Articles

19/12/2013 (B339) Arabel Mohamed Saleh Alhoumekani témoigne en direct sur AraBel (A écouter ou à télécharger)

Mohamed Saleh Alhoumekani avait été arrêté le 24 août à Sanaa, alors qu’il prévoyait de rendre visite à des proches. Il est un témoin clef dans l’affaire Borrel, du nom de ce juge français assassiné en 1995 à Djibouti. A l’époque, la justice avait conclu à un suicide, mais des témoignages, dont celui de M. Alhoumekani, qui fut officier dans la garde républicaine de Djibouti, mettent directement en cause le président et son entourage.

Mohamed Saleh Alhoumekani est libre aujourd’hui et vient témoigner sur ce qu’il lui est arrivé.

Ahmed El Khannouss, député bruxellois CDH s’était rendu au Yemen en Septembre à l’occasion d’un championnat du monde de boxe thaï dont le fils de Mr Alhoumekani, Moncef y représentait les couleurs de la Belgique. Moncef a expliqué au député bruxellois que son père était détenu au Yemen sur demande de Djibouti depuis le mois d’août. Ahmed El Khannouss s’est intéressé à cette affaire et a rencontré les plus hautes autorités de l’état pour faire libérer Mohamed Saleh Alhoumekani.

Vincent Lurquin, avocat et député bruxellois écolo, représente Mr Alhoumekani.

Ils répondent aux questions de Samir Ben El Caïd.


1°) A écouter en WMA

2°) A télécharger en MP3
Lien de téléchargement

02/03/06 (B339-B) Selon l’aveu même de La Nation, les élections n’intéressent presque personne à Djibouti … Si le Canard “cire-pompes” officiel de Guelleh l’écrit, c’est que la situation est devenue si évidente que le régime “à bout de souffle” n’a même plus les moyens ni l’autorité de la masquer !!! (Info lecteur)

____________________________________ Note de l’ARDHD
Le peuple djiboutien en a-t-il assez de se faire duper au cours d’élections falsifiées à répétition, dont les résultats sont décidés par Guelleh et son Ministre de l’Intérieur. Leur seule raison d’être étant de donner une soi-disant apparence de légitimité à un système, au bout du rouleau, qui n’a plus rien à proposer dans aucun domaine : espoir, redressement, amélioration de la vie, baisse du chomage, … ?

En tout cas, c’est que nous relatons depuis des semaines !

___________________________________ Extrait de La Nation

Des électeurs indécis

Les électeurs djiboutiens se désintéressent-ils de la décentralisation ?


Illustration Roger Picon

A une semaine du premier tour des élections communales et régionales, les Djiboutiens ne semblent pas se passionner pour ce scrutin. Peu d’entre eux sont allés retirer leur carte d’électeur.

Ce qui laisse à penser que les bureaux de votes risquent d’être désaffectés et que l’on enregistrera un fort taux d’abstention.

Les Djiboutiens ont-ils réellement compris les enjeux de vote censé marquer une nouvelle étape dans le raffermissement de notre jeune démocratie ?

Veulent-ils continuer à voir leur maire, leur commissaire , leur chef d’arrondissement, leur chef quartier être désignés d’office par le Ministère de l’Intérieur ? Veulent-ils garder le même système ou prendre en mains l’avenir de leur commune ou de leur région ?

Songent-ils à améliorer leur cadre de vie ou leur environnement immédiat pour mettre un terme notamment aux eaux stagnantes, aux immondices et déchets urbains qui s’amoncellent un peu partout en ville ?

Exception faite de la région d’Arta où près de 60% des cartes d’électeurs ont été retirées, toutes les autres régions connaissent le même désintéressement avec un pourcentage de retrait qui se situe autour de 20 à 25%. Il est même, selon les indications fournies par le Ministère de l’Intérieur, plus faible à Obock avec moins de 10% de cartes retirées.

Faut-il croire aussi que les partis en lice, très nombreux d’ailleurs, ne sont pas assez riches pour financer leurs campagnes électorales ce qui n’attire pas forcement les foules.

Ont-ils de véritables programmes ? D’autres raisons pourraient peut-être expliquer aussi cette situation : le manque de charisme politique de leaders, l’absence de l’opposition ou la timide et terne campagne de sensibilisation sur ces élections.

N’a-t-on pas compris que ceux qui auront à gérer demain les chefs-lieux, les arrondissements ou les quartiers seront plus influents lors d’autres échéances électorales

Restons toutefois optimistes pour croire qu’il y aura un sursaut d’orgueil et qu’au cours de cette dernière semaine la mobilisation pour ces communales et régionales sera plus forte.

02/03/06 (B339-B) SOUTENONS LES DICTATURES ! Loin des bonnes pratiques, sans aucun regret pour la mort d’un Juge français en exercice, sans aucune compassion pour les Populations victimes de la Tyrannie, Le Sénat, UbiFrance et le Medef vont-ils conseiller aux industriels français de vendre leur âme au diable (Guelleh) pour faire du commerce à Doraleh (via une société de Dubaï) ?

Aujourd’hui 2 mars, tous réunis à la tribune d’un salon du Sénat qui couvre l’opération, sans aucun complexe, le Medef, UbiFrance, CIAN et FFA tenteront de de nouveau d’enfourcher la mule épuisée de la Françafrique pour proposer aux industriels français de faire des affaires avec Guelleh.

"La sous-région de la Corne de l’Afrique offre d’intéressantes opportunités pour les entreprises françaises, dans un environnement géopolitique, certes encore assez difficile, mais en voie de nette amélioration. A cet égard, les bailleurs de fonds apportent leurs soutiens à une sous région dont les potentiels restent encore sous exploités."

"A Djibouti, notre position dominante de premier fournisseur (20% de part de marché) plafonne toutefois en matière de volumes d’affaires annuels (40 M € depuis 3 ans) et les opportunités qu’offrira la nouvelle dimension portuaire de Djibouti avec son port minéralier et de containeurs de Doraleh, devraient inciter nos sociétés à venir prospecter avec plus d’insistance ce pays qui a tant de liens avec le nôtre. Les marchés d’interconnexion avec l’Ethiopie sont porteurs (énergie, télécommunications, routes et ferroviaire), mais aussi ceux du commerce courant. "

Ce qu’ils oublieront peut-être de dire aux participants, c’est qu’on ne gagne pas souvent de l’argent avec Paulette et Guelleh. Le taux de leur perception au titre de la corruption "bouffe" souvent la marge.

A condition d’être payé : ce qui est loin d’être garanti au royaume de Guelleh !

Combien d’industriels et de sociétés commerciales ont perdu "leur culotte" à vouloir travailler chez Guelleh !

Avis aux amateurs suicidaires !

02/03/06 (B339-B) Halte, toi qui va franchir la frontière djiboutienne ! Sache qu’au royaume de Guelleh, les vertus et les vices sont inversés ! (ARDHD)

Aux yeux de Guelleh, les vices et les vertus sont inversés. Les valeurs sont inversées.

– Ceux qui sont généreux, solidaires, travailleurs et motivés, sont considérés comme des criminels dangereux et ils sont poursuivis par la Police spéciale du régime,

– Ceux qui commettent des crimes, qui détournent de l’argent, qui fraudent, sont des héros qui doivent être récompensés !

A titre d’exemple, nous allons vous raconter une histoire vraie, qui illustrera le propos et qui devrait prendre de l’ampleur dans les prochains jours. Car les victimes sont poursuivies non seulement pour des actes de générosité qu’on leur attibue, mais aussi et plus certainement parce qu’elles ont des liens directs ou indirects avec des hommes motivés, réfugiés à l’étranger, qui se battent courageusement pour redonner la liberté, la justice et la démocratie au peuple. Alors Guelleh se venge sur leurs familles.

______________________________ Histoire vraie

Cet exemple honteux concerne deux jeunes de famille modeste qui voulaient rendre service à leurs voisins d’infortune au Royaume de la corruption … Il est significatif de l’injustice qui règne ….

Ce sont deux jeunes, qui ont eu le malheur de ne pas être alliés de la famille dominante qui accapare toutes les richesses à Djibouti …. Ils ont suivi des cours à l’école aussi longtemps que cela fut possible, mais par manque de ressources familiales, ils ont été contraints d’abandonner la scolarité …

Un beau matin, ils se retrouvent sur le carreau, sans travail, sans espoir, sans ressources et sans aucun soutien de la part d’un Etat qui n’est solidaire que des plus riches et surtout des proches du dictateur.

Alors ils galèrent de petits boulots en petits boulots. L’un d’eux apprend de lui-même les bases de l’électricité. Il ouvre un petit, tout petit commerce. Mais pratiquement aucun client ne les sollicite ni pour des réparations ni surtout pour des améliorations !

La cause est simple : l’électricité est trop chère pour ces habitants des quartiers modestes … Guelleh leur a tout pris. Ils sont ruinés, vivant en-dessous du niveau de pauvreté.

Il y a longtemps que l ’EDD leur a coupé l’électricité. A Djibouti, il n’y a pas de solidarité pour empêcher des coupures brutales qui ne font qu’aggraver les situations de précarité.

Que peuvent demander les Clients potentiels à ce commerce ? Une seule chose !

« Toi qui sait, Rebranche moi l’électricité ! Ma femme, mes enfants en ont un besoin urgent. Nous n’avons même plus d’eau fraiche à la maison – Nous ne pouvons plus conserver les aliments. Aidez-nous ! »

Les deux jeunes leur répondent : « Nous comprenons bien, mais c’est interdit ! »

Les clients répondent « S’il vous plaît, vous qui savez, faites-le pour nous. Nous en prenons toute la responsabilité s’il y avait un ennui … »

Alors comme ils ont un cœur énorme et qu’ils savent ce qu’est la misère et l’injustice de la classe dirigeante, les deux jeunes se sont-ils laissés aller à aider les plus démunis. Ont-ils rebranché quelques abonnés …?

Hélas pour eux, le pouvoir a des antennes partout : la SDS a recruté tellement d’agents à temps partiel qu’elle ne tarde pas à avoir connaissance de la démarche vraie ou faussement attribuée, mais de toutes les façons, charitable de nos deux jeunes ….

Alors la foudre s’abat sur eux : interpellation, interrogatoires, torture, arrestation, condamnation, récidive. Tout est bon pour faire un exemple ! On invente même des preuves, des caches souterraines qui contiendraient tout un arsenal soit-disant interdit : des fils électriques, du chatterton, de la soudure et des pinces.

Et pendant ce temps, les riches et les nantis ne payent jamais l ’électricité, car personne n’oserait même leur adresser une facture. On ne leur coupe jamais le courant et au contraire en cas de coupure du courant, on approvisionne gratuitement leurs réservoirs d’essence pour qu’ils utilisent leurs groupes électrogènes.

Ce qu’auraient pu avoir fait nos deux jeunes gens ne serait certainement pas un exemple que nous conseillerions de suivre, mais s’ils l’ont vraiement fait, c’était avec leur cœur pour venir en aide à leurs prochains. Ils n’y auraient rien gagné ou presque rien, ce que confirme La Nation. Toujours dans l’hypothèse où les accusations seraient vérifiées, ils auraient simplement participé, à leur manière, à une action charitable, par solidarité contre un pouvoir qui accapare toutes les richesses …

Et en plus l’un d’entre eux a la mauvaise forturne d’être le frère d’un Webmaster au Canada …. La véritable raison de l’enfer qu’ils vivent maintenant est probablement plus à rechercher à ce niveau …. ce qui explique que les accusations sont peut-être montées de toutes pièces.

Quoiqu’il en soit, le pouvoir va leur faire payer leur générosité pendant des mois … A Gabode et sans électricité !

(A suivre .. car cette affaire pourrait prendre une ampleur rarement atteinte)

_____________________________ Extrait La Nation

Deux faux agents de l’EDD démasqués

Dans le cadre de leurs attributions en matière de police judiciaire essentiellement axées sur la répression des comportements anti-sociaux compromettant la sécurité des biens et des personnes, les gendarmes de la brigade d’Eingueila ont procédé le 19 février 2006 vers 17 heures à l’arrestation d’un individu, réputé d’être un technicien en électricité ambulant, en flagrant délit d’effectuer un branchement directement raccordé au réseau de distribution publique pour alimenter frauduleusement en énergie un domicile situé à Einguela.

Ce dernier, très connu parmi les habitants des quartiers populaires pour ses activités illicites, détenait lors de son arrestation un important lot de matériels comprenant des outils uniquement réservés à l’EDD.

Encore faut-il rappeler que l’individu en question sillonnait la capitale pour concrétiser ses manœuvres répréhensibles pour des rémunérations dérisoires, inciter les citoyens au Fraude d’énergie, et exposer quotidiennement la vie des certaines des personnes en péril.

En outre, l’intéressé est un récidiviste car récemment sorti de la prison pour les même faits.

Les résultats de l’enquête menée par la brigade d’Einguela ont permis la saisie des preuves matérielles accablantes pour le présumé auteur des faits incriminés qui est traduit devant la justice.

02/03/06 (B339-B) La communauté internationale au chevet et au secours d’un chef d’oeuvre en péril : la politique économique et commerciale de Guelleh, dans le cadre de l’OMC. (ADI)

_______________________________ Note de l’ARDHD
Les Populations djiboutiennes asservies par Guelleh et ruinées par le système apprécieront certainement les positions et le soutien de l’UE, de la France, du Japon, des USA et du Canada qui ont "salué" la bonne gouvernance économique et commerciale de Guelleh et ses efforts pour la stabilisation …

Ce sont Paulette et le Chamelier qui doivent en rire. La stabilisation ne concerne que leur patrimoine et les subventions ne servent qu’à alimenter majoritairement des comptes à l’étranger, des achats de propriété et le rackett du commerce local.

Bravo aux "aveugles" de la Communauté internationale et à la langue de bois .. On ne peut que se demander si Guelleh tient la France par des secrets qu’il ne serait pas souhaitable de divulguer sur la place publique !

_______________________________________ Extrait de l’ADI

Djibouti présente sa politique commerciale à l’OMC

DJIBOUTI (ADI) – 01 Mars 2006- La République de Djibouti a présenté aujourd’hui à Genève devant l’organe de contrôle des politiques commerciales de l’Organisation Mondiale du Commerce (OMC) tous les aspects de sa politique commerciale en matière de stabilisation économique, d’investissement, de fiscalité, de privatisation, de reformes administratives et juridiques et de renforcement des infrastructures.

Cette présentation a été faite par le ministre du commerce M.Rifki Abdoulkader Bamakhrama qui s’est rendu à Genève à la tête d’une importante délégation comprenant notamment les représentants du ministère des Finances, de l’agence pour la promotion de l’investissement, de la Banque Centrale et de la Chambre de Commerce de Djibouti.

A l’issue de l’exposé de la politique commerciale de Djibouti, le ministre et les hauts responsables qui l’accompagnaient ont répondu à une série de questions de la part des membres de l’organe de contrôle de l’OMC.

La question de la diversification de l’économie djiboutienne afin qu’elle ne dépende pas uniquement du service a été soulevé.

Les représentants de l’Union Européenne, du Japon, des Etats-Unis, du Canada, de la France et du Singapour ont apporté leur appui et soutien à Djibouti.

Ces derniers ont salué les reformes engagées par la République de Djibouti en matière de stabilisation de l’économie nationale.

Ils ont été persuadés, que les énormes investissements consentis dans la réalisation du gigantesque projet du port de Doraleh auront d’importantes retombées économiques qui faciliteront le décollage du pays.

En marge de cette réunion, le ministre djiboutien du commerce a pu s’entretenir avec plusieurs hauts responsables d’institutions onusiennes dont le directeur général de la CNUCED et le vice directeur de l’organisation mondiale pour la protection intellectuelle (OMPI).

A noter par ailleurs qu’une délégation du secrétariat général de la COMESA est attendue demain à Djibouti où elle séjournera jusqu’au 7 Mars prochain.

La visite de cette délégation à Djibouti s’inscrit dans le cadre des préparatifs du XIème sommet de la COMESA prévu au novembre prochain dans notre pays.

02/03/06 (B339-B) Radio-Trottoir : A nom du principe de précaution, Djibouti pourrait renforcer son sytème de protection. Ira-t-il jusqu’à décréter l’embargo sur les casseroles “judiciaires” françaises ? (ARDHD)


Dessin Roger Picon

– Après avoir mis fin unilatéralement en 2005 aux accords de coopération judiciaire avec la France,

– après avoir déposé une plainte contre la France devant la CIJ,

le régime dictatorial de Guelleh pourrait prendre de nouvelles mesures de protection pour éviter la contamination au virus Hborrel_95 qui est transmis par des casseroles judiciaires infectées.

L’embargo sur les casseroles en provenance de France pourrait être décrété par Guelleh, dans un avenir proche.

De son côté le Gouvernement français fait tout ce qui est en son pouvoir pour éviter une telle décision qui représenterait un manque à gagner sérieux …

Chirac, par l’intermédiaire de son Premier Ministre de passage dernièrement chez Guelleh, a transmis une invitation au dictateur, pour essayer d’effacer la mauvaise impression qu’il avait eu lors de son dernier passage officiel à Paris. On se souvient que Guelleh avait du quitter en toute hâte l’Elysée (sans déjeuner) pour se réfugier dans son avion, avant qu’un Juge, lancé à ses trousses par l’avocat de Mme Borrel, ne puisse le rattraper. Un vrai vaudeville burlesque dans les rues de Paris !


Dessin Roger Picon
Villepin m’a certainement pas manqué de saluer la bonne gouvernance du régime de Guelleh, son haut niveau de Démocratie et de Liberté pour les populations.

Le Sénat en coopération avec le MEDEF et les autres organisations du commerce extérieur français, invite aujourd’hui des industriels et des commerçants à une grande présentation promotionnelle sur l’Afrique de l’Est. Djibouti passera en premier et on vantera à nos “candides” participants, tous les mérites du port de Doraleh et du système dictatorial. Il ne sera certainement pas fait mention des conditions sociales et syndicales déplorables qui sont dénoncées par toutes les organisations : CISL, BIT, OMCT, etc…

Dans ce contexte, qui va gagner le nouveau marathon dans l’affaire Borrel : Mme Borrel et ses enfants, soutenus par la Justice française ou l’Elysée (soutenu par le MAE français) ?

02/03/06 (B339-B) Radio-Trottoir. La blague de la semaine. Les (presque) fausses histoires “extraordinaires” au royaume de Paulette et du Chamelier.

Un brave commerçant qui venait de se faire racketter, comme à l’habitude, par un fonctionnaire du port, découvre l’affiche “Anti corruption” qui vient d’être apposée au Port.

Prenant son courage à deux mains, il compose le numéro indiqué sur l’affiche.

Le service : “Allo, service anti-corruption, que puis-je pour vous ?”

Le commerçant : “Je voudrai signaler que ce matin, j’ai été obligé de verser 10.000 FD à un fonctionnaire pour pouvoir sortir ma marchandise du port !”

Le service : “Ne quittez pas, je vais prendre note !”

Le commerçant répond à toutes les questions : “Nom, prénom, appartenance ethnique, tribu, sous-tribu, adresse, N° de patente, téléphone, nature et surtout montant des marchandises, etc..”

Le service : “J’ai bien noté toutes ces informations et je les adresse directement à Mme Guelleh et aux services fiscaux, qui vont vérifier si vous êtes à jour du paiement de vos taxes … et de vos déclarations”

Le commerçant : “Je ne comprend pas ce que Mme Guelleh et le service fiscal viennent faire dans cette histoire. Je ne suis pas coupable, mais victime …”

Le service : “On connaît la chanson. Ceux qui se plaignent ont toujours quelque chose à cacher et nous utilisons ces informations pour mieux identifier les fraudeurs … Merci et au revoir”

Le lendemain, le commerçant reçoit la visite d’un inspecteur du fisc, accompagné de trois policiers. Il lui présente une notification de redressement de 100.000 FD. Le commerçant fait part de son étonnement et de son incompréhension.

L’inspecteur lui répond “Tous ceux qui acceptent de corrompre des fonctionnaires du port, sont des coupables. Ce sont des faits gravissimes et ils sont sanctionnés par une amende d’un montant équivalent à dix fois la somme payée au titre de la corruption. Nous savons que vous avez les moyens de payer, sinon on ferme votre commerce par la force publique …”

Le commerçant effrayé sort son chéquier et commence à rédiger le chèque.

Au moment où il allait remplir l’ordre (Trésor Public”) l’inspecteur l’arrête brutalement et il lui intime de le rédiger directement à l’ordre de Mme Guelleh, pour éviter dit-il de perdre du temps en mouvements bancaires inutiles.

Et si l’appel à la dénonciation des fonctionnaires indélicats n’avait été publié que pour permettre au couple présidentiel d’identifier les commerçants aisés pour mieux pouvoir les racketter, avec le concours des inspecteurs fiscaux ?

C’est possible, même si les preuves à ce sujet ne sont pas encore complètement établies !!

01/03/06 (B339-B) Aveugle sur l’assassinat d’un juge français, le Sénat français se précipite au secours de Guelleh pour tenter de lui redonner une apparence présentable et fréquentable (Info lecteur)

LE SENAT FRANÇAIS FAIT LA PROMOTION DE GUELLEH ! COMMENT RENDRE UNE DICTATURE FREQUENTABLE ?

Un récent ouvrage paru aux Editions Calmann-Lévy le souligne bien : le Sénat est un anachronisme du système politique français dont l’une des spécialisés avec sa constance dans le statu quo est la pléthore des groupes d’amitié. Selon toute vraisemblance, même si Ubifrance et le Medef sont cités, c’est au Groupe d’amitié franco djiboutien qu’il faut attribuer l’initiative du colloque de jeudi 2 mars 2006, pompeusement intitulé « pour un renforcement de la présence française dans la corne de l’Afrique ».

Certes, à voir le caractère rachitique du programme, on peut supposer qu’aucun contrat du siècle n’y sera signé (lire les différentes interventions prévues sur le site www.medefinternational.fr) :

8h30-9h00 : accueil

9h00-13h15 : colloque

13h15 : déjeuner dans les salons René-Coty

Après-midi : entretiens individuels, avec Pierre Boedoz, Conseiller commercial pour la Corne de l’Afrique

Signalons également, à titre purement anecdotique, le sujet que la sous-ministre de Djibouti chargée de la coopération internationale, Mme Hawa Hamed Youssef (comme présentée) se propose de développer devant l’auguste aréopage : « Djibouti, plate-forme régionale et porte ouverte de nos entreprises dans la région ». Pour qui se souvient que Djibouti est malheureusement un cimetière de banques et d’entreprises, dont certaines ont justement préféré fuir le racket local pour s’installer chez les voisins, dont le Somaliland, le sujet peut paraître surréaliste !

Mais l’essentiel est ailleurs, à croire que l’ambiance soporifique du Palais du Luxembourg rend également ses hôtes quelque peu amnésiques. Alors, gratis pro deo, et regrettant que l’argent du contribuable français soit si mal utilisé en cette circonstance folklorique (étant entendu que ce colloque ne changera strictement rien à la réalité djiboutienne), rafraîchissons la mémoire défaillante ou sélective de ces grands décideurs.

Pour ce faire, citons sans censure de larges extraits du rapport n°200 annexé au procès verbal de la séance du 5 mars 2003 du Sénat, dont l’intégralité est disponible à l’adresse www.senat.fr/rap/r02-200/r02-200.html.

De leur visite effectuée à Djibouti en février 2003, Par MM. André DULAIT, André BOYER, Didier BOULAUD et Mmes Paulette BRISEPIERRE, Hélène LUC et M. Louis MOINARD, sénateurs de leur état ont rapporté les considérations suivantes :

« Il faut regretter que les atouts géopolitiques et économiques de Djibouti ne bénéficient guère à la population ».« Cette émergence de l’opposition (37 % des voix dans la ville de Djibouti) traduit sans doute le désarroi d’une population qui ne bénéficie d’aucune retombée des masses financières que le Gouvernement tire de l’activité portuaire et de la présence des troupes étrangères sur son sol. »

« De nombreuses aides budgétaires ont également été consenties au profit du territoire, dont 1,8 million d’euros en 2001 et 6 millions d’euros en 2002. Ce soutien constant n’a pas permis, cependant, d’enrayer l’émergence d’une crise des finances pub liques, dont la principale manifestation se traduit par un retard constant dans le versement des traitements de la fonction publique. La masse d’arriérés se monte aujourd’hui à environ cinq mois de salaire. Ce constat est préoccupant car il témoigne d’un manque de maîtrise des disponibilités financières aux mains du gouvernement djiboutien. »

« Il est à craindre que cette rente de situation dispense les autorités locales d’une réflexion, pourtant nécessaire, sur les causes du délabrement des infrastructures publiques, qui ajoutent encore au dénuement de la population, et qui s’accroît proportionnellement aux sommes dont elles sont destinataires. »

« La recherche par la France de la possibilité d’implantations alternatives pour ses forces permettrait peut-être de dissiper une certaine illusion sur le caractère totalement vital de Djibouti pour notre pays. Il conviendrait, tout au contraire, d’inverser cette croyance fallacieuse, et faire réfléchir le pouvoir en place sur l’avenir réservé à leur pays si la France s’en détournait. Cette prise de conscience n’est pas, pour l’heure, à l’ordre du jour… »

Le constat des présomptions diplomatiquement formulées est accablant : corruption, détournement des deniers publics, opacité dans la gestion des affaires, délabrement des infrastructures publiques, aucune perspective réfléchie de développement durable parce que le régime se comporte en rentier fructifiant le loyer des bases militaires au profit d’une minuscule ploutocratie: il faut être fou pour investir à Djibouti !

Il convient donc de se demander si le Sénat dispose d’informations exclusives faisant état d’un e amélioration miraculeuse de l’environnement politique et économique djiboutien, assez incitative pour que de grandes entreprises françaises viennent investir au pays du RPP et de la mauvaise gouvernance.

Pour notre part, notre propre expérience ainsi que les multiples dénonciations internationales nous inclinent à penser que les choses auraient plutôt tendance à empirer à Djibouti.

– Le marasme économique se traduit par une dégradation constante du pouvoir d’achat de la population djiboutienne, surtout depuis 2000, à tel point que même le système des Nations Unies s’inquiète officiellement de l’aggravation de la pauvreté ;

– ce marasme économique s’accompagne d’un renforcement de la répression contre les syndicalistes, créant un climat social peu propice aux investissements étrangers, à tel point que dans un récent rapport, la Confédération Internationale des Syndicats Libres (CISL) estime que « Le triste record de Djibouti en matière de respect des normes fondamentales du travail est extrêmement préoccupant ». Et d’ajouter que « Ce n’est pas en bafouant les droits fondamentaux de ses citoyens que ce pays s’affranchira de l’extrême pauvreté dans laquelle il se trouve. »

– l’opacité dans la gestion des deniers publics est remarquablement illustrée par la concession du Port à propos de laquelle aucun document n’est disponible : plus que Dubai Port Authority, c’est le chef de l’Etat qui semble en être le principal actionnaire au travers d’une société écran ou d’un homme de paille ;
– accessoirement, parce que les droits de l’homme sont rarement compatibles avec le profit capitaliste, rappelons que les exécutions extrajudiciaires sont devenues de plus en plus fréquentes : les citoyens croisent souvent la mort par balle au détour d’une manifestation pacifique ;

– mais, plus gravement, le blocage du processus démocratique se traduit par la réactivation d’un maquis dans le Nord du pays et un récent accrochage entre rebelles et forces armées a fait deux morts dans les rangs de ces dernières.

Toutes considérations qui placent, à l’heure actuelle, Djibouti parmi les pays les plus instables et où il n’est pas conseillé d’investir un seul kopeck ! Mais le véritable objectif de ce colloque n’est peut-être pas d’inciter les entreprises fr ançaises à investir à Djibouti, puisque Ismaël Omar accusé il y a déjà longtemps dans un rapport du Département d’Etat américain d’être un trafiquant d’armes et de drogue, s’y était déjà attelé sans succès pour que le miracle vienne aujourd’hui de sa sous ministresse chargée de la mendicité internationale.

En fait, les rapports franco djiboutiens ayant très mauvaise presse en France à cause d’une certaine « Affaire Borrel », il s’agirait plutôt de rendre ce despotisme plus fréquentable. Car, contrairement à ce que prétendait Roland Dumas, ministre des relations Extérieures, lorsqu’un enfant français est mort à la terrasse du Café de Paris à Djibouti, victime d’un odieux attentat de toute évidence djibouto-djiboutien (puisque Ismaël Omar a officiellement désigné l’un de ses députés comme étant le commanditaire), la F rance a la mémoire courte que lui imposent ses intérêts.

C’est la sélectivité de cette mémoire qui impose au Sénat les gesticulations du 2 mars 2006. Parions que la chaîne parlementaire n’informera pas le public français des résultats de ce colloque !