
Tchad : Idriss Deby
Togo : Gnassingbé Eyadéma
Tunisie : Zine el-Abidine Ben Ali
Zimbabwe : Robert Mugabe

REPORTERS SANS FRONTIERES
SECRETARIAT INTERNATIONAL
5 rue Geoffroy-Marie 75009 Paris / France
Tél. : 33 . 1 . 44 . 83 . 84 . 84 / Fax : 33. 1. 45 . 23 . 11. 51
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Bureau Afrique : Jean-François Julliard : 01 44 83 84 84 – afrique@rsf.org
Bureau Maghreb : Virginie Locussol : 01 44 83 84 84 – norddelafrique@rsf.org
Visuels disponibles sur demande : communication@rsf.org

18/10/02 RSF interpelle les participants à la Conférence de la Francophonie et demande l’application de sanctions contre les Etats qui ne respectent pas la liberté d’expression. Bien entendu Djibouti figure en bonne place … parmi les plus répressifs !

Paris, le 17 octobre 2002
IXe Sommet de la Francophonie
Beyrouth, Liban – 18 au 20 octobre 2002

La Francophonie assiste passivement aux violations quotidiennes de la liberté
de la presse

Reporters sans frontières demande la suspension de la Guinée
équatoriale, du Laos, de la Tunisie et du Viêt-nam

Sur les cinquante-cinq Etats et gouvernements qui participent au IXe Sommet
de la Francophonie, vingt continuent de bafouer la liberté de la presse
: le Burkina Faso, le Cameroun, les Comores, Djibouti, l’Egypte, la Guinée,
la Guinée-Bissau, la Guinée équatoriale, Haïti,
le Laos, le Liban, le Maroc, la Mauritanie, le Niger, la République
démocratique du Congo, le Rwanda, les Seychelles, le Togo, la Tunisie
et le Viêt-nam.

(…)

En janvier 2001, la justice de Djibouti a suspendu la parution du Renouveau
pendant trois mois. Le directeur de la publication a été interrogé
et interdit de sortie du territoire. Depuis plusieurs années, les autorités
de ce pays ordonnent régulièrement la suspension provisoire
des rares journaux d’opposition. Ainsi, les Djiboutiens soucieux de recevoir
une information indépendante du pouvoir en place n’ont d’autre choix
que d’écouter les radios étrangères captées dans
le pays.

(…)

Sur cette base, Reporters sans frontières demande :

  • la suspension de la Francophonie de la Guinée équatoriale,
    du Laos, de la Tunisie et du Viêt-nam, comme le prévoit la
    déclaration de Bamako en cas de "violations graves des droits
    de l’homme".
  • l’arrêt de la coopération
    multilatérale francophone avec le Burkina Faso, Djibouti,
    Haïti, la Mauritanie, la République démocratique
    du Congo, le Rwanda et le Togo.
  • un rappel à l’ordre par le secrétaire général
    de la Francophonie de tous les autres Etats qui bafouent la liberté
    de la presse : le Cameroun, les Comores, l’Egypte, la Guinée, la
    Guinée-Bissau, le Liban, le Maroc, le Niger et les Seychelles.

Par ailleurs, Reporters sans frontières appelle tous les Etats
participants au Sommet de Beyrouth :

  • à modifier dans leur législation tous les articles de loi
    qui prévoient des peines de prison pour des délits de presse
    afin de leur substituer des amendes. L’organisation rappelle qu’en janvier
    2000, le rapporteur spécial des Nations unies pour la promotion et
    la protection du droit à la liberté d’opinion et d’expression
    a demandé "instamment à tous les gouvernements de veiller
    à ce que les délits de presse ne soient plus passibles de
    peines d’emprisonnement (Š) Pour des délits tels que "écrits
    diffamatoires", "insultes" ou "outrage" envers
    le chef de l’Etat, ou la publication d’informations "fausses"
    ou "alarmistes", les peines de prison sont à la fois répréhensibles
    et hors de proportion avec le dommage subi par la victime".
  • à mettre fin à l’impunité concernant les assassinats
    de journalistes. L’organisation demande tout particulièrement aux
    autorités du Burkina Faso et de Haïti de tout mettre en ¦uvre
    afin que les assassins de Norbert Zongo, de Michel Congo, de Jean Dominique
    et de Brignol Lindor soient enfin arrêtés et condamnés.

Reporters sans frontières – Téléphone : 33 1 44
83 84 84 / Fax : 33 1 45 23 11 51 / Site Internet : www.rsf.org / communication@rsf.org

18/09/02 Des membres de RSF occupent l’Ambassade de l’Erythrée. Décidément, on malmène les journalistes dans la région; Après Djibouti et l’Ethiopie, très récemment le Somaliland, c’est maintenant au tour de l’Erythrée de se placer sous les feux de l’actualité pour entrave à la liberté de la presse et incarcération injuste de journalises.

Liberté de la presse 18 septembre 2002

Reporters sans frontières
occupe
l’ambassade d’Erythrée à Paris

Depuis 16 heures (14 heures
GMT), une vingtaine de militants de Reporters sans frontières occupent
les locaux de l’ambassade d’Erythrée, sise au 31-33 rue Lecourbe à
Paris. L’organisation entend ainsi protester contre la situation de la liberté
de la presse dans ce pays.

« Il n’est pas acceptable
qu’un Etat puisse, en toute impunité, priver purement et simplement
un peuple de son droit à être informé. Nous appelons toutes
les organisations internationales, et en particulier les Nations unies et
l’Union européenne, à prendre des sanctions contre les dirigeants
érythréens », a déclaré Robert Ménard,
secrétaire général de Reporters sans frontières.
« Depuis un an, nous demandons régulièrement des visas pour
rendre visite aux journalistes emprisonnés en Erythrée, mais
le gouvernement d’Asmara s’entête à nous refuser l’entrée
dans le pays », a ajouté le secrétaire général.

Reporters sans frontières
exhorte les autorités érythréennes, et notamment le président
de la République, Issaias Afeworki, à libérer tous les
journalistes emprisonnés dans le pays et à autoriser de nouveau
la parution de toutes les publications interdites.

Il y a un an, jour pour
jour, le gouvernement ordonnait la suspension de tous les titres de la presse
privée. Dans le même temps, débutait une vague d’arrestations
sans précédent des journalistes érythréens. Un
an après, dix-huit professionnels de la presse sont toujours derrière
les barreaux, détenus dans un lieu gardé secret par les autorités,
sans raison officielle ni procès.

Aujourd’hui, l’Erythrée
est le seul pays du continent africain, et l’un des derniers dans le monde,
sans presse privée. Seuls les médias d’Etat, étroitement
contrôlés par le régime, ont droit de parole. Les rares
correspondants étrangers ont quitté le pays, ne pouvant plus
travailler librement ni en toute sécurité.

29/05/02 Reporters Sans Frontière : Les autorités ferment une radio-télévision privée au PUNTLAND.

Reporters sans frontières
proteste contre la fermeture de la radio-télévision privée
Somali Broadcast Corporation (SBC) par les autorités du Puntland.
"Cette décision nuit gravement au pluralisme de l’information
dans la région. Ce n’est d’ailleurs pas la première fois
que la liberté de la presse est menacée au Puntland. En
2001, trois journalistes ont été arrêtés dans
cette partie de la Somalie", a expliqué Robert Ménard,
secrétaire général de Reporters sans frontières.
L’organisation a adressé un courrier au président du Puntland,
le colonel Abdullahi Yusuf, pour lui demander d’annuler l’interdiction
de la SBC et de prendre des mesures concrètes afin que les journalistes
puissent travailler en toute sécurité et en toute liberté
dans cette région.

Le 23 mai 2002, Ali
Abdi Aware, directeur de la SBC, a annoncé que sa station n’émettait
plus. La veille, il avait reçu une lettre des autorités
l’informant du retrait de sa licence et lui demandant de fermer la radio
et la chaîne de télévision. Un conseiller du Président
a expliqué que la SBC avait une licence commerciale ne lui permettant
pas de diffuser des programmes à caractère politique. Selon
plusieurs observateurs locaux, la SBC a été sanctionnée
en raison de ses prises de position critiques vis-à-vis du colonel
Abdullahi Yusuf. La radio-télévision consacrait également
régulièrement des reportages aux activités du parti
de Jama Ali Jama, l’ancien président du Puntland et l’adversaire
politique du colonel Abdullahi Yusuf.

Le Puntland est situé
au nord-est de la Somalie. Depuis 1998, la région a un gouvernement
autonome.

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04/04/02 RSF Liberté de la presse en Erythrée : dix journalistes en grève de la faim

RSF
demande leur libération immédiate

Reporters
sans frontières (RSF) exprime sa plus vive préoccupation
après l’annonce du début d’une grève
de la faim par dix journalistes actuellement emprisonnés
en Erythrée. L’organisation exhorte les autorités
à procéder à leur libération immédiate.
"Ils sont détenus dans des conditions très
pénibles et nous nous inquiétons pour leur état
de santé", a déclaré Robert Ménard,
le secrétaire général de RSF. "Ces
journalistes n’ont fait qu’exprimer leurs opinions et rien
ne justifie leur détention prolongée. A notre
connaissance, ils ne sont pas inculpés et leur détention
est arbitraire et illégale", a-t-il ajouté.
Selon RSF, l’Erythrée est aujourd’hui le seul pays
du continent africain sans presse privée.

RSF a
également rappelé qu’elle avait déposé
une demande de visa auprès de l’ambassade d’Erythrée
à Paris, il y a plusieurs mois. A ce jour, l’organisation
n’a reçu aucune réponse.

Selon
les informations recueillies par RSF, dix journalistes de
la presse privée ont entamé une grève
de la faim le dimanche 31 mars 2002. Dans une lettre diffusée
depuis leur prison, ils déclarent vouloir ainsi protester
contre leur détention illégale et réclament
"leur droit à la justice". Ils demandent
notamment un procès devant un "tribunal équitable
et indépendant".

Les dix
journalistes qui ont entamé la grève de la faim
sont : Yusuf Mohamed Ali, rédacteur en chef de Tsigenay,
Mattewos Habteab, rédacteur en chef de Meqaleh, Dawit
Habtemichael, également de Meqaleh, Medhanie Haile
et Temesgen Gebreyesus, respectivement rédacteur en
chef adjoint et membre du conseil d’administration de

Keste
Debena, Emanuel Asrat, rédacteur en chef de Zemen,
Dawit Isaac et Fessehaye Yohannes, du journal Setit, Said
Abdulkader, du magazine Admas, et un photographe indépendant,
Seyoum Tsehaye.

Le 18
septembre 2001, le gouvernement a ordonné la suspension
immédiate de tous les titres de la presse privée.
Dans les jours qui ont suivi, une dizaine de journalistes
ont été arrêtés et conduits au
poste de police n°1 d’Asmara. On leur reprochait notamment
d’avoir publié des interviews de responsables politiques
qui avaient publiquement appelé à des "réformes
démocratiques" dans le pays. Ces derniers ont
également été interpellés par
les forces de l’ordre.

Par ailleurs
RSF a rappelé qu’un autre journaliste, Simret Seyoum,
directeur général de Setit, est détenu
depuis le 6 janvier 2002 dans un lieu inconnu. Il a été
arrêté alors qu’il tentait de se réfugier
au Soudan. Plusieurs dizaines de journalistes érythréens
ont fui leur pays ces dernières années pour
échapper aux représailles de l’Etat.

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30/03/2000 – Reporters Sans Frontières: Information sur les pays africains qui ne respectent pas la Liberté de la Presse. DJIBOUTI et l’ETHIOPIE sont citées parmi 22 pays ….

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Communiqué de presse
Paris, 30 mars 2000

Sommet Afrique – Europe
sous l’égide de l’Organisation de l’unité africaine
et de l’Union européenne

Le Caire – 3 et 4 avril 2000

Vingt-deux pays qui participent au Sommet Afrique – Europe ne respectent pas la liberté de la presse

Sur les cinquante-trois Etats africains qui participent au premier Sommet Afrique – Europe, vingt-deux violent la liberté de la presse : l’Algérie, l’Angola, le Burkina Faso, le Cameroun, Djibouti, l’Egypte, l’Ethiopie, le Gabon, la Guinée équatoriale, le Kenya, la Libye, la Mauritanie, le Nigeria, la République démocratique du Congo, le Rwanda, la Sierra Leone, le Soudan, le Swaziland, le Togo, la Tunisie, la Zambie et le Zimbabwe.

Si, dans ces pays, les atteintes à la liberté de la presse ne sont pas toutes de la même gravité, ces régimes ont en commun de ne pas respecter la Charte africaine des droits de l’homme et des peuples ou le Pacte international relatif aux droits civils et politiques. Or, tous ces pays ont ratifié au moins l’un de ces deux textes.

Vingt-trois journalistes sont actuellement emprisonnés dans dix de ces pays

Huit journalistes sont emprisonnés en Ethiopie, faisant de ce pays la plus grande prison du continent pour les journalistes.

Quatre d’entre eux sont détenus depuis 1997. Ils ont été condamnés et emprisonnés pour des délits de presse mais sont également inculpés de « participation à un mouvement terroriste ». Ils n’ont toujours pas été jugés dans le cadre de ces affaires. Ils risquent une peine de quinze ans de prison.

Au Rwanda, Dominique Makeli, journaliste de Radio Rwanda, a été arrêté en 1994. Accusé par le gouvernement d’avoir participé au génocide, il est détenu à la prison de Kimironko, à Kigali. Trois autres de ses confrères sont dans la même situation. Aucun d’entre eux n’a encore été jugé.
En Egypte, deux journalistes sont emprisonnés, dont l’un depuis 1993. La loi d¹urgence, en vigueur depuis 1981, est régulièrement invoquée pour réprimer les journalistes de la presse islamiste. Par ailleurs, la loi sur la presse rend passibles les délits de presse – tels que la diffamation – de peines pouvant aller jusqu¹à deux ans de prison.
En République démocratique du Congo, Freddy Loseke a été arrêté le 31 décembre 1999. Il est resté enfermé plus de deux mois dans un cachot militaire avant d’être transféré à la prison centrale de Kinshasa. On lui reproche d’avoir affirmé qu’un coup d’Etat se préparait contre le président Laurent-Désiré Kabila. Un autre journaliste est retenu à Lubumbashi (sud du pays) dans les locaux des services de sécurité.
Enfin, la Libye détient le triste record du plus ancien journaliste emprisonné dans le monde : Abdullah Ali al-Sanussi est incarcéré sans inculpation ni procès depuis 1973.
D’autres journalistes sont détenus en Angola, au Cameroun, au Gabon, au Nigeria et en Tunisie.

Plus de cent cinquante journalistes arrêtés en moins de dix-huit mois
Depuis le 1er janvier 1999, plus de cent cinquante journalistes ont été, à un moment ou à un autre, emprisonnés dans l’un de ces vingt-deux pays.
A eux seuls, l’Angola et la République démocratique du Congo ont envoyé derrière les barreaux plus de cinquante professionnels des médias. A Luanda, nombre d’entre eux ont été incarcérés plusieurs jours, voire plusieurs semaines, pour avoir critiqué le président Eduardo dos Santos. Rafael Marques, par exemple, a passé plus d’un mois en prison pour avoir affirmé que le chef de l’Etat avait une responsabilité « dans la destruction du pays et la promotion de la corruption ». A Kinshasa, depuis la prise du pouvoir par Laurent-Désiré Kabila, en mai 1997, près d’une centaine de journalistes ont été incarcérés pour de plus ou moins longues périodes, souvent sans aucune explication. D’autres ont été maltraités et brutalisés. Certains ont même été fouettés au « prorata de leur âge et de leur poids ».
Au Nigeria, si la situation s’est améliorée par rapport aux années noires du régime Abacha, les journalistes sont régulièrement interpellés par les autorités. En 1999, près d’une vingtaine d’entre eux ont été arrêtés ­ dont certains pendant plusieurs jours ­ dans différents Etats du pays. Les autorités locales, moins tolérantes, n’hésitent pas à s’en prendre à la presse.
Au Soudan, en septembre 1999, le président Omar El-Bechir a lancé de nombreuses attaques contre la presse indépendante qu¹il accuse de servir « le parti de Satan, des athées et agents de l¹opposition ». Les interpellations de journalistes se sont multipliées : on en dénombre déjà six depuis le début de l¹année 2000.
Au Kenya, en Zambie et au Zimbabwe, des journalistes ont été incarcérés par les autorités pour des affaires de presse. Ils ont tous été libérés sous caution même s’ils sont toujours poursuivis. Ils peuvent, à tout moment, être arrêtés et condamnés à une peine de prison.
Au Togo, deux journalistes ont été arrêtés en 1999. Ils sont restés plus d’un mois en prison, accusés de « propagation de fausses nouvelles ». Par ailleurs, le Togo a rétabli les peines de prison pour les délits de presse. Il était l’un des rares pays du continent à les avoir remplacées par des peines d’emprisonnement assorties de sursis ou des amendes.

Quinze journalistes assassinés depuis le 1er janvier 1999
En 1999, dix professionnels de la presse ont trouvé la mort en Sierra Leone. Si les autorités ne sont pas responsables de ces assassinats, aucune enquête sérieuse n’a été menée pour retrouver et punir leurs responsables. Huit journalistes ont été assassinés par des rebelles du Front révolutionnaire uni (RUF) qui siège maintenant au gouvernement. Un autre journaliste, Abdul Juma Jalloh, a été abattu, le 2 février par des soldats de l’Ecomog (Force ouest-africaine de maintien de la paix). Enfin, Conrad Roy, de l’hebdomadaire Expo Times, est mort à l’hôpital de Lakka le 26 avril 1999. Il était détenu depuis février 1998 suite à des accusations de « complicité avec les rebelles ». Selon plusieurs sources, les autorités auraient refusé de fournir des médicaments et empêché sa famille de le secourir. Malgré les demandes de plusieurs organisations internationales, les autorités n’ont jamais fourni d’explications sur les circonstances de la mort du journaliste.
Au Burkina Faso, le 13 décembre 1998, Norbert Zongo, le directeur de l’hebdomadaire L’Indépendant, a été trouvé mort, en compagnie de trois autres personnes, dans son véhicule carbonisé, à 100 km au sud de Ouagadougou. Le 7 mai 1999, une commission d’enquête indépendante affirmait que Norbert Zongo avait bien été assassiné et qu’il fallait « chercher les mobiles de ce meurtre du côté des enquêtes menées par le journaliste et notamment sur ses récentes investigations concernant la mort de David Ouedraogo, le chauffeur de François Compaoré, le frère du chef de l’Etat ». Le rapport de cette commission cite le nom de six militaires de la garde présidentielle qu’il qualifie de « sérieux suspects ». Au 1er avril 2000, aucun de ces militaires n’a été mis en examen dans le cadre de l’affaire Zongo et le frère du Président n’a toujours pas été entendu par le juge d’instruction en charge du dossier.
Quatre autres journalistes ont trouvé la mort en 1999 au Nigeria et en Angola.

Des journaux contraints de disparaître, d’autres suspendus Dans beaucoup de pays, les journalistes subissent des pressions du gouvernement. Au Gabon, plusieurs d’entre eux ont préféré quitter le pays pour éviter d’être emprisonnés, entraînant ainsi la disparition de deux journaux satiriques, La Griffe et La Cigale Enchantée.

A Djibouti, les derniers journaux d’opposition ont été suspendus en 1999. Au 1er avril 2000, seul le quotidien gouvernemental La Nation continue de paraître.

En Guinée équatoriale, les deux journaux privés autorisés par les autorités en 1999 ne paraissent toujours pas. Les habitants sont obligés d’écouter les radios étrangères pour s’informer autrement que par la voie officielle. Au Swaziland, la fermeture, en février 2000, du quotidien Swazi Observer, a révélé l’emprise du roi sur les médias de son pays. Seuls les organes gouvernementaux (quotidien, radio et télévision) continuent d’informer la population locale.
En Afrique du Nord, la situation est loin d’être meilleure. En Tunisie, il n¹existe aucune liberté de la presse. Les journaux, qu¹ils soient privés ou publics, sont soumis à la censure, même lorsqu¹il s¹agit de sujets éloignés des enjeux du pouvoir (environnement, patrimoine culturel…). Les rares journalistes qui font preuve d¹indépendance, comme le correspondant du quotidien français La Croix, Taoufik Ben Brick, le paient cher : coupure de sa ligne téléphonique, confiscation de son passeport, surveillance policière, etc. En Algérie, les monopoles de fait de l’Etat sur l’impression et la publicité constituent autant de moyens de pression sur la presse privée. Il n’est pas rare de voir une des quatre imprimeries d’Etat exiger le règlement immédiat des dettes d’un journal qui a publié des articles trop critiques. Dans ces deux pays, les journalistes étrangers rencontrent de grosses difficultés pour travailler, quand ils ont la chance d’obtenir un visa. Certains titres de la presse étrangère sont régulièrement absents des kiosques de Tunis ou d’Alger.
En Mauritanie, le gouvernement n’hésite pas, pour museler la presse indépendante, à utiliser l’article 11 du Code de la presse qui permet d’interdire une publication si elle porte « atteinte aux principes de l’islam ou à la crédibilité de l’Etat ». En 1999, trois journaux ont été suspendus temporairement.

Recommandations
Reporters sans frontières demande aux autorités des pays concernés la libération des journalistes emprisonnés pour des délits de presse. C’est le cas en Angola, au Cameroun, en Egypte, en Ethiopie, au Gabon, en Libye, en République démocratique du Congo et au Rwanda. L’organisation souhaite également que les journalistes détenus en Tunisie et au Rwanda bénéficient de procès justes et équitables.
Reporters sans frontières demande également aux chefs d’Etat et de gouvernement de ces vingt-deux pays de tout mettre en ¦uvre afin que cessent les arrestations arbitraires de journalistes. La quasi-totalité de ces pays ont interpellé des journalistes en 1999 ou en 2000. Certains sont restés plusieurs semaines en prison, parfois sans jugement.
Reporters sans frontières appelle les dix-neuf pays qui bafouent la liberté de la presse et qui ont pourtant ratifié le Pacte international relatif aux droits civils et politiques (PIDCP) à respecter leurs engagements. L’organisation exhorte la République de Djibouti, la Mauritanie et le Swaziland à ratifier le PIDCP.
Reporters sans frontières demande aux pays membres de l’Union européenne et aux Etats du continent africain qui ne l’ont pas encore fait, de supprimer, dans leur législation, tous les articles qui prévoient des peines de prison pour les délits de presse, sauf en ce qui concerne la propagande en faveur de la guerre et les appels à la haine nationale, raciale ou religieuse.

Enfin, Reporters sans frontières demande aux chefs d’Etat et de gouvernement des quinze pays membres de l’Union européenne de faire en sorte que la situation de la liberté de la presse soit effectivement prise en compte dans les futurs accords de coopération entre l’Union européenne et les pays d’Afrique.

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Pour tout renseignement complémentaire, contacter
Jean-François Julliard ou Virginie Locussol au (33) 1 44 83 84 84
Bureau Afrique / Africa desk