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17/10/04 (B268) Cri d’un retraité humilié par le système djiboutien. (Jean-Paul Noël Abdi)

 

Lettre ouverte à l’Opinion publique
le 17 octobre 2004

Sur
les humiliations, les dégradations
inadmissibles et insupportables
en République de Djibouti
par certainement des dirigeants mécréants

Alors que faire ! Oui que faire !

Que vieux, vieilles et jeunes en ce mois béni du Ramadan
se posent en silence cette question : alors que faire ?

Oui j’écoute,
ici le CNR
Centre des Nouveaux Recrutements
ou
Caisse Nationale des Retraites (imposées)

Age anticipé pour
le recrutement : 50 ans ;
Age final : 150 ans.
A mon commandement !

Toutes et tous, vieilles
et vieils ou vieux,  » c’est un ordre, si vous voulez rentrer pour percevoir
votre argent il faut vous asseoir ou vous mettre à genou, sinon attention
aux schlagues !  » ( il faut vraiment être physiquement présent
pour l’entendre et le croire.) Cela se passe tout naturellement à l’entrée
de la CNR.

C’est triste à
l’entendre, c’est triste à le dire, et c’est révoltant, oui
c’est provocant et intolérable d’essayer d’acculer des vieux de la
Fonction Publique, de la FNP, de l’ Assemblée Nationale, des vieux
Ministres (Ministre de la Défense Nationale en tête) à
se révolter, car à leur âge, il n’est plus possible pour
eux de prendre le fusil ou de prendre leurs armes et de dire avec courage
: à mon commandement citoyenne, citoyen prenez vos armes contre tous
les mécréants, tous les traîtres qui violent les principes
de la République et de l’ Etat de Droit.

C’est vrai qu’à
leur âge ils savent dire non au ou aux candidat(s), qu’ils estiment
comme des pourris, car ils sont complètement corrompus, car ils sont
profondément ancrés dans une politique dictatoriale foncièrement
sournoise.

Ces vieilles et ces vieux
ont encore la mémoire fraîche et ne manqueront pas, s’il plaît
à DIEU, toutes les prochaines occasions pour épauler et libérer
à nouveau leur patrie, en facilitant le terrain du combat contre les
mesures despotiques en vigueur encore chez nous.

C’est vrai, que l’actuel
très, très jeune Président n’a rien à cirer de
ces vieux croulants.

Avoir l’œil d’Abou
et en ce mois béni du Ramadan, on a vraiment l’impression d’être
dirigé par des mécréants, dirigé par des païens.

Le Droit à l’ Assurance
de la pension retraite est un droit non imposable d’autant plus qu’en République
de Djibouti, jamais, plus que jamais et à aucun moment, les Pensions
retraites n’ont jamais été revalorisées (financièrement
parlant et compte tenu des inflations galopantes presque à un rythme
inférieur aux vastes Détournements des Finances publiques et
des Biens Sociaux). On ne quémande pas son droit, une fois qu’on a
largement cotisé à sa retraite.

M.
NOËL ABDI Jean-Paul
Ancien Député à la Retraite

17/10/04 (B268) Extrait du journal Réalités N° 108 – Election du Président de la Somalie. (Cet article nous a été signalé par la LDDH)

LA SOMALIE – SUR LA
BONNE VOIE ?
Le nouveau Président aura du pain sur la planche.

Le colonel Abdillahi Youssouf,
jusque là président du Puntland, est sorti vainqueur du scrutin
présidentiel organisé dimanche dernier à Nairobi, face
à 26 autres candidats, dont Abdikassim Salat Hassan, poulain du pouvoir
djiboutien et éliminé dès le premier tour. L’élection
du nouvel homme fort somalien suscite un immense espoir dans le monde, les
avis sont partagés dans la région.

La conférence de
réconciliation somalienne, ouverte au Kenya il y a deux ans sous l’égide
de l’IGAD semble avoir porté ses fruits. Les 275 députés
du Parlement de transition ont désigné, à une large majorité,
le colonel Abdillahi Youssouf, président de la région autonome
du Puntland, comme le nouveau Président intérimaire de la Somalie.

Abdillahi Youssouf est
loin d’être un inconnu dans la région. Dès 1978, il s’est
opposé à Siad Barré en créant à partir
de l’Ethiopie un mouvement armé connu sous le sigle SSDF (Front Démocratique
du Salut Somalien).

A la chute du dictateur
en 1991, il regagne son pays, mais n’arrive pas à s’imposer à
la tête de la Somalie. Il restera jusqu’en 1997 un des chefs de guerre
membre du Conseil National Somalien (NSC).

En 1998, il se replie
sur sa zone d’influence traditionnelle et devient ainsi le président
de la région autonome du Puntland. Homme à poigne, ce militaire
de carrière dirige alors cette zone d’une main de fer et refuse d’y
organiser des élections. Chassé du pouvoir en 2002, il n’hésite
pas à le reprendre de force quelques mois plus tard, certes avec le
concours de l’Ethiopie dont il reste un fidèle allié.

En 2001, comme plusieurs
autres chefs de guerre renommés, il boude souverainement le processus
de réconciliation intersomalien organisé à Arta sous
l’égide du chef de l’Etat djiboutien. L’élection du nouveau
Président de la Somalie, aujourd’hui âgé de 70 ans, semble
rassurer la communauté internationale désireuse de durablement
pacifier ce pays.

Le Secrétaire Général
des Nations-Unies, M. Kofi Annan a d’ailleurs fait une déclaration
dans laquelle il estime que cette élection constitue  » une nouvelle
étape importante vers le rétablissement de la paix et de stabilité
en Somalie, et il attend la formation, dans un proche avenir, d’un gouvernement
fédéral de transition capable d’entamer le processus de réconciliation
et de reconstruction dans un esprit de consensus et de dialogue « .

Cette étape sur
la voie de la reconstruction d’un Etat somalien unitaire, donc plus à
même de neutraliser certains groupuscules rassure également la
coalition engagée dans la lutte contre le terrorisme, qui suspecte
Al Qaïda d’avoir des bases dans la sous-région. Hantise également
d’un gouvernement éthiopien qui a maille à partir avec des mouvements
séparatistes pouvant utiliser une Somalie anarchique comme base arrière.
Mais ce choix est cependant loin de faire l’unanimité dans la corne
de l’Afrique.

Le Somaliland tout d’abord,
dont l’homme fut un voisin difficile en tant que président du Puntland,
considère avec méfiance la montée en puissance d’un leader
qui avait des visées territoriales affichées sur les provinces
somalilandaises de Sool et Sanag, ainsi que sur la ville de Las Anod. D’ailleurs,
dans son premier discours en sa qualité de Président fraîchement
désigné, M. Abdillahi Youssouf aurait promis qu’il oeuvrerait
à la restauration de l’intégrité territoriale de l’Etat
anciennement connu sous l’appellation de République Démocratique
de Somalie, ce qui implique bien évidemment à ses yeux le retour
du Somaliland dans le giron de Mogadiscio.

C’est pourquoi, aussitôt
les résultats proclamés, le gouvernement du Somaliland a tenu
une réunion extraordinaire à l’issue de laquelle une déclaration
officielle a été rendue publique par son ministère de
l’Information.

Dans ce document, le Somaliland,
fort d’une Constitution ratifiée par 97% de sa population, n’entend
pas renouer avec un passé unitaire dont les stigmates d’une guerre
civile sont encore vivaces.

Des tensions sont donc
malheureusement à craindre à ce niveau entre les deux voisins,
celui qui n’est pas reconnu sur la scène internationale étant
de surcroît affaibli par le retour programmé de l’administration
centrale somalienne dans le Puntland jusque-là plus ou moins autonome.
A ce chapitre enfin, il sera intéressant de suivre la position du plus
grand voisin, l’Ethiopie, qui entretient de bonnes relations avec les deux
entités.

Car, avant même
les Somaliens qui attendent des actes concrets du nouvel homme fort, cette
élection a concrétisé la suprématie de la diplomatie
éthiopienne dans la région, au grand dam des autorités
djiboutiennes.

Celles-ci ne portent pas
dans leur cœur le tombeur de leur protégé, Abdikassim Salat,
choisi à Arta en 2000 et digèrent difficilement la retentissante
faillite du processus jadis imaginé par le  » visionnaire national
« .

C’est donc une certaine
diplomatie djiboutienne, prétentieuse sans en avoir les moyens, projetant
le plus souvent sur la scène régionale de sombres calculs de
domination interne, qui est clairement sanctionnée.

Pour les affairistes du
pouvoir djiboutien, c’est la fin d’un lobby militaro-commercial qu’ils cherchaient
à établir à Mogadiscio, pour pouvoir profiter de la manne
financière qu’une communauté internationale désireuse
de participer à la reconstruction de la Somalie, était censée
déverser.

Mais le plus grand chantier
qui attend Abdillahi Youssouf se situe au plan intérieur. La pacification
complète du pays requiert de moyens financiers colossaux.

Le désarmement
de toutes les milices armées sera une tâche particulièrement
ardue et il n’est pas acquis que les chefs de guerre s’assagissent si leurs
appétits de pouvoir ne sont pas satisfaits comme ils y sont jusqu’à
présent habitués.

Dans un pays où
tout a été détruit, la mise en place d’une administration
centrale ne sera pas chose facile. La lutte contre le tribalisme et l’esprit
de clan est indéniablement un important défi que devra relever,
pour inscrire sa fonction dans la durée, cet ancien officier de l’armée
somalienne formé en Europe.

Rappelons qu’au cours
du long conflit civil qu’a connu la Somalie tout a pratiquement été
détruit et le nouveau pouvoir sera contraint de repartir de zéro.
Ainsi, depuis 1991 des centaines de milliers de somaliens sont morts de violence,
de famine et de maladies tandis que plusieurs dizaines de milliers ont pris
le chemin de l’exil. L’élite nationale a massivement émigré
en Europe, en Amérique et dans les pays arabes et africains. Il n’est
donc pas certain que les forces vives retournent dans leur patrie avant bien
longtemps. Pourtant ce pays est potentiellement riche. L’agriculture et la
pêche constituent ses atouts majeurs avec l’élevage.

Du fait du conflit les
Somaliens sont devenus une des populations les plus pauvres de la planète
vivant avec un revenu national par habitant estimé à 110 dollars
par an. En raison du chaos aucune donnée statistique fiable n’est disponible
faute d’administration centrale.

Pour réussir dans
sa mission de reconstruction nationale, le nouveau Président devra
impérativement convaincre ses compatriotes qu’il est bien l’homme de
la situation, capable d’œuvrer dans le sens d’un intérêt
général qui a si dramatiquement fait défaut au Peuple
somalien depuis si longtemps.

De ce contrat de confiance
dépend essentiellement la suite des événements, afin
que l’espoir suscité par cette élection ne soit pas déçu.
C’est, en tout cas, le sentiment majoritairement partagé à Mogadiscio.

Et c’est une fois cette
paix intérieure acquise, qu’il sera temps, si toutes les parties en
décident ainsi, de rechercher les voies et moyens de parvenir à
la réunification de la Somalie et du Somaliland. Car, à y bien
réfléchir, seuls des ennemis de la Nation somalienne peuvent
espérer qu’elle reste durablement divisée. Ce n’est pas notre
position.

Mais du temps est nécessaire
pour parvenir à la paix des cœurs et des esprits qu’impliquent
de telles retrouvailles. C’est ce que nous leur souhaitons de tout cœur.

(Extrait
de Réalité N° 108)

17/10/04 (B268) RSF : SOMALIE / Un journaliste mis en joue et menacé par la milice d’un président autoproclamé à Mogadiscio.

Quatre miliciens aux ordres
de l’homme d’affaires et dirigeant politique Abdinur Ahmed Darman ont gravement
menacé et brutalisé un journaliste somalien, à l’entrée
d’un camp de réfugiés de Mogadiscio, dans la matinée
du 16 octobre, sous les yeux d’une de ses cons¦urs.

« Reporters sans
frontières, une fois de plus, s’insurge contre le règne de la
terreur qu’entretiennent les chefs de factions en Somalie, en toute impunité.
Le businessman et dirigeant du parti de la République de Somalie unie
(USRP), Abdinur Ahmed Darman, devrait respecter le travail des journalistes
somaliens, dont le courage honore ce pays dévasté par treize
ans d’anarchie et de guerre. La façon dont ses hommes de main ont brutalisé
et menacé un journaliste augure mal de ses intentions pour la Somalie
», a déclaré l’organisation de défense de la liberté
de la presse.

Facilitateur d’affaires
et chef de l’Etat autoproclamé

Autoproclamé président
de la Somalie en juillet 2003 devant 5000 partisans réunis à
Mogadiscio, Abdinur Ahmed Darman et sa milice privée exercent un pouvoir
sans partage sur certains quartiers de la capitale et une partie du sud du
pays. Homme d’argent plus que chef de guerre, Abdinur Ahmed Darman, qui à
son retour d’exil en 2003 affirmait être un « facilitateur d’affaires
», a été accusé, dans un rapport de l’ONU, d’être
impliqué dans l’impression de fausse monnaie. Il est l’un des derniers
chefs claniques à refuser de reconnaître l’autorité du
président Abdullahi Yusuf, qui a prêté serment devant
le nouveau parlement somalien réuni au Kenya, le 14 octobre.

Abdullahi Yassin Jama,
journaliste de Radio Banadir, et Zeynab Abukar Mohammed, journaliste de HornAfrik
Radio, recueillaient le témoignage de civils réfugiés
au « Camp Bosnia », dans la capitale somalienne, après
que leurs maisons avaient été dévastées par des
pluies torrentielles. « A la fin de notre reportage, a raconté
Abdullahi Yassin Jama, quatre hommes armés se sont plantés à
l’entrée du camp et m’ont interpellé. Ils m’ont dit : ‘Montre-nous
ton magnétophone et ton enregistrement, et si nous entendons un seul
mot sur le gouvernement d’Abdullahi Yusuf, tu perdras la vie.’ » Lorsque
sa cons¦ur Zeynab Abukar Mohammed a vu qu’il avait été
interpellé par les quatre miliciens, elle s’est cachée derrière
un kiosque.

Selon le récit
qu’Abdullahi Yassin Jama a fait au Somali Journalist Network (Sojon), un observatoire
somalien de la liberté de la presse, un des miliciens aurait alors
placé le canon de son arme sur sa tête, après l’avoir
plusieurs fois giflé. Alors que, dans son enregistrement, une femme
déclarait qu’elle espérait que le « gouvernement somalien
au Kenya » lui accorderait « un nouveau logement », le journaliste
s’est enfui en courant, essuyant les tirs de Kalachnikov des miliciens d’Abdinur
Ahmed Darman. De son côté, Zeynab Abukar Mohammed a attendu le
départ des miliciens pour quitter le camp de réfugiés
et rejoindre sa rédaction. Tous deux sont aujourd’hui en sécurité.

Ecouter les journalistes
somaliens

Face à cette brutalité
et à l’impunité dont jouissent les hommes en armes en Somalie,
Reporters sans frontières réitère son appel aux parlementaires
et au nouveau Président à ne pas gâcher l’opportunité
qui s’offre à eux. « Puisqu’il s’agit de reconstruire le pays,
il ne faut pas le faire au détriment de journalistes qui, en dépit
de la violence permanente, continuent de faire leur travail, a conclu l’organisation.
La presse somalienne doit être non seulement protégée,
mais également soutenue et écoutée par ceux qui ont la
charge de créer une nouvelle Somalie. »

Leonard
VINCENT
Bureau Afrique / Africa desk
Reporters sans frontières / Reporters Without Borders
5, rue Geoffroy-Marie
75009 Paris, France
Tel : (33) 1 44 83 84 76
Fax : (33) 1 45 23 11 51
Email : afrique@rsf.org / africa@rsf.org
Web : www.rsf.org

16/10/04 (B268) Un lecteur nous propose une autre hypothèse au sujet du séjour de Guelleh à Cuba, qui curieusement n’a pas fait couler d’encre, ni dans La Nation, ni sur l’ADI, d’habitude si bavard pour couvrir les déplacements de Guelleh. A-t-il été cherché une coopération en matière de répression de l’opposition ? (Lecteur)

LES PRECIEUX CONSEILS
DE FIDEL CASTRO

Le 29 septembre, Ismaël
Omar Guelleh a effectué un voyage officiel de 2 jours à La Havane.
Il a été accueilli en grandes pompes par le plus grand tyran
du 20ème siècle, Fidel Castro. Pourtant, Cuba est un pays extrêment
pauvre, sous embargo économique depuis 1960.

Comment un Etat endetté
et miné par la corruption pourrait-il contribuer au développement
économique de Djibouti ?

Selon les communiqués
de la présidence, le voyage du chef de l’Etat à Cuba s’inscrit
dans une perspective d’établir des liens économiques et commerciaux.
Mais en réalité, le gouvernement djiboutien souhaite instaurer,
in fine, une coopération étroite en matière de répression
de l’opposition et de violations des Droits de l’Homme.

Le sarcasme du pouvoir
à Djibouti face à l’opposition de Bruxelles.

Au pouvoir depuis 1999,
le président Ismael Omar Guelleh sera candidat à sa propre succession
aux élections prévues en avril 2005. Nul ne doute de sa victoire.
Pourtant le harcèlement orchestré par la courageuse Mme Borrel
impliquant le chef de l’Etat à l’assassinat de son mari terni l’image
édulcorée que se donne le gouvernement djiboutien.

L’opposition, longtemps
réprimée à l’intérieur du pays, est très
active à Bruxelles où elle multiplie manifestations et colloques.
L’objectif ultime de l’opposition djiboutienne est de faire pression sur l’Union
européenne afin qu’elle réagisse aux violations de la liberté
d’expression, pierre angulaire d’une démocratie. Devant de telles agitations
et sous les condamnations des associations de défense des Droits de
l’Homme telle que la puissante Human Rights Watch (HRW), le pouvoir exécutif
connaît, urbi et orbi, un sérieux malaise.


Ismaël Omar Guelleh à l’école de Fidel Castro?

Cuba est dirigé par le plus grand tyran de ce monde. Personne, à
part le roi de Jordanie, n’a duré aussi longtemps au sommet d’un Etat.
Il faut rappeler que les citoyens cubains ne peuvent sortir de leurs pays
qu’à condition d’obtenir une autorisation délivrée par
les autorités. En 1998, un correspondant d’un magazine espagnol avait
révélé la disparition à La Havane de chats, mangés
par ces habitants qui mourraient de faim. Il fut chassé du pays par
Fidel Castro (voir Le monde Diplomatique, Décembre 1998, p.8). Bref,
Cuba est une " prison à ciel ouvert " et constitue, aujourd’hui,
la plus grande geôle au monde pour les journalistes (Reporters Sans
frontières).

La visite officielle du
président Ismaël Omar Guelleh à Cuba avait pour mission,
selon La Nation, l’organe du pouvoir, d’établir une coopération
entre les deux pays dans les " domaines-clés du développement,
tels que l’éducation, la santé, l’agriculture et la recherche
scientifique ". Un pays fermé sur lui-même, isolé
sur le plan international, brisé par le sous-développement et
le dénuement ne peut, selon le bon sens, contribuer à l’amélioration
des conditions de vie d’un autre pays tout aussi misérable. Les vraies
raisons de ce voyage sont ailleurs.

A la recherche d’une
nouvelle méthode de répression

Les agents de la répression au service du pouvoir djiboutien (la
SDS) ont souvent été formés auprès du service
israélien chargé de la sécurité générale,
le Shin Beth. Mais devant l’échec du service du renseignement dans
l’affaire Borrel et (surtout) le dilettantisme du plus haut gradé de
la Sécurité nationale, Hassan Saïd, qui s’est fait piéger
par la caméra cachée d’un journaliste de Canal+, ont fait naître
des nouvelles idées chez Ismaël O. Guelleh. Dés lors, il
s’imposait, in petto, de concevoir des nouvelles recettes pour soutenir le
verrouillage des espaces de liberté, de développer des capacités
d’influence, de surveillance et de " flicage " du pays (surtout
dans la diaspora).

A défaut de ne
pouvoir consulter Saddam Hussein, incarcéré dans un cachot,
Ismaël Omar Guelleh a choisi la méthode cubaine d’oppression des
peuples, peut-être plus sophistiquée que les dictatures des régimes
arabes, aujourd’hui sous les projecteurs. Son prochain voyage, ce sera sans
doute au chevet du sinistre nord-coréen Kim Jong-il, pour la version
asiatique de la répression des peuples. A présent, l’unique
plan du chef de l’Etat djiboutien consiste à rester au pouvoir, au
moins aussi longtemps que Fidel Castro.

C.h