30/03/11 (B597) Nouvelles de Somalie / RSF / Le Shabelle Media Network victime d’un chantage honteux du ministre de l’Intérieur

Le ministre somalien de l’Intérieur, Abdishakur Sheikh Hassan, exige que le Shabelle Media Network présente des excuses publiques suite à la diffusion, le 22 mars dernier, d’un reportage remettant en cause les compétences du président du gouvernement de transition, Sheik Sharif Sheik Ahmed. Ces excuses sont posées comme condition de la libération des deux journalistes de Radio Shabelle arrêtés depuis 48 heures.

Reporters sans frontières est choquée par ce chantage honteux et inacceptable. Non seulement il illustre la susceptibilité du gouvernement de transition et son intolérance face aux critiques, mais il traduit sa volonté de contrôler de façon indirecte le contenu éditorial de médias indépendants. Les deux journalistes de Radio Shabelle ne sont pas une monnaie d’échange et doivent être immédiatement relâchés.

Le 27 mars 2011, Abdirashid Omar Qase, directeur de Radio Shabelle, et Abdi Mohamed Ismail, rédacteur en chef de la station, ont été arrêtés par la National Security Agency (NSA). Plus d’informations : http://fr.rsf.org/somalie-les-journalistes-cibles-du-28-03-2011,39895.html

La détention des deux journalistes a suscité de nombreuses réactions de protestation. Parmi elles, l’Union nationale des journalistes somaliens (NUSOJ), organisation partenaire de Reporters sans frontières en Somalie, a demandé la libération immédiate des deux responsables de Radio Shabelle et a appelé le gouvernement fédéral de transition à respecter la liberté d’expression et les médias indépendants.

Reconnue pour son professionnalisme et saluée pour son courage, Radio Shabelle a toujours gardé une ligne éditoriale indépendante, malgré les pressions du gouvernement ou des milices islamistes. La radio, qui a vu cinq de ses journalistes assassinés depuis 2007, dont deux directeurs, a remporté le Prix Reporters sans frontières – FNAC de la liberté de la presse en 2010.

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Ambroise PIERRE
Bureau Afrique / Africa Desk
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10/12/10 (B581) RSF – > SOMALIE : Le Prix 2010 de la liberté de la presse décerné à Radio Shabelle

Reporters sans frontières, en partenariat avec la Fnac, est heureuse de décerner son prix 2010 de la liberté de la presse à deux symboles de courage, le journaliste iranien Abdolreza Tajik et le média somalien, Radio Shabelle.

"Nous honorons cette année un journaliste courageux, Abdolreza Tajik, et un média meurtri, Radio Shabelle. Ces lauréats travaillent dans deux pays, l’Iran et la Somalie, où informer est un combat", a déclaré Jean-François Julliard, secrétaire général de Reporters sans frontières.

Jean-Christophe Rufin, écrivain, ex-ambassadeur de France au Sénégal et en Gambie, est venu remettre le prix du média de l’année à Radio Shabelle. Il a salué le travail des correspondants locaux de Reporters sans frontières et plus largement celui des journalistes, sur le terrain, dans les zones difficiles.

Ali Abdi, directeur des relations internationales du Shabelle Media Network, a déclaré avec émotion : "C’est un immense honneur de recevoir ce prix. Il récompense notre travail mais également le courage de tous les journalistes somaliens et de la société civile somalienne. Dans notre pays où règne le chaos et où les milices islamistes armées veulent nous faire taire, notre travail d’information ne se fait pas sans risques. En trois ans, cinq de nos journalistes ont été tués, dont deux directeurs, et près d’une centaine ont dû fuir le pays pour des questions de sécurité. Mais nous ne nous laisserons pas intimider. Nous sommes déterminés à continuer notre combat pour l’information indépendante et le respect des droits de l’homme".

Radio Shabelle a été récompensée dans la catégorie "Média de l’année". Station privée la plus réputée de Somalie, Radio Shabelle est aussi la plus exposée. Victime de pressions permanentes de la part des milices islamistes radicales qui affrontent le gouvernement de transition, mais touchée aussi parfois par les balles des soldats progouvernementaux lors des nombreux combats, la radio s’efforce de survivre dans le chaos. En 2009, quatre de ses journalistes ont été tués, dont le directeur, Mukhtar Mohamed Hirabe, abattu de quatre balles dans la tête, à Mogadiscio, alors qu’il se rendait au travail. A l’été 2010, la radio a été contrainte de cesser la diffusion du talk-show "Tartan Aqooneedka Shabelle", en raison de menaces. 

Cette année, près d’une dizaine de radios somaliennes sont passées sous le contrôle des combattants islamistes qui les utilisent désormais pour diffuser leur propagande politique et religieuse. Mais Radio Shabelle a pour l’instant échappé à ce sort. La radio résiste. Considérée par les milices islamistes Al-Shabaab et Hizb-Al-Islam comme servant les intérêts des "Croisés" parce qu’elle couvre l’actualité somalienne de façon indépendante et refuse de leur servir de porte-voix, Radio Shabelle est la cible numéro un de ces taliban africains, prêts à tout pour faire taire les journalistes.

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Animée par la journaliste Elizabeth Tchoungui, la 19e cérémonie du prix de la liberté de la presse s’est tenue au Centre d’accueil de la presse étrangère (CAPE), à Paris, le jeudi 9 décembre 2010.

"La liberté d’informer et le droit des citoyens à être informés sont plus que jamais menacés. Protéger et promouvoir la liberté de la presse, comme défendre celle des femmes, contribue à faire avancer les libertés de toute une société", a tenu à rappeler Gisèle Halimi, avocate, ancienne ambassadrice de France à l’UNESCO, ancienne députée à l’Assemblée nationale, invitée à remettre le prix du journaliste de l’année.

Incarcéré pour la troisième fois le 12 juin 2010, Abdolreza Tajik est toujours en prison. Shirin Ebadi, Prix Nobel de la paix et présidente du Cercle des défenseurs des droits de l’homme, est venue recevoir le prix en son nom. "Je regrette qu’Abdolreza ne soit pas là en personne pour recevoir ce prix. Son seul crime est celui d’écrire, et d’écrire la vérité. Pour cela, il est détenu à l’isolement, dans la prison d’Evin, sans que son avocat ne puisse le voir ni avoir accès à son dossier. Abdolreza est un symbole de résistance en Iran et il n’est pas le seul. J’espère qu’il sera ici l’année prochaine pour faire votre connaissance", a déclaré Shirin Ebadi en remerciant tous ceux qui soutiennent la liberté d’expression en Iran.

L’Iranien Abdolreza Tajik a été consacré « Journaliste de l’année 2010 » pour la qualité de son travail et son engagement pour la défense de la liberté de la presse en Iran. Journaliste et membre du Cercle des défenseurs des droits de l’homme, ce fervent militant de la liberté d’expression a travaillé comme responsable des pages politiques dans la plupart des journaux suspendus par les autorités, tels que Fateh (suspendu en 2000), Bahar (suspendu en 2001), Bonyan (suspendu en 2002), Hambastegi (suspendu en 2003) et Shargh (suspendu en 2008). Dans ses articles, il dénonçait les atteintes à la liberté d’expression et les arrestations arbitraires de journalistes.

Depuis 1992, le prix Reporters sans frontières honore le travail d’un journaliste et d’un média, ayant contribué de manière notable à la défense ou à la promotion de la liberté de la presse dans n’importe quelle région du monde. Il est décerné par un jury international composé de professionnels des médias et de défenseurs des droits de l’homme.

La Fnac est partenaire du prix de la liberté de la presse. "La Fnac s’imagine et se pose comme un véritable acteur, un média à part entière et entend jouer un rôle dans la société aux côtés d’ONG comme Reporters sans frontières, précise Isabelle Saviane, membre du comité exécutif de la Fnac. L’engagement de la Fnac fait intégralement partie de son ADN et donc de son modèle économique. Nous allons d’ailleurs en 2011 proposer à Reporters sans frontières de nouvelles actions communes." 

Ambroise PIERRE
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09/11/10 (B577) Puntland – Un journaliste libéré après 86 jours de détention (1 article)

_______________________ 1 – APO avec RSF

Somalie / Un journaliste du Puntland libéré après 86 jours de détention

Reporters sans frontières se réjouit de la libération du journaliste Abdifatah Jama Mire, directeur de la radio Horseed Media FM. Condamné à 6 ans de prison pour avoir diffusé un entretien avec un chef rebelle lié à Al-Qaida, il a été libéré le 8 novembre, après 86 jours de détention. Le journaliste a bénéficié d’une mesure de pardon de la part du président du Puntland, Abdirahman Mohamed Farole.

Reporters sans frontières déplore cependant que les journalistes au Puntland soient confrontés à de telles situations. La détention de Abdifatah Jama Mire et sa condamnation initiale à 6 ans de prison étaient iniques et contraires à la liberté de la presse. L’arrestation du journaliste a servi d’exemple et avait pour but d’amener la profession à s’autocensurer et de faire le jeu du pouvoir. Il est inadmissible que de telles mesures d’intimidation pèsent sur les professionnels de l’information.

22/10/10 (B574) Erythrée / RSF / Le frère de Dawit Isaac et Reporters sans frontières pressent la Suède et l’Union européenne d’agir pour faire libérer le journaliste emprisonné.

Le 18 octobre 2010, à Stockholm, et le 19 octobre, à Strasbourg, Esayas Isaac et la section suédoise de Reporters sans frontières interpellent le gouvernement suédois et les autorités européennes sur l’obligation juridique issue du droit international qui les contraint à tout faire pour garantir la protection du journaliste Dawit Isaac, emprisonné depuis neuf ans en Erythrée. Citoyen doté de la double nationalité suédoise et érythréenne, en cela ressortissant européen, l’ancien journaliste du quotidien disparu Setit est un prisonnier d’opinion.

Candidat finaliste pour l’obtention du prix Sakharov en 2009, le journaliste pourrait à nouveau faire partie de la liste des nominés 2010, qui doit être rendue publique ce 18 octobre.

"L’avis juridique démontre que la Suède et l’Union européenne sont obligées d’utiliser tous les moyens possibles pour aider leur ressortissant, Dawit Isaac. C’est un moment crucial", a déclaré Esayas Isaac, le frère du journaliste.

"Depuis des années, nous dénonçons la cruauté des autorités érythréennes vis-à-vis des journalistes emprisonnés et nous appelons l’Union européenne à réagir. Depuis des années, nous demandons à Bruxelles de s’opposer à la politique répressive d’Asmara en étant plus ferme sur le plan diplomatique et en conditionnant son aide en matière de coopération. La mobilisation en faveur de Dawit Isaac prend désormais une nouvelle dimension puisqu’elle a lieu également sur le terrain juridique", a déclaré Jean-François Julliard, secrétaire général de Reporters sans frontières.

"La Suède doit se demander quels sont les moyens les plus appropriés pour protéger Dawit Isaac et le faire enfin libérer. Effectuer une visite d’État en Erythrée ? Ouvrir une ambassade permanente à Asmara dont le mandat principal serait de défendre la cause du journaliste ? Appliquer enfin les sanctions imposées sur ce pays par les Nations unies et cesser d’accueillir de hauts responsables érythréens comme Yemane Ghebreab l’été dernier ?", a ajouté Jean-François Julliard.

A la demande d’Esayas Isaac, de la section suédoise de Reporters sans frontières, mais aussi de l’Union des écrivains suédois, de l’Association suédoise des éditeurs de magazines, du PEN suédois, du Club national de la presse suédois, et du Comité Free Dawit, deux avocats suédois, Me Percy Bratt et Me Olle Asplund, ont établi une note juridique démontrant que la Suède et l’Union européenne ont "l’obligation positive" d’agir en faveur de Dawit Isaac. En se basant notamment sur le principe de droit international coutumier de la protection diplomatique (jus protectionis) et sur les articles 2, 3, 6 et 10 de la Convention européenne de sauvegarde des droits de l’Homme et des libertés fondamentales (droit à la vie, interdiction de la torture, droit au procès équitable et droit à la liberté d’expression), ils prouvent que la Suède et l’UE sont contraintes d’agir par tous les moyens pacifiques possibles pour le défendre.

Le 18 octobre, à 10 heures, les résultats de ce travail sont présentés au cours d’une conférence de presse au cabinet Bratt&Feinsilber, à Stockholm. Immédiatement après, Esayas Isaac et Reporters sans frontières se rendront au ministère suédois des Affaires étrangères pour déposer leur avis juridique, accompagné d’une lettre adressée au ministre Carl Bildt.

Le lendemain, à Strasbourg, Esayas Isaac et la section suédoise de Reporters sans frontières, accompagnés par un groupe de parlementaires européens mené notamment par les députés suédois Olle Schmidt et Eva-Britt Svensson, présenteront cette note juridique au commissaire européen Andris Piebalgs, ainsi qu’au président du Parlement européen, Jerzy Buzek. Ils donneront ensuite une conférence de presse au Press Bar du Parlement européen, à 17 heures 30, pour présenter leur démarche et rendre compte du retour que leur auront fait les autorités européennes.

Emprisonné en Erythrée depuis le 23 septembre 2001, Dawit Isaac est détenu au secret, sans avoir jamais eu droit à un procès, et alors que son état de santé est très inquiétant. Les autorités d’Asmara, qui refusent de reconnaître la nationalité suédoise du journaliste, ne laissent filtrer aucune information sur sa situation.

En dépit de récentes révélations de plusieurs sources érythréennes faisant état du transfert de Dawit Isaac au bagne d’Eiraeiro, il est à ce jour impossible de savoir avec certitude où le journaliste est détenu.

Plus d’informations sur Dawit Isaac et la trentaine de journalistes emprisonnés en Erythrée : http://fr.rsf.org/erythree-neuf-ans-apres-les-rafles-de-17-09-2010,38395.html

Signez la pétition pour la libération des journalistes emprisonnés en Erythrée : http://fr.rsf.org/petition-pour-la-liberation-des-journalistes-emprisonnes,37550.html


Ambroise PIERRE
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17/09/10 (B569) Les traits de l’Erythrée – Erythrée / Neuf ans après les rafles de septembre 2001, la chasse aux journalistes se poursuit (RSF. Lien à la fin de l’article pour signer la pétition)

Neuf ans exactement après la brutale opération de nettoyage politique lancée le 18 septembre 2001 à Asmara, le pouvoir érythréen continue de museler toute forme de liberté d’expression. Alors que Reporters sans frontières a adressé une lettre à la police britannique, le 16 septembre 2010, pour lui demander d’engager des poursuites contre l’un des responsables de cette campagne de répression, un journaliste vient à nouveau d’être arrêté alors qu’il tentait de fuir le pays, a appris Reporters sans frontières.

Au cours de l’été 2010, Eyob Kessete, journaliste du service amharique de la radio publique Dimtsi Hafash, a été arrêté alors qu’il tentait de franchir la frontière avec l’Ethiopie. Son lieu de détention est inconnu. Arrêté une première fois au début de l’été 2007, alors qu’il tentait déjà de faire défection, le journaliste avait été détenu dans plusieurs centres pénitentiaires avant d’être relâché fin 2008 ou début 2009. Sa remise en liberté avait été obtenue grâce à la garantie apportée par certains de ses proches.

Le sort d’une vingtaine d’autres journalistes emprisonnés est toujours entouré du même silence pesant des autorités. On est par exemple sans nouvelles du journaliste Said Abdulhai, arrêté au cours de la dernière semaine de mars 2010. De même l’incertitude demeure sur le lieu de détention du journaliste suédo-érythréen Dawit Isaac, arrêté le 23 septembre 2001 à Asmara. La semaine prochaine, la foire du livre de Göteborg, en Suède, présentera pour la première fois un recueil de nouvelles écrites par l’ancien journaliste du quotidien disparu Setit, intitulé « Hope – The Tale of Moses’ and Manna’s Love and other texts ».

Les rafles de septembre 2001, la suspension de la presse privée et l’arrestation des principaux directeurs de journaux ont fait basculer l’Erythrée dans une période sombre. Le pays n’est toujours pas sorti de cette ère de terreur, par la faute de l’intolérance et des délires paranoïaques de ses dirigeants. Il n’existe aujourd’hui aucun média indépendant, les correspondants de la presse étrangère sont personae non gratae, et les employés des médias publics, transformés en fonctionnaires zélés de la propagande gouvernementale, n’ont d’autre choix que de fuir ou d’obéir aux ordres.

Le 16 septembre 2010, Reporters sans frontières a écrit au War Crimes Department de Scotland Yard pour connaître l’état d’avancement de l’enquête menée sur Naizghi Kiflu, citoyen érythréen résidant en Grande-Bretagne. Ministre de l’Information et conseiller présidentiel à l’époque des rafles, ce dernier peut être arrêté et poursuivi en vertu de l’article 134 du Criminal Justice Act de 1988 qui sanctionne la pratique de la torture. En mai 2008, Reporters sans frontières avait publié un rapport sur le rôle de cet homme dans l’appareil répressif érythréen intitulé « Enquête sur Naizghi Kiflu, l’éminence grise du dictateur ». Lire le rapport : http://fr.rsf.org/erythree-enquete-sur-naizghi-kiflu-l-21-05-2008,27110.html.

Depuis trois ans, l’Erythrée se trouve en dernière position du classement mondial de la liberté de la presse établi par Reporters sans frontières, à la 175e place sur 175 pays. Dictateur le plus impitoyable du continent, hier héros de la libération, aujourd’hui Président opprimant son peuple, le chef de l’Etat, Issaias Afeworki, figure dans la liste des « prédateurs de la liberté de la presse ». Plus d’informations : http://fr.rsf.org/spip.php?page=predateur&id_article=37180.

Signez la pétition pour la libération des journalistes emprisonnés en Erythrée : http://fr.rsf.org/petition-pour-la-liberation-des-journalistes-emprisonnes,37550.html.

25/06/10 (B558) RSF – Communiqué sur la mise à disposition d’un espace sécurisé et de procédures d’échange d’information à l’abri de la censure … et des écoutes.

Communiqué de presse du 25 juin 2010

Reporters sans frontières lance
le premier « Abri anti-censure »

Reporters sans frontières a inauguré, le 24 juin 2010, le premier « Abri anti-censure », un espace destiné aux journalistes, blogueurs et dissidents réfugiés ou de passage à Paris, pour apprendre comment contourner la censure, protéger leurs communications et conserver leur anonymat en ligne.

« A l’heure où le filtrage et la surveillance du Net se généralisent, Reporters sans frontières s’engage activement en faveur d’un Internet libre et accessible à tous, en fournissant aux victimes de la censure les moyens de protéger leurs informations en ligne », a déclaré l’organisation. « Jamais autant de net-citoyens n’ont été emprisonnés en Chine, au Viêt-nam, en Iran notamment pour s’être exprimés librement sur la Toile. Pour ceux qui manipulent des données sensibles, l’anonymat s’impose chaque jour davantage. »

Reporters sans frontières et l’entreprise de sécurité des communications XeroBank, dans le cadre d’un partenariat, mettent gratuitement à disposition des utilisateurs de l’Abri des services anonymes à haute vitesse, comprenant e-mail chiffré et accès au World Wide Web. Les internautes se connectent au réseau XeroBank à travers un VPN (Virtual Private Network, réseau privé virtualisé) et tout leur trafic est acheminé à travers ce réseau backbone Gigabit où il transite d’un pays à l’autre, mélangé avec des dizaines de milliers d’autres utilisateurs, créant un tunnel anonyme impossible à retracer.

Ce réseau sera accessible aux utilisateurs de l’Abri à Paris, mais aussi à leurs contacts partout dans le monde et à toutes les personnes identifiées par Reporters sans frontières, notamment des journalistes, blogueurs, et défenseurs des droits de l’homme, grâce à la mise à disposition de codes d’accès et de clés USB. Ces clés USB, prêtes à l’emploi et sécurisées, seront fournies sur demande aux utilisateurs afin de pouvoir accéder aisément au service de XeroBank sans manipulation particulière.

XeroBank est une entreprise de sécurité des communications positionnée sur le marché de la confidentialité des données et la vie privée en ligne. Elle s’est spécialisée dans les solutions de communications électroniques et les transmissions de données qui protègent ses clients contre les écoutes clandestines, indésirables ou indiscrètes.

Des logiciels libres de contournement de la censure et de chiffrage les plus connus sont aussi mis à la disposition des utilisateurs de l’Abri, tout comme des guides d’utilisation et des wiki sur le sujet. Un espace multimedia est prévu pour les journalistes et internautes qui souhaitent filmer et transmettre des vidéos.

Dans un second temps, cet abri anti-censure permettra d’héberger

– via un site Internet dédié – des contenus censurés. Les reportages de Tamer Mabrouk sur la pollution des lacs égyptiens, interdits de publication dans leur pays, y trouveront leur place. Aux côtés des articles qui tomberont sous le coup de la nouvelle loi italienne sur les écoutes téléphoniques. Un véritable refuge pour tous ceux qui sont encore victimes des coups de ciseaux des censeurs.

L’Abri est ouvert du lundi au vendredi de 10 heures à 18 heures, sur réservation à l’email suivant : abri@rsf.org. Cet Abri a bénéficié du soutien de la Mairie de Paris.

L’organisation rappelle qu’à ce jour, une soixantaine de pays sont touchés par une forme de censure du Net, parmi lesquels au moins une quarantaine ont mis en place des mesures de filtrage du Web. Près de 120 net-citoyens (blogueurs, internautes, journalistes citoyens) sont actuellement derrière les barreaux.

Lire le dernier rapport « Les Ennemis d’Internet » et son introduction « Web 2.0 vs Control 2.0 » sur www.rsf.org.

Plus d’informations sur XeroBank : http://fr.rsf.org/reporters-sans-frontieres-lance-le-25-06-2010,37804.html

Contact :
Lucie Morillon
Responsable du bureau Nouveaux médias
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19/03/10 (B542) RSF / Trois journalistes détenus, une radio menacée (Somalie)

Reporters sans frontière condamne fermement les trois nouvelles arrestations effectuées par la milice Al-Shabaab. Ahmed Omar Salihi, un directeur de la radio Markabley dans la ville de Bardhere, a été détenu dans la nuit du 16 au 17 mars. Les deux journalistes, Mohamed Salad Abdulle ainsi que Mohamed Abdikarim ont eux aussi été arrêtés le 16 mars dans le sud de la Somalie. Ils travaillent pour cette même radio. Ces derniers sont malheureusement toujours en détention.

« Les arrestations et les détentions continues de nos confrères par le groupe Al-Shabaab ont atteint une proportion alarmante. » a déclaré Omar Faruk Osman, secrétaire général de la National Union of Somali Journalists (NUSOJ), notre organisation partenaire en Somalie. « Nous ne pouvons tolérer que ces agissements perdurent dans l’impunité totale. Les deux journalistes encore détenus doivent être immédiatement relâchés et les menaces doivent cesser », a ajouté Reporters sans frontières.

Mohamed Abdikarim, correspondant pour les radios Hornafrik et Markabley a été arrêté dans la ville de Baladhawo. Mohamed Salad Abdulle travaille pour la Somali Broadcasting Corporation (SBC), il est également fixeur à Kismayo pour la radio Markabley. Il a été apréhendé à Kismaayo le 16 mars en début de journée. Ahmed Omar Salihi est un dirigeant de la NUSOJ dans la zone sud-ouest.

La milice Al-Shabaab est classée parmi les prédateurs de la liberté de la presse. Depuis plusieurs années, elle entrave gravement le travail des journalistes. Elle aurait d’ailleurs promis de prendre des mesures contre la radio Markabley car elle est jugée trop critique à son égard.

Ali Yusuf Adan, mis en détention par la milice le 21 février, avait été relâché quelques jours plus tard. Il est en bonne santé et est maintenant en sécurité. Voir le précédent communiqué.

Pour d’autres informations sur la situation des journalistes en Somalie, voir le site de la NUSOJ.

25/02/10 (B539) RSF : Un journaliste détenu depuis trois jours par la milice Al-Shabaab

Reporters sans frontières se joint à son organisation partenaire en Somalie, the National Union of Somali Journalists (NUSOJ), pour exprimer sa vive inquiétude quant au sort réservé à Ali Yusuf Adan, arrêté le 21 février dans une zone controlée par la milice Al-Shabaab.

" Classée parmi les prédateurs de la liberté de la presse, la milice islamiste Al-Shabaab ajoute un triste fait à la longue liste des violations de la liberté d’expression qu’elle a déjà perpétrées. Nous condamnons cette arrestation et demandons la remise en liberté immédiate du journaliste", a déclaré l’organisation.

Ali Yusuf Adan est correspondant pour la Radio Somaliweyn à Wanlaweyn, région où il a été arrêté. Il aurait été transféré dans une prison de la ville de Merca, au sud de la Somalie. Il serait détenu pour avoir commenté, le 20 février, un meurtre perpétré par cette milice.

Nous sommes malheureusement toujours sans nouvelles de lui.