12/12/02 (B175/2) Affaire Borrel : communiqué de Survie. Une affaire Dreyfus ?

C O M M U N I Q U E

Paris, le 5 décembre 2002.

L’assassinat du juge Borrel : une affaire Dreyfus

Le courage obstiné d’une veuve, la solidarité d’une partie
de ses collègues, l’obstination de ses avocats, l’appui de quelques
journalistes et de citoyens scandalisés par un mensonge d’État
ont fini par faire éclater la vérité : le juge coopérant
Bernard Borrel a été assassiné en octobre 1995 à
Djibouti.

Du coup, tous les témoignages d’exilés de Djibouti énonçant
précisément les conditions de cet assassinat et la responsabilité
directe de l’actuel Président de ce protectorat militaire français,
Ismaël Omar Guelleh, prennent tout leur sens. On ne pourra plus éviter
de s’interroger sur la culpabilité de ce policier tortionnaire, ni
sur le pourquoi de la protection d’une dictature mafieuse par un certain nombre
de responsables politiques et militaires français.

Le plus insupportable reste évidemment qu’un certain nombre de magistrats,
de policiers et d’experts ont, sur ordre, maintenu durant sept ans la version
du suicide. Quitte à salir la victime, désespérer sa
veuve et ses enfants. La série de rapports tronqués ou truqués,
d’analyses escamotées ou biaisées, fait irrésistiblement
penser à l’affaire Dreyfus – dans l’ombre de la Françafrique,
militaro-politique. Sera-t-elle l’occasion du même sursaut civique ?
Rompra-t-elle enfin le consensus de la gestion néocoloniale, empreinte
de racisme, d’une partie de l’Afrique – le plus long scandale de la République
?

11/12/02 (B175/2) Un site à consulter : celui de SURVIE Bas-Rhin et une adresse Internet à conserver.

http://survie67.free.fr

Survie Bas-Rhin

« Donner valeur de loi au devoir de sauver les vivants » (Appel
de 126 Prix Nobel en 1981)

Survie 67 est une association qui fait partie de la fédération
SURVIE

Défiant
la « Françafrique », nous voulons favoriser une pleine conscience
de nos responsabilités vis-à-vis des pays d’Afrique. Des Français
sans scrupules la prennent trop souvent pour l’arrière-boutique facile
et discrète de leurs petites affaires politiques et économiques
franco-françaises. Ces Français ont trop intérêt
à ce que l’ Afrique reste politiquement faible. Il est temps de mettre
un terme à ces pratiques criminelles et de laisser l’Afrique se développer…
sans augmenter artificiellement ses problèmes propres.

Le « pays
des Droits de l’Homme » doit honnorer sa réputation.

22/11/02 (B173 ) Congo « On n’a pas le droit de trucider toute une population ». Interview de l’évêque Louis Portella par Henrik Lindell. Invitation à venir écouter un témoin de la FIDH et de nombreuses associations.

De passage en France, l’évêque Louis Portella dénonce
les exactions des troupes gouvernementales visàvis des populations
civiles dans le Sud du pays et interpelle le président Sassou Nguesso.
Interview exclusive.

La région du Pool, dans votre diocèse de Kinkala, est bouclée
par l’armée. Que s’y passe-t-il ?

Le gouvernement évoque la menace des miliciens ninjas, effectivement
présents dans le Pool. À la fin du mois de mars, refusant toute
idée d’un dialogue, le gouvernement a opté pour une solution
militaire afin de mettre la main sur « Ntoumi », le chef des ninjas.
Il a mobilisé des moyens très importants en hommes et en armes.
Il disait que le problème serait réglé en quelques semaines.

Aujourd’hui, la cible n’est toujours pas atteinte.

Les rebelles font des opérations de sabotage et rançonnent
des gens et l’armée poursuit ses opérations. Le résultat
: destruction des villages et déplacement des populations. Depuis sept
mois, toute une région est en train d’être détruite. Environ
100 000 personnes, soit 20% des habitants du Pool, ont trouvé refuge
à Brazzaville.

Pourquoi?

Ils nous disent que leurs villages ont été bombardés
par des hélicoptères, puis pillés et brûlés
par les forces publiques. Nous savons aussi que les « soldats », en
fait des miliciens Cobras intégrés dans l’armée, éliminent
souvent des gens sous prétexte qu’ils seraient « complices »
des ninjas. Toute la région est ainsi déstabilisée. Ceux
qui restent dans les villages non bombardés assurent à peine
leur survie. Ils ne reçoivent aucune aide, puisque les autorités
refusent de donner des visas aux organisations humanitaires. L’armée
gouvernementale est donc responsable de violations massives des droits de
l’homme.

Mais ses soldats obéissent-ils vraiment aux ordres?

J’ai entendu des chefs militaires se plaindre du manque de discipline des
troupes. Il est vrai aussi qu’on ne sait pas toujours d’où viennent
exactement les ordres.

L’impunité est totale !

Des jeunes soldats peuvent assassiner des civils sans craindre la moindre
sanction. Tenezvous le président Denis Sassou Nguesso, « démocratiquement
élu », pour responsable de cette situation? Oui. D’autant plus
qu’il a vraiment un pouvoir extraordinaire. Tout le monde dans le Pool pense
que le président n’a qu’à siffler pour que les hostilités
s’arrêtent.

Moi, j’interpelle Denis Sassou Nguesso parce que c’est mon devoir d’évêque.

Je l’assume puisque tout le monde, même les diplomates étrangers,
se tait par peur de représailles !

Avec la Fédération internationale des droits de l’homme (FIDH),
des organisations comme Survie et mes amis spiritains français, j’ai
l’intention d’alerter l’opinion publique internationale.

Les humanitaires doivent faire leur travail !

Il faut arrêter ses opérations militaires meurtrières
qui ressemblent plus à un plan pour casser l’élan vital du Pool
qu’autre chose. Il faut mettre les choses sur la place publique et alerter
l’Onu.

On n’a pas le droit de trucider toute une population !

PROPOS RECUEILLIS PAR HENRIK LINDELL
N° 3036 DU 14 NOVEMBRE 2002

 » Sassou Nguesso n’a qu’à siffler pour que les hostilités
s’arrêtent  »

______________________________

URGENT

Congo-Brazzaville : un témoin parle.

Les organisations soussignées estiment que la continuation des exactions
dans la région du Pool (sud-ouest du Congo-Brazzaville) met gravement
en danger la population. Nous invitons la presse à écouter un
témoin privilégié, Mgr. Portella, évêque
du diocèse de Kinkala, qui tient à alerter l’opinion française
et internationale sur cette situation trop peu connue.

Nous soutenons l’initiative de la Fédération Internationale
des Ligues des Droits de l’Homme (FIDH) qui organise à cet effet une
conférence de presse mardi 19 novembre à 10 heures en ses locaux
(17, passage de la Main d’Or, 75011 Paris).

– Agir ici (01 56 98 24 40)
– Agir ensemble pour les droits de l’Homme (04 37 37 10 11)
– Aircrige (06 60 71 53 94)
– CCFD (01 44 82 80 00)
– CIMADE(01 45 55 72 53)
– Frères des Hommes (01 55 42 62 62)
– Secours Catholique (01 45 49 73 00)
– Survie (01 43 27 03 25)

13/11/02 (B171) Trois dictateurs africains renoncent à leur pourvoi en cassation. Reconnaissent-ils de façon implicite que les dossiers publiés par F.X. Verschave dans ‘Noir Silence’ sont conformes à la réalité ? Communiqué de Survie.

Communiqué de Survie

Procès
pour offenses à chefs d’État contre Noir silence

MM. Sassou Nguesso, Déby et Bongo se désistent
de leur pourvoi en cassation. Ils s’inclinent devant le jugement de la Cour
d’appel, qui a validé
le  » sérieux  » d’un ouvrage dénonçant leur
criminalité multiforme.

Denis Sassou Nguesso, Idriss
Déby et Omar Bongo avaient intenté en 2000 un procès
pour offenses à chefs d’État contre l’auteur et l’éditeur
du livre Noir Silence (François-Xavier Verschave, président
de l’association Survie, et Laurent Beccaria, gérant des éditions
des Arènes). En 2001, ils avaient perdu en première instance.
Sur la forme : le Tribunal avait estimé que le délit invoqué
était contraire à la Convention européenne des Droits
de l’Homme. Les plaignants et le parquet avaient fait appel.

La 11e Chambre de la Cour
d’Appel de Paris s’est prononcée le 3 juillet 2002. Sur le délit
d’offense, elle n’a pas admis l’argument du Tribunal – validé pourtant
par un arrêt récent de la Cour européenne des Droits de
l’Homme. Mais elle a relaxé les accusés sur le fond ( »
la bonne foi « ) – un jugement sans précédent à ce
niveau. Une déroute pour les plaignants, qui se sont pourvus en cassation.

Mesurant finalement l’effet-boomerang
de ces procès à répétition, désastreux
pour une « image » si chèrement acquise, ils se sont discrètement
désistés de ce pourvoi auprès de Bruno Cotte, président
de la chambre criminelle de la Cour de Cassation. Le jugement de la Cour d’Appel
est donc définitif. Et aussi la victoire sur le déni, le mensonge,
la désinformation, que subissent quotidiennement les peuples congolais,
tchadien et gabonais, les démocrates de ces pays, les victimes de ces
régimes. Les témoignages de ces démocrates et des parents
des victimes ont d’ailleurs été décisifs.

Il est désormais
possible de qualifier Denis Sassou Nguesso de  » dictateur « , auteur
de  » crimes contre l’humanité « , et d’évoquer sa  »
complicité  » dans l’attentat contre le DC10 d’UTA.
L’on peut dire qu’Idriss Déby  » entretient soigneusement sa réputation
de tueur, par des carnages réguliers « , signaler son  » irrésistible
attirance  » vers  » le pillage de l’État, la mise à
sac des populations averses et leur « terrorisation » « , écrire
qu’il est  » goulu de transactions illégales « .
L’on peut qualifier Omar Bongo de  » parrain régional « , son
régime de  » démocrature prédatrice « , perpétuée
par la fraude électorale. Sans parler de toutes les accusations précises
que ces trois potentats ont préféré ne pas relever dans
leu assignation initiale.

Rappelons les attendus
du jugement déclarant les accusés  » non coupables du délit
d’offense à chefs d’Etat étrangers  » :  » les documents
versés et les témoignages recueillis au cours de la procédure
[…] établissent non seulement l’importance et l’actualité
des sujets évoqués mais aussi le sérieux des investigations
effectuées. […] Si l’ouvrage se veut résolument militant,
il ne trahit cependant pas son objectif de critique des systèmes politiques
des Etats africains évoqués et du fonctionnement des relations
internationales, spécialement avec la France. A ce titre, […] il
n’apparaît pas que la démarche de François-Xavier Verschave
soit critiquable « .

De nombreux témoins
ont, selon l’expression de la Cour,  » apporté leur crédit
à l’ouvrage querellé « . Quatre avocats, William Bourdon,
Antoine Comte, Francis N’Thepe et Vincent Toledano, ont apporté leur
conviction et leur talent. Trois mille personnes avaient défilé
en février 2000 en faveur des accusés, qui ont reçu le
soutien écrit de quinze mille citoyens français et étrangers,
et de nombreuses associations. La renonciation des plaignants est aussi leur
victoire.

Désormais définitif,
le jugement de la Cour d’Appel concourt à démontrer l’illégitimité
de trois régimes claniques, à exposer le large éventail
des méthodes d’oppression et de pillage qu’ils déploient – un
condensé de cette  » Françafrique  » dont on prétend,
à Paris, qu’elle est passée de mode.

Apprenant cette victoire
judiciaire, nous pensons tout particulièrement aux habitants de la
région du Pool, près de Brazzaville, victimes depuis quatre
ans d’un  » nettoyage ethnique  » à répétition,
dans un silence médiatique assourdissant : puisse-t-elle contribuer
à discréditer ce projet mortifère !

08/11/02 (B171) ALERTE DE SURVIE CONCERNANT LA SITUATION AU CONGO.

SURVIE « Donner
valeur de loi au devoir de sauver les vivants »


57, avenue du Maine – 75014 PARIS
Tél. : (33-1) 43 27 03 25 – Fax : (33-1) 43 20 55 58
http://www.globenet.org/survie
e-mail : survie@wanadoo.fr

C O M M U N I Q U É Paris, le 8 novembre 2002

Alerte Congo-Brazzaville : non à
la purification ethnique !
Tout dépend de votre silence

La Rue Meurt, courageux hebdomadaire de Brazzaville, est l’un des rares
médias à dire le sort terrifiant des populations de la région
du Pool, depuis la relance de la guerre civile fin 1998. Les exactions dont
il fait part le 29 octobre, confortées par d’autres sources précédemment
et depuis lors, prennent un sens de plus en plus angoissant : « Depuis
près de deux semaines, les villages du Pool, situés entre Nganga-Lingolo,
Linzolo et Kinkala, d’une part, et sur l’axe Nganga-Lingolo, Linzolo,
Mbanza-Ndoungaaa et jusqu’à Kimpanzou ou Voka d’autre part,
se vident de leurs populations qui convergent toutes vers la capitale. À
les entendre, une horde d’hommes en armes s’attaque, de nuit, aux
villageois, les rançonne et les oblige sous menaces de quitter les
lieux. Ils n’hésitent pas à tuer en cas de résistance.
Qui sont-ils ? Les [rebelles] ninjas sont les premiers à être
indexés. Habitués à prendre les populations en otage,
auraient-ils changé de tactique ? Que visent-ils ? De nombreux témoignages
affirment qu’ils sont équipés d’armes neuves. Seul
point d’ombre, aucun accrochage n’a été signalé
avec les éléments des FAC [forces gouvernementales] dont la
présence est pourtant constante dans cette zone… ».

Ceux qui ont vu le 4 novembre sur Canal+ l’émission 90 minutes
démontant la complicité entre la Sécurité militaire
algérienne et une partie des GIA massacreurs et terroristes seront
frappés des similitudes. Il y en a beaucoup entre les pétrodictatures
du général Sassou Nguesso et des généraux d’Alger
: le même pillage, la même terreur, le même goût pour
les “coups tordus”. S’y ajoutent, depuis bientôt quatre
ans, un acharnement contre les Laris de la région du Pool qui relève
au minimum d’une entreprise de purification ethnique, voire la dépasse
: massacres, viols systématiques, bombardements de civils, incendies
de villages, interdiction des secours humanitaires, etc. Comme si l’on
reprochait à cette population de “mal voter”, qu’il
fallait ruiner son poids démographique et donc électoral…

L’assassinat en 1999 de 353 jeunes réfugiés rentrant de
Kinshasa, les « disparus du Beach », n’est que la face émergée
d’un iceberg de crimes contre l’humanité. Les témoignages
que nous recevons font état d’une nouvelle et virulente poussée
criminelle, affectant la zone sud-ouest du Pool après la zone nord,
au printemps. Des dizaines de milliers de vies sont en jeu. Les témoins
(journalistes, humanitaires) sont tenus à l’écart. On nous
supplie de faire connaître au monde le sort de ces populations oubliées,
et pourtant si proches de Paris – quelques heures d’avion (avec
parfois des voyageurs aux mains couvertes de sang), quelques longueurs à
parcourir pour les milliards de litres d’essence destinés à
nos voitures.

Toute la société française, médias compris, va-t-elle
se rallier au silence organisé par la Françafrique ? Qui va
oser dénoncer la complicité confirmée de l’Élysée
avec l’un des pires régimes de la planète ?

Comment accepter que le silence tue pendant que le pétrole coule ?
« Est-ce ainsi que les Hommes vivent » ?

01/10/02 Communiqué de SURVIE pour appeler à participer à la manifestation de mercredi 2 octobre à 16 h 30 Place de la Madeleine à Paris.

C O M M U N I Q U E
le 1er octobre 2002

Au
suivant ….

Sassou s’est sauvé
; Guelleh entre à l’Elysée.

Décidément,
rien ne nous sera épargné en cette saison par un Jacques Chirac
apparemment soucieux de nous faire honte.

A peine avalée
sa visite à N’Djaména [qu’avait-il à dire à la
calamité tchadienne ?], il a fallu ingurgiter les honneurs rendus au
bourreau de Brazzaville. Avec tant sur l’estomac, on a du mal à absorber
l’arrivée du policier de Djibouti : Ismaël Omar Guelleh. Nos amis
africains – les victimes de ces copinages en particulier – en ont une indigestion.
Et nous donc !

Le tyran djiboutien partage
avec les autres sus mentionnés une propension au détournement
des fonds publics, aux arrestations illégales, tortures, emprisonnements
sans jugement, viols, exécutions sommaires … Le respect des droits
humains ne fait pas partie de la panoplie de Guelleh. Ce n’est certainement
pas en le recevant officiellement que notre pays le rappellera à de
meilleurs pratiques. Ce sera, au contraire, le conforter dans son sentiment
que l’impunité lui sera reconnue quoi qu’il fasse. Reconnue par la
France, en tête, par les américains juste derrière, sans
doute, puisque ces derniers s’intéressent à Djibouti, au port
de Djibouti pour être précis, en raison de sa situation géographique.
Et les Djiboutiens dans tous ces jeux cyniques ? Quantité négligeable
semble-t-il.

Une organisation djiboutienne,
l’Association pour la Démocratie et le développement, appelle
à un rassemblement demain, mercredi 2 octobre de 16 h 30 à 20
h Place de la Madeleine * « pour protester contre la présence sur
le territoire français du dictateur djiboutien Ismaël Omar Guelleh ».
Cette association rappelle la responsabilité de ce dernier dans de
nombreux crimes de 1977 à 1999, alors qu’il exerçait la fonction
de chef de la sécurité. « Son accession à la présidence
de la République en 1999 n’a pas atténué ses ardeurs
répressives », poursuit l’organisation, qui ajoute : « La France
a une responsabilité particulière dans la genèse et la
pérennité de ce régime clanique, prédateur et
mafieux en le soutenant économiquement et militairement sans interruption. »
Elle affirme que Guelleh « doit répondre de tous ces crimes devant
la justice ».

Nous ne pouvons que lui
donner raison. Nous ne pouvons que rappeler les autorités françaises,
le Président Chirac en tête, à un peu de décence.
La France pourrait utiliser ses atouts à des fins moins désespérantes
pour des millions d’êtres humains que les enfermer dans les rets de
petits voyous et/ou dans de grands calculs irresponsables.

Survie rejoindra les Djiboutiens
qui se rassemblent demain pour exprimer, avec eux, son indignation, son inquiétude,
et son dégoût.


* Pour tout contact avec cette Association : 06 78 30 33 52

_______________________________

Bien entendu l’ARDHD s’associe complètement à cette manifestation et elle appelle le plus grand nombre à être présent pour exprimer le ras-le-bol du Peuple djiboutien et pour faire connaître à l’opinion publique, toutes les exactions et tous les crimes commis par le régime de Guelleh qui asservit tout un peuple.

Les Français sont invités à se joindre aux manifestants pour dire combien ils partagent les souffrances du peuple djiboutien et combien ils protestent contre l’attitude des Gouvernements français successifs, qui n’ont jamais cessé d’apporter un soutien financier et diplomatique à une dictature qui torture et qui tue tous les jours.

Selon certaines informations, on nous signale (mais cela reste à confirmer) que des personnalités comme Kadamy, DAF, et d’autres seront présents.

Il devrait y avoir aussi des représentants du GED (sous réserve de confirmation dans la journée).

16/09/02 Manifestation ce mercredi 18 septembre à 15 heures, place de la Madeleine à Paris, pour protester contre la venue à Paris de Sassou, criminel contre l’humanité. (Communiqué relayé par SURVIE)

Si
Paris reçoit le Président congolais, de retour des Etats-Unis
où il rencontre le Président et les pétroliers américains,
ce n’est sans doute pas pour lui reprocher ses crimes ; serait-ce pour « son »
pétrole ? De combien de vies congolaises (entre autres) les Français
doivent-ils payer « leur » approvisionnement énergétique
? Ça commence à faire cher le litre. La concurrence pour le
partage des barils sert d’alibi pour la fréquentation des criminels.

Les associations Renouveau
Conférence Nationale et Fédération des Congolais de la
Diaspora * appellent à les rejoindre le mercredi 18 septembre 2002
de 15 heures à 18 heures Place de la Madeleine ** à Paris

pour protester contre la présence sur le territoire français
du Président congolais Denis Sassou Nguesso. Dans leur appel à
ce rassemblement, ils posent la question :

« Où sont
passés les 353 jeunes Congolais livrés aux autorités
congolaises en mai 1999 ? »

On connaît malheureusement
la réponse : ils ont été massacrés. Des rescapés
de ce massacre en ont témoigné publiquement. Ils ont porté
plainte (le 5 décembre 2001 auprès du Parquet du tribunal de
grande instance de Meaux) pour crimes de torture, disparitions forcées
et crimes contre l’humanité. Cette plainte vise nommément le
Président congolais, ainsi que trois de ses fidèles : Pierre
Oba, son ministre de l’Intérieur, Blaise Adoua, commandant de la Garde
républicaine et le général Norbert Dabira, inspecteur
général des Armées.

Ce dernier, convoqué
par le justice française le 11 septembre, ne s’est pas présenté
: le Président congolais s’y est opposé. Il se présente
par contre lui-même à Paris. Pour quoi faire ? Certainement pas
pour répondre de ses crimes. Peut-être pour obtenir que le général
Dabira ne réponde pas des siens. Jacques Chirac, qui va recevoir son
collègue Sassou Nguesso, n’est-il pas le garant constitutionnel du
bon fonctionnement de la justice française ?

Ce visiteur vient peut-être
aussi demander au gouvernement français de museler ceux de ses compatriotes
exilés qui critiquent trop sa « gouvernance » : ce ne serait
pas la première fois que l’ex-métropole accepterait de rendre
un tel « service ».

Survie répondra
à l’invitation des Congolais à « protester contre la présence
sur le territoire français de Monsieur Sassou Nguesso ». A moins,
évidemment, que les autorités de notre pays ne renoncent finalement
à le recevoir, parce que le refus des crimes contre l’humanité
aurait soudain plus d’importance que le prix de l’essence.

*Pour tout contact
:
Renouveau Conférence Nationale : Benjamin Toungamani, Willy Ognami
02 38 88 93 62 bentoung@aol.com
Fédération des Congolais de la Diaspora : Benjamin Moutsila
06 83 12 12 92, Olivier Bidounga 01 43 30 76 60 manalilian@wanadoo.fr

13/08/2002 – Visite privée d’Ould Taya en France ? Est-il admissible qu’un responsable de crimes contre l’humanité soit en visite privée à Paris ? (Appel à manifester transmis par SURVIE)

AIRCRIGE (Association
Internationale de
Recherche sur les Crimes contre l’Humanité et les Génocides)
Tél. : (33-1) 06 60 71 53 94
E-Mail : aircrige@hotmail.com
C O M M U N I Q U E, Paris le 13 août 2002


Visite privée d’Ould Taya en France ?


L’Organisation Contre les Violations des droits Humains en Mauritanie
(OCVIDH) nous informe de la présence en France du Président
Mauritanien Maouya Ould Sid’ahmed Taya en « visite privée ».

nous nous joignons
aux protestations exprimées par l’OCVIDH à l’occasion de
cette « visite », et nous interrogeons sur son caractère
« privé ». Il est rare que le Président d’un pays
étranger vienne aux bords de la Seine sans échange d’amabilités
avec au moins quelque représentant de son homologue français.
Or, de notoriété publique, le Président Ould Taya
est le responsable suprême d’un pays où de graves crimes
contre l’humanité ont été et continuent d’être
commis. Il est également connu que son état de santé
peut l’inciter à entreprendre un voyage qui a pourtant été
longtemps retardé. Quels que soient les motifs de sa visite, la
présence du Colonel Taya à Paris suppose que la démocratie
française accepte d’abriter un homme dont nous rappelons quelques
hauts faits :

– Une politique d’apartheid
et d’épuration ethnique à l’encontre de la population noire
: en 1989, l’expulsion massive de 120 000 noirs au Sénégal
et au Mali, où ils vivent toujours dans des conditions précaires
; en 1990-1991, l’élimination massive des noirs au sein de l’armée
(500 tués en 4 mois).

– Le musellement de
l’opposition par la censure de la presse, la fraude électorale,
la dissolution des partis d’opposition (Attalia, Union des Forces Démocratiques/Ère
Nouvelle, Action pour le Changement), l’arrestation de leurs chefs de
file (dont celle, en avril 2001, du Président du Front Populaire
CB’Bih Ould Cheidk Malaînine).

– La pratique de la
torture dans les prisons, qui connaît actuellement un regain de
violence, comme le montre le sort infligé à Mohamed Baba
en avril 2002, torturé par les propres cousins du Colonel.

– Le soutien dissimulé
aux pratiques de l’esclavage et la répression violente des militants
anti-esclavagistes.

La Fédération
Internationale des Droits de l’Homme (FIDH), de son côté,
souligne « les actes de torture et les mesures de pression et rétorsion
contre l’ordre des avocats et les partis politiques » et rappelle
que des victimes mauritaniennes sont engagées dans des procédures
judiciaires en France contre plusieurs responsables des sévices
qui ont été exercés sur leur personne.

La Chambre de l’instruction
de Nîmes a récemment ordonné la mise en accusation
pour crimes de torture du Capitaine Ely Ould Dah devant la Cour d’Assises
du Gard. Ce dernier, qui résidait en France, avait curieusement
réussi à s’en échapper. Échappera-t-il aux
sanctions prévues pour les tortionnaires ?

Notre pays a-t-il
fait savoir au Colonel Ould Taya qu’en dépit du sort qu’il inflige
à son peuple il pourrait désormais compter sur un accueil
cordial ? nous profitons de cette visite pour exprimer notre solidarité
avec les Mauritaniens qui combattent son pouvoir et pour inviter les autorités
françaises à faire de même, sans quoi elles accepteraient
de facto, par ce soutien affiché, d’être complices d’une
dictature criminelle.

Nous appelons à
gagner le rassemblement de protestation jeudi 15 août 2002 sur le
Parvis des Droits de l’Homme (Place du Trocadéro) à partir
de 14 heures.

Note de l’ARDHD
: A qui le prochain tour ? Guelleh et/ou ses sbires : Hassan Saïd,
etc… ?