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19/03/2014 (Brève 376) IOG: Le symbole du vide politique (par Mohamed Qayaad)

La servitude n’est ni moins haïssable ni moins condamnable quand elle se dit ou se croit volontaire.

Je suis véhément, j’ai la rage au cœur et je n’arrive pas à comprendre qu’IOG qualifie l’USN “ des associés du diable” ,“des terroristes”, “des menteurs” dans son dernier discours du 04 Mars 2014.

Mais ce qui était étrange et décourageant, c’est que, passé la frayeur initiale, cette première proclamation solennelle d’une détermination meurtrière nouvelle déchaîna dans toute la république de Djibouti une vague de discussions et de débats non pas sur la question de l’USN , mais sur le «  MoDeL». Un truc que les Umpistes  ont employé depuis avec succès dans nombre d’autres questions: en menaçant de mort un pays, un peuple, un groupe humain, ils ont fait en sorte que son droit à l’existence, et non le leur, fût soudain discuté par tous – autrement dit, mis en question.N’insistons pas!

Les Rppistes se laissaient séduire par le discours fallacieux et sans preuves, les jeux de langage vides de sens, mais qui captaient par l’émotion.  

Là encore, nous sommes dans l’anathème : nous avons affaire à une accusation gratuite, sans que soit apporté le moindre élément à charge. Lorsqu’on accuse quelqu’un de mentir, a fortiori de mentir ” souvent “, il est préférable de citer les propos jugés mensongers, et d’apporter les éléments qui prouvent qu’ils sont mensongers.

L’argument fait sourire, certes. Au moins essaie-t-il, même maladroitement, de ne pas nier cet aspect incontestable des indices.

Ah! Ce mépris du djiboutien, à qui on raconte des sornettes qu’on ne prend surtout pas le temps de vérifier!

Par ce rapprochement, quelle idée a-t-il voulu transmettre ? Un dogmatisme aveugle en a décidé autrement. La démonstration de cette fameuse similitude thématique tourne à l’insupportable pêle-mêle quand, elle désinforme délibérément.Notre mythomane en est l’illustration parfaite.

La manipulation est plus subtile, elle tient dans la description d’une réalité volontairement tronquée et parcellaire qui nie singulièrement l’information.

Il use de méthodes inadmissibles à l’encontre de tous ceux qui critiquent un tant soit peu ses thèses.Mais j’ai beau avoir du mal à comprendre ce que l’USN peut bien avoir à faire dans la mouvance présidentielle, l’entreprise de diabolisation dont elle fait l’objet me soulève le cœur, car elle surfe sur les fantasmes d’invasion les plus malsains et les plus délirants .Car, pour démontrer sa thèse, tous les moyens sont bons, y compris la mauvaise foi, la calomnie et l’approximation, qu’il est en passe d’élever au rang des beaux-arts.

Le grand philosophe Kant avait noté en son temps, déjà, que le respect supposait la reconnaissance de l’autre, surtout lorsqu’il vous est très différent.

Mais qu’importe : la cause est entendue. Il faut bien constater que, de plus en plus, pour les agitateurs enragés de l’épouvantail ethnico-tribal, la vérité et les faits n’ont strictement aucune importance.

Son discours pullule des adjectifs ” haineux ” et des exp​ressions à faire frémir , à faire froid dans le dos, à glacer le sang.

Par sa virulence, une telle déclaration choque et consterne. Sont-ce là les mots d’un homme nourri d’une volonté de pacification? Au lieu de cela, son discours, par ses thèses grossièrement alarmistes, par les préjugés et l’ignorance qu’il traduit, ne fait qu’alimenter activement le ressentiment justifié de ladite opposition – alimenter, donc, ce qu’il prétend combattre. Bref, ces propos inconsidérés sont une claire incitation à la violence.

Ce sensationnalisme digne des pires feuilles de chou populistes ne répugne pas, à l’occasion, à utiliser le vocabulaire caractéristique de toutes les bonnes vieilles théories du complot.Ne cherche-t-il pas à designer l’USN à la vindicte des djiboutiens? En vain!

Mais il y a plus grave. L’art véhiculant nettement les idéologies racistes est ainsi banalisé dans sa confrontation avec tout le reste.Que décider? Le spectateur non averti est incapable de trancher.

Tour de passe-passe qui, en mélangeant les situations historiques différentes, aboutit à estomper toute l’action mortifère de la propagande ioguiste! 

Ainsi s’ajoute à l’idée nauséabonde à la base de son projet une audace remarquable qui se vautre avec délectation dans la démesure et l’outrance aussi bien par sa forme que son fond. Les jolis cœurs adeptes du langage châtié de Shakespeare deviennent des psychopathes, nymphomanes, zombies, tueurs sanguinaires.

Un tel paradoxe n’émeut guère IOG : « Faîtes ce que je dis, pas ce que je fais », voilà qui résume son attitude.

IOG a ainsi mis en application sa tactique révolutionnaire du mensonge systématique. Cette tactique consiste à faire toutes les promesses qu’attendent les djiboutiens sans jamais avoir eu l’intention de les tenir.

Affirmer une chose tout en faisant le contraire était chez lui une habitude, voire une manière de vivre.

Les djiboutiens ne savaient pas qu’ils avaient donné le pouvoir à un fanfaron. C’est qu’ils ne pouvaient pas imaginer qu’un homme puisse mentir avec autant d’aplomb dans absolument tout ce qu’il disait.

Quelle cause peut-elle servir? Quelle vérité fait-elle avancer? Quel mensonge dénonce-t-elle? Quelle injustice répare-t-elle? Où est le dialogue?

Quel est le problème soulevé, aux rppistes ? Si ce n’est de bien illustrer l’ensemble des clichés véhiculés à l’encontre de l’USN: terrorisme, misogynie, obscurantisme, fanatisme.

Il y a ici une mise en place habituelle d’un flou malsain et empoisonneur. On provoque un brouillard chaotique cherchant à embrouiller, à paralyser la réflexion, à instaurer la confusion jusqu’au délire, occultant ainsi -consciemment ou inconsciemment- les conséquences ravageuses des négociations par la minorité mafieuse djiboutienne.

IOG reste souvent flou, incertain, et comme bien souvent dans le vocabulaire politique, utilisé à des fins diverses et contradictoires.

Mais la mobilisation est particulièrement forte lorsque la société se trouve dans une situation de trouble ou de ce que Durkheim appelait l’anomie. Dans les situations de crise, lorsque les individus perdent leurs repères, lorsqu’ils se sentent menacés, lorsqu’ils sont confrontés à l’incertitude, la question sécuritaire devient non seulement mobilisatrice, mais porteuse de toutes leurs angoisses et des possibilités de la gérer.

Aussi voit-on, malheureusement, l’USN stigmatisé au quotidien : un jour on dénonce le MRD, un autre jour les 3 Sheikhs , puis le MoDeL qu’on assimile à une catégorie de la population djiboutienne définie en termes religieux. Cette stigmatisation au quotidien, qui est nécessairement voulue, s’installe dans la conscience et la perception des djiboutiens(nnes), puis elle tend à faire dans l’espace djiboutien, d’une opposition  un ennemi global, dans des proportions que même le Moyen Age n’avait pas connues.

Mohamed Qayaad

05/01/07 (B376) AFP / Somalie: la lutte contre les islamistes continue, initiatives diplomatiques.

Par
Mustafa HAJI ABDINUR

MOGADISCIO
(AFP) – Les opérations contre les islamistes somaliens, auxquelles
les Etats-Unis se sont joints, se poursuivront "tant qu’ils seront en
Somalie", a prévenu jeudi le gouvernement somalien, alors que
des initiatives diplomatiques commencent à être prises pour régler
la crise.

Le président
ougandais Yoweri Museveni, qui a mis dès janvier 2005 un bataillon
à la disposition d’une éventuelle force de paix africaine en
Somalie, a appelé la communauté internationale à aider
financièrement "maintenant les Somaliens à reconstruire
leur pays" en guerre civile depuis 1991, après un entretien à
Addis Abeba avec le Premier ministre éthiopien, Meles Zenawi.

Relevant
que l’intervention de l’armée éthiopienne contre les islamistes
somaliens "n’a pas provoqué de déflagration régionale",
M. Meles a lui aussi insisté sur la nécessité d’un "soutien
financier" à la Somalie, qui "devrait essayer d’organiser
un dialogue incluant toutes les parties".

Un
haut commandant des tribunaux islamiques, cheikh Hassan Yaqub, a lui déclaré
à l’AFP que "la guerre n’est pas finie". "Nous allons
mener des opérations de harcèlement et aussi des attaques à
l’explosif", a-t-il ajouté par téléphone satellitaire.

Assurant
se trouver dans la région extrême-sud de la Lower Juba, frontalière
avec le Kenya, il a affirmé que les islamistes disposaient encore de
"milliers de combattants" et de 150 véhicules armés.

Face à
eux, "nous avons environ 12.000 soldats éthiopiens en Somalie",
a déclaré le vice-Premier ministre somalien Mohamed Hussein
Aïdid.

"Environ
3.000 combattants islamistes avec leurs armes sont dans la capitale (…)
Pour nous, la mission contre les islamistes n’est pas terminée. Nous
allons les réprimer tant qu’ils seront encore en Somalie", a-t-il
prévenu.

A propos
du désarmement de la capitale, M. Aïdid a reconnu que "désarmer
la Somalie n’était pas simple".

Le désarmement
sur base volontaire qui se terminait jeudi a échoué et le désarmement
par "la force" des milices locales débutera samedi, selon
le vice-ministre de la Défense, Salad Ali Jelle.

Selon
le gouvernement somalien, les dirigeants des tribunaux islamiques sont en
fuite dans l’extrême sud du pays, près du Kenya qui a fermé
sa frontière terrestre avec son voisin pour empêcher toute infiltration.

Des combattants
islamistes détenteurs de passeports britanniques, canadiens, danois
et érythréens sont en fuite vers le Kenya, a assuré jeudi
le ministre kényan des Affaires étrangères, Raphael Tuju,
selon qui certains d’entre eux ont tenté d’envoyer leurs familles au
Kenya.

Un hélicoptère
militaire kényan, en patrouille le long de la frontière somalienne,
a été "considérablement endommagé" mercredi
par des tirs depuis le sol, selon la police kényane qui a attribué
la responsabilité des tirs aux Somaliens.

Toujours
dans la zone frontalière, quatre hélicoptères éthiopiens
ont raté de peu mardi des véhicules transportant des chefs islamistes,
a affirmé par ailleurs à l’AFP un haut responsable de la police
kényane.

Pour
empêcher toute fuite par la mer des chefs islamistes, les Etats-Unis
se sont joints aux opérations en déployant des forces navales
au large de la Somalie.

"Nous
craignons que des dirigeants des tribunaux islamiques liés à
des organisations terroristes, y compris al-Qaïda, puissent s’enfuir
et quitter la Somalie", a expliqué le porte-parole du département
d’Etat, Sean McCormack.

Washington
a dépêché la secrétaire d’Etat-adjointe chargée
des Affaires africaines, Jendayi Frazer, dans la région, où
elle a rencontré jeudi M. Meles, avant de co-présider vendredi
à Nairobi une réunion du Groupe de contact pour la Somalie.

Cette
réunion sera notamment consacrée à l’opportunité
ou non de déployer une force de paix en Somalie.

05/01/07 (B376) AFP / Somalie: le Groupe de contact pour un financement “urgent” d’une force de paix.

NAIROBI
(AFP) – Le Groupe de contact international sur la Somalie a demandé
vendredi à Nairobi le financement "urgent" d’une force de
paix dans le pays, au moment où Al-Qaïda appelle les Somaliens
au jihad contre l’armée éthiopienne qui a brisé les forces
des tribunaux islamiques.

Le Groupe
de contact, réuni à la demande des Etats-Unis, "insiste
sur le besoin urgent d’un financement pour faciliter le déploiement
d’une force de stabilisation en Somalie basé sur la résolution
1725 du Conseil de sécurité" de l’ONU, selon un communiqué
final lu par le ministre kényan des Affaires étrangères,
Raphaël Tuju, qui ne fixe aucun calendrier de déploiement.

Dans
ce cadre, les Américains, qui ont déjà annoncé
jeudi une aide d’urgence à la Somalie de 16 millions de dollars, ont
indiqué vendredi qu’ils allaient débloquer 24 autres millions
de dollars, dont 14 pour la force de paix.

"Aujourd’hui,
nous avons annoncé que nous donnons en plus 24 millions de dollars,
10 millions pour le développement et 14 millions pour la force de stabilisation",
a indiqué la secrétaire d’Etat adjointe américaine aux
Affaires africaines, Jendayi Frazer.

Le Groupe
"confirme sa disponibilité pour fournir un soutien immédiat
pour la stabilisation de la Somalie, basé sur la résolution
1725", ajoute le communiqué.

Lancé
en juin 2006, le Groupe de contact comprend des représentants de l’ONU,
de l’Union européenne (UE), de l’Union africaine (UA), de la Ligue
arabe, de l’Autorité intergouvernementale de développement (Igad,
regroupant sept pays d’Afrique de l’Est), des Etats-Unis, de la Grande-Bretagne,
de l’Italie, de la Norvège, de la Suède et de la Tanzanie.

Le Conseil
de sécurité de l’ONU a autorisé début décembre
le déploiement par les pays africains d’une force de paix en Somalie,
livrée au chaos depuis 16 ans.

Pour l’instant,
seul l’Ouganda, dont le président Yoweri Museveni est depuis jeudi
à Addis Abeba pour des entretiens avec l’UA et les autorités
éthiopiennes, s’est dit prêt à envoyer des forces.

Aussi,
le ministre kényan des Affaires étrangères a été
chargé par le Groupe de tenter de trouver des contributeurs à
la force.

Le Groupe
de contact estime aussi "qu’une conférence des donateurs doit
être organisée" pour l’aide à la Somalie.

Les participants
à la réunion ont également appelé à un
dialogue incluant toutes les parties somaliennes.

"Il
est essentiel qu’un processus de dialogue politique et de réconciliation
incluant toutes les parties (clans, religieux, hommes d’affaires, société
civile, femmes et tout groupe rejetant la violence et l’extrémisme)
soit lancé sans délai", ont-ils jugé.

Le ministre
somalien des Affaires étrangères, Ismaël Mohmoud Hurreh,
a déclaré à la presse que l’actuel gouvernement de transition
"inclut déjà" toutes les parties.

Mais
Jendayi Frazer a aussi insisté pour une ouverture du gouvernement.

"C’est
très important que le gouvernement s’ouvre largement et inclue des
éléments modérés des tribunaux islamiques (…)
Aux Somaliens de choisir qui est modéré", a-t-elle déclaré
à la presse.

Selon
un diplomate, Etats-Unis et UE se sont opposé au cours de la réunion,
les premiers insistant sur la stabilisation et le déploiement d’une
force, les seconds "voulant avoir la certitude que le dialogue va s’ouvrir
avant de financer".

Le
même jour, le numéro deux d’Al-Qaïda, Ayman al-Zawahiri,
a appelé les islamistes somaliens à combattre les forces éthiopiennes
en Somalie.

"J’exhorte
tous les musulmans à répondre à l’appel du jihad en Somalie
(…) La véritable guerre va commencer par des attaques contre les
forces éthiopiennes d’agression (…) Je vous recommande les embuscades,
les mines et opérations suicide", déclare Ayman al-Zawahiri
dans un enregistrement audio sur le site habituel d’Al-Qaïda et des groupes
jihadistes.

Dans
Mogadiscio, la situation était calme ce vendredi, jour férié
pour les musulmans.

05/01/07 (B376) AP Les combats continuent dans le sud de la Somalie.

MOGADISCIO
(AP) – Les troupes du gouvernement somalien, soutenues par des soldats éthiopiens,
combattaient jeudi quelque 600 miliciens islamistes dans le sud de la Somalie.

Les forces gouvernementales ont encerclé
les combattants islamistes "depuis toutes les directions" dans la
région de Badade (sud-ouest), près de la frontière kenyane,
a confié à l’Associated Press le porte-parole du gouvernement
somalien, Abdirahman Dinari.

"Les combats continuent", a-t-il
souligné. "Nous espérons qu’ils vont se rendre ou être
tués par nos troupes".

Il a ajouté que les combats avaient
commencé vers 13h (10h GMT) et que certains miliciens islamistes avaient
tenté de s’enfuir par la mer. "Mais les forces anti-terroristes
américaines ont été déployées là
pour les empêcher de s’échapper", a-t-il assuré.

Mercredi à Washington, le porte-parole
du Département d’Etat Sean McCormack a affirmé que des navires
américains avaient été déployés au large
de la côte somalienne à la recherche de militants d’Al-Qaïda
ou de leurs alliés essayant de s’échapper.

Au cours des dix derniers jours, les troupes
du gouvernement intérimaire de Somalie et les forces éthiopiennes
ont mis en déroute les combattants du Conseil des Tribunaux islamiques
(CTI) qui, il y a deux semaines encore, contrôlaient Mogadiscio et la
plus grande partie du sud de la Somalie. Mais ces derniers ont affirmé
qu’ils continueraient à se battre, faisant craindre des combats similaires
à ceux que mènent les insurgés irakiens.

Le Kenya a fermé sa frontière
avec la Somalie, a annoncé jeudi le ministère kényan
des Affaires étrangères Raphael Tuju.

Le chef de la diplomatie du Kenya n’a pas
précisé quand la fermeture avait eu lieu, ni la durée
de cette mesure.

Le Kenya redoutait l’entrée de combattants
islamiques fuyant le gouvernement somalien et les troupes éthiopiennes
qui le soutiennent.

Toujours jeudi, aux Nations unies, le secrétaire
général de l’ONU Ban Ki-Moon a exhorté le gouvernement
intérimaire somalien à chercher une réconciliation politique
et il a appelé à un déploiement rapide de forces de maintien
de la paix africaines.

AP

03/01/07 (B376) EURONEWS : Somalie : un lent processus vers la stabilité. La diplomatie internationale se déploie …

Le
président somalien Abdullahi Yusuf a reçu le soutien de son
homologue kényan : le Kénya a promis de fermer sa frontière
Nord-Est afin d’empêcher la fuite d’islamistes

Alors
qu’au large des côtes, des bâtiments de la Vè Flotte américaine
patrouillent dans ce même but de prévenir l’exil des rebelles.
Ainsi, une protection internationale se met progressivement en place. Ce mercredi,
la présidence allemande de l’Union européenne organise une réunion
à Bruxelles pour préciser la contribution européenne
au processus devant conduire à la paix.

Un processus
"très fragile", estime une experte britannique, pour qui
"Le risque est grand que les seigneurs de la guerre reprennent le contrôle
de Mogadiscio." Autrement dit et paradoxalement, que la capitale connaisse
de nouveau le trouble après avoir été en quelque sorte
pacifié de force par les islamistes…

Mission
de maintien de la paix sous l’égide de l’Union africaine ou bien sous
celle des Nations unies ?

La diplomatie
internationale se déploie pour tenter de stabiliser la Somalie.

<

03/01/07 (B376) La traque des Islamistes “introuvables”. Le Kenya ferme ses frontières. Les navires US patrouillent au large de la Somalie. (3 dépêches)

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1 – AFP

Somalie:
le Kenya ferme sa frontière pour bloquer les islamistes traqués

Par Mustafa HAJI ABDINUR

MOGADISCIO
(AFP) – Le Kenya a fermé mercredi sa frontière avec la Somalie
pour empêcher l’entrée de miliciens islamistes traqués
par l’armée éthiopienne dans l’extrême sud et a refoulé
700 réfugiés somaliens.

“La
frontière avec la Somalie est fermée”, a indiqué
à la presse à Nairobi le ministre kényan des Affaires
étrangères, Raphael Tuju.

Le gouvernement
somalien de transition – dont les forces alliées à l’armée
éthiopienne ont défait le 1er janvier les islamistes dans leur
dernier bastion de Kismayo (sud, 180 km au nord de la frontière kényane)
– avait demandé mardi au Kenya de fermer sa frontière pour bloquer
les islamistes en fuite.

Les forces
éthiopiennes et somaliennes ont elles poursuivi mercredi leur traque
des islamistes près de la frontière avec le Kenya.

Mais
les chefs des tribunaux islamiques somaliens restaient introuvables, a indiqué
le gouvernement somalien.

“Nous
n’en avons attrapé aucun (…) Mais nous les poursuivons toujours”,
a déclaré à l’AFP le ministre de l’Information, Ali Jama,
joint par téléphone à Baïdoa (250 km au nord-ouest
de Mogadiscio), siège du gouvernement.

Les Etats-Unis
ont de leur côté déployé des forces navales au
large des côtes somaliennes pour tenter d’empêcher la fuite des
islamistes, a indiqué mercredi le porte-parole du département
d’Etat, Sean McCormack.

“Nous
craignons que des dirigeants des tribunaux islamiques liés à
des organisations terroristes, y compris al-Qaïda, ne puisse s’enfuir
et quitter la Somalie”, a déclaré le porte-parole.

Le porte-parole
du gouvernement somalien, Abdirahman Dinari, a rappelé que l’amnistie
proposée aux combattants qui déposeront les armes ne s’appliquait
pas aux dirigeants islamistes soupçonnés d’avoir des liens avec
Al-Qaïda.

Le Kenya,
qui accueille actuellement 160.OOO somaliens dans des camps, a refoulé
quelque 700 réfugiés somaliens qui tentaient de trouver asile
pour fuir les combats.

La police
kényane a notamment renvoyé en Somalie 400 réfugiés
à partir du poste de Liboi, situé à 550 km à l’est
de Nairobi. “On n’autorisera personne à entrer”, a indiqué
à l’AFP sous couvert d’anonymat un haut responsable de la police.

Selon
le Bureau de coordination pour les affaires humanitaires de l’ONU (OCHA),
environ 4.000 autres Somaliens sont coincés de l’autre côté
de Liboi, attendant de pouvoir passer au Kenya.

Sur la
côte de l’océan Indien, dans le district de Lamu, le Kenya a
aussi renvoyé 200 réfugiés somaliens qui étaient
passés dans quatre boutres par Ras Kambioni et cent autres arrivés
par la route.

“Nous
n’avons plus de réfugiés somaliens du côté kényan
mais nous poursuivons notre surveillance maritime et terrestre”, a précisé
le commissaire de district, Dennis Omosa.

Le Kenya
a renforcé ses patrouilles sur la frontière, depuis la fuite
vers son territoire des islamistes, traqués côté somalien
par l’armée éthiopienne qui utilise des moyens aériens.

Les forces
éthiopiennes, engagées dans la poursuite des miliciens, ont
d’ailleurs tiré par erreur mardi sur un poste-frontière kényan
sans faire de victimes.

L’ambassade
américaine à Nairobi a appelé ses ressortissants au Kenya
à la plus grande prudence en raison “de représailles possibles
d’organisations terroristes”, après la débâcle des
islamistes.

La situation
était calme mercredi dans Mogadiscio. Mais le désarmement volontaire
organisé par le gouvernement et prévu sur trois jours n’a pratiquement
pas démarré.

Seuls
18 fusils ont été remis dans le nord de la ville par le clan
des Abgal, auquel appartient le Premier ministre Ali Mohamed Gedi.

L’armée
éthiopienne qui soutient les forces gouvernementales somaliennes a
brisé en l’espace de 12 jours les forces des tribunaux islamiques,
d’abord à Baïdoa, puis à Mogadiscio, enfin à Kismayo.

—————————–
2 – Reuters

Washington
confirme la présence de navires US face à la Somalie

WASHINGTON
(Reuters) – Des forces navales américaines sont déployées
au large de la Somalie pour empêcher que des dirigeants islamistes liés
à Al Qaïda et d’autres extrémistes ne fuient le pays, confirme
un porte-parole du département d’Etat.

“Naturellement,
nous disposons d’une présence au large des côtes de Somalie et
de la Corne de l’Afrique, pour nous assurer qu’il n’y ait aucune échappatoire
par la mer à ces individus”, a déclaré le porte-parole,
Sean McCormack.

“Nous
faisons en sorte qu’aucun dirigeant des Tribunaux islamiques (somaliens) ayant
des liens avec des organisations terroristes comme Al Qaïda ne puisse
fuir la Somalie”, a-t-il dit.

Les islamistes,
qui ont abandonné lundi leur dernier bastion après deux semaines
de guerre éclair contre les troupes gouvernementales fédérales
somaliennes soutenues par l’armée éthiopienne, ont juré
de poursuivre la lutte, après s’être égaillés dans
les collines situées entre la ville portuaire de Kismayo, dans le sud
de la Somalie, et la frontière kenyane.

McCormack
n’a pas donné les noms de dirigeants, mais les autorités américaines
avaient affirmé avant la guerre que les hauts dirigeants de l’Union
des tribunaux islamiques (UTI) étaient sous la coupe d’une cellule
d’Al Qaïda. Le chef de l’UTI, le cheikh Hassan Dahir Aweys, figure sur
les listes d’extrémistes dressées par les Nations unies et par
les Etats-Unis.

Durant
les six mois où l’UTI a contrôlé Mogadiscio, les Etats-Unis
ont tenté en vain de persuader les islamistes de leur livrer trois
suspects recherchés pour leur rôle dans les attentats contre
les ambassades américaines au Kenya et en Tanzanie durant l’été
1998. Selon Washington, ces suspects-là se trouvent en Somalie.

——————– 3
AFP

Somalie:
la traque des islamistes se poursuit dans le sud du pays
Par
Mustafa HAJI ABDINUR

MOGADISCIO
(AFP) – Les forces éthiopiennes et somaliennes ont poursuivi mercredi
leur traque des islamistes dans l’extrême-sud de la Somalie, près
de la frontière avec le Kenya d’où 600 réfugiés
ont été refoulés par les autorités de Nairobi.

Mais les
chefs des tribunaux islamiques somaliens, qui, depuis la perte de leur dernier
bastion de Kismayo, sont en déroute, restaient introuvables mercredi,
a indiqué le gouvernement somalien.

"Nous
n’en avons attrapé aucun (…) Mais nous les poursuivons toujours",
a déclaré à l’AFP le ministre de l’Information, Ali Jama,
joint par téléphone à Baïdoa (250 km au nord-ouest
de Mogadiscio), siège du gouvernement.

Aucune
amnistie n’est prévue pour les chefs islamistes.

Le porte-parole
du gouvernement, Abdirahman Dinari, a rappelé que l’amnistie proposée
aux combattants qui déposeront les armes ne s’appliquait pas aux dirigeants
islamistes soupçonnés d’avoir des liens avec le réseau
terroriste Al-Qaïda.

"Nous
n’offrirons pas l’amnistie aux dirigeants islamistes (…) Ils sont accusés
de terrorisme et c’est un crime international", a ajouté M. Dinari.

Les islamistes
ont fui lundi la ville portuaire de Kismayo (sud) et se trouveraient actuellement,
selon Ali Jama, dans l’extrême sud du pays, dans une forêt très
dense à la frontière avec le Kenya, près de Ras Kambioni,
sur l’océan Indien.

Signe
d’un regain de tension à la frontière, le Kenya a refoulé
quelque 600 réfugiés somaliens qui tentaient de trouver asile
pour fuir les combats.

C’est
la première fois que le Kenya, qui accueille actuellement 160.OOO somaliens
dans des camps dans le nord-est du pays, refoule des réfugiés
dans le pays voisin depuis le début de la guerre civile somalienne
en 1991.

La police
kényane a renvoyé 400 réfugiés à partir
du poste-frontière de Liboi, situé à 550 km à
l’est de Nairobi. "Nous les avons renvoyés en Somalie. On n’autorisera
personne à entrer", a indiqué à l’AFP sous couvert
d’anonymat un haut responsable de la police.

Selon
le Bureau de coordination pour les affaires humanitaires de l’ONU (OCHA),
environ 4.000 autres Somaliens sont coincés de l’autre côté
de Liboi, attendant de pouvoir passer au Kenya.

Sur la
côte de l’océan Indien, dans le district de Lamu, le Kenya a
aussi renvoyé 200 réfugiés somaliens qui étaient
passés dans quatre boutres par Ras Kambioni.

"Nous
n’avons plus de réfugiés somaliens du côté kényan
mais nous poursuivons notre surveillance maritime et terrestre", a précisé
le commissaire de district de Lamu, Dennis Omosa, ajoutant qu’il n’y avait
pas de mouvements mercredi sur la frontière.

Le Kenya
a renforcé ses patrouilles sur la frontière, depuis la fuite
vers son territoire des islamistes, traqués côté somalien
par l’armée éthiopienne qui utilise des moyens aériens.

Les forces
éthiopiennes, engagées dans la poursuite des miliciens, ont
d’ailleurs tiré par erreur mardi sur un poste-frontière kényan
sans faire de victimes.

La situation
était calme mercredi dans Mogadiscio. Mais le désarmement volontaire
organisé par le gouvernement et prévu sur trois jours n’avait
cependant pas commencé.

En fait,
plutôt que de donner leurs fusils au gouvernement sans compensation
financière dans les deux centres de collecte ouverts mardi, les miliciens
et habitants se pressaient pour vendre leurs fusils d’assaut au grand marché
aux armes, Bakara, dans le sud de la ville.

"Beaucoup
de miliciens viennent vendre leurs armes au marché pour s’en débarrasser
à cause de l’ultimatum du gouvernement pour les désarmer",
a expliqué à l’AFP dans son échoppe, Gure Mohamed Gedi,
marchand d’armes depuis une dizaine d’années.

L’armée
éthiopienne qui soutient les forces gouvernementales somaliennes a
brisé en l’espace de 12 jours les forces des tribunaux islamiques,
d’abord à Baïdoa, puis à Mogadiscio, enfin à Kismayo.

03/01/07 (B376) REUTERS : l’armée éthiopienne veut rester quelques semaines en Somalie.

MOGADISCIO
(Reuters) – Les troupes éthiopiennes resteront plusieurs semaines en
Somalie pour aider le gouvernement fédéral de transition à
stabiliser la situation, après la guerre-éclair de deux semaines
qui a chassé les islamistes des villes qu’ils contrôlaient, font
savoir les autorités d’Addis-Abeba.

"Les
forces éthiopiennes demeureront en Somalie pendant quelques semaines
afin d’aider le gouvernement fédéral de transition à
stabiliser le pays", a déclaré au parlement le Premier
ministre Meles Zenawi.

"Il
incombe à la communauté internationale de déployer sans
attendre une force de maintien de la paix en Somalie pour éviter qu’un
vide se crée et que reviennent les extrémistes et les terroristes",
a-t-il ajouté.

Les islamistes
somaliens, pour leur part, ont rejeté l’appel à la reddition
lancé par le gouvernement. "Nous ne pouvons accepter l’offre du
gouvernement de faire notre reddition", a déclaré par téléphone
à Reuters un de leurs porte-parole, Abdirahim Ali Moudeï. "Si
le monde pense que nous sommes morts, il se trompe. Nous allons renaître
de nos cendres", a-t-il ajouté.

Au lendemain
de l’entrée des troupes éthiopiennes dans la ville de Jilib,
dans le sud du pays, deux de leurs soldats ont été tués
mardi dans une embuscade. Trois Somaliens ont également été
tués, selon un témoin.

De source
gouvernementale somalienne, on confirme l’embuscade mais on fait état
de la mort d’un seul soldat éthiopien.

"Cette
attaque, c’est ce que nous avons promis, un changement de tactique dans la
lutte contre les Ethiopiens. Nous sommes disséminés un peu partout,
nos soldats sont presque partout", a déclaré Moudeï.

Selon
Meles, l’armée éthiopienne a écrasé un groupe
rebelle éthiopien, le Front de libération oromo (OLF), qui avait
massé des combattants du côté somalien de la frontière
avec l’Ethiopie en prévision d’une offensive. Un autre groupe rebelle
éthiopien qui s’était allié aux islamistes somaliens,
le Front national de libération de l’Ogaden (ONLF) a également
été battu à Dinsoor, en territoire somalien, a-t-il affirmé.

STABILISER
MOGADISCIO

En vue
du déploiement d’une force internationale, l’Ouganda a proposé
d’envoyer un bataillon mais a dit mardi souhaiter, avant de l’engager, qu’une
stratégie de départ claire soit définie pour les troupes
internationales en Somalie, ainsi que leur ordre de mission.

Le gouvernement
somalien indique que le Nigeria pourrait affecter des troupes dans le cadre
d’une mission de maintien de la paix de l’Union africaine (UA) qui avait déjà
reçu le feu vert des Nations unies avant le déclenchement de
la guerre éclair.

Le Groupe
de contact sur la Somalie, mis sur pied en juin dernier par Washington et
qui comprend nombre d’organisations internationales dont la Ligue arabe et
l’Union africaine, ainsi que plusieurs pays, doit se réunir mercredi
à Bruxelles pour discuter de la situation.

A Mogadiscio,
où le gouvernement de transition a mis en place des lieux de collecte
d’armes à feu, dans le cadre d’une campagne de désarmement de
l’une des villes les plus dangereuses au monde, le Premier ministre Ali Gedi
a déclaré de son côté que les troupes éthiopiennes
resteraient peut-être des mois.

"Les
Ethiopiens partiront lorsqu’ils auront éliminé les terroristes
et pacifié la Somalie. Cela prendra des semaines et des mois, pas plus",
a-t-il dit.

Pour l’heure,
les derniers éléments islamistes sont en fuite au sud de Kismayo.
Le Kenya voisin a déclaré avoir fermé sa frontière
nord-est, bien qu’elle soit poreuse, et indiqué qu’il accueillait actuellement
le président somalien, Abdullahi Yusuf, venu pour discuter de sécurité.

Selon
des habitants, les islamistes se sont regroupés dans le secteur des
collines de Buur Gaabo, du côté somalien de la frontière
avec le Kenya. Au large, des bâtiments de la Ve Flotte américaine
patrouillent afin d’empêcher des islamistes de fuir, ont déclaré
des diplomates.

Des combattants
érythréens, mais aussi de pays arabes et des rebelles musulmans
éthiopiens, qui luttaient dans le camp des Tribunaux islamiques, ont
été faits prisonniers durant les combats en Somalie, selon Gedi.
"Cela montre clairement que des éléments armés étrangers
étaient impliqués", a-t-il dit.

Le gouvernement
a demandé aux habitants de Mogadiscio de restituer leurs armes d’ici
jeudi, faute de quoi ils seraient désarmés par la force. Beaucoup
de personnes, affirme Gedi, ont déjà afflué vers les
lieux de collecte d’armes, mais dans l’un d’eux où s’est rendu Reuters,
pas la moindre arme n’avait encore été recueillie.

Stabiliser
Mogadiscio est la priorité numéro du gouvernement de transition,
dont la légitimité dépendra de son aptitude à
s’installer dans la capitale et à y rétablir l’autorité
fédérale, pour la première fois depuis la chute du dictateur
Mohamed Siad Barre en 1991.

03/01/07 (B376) REUTERS : Le blitz éthiopien en Somalie, un cadeau pour Washington.

NAIROBI
(Reuters) – La décisive intervention militaire éthiopienne qui
a chassé les islamistes du pouvoir la semaine dernière en Somalie
est un cadeau d’étrennes bienvenu pour George Bush.

La
puissante armée d’Addis-Abeba a porté ce week-end jusqu’à
Mogadiscio un gouvernement transitoire reconnu par la communauté internationale
mais trop faible pour y asseoir son pouvoir et cantonné depuis plusieurs
années à la seule localité de Baïdoa.

En provoquant
la fuite des islamistes qui avaient ravi la capitale aux chefs de guerre en
juin, le principal allié régional des Etats-Unis dans leur guerre
contre le terrorisme a offert à ceux-ci un succès stratégique
dans la Corne de l’Afrique sans qu’ils aient à tirer un seul coup de
feu.

Car ce
sont les Etats-Unis qui, enlisés en Afghanistan et en Irak, ont "encouragé
à passer à l’action" l’Ethiopie, elle-même inquiète
de voir un régime islamiste radical s’installer à sa frontière
sud, estime l’analyste Michael Weinstein.

"Les
Américains ordinaires en ont assez des interventions à l’étranger.
Donc, ce qui s’est passé en Somalie va maintenant devenir leur stratégie
favorite: utiliser des alliés régionaux comme catapulte",
fait valoir ce professeur de science politique à l’université
Purdue de l’Indiana.

De source
militaire occidentale, on confirme que les Etats-Unis ont fourni tous les
moyens de renseignement et de surveillance nécessaires pour assurer
le succès de la marche des troupes éthiopiennes sur Mogadiscio.

"PARALLELE
TROUBLANT AVEC L’IRAK"

Addis-Abeba
comme Washington présentent les dirigeants de l’Union des tribunaux
islamiques (UTI), qui ont mis fin l’an dernier aux 15 ans de règne
sanglant des chefs de guerre en Somalie, comme des marionnettes d’Al Qaïda
dans la région.

A les
en croire, les islamistes somaliens étaient en passe de devenir les
taliban de la Corne de l’Afrique et la Somalie se serait transformée
en un nouveau refuge pour les terroristes et djihadistes du monde entier.

Toutefois,
échaudés par leur proclamation de victoire pour le moins prématurée
en Irak en 2003, le président George Bush et ses collaborateurs se
gardent bien de se réjouir trop tôt de ce succès dans
une région chroniquement instable traversée par des clivages
complexes.

Certains
analystes prédisent déjà que le forces islamistes, qui
ont préféré se replier devant le "blitzkrieg"
éthiopien plutôt que de s’exposer à de lourdes pertes,
vont se réorganiser et se lancer dans une guérilla à
l’afghane ou à l’irakienne.

"Le
parallèle avec l’Irak est troublant", note Matt Bryden, un spécialiste
des affaires somaliennes basé à Nairobi. Rien, selon lui, n’annonce
un retour à la normale et à la paix dans l’ex-colonie italienne
au lendemain de la chute des islamistes.

Le retour
rapide des chefs de guerre à Mogadiscio montre d’ailleurs que le pays
pourrait replonger rapidement dans le chaos et l’anarchie qu’ils y avaient
fait régner entre la chute du dictateur Siad Barre, en 1991, et leur
fuite de la capitale l’an dernier.

LA CHUTE
DES FAUCONS NOIRS

Durant
ces années-là, les forces américaines ont connu une aventure
désastreuse en Somalie qui leur en a assez appris sur le pays pour
ne pas brandir aujourd’hui la bannière "mission accomplie",
souligne Bryden.

L’intervention
militaire américaine pour tenter de pacifier un pays où l’Etat
s’était effondré et les clans s’affrontaient avait commencé
en fanfare par un débarquement des "marines" sur les plages
de Mogadiscio filmé par les médias du monde entier.

Mais elle
s’était achevée par un piteux retrait lorsque les miliciens
somaliens avaient abattu deux hélicoptères américains
Blackhawk ("Faucon noir"), tué 18 "marines" et
exhibé leurs corps à travers les rues de la capitale, toujours
sous les objectifs des caméras.

L’opinion
d’outre-Atlantique, qui n’est pas près d’oublier ces scènes,
"n’aurait pas toléré une nouvelle intervention directe",
juge un diplomate européen qui note que, cette fois, "cela tourne
plutôt bien pour les Américains après la pagaille initiale
qu’ils avaient commencé à semer".

Au début
de l’an dernier, en effet, l’administration Bush avait entrepris, contre les
conseils de ses alliés européens ou régionaux, de financer
secrètement les chefs de guerre encore au pouvoir à Mogadiscio
qui lui faisaient miroiter la capture des de "terroristes".

Cet appui
à des chefs de clans qui rivalisaient de racket et d’exactions a alimenté
le ressentiment de la population, la poussant dans les bras des islamistes
qui ont cueilli Mogadiscio comme un fruit mûr avant d’étendre
leur contrôle au sud du pays.

"TRIOMPHALISME
HORS DE MISE"

Aussi
peut-on considérer qu’un nouveau fiasco vient d’être évité
par Washington en Somalie, grâce à son allié éthiopien.
"L’offensive éthiopienne a été réussie. Les
pertes civiles ont été limitées", remarque Matt
Bryden.

"Mais
le triomphalisme n’est pas de mise", ajoute-t-il. Il reste à asseoir
l’autorité au plan national d’un gouvernement officiel à base
clanique qui en manque cruellement une fois les troupes éthiopiennes
rapatriées – simple question de semaines, selon Addis-Abeba.

"Tous
les Somaliens ont un rôle à jouer dans l’avenir de la Somalie,
sauf ceux qui sont engagés dans le terrorisme et la violence",
a affirmé l’ambassadeur des Etats-Unis au Kenya et en Somalie, Michael
Ranneberger, faisant allusion aux djihadistes mais aussi aux chefs de clans
armés.

Pour Michael
Weinstein, "le gouvernement somalien va avoir besoin de toute l’aide
possible". "Donc, bien sûr, il lui sera utile de se présenter
comme un partenaire dans la guerre contre le terrorisme" décrétée
par Washington après les attentats du 11 septembre 2001.

Un façon
de le montrer serait de livrer trois islamistes que Washington croit réfugiés
en Somalie et qui sont soupçonnés d’avoir pris part aux sanglants
attentats à la bombe de l’été 1998 contre les ambassades
des Etats-Unis à Nairobi et Dar es-Salaam.

L’Union
des tribunaux islamiques avaient refusé de les livrer aux Etats-Unis,
à l’instar en Afghanistan du régime des taliban, qui avait exclu
de livrer Oussam ben Laden à Washington après le 11 septembre.