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14/01/2000 – Affaire de l’assassinat du juge BORREL. L’Ambassadeur de Djibouti en France déclare le plus sérieusement du monde sur TF1, “qu’un petit groupe de français est à l’origine de la déclaration du témoin djiboutien, réfugié en Belgique !!!”

L’Ambassadeur de Djibouti en France s’exprimait sur TF1, dans le cadre de la mise en cause de son Président dans l’assassinat du juge BORREL. “Il aurait annoncé, avec le plus grand sérieux, qu’un groupe de français aurait pu forcer ce militaire djiboutien réfugié en Belgique à effectuer les déclarations qui mettent directement en cause M. Guelleh. Ces Français n’aimeraient pas M. Guelleh, ni les djiboutiens et feraient tout pour remettre en cause la stabilité du régime”.

Ces déclarations sont tragiques. Si la situation n’était pas aussi grave, elles nous auraient fait rire. Qui imaginerait que notre association lutte contre le peuple djiboutien ?

M. Guelleh et son entourage sont pris de panique : ils n’ont plus d’arguments à opposer à la vérité qui commence à éclater. Ils utilisent n’importe quelle parade pour essayer de conserver le pouvoir – peut-être le temps de mettre des fonds à l’abri dans des banques discrètes -.

Les signes de la fin du régime sont de plus en plus perceptibles …

14/01/2000 – La France peut-elle encore continuer à soutenir un régime qui viole les Droits de l’Homme et qui tue nos juges, sans en devenir complice ?

APPEL A TOUS LES HOMMES POLITIQUES
FRANCAIS ET EUROPEENS.

Le soutien “inconditionnel” accordé par la France aux régimes dictatoriaux successifs de Djibouti (D’abord celui de M. Aptidon, puis celui de M. Guelleh) surprend les Observateurs, les Associations / ONG et même de nombreux députés français et européens, qui multiplient les appels et les condamnations.

En dépit de toutes les violations des Droits de l’Homme reconnues et dénoncées par les organisations les plus sérieuses : Parlement européen, FIDH, Observatoire International des Prison, Amnesty International, … la France a contrinué à financer largement le régime djiboutien, qui reçoit dix fois plus, par tête d’habitants que de nombreux autres pays africains.

Mais aujourd’hui la situation s’est aggravée :
le Président Guelleh, en personne, serait impliqué dans l’éxécution d’un juge français, exécution qui aurait été “maquillée” en suicide.

Les autorités françaises ont envoyé ensuite deux juges sur place pour enquêter sur ce décès mystérieux. Les juges parisiens Roger Le Loire et Marie-Paule Moracchini n’ont rien constaté d’anormal dans le “suicide” du juge BORREL. S’agissait-il de la dernière tentative de Paris pour tenter de “couvrir” M. Guelleh ? Ou bien, allons-nous assister en spectateurs à de nouveaux escamotages pour étouffer ce nouveau rebondissement et pour permettre à M. GUELLEH de poursuivre son régime tyrannique ?

Sans présumer de la cupalbilité directe de M. Guelleh, cette affaire pose une question de fond. L’argent des Français doit-il être servir à soutenir un régime tyrannique, qui s’est placé hors-la-loi internationale et qui élimine maintenant nos propres ressortissants ? Bien entendu la réponse est NON.

Nous lançons un appel à tous les hommes politiques français et aux parlementaires, pour qu’ils cessent de voter des crédits en faveur de Djibouti, pour qu’ils imposent le blocage des crédits alloués et pour qu’ils exigent une clarification de la position française ou l’obtention de garanties “sérieuses” de la part de DJIBOUTI. Ces garanties ne pouvant être prises au sérieux (aujourd’hui et à nos yeux) que s’il y a un changement de régime.

ARDHD

13/01/2000 – (LE MONDE) Un témoin met en cause le président de la République de Djibouti (I.O. GUELLEH)dans la mort du juge français Bernard Borrel

L’ENQUÊTE sur la mort mystérieuse du juge Bernard Borrel, le 18 octobre 1995 à Djibouti, a peut-être pris un tournant capital ( Le Monde daté
8-9 juin 1997). Plus de quatre ans après la découverte, dans un ravin, du corps calciné de ce magistrat français, alors conseiller auprès du
ministre de la justice de Djibouti, un témoignage essentiel vient remettre en cause la thèse du suicide, jusqu’ici privilégiée par l’instruction. Rendu public par Le Figaro dans son édition du
11 janvier, ce témoignage vient renforcer la conviction d’Elisabeth Borrel que son mari a été assassiné.

Voilà quatre ans que cette femme, magistrate elle aussi, refuse de croire au suicide de son mari. Quatre ans qu’elle dénonce les ” intérêts
politiques ” qui ont concouru à ” étouffer le dossier “. Seule, elle a imposé l’ouverture d’une information judiciaire pour ” assassinat “.
Toujours seule, elle a obtenu que soit pratiquée, dix-huit mois après les faits, une autopsie. Elle et son avocat, Me Olivier Morice, reprennent aujourd’hui espoir. Car l’arrivée de ce nouveau témoin
pourrait bien transformer ce fait divers en affaire d’Etat.

L’homme se nomme Mohamed Saleh Alhoumekani. Agé de trente-six ans, il vit actuellement en Belgique, où il a demandé l’asile politique il y a quinze mois. Marié et père de trois enfants, il affirme craindre pour sa sécurité ” et surtout celle de [sa] famille restée au pays “, précise-t-il. Son témoignage il est vrai met en cause rien moins que l’actuel président de la république de Djibouti, Ismaïl Omar Guelleh.

REGISTRES DISPARUS

Le 19 octobre 1995, M. Guelleh n’est encore que
chef de cabinet du président de l’époque, Hassan Gouled Aptidon. Mais déjà, il affiche des ambitions de premier rang. Mohamed Alhoumekani le
connaît bien. Lieutenant d’infanterie affecté à la garde présidentielle,il assure la fonction de chef adjoint de la sécurité du palais. ” Ce
jour-là, vers 14 heures, deux 4 × 4 sont entrés à la présidence. Cinq hommes en sont descendus, accueillis par Omar Guelleh. ” Il reconnaît
immédiatement Hassan Saïd, chef des services secrets, et le colonel Ahmed Mahdi, chef de corps de la gendarmerie nationale. Deux autres personnes, ” des étrangers ” dont il ne veut rien dire, les
accompagnent. Le cinquième homme lui est également familier : Awalleh Guelleh a été son instructeur à l’école militaire, huit ans auparavant.
Mais ce 19 octobre 1995, il réside officiellement… en prison. Mis en cause dans l’attentat du Café de Paris, dans lequel un Français a été tué en 1990, il sera condamné par contumace, en novembre 1998, à Paris, à la réclusion criminelle à perpétuité. C’est pourtant bien lui, assure M. Alhoumekani, qui s’adresse, cet après-midi là – soit tout juste
douze heures après la mort de Bernard Borrel – au futur président.

La conversation, telle que la relate le jeune lieutenant, est rapide.
” Ça y est, le juge fouineur est mort “, dit le terroriste. Le chef de cabinet s’interroge : ” Le travail a été bien fait ? ” Cette fois, c’est
un des deux étrangers qui répond : ” Il n’y a aucune trace mais il faut demander au colonel de récupérer la main-courante. ” ” C’est fait “,
aurait dit le colonel Mahdi. De quoi expliquer la disparition de ces registres tenus par la police aux points de contrôle routiers entre Djibouti et le lieu de la découverte du corps du magistrat.

PROCHAINE AUDITION

Cet échange verbal apporte un éclairage nouveau sur
un dossier particulièrement obscur. Autopsie non effectuée, disparition de la fameuse main-courante, disparition du dossier médical du juge : de
nombreuses pièces manquaient au puzzle judiciaire. D’autres peinaient à trouver leur place. Comme cette expertise, réalisée fin 1997 par le professeur Lazarini, expert honoraire près la Cour de cassation et spécialiste de médecine légale. Constatant l’absence de suie dans les bronches, il invitait à ” rejeter la notion de carbonisation s’étant
produite du vivant du sujet ” et à écarter la thèse du suicide par immolation défendue par les autorités djiboutiennes et françaises.

Ce rapport n’a toutefois pas convaincu les juges parisiens Roger Le Loire et Marie-Paule Moracchini, qui instruisent la plainte pour ” assassinat ” déposée par Elisabeth Borrel. Leur déplacement à
Djibouti, en mars 1999, en compagnie de deux policiers, est venu étayer la thèse du suicide. Dans leur rapport de synthèse, du 21 novembre 1999,
les deux enquêteurs de la brigade criminelle concluaient : ” Sauf à envisager l’existence d’un vaste complot politico-judiciaire impliquant
dissimulation d’éléments d’enquête par les premiers intervenants, procès-verbaux volontairement erronés, examens médicaux orientés et conspiration généralisée du silence, l’hypothèse de l’assassinat ne
peut, à ce jour, être sérieusement retenue. “

Du moins devra-t-elle être sérieusement envisagée. Mercredi, on indiquait, de source judiciaire, que les magistrats instructeurs souhaitaient ” entendre prochainement ” ce nouveau témoin. L’ambassade
de Djibouti a dénoncé, de son côté, ” le témoignage d’un individu instable ” et y décèle ” les mains de certains milieux français animés par une hostilité constante à la stabilité et à la paix en République de Djibouti “.

Nathaniel Herzberg

Le Monde daté du vendredi 14 janvier 2000

12/01/2000 – ENQUETE: Un magistrat français aurait bien été assassiné à Djibouti en octobre 1995. Le témoin surprise qui trouble la justice ( Le FIGARO-Mardi 11 Janvier 2000 ).

Le témoignage inédit vient relancer l’enquête sur la mort mystérieuse d’un magistrat français, à Djibouti, le 19 octobre 1995. Officiellement,le juge Bernard Borrel, conseiller du ministre de la Justice à Djibouti,se serait suicidé en s’immolant par le feu en face de l’île du Diable.
Alors que la justice française s’apprête à classer l’affaire, un militaire djiboutien proche du pouvoir accrédite la thèse d’un assassinat à caractère politique.

Bruxelles: de notre envoyée spéciale-Alexandrine Bouilhet.

C’est un homme qui a peur. Peur pour sa vie et celle de sa famille. On peut le comprendre: son témoignage met en cause Ismael Omar Guelleh,l’actuel président de la République de Djibouti, dans la mort suspecte
du juge Bernard Borrel, survenue à Djibouti, en octobre 1995.
Réfugié en Belgique, où il tente d’obtenir l’asile politique depuis plus d’un an, cet ancien officier djiboutien de 36 ans nous reçoit chez son avocat, à Bruxelles. “sachez que je n’ai rien à gagner en
témoignant. Je prends même des risques car j’ai encore de la famille à Djibouti…”, dit-il en préambule. Elégant, d’allure sportive, Mohamed
Saleh Alhoumekani à décidé de parler pour “soulager sa conscience”, mais aussi “pour Mme Borrel”, dont le mari, dit-il, était un homme “très respectable”, et “injustement sali”.

Prudent, il s’en tiendra à l’essentiel. A l’époque du “crime”, cet officier, nommé lieutenant d’infanterie de l’armée djiboutienne,travaillait comme adjoint à la sécurité dans la garde présidentielle. A ce titre, il était notamment chargé de veiller à la sécurité rapprochée du président Hassan Gouled Aptidon. Le 19 octobre 1995, jour de la
découverte du corps de Bernard Borrel, carbonisé, dans un ravin, Mohamed Saleh Alhoumekani prétend avoir assisté à une discussion compromettante
à laquelle participait Ismael Omar Guelleh, alors chef de cabinet du président Aptidon. Cette discussion aurait eu lieu en début d’après-midi, “vers 14 heures”, dans les jardins du palais présidentiel.
“Cinq hommes sont arrivés en 4×4 à la présidence pour voir Omar Guelleh”, raconte-t-il. Parmi eux, il reconnait le colonel Ahmed Mahdi,chef de corps de la gendarmerie, et Hassan Said, le chef du SDS, les
services secrets djiboutiens. A sa grande “surprise”, il voit également descendre du 4×4 le terroriste djiboutien Awalleh Guelleh Assoweh, qui était censé être en prison pour sa participation à l’attentat du Café de Paris (lire encadré).

Awalleh Guelleh qu’il avait déja vu dans la résidence privée du chef de cabinet, mais “jamais” dans l’enceinte du palais présidentiel, était
accompagné par deux “étrangers”, dont il ignore l’identité.

L’entretien, auquel M. Alhoumekani assiste en tant que chargé de sécurité, porte sur la mort du juge Borrel. “La mission est accomplie” aurait indiqué le terroriste djiboutien, en somali, au chef de cabinet
de la présidence. “Le juge fouineur a été tué sans aucune trace” .
Méfiant, Ismael Omar Guelleh aurait alors demandé à l’un des étrangers si le travail avait vraiment été “bien fait”. Lequel lui aurait confirmé
qu’il n’y avait “pas de traces”, précisant qu’il fallait “donner des instructions au colonel pour que tout disparaisse”. Le colonel Mahdi aurait conclu l’entretien en assurant qu’il avait “fait disparaitre la main courrant”, qui signalait le dernier passage du juge Borrel à un barrage militaire.
D’après M. Alhoumekani, ce rendez-vous entre “commenditaire” et “exécutants” n’aura duré que vingt minutes.

Hier, LE FIGARO a tenté, en vain, de joindre la présidence, à Djibouti, pour obtenir sa réaction.

Tenu par le devoir de réserve, l’officier djiboutien n’a parlé de la teneur de cette conversation “choquante” qu’à son épouse.
Limogé en janvier 1997 de la garde présidentielle pour avoir refusé d’exécuter certains ordres, M. Alhoumekani s’est finalement exilé en Belgique en août 1998, avec sa femme et ses deux enfants. Par
l’intermédiaire de son avocat bruxellois, Maitre Luc Cambier, il a proposé son témoignage à la police judiciaire belge, laquelle a promis de contacter Interpol. Depuis trois mois, cette promesse est restée
lettre morte. Aujourd’hui, Mohamed Saleh Alhoumekani accepte d’être directement entendu par la justice française. Informée de ce nouveau témoignage, Elisabeth Borrel, la veuve du magistrat, ne cache pas son soulagement. Cette mère de famille, magistrate à Toulouse, se débat depuis quatre ans pour démontrer que son mari ne s’est pas immolé, mais “qu’on l’a suicidé”, dans un contexte politico-judiciaire très tendu entre la France et Djibouti, en raison de l’attentat du Café de Paris.
Elle a déclenché une enquête judiciaire pour “assassinat” en France, demandé une autopsie du corps de son mari, demandé une expertise privée
sur les causes de la mort et mobilisé les syndicats de magistrats.
Aujourd’hui, ses soupçons sont confortés. “Ce témoignage est bien la preuve qu’il s’agit d’une affaire d’Etat” commente son avocat, Maitre
Olivier Morice, qui entend demander l’audition très rapide de ce témoin.
La justice française, elle, devra sans doute revoir ses certitudes. Au palais de justice de Paris, on envisageait, jusqu’à présent, de clôturer
ce dossier sensible par un non-lieu. Après deux ans d’enquête, et l’audition d’une cinquantaine de témoins, les juges d’instruction Roger Le Loire et Marie-Paule Moracchini ont acquis la conviction que leur ancien collègue s’était suicidé, sans raisons évidentes. Ils en sont persuadés depuis leur retour de mission à Djibouti, au printemps 1999. “Aucun des témoins n’a été en mesure de fournir le moindre élément tangible et vérifiable, ou un seul mobile
sérieux de nature à accréditer la thèse de l’homicide”, écrivent les policiers de la brigade criminelle, dans leur dernier rapport d’enquête,
daté du 21 septembre 1999.

[Encadré: L’attentat du Café de Paris.
Le 27 septembre 1990, un attentat visant les clients français du Café de Paris à Djibouti, faisait un mort-un enfant de 6 ans- et 15 bléssés.
L’enquête a été confiée au juge parisien Roger Le Loire, qui a lancé plusieurs mandats d’arrêts internationaux contre des opposants au
régime. Le juge Borrel s’était également interessé à l’enquête. En novembre 1998, à Paris, les cinq auteurs présumés de l’attentat, d’anciens militaires djiboutiens, ont été condamnés par contumace à la
réclusion criminelle à perpétuité. Trois d’entre eux sont en principe toujours emprisonnés à Djibouti, à l’exception d’Awalleh Guelleh, qui a réussi à s’enfuir de prison un an après son incarcération.]

Article paru dans Le Figaro du mardi 11 janvier 2000

11/01/2000 – Reporters Sans Frontières: APPEL URGENT EN FAVEUR D’AMIR ADAWEH, journaliste détenu en Éthiopie, qui aurait été amputé des deux jambes après un acte criminel commis par ses geôliers éthiopiens

Reporters sans frontières
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URGENT – LIBERTE DE LA PRESSE
11 janvier 2000
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Ethiopie : Un journaliste djiboutien détenu depuis sept mois

Dans deux lettres adressées respectivement à Ali Abdi Farah, ministre djiboutien des Affaires étrangères, et à Wolde Woredewolde, ministre éthiopien de la Justice, Reporters sans frontières (RSF), a protesté contre la détention d’Amir Adaweh, rédacteur en chef du journal djiboutien La République, l’organe du Parti national démocratique (PND, dans l’opposition). RSF a demandé que le lieu et les raisons de cette détention soient rendus publics. “S’il s’avère qu’Amir Adaweh est emprisonné en raison de ses activités de journaliste, nous demandons sa libération immédiate”, a ajouté Robert Ménard, secrétaire général de l’organisation. RSF a également rappelé que l’Ethiopie a ratifié la Convention contre la torture et autres peines ou traitements cruels, inhumains ou dégradants.

Selon les informations recueillies par RSF, Amir Adaweh, journaliste djiboutien et membre du bureau politique du PND, serait détenu à Harrar, dans l’est de l’Ethiopie, depuis plus de sept mois, dans des conditions particulièrement éprouvantes. Partis en vacances dans cette région, le journaliste et plusieurs autres personnes auraient été appréhendés par la police éthiopienne. Les raisons de cette arrestation ne sont toujours pas connues. Dernièrement, les geôliers auraient tiré dans les jambes du journaliste, qui aurait été transporté à l’hôpital le plus proche.

Reporters sans frontières
International Secretary

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PRESS FREEDOM ALERT
11 January 2000
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Ethiopia : Djiboutian journalist detained for seven months

In two separate letters addressed to Ali Abdi Farah, the Djibouti’s Minister of Foreign Affairs and Wolde Woredewolde, the Ethiopian Minister of Justice, Reporters Sans Frontières (RSF), protested against the detention of Amir Adaweh, the Djibouti-born editor-in-chief of La République, the newspaper of the National Democratic Party (PND, opposition). RSF asked for the location and the reasons for his detention to be made public. “If it turns out that he is imprisoned because of his work as a journalist, we ask for his immediate release”, added Robert Ménard, the RSF General Secretary. RSF also reminded that Ethiopia has ratified the Convention against Torture and Other Cruel, Inhuman or Degrading Treatment or Punishment.

According to information gathered by RSF, Amir Adaweh, a Djiboutian journalist and member of the executive committee of the PND, has been held at Harer (in the east of the country) fore more than seven months in particularly harsh conditions. He and other people were reportedly arrested while on holiday by the Ethiopian police. The reasons for the arrests are not yet known. Recently, the journalist’s jailers are reported to have fired at his legs, and he is said to have been taken to the nearest hospital.

Jean-François Julliard
Bureau Afrique / Africa desk

Reporters sans frontières
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09/01/2000 – LETTRE OUVERTE à M. Lionel JOSPIN – Premier Ministre de la France – pour demander à la France d’apporter aide et assistance à Me AREF.

A Monsieur Lionel JOSPIN
Premier Ministre
Paris 7ème

Paris le 9 janvier 2000

Par fax au 01-45-44-15-72

Monsieur le Premier Ministre,

Cette nouvelle année qui s’ouvre sur de grands espoirs pour la France et pour l’humanité tout entière connaît déjà des ombres qui noircissent l’horizon des libertés que nous défendons tous, ici et ailleurs.

Les soussignés sont contraints, en ce mois de janvier 2000, d’en appeler à votre haute autorité pour régler de la meilleure manière le sort d’un Français, opprimé et menacé, dans sa liberté et dans sa vie, se trouvant actuellement en République de Djibouti.

Me AREF MOHAMED AREF, avocat au barreau de Djibouti, militant des droits de l’homme, consultant pour de nombreuses organisations internationales, a le désavantage d’être Français et Djiboutien.

En d’autres temps, le seul fait d’être Français lui aurait sauvé la vie, lui aurait procuré les sauf-conduits nécessaires pour trouver aide et assistance auprès des autorités de notre pays en poste à Djibouti.

Actuellement, il semble que la possession de ces deux passeports soient pour lui et les siens une épreuve supplémentaire à surmonter.

Les déboires graves qu’ils rencontrent à Djibouti, du seul fait de son engagement en faveur de la liberté, de la paix et du progrès, l’ont conduit à demander à la France à bénéficier de sa protection indispensable à sa survie et de l’aider à sortir du pays pour rejoindre la France.

Plusieurs fois menacé et agressé par les sicaires du régime tyrannique en place soutenu par la France, Me AREF, privé de profession, incarcéré et condamné dans le cadre de nombreux procès iniques où ses avocats français, privés de visas, n’ont pas été autorisés à exercer les droits les plus élémentaires de la défense, voit ses jours exposés à la persécution du pouvoir.

Il a donc formulé officiellement sa demande de rapatriement à l’occasion d’une rencontre organisée à l’ambassade de France à Djibouti: en qualité de Français, il ne demande pas l’asile à la France mais il demande à son pays de lui assurer aide et protection comme toute démocratie est tenue de le faire envers ses ressortissants. Nous rappelons que Me AREF a effectué ses études secondaires en France, comme enfant de troupe à Autun, puis de Droit à l’Université de Strasbourg. Il descend en ligne directe d’Aboubaker PACHA qui a concédé le territoire de Djibouti à la France au siècle dernier.

Me AREF est retenu contre son gré en République de Djibouti et il demande vainement depuis des mois l’aide de la France pour regagner le pays dont il est le citoyen.

Nous constatons que Djibouti ne se conforme pas a l’Article 13 de la Déclaration Universelle des Droits de l’Homme (parmi d’autres Articles) qui stipule que “Toute personne a le droit de quitter son pays, y compris le sien, et de revenir dans son pays.”

En plus, la France, en tant que signataire du Pacte International Relatif aux Droits Civils et Politiques, a l’obligation ” de garantir à tous les individus se trouvant sur son territoire et relevant de sa compétence [ses ressortissants] les droits reconnus dans le présent Pacte…” (Article 2). L’Article 12 du Pacte garantit que “toute personne est libre de quitter n’importe quel pays, y compris le sien.”

Les autorités de notre pays sont au courant de cette situation : des lettres ont été adressées par de nombreuses Associations à tous les ministères concernés ( Justice, Coopération, Affaires étrangères..) ainsi qu’à à vos propres services.

Des appels ont été lancés au Conseil de l’Europe, au Fonds Monétaire International, au Parlement Européen, à l’Assemblée Nationale Française etc…

Ces hautes instances politiques ont condamné la situation par des délibérations officielles : Parlement Européen, Groupe parlementaire France-Djibouti, Parti Socialiste Français…

Aujourd’hui, cette violation flagrante du droit se poursuit et les organisations signataires de cette lettre se tournent vers vous pour obtenir une réponse à cette question : pourquoi la France refuse sa protection et son assistance à un ressortissant français défenseur des droits de la personne humaine, désireux de revenir sur le territoire national ?

Monsieur le Premier Ministre, nous sommes encore pleins d’espérance et attendons avec détermination de vous lire ou de vous rencontrer pour connaître les solutions préconisées pour aider notre compatriote et notre ami.

Nous vous prions d’agréer, Monsieur le Premier Ministre, l’expression de notre considération distinguée.

Liste des signataires à ce jour :

Roger-Vincent Calatayud
Avocat à la Cour
20, rue Brauhauban
F-65000 Tarbes
tél.: 00 33 (0) 5 62 34 10 83
fax.: 00 33 (0) 5 62 51 39 09
courriel: rv.calatayud@wanadoo.fr

Jean-Loup SCHAAL
ARDHD : 84 rue Saint-Louis en l’Ile
F – 75004 PARIS
Tél : 00 33 (0) 1 46 34 70 70
Fax : 00 33 (0) 1 46 34 25 93
Courriel : schaal@ardhd.org

Yasmine BOUDJENAH
Député au Parlement Européen

Saida BARREH
Représentante du PND en Europe et en France

Me Anne MONSEU
Avocat
Administrateur d’Avocats Sans Frontières

Stéphane HESSEL
Ambassadeur de France

Me Bertrand FAVREAU
Président de l’I.D.H.B.B.,(Institut Des Droits De L’homme Du Barreau De Bordeaux)
Président du Comité des Droits de l’Homme de l’Union des Avocats Européens (U.A.E.)

Ngarlejy YORONGAR
Député Fédéraliste ,
Assemblée Nationale du Tchad

Fondation pour le respect des Lois et des Libertés-FORELLI-
Directeur de publication de La Roue et du Phare Républicain
Coordonateur Exécutif Fédéral du FAR/PARTI FEDERATION

Patrick FALCOU
Syndicaliste CFDT

Jean-François HEURTEUX
Fonctionnaire DGAC
Nouméa

Geneviève WALTER

Robert O. VARENIK
Director of Protection

Lawyers Committee for Human Rights

Jean GUION
Président de l’Alliance Francophone
Président des Clubs Justice et Liberté

François-Xavier VERSCHAVE
Président
SURVIE

Gilles Martinet
Ambassadeur de France

André BARTHELEMY
Président
Agir Ensemble Pour Les Droits De L’homme

Bruno-Marie DUFFEE
Directeur
Institut des Droits de l’Homme de l’Université Catholique de Lyon.

Xavier-Jean KEITA
Président
Fédération National des Unions de Jeunes Avocats de France (F.N.U.J.A.)

Halidou OUEDRAOGO
Président
UIDH

Gérard LACORDE
Vice-Président
SOS AFRICA

Djimadoum LEY-NGARDIGAL
Secrétaire Général
ACTUS – Action Tchadienne pour l’Unité et le Socialisme

Jean-Prosper BOULADA
Coordonnateur
Front Uni pour une Alternance Démocratique au Tchad (FU/ADT)

Delphine KEMNELOUM

Militante pour le respect des droits de l’homme.
Association pour la promotion et la défense des droits de l’homme (ATPDH) à N’Djaména (Tchad).

09/01/2000: ÉPIDÉMIE MYSTÉRIEUSE DANS LE NORD – LA LIGUE DJIBOUTIENNE DES DROITS HUMAINS (LDDH) APPELLE LES ONG AU SECOURS

Le Vice Président : Mr Omar Ali Ewado
Siège : Quartier V, Boulevard de Gaulle n° 66
B.P. : 74 Djibouti, République de Djibouti
Bureau. Tél-fax (253) 357 804
Domicile tél-fax : (253) 358 007

Djibouti le, 9 janvier 2000

Communiqué de Presse N°2/LDDH/00

Selon les informations persistantes et concordantes qui nous parviennent des confins avec l’Érythrée et particulièrement les secteurs de RANDALI et WEIMA (District d’Obock) les nomades meurent d’une façon mystérieuse depuis fin décembre 1999.

Toutes les victimes de ce phénomène présentent des symptômes pathologiques qui nous font penser à l’épidémie meurtrière connue sous le nom de ” FIÈVRE EBOLA ” qu’il nous faudra identifier. Les tribus les plus touchées sont EDERKALTO , DOURAHE etc… de la région RANDALI.

Sachant que ces secteurs font partie des zones militaires comme le prévoient des directives Gouvernementales depuis Nov. 1998, il n’existe aucune chance pour secourir ces malheureux nomades.

A ce jour, nous avons appris la mort d’une cinquantaine de personnes et la perte de 500 à 800 têtes de bêtes. Cependant la liste de cette tragédie est loin d’être close car le black-out imposé au Nord ne nous permet pas de suivre scrupuleusement la situation comme nous l’aurions souhaité.

Après les effets néfastes de la guerre civile (répressions massives, blocus alimentaire et sanitaire) la rougeole, le paludisme et enfin le phénomène inexpliqué (dont l’origine peut être humaine comme naturelle) sont les lots quotidiens de ces populations rurales. Le silence sur la mort lente à l’égard de ces populations sera considéré comme une complicité au génocide lent qui est en train de s’opérer.

En conséquence, la LDDH demande aux autorités du pays de prendre leurs responsabilités qui consistent à venir en aide et assister ces populations nomades en danger.

La LDDH lance un appel international aux organisations et organismes spécialisés en la matière afin qu’ils viennent en aide à ces populations civiles.

La LDDH lance un appel particulier aux Médecins Sans Frontières pour venir en aide et soulager les Populations du Nord de la République de Djibouti.

Ligue Djiboutienne
des Droits Humains
(LDDH)
Le Président